Bonjour à tous! Voici un nouvel épisode se passant après la fin d'Impossible n'est pas anglais. Il s'agit de la naissance des enfants d'America et Russie. Bonne lecture!

Disclamer: Rien n'est à moi, tout est à Himaruya.


Naissance mouvementée

Amelia , courbée en deux dans l'étroit passage souterrain allant de sa demeure à un endroit isolé des montagnes du Montana, les mains crispées sur son ventre alourdit par huit mois de grossesse, maudissait les conséquences de celle-ci. En plus des nausées, de l'appétit dévorant et de la ressemblance avec une baleine échouée, elle ne pouvait même pas utiliser un saut, le déplacement ultra-rapide semblable à une téléportation, des nations pour échapper à ses ennemis.


Pourtant, à l'origine, être enceinte semblait une bonne idée. Avec la découverte de la propulsion à l'anti-matière et celle de la véritable nature de l'univers, plissé comme un tissu, avec des trous permettant de franchir des années lumières d'un seul coup, la colonisation spatiale avançait actuellement à pas de géants. Elle même possédait deux planètes d'Alpha du Centaure, constellation qui en comportait de nombreuses habitables, à pourvoir d'un représentant. Après des années de relation houleuse avec son grand con de Russe qu'elle aimait malgré tout(il lui avait fallu des années pour réussir à le dire à voix haute), ils avaient réussi à trouver une certaine stabilité, un équilibre un peu tordu mais qui fonctionnait. Les conditions semblaient idéales.


Seul petit souci, une bande de fanatiques se disant patriotes avait tout découvert. La Confrérie des Purs considérait qu'elle était une abomination, portant une abomination et compagne d'une abomination. Le fait qu'Alfred soit devenu Amelia par cette particularité de certaines nations qui leur permettaient de porter un enfant même si ils semblaient totalement masculins d'aspects, n'avait pas arrangé les choses. Ils tenaient à la «purifier», purification qui consistait à détruire le moindre fragment de son corps, afin qu'une nouvelle nation naisse de ses cendres que ces dingues pourraient élever selon leurs valeurs.


Amelia n'avait aucune envie d'être «purifiée», aussi s'était-elle réfugiée dans une de ses planques, la plus secrète de tous, que même le président ne connaissait pas. Cela n'avait pas suffi. Croyant surprendre une silhouette humaine dans la forêt, la représentante s'était aussitôt enfuie. Peut-être était-elle paranoïaque mais avec les nombreuses attaques, souvent liés à des drones, subies, elle préférait ne pas prendre de risque. Et son instinct, affûté par les guerres, hurlaient dans son crâne.


Tâtonnant dans l'étroit passage, à peine éclairée par sa lampe frontale, elle finit par atteindre la sortie. La future mère éteignit sa lumière(un drone pouvait repérer la plus petite lueur) dès qu'elle eut trouvé le mécanisme permettant de faire coulisser la porte secrète, habilement camouflée en un pan de roche parmi d'autres, derrière des buissons épais.


La première chose que repéra America en sortant fut un brasier ardent au loin, là où se trouvait sa demeure et quelques minces points noirs dans le ciel, des drones sans aucun doute. Elle bénit son daddy qui lui avait appris à toujours garder au moins une issue de secours. La blonde réfléchit vite. Elle ne pouvait pas sauter ni rejoindre un village sous peine d'alerter ses poursuivants.


Elle scruta le ciel, inquiète. Une tempête se préparait. Heureusement, les Etats-Unis connaissaient bien la région. La femme enceinte connaissait une grotte pas loin. En temps normale, il lui aurait fallu peu de temps pour l'atteindre mais actuellement, avec deux futurs représentants qui pesaient dans son ventre, elle allait souffrir. En ce moment, ils bougeaient beaucoup et elle avait souvent des contractions.

-Allez, qu'est-ce qu'un peu de marche pour l'héroïne,même enceinte?


La jeune nation commença sa pénible marche. Elle avança le long d'un chemin à peine visible qui disparaissait sous les arbres, ignorant si ses ennemis avaient déjà compris qu'elle leur avait échappé.

Le ciel s'assombrissait de minute en minute. Les branches, tordus tels des doigts crochus, semblaient vouloir l'agripper pour la freiner. L'air s'allourdissait de plus en plus. La poursuivie pressa le pas. Les jumeaux s'agitaient dans son ventre, comme si ils sentaient l'urgence. Elle allait aussi vite que possible.

Dans sa hâte, elle remarqua à peine que quelque chose d'humide coulait le long de ses jambes, tandis qu'elle commençait à ressentir des contractions.

-Oh non, pas maintenant!


Hélàs, elle venait bien de perdre les eaux. La grotte se trouvait à une centaine de mètres mais il fallait à moitié escalader une côte pour y parvenir. Amelia se traîna le long de la pente abrupte, plus souvent à quatre pattes que sur ses pieds, ignorant les contractions devenues plus puissante, la roche dure qui égratignait ses mains et ses genoux et la morsure du vent. Les premières gouttes de pluies tombèrent comme elle se faufilait à l'abri.

Avançant vers le fond, elle se figea en entendant un sourd grognement. Ses yeux s'habituèrent à l'obscurité et elle vit un énorme ours au pelage hirsute.

-Echapper de justesse aux drones pour finir dans l'estomac d'une bête sauvage...Le destin se fout de ma gueule.


Une contraction intense lui arracha un cri de douleur. A sa grande surprise, l'ours grogna en retour. Non, pensa-t-elle en observant la bête, l'ourse. Une ourse dans la même situation qu'elle. Une autre contraction lui coupa le souffle et la parturiente se laissa choir contre la paroi.

-Eh bien, nous allons accoucher ensemble, ma vieille.

Elle ferma les yeux, tentant de se souvenir des conseils de sa tante. De longues heures de douleur les attendaient toutes deux. Bientôt, elle dut se mordre lalèvre jusqu'au sang pour s'empêcher de crier.


Pendant ce temps , à Washington, le président de la CIA faisait face à un personnage de haute taille, enveloppé dans un grand manteau, une écharpe blanche autour du cou et un tuyau à la main, qui émettait un étrange ricanement. Il tentait désespérement de contrôler sa vessie.

-Donc, vous ignorez où est Amelia mais les fanatiques à sa poursuite le savent?

-Mais la CIA est parvenue à capturer un de leurs dirigeants. Voulez-vous disputer avec lui?

Une lueur féroce apparut dans les yeux parmes qui le toisaient. Soulagé, l'homme le guida jusqu'à la salle d'interrogatoire où un brun obèse aux yeux porcins, menotté, se trouvait dans une cellule de verre blindée.

-Je mourrai plutôt que de parler, hurla-t-il en voyant Russie. Cette catin payera le prix de ses pêchés.

-Je laisse à vos bons soins déclara le président avant de s'éloigner, rejoignant son confrère russe.

-Vous vous êtes montrés très diplomates.

-Votre représentant avait déjà massacré tous les sous-fifres ignorants. J'ai préféré lui laisser Smith avant qu'il ne commence à massacrer mes hommes.
Ce n'était pas une plaisanterie.


Dehors, la tempête faisait rage. Les éclairs iluminaient le ciel. La pluie tombait à torrents. Le vent courbait les arbres les plus solides. Malgré le vacarme, Amelia n'avait conscience que de sa douleur. Adossée à la paroi, elle hurlait et poussait, incapable de se souvenir de ne pas avoir eu mal un jour. Tout à coup, elle sentit quelque chose entre ses jambes et elle tendit les mains à temps pour récupérer un nouveau-né tout fripé, un garçon.

-Bonjour Teddy, parvient-elle à dire avant que les contractions ne reprennent de plus belle.

L'enfant blottit sur son sein et geignant, elle hurla, appelant ses parents, son frère, Ivan, Kiku, n'importe qui. Puis, à nouveau, cette sensation d'un truc entre ses jambes. Dans un dernier cri, le dernier bébé surgit, pleurant.

-Et voilà Anastasia.

Elle pleura, de joie devant cette naissance mais aussi de soulagement que cette épreuve soit finie.


Les jumeaux étaient moites et ridés sous ses doigts et leurs petites bouches se cramponnaient à ses seins. Dans la pénombre, elle les distinguait à peine. Fouillant dans le petit sac à dos toujours prêt en cas de fuite, la jeune mère trouva un couteau et un briquet. Elle stérilisa le premier avec le second et coupa les cordons. Fouillant à nouveau dans son sac, elle en sortit des couvertues et les enveloppa dedans. Qu'avait dit Siobhan déjà? Ah oui, attendre que le placenta sorte. Elle berça les nouveaux-nés en fredonnant. Grâce à Matthieu, qu'elle avait parfois aidé avec sa nièce Frédérique, la représentante s'y connaissait un peu. Elle espérait juste que ses enfants seraient plus sages que la très énergique albinos.


Finalement, une masse sanglante pas très belle à voir tomba au sol. A côté, l'ourse léchait son ourson, paisible. Amelia essuya ses cuisses couvertes de sang et se redressa péniblement. Dehors, la tempête se calmait. Ses fous pouvaient arriver d'un instant à l'autre. Elle était épuisée et ne rêvait que d'un bon lit mais il lui restait assez de force pour sauter avec les jumeaux. Pas loin, mais assez pour rejoindre son propre jumeau. Elle se tourna vers l'ourse:

-Au revoir ma vieille! Bon courage!

Puis, elle disparut.


-Matti, ouvre!

-Amelia? Tu vas bien? Daddy m'appelé et...

-J'ai accouché dans une grotte en pleine tempête avec une ourse juste à côté. Sinon, ça va. Tu as du lait en poudre?

-Hein?

Oubliant sa surprise, Canada finit par fournir ce qu'elle demandait, sans oublier d'appeler Ivan.


Celui-ci toucha d'un geste instinctif son crâne où l'implant était implanté.

-Tu es papa! Tout le monde est à l'abri chez moi.

Russie sauta aussitôt, laissant derrière lui quelque chose qui ressemblait à une fine couche de confiture de framboise, autrefois connue sous le nom de Kyle Smith. Arrivé chez son ami, il trouva Matthieu, sa fille de deux ans physiques sur les genoux et lui-même installé sur ceux de Gilbert.

-Dans la cuisine.

Il se rua dans la pièce pour trouver Amelia, donnant un biberon à un petit paquet enveloppé dans une couverture blanche. Un autre gigotait dans le vieux berceau de Frédérique. Sa compagne leva les yeux vers lui.
-Ah enfin! S'exclama-t-elle, souriante.

Des années plus tard, Russie nierait toujours avoir pleuré, de joie et de soulagement mêlés.


Je clôture ici ce recueil. Merci du fond du coeur à tous ceux qui l'ont suivi, mit en favori et reviewé depuis le premier chapitre. En espérant vous revoir un jour sur une autre histoire.

Ce n'est qu'un au revoir.