Yo ^^'
Voilà une petite suite... Je pense essayer de faire plusieurs petits textes, relatant la mort de Camus vu par différentes personnes. Là c'est le point de vue du principal concerné, à savoir le Verseau !
Le poème appartient à Mary Elizabeth Frye .
Bonne lecture ^^
Milo, cesse cela. Cesse de pleurer, de te torturer. Laisse ma mort passer, tel un mirage. Ce n'est rien. Cette incommensurable douleur, mon décès ne la mérite pas. Vis.
Dis-moi, Milo, tu te souviens ? Ce poème que je t'avais déjà récité, ce poème sur la mort. Tu sais, ce poème dont mon maître m'avait parlé avant son ultime combat ? Celui-là...
Ne reste pas là à pleurer devant ma tombe.
Je n'y suis pas, je n'y dors pas…
Je suis le vent qui souffle dans les arbres.
Je suis le scintillement du diamant sur la neige.
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr.
Je suis la douce pluie d'automne…
Quand tu t'éveilles dans le calme du matin.
Je suis l'envol de ces oiseaux silencieux
Qui tournoient dans le ciel…
Alors ne reste pas là à te lamenter devant ma tombe.
Je n'y suis pas, je ne suis pas mort !
Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement
Parce que je suis hors de ta vue ?
La mort tu sais, ce n'est rien du tout.
Je suis juste passé de l'autre côté.
Je suis moi et tu es toi.
Quelque soit ce que nous étions l'un pour l'autre avant,
Nous le resterons toujours.
Pour parler de moi, utilise le prénom
Avec lequel tu m'as toujours appelé.
Parle de moi simplement comme tu l'as toujours fait.
Ne change pas de ton, ne prends pas un air grave et triste.
Ris comme avant aux blagues qu'ensemble nous apprécions tant. Joue, souris, pense à moi, vis pour moi et avec moi.
Laisse mon prénom être le chant réconfortant qu'il a toujours été. Prononce-le avec simplicité et naturel,
Sans aucune marque de regret.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n'est pas rompu. Qu'est-ce que la mort sinon un passage ?
Eh bien ce poème, Milo. Il s'applique à toi aussi. Ne me pleure plus, cesse ton deuil. Et ainsi donc, tu as découvert mon nom, que j'avais si soigneusement caché. Ce nom qui ne m'évoque que de la souffrance. Ton hommage dans la rivière m'a énormément touché, je pense que ta douleur a assez duré. Ne pleure plus une personne aveugle, une personne qui jamais en quinze ans n'a remarqué ton amour. Je t'aimais aussi, tu sais. Je t'aimais d'un amour maladroit, inavouable et sincère. Quel idiot je fais.
Si Athéna peut m'entendre, et si elle me le permet, je souhaiterais te voir une dernière fois. Pour te murmurer ce que je n'ai jamais osé te dire. Tu es tombé dans l'eau.
Milo, je t'en supplie. S'il y a bien un honneur que tu peux faire en ma mémoire, c'est cesser tes pleurs. Oh, comme voir tes larmes est douloureux. Mon coeur déchiré et figé dans la glace ne fait que prendre un coup de plus, en voyant une de ces gouttes perler sur ta joue.
Nous nous reverrons tantôt. Attends-moi, je ne cesserai jamais de te suivre. Tant que les Dieux n'auront pas accordé nos retrouvailles, je souhaite me repentir, en rassemblant la glace de mon coeur volée en éclats, ma raison.
Ma chère mère est là aussi. Je lui serai de nouveau arraché quand nous nous reverrons.
A bientôt, mon Amour.
