Avertissement : On reste dans la même veine... Donc si le premier chapitre vous a écœuré, ne vous attendez pas à des bisounours chevauchant des licornes en chantant des chansons de Chantal Goya XD

Bonne lecture.

Lili


~Chapitre 2 : Les corps s'empilent. ~

Naruto soupira lourdement, s'encourageant mentalement, puis se décida à décrocher le téléphone. Il composa le numéro, qu'il connaissait par cœur, et après quelques sonneries entendit une voix féminine le saluer :

- Hôpital Sainte Anne, bonjour. En quoi puis-je vous aider ?

- Bonjour, pourrais-je avoir le service Vastel, s'il-vous-plaît ?

- Bien sûr monsieur, ne quittez pas. Bonne journée.

- Merci.

L'hôpital Sainte Anne, l'hôpital psychiatrique de la ville... C'était là que Sakura Haruno et Néji Hyuga, l'autre survivant du Carnacier, avaient régulièrement fait des séjours, suite à leur captivité dix ans auparavant. Si leurs blessures physiques avaient été soignées rapidement, leurs blessures psychologiques avaient, elles pris bien plus de temps à guérir. Naruto avait toujours gardé un œil sur ces deux là, ne pouvant s'empêcher de se sentir responsable de ceux qu'il avait été le premier à découvrir, tapis au fond d'une cellule sordide.

Il avait donc gardé contact avec eux. Ses rapports avec Sakura étaient amicaux, et ils se voyaient de temps en temps pour discuter autour d'un café. La jeune femme l'avait tenu informé des différents évènements de sa vie, vie qu'elle avait repris en main après un séjour de presque six mois en psychiatrie. Elle était toujours suivie par son psychiatre, le voyant au moins deux fois par mois, mais elle allait beaucoup mieux.

Elle avait retrouvé un travail, eu quelques aventures plus ou moins catastrophiques avant de rencontrer celui qui était devenu son petit ami puis son fiancé, le couple ayant prévu de se marier l'année prochaine. Et si Naruto ne l'avait jamais rencontré, elle ne lui en avait dit que du bien. Elle avait aussi teint ses cheveux blonds en rose, chose qui l'avait surpris. Mais la jeune femme lui avait simplement expliqué que c'était un symbole. Avec ses cheveux roses, elle tournait définitivement la page de la victime blonde. Et elle était morte... entre les mains d'un fou aux méthodes étrangement similaires à celui dont elle avait réchappé dix ans plus tôt.

Néji Hyuga avait eu lui beaucoup plus de mal à se relever. Depuis dix ans, il enchaînait les séjours à Sainte Anne et les tentatives de suicides, victime d'une grave dépression. Sa relation avec Naruto se bornait à l'appeler en larmes en pleine nuit pour lui dire qu'il n'en pouvait plus et qu'il allait sauter par la fenêtre, sous un train ou se pendre, au choix. Au début Naruto accourait toujours, jusqu'à ce que Tsunade ne le prenne entre quatre yeux pour lui dire qu'il en faisait trop et que c'était en train de lui gâcher la vie.

Il avait pris du recul, et s'était donc contenté de tenir Néji occupé au téléphone en attendant que les pompiers arrivent, prévenus par ses soins, et de prendre de ses nouvelles auprès des services hospitaliers et de son oncle Hiashi Hyuga, qu'il avait rencontré lors d'une énième tentative de suicide de Néji. Aux dernières nouvelles, le jeune homme était, de nouveau, hospitalisé dans le service Vastel de Sainte Anne, et Naruto tenait à s'assurer qu'il y était bien... et qu'il n'avait pas disparu. Il ne tenait pas à le retrouver sur la table d'autopsie d'Orochimaru.

Un infirmier décrocha enfin le téléphone et s'empressa de le rassurer : Néji Hyuga était sorti de l'hôpital hier, mais partait ce matin aux aurores pour un voyage à l'autre bout du monde avec son oncle et sa petite amie. Naruto soupira de soulagement et raccrocha, sentant le poids dans ses entrailles s'alléger un peu. Au moins, lui était en sécurité. Si Néji avait disparu son oncle l'aurait déjà avertit. Il s'empressa d'aller prévenir Tsunade et ses collègues, ceux-ci ayant ressorti les dossiers concernant le précédent Carnacier des archives et les étudiant attentivement.

~oOo~

L'homme se rapprocha des deux silhouettes recroquevillées sur elles même, à l'autre bout de la pièce sans fenêtre. Un sourire sadique étira ses lèvres et il saisit la plus blonde de ses deux victimes par les cheveux, tirant violemment sur les mèches dorées pour la détacher de l'autre.

- Non, pitié ! supplia l'autre en s'accrochant au corps nu qui s'éloignait lentement.

- Ne t'inquiètes pas, claqua l'homme d'une voix faussement rassurante. Tu seras aux premières loges du spectacle.

Puis il quitta la pièce, traînant son nouveau jouet par les cheveux derrière lui, indifférent aux cris, pleurs et suppliques de celui-ci. Il parcouru le couloir mal éclairé par des néons faiblards, passant devant quelques portes avant de finalement en pousser une. La pièce où il entra était tout en pierre, du sol au plafond, et totalement vide hormis un fauteuil victorien rouge, un petit guéridon noir et une antique malle en bois. Une rigole creusait les pavés du sol et des anneaux en fer, d'où pendaient des chaînes, étaient scellés au plafond. Des bougies, disposées à même des pierres saillantes des murs, éclairaient l'endroit de leurs lumières blafardes.

Il jeta le corps nu devant lui, un rictus diabolique étirant ses lèvres. D'un pas lent, il s'approcha de la malle, l'ouvrit et en sortit des attaches en cuir. Retournant vers sa victime, il lui attacha les poignets et les chevilles, accrochant le poignet droit avec la cheville droite et le poignet gauche avec la cheville gauche, le tout dans son dos. Il recula pour admirer son œuvre, se délectant de l'expression misérable de celle-ci.

Des bleus fleurissaient sur la peau pâle, des marques de fouet striant les dos, les cuisses, les fesses, le ventre et les seins de celle qui serait son prochain amusement.

- Sois bien sage, dit-il en caressant la joue trempée de larme. Je vais chercher ton petit copain. Il serait dommage qu'il rate un tel spectacle.

Un sanglot pitoyable lui répondit, le faisant frémir d'anticipation. Oui, il allait bien s'amuser.

~oOo~

- On a trouvé un nouveau corps !

L'exclamation fit sauter Naruto hors de sa chaise et il emboîta le pas à Lee venu le prévenir. Sur le chemin menant au parking, il enfila sa veste, vérifia son armement et interrogea son coéquipier :

- Où ?

- Dans la forêt, à environ trois kilomètres en direction du château d'eau. C'est des joggeurs qui l'ont retrouvé et prévenu la police. L'équipe arrivée sur place nous a immédiatement contacté.

Naruto monta à l'arrière de la voiture, Lee à l'avant, et Shikamaru au volant fit partir la voiture dès que les portières claquèrent.

- Sui et Tenten sont déjà sur place, précisa-t-il d'un ton tendu. D'après leurs premières observations, on a affaire au même meurtrier...

Le silence dans la voiture se fit de plomb, Lee fronçant ses épais sourcils avec inquiétude.

Il avait rejoint l'équipe peu après l'affaire du premier Carnacier, et en avait vaguement entendu parler, mais sans plus, les membres de l'équipe étant peu enclins à en discuter. L'équipe qui avait enquêté sur cette sordide histoire s'était littéralement dissoute après sa conclusion sanglante. Ne restait à l'heure actuelle que quatre des huit coéquipiers : Tsunade, Orochimaru, Naruto et Shikamaru.

Tenten, Suigetsu, Kabuto et lui ne connaissaient donc que ce que Tsunade avait bien voulu raconter lors de la réunion qui avait suivit la découverte du corps de Sakura Haruno, une semaine auparavant, et ce que contenait les dossiers extirpés des archives. Mais cela leur avait suffi pour comprendre à quel point cette enquête avait dû être difficile pour leurs collègues. Et il n'aimait pas l'idée qu'un autre type se balade en perpétuant le même genre d'abominables crimes.

Une demi-heure plus tard, ils rejoignaient la scène de crime, passant sous les scellés jaunes tendus pour délimiter l'endroit, Kabuto et Orochimaru les suivant avec le brancard. Tenten se dirigea immédiatement vers eux, le visage pâle et les lèvres pincées, Suigetsu prenant des photos un peu plus loin. Naruto voulut se précipiter pour voir ce qu'il en était vraiment, qui était la victime, priant intérieurement pour qu'elle ne soit pas Néji Hyuga, malgré les nouvelles rassurantes reçues en début de semaine.

Mais sa coéquipière l'arrêta et lui tendit un masque chirurgical :

- Le cadavre est dans un état lamentable... Mets ça, sinon tu vas vomir. Crois-moi !

Les yeux noisettes brillèrent d'un éclat douloureux et légèrement honteux, et Naruto compris que la jeune femme parlait d'expérience. Avec un sourire crispé, il prit le masque et l'enfila, voyant du coin de l'œil Shikamaru et Lee en faire de même.

Quand il vit le corps il fut pris de nausées. Même avec le masque l'odeur était répugnante. Professionnel malgré tout, il se baissa pour examiner la victime de plus près, luttant contre ses haut-le-cœur en voyant des asticots grouiller dans les entrailles étalées sur le corps et tout autour. Shikamaru se releva rapidement et s'éloigna, ne pouvant supporter ni l'odeur, ni la vue, et laissa sa place à Orochimaru et Kabuto.

- Va interroger les témoins, suggéra calmement Orochimaru en posant une main ferme sur son bras.

- Ça va aller, répondit Naruto.

- C'est une femme, précisa Orochimaru.

Naruto regarda longuement le légiste, se demandant comment il avait pu deviner ses craintes, puis lâchant un soupir il se releva et rejoignit le reste de l'équipe qui entourait deux personnes en tenue de sport, les joggeurs sûrement.

Il écouta vaguement Tenten et Shikamaru poser des questions sur les circonstances de la découverte du corps, et autres détails. Il savait déjà que les deux sportifs n'auraient rien vu, ni rien entendu. Le meurtrier était bien trop intelligent pour se laisser surprendre aussi facilement. Il observa Lee et Suigetsu qui relevaient tous les indices possibles et prenaient des centaines de photos autour de la scène de crime. C'était inutile, il le sentait... Le crime n'avait certainement pas eu lieu ici.

Il repensa avec nostalgie à son ancienne équipe, pas que celle-ci ne lui plaise pas, loin de là. Tenten était énergique et intelligente, profondément gentille et dévouée, toujours prête à réconforter en cas de coup dur et à remonter le moral des troupes. Lee était enthousiaste, perfectionniste, et toujours débordant d'entrain, au point d'en épuiser parfois ses collègues. Suigetsu était fait du même moule que Tenten et Lee, ayant toujours le mot pour rire et de l'énergie à revendre. Oui, il s'entendait très bien avec eux, et ils formaient une excellente équipe, soudée et efficace.

Mais, aujourd'hui, ses coéquipiers du début lui manquaient. Eux ressentiraient la même chose que lui, eux comprendraient l'horreur dans laquelle il naviguait depuis la découverte du cadavre de Sakura Haruno. Eux ne s'inquièteraient pas chaque matin des cernes sombres sous ses yeux, devinant sans mal la cause de ses insomnies puisqu'ils auraient les mêmes. Mais ils étaient partis, chacun traçant sa route de son côté, vivant leurs vies, ignorant tout du cauchemar qu'il revivait.

Ce fut la main de Shikamaru sur son bras qui le tira de sa catharsis. Surpris il vit Kabuto refermer les portes de l'ambulance où ils avaient mis le brancard avec le corps, montant à l'avant pour rejoindre la salle d'autopsie pour lui soutirer le moindre de ses secrets. Les deux joggeurs, Tenten et Suigetsu étaient partis, et Lee finissait de ranger leurs affaires dans le coffre. Il le rejoignit, et pris place dans la voiture, reconnaissant à Shikamaru et Lee de ne faire aucune remarque sur son comportement si peu professionnel et si inhabituel.

Quelques heures plus tard, ils étaient tous réunis autour d'Orochimaru encore vêtu de sa tenue de légiste, un drap couvrant le corps de la victime qu'il venait d'autopsier. Durant ce laps de temps ils avaient fait des recherches sur elle et découvert qu'elle s'appelait Ino Yamanaka. Elle avait vingt-cinq ans, tenait un magasin de fleurs dans le centre ville et avait disparu depuis presque un mois. Ils avaient surtout découvert qu'elle était la meilleure amie de Sakura Haruno.

Orochimaru fit apparaître sur son écran d'ordinateur deux photos. L'une d'elle représentait une pince en métal aux bouts comme des fourches recourbées.

- C'est le déchireur de seins, expliqua-t-il en la désignant. C'est un instrument de torture qui permettait, comme son nom l'indique, de déchirer les seins des femmes. Cela ne les tuait pas, mais elles devaient passer le reste de leur vie sans poitrine... si elles survivaient aux infections liées au manque d'hygiène de l'époque.

Il passa à l'autre illustration qui montrait un homme allongé sur une planche en bois, une barre de fer au dessus de lui, barre de fer qu'un autre homme faisait tourner à l'aide d'une roue.

- La manivelle intestinale, poursuivit-il sur le même ton. On couchait la victime, consciente, sur la planche, on pratiquait une incision profonde mais pas très grande au niveau de l'abdomen, puis on sortait un morceau d'intestin qu'on accrochait à la barre au dessus. On faisait ensuite tourner la roue, enroulant ainsi l'intestin tout autour de la barre de fer. Les victimes mouraient lentement et dans d'atroces souffrances.

Il se tut, sachant qu'il était inutile de préciser que c'était ce qu'avait subit Ino Yamanaka, tous l'ayant deviné sans mal. Tsunade soupira lourdement, et demanda :

- Autre chose ?

- Des abus sexuels répétés et violent vu l'état dans lequel se trouvent ses... orifices intimes, répondit platement Orochimaru. Et une dose importante de MicMac dans le sang. Et, je penses que ça a toute son importance, sa mort est antérieure à celle de Mademoiselle Haruno.

Shikamaru fronça les sourcils et lâcha :

- De combien ?

- Environ une semaine, répondit Kabuto. Ce n'est qu'une hypothèse, mais nous pensons qu'il l'a torturée et violée sous les yeux de sa meilleure amie.

- L'enfoiré, grogna Naruto.

- Naruto, intervint Suigetsu, tu connaissais la première victime n'est-ce pas ?

Surpris, Naruto hocha la tête en signe d'assentiment, se demandant où voulait en venir son collègue.

- Sais-tu si elle avait d'autres amis, de la famille, un petit ami peut-être ? reprit l'enquêteur aux yeux mauves. Parce que s'il a fait ça à sa meilleure amie, il peut s'être attaqué à d'autres personnes de son entourage.

Tous pâlirent brutalement et se précipitèrent hors de la salle d'autopsie, n'attendant pas que Tsunade leur aboie de fouiller chaque recoin de la vie privée des deux victimes pour trouver d'autres disparus dans leur entourage. Ils devaient faire vite, très vite, s'ils ne voulaient pas se retrouver avec un tas de cadavres aussi délabrés que l'était celui de la blonde reposant sous le drap visible derrière Orochimaru et Kabuto.

~oOo~

Un râle jouissif résonna dans la pièce sans fenêtre, couvrant à peine les sanglots désespérés et les hoquets douloureux des deux victimes. L'homme se redressa, admirant le corps pâle étendu à ses pieds, un sourire satisfait ourlant ses lèvres fines en voyant son sperme se mêler au sang coulant du cul qu'il venait d'abuser violemment. Il referma sa braguette et se dirigea d'un pas lent et tranquille vers la jeune femme suspendue au plafond.

Les chevilles ligotées à ses poignets dans son dos, sa prisonnière pendait dans le vide, accrochée à un anneau du plafond par des araignées espagnoles, sortes de griffes en métal, plantées dans chacun de ses seins. Ceux-ci étaient déjà à moitié détachés du torse de leur propriétaire, le sang coulant abondamment sur le corps aux courbes gracieuses. Attrapant les hanches charnues, l'homme tira brusquement dessus, le hurlement de souffrance de sa suppliciée couvrant le bruit de la peau se déchirant un peu plus.

- Pitié, supplia une voix misérable derrière lui.

L'homme se retourna et ricana méchamment, abandonnant la jeune femme à son triste sort pour se rapprocher de celui qu'il venait de violer encore une fois.

- Pitié ? Pour qui ? Elle ou toi ?

Puis saisissant le menton de son prisonnier, il souffla :

- N'espère aucune clémence de ma part. Mais tu peux toujours me supplier... ça m'excite !

Puis relâchant sans douceur le visage pâle et couvert de larmes de son jouet, il alla s'asseoir sur le fauteuil victorien rouge disposé dans un coin de la pièce. Ses yeux passèrent de la jeune femme en train de se vider de son sang, ses seins presque entièrement arraché, au jeune homme étendu à plat ventre par terre, ses deux mains enchaînées devant lui à un anneau figé dans la pierre brute du sol.

Son sourire malfaisant s'agrandit alors qu'il songeait à tout ce qu'il comptait lui faire subir encore. Une fois qu'elle serait morte, il aurait encore largement de quoi le faire pleurer, supplier et souffrir. Il le tuerait en dernier, après tous les autres... Et après, il s'attaquerait à un autre. Oui, il avait encore de quoi s'amuser durant un bon moment. Surtout que ces crétins de policiers n'étaient pas prêts de lui mettre la main dessus. Sa vengeance était parfaitement calculée.

~oOo~

Au commissariat l'enquête piétinait, au grand énervement de Tsunade et de son équipe. En un mois, trois autres cadavres avaient été découverts, tous en relation avec Sakura Haruno. Tous avaient été longuement torturés, tous avaient été violés comme le prouvaient leurs orifices anaux et vaginaux, tous avaient une forte dose de MicMAc dans le sang. Et aucun d'eux ne pu leur fourni le moindre indice sur leur agresseur.

Chaque corps avait été retrouvé une semaine, très précisément, après le précédent. Chaque corps avait été disposé dans un endroit différent à chaque fois. Chaque corps avait soigneusement été nettoyé, le meurtrier allant jusqu'à laver à l'eau de javel les conduits où il aurait pu laisser une trace de lui. Orochimaru s'arrachait les cheveux en cherchant désespérément le moindre cheveux, le moindre poil, le moindre spermatozoïde, le moindre morceau de peau ou d'ongle pouvant les aider à trouver l'identité du Carnacier.

Mais hélas, comme son prédécesseur, l'assassin ne laissait aucun trace. Absolument rien ! Et les cinq cadavres s'alignaient dans la salle d'autopsie, preuve de la monstruosité de l'homme. Le troisième a atterrir là s'appelait Akasuna no Sasori. C'était le cousin de Sakura, et il était mort après avoir subi la roue infernale. Kabuto expliqua aux enquêteurs horrifiés, que cette torture consistait à attacher le supplicié sur une roue qu'on faisait tourner. Puis on brûlait vive la victime et on la laissait sur place la laissant être dévorée encore à moitié vivante par les insectes en tous genres.

Le petit ami de Sasori, Deidara, avait été retrouvé coupé en deux depuis l'entrejambe jusqu'au sternum, ses yeux bleus encore grand ouverts, une abominable expression de souffrance déformant son visage fin, presque androgyne. Le séparateur infernal, conclu Orochimaru d'une voix où perçait son épouvante. Les explications qu'il fournit sur le fonctionnement de l'engin firent vomir Tenten et frissonner d'horreur ses collègues.

Mais celui qui mit le plus à mal les nerfs des enquêteurs fut le dernier. Il fut retrouvé dans un parking souterrain, son corps grouillant de vers, d'asticots et de mouches. Seul son visage était intact. Un visage pâle, aux traits fins, encadré de cheveux d'un noir d'encre. Un visage qui fit perdre tout sang froid à Naruto, arrivé sur place avec Orochimaru et Kabuto. Les yeux agrandis d'effroi, il s'était précipité vers le cadavre, hurlant :

- Non ! Non ! Non !

Deux bras fermes l'avaient stoppé en pleine course, l'enserrant dans une étreinte forte et réconfortante. Alors qu'il se débattait cherchant à fuir cette entrave pour rejoindre le corps de la victime, une voix grave et bien connue, lui avait soufflé :

- C'est pas lui ! C'est pas lui ! Je te jure que c'est pas lui !

Le souffle court, Naruto s'était figé dans les bras de Shikamaru n'osant y croire. Mais Orochimaru, rapidement arrivé devant le cadavre, lui confirma les dires de son coéquipier.

- C'est pas lui ! Dieu, merci, c'est pas lui !

Incapable de retenir la vague de soulagement qui s'abattit sur lui, Naruto s'effondra dans les bras de son ami. Shikamaru ne dit rien, et le raccompagna jusqu'à la voiture où il l'obligea à s'asseoir.

- Je suis désolé, j'aurai dû t'appeler pour te prévenir, mais je suis arrivé à peine une minute avant toi. Moi aussi, j'ai crû que c'était lui de loin. Mais de prés, non... Il n'y a aucun moyen que ce soit lui.

- Désolé, souffla Naruto la tête basse et la voix tremblantes. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.

Shikamaru posa une main apaisante sur son genoux, et le rassura :

- T'inquiète, c'est normal. N'importe qui à ta place aurait réagi pareil. Je te l'ai dit, même moi j'y ai crû. Et je dois t'avouer que je n'étais pas fier en m'approchant.

Naruto hocha la tête, reconnaissant à son collègue et ami de le réconforter. Ils restèrent là, silencieux, attendant que leurs coéquipiers aient fini un travail qu'eux même ne se sentait pas la force de faire... Pas cette fois.

A quelques mètres de là, Tenten s'étonna à voix haute :

- Naruto le connaît ?

- Non, corrigea Orochimaru. Mais ce pauvre garçon ressemble beaucoup à son ancien coéquipier.

- Oh ! lâcha la policière, comprenant mieux la réaction inattendue et surprenante du blond habituellement si professionnel.

- Et il est où ce type maintenant ? Demanda Suigetsu d'un ton curieux.

Orochimaru haussa les épaules et répondit :

- Je n'en sais rien. Je ne suis pas sûr que Naruto le sache lui-même. Il est parti un jour, comme ça, sans prévenir. Il a démissionné et on ne l'a jamais revu. Naruto ne l'a pas très bien vécu. Il faut dire qu'ils se connaissaient depuis longtemps tous les deux. Ils étaient un peu comme des frères.

Au moment de repartir, Lee rejoignit Naruto et Shikamaru, et leur tendit un portefeuille.

- Il s'appelait Sai, et c'était visiblement le petit ami de Sakura Haruno, leur dit-il.

Voyant le regard interrogatif de ses collègues, il haussa les épaules et ajouta :

- J'ai pensé que c'était important de vous confirmer son identité.

- Tsss, râla Shikamaru. Orochichi a encore fait sa commère.

Lee sourit et précisa :

- Tu sais, je crois que lui aussi a eu très peur en le voyant. Jamais je ne l'ai vu courir aussi vite près d'un cadavre, ni le regarder d'aussi près... En tout cas sur la scène de crime. Et puis ça évitera qu'on vous pose des questions auxquelles vous ne voulez pas répondre.

- Merci Lee, lâcha Naruto un léger sourire aux lèvres.

- On est une équipe non ? On doit donc se soutenir les uns les autres, lança Lee en levant un pouce bien haut, achevant de remonter le moral des deux autres.

Mais le moral retomba vite quand ils eurent les conclusions d'Orochimaru. Sai était mort dans d'atroces souffrances, ayant subi le supplice de la baignoire. C'était un supplice simple mais très long et douloureux. La victime était placée dans une baignoire, attachée à celle-ci de sorte qu'elle ne puisse jamais se relever. Puis elle était couverte de lait et de miel, et on la laissait ainsi, attendant que les insectes la dévorent vivante. Pour en rajouter, les bourreaux prenaient toujours soin de nourrir le supplicié, celui-ci finissant assis dans ses propres excréments qui invitaient les vers et les asticots au festin.

- Cela a dû prendre un bon mois pour arriver à un tel résultat, conclu Orochimaru, encore plus pâle que d'habitude.

- A-t-il été violé ? demanda Suigetsu, les lèvres pincées.

- Aucun moyen de le dire, les insectes ont dévoré toutes preuves de ce côté là, avoua Kabuto.

- Et sa mort ? interrogea Naruto. Antérieure à celle de Sakura elle aussi, ou postérieure ?

- Antérieure, lâcha Shikamaru sans laisser le temps de répondre aux légistes. Ce type a du les torturer et les violer devant elle. Il a besoin de spectateur. Il se délecte de la souffrance qu'il inflige. Pas seulement la souffrance physique, mais aussi la souffrance morale. Il brise leurs esprits et leurs corps.

- Ce type est un putain de psychopathe, marmonna Naruto résumant ainsi la pensée commune.

~oOo~

L'homme enfila un grand manteau noir, une paire de gants en cuir noir, et rabattit la capuche de son manteau, masquant ainsi son visage. Un coup d'œil dans le miroir de sa chambre, puis il détacha un petit carton du mur, le glissa dans sa poche et quitta la pièce, refermant soigneusement la porte. Rapidement il parcourut le couloir poussiéreux, le plancher craquant sous ses pas, il descendit les escaliers et traversa sans le voir le séjour vieillot.

Quiconque serait rentré dans la maison n'y aurait rien vu d'autres qu'une vieille maison n'ayant pas vu un coup de balais depuis longtemps. La porte d'entrée s'ouvrait directement sur le séjour où des fauteuils et un canapé défraîchis trônaient devant une antique cheminée. Une table et des chaises prenaient la poussière devant le comptoir d'une cuisine ouverte. L'escalier menait à l'étage où les chambres se ressemblaient toutes : un lit double, une commode, une coiffeuse et rien d'autre. La salle de bain et les WC étaient dans le même style : vieillots et agrémentés de toiles d'araignées.

Mais peu lui importait. Ici, il était tranquille et pouvait mener à bien sa vengeance. Et la maison regorgeait de souvenir pour lui. Souvenirs d'une époque révolue, souvenirs qui alimentaient sa soif de sang et de souffrance. Il sortit de la maison pour rejoindre la grange un peu plus loin. Sous une bâche terreuse posée à même le sol, il ouvrit une trappe et descendit par un escalier escarpé. Quelques minutes plus tard, il remonta un gros sac en plastique noir sur son dos. Il replaça minutieusement la bâche et rejoignit sa voiture, un gros quatre quatre noir.

Il cala son chargement dans le coffre et prit le volant démarrant sans attendre. Il n'avait pas de temps à perdre. La route jusqu'à l'endroit où il comptait se débarrasser de son encombrant gibier était longue. Il arriva sur les lieux aux premières heures du jours, et le quitta, son sac à présent vide, à peine un quart d'heure plus tard. Avec ça, ces policiers arrogants auraient de quoi flipper, songea-t-il avec délectation.

Quelques heures plus tard une vieille dame qui promenait son chien appela la police, affolée, en disant qu'elle avait trouvé un cadavre. La brigade de proximité arriva sur place dans les dix minutes qui suivirent, et tenta de calmer l'octogénaire au bord de la crise cardiaque. L'un des policier s'approcha prudemment de l'endroit désigné par un index ridé et tremblant, se figeant en découvrant le spectacle répugnant.

Là, étendu entièrement nu derrière un buisson du parc, un jeune homme gisait, mort, ses longs cheveux châtains étalés tels une auréole autour de sa tête. Ses yeux gris pâles fixaient sans le voir le ciel encore rosé de l'aurore. Deux trous étaient parfaitement visibles sous son menton, jumeaux de ceux sur le haut de son sternum. Son corps pâle était étrangement gonflé, comme bourré d'œdème. Mais le pire était le sexe du jeune homme, ou plutôt ce qui aurait dû être son sexe, devenu une plaie grouillante d'insectes.

Se reculant précipitamment, une main posée sur sa bouche pour éviter de vomir, il appela ses collègues. Son supérieur arriva à son appel, et en voyant le cadavre soupira lourdement :

- C'est pour la brigade criminelle ça. Je les préviens. Va délimiter la scène de crime.

Il décrocha son téléphone composant rapidement le numéro qu'il connaissait par cœur, mais alors qu'il attendait que quelqu'un décroche un éclat attira son attention.

Posée sur le torse nu de la victime il y avait une photo. Se penchant il l'observa, puis sortit une paire de gants en latex qu'il enfila, calant son téléphone dans son cou. Accroupi, il prit du bout des doigts le cliché puis le retourna.

- Allo ?

- Tsunade ? Ici le chef Asuma, j'ai un cadavre pour vous. Vous allez être ravie, il y a même un message...

~oOo~

Dans la salle de réunion du commissariat, Tsunade regarda sévèrement son équipe. Naruto et Shikamaru était plus pâle que d'habitude, ce qui était compréhensible si on prenait en compte que le corps retrouvé quelques heures plus tôt dans le parc était celui de Néji Hyûga, le second et dernier rescapé du Carnacier dix ans auparavant. Mais il y avait plus grave, et ça ils ne le savaient pas encore, le chef Azuma lui ayant remis la photo en main propre.

Posant l'objet de cette réunion sur la table elle expliqua :

- On a retrouvé ça sur le corps de Néji Hyûga.

Tous se penchèrent sur le cliché, identifiant rapidement quatre des huit personnes présentes dessus.

- Qui est-ce ? demanda Tenten plus par acquis de conscience qu'autre chose, ayant déjà deviné.

- L'équipe qui a arrêté le Carnacier il y a dix ans, grogna Shikamaru. Là c'est moi, Naruto, Tsunade et Orochimaru.

- Et les autres ? questionna Lee.

- Kakashi, répondit Shikamaru en pointant du doigt chaque personne désignée. Yamato, Karin et Sasuke.

- Pourquoi laisser une photo de l'ancienne équipe sur le corps ? intervint Kabuto.

- Retournez là, ordonna Tsunade.

Shikamaru s'exécuta et tous blêmirent. Écrit au feutre et en lettre capitale, une question : " Qui sera le prochain ?".

- Ok, lâcha Suigetsu pragmatique, au moins on a réduit le nombre des potentielles futures victimes à huit personnes. C'est une avancée.

- Certes, convint Tsunade. C'est pour cette raison que je vais tous les rappeler et leur ordonner de ramener leurs fesses ici, pour qu'on puisse les protéger.

Naruto se tendit et lança un regard anxieux à sa supérieure qui trancha d'un ton ferme :

- Oui Naruto. Tous ! Et ne commence pas à râler, ta réaction de l'autre jour joue en ta défaveur.

Naruto eut une moue boudeuse, et ne dit rien, pensant non sans inquiétudes aux futures retrouvailles avec celui qui avait été son meilleur ami, son coéquipier, avant qu'il ne disparaisse brutalement et sans un mot d'adieu.

To be continued...


Commentaire de l'auteure :

Je vous préviens, je ne veux pas vous entendre vous plaindre pour les tortures que subissent les personnages ! Vous étiez prévenu ! Et puis vous savez, le meilleur est à venir...

Sasu regarde méchamment Naru et se penche vers Lili :

- Bon il m'a fait quoi l'autre baka pour que je me barre comme ça ?

- Tu crois quand même pas que je vais te le dire, si ? ironise Lili. Et qui te dit que c'est de sa faute ? Tu t'es peut-être barré sans raison, comme ça...

- Ben voyons, prend moi pour une bille, râle Sasu. Je sens que je vais déguster moi... Non, vraiment je la sens pas ton histoire...

Lili se contente de sourire mystérieusement, son regard brillant d'un éclat diabolique tout en ouvrant un troisième chapitre.


Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 3 : Retrouvailles.