Juste un petit texte sur le moment où Iggy a quitté sa soeur et laissé les jumeaux en Amérique.
Disclamer: Je ne m'appelle toujours pas Himaruya.
Douleur
Angleterre venait de passer une longue journée avec ses enfants, sur les territoires qui seraient les leurs, une de ces journées chaudes et interminables d'août que ses petits avaient remplie de rire. Pour l'instant leurs frontières n'étaient pas très bien définis et ils ne ressentaient que peu la présence de leurs peuples. Arthur espérait que cela continuerait le plus longtemps possibles pour qu'ils puissent rester ensemble sans être séparés par l'instinct puissant qui retenaient les nations près de leurs populations.
Les jumeaux dormaient au pied d'un vieux chêne qui étendait une ombre sombre sur leurs corps fatigués par une journée de jeux et d'exploration. Alfred était étalé sur le dos, la bouche entrouverte, tenant fermement la main de son frère. Matthew, à moitié allongé sur lui, sa tête reposant sur son torse, souriait dans son sommeil.
Ses enfants...Les bébés vagissants qu'il avait tenus dans ses bras, nourris et bercés, devenus deux petits représentants plein de promesse, ceux à qui il racontait des histoires et chantait des berceuses, ceux qu'il emmenait en balade, leur apprenant le nom des plantes et des bêtes, ceux qu'il avait adoré au premier regard alors qu'ils ressemblaient à de minuscules vieillards rouges et fripés, hurlant d'être arraché à la chaleur de son ventre. Aujourd'hui, l'Albion devait s'en séparer.
Son corps était de nouveau celui d'un homme et il savait par sa sœur que les autres nations se posaient des questions sur sa disparition. Ses ennemis devenaient de plus en plus agités. Doucement, le pays s'accroupit auprès d'eux, effleurant imperceptiblement, du bout des doigts, les joues roses, les visages paisibles couronnés de boucles d'or. Puis, il se concentra, sentant le picotement familier de sa magie monter en lui. Comme le sorcier haïssait cette sensation en cet instant mais il avait trop d'adversaire pour leur donner ce moyen de pression même si cela lui déchirait le cœur, un cœur qui avait été blessé tant de fois que, parfois, Arthur s'étonnait d'être toujours capable de ressentir des émotions et de souffrir. Si la vie lui avait appris quelque chose, c'était qu'on pouvait toujours avoir plus mal. Cette cruelle vérité le frappa une fois de plus alors qu'il effaçait le souvenir de ces deux merveilles, ne leur laissant qu'une méfiance instinctive à l'égard des autres nations que lui et France et leur gémellité.
C'était nécessaire. Ses fils avaient cinq ans, aussi bien physiquement que mentalement. Assez pour se souvenir de «mummy» et de sa lente transformation. Une fois son œuvre achevé, le mage s'éclipsa, abandonnant ce qu'il avait de plus cher en se jurant qu'il reviendrait les chercher un jour. Il sauta jusqu'à chez lui, sans se retourner de peut d'être incapable de partir. Le lendemain, la nation reprendrait la mer et redeviendrait le terrifiant capitaine Kirkland. Cette nuit-là, elle resta chez elle et pleura jusqu'à l'aurore.
Alors que dites-vous du choix d'Angleterre? Le comprenez-vous ou pensez-vous qu'il aurait mieux protégé les enfants en les gardant près de lui?
