Le jour de la rentrée - Chapitre 8
La situation me pèse de plus en plus, après m'être toujours faite rembarrer, ignorer, après m'avoir fuie comme la peste et parfois même tuée par Edward (oui il m'a tuée quelques fois !), j'en ai marre. Tout me ramène à lui mais je ne sais plus comment faire, je ne comprends pas ce qu'il a dans la tête.
D'après mes calculs, j'entame mon 33ème jour de la rentrée, j'ai décidé de me changer les idées. Désormais je vais sécher à chaque fois et il s'avère que le meilleur compagnon pour un jour chômé, c'est Jacob.
Il m'en faut du temps pour le persuader de m'apprendre à faire de la moto. Les premiers essais sont catastrophiques et j'aime assez. Je suis morte la première fois, j'ai poussé un peu trop ma machine et je me suis écrasée contre un arbre. Ça a été très douloureux...
Après cet accident, j'en enchainé les blessures, plus ou moins graves. Et puisque j'aime vraiment la moto, je veux tout savoir et Jacob m'apprend la mécanique. Moto et voiture, on étudie tout, je comprends enfin le pourquoi du comment des moteurs. J'ai appris quelques figures sur la moto, rouler sur la roue arrière, me mettre debout et même faire des sauts. L'adrénaline me donne des ailes, et si je partais faire le tour du monde en moto !
Je me suis aussi noyée sept fois. J'ai voulu imiter les copains de Jacob. La logique aurait voulu que je m'arrête après la première noyade… bah non, j'ai persisté et « aujourd'hui » je fais des sauts parfaits. Même le fameux Sam m'a félicitée.
A chacun de mes exploits, Jacob est impressionné et jaloux. S'il savait qu'il faut mourir pour atteindre ce degré de maitrise, il réagirait autrement. Pour commencer il me mettrait des baffes. Jake est chaque jour très protecteur et je me dis que je pourrais le séduire.
Bon il a deux ans de moins que moi, mais ça me taraude. Peut-être que c'est lui ma mission. Jacob est facile, je me sens libre d'être moi-même, de dire des bêtises et d'en faire. Il est aussi déjà très musclé pour un garçon de quinze ans, il est beau.
Le soir, je découvre mon corps de femme. Parfois je pense à Jacob mais ça ne marche pas et en râlant presque, je pense à Edward, à ses lèvres, à ses mains et je m'imagine avec lui. Mes rêves ne me laissent pas de répit, ajoutez à cela des hormones qui se réveillent enfin, je suis au bord du précipice. Ça a l'air tentant, je voudrais y tomber, je résiste un peu mais le temps est dans ce cas précis mon ennemi. Avec les jours, ma résistance s'effrite et un soir, enfin j'ose.
Je n'ai aucune expérience, je n'en sais que ce que des propos crus et quelques films m'ont appris. Pourtant, mes doigts savent déjà comment me donner du plaisir. Est-ce donc inné ? Mon premier orgasme me laisse pantelante, je comprends mieux les dérives du sexe. Pour ressentir ce plaisir, on peut être prêt à tout et à n'importe quoi.
Mon étude des pénis se révèle traumatisante, je suis obligée d'installer un logiciel de contrôle parental sur mon propre ordinateur ! Je trouve un site qui explique point par point l'acte, notamment pour une première fois. Ça ne donne pas envie, ça me calme un peu. Puis ça me reprend, je me dis que le secret c'est que ce soit spontané.
Et ça m'arrive, je veux tellement être spontanée. Au terme d'une journée passée à rire et m'amuser avec Jacob, je l'embrasse. Il répond à mes baisers et mes caresses. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il accepterait de coucher avec moi mais je n'en ai plus l'intention. Dans les contes de fées, un baiser suffit à rompre le mauvais sort, donc Jacob n'est pas la clé.
Malgré tout, je continue quelques jours à le séduire et je réalise enfin mon défi de me saouler, presque chaque soir pendant une dizaine de jours. A chaque fois, je m'arrange pour que Billy soit chez moi avec Charlie. Pauvre Jacob, je l'entraine avec moi dans cette débauche et l'issue de notre dernière soirée me laisse un gout amer. Je l'ai beaucoup aguichée, il m'en demande encore et encore. Nous sommes presque nus dans son lit, ma tête tourne tandis que la sienne est plaquée contre ma poitrine. Il me force à m'allonger puis me surplombe. Son regard m'inquiète, j'ai l'impression d'être la proie du grand méchant loup. Il frotte son sexe au mien, de plus en plus fort et de plus en plus vite, il le sort brusquement de son pantalon. Ensuite il ferme les yeux et grogne un peu. Sur mon ventre, le liquide chaud et gluant me dégoute, je comprends vite et je dessaoule immédiatement. J'ai peur car Jacob ne paraît pas en avoir fini avec moi. Il maintient désormais mes deux bras au dessus de ma tête, son autre main écarte brutalement ma culotte, et là je crie. Je hurle à pleins poumons. Jacob me dévisage, hésitant et perdu. Je suis hystérique, il me lâche enfin et je m'enfuis.
Cette nuit-là, je ne cherche même pas à rejoindre mon lit. Après un kilomètre environ (je le sais à cause d'un panneau annonçant la sortie de la nationale vers la Push), je m'effondre à l'orée des bois. Je rampe quelques minutes puis me roule en boule et je pleure, le visage contre la terre humide.
Edward me manque, je voudrais tellement être avec lui, me laisser aller avec lui, rire avec lui, être embrassée par lui… Je dois percer son secret et déjouer ma destinée. Je suis lasse de revivre cette journée maudite entre toutes. Je n'ai plus du tout envie de rire, d'essayer de nouvelles choses, de braver les interdits. J'ai envie de revoir Edward, j'ai besoin de lui. Mon obsession ne fait que grandir les journées suivantes. Parfois je pense à Jacob et je culpabilise. Je me suis servie de lui de trop nombreuses fois, il faudra que je me rachète quand j'aurai à nouveau un avenir.
Voilà, je suis hyper pressée de tout vous livrer, je suis dans la relecture. Alors vos impressions? Ce dernier chapitre est un peu triste mais bon, vous me connaissez, je ne veux que des happy end!
