Le jour de la rentrée - Chapitre 5
Je continue avec assiduité mes cours de piano et j'y arrive peu à peu. J'enchaîne neuf journées où quoique je fasse, Edward disparaît au déjeuner après m'avoir évitée. Je connais par cœur le bureau de Mme Cope et l'aide tous les matins à retrouver ses crayons etc… Le cours d'espagnol est plus facile, j'ose même prendre la parole. La prof me critique sur mon accent, bon c'est à travailler. Les autres cours sont faciles, je comprends que le niveau de mon lycée à Phoenix est plus haut que celui de Forks. Mais Edward s'enfuit toujours, quoique je dise ou fasse.
Le jour d'après, je décide de ne pas aller au lycée, je prétexte être souffrante et mon père le gobe facilement. Je passe ma journée à lire, ça fait du bien mais ça ne me calme pas totalement. J'ai toujours Edward en tête.
Et si j'allais chez lui ce soir ? Il ne s'est pas enfuit aujourd'hui puisque je ne suis pas venue !
J'appelle mon père et hésite à lui demander l'adresse des Cullen. Finalement, je lui demande ce qu'il veut à dîner.
Puis je téléphone à ma mère. Cette journée seule m'a au moins permis de remettre les choses en place vis à vis de ce que je croyais au sujet de mes parents.
« Oh Bella ! Raconte moi ta rentrée ! »
« Je n'y suis pas allée. »
« Tu as séché ? »
« Non maman, je ne me sentais pas bien. »
« Tu as déjà pris froid mon chaton. » elle rit gentiment.
« Non, je suis juste perdue, écœurée, déçue. »
« Je t'avais prévenu, Forks est morbide. »
« Je ne parlais pas de Forks mais de toi. Papa et moi, on a discuté hier, lui m'a dit la vérité sur ta fugue et votre divorce. »
« Mon bébé, c'était il y a si longtemps… Évidemment qu'il a souffert, moi aussi d'ailleurs, il m'en veut c'est normal. »
« Non, il s'en veut et il a été malheureux toutes ces années sans moi. »
Elle ne dit rien pendant une minute alors j'attaque.
« Tu as toujours été égoïste et tu nous as fait souffrir lui et moi pour satisfaire tes caprices. Même si tu ne voulais pas être mère, tu aurais pu faire l'effort d'essayer. Charlie t'adorait et tu lui as brisé le cœur. Tu m'as éloignée de lui quand j'avais trois mois, pas un an comme tu me l'as dit. Trois mois ! Tu l'as privé de tout et tu ne t'en es jamais excusée. Je suis sûre que tu ne te sens même pas coupable ! »
« Bella, chérie, je t'assure que si. »
« Je ne te crois pas, je ne te croirais plus. Désormais je ne veux plus vivre avec toi, continue ta vie de voyages, c'est ce que tu as toujours voulu. Je vais rester avec papa. »
Je raccroche, je pleure de longues heures, je me sens mal et j'ai décroché deux fois le téléphone pour la rappeler et m'excuser. Mais je vais tenir bon, même quand le temps aura repris son cours normal, je resterai avec mon père.
