Avertissement : Un chapitre un peu moins détaillé en torture... Mais on reste dans la même veine.

Bonne lecture.

Lili.


~Chapitre 3 : Retrouvailles.~

Naruto était dans la salle de réunion, examinant avec Tenten les meurtres précédents, cherchant en vain une logique aux agissements du tueur, un indice, une faille, n'importe quoi qui leur permettrait d'avancer dans l'enquête. Une voix grave lui fit brutalement relever la tête :

- Yo les jeunes !

Un sourire éblouissant étira les lèvres de l'inspecteur blond qui se dirigea vers le nouveau venu et lui serra chaleureusement la main :

- Kakashi ! Ça fait plaisir de te voir !

- Naruto, tu as une mine affreuse tu sais ça ? se moqua l'ancien policier. Tsunade te fais la vie si dure que ça ?

- Tu n'imagine même pas, grogna Naruto en passant une main dans ses cheveux ébouriffés. Tenten, je te présente Kakashi Hatake. Kakashi, je te présente Tenten, c'est une pro du tir et du combat rapproché.

- Enchanté, salua Kakashi. Vraiment tu n'as pas perdu au change Naruto... lança-t-il avec un clin d'œil malicieux.

- Arrête de draguer, l'interrompit un homme aux cheveux châtains coupés courts et aux yeux noirs en lui donnant une tape derrière la tête.

- Yamato, s'exclama Kakashi d'un air trop innocent pour être crédible. Quel plaisir de te revoir !

- Plaisir partagé Kakashi, même si j'aimerai comprendre pourquoi j'ai du venir jusqu'ici.

Les deux hommes regardèrent d'un air inquisiteur Naruto qui recula en levant les main.

- Ne me regardez pas comme ça, je ne dirai rien ! C'est à Tsunade de le dire. Je suppose qu'elle attend que tout le monde soit là.

A peine eut-il fini sa phrase que la porte s'ouvrit pour laisser passer Tsunade et le reste de l'équipe ainsi qu'une jeune femme rousse qui sauta littéralement au cou de Naruto.

Après quelques bruyantes effusions, chacun pris place autour de la table, échangeant des banalités d'usage. Kakashi avait pris sa retraite cinq ans après l'enquête du Carnacier, et à l'heure actuelle il travaillait à mi-temps comme barman dans le bar d'un de ces amis, Gai, et menait une vie paisible aux côtés de son homme, Iruka instituteur de son état. Il n'avait pas changé physiquement, ses cheveux toujours aussi blancs, et un éternel masque chirurgical cachant le bas de son visage. Seules quelques rides aux coins de ses yeux trahissaient les années qui avaient passé.

Karin, l'ancienne assistante d'Orochimaru, avait obtenue sa mutation à l'autre bout du pays et travaillait maintenant comme médecin légiste pour une branche de la police criminelle. Elle s'était mariée et avait eu deux enfants, un garçon et une fille. Elle frappa violemment Naruto quand celui-ci eu l'audace d'espérer à voix haute que ses gamins n'étaient pas aussi timbrés qu'elle, faisant rire la petite assemblée.

Yamato avait lui aussi été muté et travaillait depuis deux ans maintenant à la brigade des stupéfiants dans une ville à quelques centaines de kilomètres de là. Il avait épousé Anko, une gentille infirmière, et avait un fils. Les trois nouveaux venus souriaient largement, plaisantant gaiement avec leurs anciens collègues, ravis de se retrouver après tout ce temps, et faisant connaissance avec ceux qui les avaient remplacé. Quand Tsunade se leva finalement, le silence se fit et tous se tournèrent vers elle.

- Où est Sasuke ? s'enquit Karin en tournant la tête de tous les côtés. Je croyais que tu réunissais toute l'équipe ?

- Je l'ai appelé, et ai laissé un message sur son répondeur. Mais il n'a pas rappelé, ni répondu, répondit Tsunade d'un ton où perçait sa déception. On ne peut pas se permettre d'attendre plus longtemps. Vous êtes tous là, je m'occuperai de Sasuke plus tard.

Naruto ne dit rien, mais serra les poings, ne sachant s'il devait se réjouir ou s'attrister de l'absence de son ancien coéquipier. Il avait été le premier à quitter la brigade, à peine un an après la fin de l'affaire du Carnacier. Il était parti, sans tambour ni trompette, et sans un mot d'adieu pour ses collègues et amis. Et son départ avait signé la fin d'une équipe soudée et solidaire.

Au fil des enquêtes, tous s'étaient rapprochés jusqu'à devenir comme une famille. Ensemble ils avaient vécu tant de bons et mauvais moments, affrontés des criminels dangereux, des délinquants minables et des familles éplorées et avides de justice. Ils avaient ri, pleuré, souffert ensemble, se réjouissant du bonheur des uns, soutenant les autres dans leurs malheurs.

Quand Kakashi avait rencontré Iruka et en était tombé éperdument amoureux, ils l'avaient tous conseillé, soutenu, encouragé, jusqu'à trinquer à la santé des jeunes mariés le jour de leurs noces. Quand Yamato avait perdu sa mère d'un cancer, ils l'avaient consolé, accompagné à l'hôpital, soutenu lors des funérailles de la vieille dame. Quand Orochimaru avait été agressé au couteau par un mort pas si mort que ça, ils l'avaient défendu, soigné, avaient été le voir à l'hôpital, l'avaient accueilli en héros à son retour.

Quand Karin avait eu une peine de cœur, ils l'avaient écoutée, consolée, bu avec elle et ramenée complètement ivre à son appartement veillant sur elle jusqu'au lendemain. Quand Tsunade leur racontait ses déboires avec les agents de sécurité des casinos où elle perdait fréquemment sa paye, ils avaient ri avec elle, mais aucun d'eux ne lui avaient jamais parlé du dossier bien planqué dans le fin fond des archives où ses frasques de joueuse étaient relatées avec l'interdiction à vie d'entrer dans un casino.. et ce dans tous les pays du monde.

Bref, ils avaient formé une famille, une étrange famille mais une famille soudée, solidaire et que rien ne semblait pouvoir détruire. Pourtant, Sasuke l'avait fait. Sûrement sans le vouloir, mais il avait tout détruit en partant sans même un début d'explication. La colère et l'incompréhension passées, tous avaient compris que rien ne serait jamais plus pareil, et chacun avait suivi son propre chemin.

Yamato avait été le premier à partir, un an après Sasuke, quittant simplement le commissariat pour en rejoindre un autre, à l'autre bout de la ville. Il avait rencontré Anko, une charmante infirmière, et l'avait suivie quand elle avait été muté deux ans plus tard. Ils s'étaient finalement mariés il y a deux ans, un an après la naissance de leur fils. Il avait été remplacé par Suigetsu, alors tout juste diplômé de l'école de police, mais dont l'enthousiasme et la joie de vivre avait remonté le moral en berne de l'équipe.

Puis ça avait été au tour de Karin. Elle avait demandé sa mutation six mois après le départ de Yamato, et ayant acquis de l'expérience, elle avait eu le poste de médecin légiste en chef. Son mari, Shino, était agent immobilier et c'était lui qui lui avait trouvé l'appartement où elle avait emménagé à son arrivée dans sa nouvelle ville. Kabuto avait pris sa place en tant qu'assistant d'Orochimaru. Et si le légiste avait d'abord argué que personne ne ferait jamais aussi bien que sa Karin adorée, il avait rapidement constaté que Kabuto était largement à la hauteur de ses attentes et, avantage non négligeable, qu'il ne contestait pas ses ordres à tout bout de champ contrairement à la rouquine.

Ce fut seulement à cette époque que Tsunade se décida à remplacer Sasuke, dont la place était restée vacante jusqu'alors. Lee était alors arrivé, comme une tornade, sympathisant immédiatement avec Suigetsu et Kakashi, déridant rapidement Naruto et Shikamaru, et faisant hurler Tsunade par son énergie débordante et épuisante, selon elle. Kakashi était alors parti à la retraite, sans regret, ravi de pouvoir enfin se la couler douce auprès de son homme.

Tenten était donc arrivée la dernière, remplaçant Kakashi. Shikamaru et Naruto avaient eu besoin de temps pour s'habituer à leurs nouveaux collègues, mais au final ils avaient trouvé un équilibre. La nouvelle équipe était soudée et solidaire, pas aussi fusionnelle que pouvait l'être la précédente, mais l'ambiance y était chaleureuse et accueillante, comme un groupe d'amis.

Tsunade sourit en les voyant ainsi tous réunis, les anciens et les nouveaux, détendus, souriants et heureux de se revoir pour ceux qui se connaissaient déjà. Suigetsu chambrait déjà Karin qui répliquait vertement, Kakashi et Tenten échangeaient les adresses de bons restaurant, Kabuto et Yamato se moquaient des manies d'Orochimaru qui leur rendait la pareille soutenu par Lee, sous l'œil blasé mais amusé de Shikamaru. Elle posa les yeux sur Naruto qui posait un regard mélancolique sur la chaise vide où aurait dû se trouver Sasuke.

Sasuke... Elle ne savait pas plus que les autres les raisons de son départ, le jeune homme ne lui ayant laissé rien d'autre que sa lettre de démission sur son bureau. Elle avait dû faire des recherches approfondies, et user de toutes ses relations pour connaître la nouvelle adresse et le numéro de téléphone du brun, qui en avait changé. Elle lui avait téléphoné, laissé des messages, envoyé des lettres, lui demandant d'expliquer son geste, mais n'avait jamais eu la moindre réponse. Au bout de trois ans elle avait définitivement renoncé à comprendre et n'avait plus cherché à le contacter jusqu'à récemment.

Bien sûr elle s'était assurée qu'il vivait toujours au même endroit et qu'il n'avait pas changé de numéro. Elle avait fait ça dès la découverte du cadavre de Sakura, mue par un instinct qu'elle même n'expliquait pas mais que des années d'expérience lui avait appris à suivre. Mais rien... Il était vivant c'était une certitude, mais ne donnait aucun signe de vie malgré la dizaine de messages qu'elle lui avait laissé. Et dire qu'il n'avait suffi que d'un coup de fil pour faire venir les trois autres. Sasuke Uchiwa avait toujours été le plus difficile à raisonner.

- Et donc, que nous vaut ces charmantes retrouvailles ? demanda Kakashi, tirant Tsunade de ses pensées.

La blonde soupira lourdement, fronça les sourcils et lâcha finalement :

- Le Carnacier.

Le silence qui s'abattit dans pièce fût encore pire que ce qu'elle avait imaginé.

~oOo~

Le chemin de terre était désert. Un hiboux le survola, s'arrêtant en plein vol à la vue d'un mulot courant sur la terre ferme. D'un battement d'aile il fondit sur le rongeur, le pinçant dans son bec acéré. Il remonta vers les cieux au moment même où des phares trouèrent la nuit environnante. Un quatre quatre noir arriva, son moteur puissant et ronronnant faisant fuir les animaux nocturnes des fourrés.

Quelques mètres plus loin, l'engin s'arrêta sur les rives d'un lac. Le moteur cessa son bruit sourd et régulier, et une portière claqua quand une silhouette sombre quitta l'habitable. D'un pas vif, l'homme, tout de noir vêtu, se dirigea vers le coffre de son véhicule, l'ouvrit, en sortit un grand sac tout aussi noir, referma le coffre et s'éloigna d'un pas rapide et sûr. L'homme et son chargement longèrent les eaux sombres et calmes durant de longues minutes jusqu'à arriver sur la plage aménagée, se fondant parfaitement dans l'obscurité nocturne.

Il parcourut le petit ponton construit là et monta dans une barque amarrée à son extrémité. De quelques énergiques coups de rames il rejoignit le petit îlot en plein centre du lac et débarqua. L'îlot était sauvage, lieu de vie privilégié des oiseaux, désert de toutes présences humaines durant l'hiver et très occasionnellement fréquenté par les amateurs d'oiseaux, ou les enfants faisant un concours de natation durant la saison chaude. Bref, l'endroit parfait pour ce qu'il avait à faire.

Arrivé au centre de l'îlot, il déposa son sac au sol et l'ouvrit. Avec milles précautions il en sortit le corps sans vie et mutilé de sa victime, souriant comme un dément en voyant le visage défiguré par la peur et la souffrance. Un frisson d'excitation remonta le long de son échine quand il repensa à tout ce qu'il lui avait fait subir... Dieu qu'il aimait ça ! Il disposa le corps de la manière la plus esthétique possible, admirant son œuvre après de longues minutes de labeur.

Quel dommage que ces imbéciles de policiers ne puisse l'admirer maintenant. Mais le corps ne serait retrouvé que dans quelques jours, quand le vieux fou viendrait faire sa visite mensuelle à l'îlot. Le seul homme qui vienne ici à cette saison... Il y venait pour y nourrir les oiseaux. Ridicule ! Les oiseaux se nourrissaient parfaitement seuls... Et il venait de fournir un repas de choix aux plus charognards d'entre eux.

L'homme leva le nez au ciel, constatant que les premières lueurs de l'aube perçaient le ciel d'encre de la nuit. Il était temps pour lui de rentrer. Il refit rapidement le chemin inverse, s'assurant d'amarrer la barque exactement au même endroit, et repartit dans son quatre quatre noir, traversant les bois qui entouraient le lac. D'autres victimes l'attendaient, sagement entreposées dans sa chambre froide personnelle, prêtes à être exposées au grand jour dès qu'il en aurait l'envie.

~oOo~

- Le Carnacier ? Souffla finalement Kakashi d'une voix blanche. Il est mort il y a dix ans.

Tsunade regarda sévèrement ses collègues, lisant sans mal la gêne et l'embarras sur le visage de ceux qui n'avaient pas vécu la première enquête, et la peur et l'incrédulité se battant sur les traits des anciens. Seul Naruto, Orochimaru et Shikamaru restaient impassibles, un peu plus pâles que d'habitude, ce qui n'avait rien de surprenant au vu des circonstances.

- Certes, mais il semblerait qu'il y en a un deuxième, répondit Tsunade en se passant une main lasse sur le front.

Un hoquet d'horreur attira son attention sur Karin qui, livide et les yeux exorbités, avait les deux mains posées sur sa bouche. Tsunade lui sourit tristement, consciente des cauchemars que cette enquête, dix ans plus tôt, avait causé à chacun d'entre eux, les rendant tous pratiquement insomniaques.

- Il utilise les même méthodes de tortures, drogue ses victimes avec le même mélange, expose les cadavres de la même façon. Et ne laisse absolument aucune trace... reprit-elle. En six semaines, nous avons retrouvé six cadavres. Quatre d'entre eux sont intimement liés à Sakura Haruno.

- Sakura Haruno ? intervint Yamato incrédule. La fille qui en a réchappé il y a dix ans ?

- Elle-même. Le tueur a kidnappé, violé, torturé, drogué et tué son petit ami, sa meilleure amie, son cousin et le petit ami dudit cousin, poursuivit Tsunade.

- Et qu'en est-il de Sakura elle-même ? demanda Karin avec angoisse.

- Elle est la première victime que l'on a retrouvé, répondit Tsunade d'un ton grave.

Elle laissa le silence s'installer, le temps pour chacun de ceux qui l'ignoraient de digérer la nouvelle. Elle se félicita d'avoir réussi à tenir les journalistes éloignés de l'affaire jusque là. Elle préférait leur annoncer la nouvelle elle-même plutôt qu'ils l'apprennent par les médias.

Ce fut finalement Yamato qui reprit la parole, ses sourcils froncés et son ton calme démontrant tout son professionnalisme :

- Cela ne fait que cinq victimes... Qui est la sixième ?

- Néji Hyuga.

Tous les yeux se tournèrent vers Orochimaru qui venait de répondre à la question de son ancien coéquipier.

- Néji... Ainsi il a eu les deux seuls que le précédent n'a pas pu avoir, soupira Kakashi en baissant la tête.

- Oui, affirma Tsunade. Orochimaru, tu ne nous a pas encore fait part de tes conclusions sur le meurtre de Néji Hyuga.

Le légiste haussa un sourcil surpris. Pourquoi lui disait-elle cela alors que leurs anciens collègues étaient présents ?

Le regard que lui lança Tsunade suffit à lui faire comprendre. Leurs anciens collègues connaissaient les méthodes du Carnacier, et les expériences diverses et variées qu'ils avaient accumulés les dix dernières années permettraient peut-être de trouver une faille. De plus, ils étaient tous en danger, leur rappeler quel genre de danger ne rendrait leur coopération que plus certaine. Il hocha la tête en signe d'assentiment, et se tourna vers Kabuto l'enjoignant à donner leurs conclusions à l'assemblée.

Kabuto se leva, et commença son exposé avec son flegme habituel :

- Tout comme les précédentes victimes Néji Hyuga a été fortement drogué. Les test confirment l'utilisation du MicMac. Il a été violé, sûrement à de nombreuses reprises, et a subi la torture par l'eau.

Relevant d'un doigt ses lunettes il expliqua :

- La torture par l'eau consiste à forcer la victime à boire des litres et des litres d'eau et ce manière rapide. Les cellules se gorgent d'eau jusqu'à l'explosion et peuvent provoquer la mort.

- C'est donc ça qui l'a tué ? s'enquit Shikamaru.

- Non, répondit Kabuto. Il est mort d'une hémorragie. De deux hémorragie pour être exacte. La présence de deux trous parfaitement symétriques sous le menton et sur le sternum, laisse supposer qu'il a subi la fourche de l'hérétique.

- La fourche de l'hérétique ? S'enquit Tenten. C'est quoi ce truc bizarre ?

- C'est une petite fourche qui a deux dents à chaque extrémités, expliqua Karin d'une voix légèrement chevrotante, encore sous le choc des révélations de son ancienne supérieure. Elle est accrochée à un collier autour du cou de la victime. Les dents reposent alors sous le menton et sur le sternum obligeant à garder la tête légèrement penchée vers l'arrière sous peine de s'empaler dessus. Ce n'est pas assez gros pour tuer, mais peut causer une sérieuse hémorragie et des dégâts irréparables.

- D'accord, murmura Suigetsu. Donc une hémorragie... et la seconde ?

- Il semblerait qu'il ai subit aussi les cisailles crocodiles. Cela ressemble à un ciseau dont la partie tranchante est une gueule de crocodile d'où le nom, reprit Kabuto. Une fois refermée cela forme un tube étroit à l'intérieur duquel il y a une multitude de petites dents qui s'enfoncent dans la peau. A l'époque il était courant de chauffer les cisailles à blanc pour infliger plus de souffrances. Une fois en place, le bourreau tirait violemment dessus arrachant ainsi la partie emprisonnée et provoquant alors une hémorragie massive.

- Laisse moi deviner, grogna Lee avec une grimace écœurée, cette chose se met sur le sexe de la victime.

- Le sexe en érection, précisa Kabuto en fronçant le nez, signe de dégoût chez lui.

Tous les hommes de l'assemblée serrèrent les cuisses et grimacèrent imaginant sans mal la souffrance qu'un tel instrument pouvait provoquer. Tsunade retint un sourire moqueur à la réaction masculine, et reprit :

- Au vu des précédents victimes, on peut raisonnablement supposer que les prochaines que nous trouverons seront liées à Néji Hyuga et auront été tuées avant lui.

Kakashi passa une main tremblante dans ses cheveux gris et souffla :

- Il répéterai le même schéma, logique. Mais je ne comprend pas ce que nous faisons là. Sauf ton respect Tsunade, à part faire resurgir de vieux cauchemars, quel est le but exact de cette réunion ?

Tous les anciens tournèrent la tête vers Tsunade, les autres baissant les yeux vers la table devenue soudainement si intéressante.

Tsunade fit glisser la pochette contenant la photo au centre de la table, et répondit :

- Nous avons trouvé ceci sur le corps de Néji Hyuga.

Yamato se saisit de la photo, la regarda, la retourna, pâlit et la tendit à Karin qui fit de même avant de la donner à Kakashi.

- Je vous ai fait venir pour vous prévenir de la menace explicite qui pèse sur vous. Je ne peux que vous conseiller de mettre vos proches à l'abri le plus vite possible et de penser à vous protéger vous-même. Nous ne savons pas encore si nous avons à faire à un fan qui imite son idole ou à un disciple qui voudrait venger son maître, mais il en a après nous, c'est évident, repris Tsunade d'un ton ferme.

- Si ce taré touche à un cheveux de mes enfants, gronda Karin menaçante, je lui ferai goûter de sa torture !

- Je suggère que nous restions ici, lâcha Yamato plus pragmatique. Bien évidemment nous devons mettre nos proches en sécurité, mais il n'est pas impossible qu'il s'attaque à l'un d'entre nous pour mieux attirer les autres dans un piège.

- Je suis d'accord avec Yamato, confirma Kakashi. Son but est probablement de nous détruire. Et puis Yamato, Karin et moi connaissons tous les détails de l'enquête précédente, nous pourrions vous être utiles.

- Je suis d'accord aussi, intervint Karin vindicative. Il reste cependant un léger problème... Où est Sasuke ?

- Je sais où il vit, répondit Tsunade, surprenant tout le monde. Et comme il ne répond à aucun de mes appels, ni à mes messages, il ne reste plus qu'une seule solution : Naruto, tu vas aller le chercher !

Naruto, qui n'avait rien dit jusqu'alors, se redressa d'un bond et protesta :

- Moi ? Mais pourquoi moi d'abord ? Tu pourrais envoyer n'importe qui d'autre !

- Non, rétorqua fermement Tsunade. Tu es son plus ancien ami, celui qui le connaît le mieux. Je me fous de savoir pourquoi tu n'as jamais cherché à reprendre contact avec lui, et ne me regarde pas comme ça je sais que tu ne l'as jamais fait, tu iras le chercher ! Shikamaru t'accompagnera. Et vous me le ramenez par la peau du cul s'il le faut ! Est-ce clair ?

~oOo~

Les yeux fixés sur le macadam, Shikamaru conduisait la voiture banalisée empruntée au commissariat, soupirant d'avance devant les longues heures de route qu'il lui restait à faire. Un coup d'œil sur sa gauche lui confirma que Naruto ne serait pas d'une compagnie agréable, muré dans un silence inhabituel et les yeux perdus dans le vague. Malgré les protestations du blond, Tsunade n'avait pas fléchi et, le temps de faire leurs valises, ils étaient partis pour retrouver et ramener Sasuke.

Il se souvenait encore de l'arrivée dans l'équipe, quelques mois après lui, du duo de choc que formaient Naruto et Sasuke. Ils étaient arrivés en s'engueulant vertement, se lançant tout un tas de nom d'oiseau tous plus charmants les uns que les autres. Et cela avait continué ainsi jusqu'au départ du brun. Ils étaient aussi différents qu'il est possible de l'être pour deux hommes : l'un avait la peau pâle, les cheveux et les yeux noirs, était taciturne, calme, discret, réfléchi, et brillait par son intelligence et son sens stratégique. L'autre était blond, le teint hâlé, les yeux bleus, bruyant, toujours en train de jacasser et de s'agiter, impulsif, et semblait totalement idiot au premier abord.

Pourtant ils se complétaient parfaitement, se comprenaient sans un mot, et aussi dysfonctionnelle que pouvait paraître leur relation, ils fonctionnaient extrêmement bien ensemble. C'était bien pour cette raison que Tsunade avait cédé devant l'insistance de Naruto à faire équipe avec Sasuke. Sasuke, lui, n'avait rien dit, rien fait, mais quand Tsunade avait finalement cédé, il avait sourit avant de traiter son coéquipier de crétin.

Le départ de Sasuke l'avait surpris, comme tout le monde, mais ce qui l'avait le plus choqué avait été l'attitude de Naruto. Naruto qui jurait ses grands Dieux que lui et Sasuke étaient inséparables n'avait rien dit, rien fait, laissant son coéquipier et meilleur ami partir sans même lui courir après. Il s'était jeté à corps perdu dans le travail, montrant enfin à tous sa remarquable intelligence que seul les membres de son équipes avaient repéré jusque là.

Depuis la défection de Sasuke, Naruto ne vivait plus que pour son boulot. Il était monté rapidement en grade mais avait refusé de quitter Tsunade, arguant qu'il se foutait des échelons, qu'il voulait juste bien faire son boulot et que sans lui Tsunade serait perdue. La réaction de Naruto quand ils avaient retrouvé le corps du petit ami de Sakura Haruno montrait bien que malgré son silence sur le sujet, Sasuke gardait envers et malgré tout une place importante dans son esprit.

Shikamaru secoua doucement la tête, s'empêchant de partir plus loin dans ses réflexions. Lui aussi avait senti son cœur s'arrêter quand il avait vu le corps de Sai, et il savait qu'Orochimaru avait ressenti la même chose. La ressemblance entre ce Sai et Sasuke était trop frappante pour qu'ils y restent indifférents. Sasuke avait été leur coéquipier, leur ami, et tous avaient souffert de son départ inexpliqué.

En attendant que Naruto le rejoigne sur le parking, Shikamaru avait discuté avec Tsunade, sa supérieure lui donnant l'adresse et le numéro de téléphone du brun. Elle lui avait avoué avoir tenté à de nombreuses reprises de le contacter durant les trois années suivant sa démission, et que depuis le début de cette affaire elle avait un mauvais pressentiment. Elle ne serait définitivement rassurée que quand ils seraient tous réunis, en sécurité, sous ses yeux... surtout Sasuke.

Mais les retrouvailles ne s'annonçaient pas simples. Sasuke avait toujours été buté, et la réaction de Naruto quelques heures plus tôt quand Tsunade lui avait ordonné d'aller chercher son ancien coéquipier avait confirmé ses doutes : Naruto n'était pas totalement étranger au départ de Sasuke. Que c'était-il donc passé entre ces deux là pour qu'ils en arrivent là ? Et pourquoi c'était lui qui devait accompagner Naruto ? Dans quelle galère s'était-il encore fourré ?

Les yeux perdus dans le vague, Naruto ne prêta aucune attention aux paysages qui défilaient le long de leur passage. Une seule chose occupait son esprit : Sasuke. Un sourire amer étira ses lèvres quand il songea que tristement c'était toujours lui qui était au cœur de la très grande majorité de ses rêveries, et ce depuis qu'ils s'étaient rencontrés au lycée. A l'époque ils n'avaient pas vraiment sympathisé, en fait ils se parlaient uniquement pour se chambrer, se guettant du coin de l'œil pour être meilleur que l'autre, en compétition constante.

A leur grande surprise, ils s'étaient retrouvés à la même école de police, et c'était là que leur rivalité s'était transformé en amitié. Ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, toujours un peu rivaux, mais inséparables. Au point qu'ils n'avaient pas envisagé une seule seconde de postuler dans des commissariat différents. Naruto avait bataillé ferme avec Tsunade pour qu'ils intègrent la même équipe, puis qu'ils soient coéquipiers. Bref, ils étaient toujours fourrés ensemble.

A quel moment cette amitié fusionnelle était devenue plus que ça ? Il n'en savait rien exactement, et ça n'avait aucune espèce d'importance. Ça s'était imposé comme une évidence et aucun d'eux n'avait lutté contre ça, devenant naturellement amants. Sasuke était son partenaire en tout : au travail, en privé, au lit... Et rien ne semblait pouvoir les séparer. Jusqu'au Carnacier...

Naruto avait vu Sasuke se renfermer sur lui-même comme une huître. Les cauchemars du brun semblaient bien pires que les siens ou que ceux des autres membres de l'équipe. Pourtant il avait toujours refusé d'en parler, tout comme il avait froidement rembarré le psychologue qui les avait tous rencontré à la fin de l'enquête. Naruto avait eu le sentiment effrayant que celui qu'il aimait plus que tout s'éloignait petit à petit de lui et, malgré tous ses efforts, il n'arrivait pas à le retenir.

Cela avait duré un an, puis Naruto avait craqué. Un soir, après un énième échec à faire avouer à Sasuke ce qui le tourmentait à ce point, il lui avait hurlé dessus. Il n'était pas inhabituel qu'ils se disputent, loin de là, c'était même leur lot quotidien, leur mode de communication privilégié. Là où d'autres couples se donnait du Chéri et du Pupuce, eux se surnommaient tendrement Crétin et Enfoiré.

Mais ce soir-là, la dispute n'avait pas été comme d'habitude. Sasuke n'avait strictement rien dit, encaissant sans broncher les milles et un reproches, plus ou moins justifiés, que lui balança Naruto. Et plus que tout, ce silence avait blessé Naruto qui était finalement parti de chez eux en claquant la porte. Il s'était arrêté dans le premier bar venu et avait commencé à boire pour oublier l'étau qui comprimait son cœur. Il allait perdre de Sasuke, il le sentait... Mais il n'était pas sûr de savoir comment vivre sans lui.

Il était là au bar quand une main douce s'était posé sur son bras, attirant son attention sur Sakura Haruno. La demoiselle l'avait reconnu et voulait le remercier de l'avoir sauvée des griffes du psychopathe qui l'avait kidnappée. La conversation s'était éternisée, les verres s'étaient succédés et quand le bar ferma ses portes, ils regagnèrent le parking en titubant sérieusement.

Naruto avait raccompagné la jeune femme jusqu'à sa voiture, lui proposant de la déposer chez elle vu qu'elle n'était pas vraiment en état de conduire, pas que lui le soit beaucoup plus. Il avait été surpris quand la bouche chaude et humide de Sakura avait pris d'assaut la sienne, et il lui avait fallut quelques minutes pour la repousser. Ce fut d'ailleurs la certitude que s'il la laissait faire Sasuke le quitterait définitivement qui le fit réagir.

Il s'excusa auprès d'elle, lui expliquant qu'il était déjà avec quelqu'un et qu'il l'aimait bien trop pour lui être infidèle. Il ne précisa pas que de toute façon personne ne tenait la comparaison face à son homme, ni que l'objet de ses tendres sentiments était justement un homme, sa vie privée ne regardant personne d'autre que lui après tout. La jeune femme s'excusa pour son geste, et refusa sa proposition de la raccompagner le laissant seul sur le parking.

En démarrant sa propre voiture, Naruto avait eu soudain conscience d'à quel point il voulait arranger les choses avec Sasuke. Il devait le faire ! Absolument ! Il ne pouvait pas perdre Sasuke ! Décidé il était rentré, prêt à s'excuser pour les horreurs qu'il avait dites, et le besoin impérieux de prendre dans ses bras son homme pour ne plus jamais le lâcher chevillé au corps.

Mais ses espoirs fondirent comme neige au soleil quand il arriva devant la porte de l'appartement. Là, posées sur le palier, l'attendaient ses valises, et sur l'une d'elle une photo. Choqué, Naruto avait regardé l'image figée de lui les mains lâchement posées sur les hanches de Sakura, les bras de la jeune femme autour du cou, et leurs bouches soudées. Les larmes envahirent ses yeux, alors qu'il prenait conscience que Sasuke l'avait cherché... et malheureusement trouvé au plus mauvais moment.

Désespéré il avait tambouriné comme un dingue à la porte, s'acharnant sur la sonnette, réveillant tout l'immeuble en hurlant à Sasuke de lui ouvrir la porte, que ce n'était pas ce qu'il croyait, qu'il l'aimait, qu'il n'aimait que lui et qu'il ne voulait surtout pas le perdre, pitié qu'il le laisse entrer et s'expliquer. Mais la porte était resté close, et lui le cœur en miette et le visage baigné de larmes n'avait eu d'autres choix que de prendre ses valises et partir.

Quand il était arrivé au commissariat quelques heures plus tard, le visage défait suite à sa nuit blanche dans un petit hôtel bas de gamme, il avait appris la nouvelle : Sasuke avait démissionné. La culpabilité et la colère l'avait efficacement empêché de faire quoique se soit pour retenir Sasuke. Il se sentait à la fois coupable de ne pas avoir repoussé Sakura plus tôt, et furieux contre son amant qui était trop fier, trop buté, trop renfermé et n'avait même pas pris la peine de le laisser s'expliquer avant de l'abandonner comme un chien sur le bord de la route.

Hélas, songea Naruto alors que la voiture entrait dans le petit village de haute montagne où vivait Sasuke, dix ans plus tard, ses sentiments n'avaient pas changé. Il l'aimait toujours autant. Aucune de ses quelques conquêtes de ces dernières années n'avaient pu lui apporter plus qu'un bref soulagement physique. Son cœur ne semblait vouloir battre que pour Sasuke et personne d'autre.

Il lui en voulait toujours autant pour ne pas lui avoir laissé la moindre chance de s'expliquer, et il culpabilisait toujours autant d'avoir songé un très bref instant à laisser Sakura prendre le contrôle de la situation. La voiture se gara devant un bâtiment en pierre brute, et Naruto sortit du véhicule, levant les yeux vers l'enseigne annonçant qu'il s'agissait de la bibliothèque municipale. Son cœur battit à tout rompre alors que son esprit lui répétait sans cesse : "Je vais revoir Sasuke".

To be continued...


Commentaire de l'auteure :

Sasuke va enfin entrer en scène !

- Il est temps au bout de trois chapitres, bougonne Sasu. Et tu vois j'avais raison, c'est la faute de ce crétin de blond si je suis parti : il m'a trompé !

- Je ne t'ai pas trompé ! Proteste Naru. C'est Sakura qui m'a sauté dessus ! Mais toi forcément, tu n'as pas cherché plus loin...

- Tu as pensé à me tromper ! C'est comme si tu l'avais fait ! rétorque Sasu.

Pendant que le duo infernal se dispute, Kyu se penche vers Lili :

- Dis, tu lui as préparé quoi à Sasu ?

- C'est quoi cette question ? s'offusque Lili. Qu'est-ce que je pourrais lui préparer à part une jolie fin toute guimauveuse ?

Kyu lève un sourcil dubitatif et lâche :

- Vu le ton de ta fic, la fin toute guimauveuse je crois qu'on oublie. Et tu prépares toujours quelque chose à Sasu... et là je sens que c'est du lourd...

Boudeuse Lili ronchonne :

- Je dirai rien de toute façon... Je ne spoilerai pas ma fic... Na ! Mais j'ai hâte de connaître les théories des lecteurs... Une petite review pour m'exposer vos avis/idées/protestations/théories ?


Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 4 : Aveux.