Avertissement : Alors oui, il y aura encore des morts et de la torture d'ici la fin de cette fic. Donc vous voilà prévenu.
Bonne lecture.
Lili.
Chapitre 5 : Secrets de famille.
Lee soupira lourdement et frotta ses yeux fatigués. Un coup d'œil sur la pendule digitale accrochée au dessus de la porte de la salle de réunion lui apprit qu'il était trois heure vingt-huit du matin. Son regard erra sur les murs recouverts de photos des victimes du Carnacier, des lieux où leurs corps avaient retrouvés et tout ce qu'ils avaient pu récolter comme donnés depuis le début de l'enquête.
Sur la table devant lui, s'étalait l'entièreté du dossier du premier Carnacier, celui qui avait été arrêté dix ans auparavant. Ils essayaient désespérément de trouver un lien entre les deux tueurs. Mais à part leurs méthodes, ils n'avaient absolument rien trouvé. Kisame, que Sasuke avait réussi à contacter bien qu'il soit à l'autre bout du monde, ne leur avait été d'aucune aide. Il savait que Fugaku avait tué Mikoto mais n'en savait pas plus. Il confirmait aussi la mort d'Itachi par overdose.
Chaque piste les menait dans une impasse. C'était profondément frustrant et tous rageaient de rien trouver. Pas même le début d'un quelque chose qui pourrait relier les deux tueurs. Pourtant, il y avait forcément un lien entre les deux. Il devait en avoir un ! Lee grogna en se frottant le front, sentant poindre une migraine à force de lire et relire les anciens rapports de ses collègues.
Un soupir attira son attention sur Karin, qui dormait profondément assise sur une chaise, la tête posée sur la table, tout près des photos qu'elle étudiait il y a peu encore. Dans un coin de la salle, Suigetsu pianotait sur son ordinateur, à la recherche d'indices supplémentaires. Derrière lui, couché en boule à même le sol, Sasuke dormait aussi, la tête posée sur les genoux de Naruto, assis le long du mur. Naruto ne dormait pas, sa main caressant machinalement la chevelure brune de son ancien coéquipier, et ses yeux perdus dans le vague, sûrement en train de réfléchir à l'enquête... ou à autre chose...
Cela faisait un peu plus de deux semaines que Shikamaru et Naruto avait ramené Sasuke et Lee n'avait pas d'avis particulier sur le nouveau venu. Il parlait peu et n'était pas très expressif, mais n'était pas désagréable. En revanche, il avait rapidement compris que Naruto était très amoureux du brun. C'était tellement flagrant qu'il se demandait comment quiconque aurait pu passer à côté.
Sa façon de le regarder, avec tellement de tendresse qu'on aurait pu voir des litres de guimauve lui couler des yeux, sa façon de le chercher du regard dès que Sasuke s'absentait, sa façon de le toucher en permanence... Et même si Lee ne connaissait pas assez Sasuke pour affirmer que les sentiments de Naruto étaient réciproques, il avait noté que le brun devenait beaucoup plus expressif face à son ancien collègue, son visage impassible trahissant alors toutes sortes d'émotions.
Cela l'avait frappé de plein quelques heures après l'arrivée du trio. Sasuke, visiblement fatigué, supportait sans broncher la pluie de reproches de Tsunade. Assis près de lui, Naruto avait replacé une mèche de cheveux noirs qui tombait en travers du front de son ancien collègue. Surpris, Sasuke avait tourné la tête vers Naruto, qui lui avait sourit doucement. le visage jusqu'alors fermé du brun s'était détendu, et quand Naruto avait posé sa main sur sa nuque, Sasuke n'avait même pas fait semblant de vouloir se dérober à la caresse. Pour Lee, ça avait été une évidence. Le lien entre les deux hommes étaient bien plus fort que ceux unissant deux coéquipiers.
Lee n'avait pas manqué non plus cette espèce de connexion entre eux. Ils se comprenaient sans rien dire, sans même se regarder parfois. Naruto semblait toujours savoir ce que pensait Sasuke, et vice-versa. Comme s'ils n'étaient qu'une seule âme dans deux corps différents. Lee trouvait ça étrange, mais très romantique, ce qui avait fait hurler de rire Tenten et Suigetsu quand il leur en avait parlé. Mais il savait qu'il n'avait pas complètement tord, le sourire en coin de Kakashi et Yamato qui l'avaient entendu en était la preuve.
Lee secoua la tête et se détourna du duo, ses yeux tombant alors sur Tenten qui lui apportait une tasse de café fumant. Il la remercia chaleureusement, sachant qu'il en aurait grand besoin. Depuis que tous les anciens membres de l'équipe étaient revenus, ils avaient tous enchaîné les nuits blanches. Tsunade ne leur avait nullement interdit de quitter le commissariat, mais elle avait exigé qu'ils restent toujours par deux... au moins !
Mais au final, seuls Kakashi et Yamato allaient parfois, comme cette nuit, dormir à l'hôtel, tous les autres restant là, prenant un peu de repos comme ils pouvaient, à l'arrache, assis sur une chaise ou couché par terre. Tous n'avaient qu'une seule et unique envie : en finir au plus vite avec ce psychopathe. Tous avaient mis leurs proches en sécurité, prenant régulièrement de leurs nouvelles pour s'assurer que tout allait bien. Et tous vivaient dans la peur que ce soit une de leurs connaissances qui arrive sur la table d'autopsie d'Orochimaru.
Une semaine après la découverte du corps d'Hinata Hyuga, ils avaient retrouvé celui de Hiashi Hyuga, l'oncle de Néji. C'était lui qui l'avait élevé après la mort de son frère jumeau, et père de Néji, dans un accident de voiture dix-neuf ans auparavant. L'homme avait subi la patte de chat, espèce de griffe qui servait à arracher la chair des os, et le tunnel du crocodile, une table avec des pointes en fer où le bourreau posait un bras de la victime, la tête se plaçant alors au centre d'un rond de fer doté de pointe tournées vers l'intérieur. Le bourreau chauffait l'instrument à l'aide d'une flamme provoquant de multiples brûlures qui entraînaient la mort de la victime.
Hier, c'était le corps de Témari No Subaku, la petite amie de Néji qui avait été découvert dans un arbre en plein centre ville. La jeune femme avait les seins en grande partie arrachés. L'araignée espagnole avait conclu Kabuto après quelques recherches. Elle avait été pendue par la poitrine à l'aide de ces griffes et son propre poids avait fait le reste. Orochimaru avaient retrouvé dans le sang des deux victimes de fortes doses de Micmac, et des traces évidentes d'abus sexuels répétés sur les deux. Les deux morts étaient antérieures à celle de Néji Hyuga.
- Tu as trouvé quelque chose ?
La voix de Tenten sortit Lee de ses sombres pensées. Avec un soupir désabusé il répondit :
- Hélas, non... J'ai beau éplucher ce dossier en long en large et en travers, je ne trouve rien...
Il se retint de crier sa frustration, ne souhaitant pas réveiller les autres qui profitaient d'un repos amplement mérité.
Dans l'idée qu'il devait forcément exister un lien entre les deux tueurs, Lee étudiait depuis des heures tout ce que contenait le dossier du premier Carnacier. En vain... Tenten se saisit d'une feuille et lu à voix haute :
- Yahiko Ame. Trente et un ans. Brillant élève, diplômé en pharmacologie. Sans emploi depuis l'obtention de son diplôme. Vivait dans la maison de sa grand-mère décédée depuis dix ans. Pas de famille : parents décédés quand il était enfant, pas de frères, ni de sœurs connus. Ni oncle, ni tante... A été élevé par sa grand-mère. Pas d'ami à part Konan Blue. Elle a été interrogée ?
- Oui, répondit Lee. Elle l'a connu au lycée, et était amoureuse de lui. Mais ne l'avait pas revu depuis la fin de leurs scolarité. Elle est comptable dans une petite société de décoration d'intérieur. Selon elle, Yahiko était fasciné par le Moyen-âge et les découvertes médicales faites à cette époque. C'était un garçon solitaire, renfermé, mais plutôt gentil. Un pacifique disait-elle. Elle ne lui connaissait aucun autre ami, ni contact à part elle.
- Ça ne nous aide pas, soupira Tenten en feuilletant les papiers épars devant Lee. Ah ! Les conclusions du profiler... Nara Shikaku ?
- Oui, c'était le père de Shikamaru. Il a formé Shikamaru pour qu'il puisse prendre la relève, expliqua Lee.
- Oh, je vois. Donc que disait-il ? Ah voilà... Expérimente sur ses victimes... Ne les voit que comme des cobayes... Les déshumanise... Fascination morbide pour la torture... Structure de personnalité bordel-Line... Élément déclencheur inconnu... Tout ça pourrait coller à notre psychopathe actuel.
- Et ça ne nous avance absolument pas, marmonna Lee.
Tenten ne répondit pas, perdue dans ses réflexions. Oui, tout ça ne les aidait pas... L'idéal serait que ce Yahiko Ame soit encore vivant et qu'ils puissent l'interroger à nouveau. Peut-être que ça vaudrait le coup aussi de retourner interroger Konan Blue. En dix ans, elle avait peut-être quelque chose de nouveau à dire ? C'était peu, mais ça pouvait valoir le coup.
Elle s'apprêtait à suggérer l'idée à Lee quand une exclamation victorieuse la fit sursauter, attirant son attention et celles des autres encore réveillés, sur Suigetsu.
- Tu as quelque chose ? demanda Naruto depuis le sol.
- La maison ! répondit Suigetsu d'un voix enthousiaste, finissant de réveiller les rares dormeurs.
- La maison ? marmonna Karin en relevant péniblement la tête, le cou endolori par la position qu'elle avait jusqu'à présent. Quelle maison ?
- Celle de la grand-mère de Yahiko, répondit Suigetsu surexcité. Celle où vous l'avez enfin arrêté ce pourri.
- Et bien quoi ? intervint Sasuke en se relevant difficilement et en se frottant les yeux. On l'a fouillé de fond en comble cette baraque. Elle a dû être vendue depuis longtemps... ou rasée. Je ne vois pas ce que ça peut nous apporter de nouveau.
- Justement, rétorqua Suigetsu sans se démonter. Cette maison n'a jamais été vendue, ni rasée, ni louée... Rien. Elle est à l'abandon. Aucune agence immobilière ne veut s'en occuper, et personne ne veut l'acheter. D'après ce que j'ai trouvé sur internet, vous êtes les derniers a y avoir mis les pieds. Donc tout est encore en l'état... Et si vous étiez passés à côté de quelque chose ? N'importe quoi. Une photo... Un journal intime... C'est une vieille maison, il y a sûrement plein d'endroits pour planquer des trucs. Et vous aviez surement d'autres choses en tête quand vous y êtes allé. Les technologies ont évoluées aussi. Il faut y retourner... Je suis sûr que là-bas on trouvera quelque chose pour faire le lien entre nos deux psychopathes.
Sasuke eut une moue dubitative, mais Tenten renchérit :
- Je suis d'accord. Je pense aussi qu'il faudrait à nouveau interroger Konan Blue, l'amie de Yahiko. Peut-être qu'elle avait oublié un détail à l'époque...
- Très honnêtement, je n'ai pas vraiment envie de retourner là dedans, avoua Karin en grimaçant.
- Moi non plus, admis Naruto. Mais c'est la seule piste qu'on a pour l'instant. Je vais en parler à Tsunade.
~oOo~
Un hurlement déchirant résonna dans la pièce à peine éclairée par des bougies posées à même le sol, vite suivie d'un ricanement sadiquement satisfait.
- Allons, allons, un grand gaillard comme toi... Tu ne vas quand même pas pleurer pour si peu ? se moqua l'homme.
- Va... Aaaah ! Te faire foutre ! cracha hargneusement sa victime.
Le sourire machiavélique de l'homme s'agrandit et ses yeux se posèrent sur son poing qui s'enfonçait sans douceur dans le rectum de son nouveau jouet.
- Je crois plutôt que c'est toi qui va te faire foutre, ironisa-t-il. Mais tu devrais m'être reconnaissant, je te prépare pour la suite après tout... Et avec ce que je t'ai donné, tu prends ton pied non ?
Tout en parlant, il enfonça plus profondément son poing dans le corps de son supplicié, faisant disparaître son poignet jusqu'à la limite du gant en latex qu'il avait enfilé avant. De son autre main, il caressa l'érection, plus qu'honorable, de sa victime. Il avait bien fait de lui faire avaler une plaquette entière de viagra histoire de rendre ça plus intéressant. Un frisson d'excitation remonta le long de son échine et son sexe se banda quand il songea à ce qu'il avait prévu pour la suite.
Il retira finalement son poing, ôta son gant et s'éloigna de sa victime. Cette dernière était allongée sur une table en bois, des sangles en cuir la maintenant en enserrant ses bras, son cou, son torse, et ses hanches. Ses chevilles étaient attachées de la même façon, de telle sorte que les jambes soient largement écartées, les genoux fléchis vers le haut. L'homme sourit en prenant un instrument posé sur le guéridon noir. Oui, il allait bien s'amuser.
- Qu'est-ce que tu cherches à faire, enfoiré ?
La voix haletante du supplicié était rageuse et encore bien vigoureuse, amusant l'homme plus qu'autre chose.
- Moi ? Allons, tu ne devines pas ? Toi qui est si intelligent ? Je pensais pourtant que c'était assez évident... Je vais te tuer bien sûr.
Durant son petit discours, l'homme s'était rapproché de son jouet si vindicateur, l'étrange instrument en main. Ses yeux brillèrent d'un éclat malfaisant et il se pencha sur l'entrejambe érigée de sa victime.
- Tu vois ça ? demanda-t-il en montrant ce qu'il tenait en main. Cela s'appelle une pince crocodile. Tu vois la partie ovale ? Je vais mettre tes couilles dedans, et dans la partie ronde, ta queue. Je ne sais pas si tu vois bien d'où tu es, mais il y a une multitude de petits pics à l'intérieur... Je vais te l'enfiler... Et te branler avec. Il est très possible que cela te râpe les couilles et la bite, mais c'est tout à fait secondaire non ?
- Connard ! vociféra son prisonnier.
Mais l'insulte fut sans effet et quelques secondes plus tard, l'homme sourit comme un dément en entendant le hurlement de souffrance de son captif, la vue du sang coulant sur la table l'excitant. D'un ton faussement paternel, il encouragea sa victime :
- Allons, allons... Courage... Le pire est à venir tu sais.
~oOo~
- Brrr... Cette maison me file la chair de poule, lâcha Tenten.
- Et encore, tu n'as pas vu l'intérieur, soupira Shikamaru. Dix ans à l'abandon... ça n'aide pas non plus.
Lee leva les yeux sur la bâtisse, grimaçant en voyant le lierre qui avait commencé à envahir les murs de pierres et de briques.
C'était une vieille maison datant du début du siècle dernier, à l'architecture habituelle de l'époque. Quelques marches menaient à la porte d'entrée en bois, près de laquelle une énorme glycine avait pris ses aises, rendant l'accès à ladite porte difficile. Naruto, Suigetsu et Shikamaru durent s'y mettre ensemble pour dégager un espace assez grand pour pouvoir passer. Lee jeta un œil à Sasuke qui se tenait un peu en retrait les yeux fixés sur le second étage de la bâtisse.
Tsunade avait d'abord refusé tout net que Sasuke vienne avec eux, mais Naruto avait décrété que si Sasuke ne venait pas, alors lui non plus. Tsunade avait hurlé, Naruto n'avait pas cédé... Sasuke était monté en voiture avec eux. Lui-même ne comprenait pas vraiment pourquoi son collègue blond avait tant insisté sur le sujet, mais il n'avait rien dit. Karin, Kakashi et Yamato étaient restés au commissariat, pas vraiment enclin à remettre les pieds dans cette maison, pour rechercher Konan Blue afin de pouvoir la réinterroger.
Il grimaça, chassant la sensation de malaise persistante qui l'envahissait depuis qu'ils étaient arrivés devant la maison, et emboîta le pas aux autres, pénétrant dans la bâtisse. C'était vraiment une vieille maison, abandonnée depuis dix ans. La décoration datait du siècle dernier, la poussière et les toiles d'araignées s'accumulaient joyeusement, et une forte odeur de renfermé assaillit ses narines.
- Je m'attendais à pire, chuchota Tenten n'osant pas troublé le silence régnant dans la maison. Niveau odeur, je veux dire, ajouta-t-elle en voyant le regard surpris de ses collègues.
- Les équipes de nettoyage sont passés et ont enlevé toutes les denrées périssables, expliqua Shikamaru sans baisser la voix. Quand on est entré ici il y a dix ans, il y avait des morceaux de cadavres en décomposition un peu partout. Autant te dire que l'odeur était vomitive...
- J'imagine ouais, admit Tenten avec une grimace.
- Bon, au moins on a résolu une grande question, intervint alors Suigetsu.
L'ensemble de ses collègues se tournèrent vers lui, surpris par le ton joyeux du jeune homme.
- On sait pourquoi cette maison n'a jamais été vendue. La déco est à chier...
C'était stupide comme remarque, mais elle eu le mérite de détendre un peu l'atmosphère. Tous sourirent et décidèrent de se séparer pour explorer la demeure plus rapidement.
Lee monta les marches menant à l'étage avec Tenten, l'escalier grinçant sinistrement sous leurs pas. Ils arrivèrent devant un long couloir bordé de portes en bois sombres.
- Bon, ben pas le choix, souffla sa coéquipière, on va faire toutes les pièces une à une.
Lee approuva et poussa la première porte, entrant dans une chambre au décor rose et jaune délavés.
Un grand lit deux places occupait le centre de la pièce, deux tables de chevets l'encadrant. Une lampe vieillotte était posée sur chacune d'elle, et s'assortissait avec les appliques aux murs et aux rideaux. Une coiffeuse au miroir craquelé faisait face au lit, posée juste à côté d'une commode à trois tiroirs. Un tapis mité et poussiéreux couvrait partiellement le parquet usé. Tout dans la pièce respirait le vieux et la naphtaline.
Pendant que Lee et Tenten exploraient l'étage de fond en comble, déplaçant les meubles et tapis, sondant les murs et planchers, armés de lampes noires et de leurs attirail habituel, Shikaramu et Suigetsu descendirent au sous-sol. Ils parcoururent les pièces vides qui avaient servi de cellules et de salles de tortures dix ans auparavant. Il ne restait plus rien. Rien à part les murs et le sol de pierres brutes, de la poussière et une odeur âcre, mélange d'humidité et d'autre chose d'indéfini. Ils eurent beau chercher, ils ne trouvèrent rien de plus que ça, mis à part quelques rats et quelques cafards de tailles impressionnantes, ce malgré leurs outils très perfectionnés.
Au rez-de-chaussée, Naruto et Sasuke, tout aussi équipés, fouillèrent chaque recoins, chaque meubles, chaque pièces, sans trouver quoique ce soit. Il n'y avait rien... Rien que des vieux bibelots, de la vaisselles ébréchées, du linge jaunis, et une famille de souris. L'exploration du sous-sol fini, Shikamaru monta à l'étage prêter main forte à Lee et Tenten pendant que Suigetsu aidait Naruto et Sasuke. Mais même ainsi, ils ne trouvèrent absolument rien pouvant les aider à faire un lien entre les deux tueurs. La maison n'avait plus de secrets à livrer depuis longtemps.
Sasuke se laissa tomber sur une chaise poussiéreuse et brinquebalante, pensif. Quelque chose le chiffonnait... Mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Ses yeux scannèrent la pièce où Suigetsu soulevait un tapis pour vérifier le plancher dessous. Il observa sans vraiment le voir Naruto qui fouillait dans une énorme armoire coincée entre deux fenêtres. Son regard fut soudain attiré par un pan de mur vide, et surtout sur un petit carré délavé sur le papier peint sans âge. Voilà ! C'était ça !
- Il n'y a aucune photo, souffla-t-il attirant l'attention des deux autres.
- Quoi ? demanda Suigetsu.
- Cette maison... C'était celle de la grand-mère du Carnacier. Elle devait avoir de photos, des photos de famille, des photos souvenirs... Le papier peint est délavé ici, précisa-t-il en pointant l'endroit qu'il avait remarqué. Or il n'y en a aucune. Et je ne me souviens pas qu'il y en ai eu il y a dix ans.
- Il les avait peut-être enlevées, fit remarquer Naruto. Et détruites.
- Alors qu'il n'a rien changé dans la maison de sa grand-mère ? Regarde autour de toi, rien dans cette maison n'a changé depuis des années. Depuis bien plus que dix ans. Alors pourquoi aurait-il détruit les photos ? Insista Sasuke. Et s'il ne l'a pas fait... Où sont-elles ?
- Avoir quitté la police ne t'a rien fait perdre de tes capacités de déductions, intervint Shikamaru en descendant l'escalier. On n'a absolument rien trouvé à l'étage, ni dans le grenier. Mais je suis d'accord avec toi, il y a quelque chose qui me chiffonne.
- Bordel, on a retourné toute cette foutue maison, enragea Suigetsu. Et on a rien... Où est-ce qu'il aurait bien pu planqué ces foutues photos ?
Énervé, l'inspecteur aux cheveux étrangement blancs, donna un violent coup de pied dans le mur le plus proche, faisant soudainement tomber un bout dudit mur.
- Merde, dit-il, c'est pas solide ce... Oh ! Putain ! Venez-voir ça ! Je crois qu'on tient quelque chose !
Là, bien niché dans une alcôve jusqu'alors cachée par le bout de mur, se trouvaient trois boîtes. Sur l'une d'elle on pouvait lire "Mamie", sur la seconde "FU The First" et la troisième était vierge de toute inscription.
Suigetsu sortit précautionneusement les trois boîtes, les posant sur la table du séjour juste à côté d'eux. Lee souleva le couvercle de celle intitulée "Mamie", découvrant des photos jaunies et cornées.
- Les fameuses photos de famille, souffla Suigetsu. On les emmène au poste pour les examiner, peut-être qu'on découvrira quelque chose. Elles étaient bien planquées, pas étonnant que vous soyez passé à côté il y a dix ans.
- Et on serait encore passé à côté si tu n'avais pas tapé dans ce mur, renchérit Tenten.
- Comme quoi être une brute sans cervelle peut être utile, ricana Lee faisant enrager Suigetsu.
Sans prêter attention à ses collègues, Shikamaru ouvrit la boîte sans nom, et grimaça en sortant les premières photos.
- Des photos de ses victimes... grogna-t-il en remettant rapidement les photos à leurs places. On emmène aussi.
La troisième boîte fut ouverte par Naruto. Celui-ci sortit la première et fronça les sourcils, remarquant des similitudes flagrantes avec celles des victimes du Carnacier. Un homme brun était étendu et ligoté sur une table, le bide ouvert et les intestins sortis.
- C'est quoi ça ? marmonna-t-il, en prenant une seconde photo.
Il pâlit en reconnaissant Mikoto Uchiwa sur l'image, entièrement nue, debout au milieu d'une pièce vide, les bras suspendus au dessus de sa tête, des marques de fouets sur l'ensemble de son corps. Relevant les yeux, il se tourna vers Sasuke qui tenait d'autres photos dans ses mains et était plus pâle qu'un mort.
- Sas'ke...
- C'est... C'est mon oncle, murmura l'interpellé en montrant un homme roulé en boule sur le sol, le corps couvert de sang. Et là, c'est ma tante...
Sortant fébrilement les photos de leur boîte, il les étala sur la table désignant un à un les différents membres de sa famille.
- Sas'ke, souffla Naruto en posant sa main sur l'épaule tremblante du brun.
- C'est... C'est ma famille ! Bordel ! C'est ma famille ! Je... On m'a dit qu'ils étaient morts... Accidents, maladies, crises cardiaques... Alors qu'est-ce qu'ils foutent là ?! C'est quoi cette merde !
Naruto prit Sasuke, qui s'était mis à hurler de manière totalement hystérique, dans ses bras, l'éloignant de la table où s'étalait le massacre de la famille Uchiwa.
Tremblant de la tête aux pieds, Sasuke s'agrippa aux épaules Naruto, et souffla d'une voix tremblante :
- FU The first... FU... Fugaku Uchiwa... Mon père... Bordel ! Mon père était un putain de psychopathe ! Merde ! Sa propre famille... Ma mère... Merde... Merde... MERDE !
Naruto resserra son étreinte en silence, ne sachant que dire pour réconforter celui qu'il aimait encore et toujours.
Du coin de l'oeil, il vit les autres ranger précipitamment les photos dans leurs boîtes, pendant que Tenten fouillait la niche pour s'assurer qu'il n'y avait plus rien d'autres. La jeune femme fronça les sourcils et extirpa ce qui semblait être une photo couverte de poussière.
- Pourquoi elle n'est pas rangée celle-là ? demanda-t-elle en l'époussetant.
Sa remarque fit relever la tête à Sasuke, et attira le regard des autres membres de l'équipe.
Shikamaru lui prit la photo des mains, la regarda, la retourna et pâlit. Il voulut la ranger immédiatement avec les autres, mais avant qu'il n'ait pu le faire elle lui fut violemment arrachée des mains.
- Sasuke, tu devrais pas... commença-t-il.
Mais il ne finit pas sa phrase. Sasuke fixait la photo les yeux exorbités, les mains tremblantes, encore plus pâle qu'avant.
Il la lâcha soudainement et partit en courant en direction des toilettes. Le bruit de la porte qui s'ouvre violemment fut immédiatement suivi de celui, peu ragoûtant, de régurgitations entrecoupées de sanglots hystériques. Naruto ramassa la photo, y jeta à peine un coup d'œil avant de la retourner. Sans un mot, il la lança vers Lee qui était le plus proche de lui et courut rejoindre Sasuke.
Assis dans l'espace exiguë des toilettes de la vieille bâtisse abandonnée, Naruto serrait dans ses bras un Sasuke en larmes, choqué, ne cessant de répéter entre deux sanglots "Ce n'est pas possible... pas possible...". Il ne disait rien, se contentant de le serrer aussi fort qu'il le pouvait, le berçant machinalement, faisant fi de l'odeur acide du vomi flottant encore dans la pièce. Que pouvait-il dire de toute façon ?
Il avait à peine entrevu la dernière image... Et pourtant elle semblait s'être gravée sur ses rétines. L'image d'un jeune homme brun, entièrement nu, les mains attachées dans le dos, ses longs cheveux tombant dans son dos et sur ses épaules, le corps striés de plaies sanguinolentes, des traces de sperme sur le visage et le ventre. Un jeune homme brun assis sur une chaise parsemées de piques... une expression de pure souffrance déformant son visage... son visage trop ressemblant à Sasuke pour être quelqu'un d'autre que celui dont le nom était inscrit au dos de la photo : Itachi Uchiwa.
~oOo~
- Comment va Sasuke ? demanda Tsunade en reposant la photo d'Itachi Uchiwa sur la table.
- Pas très bien, répondit Shikamaru d'un ton grave.
- Quel doux euphémisme, rétorqua Orochimaru acide. Apprendre que son père était un psychopathe, qu'il a tué toute sa famille dont sa propre femme, et que son frère n'est absolument pas mort d'une overdose mais torturé par Dieu sait qui... Il va avoir du mal à s'en remettre.
Dans la salle de réunion, personne ne répliqua, tous conscient qu'hélas le légiste avait parfaitement raison. Eux-même étaient profondément choqués, et il ne s'agissait pas de leur famille.
- Où sont-ils ? finit par demander Tsunade.
- Naruto l'a emmené chez lui, répondit rapidement Lee. On n'a pas jugé utile de les obliger à passer par ici avant.
Non, aucun d'eux n'avait eu le cœur de s'opposer à Naruto quand il les avait rejoint, soutenant un Sasuke livide et aux yeux rougis. Shikamaru lui avait tendu les clés d'une des voitures en lui disant simplement :
- Reste joignable.
Naruto avait acquiescé sans un mot avant de partir en direction de son appartement, Sasuke allongé sur la banquette arrière.
- Vous avez bien fait, le rassura Tsunade. De toute façon, ils n'auraient été, ni l'un, ni l'autre, en état d'être utiles. Bien, examinons ces photos maintenant, et trouvons cet enfoiré rapidement.
- Ok, dit Kakashi en attrapant la boîte marquée FU The First. Yamato et moi on s'occupe de celle-ci. Je préférerai qu'on n'ait pas à demander à Sasuke de les regarder à nouveau.
Tous approuvèrent et se mirent au travail, immédiatement. Orochimaru, Kabuto et Karin renoncèrent à retourner dans leur domaine et prêtèrent main forte au reste de l'équipe. Même Tsunade resta pour aider, abandonnant momentanément ses diverses obligations de commissaire en chef. Les photos furent classées au fur et à mesure que les victimes furent identifiées, le dossier Fugaku Uchiwa jusqu'alors inexistant prenant rapidement autant d'épaisseur que celui de Yahiko Ame.
A l'autre bout de la ville, Naruto caressait tendrement le dos nu de Sasuke qui reposait sur son torse, les langueurs de l'orgasme embrumant encore son cerveau.
- Je t'aime, murmura-t-il pas sûr que le brun puisse l'entendre. Je t'ai toujours aimé. Durant ces dix dernières années, je n'ai jamais cessé de t'aimer. Et il a fallu que je te perde pour comprendre que je ne pouvais pas vivre sans toi.
Il ne s'attendait pas à une réponse, persuadé que Sasuke dormait déjà. Mais la tête brune se souleva, les prunelles onyx vinrent plonger dans les siennes y cherchant la moindre trace de mensonge. Puis Sasuke remonta doucement le long de son torse nu et juste avant de l'embrasser chastement, il souffla :
- Je suis là maintenant... Crétin.
Un sourire tendre étira les lèvres de Naruto alors que Sasuke se réinstallait sur son torse, visiblement dans le but de s'en servir comme oreiller. Oui, il était là maintenant... Et plus jamais il ne le laisserait partir. Il posa un regard tendre et amoureux sur la tête brune, n'en revenant pas encore vraiment de ce qu'il s'était passé, ni de ce que venait de dire son amant. Parce que oui, c'était ce qui ressemblait le plus à une déclaration en version Sasuke.
Quand ils étaient arrivés à l'appartement, Naruto avait immédiatement envoyé le brun prendre une douche, arguant que cela lui ferait du bien. Puis il avait préparé un rapide repas, et du café. La nuit promettait d'être longue, autant prévoir de quoi tenir. Mais quelques minutes après, Sasuke était apparu dans la cuisine, entièrement nu et encore humide de sa douche. Quand le brun s'était jeté sur lui, l'embrassant à pleine bouche, il ne l'avait pas repoussé, bien au contraire.
Peu lui importait de connaître la raison de cet assaut soudain, si c'était ce dont Sasuke avait besoin, il le lui donnerait sans protester. Et il lui avait donné... Sur la table de la cuisine, sur le tapis du salon et finalement dans son lit... Il lui avait tout donné... Sa tendresse, son amour, son cœur... son âme... Si c'était ce que Sasuke voulait, alors lui donnerait tout, absolument tout.
Les heures s'égrainèrent et ses pensées dérivèrent vers les nouveaux rebondissements de l'affaire. Quelque chose lui échappait... Fugaku Uchiwa... Yahiko Ame... Rien ne semblait relier les deux hommes. Pourtant ils utilisaient les même méthodes pour tuer. Et si celui qui faisait le lien n'était nul autre que le troisième ? Mais comment ? Et surtout qui ? Il espéra que ses collègues trouveraient des réponses dans les boîtes de photos sordides. Il devait y avoir un lien ! Mais lequel ?
Quand il se réveilla, il faisait encore nuit noire, et il était seul dans son lit. Inquiet, il se leva et quitta la chambre en appelant :
- Sas'ke ?
Mais aucune réponse ne lui parvint. Il vérifia la salle de bain et les toilettes avant d'arriver dans son séjour, vide lui aussi.
Sur la table de la cuisine, il trouva une assiette sale, preuve que son amant avait mangé, mais nulle trace de celui-ci. Un papier attira son attention, et il s'en saisit découvrant un mot, bref et concis : "Je n'en peux plus de cette histoire. Je rentre chez moi. Sasuke". Son cœur se serra douloureusement et il se précipita à la fenêtre. Non, il refusait de le laisser partir comme ça... Pas alors qu'il venait de le retrouver...
Naruto scruta attentivement la rue, un mauvais pressentiment le taraudant. Mais il n'y avait personne dans la rue, juste une voiture noire qui passait. Pris d'un doute il mémorisa rapidement le numéro d'immatriculation du véhicule, puis courut à sa chambre pour s'habiller hâtivement. Il quitta son appartement précipitamment, son portable collé à l'oreille pour appeler Sasuke. Mais il tomba immédiatement sur la messagerie, ce qui le fit pester contre les bruns asociaux et caractériels.
Il dévala les deux étages menant à sa rue, bien décidé à rattraper son amant fuyard. Il ouvrait sa portière quand son téléphone sonna, le faisant soupirer de soulagement.
- Sas'ke ! T'es où ? cria-t-il à peine décroché.
- Ne me dis pas que tu l'as perdu de vue ! Rugit Tsunade à l'autre bout du fil.
- Il a profité que je dormais pour se faire la malle, rétorqua Naruto. Qu'est-ce que tu veux ?
- Que tu ramènes tes fesses immédiatement, on a trouvé un nouveau corps. Et ne t'avise même pas de protester !
Naruto enragea, mais n'eut d'autre choix que d'obéir à sa supérieure. Juste avant de démarrer, il nota sur un papier, traînant dans l'habitacle, le numéro d'immatriculation de la voiture qu'il avait aperçu plus tôt. Son mauvais pressentiment refusait de partir, lui tordant les entrailles d'une angoisse indéfinie. Que s'était-il passé pour que Sasuke s'en aille comme un voleur ? Il ne comprenait pas... et ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire...
To be continued...
Commentaire de l'auteure :
Je vous entend déjà d'ici : "Quoi ! Pas de lemon !"... Et donc je confirme... Non, pas de lemon ! Na !
- Lili...
- Oui Sasu ?
- Je suis vraiment rentré chez moi hein ?
- Bien sûr Sasu...
Sasu se lève d'un bond et hurle après l'auteure :
- Y'a intérêt oui ! Tu as vu la famille de merde que tu m'as pondu ! Mon père... un putain de psychopathe !
- Justement, l'interrompt Lili. Y'a que ton père... Le reste de ta famille, ils étaient normaux... Y'a juste ton père qui est légèrement, très légèrement, dérangé...
Pendant que Sasu quitte la pièce en rageant, Ita se rapproche et soupire :
- Tu sais, ça me convenait très bien d'être mort par overdose. C'était pas la peine d'en rajouter...
- Tu aurais préféré être vivant ? demande Lili.
- Surtout pas ! Tu serais capable de faire de moi le tueur !
- Bon alors de quoi tu te plains, s'écrie Lili. Je sue sang et eau pour faire un truc qui tient la route, et tout ce que vous trouvez à faire c'est vous plaindre de vos rôles ! Zut !
Tranquillement assis sur le canapé, Tsunade et Shika soupirent :
- Non mais nous on a rien dit... Et vous lecteurs ? Vous en pensez quoi de son scénario à notre petite Lili ? Une petite review pour le dire ?
Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 6 : L'étau se resserre.
