Avertissement : Bon là il n'y pas de torture ni rien... Juste les conséquences...
Bonne lecture.
Lili
~Chapitre 8 : Dénouement.~
La porte de la salle de réunion s'ouvrit brutalement, Tenten entrant comme une furie dans la pièce suivie de Shikamaru dont le flegme habituel laissait transparaître un empressement fébrile.
- On a quelque chose !
L'exclamation de la jeune femme attira immédiatement l'attention de tous. Tsunade fronça les sourcils, et se leva de la chaise où elle était assise, un dossier étalé devant elle.
- On a trouvé ça en fouillant dans les boîtes, expliqua Tenten en posant sur la table une photo. C'est une photo de famille, tout ce qu'il y a de plus normal. Là on a Fugaku Uchiwa, à côté sa femme Mikoto, dans les bras de Mikoto leur fils cadet Sasuke, au premier plan on a leur fils aîné Itachi et à côté de lui un cousin.
- Et donc ? s'impatienta Tsunade.
- On a trouvé des photos des cadavres de Mikoto et d'Itachi, repris Shikamaru calmement. On sait que Fugaku est décédé lui aussi, et que Sasuke est vivant... Aux dernières nouvelles. Mais ce cousin, là, aucune trace de lui... Absolument aucune.
- Pas même en temps que victime ? demanda Kakashi les sourcils froncés.
Shikamaru nia de la tête et Tenten enchaîna.
- Ça nous a interpellé, alors on a fait des recherches. Il s'appelle Shisui Uchiwa et c'est le filleul de Fukagu. Ces parents sont morts dans un accident de voiture quand il était très jeune et c'est Fugaku et Mikoto qui l'ont élevé.
- Un accident de voiture ? s'enquit Yamato septique.
- On a vérifié, c'était un vrai accident de voiture, précisa Shikamaru.
- Bref, repris Tenten. On a fouillé, et Shisui Uchiwa a quitté la maison familiale après la mort de Fugaku et Mikoto. Il a vécu dans un internat avant de prendre un appartement en ville à son entré au lycée. Il a demandé son émancipation à seize ans et a touché son héritage ce qui lui permettait de vivre sur ses rentes tout en poursuivant ses études.
- C'est là que ça devient intéressant, poursuivit Shikamaru. Shisui Uchiwa est allé dans le même lycée que Yahiko Ame. Ils n'étaient pas dans la même classe, Yahiko était en terminale quand Shisui est entré au lycée. Mais ils se connaissaient...
Naruto bondit de sa chaise et cria littéralement :
- Quoi ? Mais comment c'est possible ! On n'a trouvé aucun contact entre Yahiko Ame et quelqu'un d'autres à part Konan Blue !
Tenten extirpa alors une photo de sa poche et la posa sur la table. Tous se penchèrent sur le cliché, grimaçant en reconnaissant Itachi Uchiwa, nu et couvert de sang.
- Là, pointa Tenten en posant un doigt sur un coin de la photo. Il y a un miroir ici. Il est minuscule, mais en agrandissant voilà ce que ça donne.
Shikamaru déposa près du cliché un agrandissement du coin montré par sa collègue. C'était un peu flou, mais on y reconnaissait sans mal la chevelure rousse de Yahiko Ame et près de lui, un jeune homme brun les bras autour du cou de Yahiko.
- Vous êtes sûrs que c'est bien Shisui à côté de lui ? demanda Karin un peu septique.
- Absolument, affirma Tenten. Regarde !
Et elle montra une photo de Shisui Uchiwa, en tenue de diplômé. La ressemblance entre les deux jeunes hommes étaient bien trop flagrante pour que ce ne soit pas les mêmes.
- On ne sait pas comment ils se sont rencontrés, mais il est évident qu'ils se connaissaient et qu'ils partageaient le même goût pour la torture et le meurtre, annonça Shikamaru. Je pense qu'on tient notre Carnacier.
Naruto releva la tête, grimaçant en sentant sa nuque protester contre le mouvement soudain. Il se frotta les yeux, chassant de son esprit la scène qui s'était déroulée la veille. Suite aux découvertes de Shikamaru et Tenten, Lee et Suigetsu n'avaient pas mis longtemps à trouver une adresse. C'était une vieille maison, ayant appartenu aux parents de la mère de Shisui Uchiwa. Une maison perdue en pleine forêt, qui n'avait jamais été vendue et était officiellement abandonnée. L'acte de propriété était toujours au nom des grands-parents de Shisui : Mr et Mme Kyota, ce qui expliquait pourquoi il n'avait pas trouvé sa trace avant.
Moins d'une heure après, ils étaient devant la demeure. La fouille n'avait rien donné, et ils s'apprêtaient à repartir, frustrés de faire chou blanc, quand Lee remarqua qu'une bâche posée au sol dans la grange attenante avait été récemment bougé. Sous la bâche, ils trouvèrent une trappe, un escalier puis des cellules... vides. Naruto frémit en repensant au hurlement pitoyable qui avaient soudain résonné dans le couloir sombre et sordide.
Sasuke... Il n'avait pas réfléchit plus, il s'était précipité, défonçant la porte arme au poing. La voix de Shikamaru ordonnant à l'homme en noir de s'éloigner les mains en l'air, l'avait ramené à la réalité, l'empêchant de défoncer le crâne de celui qui torturait son amant. Mais malgré les deux injonctions des policiers, l'homme avait rit, sortant de sa poche un révolver. La balle de Suigestu l'avait touché en pleine tête, l'homme masqué s'effondrant sur le corps pâle de sa victime.
Un mouvement près de lui attira son attention sur celui qu'il veillait depuis de longues heures. Allongé sur ce lit d'hôpital, Sasuke n'avait pas ouvert les yeux depuis qu'il était remonté du bloc opératoire. Naruto serra les doigts fins de son amoureux, retenant ses larmes en voyant dans quel état était celui-ci. Les jambes, plâtrées des pieds jusqu'aux hanches, étaient en traction attachées à des poids qui pendaient au pied du lit.
Les bras du brun étaient eux aussi plâtrées, des mains jusqu'aux épaules, les plâtres enveloppant le haut du torse pâle. Les draps blancs masquaient le reste du corps de Sasuke, cachant les nombreux bandages et pansements qui le couvraient. Les cheveux noirs s'étalaient sur l'oreiller blanc, encadrant le visage blême qui s'ornait de lunettes à oxygène dans le nez. Un cathéter était visible sur le cou fin, planté directement dans la jugulaire, les bras n'étant pas accessibles pour les perfusions.
Pendues près du lit et reliées au cathéter dans le cou de Sasuke, une poche de sang et des poches de liquides translucides se vidaient lentement mais sûrement dans le corps du malade. Naruto grimaça, se souvenant de la quantité de sang que son amant avait perdu. Dans cette cellule mortifère, les minutes lui avaient semblé des heures, ses mains agrippées aux joues livides de celui qu'il aimait et qui souffrait atrocement, perdant à chaque seconde bien trop de sang... beaucoup trop...
Les secours n'avaient pourtant pas mis longtemps à arriver, Kakashi les ayant prévenus avant même qu'ils ne descendent par la trappe de la grange. Orochimaru, Kabuto et Karin avaient donné les premiers soins en urgences avec le matériel qu'ils avaient emmenés, s'acharnant pour juguler au mieux l'hémorragie. Dans l'ambulance, Naruto avait refusé de lâcher la main de Sasuke, ses yeux rivés aux orbes sombres et de plus en plus vitreuses du brun.
A leur arrivée à l'hôpital, Sasuke avait immédiatement été emmené au bloc opératoire, les médecins beuglant des instructions aux infirmières qui courraient dans tous les sens. Pour lui, l'attente avait commencé... Longue... Interminable... Angoissante... La petite salle d'attente des urgences étaient pleine, l'équipe au grand complet se trouvant là, tous attendant le retour d'un médecin qui leur dirait si Sasuke allait s'en sortir.
Un soupir le sortit ses souvenirs, attirant son regard vers le visage pâle. Les paupières de Sasuke papillonnèrent, une légère grimace tordant le nez fin, signes que le brun se réveillait enfin. Soulagé au delà des mots, Naruto se leva de la chaise inconfortable où il était assis depuis des heures pour se pencher au dessus de son amant.
- Sas'ke, souffla-t-il, des larmes de joie embrouillant ses yeux.
Sasuke cligna des yeux, grimaçant sous l'afflux de lumière qui lui agressa les rétines. Il s'habituait à peine à la luminosité qu'un visage bien connu apparu dans son champ de vision, son prénom lui parvenant en un souffle empli d'un soulagement plus qu'audible. Un léger sourire étira les lèvres du brun qui croassa, la voix cassée et enrouée :
- Naruto...
Les sanglots soudain et inattendus le surprirent, la tête blonde venant se nicher dans son cou pour y déverser ses larmes pendant que les mains de Naruto s'accrochaient désespérément à lui. Entre deux sanglots, Sasuke comprit vaguement les balbutiements de son amant, celui-ci avouant qu'il avait eu peur... très peur. Oui, il pouvait comprendre... Lui aussi avait eu peur. Et si la situation avait été inversée il... ne préférait même pas y penser.
Sasuke voulu entouré son amant de ses bras, mais découvrit qu'il ne pouvait absolument pas les bouger. Une vague de panique le saisit, s'accentuant quand il réalisa qu'il ne pouvait pas bouger ses jambes non plus. Sa respiration s'accéléra brutalement, faisant immédiatement réagir Naruto. Les paumes chaudes qui se posèrent sur ses joues le calmèrent aussi efficacement que le regard bleu comme un ciel d'été.
- Calme toi, l'enjoignit calmement Naruto. Tu es en sécurité. Tu es à l'hôpital... Tout va bien, Sas'ke... Respire...
- Je... bafouilla difficile Sasuke, sa gorge le brûlant à chaque mot. Je peux pas... bouger...
Sa panique était plus que visible mais Naruto lui sourit tendrement et se recula légèrement pour lui expliquer :
- C'est normal rassure-toi. Regarde... Tu as les deux jambes et les deux bras plâtrés.
Sasuke tourna légèrement la tête d'un côté puis de l'autre, s'observant et constatant qu'effectivement ses deux bras et ses deux jambes étaient immobilisées par des plâtres blancs. Ses jambes étaient étrangement surélevées, accrochées à une potence métallique au pied du lit. Les sourcils froncés par la concentration, il essaya de sentir chaque partie de son corps, pour en évaluer les dégâts.
La douleur avait disparue, sûrement grâce aux médicaments dans les poches qu'il vit du coin de l'œil pendues près de lui. Il sentait son torse enserré dans ce qu'il supposa être des bandages. Sous lui le matelas se gonflait et se dégonflait à un rythme lent, le berçant vaguement. La sensation d'un truc bizarre à son entrejambe le fit froncer davantage les sourcils et il baissa la tête, maudissant les draps qui l'empêchait de voir ce qu'il se passait là.
- Soulève les draps, demanda-t-il à Naruto qui le regardait s'observer avec inquiétude.
- Sas'ke, je crois que...
Mais le regard noir qu'il reçu l'empêcha de protester davantage. Lentement, il abaissa le drap, dévoilant le corps fin et entièrement nu. Il se mordit les lèvres en voyant le ventre aux abdominaux finement ciselés.
- C'est quoi ça ?! croassa Sasuke affolé en désignant du menton une poche transparente collée à gauche de son nombril.
Naruto posa un regard désolé sur son amant et souffla :
- Une poche de colostomie... Ils n'avaient pas le choix, Sas'ke... Et ce n'est que temporaire...
Sasuke fixa Naruto en silence, digérant la nouvelle peu réjouissante. Puis baissant à nouveau les yeux sur son corps il vit un tuyau jaune sortir de son sexe mou.
- Et ça ? demanda-t-il d'un ton vide de tous sentiments.
- Une sonde urinaire, répondit doucement Naruto. Ils devraient te l'enlever rapidement.
Sasuke soupira lourdement et laissa sa tête retomber sur l'oreiller. Il sentit Naruto replacer le drap sur lui et lui caresser les cheveux avec une tendresse désarmante. Lentement, il tourna la tête, plongeant ses orbes sombres dans celles azurs de celui qu'il n'avait jamais cessé d'aimer.
Il ouvrit la bouche pour parler mais la referma incapable d'exprimer avec des mots ce qu'il ressentait. Il était vivant... Amoché, diminué, défiguré, sali... mais vivant. Un rire cauchemardesque résonna dans son crâne, mais Sasuke le chassa rapidement, refusant de penser à tout ça maintenant. Là maintenant, ce dont il avait besoin, c'était Naruto. Naruto qui ne resterait certainement pas avec un homme portant une poche sur le ventre...
Ses pensées furent interrompues par Naruto, qui, semblant les deviner comme toujours, murmura :
- Je comprends que tu réagisses comme ça. Mais moi, je m'en fous. Tu es vivant, et c'est tout ce qui compte. Alors que tu ais une poche sur le bide, même si ça devait être à vie, je m'en fous. Tu es vivant... C'est tout ce qui compte pour moi.
- Crétin, souffla Sasuke touché par les mots de son amant.
Naruto lui sourit et déposa un doux baiser sur les lèvres fines, soupirant de soulagement en sentant son baiser lui être rendu avec tendresse.
~oOo~
Le médecin frappa rapidement à la porte avant d'entrer dans la chambre. Un léger sourire flotta sur ses lèvres en voyant le policier blond, portant toujours les même vêtements que la veille à son arrivé. Il remarqua immédiatement que son patient était réveillé et il s'empressa de le saluer :
- Bonjour Monsieur Uchiwa. Je vois que vous êtes réveillé. Comment vous sentez-vous ?
- Raide, répondit platement Sasuke amusant sans le savoir le praticien.
- Ce qui est parfaitement normal vu les circonstances, reprit celui-ci.
Puis il ouvrit le dossier entre ses mains, jetant un œil aux résultats d'examens de son patient. Après quelques secondes, il referma le dossier et se tourna vers l'homme blond :
- Pourriez-vous sortir Monsieur, je dois parler à Monsieur Uchiwa.
Complaisamment, Naruto se leva prêt à quitter la pièce, mais Sasuke l'en empêcha, dardant un regard déterminé vers le médecin :
- Il reste ! Quoi que vous ayez à dire, il reste !
Naruto jeta un coup d'œil interrogatif au médecin, qui se contenta d'hausser les épaules, avant de se rasseoir auprès de son amant, serrant dans sa main les doigts fins de celui-ci.
Le médecin adressa un sourire compatissant à son patient, et commença ses explications :
- On peut dire que vous avez eu de la chance. Quelques minutes de plus et on ne pouvait plus rien pour vous. Et très honnêtement, vous vous en tirez plutôt bien vu l'état dans lequel vous étiez à votre arrivée. Vous n'avez aucune fracture. Vos hanches, vos genoux, vos coudes et vos épaules se sont déboités, déchirant les muscles qui les entourent. Mais une immobilisation totale pendant cinq à six semaines devraient suffire à tout remettre en place.
- Je vais rester comme ça pendant plus d'un mois ? demanda Sasuke, une pointe d'affolement pointant dans sa voix.
- Oui, répondit le médecin sans détour. Et vous sortirez de l'hôpital une fois déplâtré de partout, et en fauteuil roulant, avec interdiction formelle de faire le moindre effort durant trois mois. Vous aurez de la kiné pour reprendre du muscle tout en douceur, et petit à petit vous pourrez reprendre une vie normale.
- Allez Sas'ke, tempéra Naruto. C'est l'histoire de quoi ? Deux mois ? Trois mois ? Et après tu pourras à nouveau gambader dans les champs.
Mais Sasuke ne sembla pas l'entendre de cette oreille, demandant d'un ton polaire au médecin :
- Et la poche que j'ai sur le ventre ? C'est pourquoi ?
- Sas'ke... gronda gentiment Naruto avant de s'interrompre devant le regard noir de son amant.
- Quelque soit l'instrument qui a été utilisé sur vous, il a causé d'importants dégâts internes. Votre anus, votre rectum et une partie de votre côlon ont été très gravement endommagés. Le seul moyen pour réparer de tels dégâts était une poche de colostomie. J'ai reconstruit ce qui avait été abîmé, mais cela va demander plusieurs mois avant d'être complètement cicatrisé et fonctionnel, expliqua le praticien.
- Vous avez reconstruit comment ? s'enquit Sasuke.
- En prenant un bout de votre côlon plus haut. J'ai raccourci votre côlon pour pouvoir refaire la partie manquante. Cette poche est là pour laisser le temps à tout ça de cicatriser tranquillement. Si tout va bien, d'ici un an, vous serez à nouveau opéré pour rétablir la continuité. Et la colostomie n'aura plus lieu d'être. Il faudra cependant attendre encore six mois avant d'envisager une quelconque relation sexuelle par ce biais...
Le sous-entendu du médecin fit rougir Naruto qui détourna le regard, gêné. Leur relation était-elle si évidente ? Mais il tomba sur sur le regard affolé teinté de tristesse de Sasuke. Comprenant les craintes de son amant, Naruto se pencha vers lui et déposa un doux baiser sur ses lèvres en soufflant :
- On trouvera un autre moyen en attendant...
L'émotion qui illumina les prunelles sombres du brun lui gonfla le cœur d'une bouffée d'amour. Oui, peu lui importait que Sasuke soit coincé dans un fauteuil roulant pendant plusieurs semaines, ou qu'il ait un anus sur le ventre pendant plusieurs mois... L'important c'était qu'il était vivant ! Bel et bien vivant ! Et près de lui... Il comptait bien s'assurer que plus jamais il ne s'éloigne de ses bras !
- La bonne nouvelle, intervint le médecin les sortant de leur bulle, c'est que les plaies de votre dos, bien qu'impressionnantes ne sont pas très profondes et guériront rapidement. La majorité d'entre elles ne laisseront même pas de cicatrice. Et pour votre postérieur, quand nous rétablirons la continuité, nous vous mettrons des prothèses afin de remplacer ce qui a été détruit. Avez-vous des questions ?
- Vous... Vous êtes en train de dire que... balbutia Sasuke les yeux agrandis d'affolement, j'ai le cul... détruit ? Mais détruit comment ? Et...
Naruto pouffa, amusé par les inquiétudes triviales de son amant qui le fusilla du regard en rétorquant d'une voix polaire :
- Des années de jogging pour avoir un cul comme ça... Des années ! Crétin !
Naruto se mordit férocement les lèvres pour ne pas éclater de rire devant l'air outré et scandalisé de Sasuke qui continua à l'invectiver sur les efforts incommensurables et les années de souffrance endurées pour obtenir un postérieur parfait. Il avait parfaitement conscience que Sasuke ne cherchait qu'à faire diversion, s'attardant sur un problème secondaire plutôt que sur le reste. Mais il n'avait pas le cœur à l'empêcher... Et il avait bien besoin de ça lui aussi.
Le médecin quitta la pièce dans l'indifférence du duo, amusé par la scène qu'il laissait derrière lui. A peine eut-il fait trois pas dans le couloir qu'une femme blonde à forte poitrine l'interpella pour lui demander des nouvelles de Monsieur Uchiwa.
- Il va bien... Il va se remettre. Ce sera long, mais il va se remettre. Vous pouvez aller le voir si vous voulez. Il est avec son ami, répondit-il posément.
- Merci pour ces renseignements docteur, je vais pouvoir rassurer cette bande d'angoissés chroniques. Et préparer une valise avec des affaires propres pour cet imbécile... j'espère qu'il ne vous causera pas trop de problèmes.
- Je doute que Monsieur Uchiwa nous pose beaucoup de problèmes, s'étonna le médecin.
- Je ne parlais pas de lui... mais de l'autre.
~oOo~
- Tu es bien installé là ?
Sasuke soupira et marmonna vaguement :
- Autant que possible...
Naruto s'assit précautionneusement près de son amant, dont il venait de réarranger les oreillers, puis l'entoura de ses bras, nichant son nez dans le cou pâle.
Avec un soupir Sasuke appuya sa joue sur la tête blonde.
- Comment vous m'avez retrouvé ? souffla-t-il.
Sans bouger de sa position, Naruto raconta leurs derniers jours d'enquête, les fausses pistes, les espoirs déçus, puis enfin... Ce foutu lien qu'ils cherchaient depuis le début, leurs découvertes et leur fouille de la maison... Et leur arrivé dans la cellule où était enfermé Sasuke.
Le silence s'étira dans la chambre aseptisée, seules leurs respirations calmes se faisant entendre. Chacun d'eux revivaient ces moments d'angoisses, de souffrances, de peurs... heureux d'être à nouveau réunis et vivants. Chacun d'eux songea aux conséquences, à ces mois à venir qui s'annonçaient longs et difficiles, à tout ce qu'ils n'avaient pas encore dit à l'autre...
Sasuke chassa rapidement les souvenirs terrifiants de sa captivité, se concentrant sur la tête blonde posée près de lui. Il tenta d'imaginer la suite... Son hospitalisation et surtout l'après, quand il sortirait de cette chambre aseptisé pour retrouver sa vie d'avant. Il brisa finalement le silence, demandant d'une voix désabusée :
- Et comment je vais faire, moi, si je peux pas me servir ni de mes jambes, ni de mes bras ?
Naruto se redressa et répondit sur un ton d'évidence :
- Je suis là moi. Je serai tes bras, tes jambes... Et ne me regarde pas comme ça, protesta-t-il en voyant le regard incrédule de son amant. Maintenant que je t'ai enfin retrouvé, je ne te laisserai plus jamais partir. Même si ça veut dire que je dois aller vivre dans ton bled paumé en pleine montagne, entouré d'ours sauvages et de loups sanguinaires !
- Il n'y a pas d'ours, ni de loups dans ce coin du pays, crétin ! protesta Sasuke, amusé malgré lui et touché par les paroles de son homme.
Naruto s'apprêta à argumenter quand on frappa à la porte. A peine le temps pour lui de dire "Entrez" qu'une tête brune passa l'entrebâillement du battant, pour disparaître quelques secondes le temps de crier : "Tout va bien, ils ne sont pas en train de faire des cochonneries" et Lee entra dans la pièce suivit de près par le reste de l'équipe hilare.
- Bandes de gamins, râla Karin en refermant la porte derrière elle. Vous croyez vraiment qu'ils oseraient faire des cochonneries à l'hôpital ?
Le regard entendu que s'échangèrent les hommes la fit soupirer de lassitude. Yamato enfonça le définitivement le clou en lâchant :
- Tu crois que j'ai rencontré ma femme où ?
Tous éclatèrent de rire devant la mine dépitée de Karin. Tsunade tendit à Naruto une valise et lui ordonna d'aller prendre une douche et de se changer (et plus vite que ça !) avant de se tourner vers Sasuke et de l'embrasser sur le front en lui demandant comment il se sentait.
- Tiens, dit-elle, en posant un paquet cadeau sur la table roulante près du lit. C'est pour toi, Naruto te l'ouvrira tout à l'heure.
La table croula rapidement sous les paquets de tailles et formes diverses et Sasuke reçu plus d'embrassade en dix minutes qu'il n'en n'avait reçu ses dix dernières années. Kakashi exprima clairement l'avis de tous quand Karin fondit en larmes sur le torse, couvert d'un drap blanc, du brun alité :
- Excuse nous Sasuke, mais on profite lâchement du fait que tu ne puisses pas nous repousser pour t'exprimer de manière tactile notre joie et notre soulagement de t'avoir retrouvé vivant.
- En gros vous en profitez pour le câliner, râla Naruto en sortant de la salle de bain, un jean et un tee-shirt propre sur le dos et les cheveux encore humides de sa douche.
- C'est ça, approuva Tsunade en riant.
- Ouais ben en profitez pas trop... marmonna Naruto en reprenant sa place près de son amant.
L'ambiance était légère, tous étant détendus et souriants, ravis de se retrouver ensemble, et saufs après une enquête aussi éprouvante. Quand Kakashi et Tsunade sortirent de leurs sacs des bouteilles de bière tous saluèrent l'audacieuse initiative et trinquèrent à la santé de Sasuke, et Naruto. Sasuke râla quand Naruto dû lui tenir le verre pour boire, Yamato et Suigestu ne manquant pas de se moquer gentiment de ce qu'ils appelèrent "son retour en enfance".
Ce fut finalement Sasuke qui mit fin à cette ambiance bon enfant, demandant d'une voix ne souffrant pas le refus :
- Vous avez tout éclairci alors ?
- Effectivement, approuva Tsunade soudain devenue plus sérieuse. Mais je ne suis pas sûre que tu ais besoin de tout savoir.
- Si !
La réplique ferme et déterminée la fit soupirer intérieurement. Elle avait failli oublier à quel point Sasuke pouvait être buté. Croisant les bras sur son opulente poitrine elle répondit par une question :
- J'imagine que durant ta détention il a du parler. Que sais-tu ?
Sasuke détourna un bref instant les yeux, conscient de tous les regards posés sur lui. Depuis son réveil, ni lui, ni Naruto n'avait réellement évoqué ce qu'il avait vécu entre les mains de son bourreau. Il chassa dans un coin de sa tête le souvenir de l'enfer qui l'avait amené sur ce lit d'hôpital pour se concentrer sur ce que lui avait dit son tortionnaire. Surtout ne pas penser à tout ça, s'en tenir seulement aux faits... Ne pas se laisser submerger par le tsunami émotionnel qui n'attendait qu'un instant de faiblesse pour se déchaîner.
Il hésita à mentir et dire qu'il ne savait rien, que rien n'avait été dit, qu'il n'avait rien compris, puis il croisa les prunelles azurs de son amoureux et se promit de ne pas refaire les même erreurs que dix ans auparavant. Il lui devait la vérité... Aussi horrible soit-elle. Il puisa son courage dans les deux océans limpides qui le fixaient avec anxiété et sans le lâcher des yeux il répondit à Tsunade.
- Je n'ai pas vu son visage, et je ne connais pas son nom. Je sais par contre qu'il connaissait mes parents et mon frère. Il m'a dit qu'il considérait mon père comme un Dieu. C'est pour ça qu'il a tué Itachi... Itachi avait tué son Dieu. Il m'a aussi fait comprendre que mon père abusait sexuellement de lui. De lui et de mon frère... Et qu'il était là quand ma mère est morte... C'est tout...
Oui c'était tout... Mais c'était déjà beaucoup, trop même. Il se serait bien passé de telles révélations. Cela bouleversait toutes les bases de son existence et il ne savait pas comment il pourrait continuer à vivre normalement avec ça. La main chaude qui se posa sur sa joue lui rappela qu'il n'était pas seul, les yeux bleus qu'il fixait lui promirent qu'il ne le serait jamais plus.
- Naruto m'a dit que vous l'aviez trouvé grâce aux photos, reprit-il après un instant de silence se tournant vers ses invités. Mais il ne m'a pas dit son nom... Juste que vous l'aviez retrouvé, et que c'était un membre de ma famille. Et que vous aviez retrouvé une maison appartenant à ses parents décédés depuis longtemps. C'est là que vous m'avez trouvé... J'imagine que vous avez fouillé de fond en comble cette baraque...
- Oui, répondit Tsunade. On a fouillé la maison et les alentours de fond en comble. Pour tout te dire, je penses que c'est un miracle que cette baraque soit encore debout après notre passage. Nous ne voulions pas répété la même négligence qu'il y a dix ans et passer à côté de quelque chose.
- Et donc ? l'encouragea Sasuke tout en appréhendant la réponse.
Mais il avait besoin de savoir, de comprendre... Un besoin morbide mais vital ! Il devait savoir ! Tout savoir ! Pour pouvoir avancer, pour ne passer le reste de sa vie enfermé dans cette cellule sordide et cauchemardesque, pour être sûr que tout ceci était bel et bien fini, pour ne pas craindre de voir un monstre surgir de nouveau d'un passé dont il ignorait tout. Il avait été laissé dans l'ignorance durant tant d'années, il refusait de ne pas savoir !
- Il s'appelait Shisui Uchiwa, et c'était ton cousin, expliqua Tsunade d'un ton calme et posée. Ses parents sont morts quand il était petit dans un accident de voiture et tes parents l'ont élevé comme leur fils. Nous avons trouvé des carnets dans lesquels il racontait sa vie, des sortes de journaux intimes. Ton père abusait sexuellement de lui et d'Itachi, mais selon ce qu'il écrit dans son journal il adorait ça. Ta mère ne se doutait de rien, Fugaku prétendant emmener les garçons à la pêche pour le week-end et les emmenant dans la maison où tu as été séquestré. Puis tu es né et tu as grandi.
Tsunade se pencha vers l'avant, guettant les réactions du brun, consciente que ce qu'elle allait raconter était profondément choquant.
- D'après ce que Shisui écrit dans son journal, ton père a commencé à avoir des vues sur toi, des vues malsaines... Itachi s'y est opposé. Il a tout fait pour te protéger. Un jour une forte dispute les a opposé tous les deux, et Fugaku a violé Itachi dans la cuisine. Ta mère est arrivée sur ces entrefaites, surprenant ton père. Elle a voulu protéger Itachi, mais ton père l'a frappé jusqu'à ce qu'elle perde connaissance.
Tsunade se tut un instant, laissant à Sasuke le temps de digérer ce qu'elle venait de lui dire. Mais le brun se contenta de la fixer intensément, attendant la suite, alors elle repris, son ton toujours aussi calme et posé :
- Shisui raconte comment ton père a profité de l'inconscience de ta mère pour la torturer jusqu'à la tuer. Itachi a pété un câble et s'est jeté sur son père, et l'a tué avec un couteau de cuisine. Puis il a dit à Shisui de s'enfuir, qu'il était lui aussi une victime. Ce jour là tu étais chez un ami pour fêter son anniversaire. Itachi t'a récupéré et tu connais la suite de cette partie là de l'histoire.
- Oui, approuva Sasuke. Il m'a emmené chez Kisame qui nous a hébergé et s'est occupé de moi quand Itachi était trop défoncé pour le faire. Kisame a obtenu ma garde, malgré son jeune âge, après la mort d'Itachi. Et ensuite ?
- Shisui raconte comment il a traqué Itachi, cherchant le meilleur moyen de se venger, reprit Tsunade. C'est en entrant au lycée qu'il a trouvé la solution : Yahiko Ame.
Sasuke blêmit :
- Ils se connaissaient ?
- Oui, affirma-t-elle. C'est ensemble qu'ils ont tué ton frère. Et les premières victimes de Yahiko... Shisui était tombé amoureux de Yahiko, mais ce n'était pas réciproque. Alors ils avaient une sorte d'accord : Shisui apprenait tout ce qu'il savait sur la torture et le sexe à Yahiko, l'aidait à se fournir en matériel, et en échange Yahiko couchait avec lui.
- Quel merdier, grogna Sasuke. Comment on a pu passer à côté de ça ?
- Shisui était loin d'être stupide, il s'est arrangé pour que Yahiko porte le chapeau seul dés le départ, intervint Kakashi. Puis quand Yahiko s'est bien débrouillé seul, Shisui est parti. Apparemment il a vécu sa vie paisiblement, jusqu'au jour où on a arrêté Yahiko Ame. Tu te souviens des journalistes qui pullulaient tout autour de la maison après l'assaut ?
- Ouais, soupira le brun alité. Ces vautours nous ont fait chier !
- Et Shisui t'a vu... Reprit Tsunade. Il t'a vu dans ton uniforme de policier. Il t'a vu comme étant celui qui avait arrêté son disciple et comme celui qui était responsable, indirectement certes, de la mort de son mentor. Et il n'a eu qu'une seule envie : se venger. Je te passe le temps qu'il lui a fallu pour réunir tout le matériel, et le fait qu'il t'ai suivi durant toutes ces années, sachant très exactement où tu étais et ce que tu faisais.
Naruto serra convulsivement les doigts de son amant, livide, des sueurs froides coulant dans son dos à l'idée que ce psychopathe avait Sasuke dans sa ligne de mire depuis dix ans et qu'il aurait pu passer à l'action n'importe quand. Les autres semblèrent penser la même chose puisque Shikamaru intervint :
- Heureusement pour nous, ce type voulait se venger de nous tous. Il comptait se servir de toi pour nous attirer dans un piège... Comme on le soupçonnait.
- Il s'est laissé emporté par son égo, renchérit Orochimaru. Il a voulu attirer à notre attention avec Sakura Haruno, puis nous faire passer un message avec Néji Hyüga. Ainsi il était sûr qu'on serait tous réunis. Puis il t'a attiré dans un piège avec Kisame. Mais il a sous-estimé notre force de persuasion.
- Notre force tout court, répliqua Lee. Plaquer Naruto au sol ce n'est pas une mince affaire...
- Surtout qu'il s'est débattu ce crétin, se plaignit dramatiquement Suigetsu. J'ai failli finir castré !
- Ce qui aurait été une perte énorme pour l'humanité, ironisa Tenten.
Suigetsu s'offusqua, déclenchant un fou rire général, l'atmosphère s'allégeant soudainement. Même Sasuke se joignit aux moqueries de ses collègues et amis. C'était plus nerveux qu'autre chose mais ça lui fit un bien fou. Tsunade finit par se lever, enfilant la veste qu'elle avait ôté en arrivant.
- Bref, l'enquête est bouclée, définitivement. J'espère que dans dix ans il n'y aura pas un autre psychopathe pour prendre la relève.
- J'espère aussi, renchérit Kakashi en se levant à son tour. Je me fais vieux. Je voudrais pouvoir profiter de ma retraite tranquille si ça ne dérange personne.
Tous approuvèrent, suivant l'exemple de leurs collègues et prenant congé du couple. Juste avant de fermer la porte, Tsunade lança :
- Au fait Naruto, tu as six mois de congé !
- Quoi ?! s'insurgea le blond. Mais pourquoi ?
- D'une part parce que ça va faire dix ans que tu n'as pas pris de vraies vacances, et que tu détiens le record de congés payés non pris. Et d'autre part, parce que tu as un petit-ami qui va avoir besoin de toi... Alors prends soin de lui et repose toi ! Je repasserai vous voir les amoureux !
Et elle claqua la porte laissant deux trentenaires rougissant d'embarras derrière elle.
To be continued...
Commentaire de l'auteure :
Tadam ! Voilà ! Vous savez tout !
- LILIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
- Ça devient lassant qu'il y en ai toujours un à me hurler dessus en fin de chapitre, soupire Lili. C'est quoi le problème là ?
Shisui se débat furieusement dans les pattes de Kyubi, Itachi et Sasuke immobilisés par ses queues.
- Pourquoi moi ! Hurle Shisui. Je suis un gentil moi ! Alors pourquoi tu fais de moi un putain de psychopathe ?!
- Justement, tu es trop gentil... Et puis ça change non ? Toi en grand méchant sadique !
- Je vais la buter ! La sharinganiser ! La katoniser ! rugit Itachi.
- De toute façon vous êtes jamais content, soupire Lili. Tsss... Ces Uchiwa... Toujours quelque chose à redire.
Pendant que Lili râle dans son coin et que les trois Uchiwa hurlent après elle, Naru regarde la scène blasé.
- De toute façon quoi qu'on dise elle n'en fait qu'à sa tête. Et vous lecteurs ? Vous en pensez quoi de ces révélations ?
Rendez-vous au chapitre 9 : Épilogue. Dix ans plus tard.
