Disclamer : Tout l'univers d'Harry Potter appartiens à J,K Rowling – à mon grand regret...-, et seuls Riley et sa famille sont mes bébés !
Résumé : Riley Lewis n'a jamais eu beaucoup de chance. Si vous voulez mon avis, elle n'en a même pas eu du tout. Les seize années qu'elle à passé sur terre -pour l'instant- ne sont qu'une longue suite de pas de bol à répétitions. Alors je me demande bien ce que Poudlard pourrait changer... On verra. Riley Lewis, c'est moi. Et c'est mon histoire.
Fiction Terminée en cours de réécriture. Nombre de chapitres réécrits : 5/9
Salut ! Je sais que ça fait longtemps depuis la parution du premier chapitre de cette fiction mais pour tout dire j'ai eu beaucoup de choses à faire avec mon entrée à l'université, et je n'ai pas eu beaucoup de temps pour recopier la suite. Et comme je l'ai dit je tiens à publier cette fiction en entier.
Ce n'est pas la seule raison de mon retard, je dois avouer que j'attendais aussi vos réaction. Et j''ai été un peu déçue de recevoir si peu de commentaires. Je ne vous demande pas d'aimer ma fiction, mais j'aurais aimé recevoir plus d'avis sur ce que j'ai fait. Pas que le vide ai été très informatif sur ce sujet...Car même si j'écris pour moi , je le fais pour vous. J'essaie aussi de faire plaisir en publiant des histoires dans lesquelles je met tout mon cœur. Comme l'a dit une auteur que j'apprécie particulièrement – Lily Joke pour ne pas la citer-, si nous avons un certain pouvoir de par la publication de nos histoires, en vous faisant par exemple mariner dans votre jus à la fin d'un chapitre plein de suspens -non c'est pas du vécu !- vous en avez aussi sur nous de par vos reviews. Vous pouvez nous donner envie de continuer, ou nous décourager selon ce que vous écrivez en retour. Après tout, vos commentaires sont mon seul salaire, et c'est toujours une bonne chose de recevoir des critiques constructives, ou des encouragements.
Je ne vais pas continuer plus longtemps mon petit discours moralisateur, je voulais juste dire que si j'écris et publie pour ce cite, ce n'est pas pour le simple plaisir de voir mon histoire entre celle des autres auteurs, mais aussi pour que vous en profitiez. Et ce n'est pas le vent qui va me répondre mais vos petits doigts sur le clavier de vos ordinateurs.
Cela étant dit, je remercie les personnes qui ont laissé un commentaire et je suis ravie de voir que ça leur plaît.
Cora : Je te remercie donc pour ton commentaire et j'espère que la suite va te plaire !
Et je remercie aussi Emii23 dont le commentaire m'a fait particulièrement plaisir ! Je suis ravie que Severus te plaise autant ! Je l'aime aussi mon sevy !
Voilà, je vous laisse tranquille maintenant. Bonne Lecture !
Chapitre II : Angoisse.
Une semaine que je suis à Poudlard. Pour être honnête je ne l'ai pas vu passer. Ryan et moi nous voyons moins maintenant.On fait ce qu'on peut. On profite de chaque opportunité pour passer du temps ensembles. Mais ça ne suffit pas. Nous ne sommes plus aussi proches qu'avant. Je passe bien plus de temps que je ne devrais à me morfondre dans mon coin. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Ma sœur me manque. Pauvre bestiole abandonnée à son sort. Je songe de plus en plus à me promener dans les couloirs avec une pancarte « chien abandonné recherche gentil maître » autours du cou. Je suis sur que ça serait du plus bel effet.
J'essaie de ne pas me rapprocher des membres de ma maison. Mais c'est difficile alors que les jumeaux Weasley semblent s'être pris d'affection pour moi. Tous deux ne me lâchent plus d'une semelle. Pire que des moules avec leur rocher. A chaque cours, ils sont collés à moi. Comme deux grosse ventouses. J'ai essayer de les dégoûter de moi. Mais j'ai abandonné au bout de deux jours. Ils sont intenables. Plus collants encore qu'un sort de fixation ou que celui de glu éternelle. Je fais en sorte de ne pas trop me rapprocher d'eux maintenant. Je tolère seulement leur présence. Mais qu'ils n'attendent pas grand chose de plus de ma part. Je me demande bien ce qui peut les motiver à rester avec moi d'ailleurs... ils sont bizarres... plus têtus que des mules... et un peu crétins pour les bords. Ils comprenne pas quand on dit non... si ça c'est pas crétin. Ou alors ils en on rien à faire... ce qui est totalement possible aussi... N'empêche que c'est quand même crétin de vouloir rester avec moi... alors même si ils sont intelligents- et ils me collent assez pour que je le remarque- ce sont quand même des crétins. J'ai dit.
En ce qui concerne mon dortoir , quand j'y suis je reste seule à l'abri des rideaux rouges de mon lit à baldaquin. Les autres filles n'essaient pas de me parler, sûrement comprennent-t-elles que je n'en ai aucune envie. C'est bien comme ça... Parler de musique de vernis à ongle et de maquillage à longueur de journée très peu pour moi. Je suis aussi féminine que Severus dans ses meilleurs jours c 'est dire.
Pour ce qui est des études, les choses se passent bien dans l'ensemble. Je ne fais pas vraiment d'efforts et je n'en ai pas grand chose à faire mais bon... on est dans une école après tout. La plupart de nos cours sont en communs avec les Serpentards. Je ne les aimes pas beaucoup. Ils sont trop hautains et imbus de leurs petites personnes. D'habitude les serpents ne me gênent pas plus qu'autre chose. Mais eux... rien à faire je ne les aimes pas. Un peu trop hypocrites et enjôleurs pour moi. Ils me font penser a de grosses anguilles, glissantes et gluantes de bonnes manières et de retenue. Yerk. Parfaitement dégueulasse.
J'ai développé une certaine allergie à la botanique. Je n'y peux rien les plantes n'ont pas l'air de m'aimer. Quoi que je fasse je manque toujours de me faire attaquer au moins une fois à chaque cours. Le professeur Chourave a beau tenter de m'inculquer quelque chose en cette matière, rien à faire. J'aime pas les plantes...Et elles me le rendent bien. Pour mes autres matières, les choses se passent bien. J'ai un bon niveau en potion -merci Merlin, Severus m'aurait écorchée vive dans le cas contraire et il nous assez harcelé le mois avant la rentrée pour qu'il en soit ainsi...- et en métamorphose, je suis plutôt douée en sortilèges et je me dépatouille en DCFM.
Bon, pour le dernier, ce serait mentir que de dire que le professeur n'y est pour rien. C'est vrai ce serait idiot de le nier, le professeur Lupin est un excellent pédagogue. Et pas désagréable à regarder déambuler entre les bureaux.Pas que je le regarde faire ça non! Un Moment d'égarement rien de plus ! Oui un petit moment d'égarement qui se reproduit presque à chaque cours mais je suis fatiguée en ce moment ! Et puis pourquoi faut-il que, à chaque fois qu'il franchisse cette foutue porte de ce foutu bureau, je me sente aussitôt aussi gaie qu'une enfant à la veille de noël ? Je contrôle rien et ça m'énerve ! J'ai bien du finir par me l'avouer... j'ai peut être un petit faible pour lui...
Mais merde ! Comment par Morgane est-ce que j'ai réussit à me débrouiller pour craquer sur mon PUTAIN de professeur ?! Stupide , stupide , stupide ! Comme si j'avais pas déjà assez d'emmerdes comme ça ! Non mais je vous jure ! C'est de sa faute aussi à ce foutu prof ! Il n'avait qu'a pas être autant...Lupin ! Tiens une autre ironie du sort. Lupin. Je suis poursuivie par les loups moi c'est plus possible autrement ! Je sais pas ce que j'ai fais dans une de mes vies antérieures mais ça ne devais pas être joli !
Bordel j'adore ma vie.
Tout en ruminant ma rancœur, je mâchouille rageusement mon petit déjeuner, George à ma droite engloutis une énième tranche de bacon, de la sauce plein les joues -comment il fait sérieusement ? Il en a même sur le front !-, tandis que Fred, à ma gauche pique du nez dans son bol de chocolat chaud. Pour ma part je m'acharne à grands coup de dents sur un pauvre toast les yeux plongés dans mon verre de jus de citrouille. C'est rigolo ça fait des ronds dans mon verre. Oui je suis pas très fraîche au réveil. Mon cerveau tout englué part un peu dans tout les sens. J'ai même l'impression qu'il veut s'enfuir pour aller se recoucher. Remarquez je le suivrais bien... Oui parfaitement un cerveau ça à des jambes et ça peut courir ! Enfin passons...
Je sais, pour avoir regarder en arrivant que Ryan est aussi en train de déjeuner, portant son bol de thé élégamment à ses lèvres tout en écoutant distraitement une petite brune typée chinoise lui parler de je ne sais quoi. Je sais que son regard encore flou voyage dans la grande salle d'un air vague. Et je sais que près d'elle est assise une petite blonde aux grands yeux bleu rêveurs qui ne la quitte plus depuis qu'elle est arrivée dans la maison des bleu et bronze. Mignonne petite chose étrange... Je l'aime bien... elle sens bon. Je sais pas trop ce qu'elle sens mais elle sent bon, ce qui est, pour quelqu'un comme moi un facteur non négligeable dans mes relations avec le genre humain. Pratique me direz vous, je suis obligé de renifler l'air à chaque fois que je rencontre quelqu'un... j'ai l'air maline d'ailleurs...
Un tintement attire mon attention. Face à moi Harry mâchouille un morceau de pain en écoutant distraitement ce que Granger -oui, j'ai enfin retenu son nom, très moche soit dit en passant- lui raconte. En le voyant l'observer, il me fait un petit sourire. J'aime bien ce garçon, il est mignon avec ses manières maladroites et ses petits coups d'œil timides, on dirait presque qu'il a peur de moi. Il fait bien remarquez... Je suis tellement aimable et facile à vivre. Je vous le dit, comme Severus dans ses meilleurs jours. C'est avec lui que j'aurais du être jumelle... quoi que … non mauvaise idée en fait... j'aime mon nez comme il est, et mes cheveux aussi.
« hé Riley ! » m'appelle soudain la voix de Georges la bouche pleine d'œufs -mais où est-ce qu'il met toute cette nourriture par Merlin ? Aurait-il quatre estomacs comme les vaches ? M'étonnerais pas tiens...-
Je lève lentement les yeux vers lui me détournant de la vision hypnotique de mon jus de citrouille qui tournoie doucement dans son verre. Je vais finir par en chier de la citrouille a force de me gaver de ce truc. Houu... rien que d'y penser j'ai mal... allez savoir pourquoi j'éprouve soudain un profond respect pour ce monsieur en pantalon moulant et manteau de fourrure tout à fait masculin que je croisait souvent dans les rues de Londres...aie.
« Ça te dérangerais d'aller toute seule en cours de Défense ce matin ? Fred et moi avons quelques petites choses à régler... tu sais...entre frères ! » la lueur qui illumine les yeux de George tandis qu'il me parle est plus claire que toutes les excuses qu'ils ne pourront jamais trouver. Vilains jumeaux.
Et Fred qui se redresse vivement en entendant les paroles de son frère soudain complètement réveillé ne fait que confirmer ce que je soupçonne : ils préparent encore un mauvais coup.C'est pas étonnant ça fait plus de 10 heures qu'ils sont sages... oh les vilains petits cornichons -décidément Severus déteint vraiment trop sur moi...- Qu'à cela ne tienne, ils font ce qu'ils veulent après tout. Je tente d'ignorer le frisson d'anticipation qui cours le long de ma colonne vertébrale. J'ai beau fanfaronner, je n'aime pas beaucoup le sourire qui vient de fleurir sur les deux visages dont les deux paires d'yeux bleus malicieux ne font que me conforter dans cette idée. On dirait deux chats devant une colonie de souris... rassurant. Au secours y ont peur les messieurs...
« Faites ce que vous voulez »
Je détourne ensuite la tête, me désintéressant définitivement de mes deux acolytes non désirés. J'entends d'une oreille distraite leurs deux voix marmonner une conversation connue d'eux seuls. Je termine mon verre de jus de citrouille, me lève en silence et sort de la grande salle en abandonnant mon assiette d'œufs brouillés aux bouches avides qui voudront bien se charger de les faire disparaître. C'est pas bien compliqué je suis sur que la moitié du budget cuisine de l'école fond dans les estomac sur pattes qui constituent ma maison. A ce demander si ils ne font pas des provisions en préventions de l'hiver. Peut être que le Gryffondor hiberne... idée à creuser...
Une fois dans les couloirs, je prend la direction de ce que je pense être la salle de DCFM. J'ai beau avoir un sens de l'orientation plutôt poussé, ce château est immense et je craint de m'y perdre à chaque instant. Il faut dire que ce foutu château ne fait rien pour m'aider. Entre les portes qui s'ouvrent une fois sur deux, celles qui ne s'ouvrent pas du tout, et celles qui s'ouvrent sur un mur, je ne m'y retrouve plus. Je crois que je n'arriverais jamais à m'y retrouver dans ces longs couloirs... Je ne sais vraiment pas comment font les professeurs et même les élèves pour retrouver leur chemin ! Ils auraient un manuel du parfait petit résident de Poudlard incrusté dans le cerveau ? Possible... il y a tellement de trucs étranges dans c'te battisse... Ou alors c'te vieux truc se paie juste ma tronche... ce qui est tout aussi envisageable...
« Miss Snape, seriez vous perdue ? »
Je sursaute. Cette voix... sans aucun doute possible ça ne peut être que ce cher directeur glucosé. Le regard, las je me tourne d'un bloc vers Dumbledore. Le vieil homme est planté au milieu du couloir dans une horrible robe vert bouteille constellée d'étoiles jaunes canari représentant la constellation du chien. Sur sa tête un long chapeau pointu jaune poussin avec une grosse étoile verte au milieu. Mon dieu mais enseignez lui le bon goût et vite ça devient urgent ! Même moi qui n'ai aucun sens de la mode je m'habille mieux que ça ! C'est décidé pour noël je lui offre une bouquin sur la mode. Ma pauvre rétine va finir par cramer face à tant de couleurs extravagantes et dangereusement peut assorties. J'ai déjà l'impression que mes yeux ont fondu pendant une seconde... ça pique...
Le vieil homme me regarde droit dans les yeux, ses deux iris bleu luisant de cette insupportable lueur malicieuse. Un sourire tout aussi malicieux est présent sur ses lèvres alors que ses longs doigts fins et ridés caressent doucement sa longue barbe blanche. Il est... flippant dans son genre le vieil allumé du citron. Ok... tachons d'esquiver la confrontation et de nous éclipser discrètement
Lorsque je parle ma voix est à peine assez forte pour qu'il m'entende. « Je n'ai pas encore l'habitude d'évoluer dans les couloirs monsieur le directeur. Mais je me débrouille... »
« Il est vrai que ce n'est pas toujours facile de s'orienter dans ce château. Surtout lorsque l'on en a pas l'habitude. Dans quel cours vous rendez vous ? »
« Défenses contre les forces du mal monsieur. » Je me souviens pas lui avoir demander de l'aide... je veux juste m'enfuir loin de ce vieux fou aux allures de papy un peu trop gentil pour être... bah gentil justement !
Si ce n'était pas du plus grand sorcier encore vivant à ce jour, j'aurais juré que le vieil homme allait se mettre à sautiller sur place. Quoi que il en serait sûrement capable, je l'ai bien vu trottiner l'autre jour. Oui oui trottiner, comme une écolière à couette. Merlin Dumbledore avec des couettes... pourquoi j'ai penser à ça moi... « Voilà qui est parfait ! Je devais justement m'entretenir avec le professeur Lupin. Je serais heureux de vous escorter à votre salle, Miss. »
J'ai toujours pas demander d'aide... mais bon rendons nous à l'évidence je pourrais pas trouver mon chemin toute seule... Et au vu du regard brillamment satisfait de citron-man, il à parfaitement compris...Par instants, j'en viens à me demander si cet homme n'a pas de sérieux problèmes mentaux... Ou simplement si il n'est pas génial. Il doit sûrement être un peu des deux. Pas comme si j'en avais quelque chose à faire. Il fait ce qu'il veut de sa santé mentale.
Le directeur passe à coté de moi avec son éternel sourire malicieux. J'emboîte son pas d'une démarche traînante. Je reste assez loin de lui le regard rivé sur le sol. Je le suis à l'ouïe, plongée dans mes pensées. Rapidement mon problème mensuel me reviens en pleine face...Comment est-ce que vais m'en sortir... C'est dans même pas dix jours... je refuse de blesser qui que ce soit... pas encore. Mais je ne pourrais rien contrôler... et je ne vois aucune solution... saloperie de malédiction de mes deux pieds. Je t'en foutrais moi du contrôle. Si je croise un jour une seule personne capable de contrôler ce truc je me fait moine. Oui moine, pas nonne. Je me fait apparaître des bijoux de famille si il faut. Et je me coupe les cheveux au bol ! Pas comme si j'en avait beaucoup sur le cailloux...
Au bout de quelques minutes dans un silence religieux -qu'est ce que je disais : moine, j'ai trouvé ma vocation-, le professeur Dumbledore prend la parole :
« Dites moi, miss Snape, je m'interroge depuis quelques temps...Me permets-tu de te poser une question fort indiscrète ? »
Je tique. Que peut-il bien me vouloir...Mon estomac se contracte. Oh non faite qu'il ne se doute de rien. Cet homme est beaucoup trop intelligent et observateur... à tout les coups il a compris. N'importe qui de malin et d'instruit pourrait comprendre après tout...Ouais remarquez je serais incapable de reconnaître un de mes semblables si j'en croisait un... mais moi j'ai une raison : je suis aussi intelligente qu'une palourde. Si tant est qu'une palourde ai un cerveau, ou quelque chose qui s'en rapproche. Comment ai-je pu penser une seule seconde que je pourrais cacher une information pareille au plus grand Sorcier de ce siècle... C'est déjà fini... Non non ! Ressaisis-toi Riley ! Il ne faut pas que je pense comme ça ! Peut être n'a-t-il pas compris après tout ! Merlin faites qu'il n'ait rien compris ! Il ne laissera jamais un monstre tel que moi séjourner dans cette école ! Il me renverrait si il l'apprenait. Et, cette fois je serais seule... Ryan n'aurait aucune raison de partir elle aussi ! Elle au moins resterait à l'abri, à Poudlard avec Severus... Ce n'est peut être pas plus mal... elle ne craindra plus rien, je ne risquerais plus de la blesser... comme j'ai blessé... non, n'y pense pas... pas maintenant ce n'est pas le moment.. je m'égare un peut trop là faut te ressaisir la pleureuse c'est pas le jour pour chouiner, même intérieurement. Faut que je me fasse soigner je deviens parano... allez Riley on se calme...
« Miss Snape ? Êtes vous toujours avec moi ? »
Je sursaute, tellement perdue dans mes pensées j'en ai oublié que je parlais avec le directeur...
« Oui ! Pardonnez moi monsieur, je vous écoute... »
Le moment de vérité comme on dit... j'ai écrit mon testament ? Je sais plus... au pire je m'en fous pour le peu que je possède... Severus je te lègue ma carcasse je suis sur que tu t'éclateras à jouer au parfait petit chimiste avec...
« Vous savez... je me plais à penser que je suis un homme juste. Alors... si il y a quoi que ce soit dont tu voudrais me parler...ou si il y a quelque chose que toi et ta sœur nous ai caché, sur toi ou sur un quelconque autre sujet, tu peux me le dire ma petite Riley »
« Non monsieur, il n'y a rien du tout... » je garde les yeux obstinément baissés vers le sol, je ne réagis même pas en entendant qu'il est passé du vouvoiement au tutoiement. Il fait l'intermédiaire de l'un à l'autre... c'est à en devenir fou, qu'il se décide le vioc c'est « miss Snape » ou « Ma petite Riley » ? Personnellement je préfère Miss Snape... Ma petite Riley... c'est un peu flippant...
Je ne veux pas croiser son regard si bleu et si droit. Le sol est beaucoup plus rassurant. Oui un sol froid dur et gris c'est rassurant, parfaitement ! Un silence plane autours de nous -oh les jolies pierres toutes grises et toutes plates si courageuse alors que chaque jour elles se font piétiner sans broncher... oui une pierre c'est pas vivant c'est vrai mais on a bien le droit de rêver non ? Flûte à la fin !-. Les Gryffondor de mon année passent devant nous. Angelina me fait un petit sourire. Je lui rend un hochement de tête. Je n'aime pas sourire, le cœur n'y est jamais. Il n'y a qu'à Ryan que je souris. Parce qu'à elle, je veux lui monter que je l'aime, et que tout ira bien tant qu'elle est avec moi. C'est tellement niais comme pensées... je vais me transformer en gélatine avant la fin de la journée moi si ça continue. J'en ai marre de devenir guimauve tous les quatre matins...
« Bien... soupire Dumbledore, La cabane hurlante est un endroit fascinant tu ne trouves pas ? Très esthétique, et discret... »continue-t-il, le nez levé vers le plafond avec un air un peu trop innocent sur le visage pour qu'il soit réel...
Est ce que c'est moi qui délire ou est ce qu'il cherche à me faire passer un message... ? Parce que la cabane hurlante... discret je veux bien, mais esthétique... cette chose vieille et moche qui tombe en ruine...j'ai comme un doute là.
« Le saule cogneur est un très bel arbre... très élégant et raffiné... quoi qu'un peu capricieux... on jurerait une mère qui protège ses petits ne trouves-tu pas ? »
Ou alors il débloque complètement... voilà qu'il trouve un saule cogneur élégant... qu'est ce qu'ils mettent dans ces bonbons au citron sérieusement ? Faudrait qu'il se renseigne sur la recette je ne suis pas sur qu'il n'y ait que du sucre là dedans... remarque, ça expliquerais son addiction pour ces petites choses... hm je tiens peut être un truc là...
« Tu t'entends bien avec les jumeaux Weasley il me semble non ? C'est très bien... ils connaissent ce château mieux que je ne le connais moi même ces jeunes là... ils doivent avoir trouvé toutes les cachettes et les recoins secrets qui s'y cachent...ne penses-tu pas ? »
Oui, il veut me faire passer un message...et il débloque complètement. Note pour plus tard, toujours refuser les bonbons au citron du directeurs : ils sont louches.
Avant que je n'ai le temps de lui demander plus d'information ou de m'inquiéter pour sa santé mentale,-les bonbons sont-ils des bonbons qui font rire monsieur ?- nous arrivons devant la salle de DCFM. Le professeur Dumbledore toque quelques petits coups contre le battant de bois. Quelques secondes plus tard la porte s'ouvre sur l'objet de tout mes tourment, batailles mentales et principale source du dérèglement de mon corps déjà pas mal cabossé... je crois qu'il me l'a cassé d'ailleurs... j'ai nommé, le professeur Lupin en personne. Des chuchotements interrogatifs s'élèvent autours de nous. Mon cœur se contracte avant d'accélérer le rythme. Foutu organe. La chaleur de mon sang réchauffe mon visage. Pourquoi faut-il que mon corps réagisse à chaque fois que je le vois ?!Stupide corps désobéissant... C'est particulièrement énervant. Je vous l'ai dit il me l'a cassé cet enf-... raaaah je peux même pas l'insulter dans ma tête sans que ma foutue conscience -tiens j'en ai une d'ailleurs ? Je savais pas- ne la ramène ! Merde à la fin ! J'en ai un peu raz la casquette de devoir fixer le sol toute la sainte journée. Je vais finir par tout voir en gris moi. Remarquez c'est mieux que de tout voir en noir. Une petit changement de teinte de temps en temps ça ne fait pas de mal. Vive les nuances de gris !... Merlin je débloque... peut être que le pouvoir nocif des bonbons du directeur peut être absorbés par l'odeur... Ok faut vraiment que j'arrête moi ça va vraiment plus...
« Professeur Dumbledore ! Que puis-je faire pour vous ? » Sa voix et son visage trahissent son étonnement. Foutu visage.
Pour ma part je tente de disparaître derrière le professeur Dumbledore, les joues colorées de mon sang, le cœur battant plus fort encore au son de sa voix. Mes mains deviennent moites, mon estomac se tord, la sueur coule le long de mon dos en de longues traînées gelés. Mes doigts tremblants s'accrochent au tissu sombre de ma robe. Je déteste réagir comme ça. C'est inhabituel. Je ne sais pas ce que cherche à me dire mon corps. Et je n'aime pas ne pas savoir. Parce que si je ne sais pas ce que veulent dire ces sentiments, ces sensations, je ne pourrais pas prévoir mes réactions... Stupide corps. Stupide organes. Stupide Riley. Stupide professeur trop gentil pour mon pauvre cerveau détraqué ! Pourquoi il peut pas être un deuxième Severus hein ? Aussi causant et agréable qu'une belle porte de prison amoureusement huilée. Au moins j'aurais pas ce stupide coup de cœur. D'ailleurs c'est même pas un coup de cœur. Juste une stupide réaction due à la fatigue ! Stupide de chez stupide ! Merde !
La voix du directeur me sort de mes pensées.
« J'ai quelque mots à vous dire, mon cher Remus, et j'ai profité de cette occasion pour escorter jusqu'à votre salle cette charmante jeune fille que voilà » dit il tout en se déplaçant légèrement vers la droite, me découvrant ainsi au regard miel de mon professeur. Je hais ce vieux drogué aux bonbons qui font rire. Si je me colle au mur est ce que je pourrais me changer en une jolie pierre toute grise moi aussi ? Histoire de disparaître un peu... oh idée alléchante...
Ses deux yeux d'or semblent me transpercer de part en part. Mon corps se tend comme un arc, crispée de la pointe des cheveux jusqu'au bout des orteils. L'homme me lance un sourire gentil. Pourquoi faut-il qu'il me lance ce foutu sourire !? Et pourquoi a-t-il ce besoin compulsif d'être gentil avec toute espèce vivante animal ou végétale ou mono-cellulaire sur cette foutu planète ?! Je suis sur qu'il est aussi gentil avec ses virus quand il chope une maladie ! Comment je fais moi pour éviter la tachycardie maintenant ? Bah je l'évite pas. Je me démerde comme d'habitude avec ce stupide organe pas fichu de pomper le sang correctement. J'ai vraiment été livré avec le pire corps sur le marché hein ? Pas fichu de rester calme et de me foutre la paix une seule foutu journée...rrrr. Oui je grogne intérieurement, parfaitement !
« Bonjour Professeur » je ne suis pas sur qu'il ait compris quoi que ce soit à ce que je viens de marmonner. Je suis pas sure moi même de ce que j'ai dis... Mais par Merlin il ne va tout de même pas me manger non ?! Quoi que... Non ! Vilaine Riley ! Très très vilaine Riley ! Ne pense même pas à un truc cochon !... Trop tard... Au secours ! Qui est ce qui joue avec le chauffage !? C'est pas drôle ! Je boue moi maintenant ! Stupide bouffée de chaleur !
Il sourit encore. Quelque chose passe furtivement dans son regard. Une lueur, étrange, que je n'arrive pas à définir. Mon estomac me serre encore, j'ai l'impression que rien ne peut plus passer ce nœud qui s'est formé en moi. Mais arrête de sourire Bordel de Dieu ! Et pourquoi mon corps à compris et pas moi ? C'est vraiment pas juste... il a une vie propre... c'est pas possible autrement...
Les yeux de Dumbledore ne semblent jamais vouloir cesser de briller alors qu'il rentre à l'intérieur de la salle de classe à la suite du professeur Lupin. Ce dernier se tourne vers nous et nous indique d'un mouvement de tête d'entrer dans la classe en attendant. J'entre donc accompagnée par le bruit assourdissant des conversations des élèves de ma classe. D'un coup d'œil, le professeur de DCFM nous intime le silence. De peur de s'attirer ses foudres tout le monde se tait rapidement. Il a beau être le professeur le plus apprécié de Poudlard, il n'est pas tout gentil tout tendre pour autant. Enfin... si mais pas au point de nos laisser foutre le bazars.
Bientôt, le directeur et notre professeur disparaissent tous deux derrière la porte du bureau de ce dernier. Nous prenons place aux pupitres de la salle dans un silence presque religieux. -J'ai un truc avec la religion moi aujourd'hui-. Je m'assois calmement au fond de la classe et, pour faire passer le temps , je sors mon cours de défenses, révisant ce dont nous avons parler la dernière fois. Ouais je sais on fait mieux comme passe temps mais quitte à faire semblant de travailler... autant apprendre deux trois trucs...Mais, rapidement, mes pensées dérivent sur la discussion que j'ai eu avec le professeur Dumbledore un peu plus tôt. Plus précisément sur l'espèce de message codé que le dit professeur à laissé entendre dans son discours. Qu'a-t-il donc voulu me dire... et pourquoi ne me l'a-t-il pas dit plus clairement ? Pourquoi a-t-il eu besoin de parler par énigmes ? Je n'arrive pas à comprendre... il me manque des éléments pour réussir à saisir ce que Dumbledore a voulu me dire... foutu professeur. Peut pas parler normalement comme tout le monde ? Non obligé de faire des sous entendus à la mord moi le livre de sortilèges...
Le claquement discret de la porte me sort de mes pensées. Le plus discrètement possible,-c'est à dire tout sauf discrètement- Fred et George se faufilent dans la salle et viennent s'asseoir de part et d'autre de ma petite personne... merveilleux. Sur leurs deux visages siège ce sourire espiègle que je commence à connaître. Celui qui dit qu'ils ont tous les deux fait un coup d'enfer et qu'ils l'ont réussit brillamment. Ne préférant pas savoir ce qu'il en est, je me replonge dans mes pensées.
Bon. Procédons par étape... Il m'a parlé de la cabane hurlante... et du saule cogneur... mais quel peut être le lien entre ces deux choses en tout point différentes. D'accord le saule cogneur peut parfois bouger tellement qu'on jurerait que cet arbre infernal est hanté mais en quoi peut il être lié à la cabane hurlante...
Soudain un détail me revient. Les jumeaux ! Dumbledore m'a aussi parler des jumeaux ! Il a dit... si je me souviens bien... il a dit que ces deux là connaissaient probablement le château mieux que lui... Peut être... oui, ils ont sûrement l'information qui me manque...
Redressant la tête, je m'assure que le professeur Lupin, ou même le directeur ne sont pas encore revenus, puis, sans plus de tergiversions, je me tourne vers mes voisins en grande discussion et m'adresse à George, le plus proche de moi. Bon, essayons de faire preuve de subtilité pour une fois...
« -Dis moi George, je me posais une question... » le grand rouquin se retourne d'un bloc vers moi et me fait un sourire éclatant.
« Oui ? Que puis-je pour toi ma chère Riley ? » Derrière moi je peux entendre le ricanement malicieux de Fred tout aussi reluisant que les yeux brillants de son frère.
« -Est-ce que tu sais pourquoi on à un saule cogneur au milieu du parc ? Je veux dire, c'est assez inhabituel un arbre pareil dans un école, ça peut être dangereux... » la subtilité... c'est pour les mauviettes.
George hausse les épaules alors que son frère ouvre la bouche.
« Tu sais il ne vaux mieux pas trop chercher à comprendre les lubies de Dumbledore, il est assez excentrique dans son genre. » -non sans blague ?- « mais par contre nous on sait un truc intéressant sur cet arbre. »
George lève la tête vers son frère et semble le réprimander de ses yeux plissés. Je hausse un sourcil. Intéressant... je tiens peut être le début de quelque chose là...encore...
« -ah ouais ? Et qu'est ce que c'est ? »
Fred ouvre la bouche puis la referme sous le regard de son frère. C'est George qui prend la parole.
« C'est que... on ne sait pas trop si on peut te le dire... Après tout tu es nouvelle, et on te connaît pas trop... tu comprends... » George s'arrête, c'est Fred qui finit sa phrase.
« -ça fait parti des secrets de notre succès ! Sans compter que tu pourrais en parler à ta sœur... ou pire ! À Snape ! »
Je réfléchis un moment... je n'avais pas prévu qu'ils deviennent aussi méfiants à ce sujet... ça ne fait que prouver que ce qu'ils savent est intéressant... et malheureusement pour eux ils ont réussit à piquer ma curiosité ô combien maladive... D'autant plus de Dumbledore, aussi fou qu'il soit ne m'a pas dit ça pour rien... quoi que... non suivons cette piste.
« Je ne vous demande pas de me révéler votre secret, j'aimerais juste savoir ce que cache cet arbre... Dumbledore n'a tout de même pas pris le risque de blesser des élèves pour le simple plaisir d'avoir un tel arbre pour embellir le parc. » Il en serait capable remarque... j'ai entendu parler de l'historie du basilic. Brrr... comme quoi j'étais pas dans le faux l'autre jour dans le train...
Les jumeaux échangent un coup d'œil lourd de sens puis se tournent tous deux vers moi cette fameuse lueur malicieuse luisante dans leurs yeux...
« Bon ! Tu as gagné !
-nous allons te faire partager...
-...une part de l'étendue...
-...immense de nos connaissances...
-...sur Poudlard et ses mystères ! » s'exclament-ils ensembles.
A peine ont ils fini leur phrase que la porte du bureau du professeur Lupin s'ouvre sur le professeur Dumbledore suivit du propriétaire du dit bureau. Tous deux traversent la salle et le directeur sort de la pièce après nous avoir salué, ses yeux luisant comme des centaines de lucioles. Je suis sure qu'il doit avoir du mal à s'endormir le soir … ses yeux doivent faire office de lanternes dans sa chambre. Ça doit être comique à voir...
Le professeur Lupin revient vers son bureau en s 'excusant du retard et commence le cours. Alors que je sors mes notes George se penche vers mon oreille et me murmure
« Le saule cogneur est situé juste en dessous d'un passage secret qui mène en dehors de Poudlard. On ignore cependant où il mène, on a jamais réussi à passer l'arbre... »
Un passage ? Mais quel rapport avec la...non...Tout se fige autours de moi alors que la lumière se fait dans mon esprit...le voilà le lien entre le saule et la cabane hurlante... le passage ! Le passage mène à la cabane hurlante... pourquoi Dumbledore m'a-t-il fait part d'une telle information ? A quoi tout ça peut rimer ? A moins que... à moins que... que le professeur Dumbledore... Tout d'un coup, tout devient clair. Il sait... non, non,non non non ! Merlin non ! Faites qu'il n'ait rien découvert... Il sait pour moi. Il sait pour ma malédiction... Pourquoi ? Comment ? Comment il l'a su !? J'ai pourtant tout fait ! Tout fait pour ne rien laisser paraître ! Mes cicatrices ? Ou peut être ma façon de toujours vouloir rester seule... ou mon attachement excessif pour Ryan... je sais pas, je n'arrive plus à réfléchir, tout s'embrouille dans ma tête... ma malédiction, mon secret... Rémi... je sais pas , Ryan, j'y arrive pas, tout noir , tout est noir autour de moi, j'ai mal au cœur...
« Riley ? »
« Qu'est ce qu'elle a ? »
« Je sais pas, Riley ça va ? »
Quoi ? Pourquoi on m'appelle ? J'ai mal à la tête, j'ai mal à la gorge, j'ai peur, Ryan, Ryan j'ai peur... j'arrive pas, à penser, j'angoisse, je n'entend plus, rien, tout noir, tout, tout est noir autour de moi, je vois rien, j'entends rien, Il est au courant. Le professeur Dumbledore est au courant. Je veux pas, il peut pas, ça se peut pas, il a pas le droit. J'ai mal au cœur. Non. Personne. Jamais. Personne ne doit savoir. Jamais. Rester caché. Toujours rester cachées. A l'abri, là où ils peuvent pas savoir. Il faut toujours rester cachées, et protéger, protéger toutes les trois. Ils veulent me faire du mal. Mais ils veulent pas prendre de risques. Toutes les trois, cachées toutes les trois. Ils veulent nous attraper, ne pas sortir, rester derrière la porte. Noir. Il fait tout noir. Il fait froid, mais il faut pas sortir, maman crie, papa crie, mais il faut pas sortir, papa a dit qu'il fallait pas sortir. Même si j'ai mal. Même si j'ai froid. Pas sortir non surtout pas sortir.
« Riley ? Hé Riley, réponds ! »
« Elle tremble. Professeur ! Riley va pas bien du tout ! »
Qui ? Quelqu'un parle. Non, il faut pas, pas me toucher. Pas m'approcher, rouge ! Tour et rouge ! Sur mes mains ! C'est moi, un monstre! Pas me toucher, m'approchez pas ! J'ai froid ! J'ai peur. Non ! Il faut pas. Me touchez pas ! Je veux pas ! Je veux pas ! J'ai froid. Mes mains. Mes mains tremblent. J'arrive pas à m'arrêter. J'ai peur, j'ai peur, tout rouge, tout est rouge autour de moi sur moi ! Mes mains, mon visage, j'ai froid, c'est froid, ma bouche me fait mal, j'ai fait mal, plein de gens, pleins de gens morts autour de moi. J'ai peur, j'ai tellement peur. Je vois rien, j'entends rien, j'ai froid. J'ai peur.
« Miss Snape ? »
« Faudrait peut être l'amener à l'infirmerie ? »
« Elle fait une crise de panique. Mr Weasley allez me chercher le professeur Snape, je l'amène dans mon bureau, elle y sera peut être plus à l'aise. »
« Oui monsieur. »
Laissez moi tranquille ! Laissez moi ! Non m'approchez pas ! Dangereuse ! Je suis dangereuse ! Un monstre ! Je vais faire du mal ! Je veux pas ! Laissez moi ! J'ai froid... j'ai froid, j'ai tellement peur, j'ai tellement froid. J'ai mal , partout. J'ai mal. Rouge. Plein de rouge. Tout partout. Partout. C'est moi. A cause de moi. C'est de ma faute. Tout. Tout est de ma faute. A cause de moi. Je mérite pas. J'ai mal. Mon cœur. J'ai mal. J'ai peur.
« Miss Snape ? Miss Snape répondez moi. »
Qui ? Qui me parle ? Non, ne m'approchez pas. Pourquoi on me parle. Non, non j'ai peur, non ne me touchez pas. Froid, je tremble, mes bras, mes jambes me font mal. J'ai tellement froid. J'ai peur. Non ne m'approchez 'est ce que c'est ? Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qui est là, sur mon épaule !? Non ne m'approchez pas ! Ne me touchez pas ! Je suis dangereuse ! Non ! Non il faut pas ! Je veux pas ! Il faut pas approcher. Je vais faire mal. J'ai mal. Je veux pas !
« Miss Snape ! Riley ! Chut Riley calmez vous. Tout va bien, vous ne craignez rien, tout va bien. Écoutez moi, écoutez ma voix, tout va bien vous êtes en sécurité, à Poudlard, tout va bien. »
Poudlard... cette voix... je connais cette voix...professeur Lupin ? Pourquoi me parle t-il ? Ma vision s'éclaircit. Doucement, le rouge disparaît. Le noir aussi. Un sol en pierre. C'est ce que je vois. Un sol en pierre avec quelqu'un agenouillé dessus. J'entends aussi. Doucement, le calme s'installe en moi. Qu'est ce qui s'est passé ? Je suis fatiguée... tellement fatiguée... mes muscles me font mal... une main. Il y a une main grande et chaude sur mon épaule. Ma respiration hachée est le seul bruit que j'entends dans la pièce.
Je réalise soudain. Je ne suis plus en cours. Je suis quelque part ailleurs. Lentement je lève les yeux. Le professeur Lupin est face à moi, la mine soucieuse. Qu'est-ce que...
« Professeur... qu'est ce qui s'est passé ? » ma voix est rauque, comme si j'avais pleuré... ou comme si j'avais quelque chose dans la gorge. Elle me fait mal...
Le professeur Lupin pousse un léger soupir et dit lentement « vous avez fait une crise de panique dans la salle de classe, je vous ai amené ici pour que vous vous calmiez avant que vous ne vous fassiez mal. »
Je baisse les yeux. Je me sens lasse, fatiguée, et incroyablement triste... D'un regard terne j'observe la pièce où je me trouve. Elle est ronde et chaleureuse, encombrée de nombreux livres et d'un tas d'autre objets dont l'utilité m'échappe pour la plupart. Cette pièce lui ressemble. Simple et sérieuse. Mes yeux dérivent lentement de la pièce à son visage, que je fixe de nouveau. Mon regard est trouble encore. Je suis fatiguée...
« Excusez moi monsieur » dis-je en baissant piteusement la tête.
Sa main sur mon épaule resserre sa prise. Je sens son autre main se poser doucement sur ma joue. Sa main est chaude...et sèche. Je...pleure ? Oui.. je pleure. Pourtant moi, je ne pleure jamais. C'est pour ça que Ryan m'appelle Riley cœur de pierre. Parce que je ne pleure jamais. Alors pourquoi ? Pourquoi les larmes dévalent-t-elles mes joues ainsi ? Pourquoi ma poitrine se comprime en un sanglot que je n'arrive pas à retenir. Peut-être le trop plein d'émotions, de tristesse et de douleur que je garde en moi depuis... depuis ce jour là. Soudain, comme un barrage qui cède à la pression de l'eau, toute mes émotions me submergent. Je fond en de longues plaintes bruyantes, en me recourbant sur moi même, délogeant cette main qui réchauffait ma joue. Je pleure comme je ne me souviens pas avoir pleuré un jour. Je pleure jusqu'à ne plus avoir assez de souffle pour alimenter mes poumons. Je pleure comme une enfant lors d'un gros chagrin. Et je me trouve affreusement idiote. Tellement de désespoir de dégoût, dégoût de ce que je suis, de ce que j'ai fait, de ce que j'ai perdu. Tellement d'émotions se mélangent dans ses larmes qui gouttent de mon visage au tissu de ma robe.
La grande main de mon professeur vient frotter mon dos en de longs cercles alors que la seconde se fait happer par mes mains fébriles, me servant de bouée de sauvetage, de point d'encrage à cette réalité qui me fait tellement mal, là, tout de suite. Mes ongles s'accrochent à la peau douce de sa main, ses doigts restent immobiles me laissant disposer de cette partie de lui comme bon me semble.
« Pleure Riley, pleure, laisse tout ça sortir. » Sa voix est tendue, mais je n'y fais pas attention. Tout mon être est enfermé dans cette tristesse qui s'écoule le long de mes joues abîmées. Je hoquette bruyamment et mes sanglots se font plus longs encore.
« Je-je suis...je-je...pardon... »
« Shhht ce n'est rien, pleure, tu me parleras après si tu le souhaites. »
Ça recommence. Je me purge de mon mal être. De cette boule compacte et désagréable qui grossit dans mon ventre chaque jour qui passe. La solitude m'oppresse et me noue la gorge. Pathétique. Je suis pathétique. Un vrai bébé.
Je ne sais pas vraiment ce qui me prend. Mais, comme si mon corps ne me répondait plus, je me laisse tomber en avant, atterrissant contre le buste chaud et ferme de mon professeur. J'ai besoin... je veux pas être seule... j'ai froid... à l'intérieur... Mes deux mains s'accrochent à sa robe de sorcier au tissu rêche et irritant. Après quelques secondes de flottement, ses bras se referment lentement sur moi. Je ferme les yeux et laisse couler ma peine et ma douleur. J'enfouis mon nez dans son épaule, tout contre son cou. Mon nez rouge et enflé capte alors toutes les subtilités de son odeur entêtante. Une de ses mains se détache de mon dos et viens flatter lentement mes courts cheveux bruns ternes qui frôlent ma nuque. Je sais pas pourquoi je fais ça. Besoin de réconfort peut être. Au fond je m'en fou. Je pleure et c'est tout ce qui compte. Je n'arrive pas à penser à autre chose. Je pleure c'est tout. Et quelque part j'ai l'impression de me vidanger de tout ce que je gardais au fond de moi. Ça fait tellement de bien quelque part... de me débarrasser de tout ça...
Après de longues minutes, mes sanglots lents et bruyants se transforment en une respiration rauque et hachée. Ma tête est lourde et douloureuse. Ma vision est floue et je me sens lasse. Je ne pleure plus depuis plusieurs minutes, mais je ne me sens pas la force de bouger. Je reste le regard vague à fixer cette parcelle de peau fine qui sort de sa chemise et rejoint son visage. Mes yeux voyagent lentement de sa gorge si peu découverte à son oreille qui trône juste au dessus de mon nez, puis à ses cheveux châtain doré d'où partent de temps à autres quelques fils blancs, qui ne devraient pas être présent mais qui pourtant sont bien là. J'ai l'impression que mon corps ne me réponds plus. Comme une coquille vide.Le tissu usé de sa robe de sorcier me gratte le nez et la joue, mes jambes me font mal d'être placées dans une position trop raide et désagréable, et ma nuque est douloureuse...coincée dans une immobilité forcée, pourtant, pourtant je ne bouge pas, calée dans cette paire de bras chauds qui brûlent ma peau à travers mes vêtements. Ils sont plus forts, plus musclés qu'il n'y paraît, ils enserrent mon corps contre son torse large et robuste.J'ai envie de me frotter les bras pour enlever cette sensation de chaleur trop forte mais j'arrive pas à bouger. Alors je ne bouge pas, les yeux fixés sur cette membrane fragile qui vibre sous les battements de son cœur, là, juste sous sa mâchoire. Je vois flou. Je louche un peu aussi je crois. Mais j'arrive toujours pas à bouger. Comme dans du coton. Je me sens complètement engourdie.
Après une éternité d'immobilité, je le sens bouger. Je ne peux pas bouger moi. Être dans ses bras me procure un soulagement enjôleur que je n'ai pas ressentis depuis longtemps. Plus apaisant que n'importe quelle potion calmante que je pourrais trouver dans tout ce foutu univers. Ça y est je recommence... Riley-guimauve est de retour...
« Vous vous sentez mieux ? » me demande-t-il d'une voix douce et calme. J'ai envie de fermer les yeux et de m'endormir, là, dans ses bras. Comme contre une grosse peluche à forme humaine. Bordel ressaisit toi Riley t'as plus 5 ans.
Je ne dois plus rester comme ça. C'est le professeur Lupin. Du reste je n'ai aucune raison de me sentir ainsi. Ce n'est pas mon père, ou un membre de ma famille, c'est juste mon prof. Allez Riley bouge.
Doucement je me redresse et passe des doigts nerveux dans mes cheveux pour enlever le bazar que ma crise de larme a dû mettre.
« ...Je suis désolée monsieur... » ma voix est rauque et à peine plus forte qu'un murmure.
Je le vois secouer doucement la tête. Son cou en tout cas bouge dans ce sens.
« Il n'y a pas de raison. Pour que tu pleures comme ça tu devais sûrement avoir beaucoup de choses à évacuer. Tout le monde à le droit de craquer un jour ou l'autre tu sais, ce n'est pas un crime. » sa voix apaisante raisonne à travers moi alors que ma réponse se pose sur le bord de mes lèvres sans que je ne la laisse s'échapper. Moi. Moi je n'ai pas le droit. Je suis Riley cœur de pierre. Je ne pleure pas. Parce que je n'ai pas à pleurer. Moi je me fous de tout. Et c'est tout . C'est comme ça, c'est dans l'ordre des choses. Mais à la place je réponds :
« merci monsieur... »
Des pas se font entendre à travers le chuchotements constant des élèves dans la salle de cours. Des pas que je reconnaîtrais entre mille. Severus. Le professeur Lupin se redresse lentement, ses deux mains posées sur mes épaules. Je me rassois sur la chaise derrière moi ma main tremblante toujours en train de démêler désespérément mes cheveux. Stupides mèches trop courtes et trop sèches.
La porte du bureau s'ouvre sur la silhouette noire et légèrement haletante de Severus. Ses yeux sombres se fixent immédiatement sur moi. Derrière lui un éclair roux m'indique qu'un des jumeaux Weasley est allé chercher mon tuteur. Je n'ai pas le temps de le temps de le reconnaître. D'un geste brusque, Severus referme la porte du bureau qui claque violemment. Il se précipite sur moi , s'agenouillant devant moi. Il attrape mon visage dans ses grandes mains fines et me scrute avec attention. Je me laisse faire les yeux plongés dans les siens, si je détourne le regard je sais qu'il ne me lâchera pas. Je dois faire peine à voir. Le regard vide, les yeux bouffis, les joues séchés et craquelé de larmes. Il connaît cet état remarque. Il m'a déjà vu comme ça. Sans les larmes cela dit... Je suis fatiguée. Commence pas à me poser des questions la porte de prison je veux dormir. Sa peau est chaude aussi... ça me donne envie de dormir... pourtant ce n'est pas comme avec Lupin... c'est plus... ça réveille un vieux souvenir... je connais cette sensation... oh... oui je me souviens... c'était il y a si longtemps... Avec lui... oui c'est comme avec lui...
« Riley... dis moi ce qui s'est passé ?... »
Et voilà. Je l'attendais celle là.Le sang quitte mon visage. Non. Calme toi. Il ne sait rien. Il n'y a aucune raison pour qu'il sache. Je dois rester calme. Je respire calmement et cligne lentement des yeux. Ils ne sauront pas. Comme par réflexe, je tourne la tête vers la fenêtre et regarde quelques oiseaux voler calmement au loin.
« Riley ne m'ignore pas. » La voix de Severus se fait plus légère.
Je ne réponds pas. Un oiseau se pause à la fenêtre. Je le regarde sautiller sur le rebord de la fenêtre d'un air morne. Je sens les doigts de Severus serrer doucement mon genoux osseux. Non. Tu ne sauras rien de moi ce n'est pas la peine d'essayer. Jamais je ne te le dirais. Je serais aussi causante que tes ingrédients de potion mon cher Severus.
« Riley réponds moi. » Sa voix s'agace.
« Rien. » Ma tête roule lentement vers le visage blafard. « il ne s'est rien passé. »
Sa lèvre s'agite d'un tic nerveux. Son corps se crispe, sa main me serre plus fort. D'un bond il se relève. Il est en colère. Il n'aime pas ne pas savoir. Sa main attrape mon visage et le tourne vers lui. Ses yeux semblent plus noirs encore qu'ils ne le sont en réalité. Je peux voir derrière lui le professeur Lupin qui nous regarde un air indéchiffrable peint sur ses traits, ses bras fermement serrés contre sa poitrine. Je fronce légèrement les sourcils. Qu'est ce que c'est que ce regard. Pourquoi nous regarde-t-il avec cette lueur dans ses yeux de miel, cette lueur farouche qui les embrasent... Je n'aime pas ce nœud dans mon estomac. Je n'aime pas ce que cette lueur éveille en moi. Ça ne sers à rien. Le résultat sera le même. N'y pense pas Riley. Ce n'est pas pour toi ce genre de choses. Riley cœur de pierre... soit juste comme d'habitude... Riley cœur de pierre. C'est tout.
« Riley, on ne fait pas une crise de panique sans la moindre raison. Il t'est forcément arriver quelque chose. Dis. Le. Moi. »
Son ton ne laisse plus de place à la discussion. Je fais pourtant en sorte de garder un visage imperturbable. Oui Severus, tu ne me fais plus peur depuis longtemps. Si tant est que j'ai un jour eu peur de toi. Tu es aussi borné qu'un hippogriffe, et moi aussi. Tu ne tirera rien de moi. On se ressemble Severus. Je peux être aussi têtue et énervante que toi tu sais l'être. Et tu le sais parfaitement.
« Ce n'est pas la peine de me regarder comme ça Severus, je te dis qu'il ne s'est rien passé. » Je plonge mes yeux droit dans les siens. Tu ne sauras rien.
Il grogne légèrement. Oh oui tu as du caractère Severus. Mais moi aussi. Ses yeux me foudroient sur place. Les miens crient ma résolution. Sa langue claque rageusement sur son palet. Je ne lâche pas son visage des yeux. Nous nous affrontons encore quelques longues minutes les yeux dans les yeux, avant qu'il ne pousse finalement un soupir de dépit. J'ai gagné. J'ai fait plier Severus Snape. J'en jubile presque. Je me doute bien qu'il n'en restera pas là, et surtout que cette petite victoire sera la seule dont je pourrais me vanter face au terrifiant maître des potions de Poudlard, mais une victoire, c'est toujours ça de gagné. Oui je vais être une vrai teigne la dessus. Oh ouais je vais te faire tourner en bourrique mon gars.
La mine renfrognée, Severus passe ses longs doigts dans mes cheveux si courts, frottant doucement mon crâne avec ce que je pourrais presque définir comme de la tendresse. J'en rougis presque. C'est si rare de sa part. L'effet post crise de panique sans doute. Ou alors il a manger un truc pas frais...
« Je suppose que je ne tirerais rien de toi aujourd'hui. Pas que j'abandonne ne te fais pas d'illusions. Ce n'est que partie remise jeune fille. »
« Je m'en doutais de toute façon, tu ne me lâcheras pas. »
Il renifle de façon dédaigneuse et, sans plus de cérémonie, fait demi-tour dans une envolée de cape parfaitement maîtrisée et disparaît derrière la porte du bureau du professeur Lupin. La porte claque durement derrière lui. Ouais, je suis sur qu'il s'entraîne pour son truc des grandes capes noires menaçantes...
Une fois seuls, le professeur Lupin et moi échangeons un coup d'œil.
« Je crois qu'il est temps que nous retournions tous les deux en cours Miss Snape. » sa voix se fait sérieuse mais le petit sourire en coin que je vois sur ses lèvres me dit qu'il ne l'est pas tant que ça.
Je respire profondément et me lève de la chaise. C'est d'un pas sur que je regagne la salle de cours, précédée par le professeur Lupin. Je descend lentement les escaliers et regagne ma place sous les regards insistants de la totalité des élèves. Bon, bah avec ça je suis fichée pour le reste de mon parcours scolaire. Super. Merveilleuse journée. Je me rassois calmement et immédiatement Fred et George se tournent vers moi. A peine je relève les yeux que je crois les yeux coupables des jumeaux. Pour les rassurer je tente un sourire, visiblement vainement. Ils semblent persuadés que c'est de leur faute. En même temps les rassurer avec un sourire... moyen comme façon de faire... pour moi en tout cas... je devais ressembler à une bestiole écrasée avec ma grimace vaguement souriante.
Alors que j'allais parler pour les rassurer, le professeur Lupin se racle la gorge. Tous les regards se braquent sur lui, le mien compris.
« Bien. Je pense qu'il est grand temps que nous commencions la leçon d'aujourd'hui ! »dit-il joyeusement.
George se penche vers moi et me murmure des excuses. Je me penche à mon tour et lui réponds doucement que ce n'est pas grave, qu'il n'y était pour rien. Voyant que ça n'avait pas beaucoup d'effet j'enchaîne en le remerciant pour les information qu'il m'avait donné. Il me répond quelque chose mais je ne l'entends pas, je suis déjà absorbée par le cours qui a commencé. Les monstres aquatiques, le bonheur pour une détraquée comme moi.Tout ce que j'ai appris plus tôt dans la journée est relégué dans la fond de mon esprit. J'aurais tout le temps d'y penser plus tard.
Riley cœur de pierre. C'est tout ce que je dois être pour l'instant. Qu'importe ce visage en sang flottant encore devant mes yeux... Ça ne m'atteins pas.
Je n'ai pas de cœur.
Oui... je n'ai plus le droit d'avoir un cœur...
TBC
