Disclamer : Tout l'univers d'Harry Potter appartiens à J,K Rowling – à mon grand regret...-, et seuls Riley et sa famille sont mes bébés !
Résumé : Riley Lewis n'a jamais eu beaucoup de chance. Si vous voulez mon avis, elle n'en a même pas eu du tout. Les seize années qu'elle à passé sur terre -pour l'instant- ne sont qu'une longue suite de pas de bol à répétitions. Alors je me demande bien ce que Poudlard pourrait changer... On verra. Riley Lewis, c'est moi. Et c'est mon histoire.
Fiction Terminée en cours de réécriture. Nombre de chapitres réécrits : 5/10
Bonjour bonjour les enfants !
-SPLASH-
Ok dénoncez vous. Qui à lancé cette tomate ? -SPLASH SPROUICH- D'accord d'accord pardon ! Excusez moi platement pour ce retard inadmissible... Je n'ai pas vraiment d'excuse si ce n'est un syndrome de flemmingite aiguë associé a une avalanche d'idées pour une avalanches d'autres fictions...Ouais ça craint... ,Pour vous donner une petite idée, en plus de Loving Werewolf, je n'ai pas moins de 5 histoires différentes en préparation...dont trois sur HP... non sans oublier la OS que j'ai sortie pour l'anniversaire de ma flo d'amûûûr. Enfin tout ça pour dire que y a plein de truc qui se battent dans ma tête. Mais ça ne veut pas dire pour autant que j'en ai marre de cette fiction ou que je vais l'abandonner ou pire la bâcler parce que je travaille sur d'autres projets ! Oh ça non ! Je vous l'ai déjà dit, je tiens à terminer cette histoire et je le ferais ! N'en déplaise à mon côté feignasse !
Enfin, pour en revenir à cette chère Riley, je vous remercie comme toujours de me lire et de commenter ! Je vais profiter de ce petit espace avant le chapitre pour vous mettre un peu au courant de tout ce qui se passe dans l'évolution de cette histoire. Vous l'aurez peut être remarqué mais le nombre de chapitre finaux à changé. Ce n'est pas une erreur de ma part, j'ai bien rajouté un autre chapitre sur lequel je suis en ce moment même en train de travailler. Je me suis rendue compte en recopiant mon brouillon que je faisait tout de même beaucoup d'ellipses et que je ne m'attardais pas assez sur certains aspects de l'histoire qui auraient besoin d'être un peu développés. Comme je l'ai expliqué à certain d'entre vous c'est une fiction assez courte et il y a tout de même beaucoup de choses que je dois enlever sous peine de voir l'histoire devenir... bah ennuyeuse tout simplement. Seulement à trop vouloir me pencher sur la trame principale du récit qui est pour les deux du fond qui suivent pas la romance entre Riley et Remus... bah je passe à côté des autres liens que tisse Riley avec les autres personnages. C'est pourquoi le nombre de chapitre à changer et risque très certainement d'évoluer de nouveau.
Maintenant entrons dans le vif du sujet ! Tout d'abord j'aimerais remercier tout ceux qui ont commenté le précédent chapitre. Normalement je vous ai tous répondu, mais si j'oublie quelqu'un n'hésitez pas à me le faire savoir que je répare cette cruelle injustice ! En ce qui concerne le chapitre qui va suivre, eh bien j'espère beaucoup de lui. C'est un de mes préférés et franchement j'espère qu'il vous plaira autant que moi j'ai pris plaisir à l'écrire ! Voilà je vous laisse tranquille maintenant et on se retrouve en bas comme d'habitude !
Enjoy it !
Chapitre IV : Black
Harry a été attaqué par des détraqueurs pendant le match de Quidditch contre Poufsouffle. Je ne crois pas avoir vu, un jour quelqu'un taper un scandale comme Dumbledore l'a fait quand il a vu Harry tomber en chute libre. Et je ne crois pas avoir eu aussi peur depuis un moment. Flippante la vieille bique glucosée... ce n'est pas bon pour son âge de faire un caca nerveux pareil... surtout en public... Enfin ce que j'en dis-moi... Il fait ses petites affaires ou il veut le vieux c'est pas à moi de lui dire ou éparpiller sa merde ! Oh comme cette image mentale est répugnante ! Dumby sur le trône...avec la barbe qui pendouille entre les jambes... et la robe relevé en boudin sur les hanches, jambes à l'air... yerk.
Enfin la maison Gryffondor s'est précipitée au chevet de leur cher petit prince. Sauf moi. Je ne voyais pas l'intérêt de me bousculer pour avoir la chance de parler avec le grand survivant. Ça n'aurait servi à rien, ma voix se serait noyée dans la foule. Oh bien sûr je m'inquiète pour le gamin. Mais quitte à lui parler autant qu'il m'entende, question de praticité. Même un enfant sait ça... je ne vise personne bien sûr mais, il faut avouer que ce ne sont pas tous des lumières dans ma chère maison... ouais c'est même un euphémisme...
Voilà pourquoi je me trouve plantée depuis une demi-heure comme la belle idiote que je suis à côté des portes de l'infirmerie, à attendre bêtement que Granger, Weasley et les jumeaux sortent de la pièce pour enfin être seule avec lui et pouvoir lui parler sans personne pour me hurler dans les oreilles. J'ai beau faire partie de la maison la plus bruyante de toute l'école, ça ne m'empêche pas d'aimer le silence. Silence soit dit en passant beaucoup plus confortable hors de la salle commune des Gryffondor... là bas ils connaissent pas le mot silence. Bande de babouins atrophiés du bulbe. À se demander ce que j'y fous dans c'te maison d'ailleurs, mais passons...
Les quatre compères sortent enfin de l'infirmerie. C'est pas trop tôt, ils y faisaient quoi sérieusement une pyjama party ?
À peine ont-ils tourné à l'angle du couloir que j'y entre à mon tour. Avec la furtivité d'une endive cuite et la grâce d'un cochon avec sa pomme dans la bouche voilà la seule et l'unique catastrophe ambulante qui débarque ! Oui je commence doucement à perdre ce qu'il me reste de santé mentale merci de l'avoir remarqué c'est très aimable.
L'endroit est désert, il n'y a que le lit d'Harry d'occupé. Ça m'étonne même pas tout le monde doit fuir cet endroit avec plus efficacité que les cachots de Severus. Je m'approche doucement et il me regarde faire sans un mot. Je prends le temps de m'accrocher au montant du lit avant d'ouvrir la bouche.
« Alors, gamin, comment tu te sens ? »
« Bien... »
« J'ai appris pour ton balai. » J'hésite à continuer. Je suis pas à l'aise pour ce qui est de consoler les gens. « Ça va aller ? »
« Ça devrait. L'école va m'en fournir un autre. Il ne devrait pas y avoir de problèmes pour les prochains matchs. »
« Je ne parlais pas du Quiditch. Est-ce que tu vas aller bien toi ? » Il ne faut pas être un génie pour savoir que Harry Potter et son balai c'était le grand amour. La passion idyllique et printanière ! Alors je me doute que se retrouver veuf de son grand amour éternel... ça doit être un choc pour lui... Plus sérieusement il pensait vraiment que je m'inquiétais du sport ? Il est un peu con ce gosse quand même... qu'est-ce que j'en ai à foutre moi du Quidditch ? Je déteste ça. J'ai horreur des balais... trop haut... et trop instables.
Il me regarde surpris. Qu'est ce qu'il y a de si surprenant à voir quelqu'un s'inquiéter pour lui ? J'agite nerveusement les bras, je hais l'ambiance de l'infirmerie. En fait je hais tout ce qui se rapproche de près ou de loin d'un médicomage. Yeurk... rien que l'odeur... beurk, ça me ferais gerber.
« Le dîner n'a pas commencé ? » demande le survivant -qui d'ailleurs survit à beaucoup de choses, à se demander s'il n'a pas un mauvais karma lui aussi- Je remarque d'ailleurs qu'il ne m'a pas répondu... mh le deuil va être dur...
« Si. Bon ! Je ne vais pas m'attarder dans ce cas. Repose toi Harry, on se retrouve dans la salle commune. »
« Oui, bonne soirée Riley. »
Je sors donc de l'infirmerie en agitant ma main vers le gamin. Je me dirige ensuite vers la grande salle. Maintenant que j'ai vu le gosse, toutes mes questions me reviennent en mémoire. Avec en tête de liste, ce chien.
Chaque semaine, j'y vais. Ce chien m'intrigue. Depuis ce soir de septembre où il m'est venu en aide. D'habitude, avec ma condition, les animaux me fuient et me craignent, à juste titre, d'ailleurs, franchement ils ont l'instinct, faut bien qu'ils l'utilisent ! Déjà que les hommes son pas gâtes de ce coté là alors si les bestiaux s'y mettent on est pas sortis du moule à cake. Ils sont tous assez évolués pour se carapaté plus vite que l'éclair quand je suis dans le coin... Mais pas celui là. Celui là est bizarre...
En fait, il n'y a que peu d'options. Soit c'est un chien particulièrement bien dressé, ce qui est peu probable, on ne peut pas arriver à ce résultat avec un simple dressage. On peut pas effacer l'instinct d'un animal avec le dressage, il finit toujours par ressurgir, plus ou moins vite c'est tout. Soit il est complètement con ce qui m'étonnerais fortement, il m'a quand même filé un sacré coup de patte si je puis dire. Soit, il est au contraire trop intelligent pour être un simple chien... et donc c'est un Animagus. Ce qui est déjà plus plausible. Je n'aime pas les casse-tête, trop frustrant quand ils ne sont pas résolus. Je préfère quand c'est clair. Au moins tout le monde comprend la même chose. Mais bien sur ce serait trop beau si tout était clair et concis, non il faut toujours qu'un crétin viennent foutre sa merde et bazarde tout bien comme il faut pas.
Pour en revenir au chien, je l'ai déjà aperçu plusieurs fois. Ces temps-ci c'est toujours avec le gros chat roux de Granger. Il s'est fait un copain apparemment. J'ai essayé de m'approcher, mais ces deux de carpettes sont rapides. De plus, c'est à croire qu'ils le font exprès. Neuf fois sur dix quand j'essaie de les rattraper, je tombe sur quelqu'un qui m'en empêche. À croire que Severus me file le train, c'est presque toujours lui. Ou Rusard... ce qui n'est pas spécialement mieux... sans déconner ce mec est clairement flippant... j'espère au moins qu'il le sait... Je me demande des fois si il s'est pas pris tous les murs de Poudlard pour avoir une tronche pareille... ou alors c'est de naissance.. Pauvre vieux, avoir une tronche de cul à la naissance ça doit pas être facile. Quoi moi pas de cœur ? C'est bien de l'avoir remarqué il serait temps.
Dans tout les cas, j'en ai un peu marre d'être prise pour une poire.
Alors ce soir, rien à faire je le choperais ce fichu clébard. Tiens voilà que je parles en rimes moi maintenant. Cool. Je me découvre peut être une âme de poète... Pourquoi pas, quitte à être une merde, on dit que la souffrance amène la grâce... avec la vie de merde que je me tape si je la touche pas cette foutue grâce, c'est vraiment abusé.
Un souffle lourd s'échappe de moi, je me dirige d'un pas raide vers la grande salle. Établissons nos priorités, le dîner d'abord, la carpette ensuite... ouais bon programme. C'est la mine grincheuse - pour changer mes habitudes doux rayon de soleil que je suis- que je m'assois à la table des Gryffondor, entre George et Percy Weasley qui me regarde le nez froncé. Quoi ? Il a un problème le parfait préfet ? Il a vraiment l'air coincé du fion celui là, c'est pas possible, est-ce qu'il se lâche de temps en temps ? Parce que sinon je vous dis pas les heures qu'il va passer à démouler ses cakes à cinquante ans le pauvre vieux ! Ça voudra plus sortir ! Et bonjour l'odeur ! Oui je sais j'ai la délicatesse et la subtilité d'un coup de talon dans les noisettes.
« Y'a un soucis Percy ? Tu as mal enfoncé ton balai ce matin ? » euh... je ne suis pas sur d'avoir vraiment voulu dire ça... oh tant pis, au moins il sait ce que je pense de lui.
La face du préfet en chef de Gryffondor passe du blanc au rouge, ses oreilles ont l'air sur le point d'exploser et ses yeux de sortir de leurs orbites. Ouais... je n'aurais pas dû dire ça. À côté de moi, George s'étouffe dans sa purée. Au moins il est solidaire... ah l'affection d'un cadet envers son aîné... rien n'est plus beau... brave rouquin collant. Et pour ceux qui ont un peu de mal avec le chewing-gum gris qu'ils ont entre les deux oreilles c'était de l'ironie. Je tape discrètement le dos de mon rouquin préféré sans lâcher les yeux de l'aîné Weasley. Il me regarde aussi, comme s'il allait me tuer. Hou je meurs de peur... on dirait une fillette révoltée...non vraiment, une petite fille à couette furieuse que je lui ai volé sa poupée.
« Ne soit pas insolente Snape ! Je te rappelle que je suis préfet en chef ! Et j'ai parfaitement le droit de te retirer des points si je le veux. » Ouh maman je meurs de peur.
« Mille excuses monsieur le préfet, si monsieur pourrait me faire l'honneur d'aller voir ailleurs si j'y suis cela m'irait droit au cœur. » Sa face rougit encore. Les mots coulent d'eux-mêmes hors de ma bouche. Je rêve de lui dire ça depuis le début de l'année. Je peux pas me le blairer ce mec. Et c'est incroyablement bon de le mettre hors de lui. Orgasmique même. Je suis peut-être un peu Gryffondor après tout...
Le rouquin lève le nez en l'air et tourne la tête. Mais je rêve où il boude ? Non, il me snobe en fait... bah, ce n'est pas comme si j'en avais quelque chose à faire. Je plonge mon nez dans mon assiette, désintéressée des marmonnements furieux que j'entends provenir du Weasley. Marmonnements que je devine être de ravissantes déclarations d'amour éternel à mon encontre.
J'engloutis mon assiette aussi vite que je le peux sans mourir étouffée. Si je tarde trop tout le monde commencera à sortir de la grande salle et je ne pourrais pas sortir tranquillement pour attraper ce fichu canidé par la queue et lui soutirer toutes les informations que je veux. Et merde à la protection des animaux. Non mais.
Tandis que je croque dans une pomme bien verte -j'adore ça-, une grosse cuisse de poulet fait soudain s'agiter mes méninges. De la viande... bien sur ! Ce chien n'a que la peau sur les os, alors Animagus ou pas il ne résistera pas à l'appel de la bouffe ! Comme quoi je peux faire preuve d'intelligence par moment... je m'étonne moi-même... pour un peu je me flatterais le dos toute seule... quoi que non peut être pas...
Le regard brillant j'attrape mon appât à carpette et la jolie serviette blanche que Percy Weasley a laissé traîner près de ma main. Comment ça du vol ? Pas ma faute s'il ne range pas ses affaires ! J'enroule le morceau de volaille dans le tissu et aussitôt le fait disparaître sous mes robes. Un coup d'œil à droite, puis à gauche m'indique que mon opération commando -ouais je m'emballe peut être un peu vite moi...- s'est déroulée sans le moindre témoin.
Sans laisser le temps à qui que ce soit de comprendre ce que je viens de faire, je bondis de mon banc et galope jusqu'aux portes que je franchis sans me retourner, bousculant un petit blond qui m'est vaguement familier. Ah oui c'est vrai, l'androgyne. Toujours l'air aussi ronchon celui là où c'est juste moi ? Lui aussi il devrait penser à se lâcher une fois de temps en temps...enfin moi ce que j'en dis, il fait ce qu'il veut de ses fesses après tout !
Les couloirs défilent vite tandis que je me faufile plus ou moins adroitement dans le parc. Comme je l'espérais, je ne croise que peu de monde. Deux trois Serpents et un ou deux premières années galopant vers la grande salle, soucieux d'arriver à temps pour la fin du dîner. Mignonnes petites bestioles innocentes...chair fraîche et tendre pas encore souillée par les horreurs de l'adolescence... euh je crois que je m'égare moi...
Je ne sais pas si c'est mon jour de chance ou si j'ai fait des progrès vertigineux en discrétion ces derniers jours, mais personne ne m'a empêché de sortir de ce foutu château. Pas un professeur à l'horizon, ni un certain concierge acariâtre et mal poli-pas que poli d'ailleurs... il devrait penser à tirer son coup celui la ça nous ferais des vacances... oh merde... Maiday image cauchemardesque !-. Personne. Coup de bol.
Le froid de ce mois de novembre claque sur mes joues alors que je rase précautionneusement les murs du grand Hall. Je sens la chaleur tiède le la cuisse contre mon ventre... pas forcément très agréable... le bruit qu'elle fait à chacun de mes pas est... appétissant on va dire...faute d'un autre mot plus classe... Mes doigts crispés sur ma cape, je me glisse dans la maigre ouverture des portes du château. Comme quoi ça aide parfois d'être une planche à pain. Seulement parfois... le reste de temps je suis juste ridiculement plate... D'après Ryan j'exagère mais moi j'ai toujours l'impression d'être une limande parlante...
BREF.
Le vent me gifle les joues. Le parc est sombre, la nuit tombe tôt en novembre, particulièrement en Écosse. Vive les pays nordiques... même si l'Écosse n'en est pas un...techniquement l'Écosse fait partis du Royaume-Uni depuis 1707 et... euh je m'égare encore là je crois... c'est peut être pas le moment pour un cours d'Histoire non ?
Je longe d'abord les murs du château, puis, profite de chaque ombres qui couvrent ma maigre silhouette. Les lumières du château sont encore allumées et si quelqu'un me voit dehors à cette heure-ci je suis cuite de chezcuite et Severus se fera un plaisir de me réduire en bouillie de loup-garou. Merveilleuse image d'ailleurs,je devrais éviter de penser à Severus avec un hachoir à viande...Moi je voudrais bien, si possible, vivre encore quelques belles années...enfin façon de parler, je veux juste vivre ce sera un bon début déjà.
Je progresse comme ça jusqu'aux abords du saule cogneur, assez loin de la cabane d'Hagrid et du château pour que personne ne me remarque. Je suis presque sûr que cette saloperie de sac à puce traîne dans les parages. S'il est ce que je pense qu'il est, alors il doit vouloir se faire remarquer au moins autant que moi. Hors l'endroit est idéal pour ne pas se faire voir, du moins pendant la nuit. De plus, c'est ici que je l'ai aperçu la plupart du temps.
L'endroit est désert. Pourtant, mon oreille capte plusieurs craquements dans les buissons aux alentour. Comme quoi parfois c'est utile d'avoir des oreilles hyper sensibles... j'en reviens même pas de penser un truc comme ça...
Lentement je sors le chiffon blanc de ma cape et en extrait mon appât de fortune. Je m'accroupis doucement dans l'herbe et commence à parler au vide. Oublions le fait que je dois avoir l'air ridicule ce n'est pas l'important... je trouverais ce clébard foi de Riley !
« petit petit petit... allez viens le chien... viens, regarde ce que j'ai pour toi... une belle cuisse de poulet... allez viens... je veux juste te remercier pour la dernière fois...petit petit »Je vais quand même pas faire ça toute la soirée ?! Si quelqu'un viens je suis morte ! Une morte en sursis !
« Oh Bordel mais pourquoi je fais ça moi ? C'est qu'un chien pour sur ! Merlin ayez la gentillesse de m'achever ce sera fait au moins! Je sais pas foudroyez moi un truc comme, ça ! Vous devez bien avoir quelque chose non ? »
….
Quoi ?! On peut toujours espérer qu'il réponde ! L'espoir fait vivre non ? Quoi que j'ai pas l'air plus fine à parler toute seule...
Je continue pendant plusieurs minutes mes appels plus ou moins convaincants... peu sûr de l'efficacité de la chose... après tout, s'il est vraiment un Animagus... il se méfiera de moi, forcément...oui, mais d'un autre côté il est très maigre, même pour un chien... je ne suis pas sûr qu'il puisse résister à l'appel de la faim, surtout s'il croit que j'ignore totalement qui il est vraiment. Si tant est qu'il soit qui que ce soit. Ne partons pas trop loin, une chose à la fois. Il serait peut être temps d'ailleurs que je m'interroge sur les raisons qui me poussent à faire ça...mh...
Un craquement plus fort que les autres attire mon attention. D'accord je réfléchirais plus tard. Là, juste devant ce buisson. Il est là. Grand et maigre, la langue pendante, il s'approche doucement de moi, couinant à peine, la bave aux babines. Je t'ai eu espèce de saloperie de descente de lit... maintenant je vais pouvoir voir si mon cerveau malade a pondu un bon résonnement ou si je suis simplement complètement pétée... les deux étant totalement plausibles... l'un plus que l'autre d'ailleurs je vous laisse deviner lequel !
« Oui c'est ça... approche mon grand, regarde ce que j'ai pour toi. »
Il aboie soudain et bondit vers moi, queue remuante. La cuisse de poulet disparaît de ma main avant que j'ai eu le temps de réagir. Je le regarde déchiqueter la viande avec un plaisir certain. Ouais, il avait faim. Le ronronnement sonore du chat de Granger retentit près de moi. La grosse chose rouge s'étale de tout son long dans l'herbe, pattes en avant. Oui... si tu veux... il est un peu à la ramasse celui là quand même...
En quelques minutes à peine, la cuisse de boulet a disparut, os compris. Le chien se lèche les babines et secoue la queue joyeusement avant de venir se frotter contre moi. Je m'assois dans l'herbe maladroitement, c'est ça où je finis les quatre fer en l'air, il a de la force ce clébard pour un sac d'os... Je suis bien placée pour parler tiens... dans le genre sac d'os fort comme un bœuf... Les joies de la lycanthropie... youpi...
De mes deux mains j'accroche la fourrure de son cou, d'abord pour le caresser, mais surtout pour ne pas qu'il file quand je commencerais à parler.
« Oui, tu es un gentil chien... »je frotte sa tête, de mon poing, juste entre ses deux oreilles. Il aboie encore. « Chuuut... oui tu es gentil... » gentil mais bruyant... bravo la discrétion.
Eh mais c'est moi ou est-ce qu'il est en train de me baver dessus ? C'est dégueulasse ! Sale clebs de mes deux oreilles je me vengerais tu peut en être sur !
Allez Riley concentre toi, pense à ton objectif !
« tu sais... je n'ai jamais rencontré de chien comme toi... d'habitude les animaux me fuient plus qu'autre chose... mais toi tu restes là... tu m'as aidé quand j'en ai eu besoin... tu es vraiment étrange, comme ci tu n'avais pas d'instinct de survie... »
Je bloque son cou de mes bras, pas trop fort non plus je ne veux pas le tuer, ce serait franchement stupide... mais quand même...assez pour qu'il ne puisse pas s'échapper. Sa queue arrête de bouger, il me regarde de ses yeux gris. Je le regarde aussi, droit dans les yeux. Il sent la peur... et ses yeux sont trop intelligents pour un chien... j'ai eu raison. Je suis sur que j'ai eu raison.
« A moins... à moins que vous n'ayez pas ce genre d'instinct... Sirius Black s'est introduit dans l'école le soir d'Halloween... et personne n'a su comment il a fait... il était impossible qu'on ne l'ai pas vu passer...sauf s'il était là sans être tout à fait lui... sauf si... vous êtes Sirius Black n'est-ce pas ? »
Il pue littéralement la peur maintenant. Ses yeux roulent dans leurs orbites, à la recherche d'un moyen de s'enfuir. Ouais, j'ai définitivement vu juste, je crois...
« j'ai raison hein ? Relax, je ne vais pas vous dénoncer... du moins pas tout de suite. Je veux savoir...pourquoi vois m'avez aidé ? Ce soir-là devant le saule...pourquoi vois m'avez aidé à aller dans la cabane hurlante ?...Si vous étiez si méchant qu'on le dit, vous m'auriez laissé me débrouiller... nan j'y crois pas au méchant prisonnier...c 'est quoi l'histoire ? »
Le chien continue de couiner, il me fixe de ses yeux implorants. Mais je ne lâche pas le morceau, je ne le laisse pas s'enfuir. Hors de question. J'en ai trop bavé pour le choper ce foutu clébard,pas question de le laisser filer sous prétexte que monsieur à le trouillomettre à zero. Au bout de quelques minutes, il cesse de se débattre. Ses yeux se plantent dans les miens,et sous mes doigts, sa fourrure disparaît, remplacée par le tissu rêche d'un vieux manteau pouilleux, recouvrant la tenue du prisonnier d'Azkaban. Deux yeux toujours aussi gris me fixent piteusement, enfoncés dans les orbites d'un visage squelettique, pâle comme la mort.
Sirius Black. Dans toute sa splendeur. Si on peut dire... Avec une chose maigrichonne pendue à son cou... merde il est grand ce con... je le relâche légèrement mais prend garde à tout de même garder une poigne solide sur son bras... putain qu'il est maigre...comment il tiens debout ?
« Alors, j'avais vraiment raison... »
Il bat lentement des cils, comme pour se laisser le temps d'assimiler ma phrase. Sa bouche s'ouvre lentement. Ses dents pourries manquent de me faire grimacer. Un gargouillis rauque sort de sa gorge. Il referme la bouche et se masse la pomme d'Adam. Puis il réessaie. C'est à ce point là ? Le son n'est en tout cas pas très agréable...
« T-tu es in-intelligente pour une fille de ton âge » il tousse à la fin de sa phrase. Sa voix est rauque, caverneuse et rêche, il doit s'arracher la gorge à chaque mot. Elle n'a pas dû servir depuis un moment. Tu m'étonne ne même temps, un chien ça parle pas... No shit Sherlock ? J'ai de ses réflexions moi parfois...
« J'observe c'est tout. Quand on fait un peu attention et qu'on met les éléments bout à bout, ce n'est pas bien compliqué à deviner. » Ouais... ça aide aussi de connaître deux trois truc sur les Animagus...
« Je vois... » croasse-t-il. Une autre quinte de toux le secoue.
« Alors, Mr Black... pourquoi vous m'avez aidé ? »
Il relève la tête et me fixe, la main toujours sur sa gorge. Je relâche doucement ma poigne sur son bras, il n'a vraiment pas l'air d'un dangereux psychopathe pro-vous-savez-qui. Il a la tronche d'une bestiole abandonnée en manque d'affection. Ce serait presque mignon, s'il ne ressemblait pas à un inferi. Sans blague comment il tient encore en vie ? C'est plus de la détermination à ce stade c'est de l'idiotie... remarquez si j'en crois ce que pestait Severus pas plus tard que le mois dernier c'est un ancien Gryffondor... Merveilleux. J'aime les Gryffondor, tellement têtus et kamikazes sur les bords. Ah oui c'est vrai... je suis à Gryffondor. Remarquez je suis têtue moi aussi ... Merveilleux caractère que le mien... Je remarque au passage que j'avais vraiment raison sur toute la ligne à propos de ce gars.
« Tu me rappelais un ami très cher. Il avait le même genre de... petits problèmes que toi. Je sais à quel point ça peut être un fardeau lourd à porter. Ce petit problème de fourrure. »
Je faillis ricaner à l'appellation. Petit problème hein ? Calamité ambulante oui. Mais bon, chacun son point de vue sur la chose... N'empêche que la façon de présenter la situation est sympa, dit comme ça, ça aurait presque l'air cool... presque.
« Nostalgie donc ? C'est pour ça ? Ou il y a autre chose... »
Il pousse un gros soupir.
« Je ne suis pas quelqu'un de méchant. Je n'ai jamais... je n'ai pas... » Il s'arrête. On dirait que ça a du mal à sortir, ce qu'il veut me dire. Il a l'air de se rappeler de choses ma foi fort agréables et bonnes pour de moral. Moi insensible ? J'ai pas de cœur, vous vous souvenez ? Je suis aussi compatissante qu'un caillou. Et encore, c'est méchant pour le caillou.
« Qu'est ce qui s'est passé ? »
Il relève de grands yeux vers moi. Lui, son Animagus lui va comme un gant, il n'y a pas de doute. Non mais qu'est-ce que c'est que cette tête de chiot battu en mal d'amour ? On dirait vraiment que je vais me mettre à le frapper avec un bâton dans la seconde. Pauvre petite carpette abandonnée... tu veux un no-nos ? Ah, merde, tu l'as déjà bouffé...pas de bol...bah t'aura qu'à en chercher un autre,ça doit bien se trouver dans le coin... quoi que... c'est une école quand même... Ouais remarquez il se passe tellement de trucs dans cette école que des fois on se demande...
« Quoi ? » croasse-t-il encore. Sa voix semble plus claire.
« Ce soir là, chez les Potter, qu'est ce qui s'est passé ? Vous dites que ce n'est pas vous, alors dites moi qui c'est ? »
Les yeux brillants de l'homme s'affolent dans leurs orbites, vifs et craintifs comme ceux d'un animal. Ironiquement, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est maintenant qu'il se décide à agir avec moi comme n'importe quelle bestiole le ferait. Y fait rien comme tout le monde ce mec ma parole...
« Quand... Dumbledore nous a dit que Voldemort en avait après James et Lily, il a immédiatement proposé de les mettre eux et Harry sous Fidelitas. Il fallait les protéger... de Voldemort et ses partisans. T- tu connais le sortilège de Fidelitas gamine ? »
« C'est le sortilège qui permet d'enfermer un secret dans une personne ou un truc dans le genre non ? » Ce sortilège me rend fichtrement nostalgique... non Riley ce n'est pas le moment de penser à ça. Concentre toi foutue pleureuse !
« C'est ça... James a tout de suite pensé à moi comme gardien du secret... e- et Lily était d'accord, sauf que... j'ai pensé... j'ai pensé que ce serait une bonne idée de faire un coup de bluff. De -de faire croire que c'était bien moi le gardien mais d'en choisir un autre... » La lumière se fait dans mon esprit... Ce n'était pas totalement con... même si au vu du résultat ces gars n'étaient pas des as en psychologie et études des comportements humains parce qu'ils se sont sacrément plantés sur la marchandise... je n'ai pas de cœur je ne vous dis pas la peine d'être étonnés... « On -on pensait que Remus était un traître... Dumbledore avait dit qu'il y avait un traître dans l'entourage de James et Lily... et Remus est...un »
« Attendez Remus... Lupin ? » j'ai manqué de m'étouffer. Le monde est petit... ironiquement...
« Une connaissance ? » ses yeux se concentrent sur moi, comme si, dans son récit, ils étaient partis ailleurs, dans le monde de ses souvenirs. C'est un peu glauque vu les souvenirs quand même...voir franchement glauque... quoi que j'ai pas de jugement à porter de ce coté là... mes souvenirs à moi c'est un camp de vacances non plus... non ne pense pas à ça...Riley cœur de pierre, allez, Riley cœur de pierre.
« Professeur de Défenses contre Les Forces Du Mal. » je réponds simplement, pas envie de me prendre la tête.
« Oh... » il s'éclaircit la gorge. Je grimace, il a l'air de douiller quand même. Je l'envie pas ce pauvre gars... ça n'a vraiment pas l'air d'être la fête du slip sa vie... « Donc, James et Lily souhaitaient me prendre comme gardien... mais j'ai... j'ai pensé que ce serait une meilleure idée... de choisir Peter. Peter Pettigrew... »
« Un leurre » Il hoche la tête. Ah, merde j'ai parlé à voix haute. Tant pis. Faudrait quand même que j'apprenne à me contrôler ce ce point de vue là...
« J'aurais jamais... j'aimais James comme mon frère. J'aurais jamais... fait quoi que ce soit qui pourrait leur nuire... J'aurais jamais... jamais trahis James. » Sa voix se brise sur sa dernière phrase. Il ne va pas chialer quand même... si ? Oh Merlin je déteste voir pleurer les gens... 'sais jamais quoi en faire...
Je me sens un peu mal à l'aise. Je ne sais pas vraiment ce que je suis censée faire là tout de suite... Je digère la nouvelle surtout... Un innocent. Un foutu innocent qui a passé douze putain d'années à Azkaban... Ok un Auror vite que je le mette en pièce ! Quand je disais qu'on avait un gouvernement de merde ! Un PUTAIN d'innocent a Azkaban ! Je vais tuer quelqu'un... non, on se calme...
« Comment... pourquoi... enfin... généralement y a un procès avant la case prison non ? » J'hésite entre me mettre à cracher de tout mon soûl la fureur qui gronde en moi et me frapper la tête sur ce magnifique chêne là-bas qui semble particulièrement solide... choix difficile...le tronc est quand même vachement attirant...
« ...Pas de de procès... » marmonne-t-il entre ses dents sales.
Scricht... oups dommage pour la serviette de Weasley-pommes-de-pain-dans-le-cul
« Comment ça ? » ne pas s'énerver... ne pas s'énerver...
« Les faits parlaient d'eux-mêmes... »
Crack. Et merde... j'ai déchiré ma robe...
Je vais commettre un meurtre... avec préméditation... lentement je vais étriper l'espèce de gelée royale à forme humaine qui nous sert de PUTAIN de FOUTU ministre ! Je n'ai jamais beaucoup aimé la politique du monde magique anglais, mais là ! Là c'est le pompon ! Ils se foutent de la gueule de qui exactement !? Mais ce n'est pas possible d'avoir autant d'organismes mono-neuronales à la tête de ce foutu monde magique de MES COUILLES ! Oui je sais j'en ai pas, mais justement faut y aller pour me les briser ! MERDE ! Je vous emmerde ! Saloperie de gouvernement à la mords moi la cravate Gryffondor ! Je vous emmerde tellement profondément qu'il faudra au moins mille ans pour vous déterrer bande de PUTAIN d'enfoirés ! Mais ils se sont passés le mot les parents pour les bercer trop près du mur c'est plus possible ! Quoi qu'à ce stade-là les mômes ils les ont carrément bercés dans le mur ces cons... OK, Calme toi Riley.. cool... on ne va pas aller embêter les gens un soir de pleine lune... gentille Riley... gentille... calme... zen... tout va bien... on ne va mordre personne... on est gentille... zen...
J'inspire profondément, tentant de faire redescendre la moutarde qui m'a envahi le nez.
« Donc, vous vous cachez ici parce que... ? »
« Je veux prouver que je suis innocent... au moins à Remus et Harry... ils sont tout ce qu'il me reste. » croasse-t-il en grimaçant.
« Hm... mais pour ça il faut choper Pettigrew non ? »
« Je sais où est ce sale rat ! » rugit-il
« Oula oula tout doux le chien, je vous rappelle qu'on est dans le parc, pas si loin que ça du château et qu'il y a de charmants professeurs qui font leur ronde dehors. J'ai pas spécialement envie de me faire choper dehors moi, même pour vos beaux yeux. » je m'empresse de dire cela dans un chuchotement exagéré, si je me fais choper ici, je suis morte morte. Je suis une morte en sursit jusqu'à ce que j'ai regagné mon dortoir en fait. Severus se fera un plaisir de me disséquer.
Minute... « Harry ? » je m'étonne « Pourquoi Harry ? Enfin je veux dire, OK c'était le fils de votre pote mais qu'a-t-il à voir dans l'histoire le gamin ? »
Il ricane... je crois...c'est que je m'en sors pas avec tous ses gargouillis moi !
« Harry est mon filleul... il est la seule chose qu'il me reste de James... »
O.K... Je vais étriper lentement et amoureusement le prochain Auror qui croisera ma route !
« Je vois... » ma voix tremble quand je parle, résultat de la rage qui gronde en moi. Même ma louve hurle dans mon crane. Elle doit sentir ma colère. Magnifique, une deuxième carpette caractérielle sur les bras... une ça suffisait non ?
« Comment tu t'appelles, au fait ? » gargouille-t-il à mon encontre.
« Hein ? Oh, Riley. Je m'appelle Riley. » c'est vrai qu'il ne le savait toujours pas avec tout ce bazar...
« Enchanté Riley. Appelle moi Sirius. »
Euh... enchanté ? Sérieux ? C'est tout ce qu'il trouve à me dire ? Je veux dire y a pas dix minutes il voulait s'enfuir à toutes jambes et là il est enchanté ?
...Bon bah ok. Je crois que je vais arrêter d'essayer de comprendre pour ce soir...
Le lendemain, tandis que Severus retire jalousement son quota de points à Gryffondor, je lance un regard absent à ma fiole de potion, remplie et étiquetée... Merlin merci, cette chère chauve souris a tenu à nous donner des cours avancés de potion avant la rentrée. « Je refuse catégoriquement que mes pupilles soient aussi stupides que les cornichons à qui j'enseigne. Vous portez mon nom par Merlin ! Alors croyez-moi vous apprendrez les potions ! » Gentille terreur des cachots. Mais au moins je peux penser librement pendant son cours. Il ne peut rien me dire, j'ai toujours -ou presque- des bonnes notes en potion. Et les quinze dernières minutes de ce cours matinal me permettent de me perdre gentiment dans les replis de mon cerveau malade... plutôt pratique hein ? Comme quoi il est utile parfois d'avoir un professeur comme tuteur. Parfois seulement parce que le reste du temps c'est assez chiant.
Je peux donc laisser mon cerveau partir dans les limbes de mon esprit torturé... poétique tout ça... je devrais penser à écrire un bouquin... Bref ! Outre mes divagations habituelles, c'est à mon nouvel ami que je pense. Ouais, parfaitement, ami, je lui ai apporté à bouffer et il m'a raconter sa vie, je pense qu'on peut être considérés comme des amis à ce stade, même si on ne s'est vu qu'une fois.
Je pense donc à Sirius et à ce qu'il m'a appris hier soir. Il me fait franchement de la peine. Savoir qu'il a passé douze putain d'années dans cette foutu prison. C'est un truc à me rendre malade. Ça me dégoûte complètement. Plus encore que de savoir que le vrai coupable se balade tranquillement dans la nature. D'ailleurs comment fait-il pour se cacher aussi bien ? Après tout, de ce que je sais -c'est-à-dire pas grand-chose- Pettigrew est mort non ? Je l'ai lu dans je ne sais plus quel magazine, il a un ordre de Merlin première classe reçu à titre posthume... Pff je t'en foutrais de l'ordre de Merlin moi tiens...je te leur ferais bouffer par les narines moi ça traînerais pas... foutu gouvernement.
Une paire de ricanements bien connus me fait soudain rejaillir parmi les vivants. Fred et George, à ma gauche, pouffent tous deux comme des écolières amoureuses, les yeux rivés sur le chaudron de Flint. Qu'est-ce que..
BRAOUM !
Wah...
Ça c'est de l'explosion. Les deux Weasley sont écroulés sur leurs paillasses, la poitrine agitée de soubresauts et leurs rires résonnent parmi tous ceux des Gryffondors. Angelina, ma voisine et partenaire de travail, retiens peu discrètement le sien. Pour ma part je ne sais pas trop comment réagir. J'ai envie de rire aussi, mais d'un autre côté, ce serait manqué de sympathie envers ce cher Severus et son magnifique caleçon blanc. D'ailleurs en passant, il porte du blanc lui ?
Parce que, allez savoir pourquoi, l'explosion du chaudron de Flint - là où se trouvait justement Severus- a atterris sur mon cher tuteur, en plus de Flint. Et a rongé tous leurs vêtements... sauf le caleçon. Il n'est pas vilain sous ses robes noires mon tuteur... oh le beau chocolat ! Je me doutais bien qu'être emmitouflé à longueur de journée dans ses longs pans de tissu cachait forcément un truc... Quoi ? Oui je mate, mais eh, c'est pas ma faute si il a plus de fringues !
Flint ressemble toujours à une espèce de vieille chaussette dégueulasse, mais Severus est bien vraiment conservé pour son âge... Il a quel âge au fait ?
Enfin pour en revenir à ce qui nous intéresse -chaud cacao ! Cho-cho-cho-chocolat !...pardon, moment d'égarement- pas que j'ai particulièrement envie d'être sympa avec Severus, mais étant sa pupille je ne souhaite pas vraiment tenter le diable. Il pourrait me retenir prisonnière dans un de ses cachots pour le reste de l'année et déjà que j'ai du retard par rapport aux jeunes de mon âge... je ne vais pas non plus rajouter de l'eau à son moulin à celui là...
« WEASLEY ! »
Oula... ce n'est pas bon du tout... je me recroqueville sur ma chaise du mieux que je peux, tâchons de nous faire oublier...j'ai rien fait du tout c'est pas moi... je suis une gentille petite chose... toute gentille et innocente dans cette vilaine action...
« JE VOUS VEUX TOUS LES DEUX EN RETENUE POUR TOUT LE TRIMESTRE PROCHAIN ! ET JE RETIRE 100 POINTS A GRYFFONDOR ! » Aboie cette chère chauve-souris en faisait réapparaître ses robes noires tant aimées... merci les gars... je retiens le coup des cent points. « Flint, nettoyez-moi tout ça ! »
Le silence plane dans la salle. Et voilà... bizarrement plus personne ne rigole, maintenant que la sentence est tombée. Pour ma part je décide de m'approcher lentement du bureau de Severus, ma fiole à la main. Il m'exécute au moins trois fois du regard le temps de ma progression jusqu'à lui... hum... Nan mais je te jure Severus j'y suis pour rien moi !
Je pose la fiole sans un mot sur son bureau et repart me cacher à ma table, j'ai beau faire la fière je n'aime pas du tout le regard qu'il me lance... il fait peur quand il veut le bonhomme ! Bien pire que les yeux de fillette de Percy Weasley.
À la sortie de cours, Fred et George pestent allègrement sur notre cher professeur de potions tant aimé.
« Vieux bâtard graisseux ! » rugit Fred en marchant à grandes enjambées...
« Vous l'avez cherché avouez... le foutre en caleçon devant toute la salle, j'aurais ragé moi aussi... » je leur fais remarquer ce fait en réajustant mon sac sur mon épaule. Même si j'ai aimé le spectacle, tout de même, faire ça à Severus, faut oser.
« On visait juste Flint ! Ce n'est pas notre faute si Snape s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment ! » grogna George la mine boudeuse. Ouais...
« N'empêche... » rajouta Fred pensivement « je n'aurais jamais cru qu'il cacherait un matos pareil sous ses robes ! » Alors là tout à fait d'accord !... Quoi ? Ce n'est pas parce que je n'ai pas de cœur que j'ai pour autant les yeux dans la poche. J'ai 16 ans quand même ! Et je n'ai jamais été une Sainte...
« Intéressé Fred ? » ses oreilles rougissent, les yeux de George se mettent à briller tandis qu'il regarde son frère.
« Aurais-tu des vices cachés mon frère ? » rigole il
« Mais non ! Je dis juste que pour une vieille chauve souris mal luné il est bien taillé ! » Tout à fait d'accord !
Un rire doux retentit soudain derrière nous. Tous mes organes se figent dans mon corps. Génial, maintenant il me provoque une panne générale... foutu corps ! Foutus professeur ! Allez on redémarre les gars ! C'est pas le moment de faire grève foutus organes on est pas en France non plus !
Effectivement, alors que nous nous retournons, Lupin nous observe du bout du couloir, de ses foutus yeux d'or trop doux et trop brillants pour mon foutu cœur embrouillé ! Foutu organe qui n'écoute pas !
« Professeur ! » s'exclament en cœur les jumeaux.
« Eh bien qu'est-ce que j'entends... vous semblez avoir eu un cours intéressant avec ce cher professeur Snape... n'est-ce pas, messieurs ? Mademoiselle ? »
Les deux rouquins jettent un regard malicieux au professeur de DCFM qui les scrute le fantôme de son sourire aux lèvres. Pour ma part, mes joues chauffent. Être prise à parler de la plastique de son tuteur par un de ses professeurs et béguin secret, c'est moyen pour la réputation... Je rougis encore plus quand ses deux foutu yeux se posent sur ma maigre personne coincée entre les deux grandes choses minces qui me servent d'amis. D'un pas lourd, il s'approche de nous. Il est malade ? Quelque chose se coince dans ma poitrine tandis que je l'observe. Ses yeux sont lourds, son teint farineux, le col de sa chemise baille sur son cou. Il a perdu du poids. Pourquoi a-t-il l'air si usé ?
« Vous allez bien monsieur? » Eh merde... j'ai encore parlé sans m'en rendre compte... foutu cerveaux qui réfléchit avant moi... il a une vie propre ce truc... oui je sais, ce n'est pas possible, mais je dis ce que je veux, d'abord !
Il me fait de grands yeux étonnés. Mon côté guimauve fond littéralement devant cette moue tout à fait adorable. Foutu professeur... Quelque chose passe ensuite dans ses yeux. Quelque chose que -encore une fois- je ne comprends pas. Mais qui me noue étrangement la gorge. Pourquoi faut-il que mon corps comprennent avant moi ces choses-là hein ? Foutu karma de mes deux pieds... Je vous le dit je suis pas aidée...
« Je vais bien, ne vous en faites pas pour moi Riley. » Et pourquoi par les culottes sales de Merlin a-t-il décidé de m'appeler par mon prénom ?! Comment je fais moi pour éviter l'arrêt cardiaque maintenant ?! Ah oui, c'est vrai, je l'évite pas, je subis comme la pauvre chose au corps déficient que je suis. J'aime ma vie...oh ouais tellement...
Ses yeux de miel -c'est cucul comme appellation mais faut dire ce qui est, ses foutu yeux on dirait du miel- se fixent longuement sur moi. Quoi, j'ai un truc sur la figure ? Il fronce les sourcils, une mèche tombe devant ses yeux, foutu cheveux grisonnants qui lui vont vraiment pas... mais bordel pourquoi je fonds cette fois ?! Marre à la fin !
« Mais vous, Riley vous m'avez l'air fatiguée, tout va bien ? »
Euh... j'ai passé toute ma soirée à discuter avec un évadé de prison qui est recherché dans tous le pays, précisément dans cette école par ces foutus détraqueurs et qui est, accessoirement, un de vos anciens amis et innocent comme au jour de sa naissance du crime dont on l'accuse, mais à par ça je pète le feu pourquoi ? Sans compter que dans une semaine ma meilleure amie est de nouveau pleine... sans mauvais jeu de mot...
« Je vais bien monsieur, tout va bien... »
J'ai les nerfs qui vont lâcher moi à force...trop d'émotion c'est pas bon pour la santé. Pourquoi je suis pas ermite moi déjà ? Ah oui, trop ennuyeux comme vie.
Quelqu'un peut me rappeler comment j'en suis arrivée à cette situation ?
Nous sommes à la pause de midi. J'ai engloutis mon déjeuner plus vite que mon ombre et me voilà, un baluchon -un petit faut pas non plus exagérer- remplis de bouffe sous ma cape d'hiver planquée dans un buisson, à attendre qu'une bande de deuxième année Poufsouffle déguerpissent pour que je puisse enfin rejoindre le propriétaire de ce plumeau noir que je vois dépasser de derrière un autre buisson depuis dix bonnes minutes. J'aime tellement ma vie. Sérieusement depuis quand je me suis recyclée en livreuse ? Foutu conscience...
Ça y est, ils se tirent. Merci Merlin je commençais à avoir une crampe moi. Je me faufile sans plus attendre vers ce damné buisson qui ne pouvait pas être planté plus près bordel ! Qui a dessiné les plans du parc, que je le ressuscite pour le tuer de nouveau ensuite !? BREF. À peine dans mon buisson une grosse chose noire me saute dessus en couinant.
« Tais-toi stupide carpette ! On est en pleine journée je te rappelle ! » j'essaie de le gronder, mais en chuchotant, ça perd un peu de son effet... oui je suis très gentille comme fille... cœur de pierre tout ça tout ça...
Il se couche contre mon flan et commence à me lécher la main, sa façon de demander de la bouffe je suppose... Dans un soupir fataliste, je sors mon paquetage de sa cachette et lui colle entre les pattes.
Il fourre sans délicatesse sa truffe noire dans le sac et renifle avidement son contenu. La seconde d'après, je me retrouve à moitié écrasée par le corps -imposant tout de même- du cabot, le visage amoureusement lécher avec toute la douceur commune à un chien normal. Vous êtes sur que c'est pas un chien qui se transforme en homme ? J'ai comme un doute là...
« Arrête ! Mais, dégage de là, arrête je te dis , Sirius descend ! Tu me fais mal ! Dégage stupide descente de lit ou je te scalpe ! C'est dégueulasse ! » je me débat mais, allez savoir pourquoi, le voir réagir comme ça me fait presque plaisir... je suis... contente ? Ça fait longtemps tiens... que j'ai pas ressentis ça avec quelqu'un d'autre que Ryan. Pas désagréable.
« Riley ? C'est toi ? »
Je me fige net. Sirius aussi. La voix douce et en pleine mue d'Harry a, visiblement, coupé son envie de me baver dessus.
Sirius gémit. Il aura pas le temps de filer. Je soupire. C'est vraiment pas le bon jour pour être gentille ma pauvre Riley... tiens, voilà que je me parles mentalement toute seule... eh ben ça s'arrange pas...
« Aies juste l'air d'un chien errant, ça devrais aller... j'espère... » dis-je tout bas en direction de mon ami canin.
Le gros chien couine un peu, mais hoche doucement la tête, visiblement il a compris comme moi. Si moi j'ai pu compter deux et deux, qui me dit que ce sale gosse le fera pas aussi ? D'après les jumeaux, il a le chic pour se retrouver dans des situations insolites. Il pourrait très bien être assez malin pour deviner ! Prudence est mère de sûreté. S'il cafte, Sirius est mort.
Sirius a à peine le temps de se reculer et moi de me redresser, que la tête ébouriffée d'Harry apparaît un peu plus loin. Ses grands yeux verts s'illuminent, quand ils croisent les miens avant de se froncer légèrement à la vue du chien. Une lueur passe dans ses yeux. Sirius se colle à ma cape, les oreilles presque fondues avec la fourrure de son crane.
« Riley ? Mais... à -à qui est ce chien ? »
Le clébard couine encore. Bon, improvisation... le mieux est de ne pas trop s'éloigner de la réalité...
« C'est... un chien errant... je crois. Il se baladait depuis un moment dans les environs. Apparemment il m'aime bien. Et puis il n'est pas méchant. Je lui apporte à manger de temps en temps. » je gratte la tête de Sirius qui remue la queue, pour la comédie ou parce qu'il aime ça ? Allez savoir... « Hein le chien que tu n'es pas méchant ? Gros toutou ! » Sirius jappe rageusement.
Je crois que je l'ai vexé. Il me tue du regard. Vengeance, c'est à cause de tes conneries que j'en suis là. Oui personne m'a obligé à lui apporter de la bouffe, mais faut bien que quelqu'un subisse. Et ce cher fugitif est la victime parfaite. Niark.
Potter s'approche doucement de nous, la main tendue face à lui, pointée vers le ciel, comme de peur qu'il le morde. Sirius aboie joyeusement et lui saute dessus, le couvrant de bave. Chacun son tour.
N'empêche, il doit être vraiment heureux, le sac à puces. Revoir son filleul. Après tout ce temps et pourvoir être près de lui. Il doit adorer. Tant mieux pour lui remarque.
« On dirait un Sinistros... » remarque doucement le môme
« Un quoi ? » je demande, un peu paumée...
« Un Sinistros. C'est un mauvais présage. En Divination, voir un Sinistros est synonyme de mort. » explique-t-il calmement.
Mouais... ironiquement il n'est pas loin. Sirius porte la mort. Quand il va choper Pettigrew, pas de doute qu'il va le tailler en pièces... ça va être beau à voir tiens, tout ce jus de groseille...
« C'est un gentil chien je t'assure. Je commence à le connaître un peu. Ce n'est pas une lumière, mais il est gentil. »
J'ai envie de ricaner. Je vois bien que ce cher Sirius n'apprécie pas ma phrase. Mais il ne peut rien faire. S'il réagit, Harry pourrait comprendre. Il me grogne quand même dessus cet enfoiré remarque...
Harry rigole. Il est chou ce gosse... Je me flagellerais plus tard pour cette pensée niaise et dégoulinante... même si c'est vrai.
Harry reste quelques minutes à cajoler le chien. Je le regarde faire sans rien dire. Puis, l'heure de retourner en cours nous casse les oreilles. Nous partons donc après un dernier regard sur le derrière dandinant de Sirius-chien s'éloignant gaiement son baluchon de bouffe entre les dents... Assez comique comme scène surtout en imaginant l'homme à la place du chien... Sur le chemin, le gamin m'a parlé un peu. Il me raconte les malheurs de notre garde chasse avec cette salle petite teigne d'androgyne -Malfoy je crois... charmant garçon apparemment...- et fini par dériver sur les nombreuses disputes de ses deux amis. Je n'ai rien demandé, mais entendre ses petits malheurs n'est pas si dérangeant. Cela a le mérite de me changer les idées.
« Dis, tu sais s'il y a du nouveau à propos de l'incident d'Halloween ? » me demande-t-il alors que nous franchissons les portes du château.
« Non. Fred m'a dit que le portrait de la Grosse Dame est en train d'être retapé, mais ça va prendre encore un peu de temps. »
« J'espère que ça ne sera pas trop long... le Chevalier de Catogan est vraiment fatiguant. »
« À qui le dis-tu... » L'image de cette petite chose remuante et de son poney a le don de me laisser perplexe. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Cette manie qu'il a de toujours vouloir défier tout le monde... et il m'a dragué ! Moi ! Le comble ! J'ai failli lui grogner dessus !
Harry me dit au revoir et part vers son prochain cours, moi je vais à la bibliothèque. J'ai une heure de libre et je compte bien en profiter pour travailler. Au moins un peu. Pendant que j'en ai le courage. C'est vrai que c'est les Buses pour moi cette année. Je ne peux décidément ne pas être tranquille cinq minutes. Entre mes soucis existentiels, les cours et les devoirs, sans oublier ce foutu béguin sur ce encore plus foutu prof de mes deux chaussettes... Ouais, décidément j'aime ma vie... je n'ai même plus le temps de passer mon temps à flemmarder avec Ryan... ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu... Elle me manque...
RAH ! Marre de jouer les pleureuses ! Au boulot Riley Lewis Snape !
La porte de la chambre du premier étage de la cabane hurlante claque derrière moi. Je. Vais. Le. TUER !
Il est là ce con. Allongé de tout son long sur le lit miteux, grossièrement raccommodé par mes maigres talents en métamorphose -dérisoires face au génie de Ryan- sous forme humaine dans son éternel costume de prisonnier, lavé -par mes soins aussi, vive les sortilèges de nettoyage- il relève son visage toujours maigre, mais plus coloré vers moi, étonné. Oh ouais fait l'étonné t'a raison, ça m'énerve encore plus. Crois moi coco tu va morfler !
Je lui balance de toutes mes forces le panier de bouffe donné par les elfes du château -les jumeaux m'ont montré les cuisines-. Il rebondit sur son crane.
« AIE ! Mais qu'est-ce qui te prends gamine ! » gémit-il.
Je prends une grande inspiration et me pince l'arrête du nez, juste au-dessus ma cicatrice. Calme Riley, reste calme... Évite de trop l'abîmer tout de même... ça ferait tache...et l'endroit est assez crade comme ça...
« Explique moi et explique moi bien espèce de vieux sac à puces puant, pourquoi, oui, POURQUOI par tout ce qui est sacré en ce putain de monde as-tu eu la Ô combien lumineuse idée de t'introduire dans les FOUTUS dortoirs de Gryffondor pendant la nuit AVEC UN PUTAIN DE COUTEAU ?!»
Il sursaute et se ratatine comme un pruneau. J'explose littéralement de fureur. Est-ce que quelqu'un peu bien m'expliquer pourquoi je risque mon cul depuis un putain de mois pour un abruti pareil ?! Je lui apporte de la bouffe au moins deux fois par semaine et il peut de nouveau vivre presque normalement dans cette foutue cabane et, surtout, garder forme humaine. Et tout ça parce que je couvre son putain de cul quand, au lendemain de pleine lune, Pomfresh vient me chercher. ET CE BOULET ne trouve rien de mieux à faire que de passer encore plus pour un assassin psychopathe ! Je vais l'étriper et me faire un collier de ses entrailles. Je jure que je vais le faire... JE VAIS ME LE FAIRE CET ABRUTIS CONGENITAL !
« Il était là-bas ! J'avais les mots de passe ! Tu voulais que je fasse quoi ?!Ne pas réagir ?! Il a tué mes meilleurs amis ! Je n'allais pas rester là sans rien faire ! » rage-t-il à son tour. Il semble reprendre courage...
Je ne l'écoute qu'a moitié, immergée dans la fureur qui gronde dans mon ventre. Je vais le dépiauter... lentement... avec passion... je vais en faire du hachis... oh oui du bon hachis...
« SI JUSTEMENT ! Tu aurais dû ne rien faire ! STRICTEMENT RIEN ! Tu aurais dû garder cette opportunité sous le coude et prendre ton mal en patience ! Mais tu le fais exprès c'est pas possible autrement ! Tu peux pas être COMPLETEMENT CON à ce point SI?! Enfin merde Sirius ! Depuis des semaines DES PUTAINS DE SEMAINES je me troue littéralement le cul pour qu'on ne te chope pas dans les parages et j'essaie d'amadouer Harry et Lupin pour réussir à les convaincre de croire en ta PUTAIN d'histoire et te sortir de la merde dans laquelle tu te noies depuis treize PUTAIN D'ANNEES DE MERDE ! Et toi, TOI ! Stupide abruti de boulet ! Qu'est-ce que tu trouves d'intelligent à faire ?! Au lieu de rester sagement là où tu ne risques pas de te faire prendre ?! Tu t'introduis dans le foutu dortoir de troisièmes années et Seamus Finnegan te retrouves à MENACER le FOUTU MEILLEUR AMI de ton PUTAIN DE BORDEL DE FILLEUL ! ET AVEC UN PUTAIN DE COUTEAU EN PLUS ! ABRUTI ! Tu veux retrouver Harry et le professeur Lupin oui ou merde ?! Alors POURQUOI par les portes jarretelles de merlin POURQUOI tu n'as pas utilisé la bouillie informe que t'as entre les deux oreilles avant d'utiliser ce PUTAIN de foutu bout de papier ?! BORDEL ! T'es un adule non ?! ALORS ARRÊTE DE REAGIR COMME UN PUTAIN DE FOUTU GAMIN DE 15 ANS IMMATURE ET TÊTE BRULÉE BORDEL DE MERDE ! »
« Portes jarretelles ? »
« SIRIUS ! »
« J'ai rien dit ! »
Il se ratatine encore plus sur lui même. Je pourrais penser que c'est franchement ridicule que ce soit moi, la gamine comme il dit, qui l'engueule comme du poisson pourri et lui qui subit et se soumet sans broncher, mais je suis bien trop en colère pour être sarcastique. Je boue. Littéralement, je boue. Je crois que je n'ai jamais été aussi en colère de toute ma foutue vie. En même temps, avant c'était pas trop mon genre de me mettre en colère. Mais les temps changent.
J'arpente la pièce en long, en large et en travers, au point que je pourrais presque creuser une tranchée dans le plancher défoncé, tellement j'ai l'impression de n'être que lave en fusion. Pourquoi, Merlin pourquoi est-il si idiot ? Il ne peut pas faire comme tout le monde et attendre bien gentiment le temps d'élaborer un plan ? Non ! Foutu Gryffondor buté, il fonce dans le tas sans prendre le temps de réfléchir à la situation. Rah je vais exploser !
Je me jette sur le lit et hurle de toutes mes forces, les dents dans l'oreiller.
Ça fait un bien fou. Je souffle longuement le nez dans les draps et, doucement, ma fureur se calme. Je me relaxe, lentement, laissant partir le stress qui bloque les muscles noués de mon dos. Bizarrement, m'énerver comme ça m'a fait du bien. Je me sens mieux.
« Ça y est, t'es calmée ? »
« La ramène pas la carpette... » je grogne en tournant la tête vers lui.
Il s'allonge à côté de moi, la tête tournée dans ma direction, un sandwich dans la bouche. Alors, je l'engueule à m'en péter la voix et monsieur bouffe ? Il va me rendre chèvre...
« Ils vont renforcer encore plus la sécurité maintenant. » soupire-t-il d'un air fataliste.
« No shit Sherlock » dis-je sarcastique. Il est mignon à balancer des évidences pareilles... sans déconner bien sûr qu'ils vont être encore plus chiants maintenant !
« J'espère pour toi que tu as fait des réserves, ça va être dur pour moi de sortir maintenant. »
« Tu trouveras bien un truc. »
« Dans tes rêves je ne vais pas encore plus risquer mon cul pour tes beaux yeux. Je viendrai quand je pourrais et quand je serais sûre de ne pas me faire prendre. »
« C'est vrai que tu les trouves beaux mes yeux ? » dit il en battant allègrement des cils.
« Va crever. C'est pas mon genre les bad boys. Une calamité ambulante ça suffit pas besoin d'un mec en plus »
« Méchante... »
« J'ai pas de cœur, tu te souviens ? » C'est fou ça personne n'a l'air de vouloir prendre en compte ce détail...
Il a alors la réaction la plus mature que je n'ai jamais vu. Il se retourne et boude. J'hallucine... Il a, quoi ? Au moins trente ans... et cet idiot boude... comme un bébé... Est-ce que c'est une blague ?
Ouais... il va vraiment me rendre dingue.
L'esprit en peu brumeux, je repense à la raison de ma colère. Quel abruti quand même. Aller dans ce foutu dortoir pour... minute...
« Pourquoi t'es allé dans ce dortoir ? »
Il tourne la tête vers moi, surpris. « Alors, t'étais remontée à ce point ?! » s'exclame-t-il en s'appuyant sur son coude.
« Oh, c'est bon hein, j'ai bien le droit d'être en colère. Comment tu veux que je t'aide après ça, hein ? »
Il soupire et se rallonge sur le dos. « Pettigrew était dans le dortoir des troisièmes années. Ce sale rat. »
... Quoi ?
« Hein ? »
« C'est aussi un Animagus, il se planque dans la peau du rat du gamin Weasley. »
Je ne le crois pas. Mais je suis vraiment con quand je m'y met. Si Sirius est un Animagus, bien sûr que cette saloperie de Pettigrew peut l'être aussi. Rien ne l'empêche. Pourquoi je n'y ai pas pensé ?! Je savais bien que ce foutu rat était bizarre ! Je l'ai tout de suite senti ! Quelle conne mais quelle conne !
« Mais bordel quelle conne ! » Je me lamente en enfouissant de nouveau ma tête dans l'oreiller.
« Ce n'est pas comme si tu pouvais deviner... » dit-il en tapotant maladroitement mon épaule.
Je grogne sombrement, le visage toujours enfouis. Quelque chose viens de traverser mon esprit.
« Tu mériterais que je te repasse un savon crétin de sac à bave. »
« N'exagère pas ! »grogne-t-il « Je ne bave pas autant... » Il reste silencieux une seconde, puis enchaîne d'une voix plaintive « Pourquoi tu veux encore m'engueuler !? J'ai rien fait ! »
« Parce que le rat n'est plus là. Ronald pense que Pattenrond l'a bouffé, mais maintenant que je sais qui c'est réellement, je peux dire qu'il s'est juste tiré parce qu'il sait que tu le cherches... »
Il me regarde avec des yeux de poisson mort. Il a vraiment une tête de con quand il s'y met...Non sans rire on dirait que je viens juste de le lobotomiser... si tant ai qu'il y ai quoi que ce soit à travailler à cet endroit là chez lui... mais bon.
Je me rallonge de tout mon long sur le lit, les yeux rivés sur le plafond. Je l'entends bouger à côté de moi. Maintenant que toute ma colère a disparu, je peux profiter du calme ambiant. Bizarrement, cette damnée cabane est l'endroit le plus relaxant que j'ai pu visiter. Il n'y a jamais que ce sale cabot et moi... dans le silence de l'endroit. Et quand il ne parle pas, il est assez apaisant dans son genre... cela a sans doute à voir avec le fait qu'il se sent sûrement lui-même apaisé. Avec le fait de plus être à Azkaban et tout ça...
« Hé, Riley... pourquoi tu veux m'aider ? »
... sauf qu'il est bien trop chiant avec toutes ses questions et ses remarques... il m'agace... saloperie d'orphelinat à puces ambulant...
« T'en as d'autre, des questions comme celle la ? » je grogne ma réponse. Je n'ai pas envie de réfléchir au pourquoi de mon aide...Trop prise de tête.
« C'est pas une réponse ça, gamine... je veux savoir. Après tout, on ne se connaît pas vraiment... »
« Je t'apporte à bouffer dès que je peux depuis un mois. »
« Et alors ? On ne se connaît quand même pas. »
...Ouais.. il n'a pas tout à fait tord.
« Je t'aime bien... t'es distrayant... » il prend un air outré. Quoi il s'attendait à une déclaration d'amour peut être ? « Et puis j'aime bien Harry. Il est sympa ce gamin. »
« Et c'est tout ? »
« Lupin est un bon prof...et ça n'a pas l'air d'être un mauvais bougre. »
Encore une fois c'est sorti tout seul. Je devrai vraiment apprendre à me coordonner avec mon cerveau. Il réfléchit toujours avant moi quand la situation s'y prête le moins...
Il ricane. Pourquoi il ricane ? Je n'aime pas la tête qu'il fait...
« Un bon prof hein ? »
« Je vais rentrer, c'est bientôt l'heure du dîner. »
« Oh, oui bien sûr... le dîner. » Il ricane encore.
Mais est-ce que c'est moi ou tout ce que je dit prête à rire dans son cerveau malade ? Et puis il y a cette lueur dans ses yeux. Je commence à la connaître cette lueur. Ryan à la même quand elle me courre sur le haricot avec ses histoires de coup de foudre et d'amour... merde... lui aussi il va me gonfler avec ça...
« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? » Je n'aurais pas dû dire ça... il ricane toujours... pourquoi mon cerveau ne m'informe-t-il jamais de ses décision avant d'agir ? Merde on est sensé agir ensembles non ? Oui je sais c'est mon cerveau il est pas sensé avoir de vie propre mais chut.
« Tu l'aimes bien hein ? Le professeur Lupin ? » son sourire aussi je l'aime pas... bordel il est aussi chiant que celui de Ryan quand elle fait celle qui sait quelque chose que j'ignore... Et Merlin sait qu'elle adore faire ça...
« Lâche moi la mandragore avec tes insinuations c'est un bon prof c'est tout. J'en suis pas du tout amoureuse. »
« Oh mais loiiiinn de moi cette idé n'ai jamais mentionné ça très chère Riley... c'est toi qui l'a dit. »
...Merde...
Je lui balance un oreiller et pars presque en courant de la cabane. Quand la trappe se referme sur moi, j'entends encore son rire-aboiement résonner dans ma caboche. Pourquoi j'ai ouvert ma gueule moi ?!
Je ne suis pas amoureuse !
Enfin... il n'est pas question que je l'avoue à ce salaud de futur manteau de fourrure...
TBC
Et voilà ! Alors qu'en pensez vous ? Le coup de gueule de Riley n'est-il pas magnifique ? Et la blague de jumeaux vous en dites quoi ? J'ai franchement pas pu résister personnelement XD ! N'hésitez pas à me faire part de vos avis et de vos critiques si y en as. Je ne le dis pas souvent mais j'aime aussi les critiques -contructives on s'entend bien- surtout si elles me permettent de m'améliorer !
Je pense être moins longue pour le prochain chapitre mais je ne vous promet rien ! Je ne voudrais surtout pas vous décevoir en vous faisant une promesse qu'au final je ne tiendrais pas.
Allez à très bientôt, et plein de gros bisous à vous tous !
Review ?
Rubyy.
