J'étais frustrée que Bella n'ait pas pu montrer ses talents de pianiste ) donc j'ai écrit cet épilogue, j'espère qu'il vous plaira.


Épilogue – Le jour de la rentrée

PDV Edward

« Je te préviens, ça n'est pas parfait. » me dit-elle avant de poser ses doigts graciles sur les touches.

Elle joue « Clair de Lune » de Debussy avec délicatesse et sans fausses notes. Je suis impressionné par sa maitrise, elle manque juste d'assurance, comme pour tout. Elle n'est vampire que depuis un mois et elle a acquis déjà tellement de contrôle sur ses nouvelles capacités. Tandis qu'une ligne se creuse entre ses sourcils, preuve de sa concentration, je me remémore ses derniers instants d'humaine.

Flashback

Le baiser que je lui donnai après qu'elle m'ait autorisé à la changer fut brulant et grisant. J'avais senti son excitation et mes lèvres s'ouvrirent pour caresser sa langue. Son cœur battait à toute allure, désordonné, ses doigts s'accrochèrent à mes épaules tandis que je la soulevai. Lorsqu'elle voulut reprendre son souffle, je mordis son cou délicat et pâle. Le gout de son sang fut encore plus exquis que je ne l'avais présumé.

Carlisle et Alice s'approchèrent par précaution pour m'arracher au corps de Bella avant que je ne la vide entièrement. Je leur fis un geste de la main pour les rassurer, je bus à petites gorgées le sang de ma tua cantante, ma chanteuse, mon âme sœur, je n'allais pas en prendre plus que nécessaire. Je me sentis le plus chanceux des vampires et le plus heureux des hommes dès l'instant où son sang afflua dans ma gorge.

Je léchai ensuite sa plaie pour la cicatriser et ne pas tenter davantage le monstre en moi. A toute vitesse, je la portai dans mes bras jusqu'à chez nous, suivi par Carlisle tandis qu'Alice retournait au lycée pour faire croire que Bella avait fugué. Esmé nous accueillit un sourire aux lèvres, pouvait-elle déjà savoir ? Je ne pris pas un instant pour y penser davantage et emmenai mon amour dans ma chambre.

« Tu devrais la coucher dans un lit. » me dit mon père.

« Si cela n'aggrave pas sa souffrance, je préfère la garder dans mes bras. » répondis-je sans le regarder.

Je n'avais d'yeux que pour cette jeune fille qui était une inconnue ce matin et qui était ma vie désormais. Mon cœur endura mille morts en constatant qu'elle souffrait mais il était aussi empli d'espoir. L'éternité ne me paraissait plus morne mais éclatante, j'allais vivre avec elle à jamais, l'aimer et en être aimé.

Bien trop vite, mes frères et sœurs revinrent et je fus assailli par leurs pensées. Emmett me félicita, Alice me supplia de la laisser entrer, Rosalie fulminait et Jasper était euphorique et en colère, influencé par les autres membres de notre famille.

Ils tinrent une réunion à laquelle je dus prêter attention depuis ma chambre, j'aurais vraiment préféré m'isoler avec Bella mais la peur d'une complication m'empêchait de m'éloigner de Carlisle.

« Alice, tu dois en savoir plus que moi. » commença notre père.

« Je ne l'ai vu qu'à la dernière minute, je ne surveillais pas Bella. Quand elle a dit à Edward qu'elle souhaitait être aimé par un vampire, on a tous hurlé à Edward de partir. Il s'est levé, n'a pas bougé et puis il est parti avec elle. C'est alors que j'ai vu qu'il la mordrait. Je n'avais pas capté qu'il le ferait pour la transformer. J'ai appelé Carlisle. Quand nous sommes arrivés près d'eux dans la forêt, Bella disait à Edward qu'elle l'aimait déjà et qu'elle savait ce qu'il était. » expliqua ma sœur.

« Il faut absolument découvrir comment elle a pu savoir pour nous, il doit y avoir une défaillance dans notre couverture. » analysa Jasper.

« Comment a-t-il pu tuer cette fille ?! Quel égoïste ! » s'exclama Rose.

« Tu n'as pas assisté à la scène, tenta Alice calmement. Elle l'aime vraiment, elle et lui sont des âmes sœurs. C'est elle qui a demandé à Edward de la changer, elle savait que c'était leur unique solution pour rester ensemble. »

« Nous aurions du nous concerter avant. Il l'a mordue à trois cent mètres du lycée ! Il a été stupide et imprudent ! »

« Rose, je crois que c'est inutile que tu continues. Aujourd'hui est un grand jour pour notre famille, dit Esmé. Nous avons un nouveau membre et surtout Edward a enfin trouvé la femme de sa vie. Rien n'est plus important. »

Tous acquiescèrent mais Rose me prévint silencieusement qu'elle m'en voudrait toujours d'avoir condamné une humaine à notre vie.

« Il faudrait quand même lui demander comment elle a su. » conclut Jazz.

« Alice, je veux que tu me répètes mot pour mot ce qu'ils se sont dit ! » s'exclama ma mère, folle de joie.

« C'était si romantique… La façon dont elle le regardait, on voyait bien qu'elle était amoureuse de lui… »

Au matin du troisième jour, j'autorisai ma famille à entrer dans ma chambre mais un par un. Carlisle fut le premier, il me posa quelques questions sur l'après.

« Te sens-tu assez fort pour t'occuper d'un nouveau-né ? »

Ses pensées étaient ailleurs.

Je suis heureux que tu l'aies trouvée, j'ai si souvent pensé que ta solitude résultait de ton âge lorsque je t'ai changé. Aujourd'hui tu n'es plus seul, enfin…

« Merci Carlisle, merci pour cette chance que tu m'as offerte. J'ai aussi pensé que j'étais condamné à rester seul sans joie véritable. Avec Bella, mon éternité prend un sens et grâce à toi, nous aurons tout le temps du monde pour nous aimer. »

« Tu es ma plus grande fierté Edward. »

« Merci père. »

Il posa sa main sur mon épaule et nous échangeâmes un sourire puis il partit. Esmé entra, elle ne me parla pas, elle caressa le front et les joues de Bella.

« Je t'aiderai à te faire à cette vie, ne t'inquiète pas. Tu seras heureuse avec nous ma fille. »

Alice s'engouffra dans ma chambre aussitôt qu'Esmé s'éloigna.

« Oh Edward, elle est si belle ! Merci ! Je l'aime déjà, j'ai vu que nous allons être très proches elle et moi, j'ai vu qu'elle sera tout ce que tu mérites et bien plus. Elle va vite se faire à notre régime et à notre vie. »

« Elle ne regrettera pas ? » demandai-je, inquiet.

« Non, tu es vraiment son âme sœur. »

Je reportai mon attention vers ma Bella. Elle paraissait paisible mais je savais qu'une brulure insupportable consumait chaque cellule de son corps. Nous nous souvenions tous de notre transformation, aucune douleur n'était comparable.

Emmett pénétra dans ma chambre sur la pointe des pieds, histoire de faire le pitre comme à son habitude.

« Elle est presque aussi petite qu'Alice ! Si elle a le même caractère, on va en baver, surtout toi ! »

« Je sais qu'elle est parfaite… Elle est moins extravertie qu'Alice d'ailleurs. » répondis-je.

« Ouais, je sais ce que c'est, l'amour rend aveugle frérot. »

Il se pencha vers Bella et soupira.

« Maintenant elle sera ma sœur, à chaque nouvelle identité, dans chaque nouvelle vie. »

Il se retira en me soufflant « bon courage. »

Quand Rosalie entra, toujours furieuse, je ne lui laissai pas le temps de parler.

« Je sais Rose mais ne dis rien maintenant, elle t'entend peut-être. J'ai cette chance extraordinaire de l'avoir trouvée et qu'elle ait voulu devenir un vampire comme moi. Je me suis promis de tout faire pour qu'elle ne regrette jamais sa décision, tu seras celle qui jugera mes efforts si tu le souhaites. Je veux que toi aussi, tu fasses une promesse. »

« Laquelle ? »

« Aime la comme une sœur, ne la considère pas comme une étrangère ou un danger pour nous. Elle est ce qui manquait à mon éternité et à notre famille, nous sommes au complet désormais. »

« Oui je le sais, admit Rose, son regard s'adoucit. J'aurais aimé qu'elle ne souffre pas, qu'elle ne soit privée de toutes les possibilités d'une vie humaine et normale. »

Rosalie avait baissé sa garde, je lui faisais confiance, elle serait une sœur pour ma Bella. Elle allait tempérer Alice dans ses excès et être aussi compréhensive que possible.

Jasper resta sur le seuil de la porte, dès qu'il était chez nous, il tentait d'utiliser son don sur Bella pour apaiser sa souffrance mais cela ne marchait pas vraiment selon lui. Par contre, il ressentait la douleur de la transformation et je comprenais son hésitation à s'approcher de nous.

« Tu entends ses pensées ? » me demanda-t-il.

« Non. »

Je n'avais alors pas encore songé au mystère du silence de son esprit, j'espérais simplement qu'à son réveil je pourrais lire en elle.

« Elle a sans doute un don. »

« Ça ne m'étonnerait pas. » dis-je avec fierté.

Les heures suivantes furent les plus difficiles, toute ma famille resta au rez de chaussée et angoissait tandis que Bella commença à crier. Son cœur allait bientôt cesser de battre à tout jamais et elle serait ensuite délivrée de cette horrible douleur.

Quand elle ouvrit les yeux, ses pupilles rouge sang se focalisèrent sur le plafond une seconde. Puis elle me vit et elle sourit.

« Mon amour, tu vas bien ? » la questionnai-je.

« Oui. »

« Tu ne m'en veux pas ? »

« Non. Je suis vraiment un vampire ? »

« Oui, regarde, ta peau est aussi pâle que la mienne, tous tes sens sont décuplés. »

« Nous sommes à la même température maintenant. » me dit-elle en posant sa main douce et tiède sur mon bras.

« Je t'aime Bella, merci de m'avoir choisi. »

« Ça n'est pas comme si j'avais eu le choix ! » rit-elle.

« Ressens-tu la soif ? »

« C'est ce qui me pique la gorge ? »

Au rez de chaussée, Emmett et Carlisle rirent et les filles soupirèrent de soulagement. Un nouveau-né normal serait déjà parti en chasse sans aucune prudence ou réserve.

« Allons te nourrir, amour. »

Elle se leva et parut étonnée.

« Regarde, tu es magnifique, tu l'as toujours été. » lui déclarai-je en lui désignant son reflet dans le grand miroir apporté par Alice un peu plus tôt.

« Pas autant que toi, j'ai pourtant passé des jours à t'admirer mais tu es encore plus beau de près. »

Je ne compris pas comment elle avait pu me regarder plusieurs jours, les questions seraient pour plus tard.

Bella chassa avec beaucoup de grâce, elle avait hésité à tuer un cerf mais avait fini par céder, non sans s'excuser auprès de la bête auparavant.

« Tu es fier de moi ? » s'inquiéta-t-elle tandis que nous retournions à la villa.

« Tu es parfaite, je n'ai jamais vu un nouveau vampire agir avec autant de contrôle. »

« Je détestais l'odeur du sang avant. » dit-elle en haussant les épaules.

« Tu es prête à rencontrer ma famille ? »

Elle me fit un clin d'œil puis courut à toute vitesse me laissant pantois. Quand j'arrivai dans le salon, elle était déjà dans les bras d'Alice.

« Je te préviens, je vais faire des efforts pour m'habiller mieux mais ne pousse pas le bouchon ! »

Nous éclations tous de rire sauf Alice qui s'était renfrognée. J'enlaçai ma Bella et posai un baiser sur ses cheveux.

« Emmett, j'ai un gros stocks de blagues à te raconter. »

« Super ! T'es une marrante ! »

« Rose, je n'ai pas l'intention d'être un danger pour vous. » lui déclara Bella en s'approchant doucement d'elle.

« Oui, je sais Bella. Tu es notre sœur, bienvenue dans notre famille. »

Rosalie la prit dans ses bras, Bella fut étonnée, nous le fûmes tous.

« Jasper, je n'ai pas bien compris comment mais tu as réussi quelques fois à apaiser ma douleur. Merci. »

« De rien. »

« Esmé, tu es déjà dans mon cœur, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi bienveillant que toi. Tu es comme une mère pour moi. »

« Oh ma chérie… je suis si heureuse de t'avoir avec nous. Edward est déjà transformé grâce à ton amour. »

Je resserrai mon étreinte autour de la taille de Bella, j'étais bluffé, elle semblait tous si bien nous connaître.

« Carlisle, merci d'avoir permis à Edward de me changer. »

« Tu sembles bien nous connaître, comment est-ce possible puisque tu viens juste d'arriver à Forks ? »

Elle nous regarda tour à tour en se mordant la lèvre inférieure.

« Ça va vous paraître fou. »

« Nous t'écoutons Bella. » l'encouragea notre père.

« J'ai vécu la même journée, celle de mon premier jour au lycée, pendant près de quatre mois. »

Elle nous laissa quelques secondes pour assimiler ses paroles puis reprit son récit. Elle nous détailla ses journées, ses tentatives pour nous approcher, elle m'embrassait à chaque fois qu'elle racontait comment moi, Jasper, Rose et Emmett l'avions tuée. Nous rîmes au passage de ses expérimentations sur son look, un peu moins sur les sports dangereux. Quand elle eut fini, nous avions pour elle un million de questions.

« J'en ai moi aussi, nous coupa-t-elle. Comment Jasper a-t-il pu influencer mes émotions ? Pourquoi Alice se fige parfois comme une statue et devine le futur ? Et pourquoi toi Edward tu as dit à mon propos que tu n'entendais rien? »

Fin du flashback

Bella s'est faite à notre vie facilement. Nous allons déménager pour ne pas compromettre notre couverture, le pauvre sheriff Swan arpente les environs à la recherche de sa fille fugueuse.

Elle a tenu tête à mon père et à Rose pour avoir le droit de contacter ses parents. Elle leur a écrit qu'elle faisait un tour du monde et qu'elle voulait être seule.

Depuis qu'elle est dans ma vie, tout est chamboulé. Je me complaisais dans la solitude, je ne la quitte désormais plus d'une semelle, Emmett nous appelle les siamois. Bella aussi ne semble rassasiée de moi. Tout me semble facile, évident, merveilleux grâce à elle.

Je sais que mes frères et sœurs ont parié sur nous, ils ne comprennent pas que Bella et moi ne fassions pas l'amour comme des lapins en permanence. Je la désire ardemment mais je lui ai déjà tant pris, je veux qu'elle devienne ma femme avant de lui faire l'amour. Son âme sera au moins préservée en cela.

« Je ne jouais pas aussi bien avant, c'est devenu si simple maintenant que je suis un vampire. » me dit-elle après avoir terminé de jouer « Clair de Lune ».

Je prends ses mains dans les miennes, ému comme à chaque fois que je la touche. Son regard devenu orange me sonde, je comprends ce qu'elle veut aussi je m'exécute avec plaisir. Je l'embrasse de plus en plus passionnément, oubliant presque mes principes. Mes mains parcourent son corps et Bella vient s'asseoir sur mes cuisses. Ses doigts se perdent dans mes cheveux, les miens sont plaqués contre son intimité, je sens son humidité à travers ses vêtements, ça me rend fou.

Elle gémit mon prénom, je dois faire appel à toutes mes forces pour ne pas la prendre sur ce banc, pour ne pas la plaquer sur le piano et la posséder férocement. Ses yeux m'assurent qu'elle partage mes désirs.

« Lance-toi… » chuchote-t-elle à mon oreille.

Je la regarde se mordre la lèvre inférieure, j'adore ce tic. Elle sait déjà que c'est le moment, elle me devine si bien. Je glisse à terre et me mets à genoux devant elle.

« Bella, je promets de rendre à jamais heureuse. Acceptes-tu de m'épouser ? »

« A une condition. » me dit-elle.

Mon cœur se serre d'appréhension, elle me sourit malicieusement.

« Qu'on se marie demain, je n'en peux plus d'attendre que tu me… »

Je pose un doigt sur ses lèvres et je l'embrasse. Elle entend alors à son tour que notre famille arrive pour nous féliciter. Nous allons devoir attendre avant de célébrer en toute intimité nos fiançailles.

« C'est impossible demain, Bella. » dit Alice, les bras croisés sur la poitrine.

« Si c'est faisable, on part à Vegas et c'est réglé ! »

« Tu n'oserais pas… » réplique ma sœur, outrée.

« C'est à toi de voir si tu es capable ou non de nous préparer un mariage en vingt quatre heures. » la nargue Bella.

Le lendemain, au coucher du soleil, Bella porte une robe légère et blanche. Nous sommes réunis dans le jardin, Emmett officie et fait selon la volonté de ma fiancée, vite. Esmé et Alice ont transformé ma chambre pour l'occasion, la famille s'éclipse tandis que je porte ma femme jusque dans notre lit. Je remarque à peine la lumière douce des bougies et l'odeur de fleurs, je me noie dans le regard noirci de désir de ma femme.

FIN


Alors ? J'ai bien fait d'écrire un épilogue ?