Avertissement : On reste dans la même ambiance...

Bonne lecture

Lili


~Chapitre 4 : Aveux.~

Étendu de tout son long sur son lit Naruto repensa à leur rencontre avec Sasuke quelques heures auparavant. Il n'arrivait pas à savoir si cela s'était mieux passé qu'il ne l'espérait, ou au contraire si cela avait été pire que ce qu'il avait imaginé. Ils l'avaient tout de suite vu, après être entrés dans le bâtiment, assis derrière un comptoir, un écran d'ordinateur devant lui, une pile de bouquin à sa droite et une paire de lunettes à la monture noire sur le nez.

Sasuke avait à peine tourné les yeux pour les saluer avant de se reconcentrer sur sa tâche. Puis il s'était figé, avait lentement tourné la tête vers eux, et avant même que l'un d'eux ait ouvert la bouche il avait craché d'un ton polaire :

- Qu'est-ce que tu fous là, Shikamaru ?

Naruto était resté légèrement en retrait, le coeur serré d'être aussi volontairement ignoré, pendant que Shikamaru s'avançait vers le comptoir, s'appuyant nonchalamment dessus.

- Bonjour Sasuke. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu. Je vais bien et toi ? avait lancé calmement son collègue.

Le regard de Sasuke s'était durci et il avait répondu, glacial :

- Fais pas l'innocent, et dis moi ce que tu fous ici ? C'est Tsunade qui t'envoie ?

- Donc tu as eu ses messages, avait conclu Shikamaru. Pourquoi ne pas y avoir répondu ?

Sasuke avait détourné la tête, saisissant un livre posé près de lui et pianotant sur son clavier, les yeux rivés sur l'écran devant lui.

- Parce que ça ne m'intéresse pas, expliqua-t-il finalement.

Shikamaru avait lourdement soupiré avant de reprendre :

- Crois-moi je suis le premier que ça fait chier d'être là, mais certaines choses sont arrivées, et Tsunade a fait revenir toute l'équipe. Et, que ça te plaise ou non, tu faisais partie de cette équipe...

Le haussement d'épaule de Sasuke n'avait pas découragé Shikamaru qui avait insisté :

- Laisse-nous au moins t'expliquer ce qu'il se passe...

- Ce n'est plus mon problème. Et si pour une raison que j'ignore je serai impliqué dans une enquête de police, ce village n'est pas dans votre district. Tu diras à Tsunade que si elle a des questions à me poser, les policiers du coin sont suffisamment qualifiés pour le faire à sa place.

Shikamaru s'était redressé puis avait rétorqué :

- Je suis désolé Sasuke, crois-le bien, mais entre endurer ton caractère de merde et la colère de Tsunade je choisis ton caractère de merde. Et Tsunade nous a interdit de revenir sans toi, donc on reste là, et on viendra te voir tous les jours jusqu'à ce que tu acceptes de revenir avec nous.

- Amuse-toi bien alors, avait répliqué Sasuke. Il y a de belles balades à faire dans le coin.

Un soupir échappa à Naruto. Durant tout l'entretien, Sasuke l'avait royalement ignoré, et lui-même n'avait rien fait pour l'obliger à considérer sa présence, incapable de faire autre chose que d'empêcher son cœur de sauter hors de sa poitrine pour aller s'échouer aux pieds de son ex-amant. Il l'avait dévoré des yeux, constatant sans surprise que cet enfoiré était toujours aussi beau, et que ses sentiments pour lui n'avaient nullement disparu. Mais bordel, ça devrait être interdit d'être aussi sexy avec des lunettes ! Depuis quand portait-il des lunettes d'ailleurs ? Ce ne fut que quand Shikamaru lui empoigna le bras pour sortir de la bibliothèque qu'il prêta attention à autre chose que Sasuke.

- Ça va ?

La question le sortit de ses pensées, qui prenaient un tour dangereux (se mettre à fantasmer sur son ex-amant était définitivement dangereux), attirant son attention sur Shikamaru assis sur le lit voisin du sien. Ils étaient actuellement dans le seul hôtel du village, et partageaient une chambre double, simple mais confortable.

- Ouais, je ne m'attendais pas à ce qu'il nous accueille à bras ouvert, répondit Naruto en se redressant pour s'asseoir. Ni à ce qu'il nous écoute dès la première fois. Il aurait sacrément changé sinon...

Shikamaru sourit, et les deux inspecteurs échangèrent un regard complice. Sasuke était buté, c'était connu comme le loup blanc. Ils savaient avant de partir que le ramener ne serait pas la chose la plus simple au monde.

- Ceci dit, quelle idée de venir s'enterrer dans un bled aussi paumé, soupira Shikamaru. Y'a rien ici.

- Allons Shika, il y a des trucs ! protesta faussement Naruto, son ton allégeant l'atmosphère. Une bibliothèque, un hôtel-restaurant... et de belles balades ! Comment tu peux ne pas comprendre pourquoi notre asocial de service est venu vivre ici ? Dans un bled perdu en pleine montagne, comptant au bas mot trois cents habitants, vaches, moutons, et poules incluses !

Shikamaru éclata de rire, et se leva en proposant de tester justement le restaurant de l'hôtel. La nuit commençait à tomber et il avait faim.

- Et puis une bonne nuit de sommeil ne sera pas de trop pour affronter mister freeze demain, ajouta-t-il faisant pouffer Naruto qui renchérit :

- On pourrait le kidnapper, l'attacher sur la place du village en plein soleil et voir s'il fond.

- Je propose qu'on appelle ça le plan B.

Ce fut dans la joie et la bonne humeur que les deux collègues dînèrent, agréablement surpris par la qualité de la nourriture et les talents du cuisinier. Puis, ils regagnèrent leur chambre, toujours en plaisantant, se couchèrent et s'endormirent presque aussitôt, épuisés par les longues heures de routes effectuées dans la journée. Demain serait un autre jour. Demain, ils retourneraient voir Sasuke et tenteraient de lui faire entendre raison.

~oOo~

L'homme sourit machiavéliquement, tranquillement assis au volant de sa voiture. Cette bande de crétins... Et ils espéraient lui mettre la main dessus ? Sérieusement ? Ils n'étaient pas près de l'attraper. Il les aurait détruit, un à un bien avant ça... Oh oui, il allait les détruire... Tous... Comme il avait détruit les autres avant eux... Et il allait commencer par lui. Cet enfant de pute ne méritait que sa haine. Après tout, c'était entièrement sa faute s'il en était arrivé là.

~oOo~

On était au beau milieu de la nuit... Alors pourquoi diable quelqu'un tambourinait-il avec insistance à la porte ? Naruto grogna en ouvrant péniblement un œil, et pria pour que l'importun s'en aille et le laisse se rendormir. Mais celui-ci ne sembla pas l'entendre de cette oreille et frappa à nouveau.

- Bordel Naru, va ouvrir, tu es le plus près de la porte, marmonna Shikamaru le nez enfouit dans son oreiller.

Avec un soupir à fendre l'âme, Naruto s'extirpa difficilement du lit et ouvrit la porte de la chambre.

- Oui ? demanda-t-il d'une voix ensommeillée à l'homme qu'il reconnut comme étant le gérant de l'hôtel.

- Je suis désolé de vous réveiller Monsieur, mais j'ai trouvé ceci sur le comptoir, dit l'homme en tendant une enveloppe blanche à l'inspecteur. Il est marqué dessus que c'est pour vous, et que c'est urgent.

Naruto prit l'enveloppe, constatant qu'effectivement il y avait son nom dessus ainsi que le mot Urgent écrit en lettres majuscules. Il remercia du bout des lèvres le gérant et referma la porte, regagnant son lit où il s'assit lourdement. Dubitatif il observa le carré de papier blanc sous toutes les coutures. Il ne reconnaissait pas l'écriture, et il n'y avait pas d'adresse. L'enveloppe avait dû être déposée directement ici... à son intention. Mais à part Sasuke, il ne connaissait personne dans le coin. Et ce n'était définitivement pas les pattes de mouches de Sasuke...

Intrigué, il ouvrit l'enveloppe, en sortant une simple photo. Rien d'autre. Il vérifia qu'il n'y avait pas d'autres papiers ou quoique se soit, mais ne trouva rien. De plus en plus intrigué, il regarda la photo, pâlissant légèrement à sa vue, la retourna... et se leva d'un bond soudainement beaucoup mieux réveillé. Sans un mot il attrapa son jean qu'il enfila à la va vite, se chaussa tout aussi rapidement, attrapa un tee-shirt, son flingue et quitta la chambre en courant, sourds aux appels ensommeillés de son coéquipier.

Shikamaru vit Naruto partir comme une flèche et sans un mot. Les sourcils froncés par l'incompréhension et l'inquiétude, il s'habilla prestement, pris les clés de la voiture et s'apprêta à suivre son collègue quand un carré coloré attira son attention. Curieux, il ramassa la photo que son ami avait fait tomber et la regarda à son tour. Il ne pu retenir une grimace en voyant la femme brune, entièrement nue, debout dans une vierge de fer, sa peau pâle salie par des hématomes de tailles variées et par le sang qui coulait des plaies provoquées par l'engin de torture.

Il sortit son portable de sa poche, et envoya un message à Tsunade pour la prévenir. Visiblement, le tueur n'était pas loin. Il retourna la photo et sentit son cœur se figer dans sa poitrine. Il comprenait mieux pourquoi Naruto était parti comme s'il avait le diable aux trousses... et surtout il savait parfaitement dans quelle direction il était parti. C'était lui-même qui lui avait indiqué le chemin en venant à l'hôtel, ayant regardé sur une carte routière, le GPS ne connaissant pas cette "rue".

Shikamaru glissa la photo dans sa poche, et descendit rapidement à la réception. Quelqu'un avait déposé cette photo sur le comptoir, peut-être que le gérant l'avait vu.

- Excusez-moi, demanda-t-il en voyant l'homme en question. Vous avez dit que vous aviez trouvé cette enveloppe sur le comptoir. Auriez-vous vu qui l'y a mise ?

- Désolé Monsieur, mais non, répondit le gérant. J'étais en train de me faire un café dans la cuisine. Quand je suis revenu, l'enveloppe était là.

Le policier grinça des dents, mais ne perdit pas espoir :

- Et vous avez des caméras de surveillance ?

- Normalement oui, mais elles sont HS depuis le dernier orage il y a dix jours. Normalement, elles devraient de nouveau être opérationnelles dans trois jours. Il y a un problème Monsieur ?

Se retenant d'hurler que oui il y avait un putain de problème et un foutu psychopathe qui courrait toujours, Shikamaru nia, remercia l'hôtelier et sortit du bâtiment.

Comme il s'y attendait, Naruto n'était plus vue. Râlant contre ce crétin impulsif, l'inspecteur monta dans sa voiture et pris le chemin qui, le mènerait au domicile de Sasuke. Il serra les dents et appuya sur l'accélérateur en repensant à cette foutue photo. Cette femme... Il ne savait pas qui elle était, mais son nom, inscrit à l'arrière de la photo, ne laissait aucun doute sur son lien de parenté avec Sasuke : Mikoto Uchiwa.

Naruto courut à perdre haleine, éclairant la route avec la fonction lampe torche de son portable, cette partie du village n'étant pas éclairée la nuit. En tee-shirt, son jean enfilé à la va vite, son pistolet coincé dans la ceinture de son pantalon, et ses basket aux lacets non fait, il courait l'image de la femme dans la vierge de fer le hantant. Mikoto Uchiwa... Il ne la connaissait que de nom, et n'avait vu qu'une seule photo d'elle. Sur la photo qu'il avait vu chez Sasuke, à l'époque où ils étaient amis, elle souriait joyeusement, un bébé brun dans les bras.

Sa mère... Mikoto Uchiwa était la mère de Sasuke ! Et elle était morte quand son fils n'avait que six ans. Elle était morte... dans un accident de voiture. C'était ce que Sasuke lui avait dit. Mais cette photo... cette photo racontait tout autre chose... Sasuke savait-il ? Et s'il savait... Pourquoi n'avait-il rien dit ? La photo n'était pas datée, mais si Mikoto était bel et bien morte quand Sasuke avait six ans, alors elle avait été assassiné il y a trente ans. Mais par qui ?

Le premier Carnacier ? Le second ? Quelqu'un d'autre ? Le Carnacier d'il y a dix ans était-il lié au tueur qu'ils pourchassaient actuellement ? Sasuke était-il complice de ces psychopathes ? Naruto secoua violemment la tête à cette question. Non, c'était impossible. Il connaissait Sasuke, par cœur... Alors certes ce n'était pas le mec le plus chaleureux du monde, ni le plus social, mais il n'était pas un criminel. Dans cette histoire, il n'avait que deux certitudes : Sasuke n'était pas complice de cette barbarie, et il était clairement la prochaine cible du tueur. Son instinct le lui hurlait. Et il avait depuis longtemps à lui faire confiance... Surtout quand il était question de Sasuke.

Naruto dérapa sur la chaussée en tournant pour emprunter le petit chemin que Shikamaru lui avait désigné comme étant celui qui menait à la maison de leur ancien collègue. Au même moment, des phares trouèrent la nuit et une voiture s'arrêta près de lui.

- Monte ! On ira plus vite en voiture !

Sans poser de question, Naruto pris place sur le siège passager et lança :

- J'ai croisé personne jusque là ! Il est peut-être déjà là-bas ! Alors magne toi !

Shikamaru ne répondit pas, le pied déjà appuyé sur l'accélérateur, et les yeux rivés sur la route. C'était une petite route bordée d'arbres des deux côtés et trop étroite pour que deux voitures s'y croisent de front. Le nez collé sur la carte que le brun lui avait fourré entre les mains, Naruto indiqua qu'il fallait tourner à gauche, et Shikamaru tourna le volant à la dernière seconde, ayant presque raté le chemin de terre qu'ils devaient emprunter.

- Putain, il pouvait pas choisir encore plus paumé ? râla le conducteur en cahotant sur le chemin inégal.

- Une maison perdue en pleine montagne ? Ricana Naruto. Je ne serai même pas surpris s'il y avait des ours pour empêcher quiconque d'approcher...

- Ou un champ de mine, renchérit Shikamaru.

Mais quelques minutes plus tard, ils débouchèrent sur une allée gravillonnée menant à une petit maison. Le temps de couper le moteur, Naruto était sorti de la voiture, et courait vers la terrasse menant à l'entrée, vite suivi de Shikamaru. Ils posaient le pied sur la première marche quand la lumière extérieure s'alluma, dévoilant, juste face à eux, une silhouette sombre et armée les tenant, sans le moindre doute, en joue.

Prudemment, les deux inspecteurs levèrent les bras en l'air. Ils n'étaient pas policiers pour rien, ils avaient parfaitement reconnu une arme à feu entre les mains de celui qui les surplombait, debout sur la terrasse. La crainte d'arriver trop tard fit battre leurs cœurs trop fortement pour leurs biens et couvrit leurs dos de sueurs froides. Un lourd soupir résonna dans le silence et la silhouette baissa son arme.

- Bordel, mais qu'est-ce que vous faites là vous deux ?

Un soulagement sans nom étreignit le cœur de Naruto quand il reconnut la voix de Sasuke, Shikamaru soupirant près de lui, soulagé lui aussi. Sasuke se déplaça légèrement, se mettant dans la lumière extérieur, devenant ainsi parfaitement identifiable pour les deux inspecteurs. Ce fut Shikamaru qui répondit, alors qu'il baissait les bras, imité par son collègue.

- On doit te parler... C'est urgent Sasuke !

- J'imagine que si vous êtes venus jusqu'ici à deux heures du matin sans même vous saper correctement ça doit l'être effectivement. Entrez, on pourra discuter à l'intérieur.

Puis sans rien ajouter, il rentra chez lui, laissant la porte ouverte pour ses deux anciens collègues, qui le suivirent. Naruto ferma soigneusement le battant derrière lui, jetant un dernier coup d'œil au paysage nocturne. Des arbres tordus étendaient leurs ombres inquiétantes vers le ciel, le vent agitant légèrement leurs branches. Ce n'était pas rassurant mais il ne vit rien de suspect.

Il referma la porte derrière lui et ne pu retenir un sourire en voyant l'intérieur de la maison. C'était simple mais chaleureux et confortable. La porte d'entrée donnait directement sur la pièce principale, un pan de mur de chaque côté du vestibule en lui même. En face se trouvait une imposante cheminée où brillait un beau feu. Le pan de mur à droite masquait à peine la bibliothèque et le salon. Un grand canapé beige et un fauteuil gris faisaient face à la cheminée et à la télévision installée dans l'angle droit. Un grand tapis aux couleurs chaudes couvrait le parquet miel dans cette partie de la pièce.

Le pan de mur à gauche de l'entrée, délimitait la cuisine ouverte sur le séjour, une table ronde et des chaises agrémentant la partie salle à manger de la pièce. Du bar, où il rejoignit Shikamaru, Naruto vit une belle cuisine entièrement équipée, et parfaitement fonctionnelle. Tout était dans des tons chauds : chocolats pour les surfaces de la cuisine, miel pour le parquet, de la pierre brute pour les murs extérieurs, et de la peinture ocre pour les murs intérieurs. L'ensemble donnait une impression douillette et rassurante.

- Joli fusil, commenta Shikamaru en désignant l'arme posée sur la table du séjour. Tu as un permis de port d'armes au moins ?

- Oui, répondit Sasuke en sortant des tasses d'un placard. Je m'en sers pour chasser les renards.

- Tu chasses les renards avec un fusil à pompe ? ironisa Shikamaru.

Sasuke haussa les épaules, signe qu'il n'avait nullement l'intention de se justifier d'avantage. Puis il posa une cafetière fumante sur le bar, trois tasses, trois petites cuillères et du sucre.

- Un café ? proposa-t-il.

- Avec plaisir, grogna Naruto. La nuit a été courte.

Il se laissa tomber sur un tabouret de bar, imité par les deux autres. Maintenant qu'il était rassuré de voir Sasuke sain et sauf, la fatigue le rattrapait à grand pas.

- J'imagine, vu vos tenues, répliqua Sasuke non sans un léger sourire narquois.

- Tu peux parler, rétorqua Naruto en désignant le short et le débardeur que portaient leur hôte, s'empêchant de s'attarder sur la peau pâle ainsi dévoilée.

- Hm... Et donc, pourquoi vous êtes là au juste ? Ça ne pouvait pas attendre demain ? éluda Sasuke, ses yeux noirs se posant à peine sur Naruto pour se concentrer sur son second invité surprise.

Avant même que Naruto ne puisse répondre, Shikamaru lâcha :

- Le Carnacier est de retour.

Sasuke se figea, sa tasse à quelques millimètres de ses lèvres. Lentement il la reposa et, après quelques secondes de silence, lâcha d'un ton pas aussi ferme qu'il l'aurait voulu :

- Impossible... Il est mort il y a dix ans...

- Lui oui, mais il y a un cinglé qui a pris sa relève... Souffla Shikamaru désabusé.

- Et merde, grogna Sasuke.

Avec un soupir las, Shikamaru expliqua les derniers événements survenu dernièrement. Puis il parla de la photo trouvée sur le cadavre de Néji.

- C'est pour ça que Tsunade veut que tu reviennes, intervint Naruto, silencieux jusqu'à présent. Elle pense, à juste titre, qu'on sera tous plus en sécurité en restant ensemble. Tout le monde est là... Il ne manque que toi.

- Ok, soupira Sasuke. Je comprends pourquoi vous êtes venu jusque dans ce bled paumé. Mais cela n'explique pas pourquoi vous avez débarqué chez moi à deux heures du mat.

Naruto et Shikamaru échangèrent un regard entendu, puis Shikamaru sortit la photo de sa poche et la tendit au concerné.

- Quelqu'un a déposé ça pour Naruto à l'hôtel tout à l'heure. On est venu dès qu'on a vu le nom à l'arrière.

Sasuke prit la photo, la regarda et blêmit. D'un bond il se leva et recula du bar où il avait précipitamment reposé la photo.

- Merde, dit-il les dents serrées en passant une main nerveuse dans ses mèches noires. Merde... merde... Bordel de merde...

Il se mit à faire les cents dans sa cuisine, et Naruto se retint de le prendre dans ses bras quand il vit ses mains trembler et des larmes briller dans ses yeux noirs. La peur et le désespoir de son ancien collègue était plus que flagrant pour lui.

Au bout de quelques minutes, il se calma finalement, et Shikamaru reprit, d'un ton calme qui masquait parfaitement sa frustration :

- Ce type a pris toutes les précautions pour qu'on ne sache pas qui a déposé la photo. Elle a été déposé sur le comptoir pendant que le gérant se faisait un café. Et les caméras de surveillance de l'hôtel sont HS depuis dix jours...

- Comment tu sais tout ça ? demanda Naruto surpris.

Shikamaru leva les yeux au ciel et répliqua d'un ton emplis de reproches :

- J'ai demandé au gérant qui était de garde cette nuit. Si tu m'avais parlé avant de te précipiter dehors comme un fou furieux, ou si tu avais pris deux secondes pour réfléchir avant de foncer tête baissée, tu l'aurais appris aussi.

Vexé, Naruto fit la moue mais préféra fixer intensément Sasuke plutôt que répondre.

- Quoi ? demanda Sasuke agacé d'être fixé ainsi.

- Pourquoi tu n'en as jamais parlé ? Que tu ne veuilles pas en parler je peux comprendre, mais pendant l'enquête, il y a dix ans, tu aurais du nous le dire.

- Ce n'est pas le même... tueur... répondit Sasuke.

- Tu n'en sais rien, s'énerva Naruto en tapant sur le bar. Tu aurais dû nous en parler ! Tu aurais dû m'en parler !

Mais Sasuke lui répondit sur le même ton, l'affrontant comme il l'avait toujours fait, faisant sans le savoir sourire Shikamaru qui avait trop souvent assisté à leurs disputes par le passé.

- Si je sais ! Celui qui a tué ma mère, c'était mon père ! Et il est mort ! Itachi l'a tué ! Et bordel, je n'avais pas la moindre idée que ça c'était passé comme ça ! cria Sasuke en pointant du doigt la photo posée sur le bar. Itachi et Kisame m'ont toujours dit qu'il l'avait tué de plusieurs coups de couteaux !

Un long silence suivit l'aveux de Sasuke. Shikamaru grogna intérieurement en songeant que si son ancien collègue avait su la vérité plus tôt cela aurait pu les aider dix ans auparavant. Ce fut finalement Naruto qui brisa le silence, sa voix trahissant sa surprise :

- Itachi ? C'est qui ?

- Mon frère aîné, soupira Sasuke calmé, son regard sombre se détournant de son ancien amant.

- Bordel, marmonna Naruto avec amertume. Je ne savais même pas que tu avais un frère.

- Il est mort quand j'avais huit ans, avoua Sasuke. Je ne voyais pas l'intérêt de parler de ce que je n'avais plus.

Naruto ne dit rien, mais se renfrogna sombrement.

- Il est mort comment ? intervint Shikamaru, ses sourcils froncés témoignant de ses soupçons.

Comprenant où voulait en venir son collègue, Sasuke répondit d'une voix vide de tout sentiment :

- Il est bel et bien mort, j'ai vu son corps. Il n'y a aucun doute possible sur le sujet. Pareil pour mon père. C'est Itachi qui a découvert le corps de notre mère... Il n'a pas supporté... Il a plongé dans la drogue, et il est mort d'une overdose. Crois-moi, si j'avais cru à l'époque que cela aurait pu avoir la moindre utilité, j'en aurai parlé. Mais ils sont morts... Tous les deux... Et le Carnacier n'avait absolument rien à voir avec ma famille...

- Je comprends, confirma Shikamaru. Mais celui-là en a après toi, alors demain tu fais ta valise et tu rentres avec nous. Vu les évènements de la nuit, il n'est pas prudent que tu restes seul, on va rester là.

- J'ai une chambre d'amis à l'étage, je dois juste faire le lit.

- Laisse tomber, ton canapé a l'air très confortable, ça sera amplement suffisant.

Sasuke alla chercher deux couvertures et deux oreillers qu'il tendit à ses collègues. Shikamaru ne perdit pas une seconde et s'installa sur le canapé, emmitouflé dans la couverture. Il ferma les yeux et régula sa respiration, laissant les deux autres croire qu'il dormait. Il savait que Naruto et Sasuke avaient encore sûrement des choses à se dire, des choses qui ne regardaient qu'eux. Et s'ils pouvaient régler ça avant de rentrer ce serait, selon lui, une très bonne chose. Aussi comptait-il leur laisser un minimum d'intimité.

~oOo~

Suigetsu somnolait sur son bureau quand la sonnerie stridente du téléphone le fit violemment sursauter. Plus par réflexe qu'autre chose il décrocha le combiné et grogna un "Allo" à peine poli. La conversation ne dura pas plus de quelques minutes et Suigetsu se précipita vers le bureau de sa chef. Il ne prit même pas la peine de frapper avant d'ouvrir la porte et d'annoncer :

- On a un nouveau corps !

Tsunade battit le rappel de son équipe qui décolla en direction du lac quelques minutes plus tard. Kakashi avait regardé toute l'agitation sans rien dire, et quand Tsunade se laissa tomber sur son siège il demanda :

- Qui ?

- Hinata Hyuga. Un homme l'a retrouvée sur un îlot au milieu d'un lac. Et Naruto et Shikamaru ne sont pas là...

- Non, mais Yamato, Karin et moi oui. Je suis un peu rouillé, mais pas encore totalement infirme.

- Tu n'es même plus policier, protesta Tsunade.

- Et cela posera problème si tes supérieurs l'apprennent... Mais ils n'ont aucune raison de l'apprendre. Et ne compte pas sur nous pour vous regarder vous démener sans rien faire. Que tu refuses de nous envoyer sur le terrain, je comprends, mais on peut être utile ici, insista l'ancien policier.

Tsunade fut tenté d'argumenter, mais Yamato et Karin entrèrent à ce moment là, confirmant les dires de Kakashi. Elle soupira et grommela contre ses subordonnées un peu trop dissipés et pas assez obéissants, mais céda.

- De toute façon Tsunade, nous ne sommes plus vos subordonnés, fit remarquer Yamato. Nous n'avons plus d'ordre à recevoir de vous...

- En bref, on fait comme on veut, conclu Karin avec un grand sourire.

~oOo~

Assis au bar de la cuisine de Sasuke, Naruto tournait mollement sa cuillère dans son café, ses yeux fixés sur le visage de son ancien collègue. Il le détailla minutieusement, notant les quelques différences apparues durant les dix dernières années. Des rides discrètes commençaient à marquer le coin des yeux noirs comme des puits sans fond. Les joues étaient un peu plus creuses, sûrement dû à une perte de poids, ce qui ne l'étonnait nullement, Sasuke étant du genre à oublier de manger si personne ne le lui rappelait.

Mais c'était les seules différences. Le teint pâle était toujours le même, les cheveux toujours aussi noirs et toujours coupés de la même façon : deux longues mèches encadrant le visage, et courts à l'arrière. Ils rebiquaient toujours de cette façon bien particulière qui amusait tant Naruto, lui évoquant fortement un cul de canard. Les lèvres étaient toujours aussi fines, aussi tentantes...

Il cligna rapidement des yeux, chassant les pensées et souvenirs qui revenaient en force. Non, ce n'était pas le moment de penser à ça, vraiment pas. Naruto se racla la gorge, attirant ainsi l'attention du brun qui semblait ailleurs.

- Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ? J'ai bien compris ce que tu as dit tout à l'heure, mais j'étais plus que ton collègue non ? On vivait ensemble ! Et... Merde... Je comprends mieux pourquoi tu faisais des cauchemars aussi épouvantables.

Sasuke le fixa sans rien dire un long moment, et souffla :

- Et ça aurait changé quoi que tu le saches ?

- Rien peut-être... Mais au moins, j'aurai pu tenter de faire quelque chose pour t'aider. Au lieu de ça... j'avais le sentiment d'être inutile...

- Tu ne l'étais pas.

L'aveu murmuré serra le cœur de Naruto. Sans bien savoir ce qu'il faisait, et n'écoutant que son cœur, il tendit la main et se saisit de celle de Sasuke. Plongeant son regard bleu comme un ciel d'été dans celui si sombre du brun, il souffla :

- Ce soir-là... Je n'aurai jamais du partir comme ça... Et ce que tu as vu... Il n'y a rien eu de plus. Absolument rien... Crois-moi...

- C'était il y a longtemps, répondit Sasuke d'une voix froide, et en déviant les yeux. J'ai oublié tout ça...

Il tenta de retirer sa main, mais Naruto la serra plus fort, l'obligeant à le regarder dans les yeux, à soutenir son regard.

- Pas moi...

Un simple haussement de sourcil signifia toute l'incrédulité de Sasuke. Mais Naruto avait bien l'intention de dire enfin ce qu'il n'avait pas pu dire il y a dix ans.

- Je n'ai jamais cessé de m'en vouloir. Je n'ai jamais cessé de me dire que je n'aurai pas dû sortir ce soir-là. Que j'aurai dû la repousser plus vite quand elle m'a sauté au cou. Parce que c'est ce qu'il s'est passé, Sas'ke. Elle était perdue, elle avait besoin de réconfort. Le hasard a fait que j'étais là. Elle a pris ma compassion pour autre chose et s'est jetée sur moi. Et je ne l'ai pas repoussé... pas immédiatement en tout cas... pas assez vite. J'étais en colère... En colère, frustré et un peu ivre... Je suis désolé. Jamais je n'aurai jamais dû te laisser seul. Jamais je n'aurai dû te laisser partir.

Sasuke lutta contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Il avait mis tant de temps à oublier ce qu'il pensait être une trahison... Tant de temps à oublier ses sentiments pour ce crétin blond... Et il suffisait qu'il resurgisse dans sa vie pour que tout revienne... Et là maintenant, assez tristement, il n'avait qu'une envie, celle de se jeter dans les bras de son ancien amant et de s'excuser pour tout ce qu'il voulait...

Cachant sa gêne en buvant une gorgée de café, il murmura :

- Désolé pour Sakura...

- Elle n'était rien de plus qu'une amie pour moi. J'ai toujours gardé un œil sur elle et Néji depuis qu'on les a sorti de cette cave, tu le sais. Mais je n'avais rien de plus à lui offrir que mon amitié. Sas'ke... Personne n'a jamais pu prendre ta place... Jamais... Avoua Naruto d'une voix tendrement triste.

- Crétin, souffla ledit Sas'ke. Tu devrais aller dormir, la fatigue te fait dire des trucs bizarres.

Le doux sourire de Naruto le fit grogner intérieurement. Sa dérobade était flagrante. Il était évident que le blond n'était pas dupe... Il avait toujours su le comprendre mieux que personne, souvent même mieux que lui-même ne se comprenait. Et le pire, c'était que Naruto en avait parfaitement conscience.

~oOo~

Shikamaru ferma le coffre de la voiture, pendant que Sasuke fermait sa maison à clé.

- C'est bon ? s'enquit-il.

- Hm... Allons-y... répondit Sasuke en le rejoignant.

Le téléphone de Naruto sonna à ce moment là, et Naruto décrocha.

- Tsunade ?... Oui, on allait partir justement... Oui, oui, Sasuke est avec nous... Ah, le texto de Shika ? Ouais, on t'expliquera... Quoi ?!... Qui ? ... Où ?... Ok. On sera là dès ce soir... oui, promis ! A ce soir.

Il raccrocha et se tourna vers les deux autres, Shikamaru assis au volant à côté de lui, et Sasuke à l'arrière.

- Ils ont retrouvé un nouveau corps cette nuit. Hinata Hyuga, la cousine de Néji. D'après les premières constatations d'Oro, sa mort est antérieure à celle de Néji, elle a été droguée avec le Micmac, et violée, les informa-t-il.

- Quoi d'autre ? demanda Shikamaru tendu, en démarrant la voiture.

Naruto grimaça et répondit :

- L'éclateur de tête et le broyeur de genoux.

- Je ne veux même pas savoir à quoi ça ressemble, soupira Sasuke.

- Au moins, on a pas besoin de Kabuto pour nous dire à quoi ça sert... marmonna Shikamaru, en prenant le chemin menant vers la route.

- Crois-tu qu'il serait possible d'interroger le Kisame dont tu as parlé hier soir ? reprit-il en jetant un oeil à son passager arrière à travers le rétroviseur.

- Hm, répondit le brun. Tu penses qu'il en sait plus qu'il n'a bien voulu me dire ?

- Je n'en suis pas sûr mais c'est possible, avoua Shikamaru.

- Ce n'est pas lui. Kisame n'est pas un sadique, affirma Sasuke. Il est en voyage en Suisse, il devrait rentrer le mois prochain. Je lui demanderai de venir au commissariat.

- Merci.

Sur ces mots, ils passèrent à l'hôtel régler leur note et récupérer leurs affaires, puis prirent le chemin du retour. L'enquête les attendait.

To be continued...


Commentaire de l'auteure :

Et voilà ! Sasuke is here ! Et Naruto et lui se sont un peu expliqués...

- Tu... Tu... Tu as buté ma mère ! Mon père et mon frère ! Hurla Sasu en agrippant Lili. Tu vas mourir pour ça !

- C'est pas moi, proteste Lili. Ta mère, c'est ton père qui l'a tué. Ton père c'est Itachi. Et Itachi c'est la drogue. Moi j'y suis pour rien...

- J'ai une putain de famille de merde à cause de toi ! Rugit Sasu.

- C'est juste ton père qui est un peu dérangé, se défend Lili. Et si ça se trouve, ta mère l'avait bien cherché...

Voyant le regard noir de Sasu, Lili se lève d'un bond et cours se réfugier dans le dos de Kyu.

- Kyu... Donne-la moi que je l'étripe, ordonne Sasu.

- Non, répond Kyu. Je l'aime bien moi. Et pour une fois qu'elle dévoile son côté sombre et sadique... Ou tu préfères qu'elle te ridiculise ?

- Je préférerai qu'elle m'oublie surtout...

- Ah ça, ricane Kyu. Ce n'est pas prêt d'arriver crois-moi. Et vous lecteurs, vous en pensez quoi de notre Lili en mode psychopathe ? Une petite reviews pour l'encourager dans cette voie ?


Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 5 : Secrets de famille.