Disclamer : Tout l'univers d'Harry Potter appartiens à J,K Rowling – à mon grand regret...-, et seuls Riley et sa famille sont mes bébés !
Résumé : Riley Lewis n'a jamais eu beaucoup de chance. Si vous voulez mon avis, elle n'en a même pas eu du tout. Les seize années qu'elle à passé sur terre -pour l'instant- ne sont qu'une longue suite de pas de bol à répétitions. Alors je me demande bien ce que Poudlard pourrait changer... On verra. Riley Lewis, c'est moi. Et c'est mon histoire.
Fiction Terminée en cours de réécriture. Nombre de chapitres réécrits : 5/9
Bonjour les enfants ! Je sais que je met beaucoup de temps d'un chapitre à l'autre et je m'excuse mais j'ai beaucoup de projets qui me viennent et le temps de faire le tris dans tout ça c'est un peu compliqué. Sans conter l'Université qui me prend quand même pas mal de temps et je n'ai pas trop envie de me louper sur ce coup là. Enfin bref, je vous remercie tous beaucoup pour vos review qui m'ont toutes fait très très plaisir et je suis ravie de voir que mon petit discours prise de tête à eu son petit effet. Évidemment je vous adore tous et vous offre donc ce cadeau de noël en retard ! Je remercie tout particulièrement Paloma-Swan qui à eu la gentillesse de me faire un petit coup de pub sur sa fiction Derrière la porte du placard, fiction que je vous recommande chaudement si vous ne l'avez pas déjà lu ! J'espère que ce chapitre va vous plaire et que vous apprécierez toujours autant Riley qui décidément à beaucoup de succès.
Juste avant que vous ne découvriez le fruit de cette longue attente laissez moi répondre à vos review !
Réponse aux Anonymes.
Nanaax : Merci beaucoup pour ta review. Eh oui Riley est vulgaire -c'est rien de le dire- mais que veux tu c'est dans sa nature, une Riley polie ne serait plus Riley ! J'espère que la suite te plaira !
Cora : Merci pour ta review ! Crois moi tu es encore loin d'avoir saisit toutes les ombres du passé de Riley, c'est très dur de le deviner, elle le cache trop bien, mais ce n'est pas une raison pour ne pas essayer de savoir;) Pour le rapprochement entre Remus et Riley ce ne sera pas pour ce chapitre ! Mais ça va venir, patience ! Bonne lecture !
Voilà ! Je vous laisse maintenant découvrir ce nouveau chapitre et vous souhaite de l'apprécier autant que j'ai aimé l'écrire ! Petit avertissement cependant il y a un passage assez trash, si ça vous gêne ne le lisez pas, il sera un italique. Et ne mangez pas en le lisant c'est un conseil d'amie;) ! On se retrouve à la fin !
Chapitre III : Lune
« Quoi ? Attends tu te moques de moi là ! »
Je ne réagis pas plus que ça au brusque haussement de voix de Ryan qui s'est redressée sur l'annonce que je viens de lui faire. Avec délicatesse et tact comme toujours. Non évidemment que je lui ai balancé la bombe en pleine tronche, vous me prenez pour quoi une personne civilisée ? Gentille ? Faut pas rêver ! Riley coeur-de-pierre vous vous souvenez ?
Nous avions décider de passer l'après- midi dans le parc du château, toutes les deux comme au bon vieux temps. Oui je parle comme une vieille mamie fripée comme un pruneau mais je m'en fous, je fais ce que je veux. Na.
Dans tous les cas, ça aurait pu être comme au bon vieux temps. Ouais, mais ça c'était avant la grosse, grosse, GROSSE, engueulade que je vois arriver comme un dragon volant droit sur un innocent petit lutin de Cornouailles -enfin aussi innocent que peuvent l'être ces saloperies je t'en ferais des beignet de viande moi ça traînerais pas... quoi que ça doit être immangeable...euh je m'égare là-.
Ses bras tendus derrière elle, dans l'herbe tendre, ses cheveux longs coiffés en une tresse serrée s'agitant sur son épaule suivant le mouvement furieux de sa tête. Ses yeux brillants semblant vouloir me canarder sur place. Ouais, je vais me faire déchiqueter en tout petits morceaux... bon bah adieu monde cruel.
Je la regarde fulminer bien gentiment, allongée de tout mon long, un bras sous ma tête,l'autre sur mon ventre ou repose un paquet de bonbons au caramel. J'adore le caramel. Non sérieux, j'adore ça ! C'est un peut comme ma drogue... c'est juste trop bon. Orgasmique. Mh parlant d'orgasme ça me fait penser que... NON ! Non vilaine Riley ! Merde... pourquoi je pense à ça moi maintenant... Vilaine Riley ! Si je commence à penser à ce foutu gars même quand il est pas la je suis finie ! Pauvre de moi ! Mayday cerveau à la dérive ! Concentre toi Riley !
« Une crise de panique ? ! Un plein cours ! ? Et tu me dis ça maintenant ! Par les culottes salles de Merlin Riley ! »rugit Ryan avec hargne.
Je hausse les épaules avec désinvolture les yeux fixés sur le lac noir et plonge ma main dans mon paquet de bonbons. J'adore vraiment le caramel mou. Encore plus que caramel normal.C'est la nourriture des dieux. C'est bon, c'est rigolo à trifouiller et c'est tout mou sur la langue. Un vrai bonheur ! Je crois que je me perds toute seule la non ?
« N'exagère pas non plus, je te l'ai dit. Et ce n'est pas comme si c'était vraiment grave. »j'avale lentement un bonbon -orgasme gustatiiiiif...- eh merde v'la l'autre qui reviens, sors de mon cerveau stupide prof ! Je deviens obsédée ma parole ! Vilaine ! Si à chaque fois que je pense à un mot tendancieux il viens polluer ma cervelle endommagée je vais pas tenir longtemps moi !... Et pourquoi à chaque fois que je pense à LUI je me retrouve avec l'esprit le plus pervers détraqué de toute la création de l'humanité bordel de merde !
« et puis, je n'ai pas attendu un siècle non plus pour t'en parler. »je mâchouille mes mots sans vraiment avoir conscience que je suis toujours en train de parler. Je suis un peu en pilote automatique là en fait...
Ses yeux chocolat me fusillent sur place « Ça fait une semaine Riley. » gronde-t-elle.
Certes...vu comme ça c'était peut être pas la meilleure idée que j'ai eu de toute ma courte vie...
J'enfourne un autre bonbon dans ma bouche sans lui répondre. Je ferme les yeux en mâchant lentement, le soleil frais de cette fin de mois de septembre caresse doucement mon visage. Autour de nous, le bourdonnement agréable des élèves éparpillés sur la pelouse berce lentement le flot de mes pensées tourmentés. Ce week-end, le temps est clément et les détraqueurs que cet abruti de crétin arriéré d'andouille pas cuite de ministre à placer au château ne se sont toujours pas montrés. Pourtant, je me doute bien que les grandes silhouettes de différents professeurs qui patrouillent l'air de rien ne sont pas anodines. En même temps ce n'est pas compliqué à deviner, je vois mal ce cher Severus se promener dans le parc pour le simple plaisir d'admirer le paysage. Ils nous prennent pour des idiots. Severus un après midi dans le parc pour le plaisir. Mais bien sur...Et pourquoi pas lui faire cueillir des pâquerettes revêtu d'une petite robe rose à volants gambadant gaiement sous la douce lueur du couchant. Je vois d'ici le tableau... c'te blague ! Comme si c'était le genre. Et voilà que je m'imagine Severus dans une robe à volants... merde c'était pas malin de penser à ça... quoi que ça doit valoir le détour... avec des couettes... ah ce que je ne donnerais pas pour voir ça ! Ça doit être tellement beau ! Toute une réputation réduite en millier de morceaux par une paire de ballerines, une robe rose à froufrou et des couettes... l'éclate totale !
J'aspire une grande bouffée d'air frais, les yeux fermés pour profiter de la sensation de l'herbe sur ma peau et du vent léger sur mon visage. J'aime les moments comme ceux là, calmes, sereins. Où il n'y a que moi, la nature et Ryan. Ou rien d'autre ne compte. J'aime ces moments autant que je les déteste. Ce clame est annonciateur de l'horreur que sera cette nuit. C'est ce soir que mon calvaire recommence. J'espère seulement que je réussirais à aller à la cabane hurlante avant le moment fatidique... Pas trop le choix en même temps sinon je suis légèrement dans la crotte d'hippogriffe. Mais vraiment légèrement... rien qu'un chouilla... et pour ceux qui suivent pas c'est ironique, si je trouve pas de planque je suis juste un peu une morte en sursis...
Une main fine et douce se met à jouer avec les courtes mèches qui retombent sur mon front. J'en sourirais presque. Ryan est en colère contre moi je le sais, pourtant elle ne peut pas s'empêcher de me tripoter les cheveux. Ses petits doigts aux ongles arrondis se mettent à gratter doucement ma tête et je me penche vers elle, avide de plus de contact. J'adore qu'on me touche les cheveux et la tête. Une vraie bestiole comme elle dit. Je peut pas trop la contredire sur ce coup là...si je pouvais je ronronnerais. Ça serait marrant. Rien que pour voir sa réaction. Oh ouais trop tordant... ma Kitty-cat !
« Un jour tu auras ma peau Riley cœur de pierre... » murmure-t-elle d'une voix plus vraiment furieuse...
« Ne soit pas stupide Kitty-cat... »
« Arrête de m'appeler comme ça ! » gronde-t-elle en frottant plus fort sa main contre mon crane.
Je m'esclaffe « Quoi ? Tu n'aimes pas ton petit surnom mon chaton ? »
Elle grogne encore et saute sur moi pour me chatouiller. J'éclate de rire en me tortillant dans tous les sens.
« Espèce de sale emmerdeuse tu n'as pas fini de me provoquer ! ! »
« Jamais ! » je fais courir mes doigts sur ses côtes à mon tour pour la faire me lâcher.
« Arrête arrête arrête ! » couine-t-elle entre deux éclats de rire tout ne se débattant alors que je l'écrase de tout mon poids.
« NON ! Ploie devant moi misérable insecte ! »
« Dans tes rêves espèce de folle ! » mon attaque de chatouille redouble encore d'ardeurs « d'accord ! D'accord je m'incline arrête ! »
Je la relâche fière de mon triomphe et me redresse a genou le torse bombé, les joues rougies et le souffle cours de notre bataille récemment gagné.
« ma parole tu veux vraiment me tuer ! » souffle-t-elle en arrangeant ses cheveux.
« Ne dis pas de bêtise qui voudrait ta mort ? »
« Mes ennemis bien sûr qui d'autre ? » plaisante-t-elle
« Un petit copain trop jaloux ? » elle éclate de rire, je me rassois dans l'herbe tendre.
« Quel copain ? Ne te fais pas plus idiote que tu ne l'est Riley cœur de pierre ! »
« Oh je ne sais pas moi, t'a l'air de bien t'entendre avec ce gars, là en sixième année, Diggory c'est ça ? » sa petite main viens frapper mon bras.
« arrête tes bêtises ! C'est un copain c'est tout ! Je te demande ce que tu trafiques avec les jumeaux Weasley moi ? »
« Hé ! Je ne fais pas dans le baby-sitting moi ! » Et elle rit plus fort encore.
Pendants de longues minutes, je le regarde rigoler toute seule heureuse de la voir heureuse, il y en a au moins une à qui Poudlard a fait du bien, c'est tout ce qui compte. J'aime la voir rire. J'ai toujours l'impression que rien ne peut l'atteindre quand elle rigole. Comme un roc. Inébranlable. Ça me rassure aussi, elle est assez heureuse pour pouvoir rire, alors elle va bien. Et puis elle à une tronche affreuse quand elle chiale, un genre de troll dégoulinant de morve avec une lèvre qui débloque. Le charme incontesté de la gente féminine. Miss monde en personne. Yeurk. Et après elle renifle pendant des heures entières. J'aime pas les gens qui reniflent. Ça me tape sur les nerfs. Le bruit est insupportable. J'ai presque l'impression d'entendre la morve se rétracter dans leurs narines. Double Yeurk. Rien que d'y penser ça me ferait vomir...
Pendant mon étude interne sur les capacités enquiquinantes des personnes à déficits nasal, elle se calme enfin après un interminable fou rire. Le silence reprend ses droits entre nous deux. Je soupire en me réinstallant confortablement dans l'herbe tendre. Mes muscles commencent déjà à me faire mal. Il est tard, la nuit et son ombre menaçante pèse sur mes épaules. Il n'y a que Ryan qui y arrive. Elle me fait oublier ce qui m'attend. Cette nuit qui se rapproche à chaque seconde qui défile, lentement mais sûrement. Ô joie. J'ai tellement hâte... Merlin j'aime ma vie... doux bonheur que m'apporte chaque jour. Vite un mur que je me frappe la tête dessus, histoire de m'achever !
« Tu as une solution pour ce soir ? »
Je ne réponds pas tout de suite. Je laisse le calme du vent passer entre sa phrase et la mienne. Je suis des yeux un oiseau qui vole au-dessus de la forêt interdite, derrière le lac.
« Oui, j'ai trouvé. »
« Mh... comment tu vas faire ? »
« Passer la nuit à flirter avec des fantômes. »
Elle ne répond pas, elle joue avec sa tresse.
« Tu sais... ce soir je pourrais aussi- »
« Non. Si j'aperçois le bout de ton nez ce soir je te vire à coup de pompes dans le train. Et je te balance une pelote de laine.»
« Riley soit raisonnable ! Tu ne peux pas passer toutes ces nuits comme ça ! »
« Je ne veux pas te voir ce soir ! » d'un bond, je me redresse un œil sur la montre à mon poignet. « Je vais dans la grande salle, tu ferais bien de faire pareil. »
Je pars, sans un seul regard vers elle. Il faut que je mange. Le dîner va bientôt commencer.
Une main me retiens. Une main fine et douce contre ma peau. Une main que je reconnais sans même me retourner. Une main qui me retourne. Je me retourne. Ryan me regarde, avec ses yeux qui brillent trop. Je n'aime pas quand ils brillent comme ça.
« Promet moi que tout ira bien Riley. »
Je ne réponds pas. J'enroule mes bras autour d'elle. Elle le sait pourtant que je ne peux pas lui promettre ça. Nous nous serons l'une contre l'autre. Sa tête contre la mienne, nous savourons cet instant, collé l'une à l'autre, comme qui nous ne formions plus qu'une seule personne. Comme si rien ne pouvait nous atteindre. On à bien le droit de rêver un peu. Rien qu'un tout petit peu. Ça fait du bien parfois.
Je me sépare d'elle au bout de quelques secondes. Je me retourne et pars sans un mot. J'ai faim. Le dernier bonbon eu caramel coule lentement dans ma gorge.
La grande salle est encore assez vide. Il n'y a que quelques élèves qui mangent en petits groupes éparpillés sur les grandes tables des quatre maisons. Severus est là. Il me fixe de ses yeux plus sombres encore que d'habitude. Je pense qu'il doit se douter de quelque chose. Il m'adresse un hochement de tête sec que je lui rends. J'aime pas trop le regard qu'il a mais bon je ne vais pas non plus le bouder sinon je l'aurais sur le dos tout le reste de ma foutue vie... merci du cadeau. Quand je m'assois à la table des Gryffondors, son regard me suit encore. Dumbledore entre à son tour dans la grande salle, par la porte utilisée par les professeurs. Je le suis des yeux tandis qu'il s'installe à côté du professeur McGonagall. Ils échangent quelques mots puis se mettent à me regarder tous les deux avec attention. Je détourne les yeux. Qu'est ce qu'ils me veulent ? Boarf, après tout je m'en fous. C'est pas mon problème, qu'ils me regardent si ça leur fait plaisir. J'ai rien d'un top model mais bon chacun ses délires.
Je grimace. Je le sens. Il s'agite de plus en plus. Je le sens gratter à la surface de ma conscience. Il veut sortir. Il veut mordre, il veut courir, il veut assouvir sa soif de sang. Et je ne sais que trop bien. Le peu de contrôle que je conserve sur lui s'amenuise au fur et à mesure que les minutes défilent. La lune l'appelle. Il a envie de sang et de chair.
Je mange rapidement l'estomac noué. Personne ne doit se rendre compte de mon malaise. Je commence à me sentir vraiment mal. La peur s'infiltre dans mes veines, dans ma chair. La peur, mélangée à cette excitation malsaine qui ne m'appartient pas. Mes mains tremblent, ma gorge est sèche. Il faut que je sorte. Un regard me brûle le visage. Non, plusieurs regards. Dumbledore ne me lâche pas des yeux. Le professeur Lupin est là aussi. Lui aussi me regarde,ses questions écrites sur le visage. Manquait plus que ça. Voilà que mon professeur de DCFM et soi disant coup de cœur de l'année s'inquiète pour moi. Super.
Non. Il y a quelque chose d'autre dans les yeux dorés du professeur Lupin. Il me regarde avec curiosité oui...inquiétude aussi peut être... mais il y a autre chose... Je ne sais pas ce que c'est... ça m'intrigue... C'est bizarre... J'ai envie de dire mêle toi de ton cul espèce de prof à la mord moi la tour Gryffondor, mais le cœur n'y est pas. Stupide organe encombrant et empêcheur de pester en rond. Si je peux même plus penser ce que je veux ou va le monde ! Ouais, dans le mur parfaitement ! Et je parle toute seule si je veux ! C'est ma tête oui ou merde ?!
Je secoue la tête sous un autre assaut de la bestiole. Ses griffes grattent ma conscience, ma résistance, il veut désespérément sortir.
Je finis mon repas rapidement, prenant soin de ne pas manger de choses trop lourdes, comme le hachis parmentier qui me fait de l'œil depuis quelques minutes. Je risquerais de tout régurgiter et l'idée n'a rien d'alléchante. Les élèves sont maintenant nombreux dans la grande salle. Potter s'est assit en face de moi, entouré de Granger et du petit frère des jumeaux, Ronald.
Les grands yeux verts du gamin se fixent sur moi. Il mordille sa lèvre, on dirait qu'il hésite. Il finit par ouvrir la bouche ses yeux dans les miens.
« Euh...Ri-Riley ? »
« Oui ? »
« Est-ce que...enfin... tu... »
« Je ne mords pas tu sais, pose ta question » ouais... je ne mords pas je ne mords pas... c'est vite dit tout de même... t'amuse juste pas à faire le mur ce soir gamin. Les petites sorties entre copains-copines c'est pas vraiment le jour.
Il respire un grand coup et dit d'une traite « Est-ce que tu vas bien ? »
Je manque de sursauter et, par la même occasion de m'étouffer avec ma pomme. Aurait-il remarquer ? Non...Merlin non...
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » je tente de garder un air imperturbable.
« Ben c'est que...depuis quelques jours tu es toute pâle et tu n'as pas l'air bien dans ton assiette. Et j'ai entendue Katie et Angelina parler de...Enfin de ta crise en cours de DCFM alors ... »
« Tu voulais savoir comment j'allais ? »Si c'est pas mignon, il s'inquiète pour ma pomme.J'aime bien ce gamin. Il est gentil et pas du tout arrogant. Le parfait contraire du tableau que nous en a peint Severus. Comme quoi faudrait penser à lui retirer ses éprouvettes qu'il à d'enfoncé dans l'arrière train à ce cher Sevy- chou...Beurk... Merlin j'ai pas imaginé ça... Oh je vais vomir...Merlin non... pourquoi cette image d'éprouvettes dans le derrière de Severus... c'est comme surprendre papa en train de rentrer dans maman... c'est trop glauque pour que ta santé mentale en sorte indemne... Déjà que j'en ai pas beaucoup... on va pas en plus me piquer le peut qu'il me reste ! Non mais c'est la mienne de santé mentale tout de même ! Pas question de me la voler foutue image tordue !
Oh ça va plus ce coup ci... Concentre toi Riley !
J'allonge le bras pour passer rapidement une main squelettique et tremblante dans la tignasse ébouriffée du gosse. Il se crispe sous ce contact.
« T'inquiète dont pas pour moi, gamin. Je vais bien. » Que c'est laid le mensonge. Vilaine Riley. Tu ira en enfer ! Ouais ... parfois je me fais honte toute seule... penser à des conneries pareilles ! C'est pas comme si je croyait à ces conneries !
Ses joues rosissent. Son corps se détend un peu, mais reste tout de même crispé. Je retire ma main. Il se relâche en poussant un petit soupire. Qu'est ce qui a bien pu lui arriver à ce gosse pour qu'il réagisse comme ça à un simple contact ? Oh...après tout, ça ne me regarde pas. Je n'aimerais pas qu'on vienne renifler mon cul je vais pas le faire pour celui des autres.
Il me donne un petit sourire. Je hoche la tête il rougit encore. Je me lève, sans un mot de plus et sors de la grande salle. Je sens encore, alors que les portes se referment sur moi ce regard brillant de Harry et les yeux sombres de Severus. Brave garçon...
En sortant de la salle, je croise les jumeaux qui me lancent tout deux un sourire lumineux. Je hoche la tête et lance mon bras vers eux pour leur répondre lorsqu'ils me saluent d'une même voix. Je sais pas comment ils font sérieusement... partagent-ils le même cerveau ? Peut être qu'ils en on chacun une moitié dans le crane... et qu'ils échangent de temps en temps, pour le fun... faudrait que je leur demande tiens...
Alors que je franchis la grande porte, j'aperçois au loin ma soeur en grande conversation avec la petite blonde qui est souvent avec elle, la brune typée asiatique et Diggory. Elle me voit. Je lui tourne le dos. Le message est passé. Elle ne me suivra pas. C'est mon fardeau. à moi et rien qu'à moi. Je ne laisserais personne le porter pour moi. Ma malédiction. J'ai un petit coté possessif par moment. Un autre de mes innombrables défauts. Je devrais songer à faire une thérapie un de ses jours. Pas que ça soit nécessaire ou même utile, mais pour passer le temps. Je vois d'ici la tronche du thérapeute en lui racontant la merveilleuse histoire de ma vie. Ce serait sûrement à mourir de rire. Bon l'ennuie c'est que j'aurais droit à un allé simple pour l'asile le plus proche, voir une clinique vétérinaire... l'euthanasie ça à du bon... Ouais... c'est une idée pour occuper une après midi bien chiante...mais alors vraiment vraiment chiante l'après midi, genre chiante à mourir... ouais j'ai vraiment pas un humour à casser des briques...
Je m'éloigne lentement des lumières du château et évolue dans le parc de plus en plus sombre à mesure que les secondes passent. Quand je ne croise plus d'élèves, je commence à courir. Je me fonds avec les ombres des arbres qui parsèment le parc, fuyante comme une bête traquée. Il ne faut pas que quelqu'un me voit. Surtout pas un professeur. Si je me fais attraper maintenant je suis fichue. Le soleil au loin, disparaît tout doucement derrière les arbres de la forêt interdite. Stupide astre. Tu peut pas ralentir un peu ?! Genre je sais pas être cool pour une fois, et m'aider un peu ! Foutue boule brûlante à deux noises !
Finalement, je me stoppe devant le saule cogneur. Le végétal semble presque sentir ma présence, il s'agite furieusement battant ses branches comme un bébé joue de ses petits poings. Ouais... un bébé en un poil plus dangereux, et meurtrier...Je suis plus consciente que jamais que si je m'approche, je vais me faire envoyer dans le décors. Tout en moi semble vouloir me forcer à faire demi tours. Mon instinct animal plus présent qu'à l'accoutumé semble me hurler dans les oreilles de déguerpir pendant qu'il en est temps. Mais il ne faut pas. Parce que cette peur, les autres aussi la ressentent. Et cette peur justement me protégera. Mais avant cela il faut que j'arrive à passer. Je avais que les cours d'athlétisme m'aurait été utiles... ils en proposaient gratuitement à Londres... dommage on fera sans ! Pas comme si j'avais franchement le choix non plus !
J'inspire un grand coup et commence à m'avancer pas à pas vers l'arbre. Je dois cependant vite reculer quand une énorme branche fonce vers moi pour me dégommer. Au dernier moment j'esquive l'appendice de bois qui s'écrase lourdement au sol. Je grogne. Fait chier ! Il faut que je passe bordel je n'ai pas toute la nuit !
« Putain d'arbuste de merde laisse-moi passer où je jure que je te déracine pour te changer en jolie maison de poupée pour fillettes a couettes ! » je sais que lui siffler des insultes ce n'est pas franchement utile ni même intelligent, mais ça soulage à un point pas possible.
Un craquement derrière moi me fait sursauter et manque au passage de me flanquer une crise cardiaque. Je me retourne d'un bloc tellement vite que j'en ai presque le tournis.
Un chien.
Un gros chien noir me regarde avec de grands yeux gris. Il me fixe sans bouger, campé sur ses pattes arrières. Au premier abord il pourrait paraître menaçant et il aurait toutes les raisons du monde de l'être face à quelqu'un comme moi. Mais il ne me grogne pas dessus, ne semble même pas inquiet. Il me regarde juste avec ses yeux gris puissants. Je le fixe moi aussi. Il incline sa tête sur le côté, on dirait presque qu'il me questionne des yeux. Gros toutou trop curieux hein ? Qu'est ce que c'est que ce bordel encore... Je sais pas il est pas sensé...je sais pas peut être courir pour sa vie ? Aboyer comme un fou ? Avoir au moins l'air un minimum flippé je sais pas moi ! Non il reste juste là à me regarder. On dirait presque que c'est moi qui suis en faute...
« Étrange comme chien... salut toi. »Je m'accroupis devant lui, persuadée qu'il va détaler en courant. Après tout, les animaux ont un instinct plus développé que les humains, il doit savoir que je ne suis pas quelqu'un de fréquentable... Ou il est complètement abrutis ce qui est possible aussi. D'ailleurs vu qu'il n'as pas bougé depuis tout à l'heure je commence à pencher pour la deuxième option...
Il ne s'enfuit pas. Il s'approche même ! Lentement, les oreilles plaquées contre son crane. Il paraît...inquiet... mais pas effrayé. Il me renifle. Presque timidement j'approche ma main de lui. Ça fait longtemps, si longtemps que je n'ai pas touché d'animal. Il son peur. Toujours. J'aime les eux ne m'aiment pas. à cause de ma condition, ils me fuient tous sans distinction. Tous sauf les...non... peut être que...Je secoue la tête.
La tête du chien se colle à ma main, me ramenant à la réalité. Je le gratte entre les deux oreilles. Il aboie et remue joyeusement la queue. Mh... ce chien... se pourrait il que... Soit ce chien est complètement abruti... soit il est au contraire un peu trop intelligent pour un chien... de ma maigre expérience des animaux il n'agit pas du tout normalement... sauf si...
L'obscurité ambiante me ramène à la réalité. Je déglutis et me relève. Le chien me regarde faire la langue pendante. Peut importe ce qu'il est, je ne peux pas me préoccuper de ce clébard maintenant.
« Tu es bien, gentil, mais si je ne rentre pas vite dans ce foutu passage secret, il risque d'y avoir du grabuge ce soir... »
Je me gratte la nuque en pestant sur ma malchance quand soudain, le chien bondit devant moi et file comme une flèche vers le tronc de l'arbre. Il slalome entre les branches furieuses du végétale et disparaît dans ses entrailles. Il en ressort deux secondes plus tard et presse ses deux pattes avant sur une racine je crois. Immédiatement l'arbre s'immobilise dans son mouvement. Le chien tourne sa tête vers moi et aboie joyeusement, sa queue touffue remuante derrière lui... d'accord... Oui non mais je comprends pourquoi se faire chier... après tout ce n'était qu'un arbre. Un foutu arbre qui pourrait me réduire en purée toute bestiole peu aimable que je suis !
« Ok...aucun doute ce chien est étrange... » mais après tout , ça m'arrange.
Je m'élance vers l'arbre et rejoins le chien immobile entre ses branches. Il aboie de nouveau et disparaît sous les racines. Je me penche pour le voir partir et sursaute, surprise. Il a trouvé le passage... Il a trouvé le passage du premier coup... alors que vu ou il est ça m'aurait sûrement pris des heures...Merlin ce chien est définitivement autre chose qu'un chien, ce n'est pas possible autrement. Il faut juste espérer que ça m'apportera pas de problèmes... Bon il est vrai que je suis déjà sacrément dans le caca, mais raison de plus pour pas en rajouter !
Je m'engouffre dans l'étroit boyau de terre et le remonte à la suite du canidé qui halète devant moi. Alors que je disparais lentement dans le passage, un long frisson d'excitation remonte froidement le long de mon dos. Je me fige dans mon mouvement et jette un coup d'œil alarmé au ciel maintenant si sombre. De nombreux nuages me cachent la vue, mais l'atmosphère me suffit à comprendre. Le soleil à définitivement disparu... la lune est levée. Bordel de merde !
D'un geste je m'engouffre dans le tunnel terreux. Sans attendre, je cours aussi vite que possible dans l'étroit boyaux sombre. Derrière moi, j'entends les aboiements du chien et ses pattes qui frappent le sol. Plus vite plus vite ! Il faut que j'aille plus vite ! Allez Riley dépêche toi ! Saloperie de Lune de merde !
Enfin la sortie ! Je saute par la trappe comme un diable hors de sa boite et atterris sur le sol poussiéreux de la cabane hurlante. Sans attendre, je gravis les escaliers grinçants, vain espoir de m'éloigner de ce passage. À peine une porte claque-t-elle derrière moi que la lune aveugle mes yeux sensibles.
Le chien aboie encore. Je me casse en deux. Les dents serrées, les yeux fermés je retiens un premier gémissement de douleur. Mes genoux craquent. Je m'effondre. Mes larmes s'amoncellent au bord de mes yeux, ils me brûlent. Je les sens bouger sous ma peau. Chacun de mes os. Mes cotes, mon bassin, mes jambes. Chaque os. Mes gencives me font mal. Ma lèvre s'ouvre. Un autre craquement, cette fois c'est mon torse. Mes côtes se brisent les unes après les autres, pour reformer une cage thoracique plus large et allongée, je sens qu'un de mes os à ouvert ma peau, il à fait plus mal que les autres. Ma peau se déchire pour laisser pousser cette fourrure brune qui commence doucement à me recouvrir. J'entends les lambeaux craquer et mes pores s'écarter dans un bruit gluant pour laisser passer les poils drus de cette maudite fourrure. Je sens la sueur sur mon dos, mon visage, dans mes yeux et ma bouche. Son goût amer et salé me donne envie de vomir, son odeur forte et répugnante, mélangé à celle de mon sang et de l'intérieur de mon corps, que je sens à travers les larges plaies que mes cotes on faites par endroit, sature l'air. L'air à goût de charogne et de mort. L'odeur que j'assimile toujours à l'enfer.
Mes phalanges se retournent pour former mes pattes, les griffes percent ma peau et la chair du bout de mes doigts tombe, s'écrasant sous le poids de ma main, devenue un croisement entre une patte et une main. Mon nez, ma mâchoire s'allongent.
Encore un craquement, mon nez à percé la peau en poussant je sens mes narines gigoter, comme avalés par cette truffe en train de me pousser sur le visage. Mes rotules pivotent sous ma peau d'un coup sec et assourdissant pour former l'articulation de pattes arrières. Je hurle je crois. Ça fait mal. Ils ondulent encore. Mes os. C'est atroce, chaque fois c'est toujours aussi atroce.
Ma colonne vertébrale ondule plus fort et craque encore. Elle s'allonge dans mon dos. Le pire arrive. Je hurle encore. Mon coxis perfore ma peau humide de sueur il pousse pousse pousse, et chaque centimètre qui sort rappe ma peau déchiré vertèbres élargissent toujours un peu plus le trou en s'allongeant eux aussi, se modifiants. La peau pousse, les poils aussi. Je hurle ma douleur quand dans un bruit sec mes bras se cassent aussi. Ils s'allongent et ondulent C'est l'enfer. Ça fait tellement mal. J'ai mal...j'ai mal...
Un couinement, quelque part pas loin de moi.
Le chien. Il est toujours là...tapis au fond de la pièce ... je sens son odeur... ses deux yeux gris m'accompagnent dans la perte de ma conscience humaine. Je ne suis plus Riley.
Le loup est réveillé et hurle à la lune. Je sens son cri passer dans ma gorge...
Mon corps est léger. Étrangement léger. C'est la première chose que je remarque alors que je reprends doucement conscience. Mon corps est léger... et il se balance doucement de droite à gauche, comme dans un bateau. Pourquoi est-il léger ce corps ? Il n'est pas censé être léger après une nuit comme celle que je viens de vivre. Je devrais souffrir. Pourtant, non, je ne sens rien. Je suis sensé déguster sévèrement, mais non rien.
Je n'arrive pas à bouger. Mon cerveau est englué par la fatigue...qu'est-ce que c'est que ce bordel... je n'arrive pas à réfléchir, pourtant je le sais au fond de moi...quelque chose ne va pas...
« Oh merlin tout puissant... Dépêchez vous Severus, posez là ici.. »
Qui est ce qui parle ? Severus ? Il est là ? Oh non... il va comprendre ! Eh merde !
« Allez chercher le directeur Severus... » encore cette voix...Pomfresh ? Misère...
« C'était mon intention.. » Sa voix est plus froide encore que d'habitude. Il est en colère... « mais avant... » Il marmonne quelque chose. Presque aussitôt une douleur fulgurante se répand dans tout mon corps.
Je grimace. Mes muscles se crispent. Pour un peu je serais presque rassurée dans ma douleur... ça c'est un lendemain de pleine lune qui m'est familier. La totalité de mes muscles me tirent douloureusement, j'ai l'impression que de la lave lèche avec délectation le moindre de mes nerfs. Des picotements aigus parcourent mon ventre, mes bras, mes jambes et mon dos, sûrement aux endroits où la chair est à vif. J'inspire difficilement, la douleur à grimpé rapidement. Foutu Severus je suis sure qu'il l'à fait exprès ! Je retiens ce coup bas qu'il se prépare à un petit cadeau de ma part ! Non mais !
Mon souffle est rauque est laborieux. Je ne serai pas surprise que le loup m'aie cassé une ou deux cotes en se cognant contre les meubles de la cabane hurlante. J'entre-ouvre difficilement un œil après quelques secondes de respiration douloureuse.
« Elle est consciente ! » s'exclame aussitôt la voix un peu plus aiguë de Mrs Pomfresh.
Une silhouette noire à la face blanchâtre se penche sur moi. Une main fraîche s'appuie contre mon front. L'odeur de Severus envahis mes narines. Ravie de te voir aussi... espèce de serpillière défraîchie...
« Comment vous sentez-vous miss Snape ? »
Si j'en avais eu la force, j'aurais levé les yeux au ciel. Elle en a d'autres des questions idiotes dans le genre ?
« A votre avis comment j'ai l'air de me sentir ? » la voix est rauque et irrite ma gorge. J'ai soif. J'ai du hurler longtemps.
« En tout cas assez bien pour nous faire part de on humeur si délicieuse ma chère Riley... »
Je l'ai sonné la chauve souris asociale ? Est-ce que je lui fait des remarques moi quand môssieur passe ses nerfs sur les pauvres Poufsouffle qui ont le malheur de marcher à coté de lui dans un couloir ? Non ! Bah voilà, qu'il ne vienne pas me chercher des poux dans ce cas ! Je lui lance un regard qui, j'en suis sur, le renseigne sur la tournure de mes pensées. J'essaye de me redresser en douceur. Mais d'une pression sur mon épaule, l'infirmière m'en empêche et me plaque contre les oreillers de force. Un grognement sort d'entre mes lèvres, je déteste que quelqu'un me fasse ça. Severus disparaît derrière le rideau qui cache mon lit au reste du monde. Mrs Pomfresh le suit m'assurant qu'elle allait me chercher de quoi me soigner.
Une fois seule, je me redresse sur les draps blancs du lit. Au bout d'une ou deux minutes de grimaces je réussis à m'asseoir sur le bord du matelas.
Mon corps avait été recouvert de ce que, je crois devais être ma cape. La peau de mes bras me tirait par endroit à cause du sang coagulé collé dessus. Je sentais aussi le contact piquant de l'air sur ma chair blessée, ainsi que celui du tissu rêche contre mes blessures que je devais sûrement avoir sur le ventre et les jambes. Avec une grande inspiration, j'attrape du bout des doigts le tissu sombre et compte mentalement... je dois vraiment être masochiste...
1...2...et 3 !
D'un coup sec j'enlève l'étoffe de ma peau. Je me mords la lèvre vivement sous la douleur sourde qui envahit mon buste et mon ventre. Je sens immédiatement le goût du sang sur ma langue... Et merde... je me suis rouvert la lèvre en plus de ça... Je déglutis ravalant le chapelet de doux mots d'oiseaux qui se battent contre mes dents serrées... J'ai toujours eu tendance à jurer dans les moments critiques... manque d'éducation ? Peut être bien que oui... Comment ça vous le saviez ? Je vous crotte puis-ce que c'est comme ça.
Une longue plaie étroite déchire mon ventre juste au-dessus du nombril, plusieurs bleus recouvrent ma poitrine et mon ventre ainsi que le reste de mon corps comme je m'y attendais. Je respire fort dans l'espoir de faire passer la douleur... c'est toujours ça de pris. Je dois faire peur à voir...
« Mais qu'est-ce que vous croyez faire ?! Rallongez vous immédiatement ! » couine une voix haut perchée.
Mrs Pomfresh surgit alors de nulle part et me propulse littéralement sur mon lit avant de me recouvrir de décoctions et de potions diverses qui ont toutes pour effet – outre avoir une odeur de merde et de me donner envie de plonger mon nez dans un paquet de bonbon au caramel- de parcourir mon corps de fourmillements dérangeants. Elle recouvre ensuite mes plus grosses plaies de pommade, elles-mêmes recouvertes de longues bandes blanches. Sans plus me laisser le temps de souffler elle me fait passer un pyjama rayé bleu et blanc d'un goût plus que douteux.
Elle me laisse enfin reculant de quelques pas. Je cligne des yeux. Eh ben.. ça c'est du soin express... il s'est passé quoi là exactement ? Je ne suis pas sur d'avoir tout bien saisit...
« Bon matin Miss Snape ! Est-ce que vous allez bien ? »
Cette voix calme et malicieuse ne peut appartenir qu'à une seule personne dans toute cette fichue école : Dumbledore. Le vieil homme est planté au pied de mon lit, dans une somptueuse robe d'un divin jaune poussin parsemé de magnifiques croissants de lunes violets vif d'un goût tout à fait exquis qui me donne immédiatement envie de me crever les yeux avec la baguette la plus proche. Ses yeux bleus luisent d'une lueur étrange sur laquelle je ne souhaite pas m'attarder plus que ça... Sa main viens gentiment se déposer sur ma jambe à travers le drap quelques secondes avant de la retirer tout aussi rapidement. Tant mieux, autrement je l'aurais enlever moi même, parce que, le poids de sa main pile sur ma blessure... sympa Dumby mais je m'en serais passée sur ce coup là... je suis sur qu'il l'a fait exprès l'allumé du bulbe.
De la compassion. Voilà ce qui brille dans son regard. Il compatit pour mon sort. Je retiens au dernier moment un reniflement dédaigneux. Ce n'est pas la peine de compatir pour moi, j'ai l'habitude de ce genre de nuits … Je n'aime pas la compassion, encore moins la pitié... Pourtant, ma voix tremble quand je lui réponds.
« Je vais bien monsieur. J'ai connu pire. »
Ses épaules s'affaissent et il soupire longuement. Derrière lui, Severus ne me lâche pas du regard. Ses yeux sont étranges eux aussi. Ils semblent froids, pourtant il y a quelque chose qui brûle dans son iris. Je n'arrive pas à définir ce que c'est. Mais ce regard m'est familier. Je baisse la tête. Ses yeux me mettent vraiment mal à l'aise. Il ne m'a jamais regardé ainsi et je ne sais pas ce que ça remue ne moi, mais je n'aime pas ça. C'est... dangereusement trop proche de ce que je ressent quand je pense à... enfin je n'aime pas ça.
Ce regard me renvoie à la figure ma condition. Le dégoût frappe mes épaules et mon visage. Dégoût de moi-même, de ce que je suis. Il noue ma gorge et pèse sur mon ventre. Je me sens affreusement mal. Je voudrais presque pouvoir m'enfuir. C'est ridicule. Je déteste ressentir ça. C'est faible. Riley n'est pas faible. Cœur de pierre.
« C'était à cause de ça n'est-ce pas ? »
La voix froide de Severus crispe mes épaules. Je me redresse sur mes coussins. Mes mains moites tordent le drap. Il a compris... il a compris pourquoi nous étions là-bas... ce jour-là. Oh Merlin tout puissant... Non. Je ne dois pas paniquer. Il faut que je me calme, j'ai fait assez de crise de panique pour le restant de mes jours. Y en a marre. Flûte à la fin.
« Pourquoi n'avoir rien dit Riley ? »
« Allons, allons Severus restez calme, n'assommez pas cette jeune fille de questions après la nuit qu'elle vient de passer. Elle a sûrement ses raisons, libre à elle de vous en faire par selon son souhait. »s'empresse d'annoncer le directeur. « Allez dont chercher l'autre Miss Snape, je suis sûr qu'elle à hâte de voir sa sœur. »
Ses yeux se fixent quelques instants encore avant qu'il ne tourne les talons et disparaît dans une envolée de capes parfaitement maîtrisée. Pfff celui la alors... je t'en foutrais moi des sorties théâtrales. Je me demande vraiment si il répète le soir dans ses cachots...ouais sûrement qu'il le fait. Le vieux sorcier tourne soudain toute son attention sur moi me sortant de mes divagations abracadabrantesques.
« Permettez-moi tout d'abord de vous rassurer Miss Snape sur un point important : je ne vais pas vous renvoyer de cette école à cause de votre.. petit problème. » Petit, c'est un euphémisme j'espère ? Ou alors il est encore plus décroché de la réalité que je pensais...ce serait même pas étonnant connaissant l'oiseau comme ça commence à être mon cas... « Vous pourrez continuer à aller à la cabane hurlante chaque mois lorsque viendra le moment. D'ailleurs, pour plus de sécurité, je vais apposer un sort sur le lieu qui vous empêchera de quitter la pièce dans laquelle vous vous trouverez et ce, du début jusqu'à la fin de votre transformation. »
« C'est-à-dire ? » je ne suis pas sur de comprendre...
« C'est-à-dire qu'à partir du moment où la lune sera levée, vous ne pourrez plus quitter la pièce de la maison où vous vous trouvez et aucun être humain ne pourra entrer. Par contre, eux pourrons sortir. En fait, toute personne n'ayant aucun gène lycanthrope pourra sortir de la pièce quand bon lui semble. »
Je reste silencieuse quelques secondes...
« Alors... je peux vraiment rester ? »
« Bien évidemment ! »
L'émotion me noue la gorge... je peux rester... j'en pleurerais si je le pouvais. Mais Riley ne pleure jamais. Riley et forte et ne pleure pas. Et je suis Riley, un loup-garou. Cela n'a peut-être pas de sens pour un regard extérieur, mais pour moi cela en a. Que voulez vous, on se refait pas. Les vieilles habitudes...
« Merci monsieur. » Le vieil homme me sourit. Je baisse humblement la tête, faute de sourire. Je sais pas sourire. J'ai oublié.
Soudain la porte s'ouvre en grand fracas. Des pas pressés martellement le sol. Je bouge légèrement mes bras. Ryan surgit de derrière les rideaux blancs en une marée de boucles chocolat. Elle se stoppe au pied de mon lit, les deux mains fermement accrochés aux barreaux, le souffle court. Ses yeux noisettes sont ancrées dans les miens. Elle à ce regard. Ce regard auquel j'ai droit tous les mois. Celui qui dit qu'elle a cru ne pas me revoir, qu'elle a cru me perdre. Sans une parole je tends un bras bandé de blanc. Elle vient immédiatement de presser contre moi dans un hoquet qui me fait froncer les sourcils. Ma tête atterrit contre son cœur. Ne me dites pas qu'elle chiale en plus ?
« Kitty-cat... » ma voix est faible, toute la fatigue que j'ai accumulée cette nuit me revient en pleine face.
« Riley... »
Aucune parole n'est nécessaire. On s'est comprise. La dispute d'hier est déjà loin. Je crois ensuite que je me suis endormie contre elle... je ne me souviens plus...
Quand j'ai repris conscience, toute présence humaine a déserté l'infirmerie. Que ce soit le directeur, l'infirmière, ma soeur ou mon tuteur. Mon seul compagnon est ce plateau plein d'une nourriture abondante et odorante. Cette simple vue accompagnée de son délicat parfum léger et pas du tout annonciateur de plats un peu trop riches en matières grasses me retournent l'estomac. Dans une grimace je tourne le dos à ce fichu plateau. Je ne me sens vraiment pas d'avaler quoi que ce soit.
J'ai passé le reste de la journée dans état entre l'éveil et le sommeil. Le soir enfin, je suis retournée dans mon dortoir où j'ai rattrapé les devoirs que je n'avais pas faits et copier les cours sur mes camarades de dortoir. Vive les pleines lunes... Au moins les jumeaux ont servit à quelque chose.
Le lendemain Severus me retiens à la fin de son cours, pour m'extorquer la promesse de venir le voir chaque jour de la semaine qui précède la pleine lune. Il allait me préparer de la potion Tue-loup. J'en fus surprise, mais acceptais tout de même. Je ne suis pas masochiste au point de cracher sur une promesse d'une nuit de cauchemars moins douloureuse et où je pourrais garder conscience de mes actes. J'ai le corps bien assez abîmé comme ça. Par moment le matin je me fait l'effet d'un chef d'œuvre de cubisme... de toute beauté vraiment...
J'ai le sentiment que ma vie ici va se transformer en une routine bien agréable. Ce n'est pas plus mal. Qui suis je pour me plaindre après tout ?
Sans que j'en prenne vraiment conscience, le temps s'écoule de plus en plus vite. La deuxième pleine lune de cette année scolaire est passée, bien plus agréablement que la première je dois sortilège de Dumbledore marche du feu de Dieu, et garder conscience de mes actes m'a permis de ne pas me frapper à toute surface potentiellement dure que j'ai trouvé. Merci Severus. J'aime le calme et la tranquillité de ces journées à Poudlard. La présence des jumeaux Weasley en deviens presque agréable. Tout est dans le presque bien-sûr. Je finis par m'habituer à leur petit côté envahissant. Je crois qu'ils sont ce que je peux considérer de mon point de vue, comme des amis. Plus ou moins bien sur, tout est relatif. J'aime aussi le gamin Potter. Son côté innocent et méfiant à tendance à m'attendrir. Brave petite chose...
La compagnie des Serpentards bien sûr me plaît beaucoup moins. Severus quant à lui... reste Severus. Il me regarde parfois avec un peu trop d'insistance, mais j'ai beau chercher je ne trouve pas la raison à ce comportement. Et pour être honnête je m'en tamponne un peu. Il est grand, il fait ce qu'il veut, je suis pas sa mère. Oh non Dieu m'en préserve ! Il est bien mignon mais agir comme un parent avec lui reviens à se frapper tout seule avec un fouet. C'est aussi agréable je vous jure.
Ryan reste Ryan. Depuis la première lune, elle passe du temps avec nous quand les jumeaux sont là. Je crois qu'elle aime bien les roux. Ses yeux brillent quand elle les regarde. Je sens que je vais bien me marrer moi...Affaire à suivre...
Je lui en ai parlé. La réponse ne m'a pas plus. « toi aussi tes yeux brillent coeur-de-pierre. »M'as-t-elle répondu « Et je dirais même qu'ils brillent plus que les miens. » Et, malgré toute la mauvaise foi du monde,-et Merlin sait que je sais en faire preuve !- je ne peux qu'avouer qu'elle à raison. J'ai beau me tartiner les joues de gifles mentales, rien à faire. Mes yeux brillent. Et ça veut dire ce que ça veut dire. Merde.
Résumons donc la situation : Riley Lewis Snape 16 ans, bientôt 17, élève de cinquième année à Poudlard, dans la maison Gryffondor, loup-garou de mon état. Vie déjà fort peu enviable, on pourrait croire qu'avec ça je devrais faire profil bas. Mais non ! Ce serait bien trop facile et ennuyeux ! Histoire de compliquer un peu plus ma vie déjà follement drôle et idyllique, voilà que je trouve le moyen d'avoir le béguin pour mon foutu professeur de défenses contre les forces du mal. Et attention ! Pas le gentil béguin d'adolescente pré-pubère du genre « oh mon dieu il est trop beau et si viril et si fort et si sexy et si attachant, et si magnifique oh je l'aime grave ! » Non, ça serait trop simple encore. Le genre de béguin que me fait penser à lui chaque putain de jour de ma foutu vie. Le genre de béguin qui fait qu'à chaque fois que j'ai le malheur de le croiser dans un couloir, je deviens aussi bavarde qu'une huître bouillie,-oui ça existe les huîtres bouillies ! Faut bien occuper ses week-end en plein été !- j'ai les mains moites, la gorge sèche et le cœur qui bat si vite que j'ai bien cru une fois ou deux qu'il allait s'échapper de mon corps pour s'en aller en courant. Parce que oui un cœur ça peut partir en courant ! C'est comme les cerveaux, ça à des jambes ses petites choses !Chut j'ai raison !
Je suis amoureuse.
Je suis dans la merde. Je commence à me demander si je suis vraiment faite pour un quelconque bonheur. Outre le fait qu'il ne s'intéressera jamais à une de ses élèves, les relations élèves professeurs sont sans aucun doute proscrites dans l'école. Sans oublier bien sur le petit cadeau bonus qui fait que je me transforme en grosse chose poilue et baveuse chaque foutu soir de pleine lune de ma foutue vie. J'ai vraiment le chic pour me fourrer dans ce genre de situations ô combien confortables... Stupide organe. Je peux pas passer une année tranquille c'est pas possible!
« Riley ? »
Je manque de sauter au plafond. Le visage de Ronald est penché juste devant le mien, sortit de nulle part.
« Mh ? »
« Tu me passes le plat de poulet ? »
Sans plus un mot, je lui tendis le plat fumant. Il me remercie d'un sourire et replonge dans son assiette.
Une fois mon plat terminé j'attends patiemment que les jumeaux se soient décidés à laisser leur passionnante conversation sur le prochain match de Quiditch contre Poufsouffle. Nous partons ensuite tous les trois vers la salle de DCFM. J'aime bien cette vie calme, c'est comme ci rien ne pouvait nous atteindre à Poudlard.
Quoi ? J'ai le droit de rêver non ?
Les élèves se réunissent devant la salle de classe assez rapidement. Pour ma part je m'appuie tranquillement contre le mur. Du coin de l'œil je suis une citrouille géante qui se balade au plafond. C'est vrai que c'est bientôt Halloween... Déjà... je déteste Halloween. Je trouve que c'est une fête complètement idiote...
La porte de la salle s'ouvre soudain sur le professeur Lupin qui, d'un signe de tête, nous permet d'entrer. Les uns derrière les autres, nous obéissons. En passant près de lui, je ne peux que remarquer sa mine fatiguée et malade. Qu'est ce qu'il a ? Il est souffrant ? Non ! Riley non ! Ne te mêle pas des affaires de ton professeur ça ne te regarde pas !Qu'est-ce qu'on à dit au sujet de renifler le cul des autres ?... Merlin pourquoi m'as tu laissé penser un truc pareil ! Pourquoi j'ai pensé au cul de Lupin ?! Et pourquoi ce mec ressent le besoin obsessionnel d'avoir un putain de cul à se damner ! L'arrière train parfait ! Le cul de la création ! L'ultime popotin par excellence. ET POURQUOI EST CE CHE JE FAIS UNE DISERTATION MENTALE SUR LE CUL DE LUPIN BORDEL DE MERDE !Pouquoiii !
Je secoue la tête -à défaut de la frapper contre un mur- et m'installe à ma place. Je suis bien trop curieuse pour mon propre bien. Et mon esprit est bien trop mal placé.Et détraqué. Ouais... en fait je suis bien trop Riley pour mon propre bien...
Il y a quelque chose que je me demande depuis une heure toute petite question, trois fois rien en fait... Est-ce que c'est possible de passer un mois tranquille dans ma foutue vie !? Non vraiment c'est plus possible là ! C'est la question qui me taraude alors que l'entièreté de la maison Gryffondor se retrouve étalé dans la grande salle dans des dizaines de sacs de couchage épais séparés en deux rangées, garçons d'un côté, filles de l'autre. J'aime ma vie.
Et tout ça parce qu'un criminel à trouver le moyen de s'introduire dans le château et d'arriver jusqu'au portrait de la grosse dame pour le taillader joyeusement, face au refus de celle-ci de le laisser entrer... Oui non mais je comprends, c'est chiant de demander poliment. En tout cas, Sirius Black a réussi l'impensable. Encore une fois. Ça doit être dans sa nature, de faire ce qu'on s'attend à le voir faire tout en étant persuadé que c'est impossible. Il était à Gryffondor ce gars au fait ? Je me demande... Non parce que pour faire autant chier son monde il ne pouvait être qu'à Gryffondor...ou un Serpentard particulièrement vicieux...ouais c'est possible aussi...
Allongée dans mon sac de couchage entre Angelina Johnson et Katie Bell je réfléchis, incapable de fermer l'œil. Il y a quelque chose qui ne va pas. Pourquoi personne n'a aperçu cet homme depuis septembre alors qu'il devait sûrement roder aux alentours... Il était recherché dans tout le pays que ce soit par les moldus ou par les sorciers, il est impossible que personne ne l'ai vu. Oui bon certes il a été aperçu fin septembre pas loin d'ici... mais quand même... une fois en 2 mois, ça tiens du miracle... Il ne peut pas passer inaperçu à ce point, je veux dire un prisonnier d'Azkaban évadé ça se remarque quand même ! À moins que... Non c'est complètement débile Riley tu deviens parano...
Mais l'image de Ryan flotte devant mes yeux... Peut être que... L'esprit plein de questions je sombre dans le sommeil. Tout ça n'a aucun sens...Sauf si...
Sauf si il y a un lien entre Sirius Black et le chien que j'ai vu cette nuit là...
TBC
Et voilààà ! Alors qu'en pensez vous ? Ça vous a plu ? Pas trop déçus ? J'espère que je n'ai choqué personne avec la scène de la transformation de Riley mais je vous avait prévenu, ce n'est pas pour les enfants ! Allez faites moi part de vos avis !
A bientôt !
Rubyy.
