Le jour de la rentrée - Chapitre 14


Puisque Edward disparaît à chaque fois que je suis en biologie avec lui ou quand je l'approche de trop près, je sèche les cours et vais refaire ma petite intrusion chez les Cullen. Cette fois-ci, j'attends qu'il pleuve, j'arrive trempée chez eux. Sur le chemin je suis tombée plusieurs fois, mes genoux saignent surement et mes mains sont griffées. Je n'ai même pas le temps de me présenter qu'Esmé ordonne à Alice de ramener des couvertures et des vêtements secs.

« Désolée, je suis tombée en panne, et j'ai marché… je dois contacter mon père pour… »

Mes dents claquent, je vais peut-être mourir de froid cette fois-ci.

« Bella ? Bois ça, c'est du thé. »

Esmé m'a installée devant la cheminée et me met dans les mains une tasse brulante. Autour de moi, les membres de la famille sont silencieux et sur leurs gardes. Edward me dévisage, il paraît encore une fois frustré.

Allez, je me lance. Mais cette fois encore, Alice se fige puis me crie que je dois partir. Sauf qu'elle n'a pas le temps de me relever, Edward a déjà sauté sur moi. Jasper grogne tel un animal sauvage, son regard semble fou et il fixe ma gorge exposée par Edward.

Emmett, Rosalie, Alice et Esmé tentent de me dégager mes deux agresseurs mais Edward est rapide, il m'agrippe et nous dégage de la mêlée. Il m'entraine hors de la maison en brisant la baie vitrée. Je suis blessée, je sens un gros morceau de verre dans ma cuisse et deux autres éclats fichés dans mon bras gauche.

Il court à une allure inhumaine ce qui m'effraie plus que la certitude qu'il va me tuer! Et je n'ai toujours pas ma réponse ! Je sais que je me voile la face. En fait je veux juste avoir une confirmation, en savoir plus.

« Ne me tue pas Edward. » je lui dis alors qu'il me repose enfin à terre.

La tête me tourne, j'ai la nausée, je tremble. Je saigne abondamment et j'ai mal.

« Je ne peux pas me contrôler… Tu sens tellement bon. »

« Alice ! » je crie et me mets à courir malgré la douleur.

Je sais que c'est dérisoire, il va me rattraper en deux secondes, en fait Edward est abasourdi et me laisse m'échapper. Il ne fait pas un geste quand Emmett le jette à terre. Alice m'a réceptionnée rapidement, je regarde la fratrie se regarder, ils sont apeurés et soulagés à la fois. Puis je m'évanouis.

A mon réveil je crois que je revis le matin de cette journée infernale mais je ne suis pas dans mon lit. J'ai un masque sur le visage et un tube qui me sort du bras, j'entends les bips… je suis à l'hôpital. J'ai très mal à la tête et ouvrir les yeux est juste trop douloureux, alors j'écoute, et j'entends mon père.

« Je ne comprends pas… Elle aurait du être chez nous. »

« Retournez chez vous, je vous préviens dès qu'elle se réveille. »

« Merci Dr Cullen. »

« De rien Charlie. »

Ma journée n'est pas finie, je vais attendre qu'elle le soit. Je ne vais rien apprendre de plus, je n'en ai pas la force de toute façon. Puis j'entends des chuchotements dans ma chambre, je ne bouge pas et tente de garder une respiration rythmée.

« C'est très grave, il faut faire quelque chose. C'est évident qu'elle va parler. »

Je reconnais Rosalie, Esmé est là aussi et elle répète « Pauvre enfant. »

« Je suis contre, tes frères ont commis une très grave erreur mais nous pouvons encore éviter d'être en danger. Nous partons ce soir. »

« Carlisle, ça ne va pas suffire ! Elle va reprendre connaissance dans peu de temps, elle va se souvenir de tout. »

« Nous n'avons pas d'autres choix. » asséne durement le médecin.

« Je vais m'en occuper, je refuse que cette humaine nous mette en danger, je refuse. »

« Rose ! »

« Bella est réveillée depuis deux minutes. » déclare Alice.

« Et tu nous le dis seulement maintenant ! »

« Bella, ouvre-les yeux, me murmure Esmé en caressant mon front. Je te promets que nous ne te ferons aucun mal. »

« De quoi te souviens-tu ? » me demande Carlisle.

« J'avais froid, je me suis endormie devant la cheminée. » je mens.

Je comprends que je ne peux pas les contraindre à tout m'avouer, ça se terminera toujours mal.

Cette nuit-là, un peu avant minuit, c'est Emmett qui vient. Il débranche les monitorings, puis détache doucement un gros pansement que j'ai sur la cuisse. Il appuie sur la plaie béante, j'ai la sensation qu'il me brise l'os. En même temps il plaque sa main sur ma bouche, j'étouffe, la vie me quitte inexorablement. Je regarde Emmett, je n'ai plus la force de parler, il le voit alors il ôte sa main et m'embrasse sur le front.

« Je suis tellement désolé petite Bella… je le fais pour elle. Tu ne peux pas comprendre. »


Eh oui, Rosalie est vraiment capable de tout faire faire à Emmett...