Bonjour

Me revoilà avec une petite fic sur Milo et Camus ! L'image de cover est un de mes dessins, merci de me demander avant de l'utiliser

Je ferais peut-être une suite, je ne sais pas...

En espérant que ça vous plaise ^^'


Après la Bataille du Sanctuaire, quand les quelques Chevaliers survivants sont montés jusqu'au dernier temple avec Athéna, j'avais un mauvais pressentiment. J'aurai aimé que ce ne soit qu'une impression. Quand nous sommes arrivés au tien, nous avons trouvé ton corps. Tu étais mort, d'hypothermie sûrement. J'ai tenté de rester digne, autant que possible. Athéna n'a sauvé que Hyôga, puis nous sommes passés par la maison des Poissons. Les trois derniers gardiens sont morts.

Saga suicidé, il a fallu remettre le Sanctuaire en ordre. Et enterrer les morts.

Mes grands Dieux. Camus, tu ne l'aurais pas cru. Je t'ai tant pleuré, des jours durant. Mon existence ne servait plus. Je n'avais plus foi en Athéna, plus foi en le destin.

Quand nous t'avons mis en terre, aucune larme n'a coulé de mes yeux rougis. J'ai voulu rester digne, droit dans tes propres vêtements que les autres ne te connaissaient pas. Je t'avais déjà vu faire un deuil, le visage empreint d'une douleur aussi touchante que magnifique. Je me sens honteux. Dans cette tenue, tu pleurais la jeune femme du tableau de ton temple. Une jeune femme que tu appelais mère. Je m'en excuse. Puis je me suis rendu dans ta Maison, ouvrant un tiroir du bureau au hasard. J'y ai trouvé une boîte en bois que je n'avais jamais vu. Pardon Camus, je l'ai ouverte. Elle contenait ton acte de naissance, avec ton vrai nom. Je ne connais que peu le français, je ne sais pas dire Gabriel Camus De Beaumont. Mais j'y ai également trouvé une photo, celle de ce jour. Ce jour où tu m'as montré ton visage marqué d'une infinie tristesse, dans une attitude aussi belle que mélancolique, et ces yeux débordants de larmes, ces yeux qui semblaient lire les tréfonds de mon âme. Bel Ange des Glaces perdu dans le deuil d'une femme aux airs de Déesse.

Tu l'aurais toi-même dit, Camus. Il faut que je vive. Je dois vivre pour toi, vivre pour nous. Tu trouvais que j'avais un bon coup de pinceau, eh bien il n'y a que ton visage qui recouvrit mes toiles, peinture mélangée aux larmes perlant inlassablement sur mes joues striées de marques humides.

Tu étais le Verseau, je t'avais déjà vu le faire, tel ton signe. A mon tour, je pris une jarre, la plus belle que je puis trouver. Puis je me rendis au point d'eau que tu aimais tant, et, à peine vêtu, je versa l'eau sur mon corps, pareil au Porteur d'eau. Pareil à toi, toi l'apparition divine semblant descendre des cieux.

Baigné dans la lumière des étoiles, je te fais mon plus bel honneur. Laisse-moi déverser l'eau mêlée à mes larmes et au sang de mon coeur, lacéré par les chaînes du tien. Cette eau teintée d'écarlate l'est aussi de mes sentiments, tous plus profonds les uns que les autres. Il m'a semblé te voir à la pâle lueur de la voûte céleste. Me veillerais-tu, mon Ange ? Ton visage fin, tes longs doigts graciles, tes cheveux tombant sur tes épaules, étroites mais puissantes. Tout cela me hante.

Je me laissa tomber en arrière, assis dans l'eau. Il me semble t'avoir entendu murmurer quelque chose, à moins que cela ne soit le vent. Je souris béatement au ciel, tandis que mes larmes coulent à flots, brûlantes et pleines de cet amour refoulé. Oui, ta mort aura provoqué bien des larmes, dont les miennes, intarissables.

Je sens que je te reverrais bientôt. Cela semble peut-être impossible, mais tu me connais. Je suis buté. Je sais que nos retrouvailles sont imminentes, aux Enfers ou sur Terre, je m'en fiche éperdument tant que tu es à mes côtés. Et ce jour-là, je t'avouerai tout.

Tu n'es pas mort, Camus. Je sais que ton âme est près de moi. L'âme d'un Ange ne peut disparaître. Tu es toujours là.

A bientôt, Camus.