Salut tout le monde!

Bon je vous explique la situation: Nous sommes mercredi soir 10h38, temps du Canada. Ma fête est dans exactement une heure et vingt minutes, j'ai deux examens demain, et deux après demain, suite à quoi je pars toute la fin de semaine pour participer à une activité de Grandeur Nature médiéval fantastique! Autrement dit, aucun temps pour caser ma fanfic! Mais bon, je tiens mes promesses, alors vu que je ne peux pas poster demain (restaurant avec de la famille), ou vendredi soir ( je pars en des contrées éloignées…2h de route) ou samedi (je suis en lesdites contrées), je vais commencer et terminer le chapitre maintenant même et le poster cette nuit! Si ça c'est pas du dévouement… :P

Les deux seuls qui se méritent une réponse aux reviews sont :

Klaude : Effectivement, fidèle à lui-même jusqu'au bout, et tellement impulsif! Et pour Dumbledore je suis d'accord, mais tu verras que je suis du genre à lui faire changer ses habitudes, Harry est selon moi trop loyal pour l'envoyer paitre, alors que Dumbledore à la maturité nécessaire pour voir ses erreurs et y palier. Bonne lecture à toi!

Maximilien : Merci pour ta review, j'essaie de faire Harry le moins déformé possible par rapport au livre pour ce qui est de ses comportements et valeurs, j'espère avoir bien réussi. Le réveil, c'est tout de suite! Bonne lecture!

Chapitre 4 : Un réveil des plus difficiles

Son corps lui faisait incroyablement mal. C'est le premier constat que put faire Harry en émergeant lentement et douloureusement du sommeil ou il avait trouvé refuge de la douleur. Mais que diable lui était-il arrivé pour qu'il se sente si amoché? La mémoire lui revint peu à peu, embourbé qu'était son esprit, comme à la suite d'un très mauvais coup ou de plusieurs verres de firewisky en trop. Malheureusement pour lui, il semblerait que ce soit le premier cas de figure, encore une fois.

Harry cessa de réfléchir pour se concentrer sur ses sensations. Tout son corps le tiraillait, de la pointe des pieds jusqu'au sommet de son crâne, et il avait un mal de tête immonde! Il avait l'impression que chaque centimètre carré de son corps était perclus de courbatures et qu'il était probablement bleu et mauve d'ecchymoses, à croire qu'un troupeau d'Hippogriffes lui était passé sur le corps. Au bout d'un moment, il dut admettre qu'il ne savait pas vraiment qui des animaux mi-aigles mi-chevaux ou du bâtiment de bois lui aurait fait le plus mal, et il espérait ne jamais avoir de comparatif.

Il poursuivit l'exploration qu'il faisait de son milieu à l'aide de ses sens. Il semblait qu'il soit à l'infirmerie de Poudlard, l'odeur caractéristique et le contact des draps qu'il connaissait un peu trop bien à son goût étant un indice qui ne pouvait être démenti.

Il ouvrit les yeux afin de confirmer sa situation avant de les refermer tout aussi sec. Il n'avait vu qu'un flash de blanc éclatant et son mal de tête déjà titanesque venait de doubler d'ampleur. Nouvelle information à rajouter à celles déjà acquises : il faisait apparemment jour, et le soleil frappait très fort sur l'infirmerie toute immaculée.

Harry retenta l'expérience, plus doucement cette fois. Il ouvrit progressivement les yeux, puis les referma pour éviter le traumatisme oculaire, puis les rouvrit lentement, attendit que les larmes partent d'elles-mêmes en clignant des paupières. Il put, à la suite de cette procédure éprouvante, constater à travers sa vision de myope expérimenté le fait qu'il se trouvait bel et bien dans l'antre de madame Pomfresh, qui apparemment ne prenait jamais de vacances. Il se rendit aussi vite compte qu'il ne pouvait pas bouger un muscle de son corps endolori.

En parlant de l'infirmière; celle-ci se déplaçait rapidement le long de l'aile d'infirmerie, tout droit vers son lit. Elle lui adressa la parole en premier, le coupant dans ses faibles salutations.

« Potter! Vous êtes enfin revenu à vous! Prenez ceci, et celle là, et celle là aussi! Non mais quelle idée. Après les dragons, les cognards ensorcelés, les balais ensorcelés, les mages noirs de tous genres, des serpents géants, un bâtiment qui s'écroule sur vous doit paraitre assez normal, mais ce n'est pas une raison pour vous mettre toujours en danger… »

La femme rondelette continuait à déblatérer en lui donnant fioles après fioles de potions de couleurs et de gouts différents. Il lui sourit de manière lasse au début, mais le sourire disparut rapidement devant le gout infâme des potions pour se transformer en grimace. Cependant, la douleur dans ses muscles le quittait tranquillement, et son mal de tête avait disparu.

« Je dois avouer avoir été assez inquiète durant les dernières heures. J'ai pu ressouder les os dans l'immédiat parce qu'ils ne pouvaient être laissés sans attention médicale, mais votre état ne vous laissait pas prendre de potions… »

Harry se décida à prendre la parole maintenant qu'il n'avait plus de potions pour s'occuper la bouche.

« Qu'est-ce que j'avais exactement? Je me souviens qu'une poutre soit tombée sur ma jambe… » Il s'interrompit pour regarder sa jambe droite, qui lui semblait très normale.

« Ce que vous aviez? Vous me faites bien rire Potter. Vous aviez la jambe droite fracassée dans tous les os, la cheville tordue et brisée, le genou éclaté, et la hanche décrochée, vous êtes chanceux que j'aie pu ressouder ce qui restait… Sans compter les coups répétés partout sur votre corps, en particulier au visage et à la tête. Votre nez a été cassé par un morceau de bois assez large, ainsi que plusieurs de vos dents que j'ai pu faire repousser rapidement. Vos lunettes ont été brisées aussi, c'est pourquoi vos yeux vous ont semblé aussi fragiles : J'ai du enlever par magie les fragments de verre qui y étaient restés pris. Soit dit en passant, en voila une nouvelle paire commissionnée par le professeur Dumbledore. Elles ne sont pas identiques, mais je crois que la mode des lunettes rondes est passée de toute manière… »

En effet, sur la table de chevet trônaient une paire de lunettes rectangulaires au châssis assez discret noir. Elles n'étaient pas laides en soit, et lui donneraient peut-être un air plus sérieux. Harry haussa les épaules, tendit le bras – ce dont il était capable à présent que les potions régénératives avaient fait effet- et les enfila. Il ne s'était jamais soucié de son apparence au temps de ses lunettes rondes réparées avec du ruban adhésif, il n'allait pas commencer maintenant.

« Et combien de temps suis-je resté inconscient? » ne put-il s'empêcher de demander, en espérant que l'année scolaire n'eut pas commencé sans lui.

« Juste depuis hier soir » le rassura madame Pomfresh. « Les blessures étaient sévères, mais vous semblez avoir un don pour vous sortir des pires situations, Monsieur Potter » Dit-elle d'un air légèrement amusé.

Ainsi il n'était pas resté trop longtemps inconscient suite au combat… Les images lui revinrent à l'esprit, Dumbledore qui combattait comme le maitre des duels qu'il était, son propre sauvetage du directeur, et lui-même qui poussait McGregor hors du chemin des lourdes poutres qui tombaient…

La maitresse de l'infirmerie le rappela à nouveau à l'ordre, mais perdu dans ses pensées qu'il était, il ne l'entendit pas du premier coup.

« Vous disiez, madame? »

« Levez-vous, Potter, et marchez un peu, je dois vérifier que vos capacités motrices ne soient pas endommagées, c'est pour le dossier médical vous voyez. »

Harry passa sa jambe gauche par-dessus le coté du lit, puis sa jambe droite, et regarda dans le vide de quelques centimètres sous lui. Lentement, encore peu habitué à bouger après une très longue nuit, il posa le pied gauche à terre. Puis il posa son pied droit et lâcha le coté de son lit… et failli s'étaler de tout son long sur le plancher au carrelage froid.

Madame Pomfresh le redressa et il se raccrocha au lit de sa main droite. Que venait-il de se passer? Étrange… Il se tint sur son pied gauche, sans aucun problème. Son équilibre ne semblait pas être en cause. Il changea son poids de bord et se tint sur son pied droit uniquement, sans problème non plus. Puis il reposa son pied gauche à terre et tomba à nouveau de l'avant. Préparé cette-fois ci, il se rattrapa promptement au lit. Que lui arrivait-il? Un peu paniqué, il regarda l'infirmière. Celle-ci le regardait avec un air désolé.

« C'est ce dont j'avais peur… les os étaient irrémédiablement endommagés, et je ne pouvais pas vous administrer de potions pour les faire repousser… il fallait ressouder vous comprenez, ils étaient dangereux car ils ressortaient, il fallait arrêter le saignement sinon vous auriez pu perdre la jambe. Vous avez en gros un problème d'alignement des os de votre jambe droite, et peut-être une légère différence de longueur aussi, même si elle n'est pas visible. »

Harry comprenait vaguement, même si ses connaissances en anatomie humaine étaient assez vagues. Il fut rassuré cependant que la femme connaisse si bien le problème et puisse le diagnostiquer. Il serait complet et pourrait marcher et courir dans les prochaines heures suite aux soins attentifs de cette dernière.

Il remarqua cependant quelque chose d'étrange dans son attitude. Elle semblait si… triste, et désolée, comme si elle avait failli à quelque chose. Il la toisa fixement et elle détourna le regard. Un poids se logea dans son estomac alors qu'il comprenait.

« Ce… ce n'est pas réparable, hein? » dit-il d'une voix qui tremblait. Ce n'était pas une question, et il n'eut pas de réponse. Il se rassit, tremblant de tous ses membres, ne pensant même pas aux changements que son nouvel handicap allait entrainer dans sa vie.

C'est la voix du directeur qui le tira de ses sombres pensées. Il leva la tête vers la porte de l'infirmerie ou le vieil homme se tenait debout, l'air un peu grave, lui semblait-il. Il remarqua que madame Pomfresh avait quitté leur compagnie.

Le directeur vint se tenir à coté du lit d'Harry, sur lequel celui-ci était toujours assis.

« Comme tu as du le comprendre Harry, la magie a ses limites… Même une guérisseuse talentueuse comme Poppy ne peut intervenir aussi tard après une blessure. Elle a tout réparé, et ta jambe a gardé ses fonctions motrices normales… mais tu ne pourras pas te tenir debout sans aide, ou marcher… »

Harry eut plus que jamais envie de pleurer. Il pensait a Voldemort, et à comment il était supposé le vaincre. Comment était-il supposé détruire le plus grand mage noir de tous les temps? Lui, sorcier tout juste moyen de sixième année, si en plus il avait un handicap aussi conséquent? Autant marcher la tête baissée à l'abattoir. S'il l'avait pu, Harry aurait quitté la salle à toutes jambes pour se réfugier dans un coin et laisser s'exprimer son désespoir. Il était vaincu d'avance, abattu sans même avoir combattu. Il se sentit vidé de toute force, et de toute magie…

En parlant de magie, ou était sa baguette? Il formula rapidement la question, tentant d'oublier le problème de sa jambe pour un instant. Le visage du vieil homme ne face de lui l'avertit qu'il n'était pas au bout de ses peines.

« Ha oui, ta baguette… Hé bien disons qu'elle a aussi mal pris ton accident que toi… Nous l'avons trouvée non loin de toi, en deux morceaux très nets… »

Ça y est, la dépression était à présent officiellement totale. Quelques mois auparavant, Harry s'était fâché contre son directeur qui n'arrêtait pas de lui cacher des choses, et maintenant, maintenant il aurait aimé un peu plus de tact et de cachoteries pour lui épargner la peine que lui faisaient ces multiples pertes. Sa baguette était à lui, c'était la sœur de celle de Voldemort, c'était ce qui faisait de lui un sorcier… Bien sur, il pourrait en acheter une autre, quinze autres même s'il le fallait, mais ce ne serait jamais pareil.

Harry leva les yeux vers le visage du vieil homme encore debout et remarqua qu'il avait un sourire en coin. Qu'est-ce qui pouvait bien le faire sourire devant le désarroi si manifeste de son élève? Harry se le demandait bien. Dumbledore lui expliqua le fond de sa pensée avant qu'il ne puisse former l'acerbe question qui se formait à ses lèvres, heureusement.

« Je sais que ça doit être très dur à prendre pour toi Harry, toutes ces pertes, et que t'adapter va t'être très difficile… mais je crois avoir la solution à tes deux problèmes-non, à tes trois problèmes- en cet objet… »

Puis, d'un pan de sa robe, il sortit un objet qui y était dissimulé. Le bâton-non, la canne- était très belle. Elle était faite d'un bois noir, probablement de l'ébène, sur une grande partie de sa longueur, bien taillé et sablé, l'air solide et fort. La tige noire était surmontée et fusionnée à un pommeau qui faisait tout le tour de la canne. En bronze, un lion rampant, un aigle aux ailes repliées sur lui-même et un blaireau surmontaient un serpent enroulé sur lui-même, se mordant la queue, formant la jonction entre le bois noir et le métal couleur de bronze.

Puis, par-dessus les ornements en métal précieux, une petite pierre. Elle ressemblait aux boules de cristal de la salle de divination, mais Harry savait qu'il n'en était rien. Elle était plus petite, la taille plus ou moins exacte de la paume de sa main, il croyait. Il était parfaitement sphérique et fixé sur la tête du lion, du blaireau et de l'aigle. Il était parfaitement transparent…

Malgré a beauté de l'objet, et l'attention manifeste qui avait été apportée à sa création, Harry ne put s'empêcher de ressentir un certain ressentiment envers la canne, de laquelle il serait à partir de maintenant dépendant.

Il voyait en quoi elle pouvait aider son problème à se déplacer, c'était assez évident… une autre chose de quoi Malfoy pourrait se moquer cette année. Le problème de sa baguette était encore un mystère par contre. Quant au dernier problème, il n'était même pas conscient de son existence!

Dumbledore lui tendit l'objet. Lentement, avec délibération, Harry le prit par le manche en bois. Aussitôt, la sphère de cristal se colora d'une brume grise qui prit de l'ampleur et devint opaque, comme un rappeltout. Puis il la sentit, et des larmes, cette fois de soulagement, quittèrent ses yeux sans qu'il ne puisse les retenir.

Elle était là, c'était la magie qu'il connaissait si bien. Sa baguette! Non, sa plume de phénix, celle de Fumseck! Dumbledore le regardait à présent avec un sourire qui n'avait plus rien de caché ou de contrit.

« Comme tu sembles le savoir, même si ta baguette était brisée, nous avons pu recueillir le cœur… Puiser dans la magie de la canne est un processus légèrement différent, comme si tu utilisais la magie sans vraiment toucher la baguette, mais je crois que tu n'es pas totalement étranger au concept, n'est-ce pas Harry? » Fit le vieil homme en le regardant d'un air entendu qui fit rougir Harry. Quelque chose attira son regard du coin de l'œil. Le cristal venait de devenir rouge vif, lui aussi. Perplexe, Harry n'eut pas le temps de poser ses questions que le directeur enchainait :

« Allez Harry, il ne fait pas bon de rester trop longtemps en ces lieux austères. Je sais que tu as des questions, et pour ça rencontre-moi demain à une heure dans la salle sur demande. Dobby t'apportera tes repas dans la salle commune de Gryffondor jusqu'à lundi soir ou a lieu la rentrée. En attendant, marche, accorde-toi à ta nouvelle condition, et bouge un peu comme les jeunes de ton âge, j'ai entendu dire que les parties peu profondes du lac ont leurs eaux très chaudes en ce temps de l'année… » Dit-il d'un air dégagé.

Harry décida de même que ses questions pouvaient attendre. Il faisait beau dehors, et il voulait se changer les idées. Il aurait toujours demain. Il se leva tranquillement, laissa glisser la canne dans sa main jusqu'à la tenir par le bout, s'accotant dessus, puis posa son pied droit à terre. Voyant qu'il ne tombait pas, il prit quelques pas vers l'avant, prenant soin de bien synchroniser ses mouvements de bras et de jambes. Il avançait lentement, mais il avançait, au moins.

Rendu à la porte, Harry se retourna, il avait une question qui ne pouvait pas attendre.

« Professeur… Comment va-t-elle? » Il ne savait pas pourquoi il voulut savoir, même si logiquement il avait perdu tout ça pour la sauver. Il voulait juste le savoir.

Dumbledore le toisa un moment avant de répondre : « Miss McGregor va bien, rassure toi. » Il ne fit aucun autre commentaire.

Rassuré. Harry poussa la porte de l'infirmerie et s'engouffra dans le couloir de son pas lent. On entendit longtemps tinter le bout de sa canne sur le carrelage des couloirs de pierres alors qu'il s'éloignait vers les portes du château.

Ouf! J'en suis venu à bout! Il est 11 minutes passé minuit, je crois avoir fait une longueur pas trop mal en ce temps là. Bonne fête à moi! Bon, au lit maintenant, je radote. J'espère que vous avez aimé! Ce chapitre est très important pour la suite (je sais, je dis ça à chaque fois…)

Votre dévoué serviteur,

MarcheMort