Salut tout le monde! Tout d'abord, je dois dire que je suis très heureux de l'enthousiasme qu'a rencontré mon dernier chapitre! Il faut dire qu'il a été très amusant à écrire, même si assez difficile (rester avec des principes de magie simples, ne pas rendre les héros TROP puissants, s'en tenir à son histoire, etc.), alors vos commentaires me font chaud au cœur.
Je vous invite bien entendu toujours à faire un tour sur le forum dédié à ma fanfiction si vous avez des questions sur peu importe le sujet entre les chapitres. EN voici l'adresse:
forum/Harry-Potter-et-la-magie-des-sentiments/121652/
Et finalement je vous demanderais de bien vouloir remiercier une nouvelle revieweuse, Ally Hope, qui m'a suffisement harcelé sur le forum (un message XD) pour que je me grouille à poster le chapitre enfin! Je vous encourage à en faire de même!
Voici vos réponses aux reviews!
Rosalieemmamailie: Merci!
Yann: haha merci, et bonne année!
sheltan: Merci beaucoup! Le duel prévu contre Voldemort est déjà planifié, même si pas encore écrit. Il ne devrait pas être trop décevant :P. Bonne année à toi aussi!
AlLuna: Salut à toi et merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis très content que tu apprécies, et moi aussi j'ai un peu de difficulté parfois avec les fics qui maltraitent autant le directeur. Certaines de ses actions sont questionnables et il n'est certainement pas un saint, mais de là à le traiter comme un démon... Enfin, bonne lecture pour la suite, merci pour ta review et bonne année!
Eustache: Merci bien, le temps qu'il a pris à être écrit en valait la peine. Bonne année!
juju07200: Merci bien, et voici la suite!
Miiss Sadiik: Haha, content que ça t'aie plu. Et Dumbledore aurait gagné sans aucun doute dans un combat qui n'aurait pas été préparé. En plus de l'expérience qui surpasse celle d'Harry dans tous les sujets et des réflexes exceptionnels pour son âge, sa prophétie mentionnée quelques chapitres auparavant dit qu'il ne peut être vaincu en terme de magie. Il accotera toujours le niveau de puissance de son adversaire, peu importe le niveau de ce dernier, et c'est ce qui est en train de le tuer. Bonne année à toi aussi!
Bilel: Pour la relation entre Harry et Ellen, la suite dans ce chapitre! Pour le duel, j'ai vraiment essayé de faire des trucs impressionnants et dignes d'un vrai duel de magie, tout en restant dans mon thème druidique, je suis content que ça t'aie plu. Bonne année à toi aussi :)
mimi72: Merci de ton commentaire, c'est rare que les chapitres épatent de gens, tout de même :P. Voici la suite et bonne année à toi aussi!
stephtvfdiaries: Merci beaucoup à toi et bonne année! :)
Samos39: La voici!
Ally Hope: Merci beaucoup pour ta review, ça fait extrêmement plaisir. Merci aussi énormément pour ton post sur le forum sans lequel le chapitre aurait bien trainé encore quelques semaines :P Ce chapitre t'es dédié!
Sur ce, laissez-moi vous présenter fièrement le premier chapitre de 2013!
Les écailles du serpent
Harry avait passé le reste de la journée du samedi, le jour où le duel s'était déroulé, à l'infirmerie, oscillant entre un état de conscience floue et un sommeil profond. Son état n'avait absolument rien d'alarmant, mais il avait été épuisé magiquement en plus des quelques blessures qui avaient pu être guéries très rapidement par madame Pomfresh, à un moment pendant son inconscience.
Pendant ses quelques phases d'éveil, Harry avait pu constater que Dumbledore semblait être dans un état semblable au sien, même si son teint semblait un peu plus maladif. Cependant, il avait visiblement pris sa potion et serait aisément hors d'affaire lui aussi, même si les efforts en terme de magie devraient cesser dans les prochaines semaines. Il avait vraiment tout mis pendant les vacances des fêtes pour que leur ruse se concrétise, autant pour le duel lui-même que pour sa préparation, et son vieil âge commençait à le rattraper.
Lors d'une de ses longues phases de sommeil profond, son esprit et sa magie trop épuisées pour résister, Harry avait été témoin d'une scène qui l'avait secrètement réjoui: Voldemort et un inconnu portant le masque des mangemorts se trouvaient dans un bureau fermé et très sombre, rendant impossible l'identification du sous-fifre. Tom, lui, était toujours aussi reconnaissable, avec sa pâleur extrême et son visage rappelant immensément celui d'un serpent aux yeux rouge sang.
Sa rage aussi était reconnaissable, probablement une des raisons qui permettaient à Harry d'avoir une vision sans être immédiatement détecté. L'ancien préfet-en-chef de Poudlard s'était levé brusquement du bureau qu'il occupait précédemment, envoyant au sol livres, plumes et parchemins. Sa baguette en main, il tremblait de colère.
"Tu es en train de me dire" siffla-t-il de sa voix aigue et glacée, "que Potter a réussi à tenir tête à Dumbledore lui-même? Tu m'as dit toi-même qu'il n'était pas si puissant que ça, après tes deux incursions RATÉES dans le château!"
Le mangemort recula légèrement, la panique très visible dans son attitude, même si son visage restait caché. Il tomba à genoux devant le seigneur des ténèbres.
"Maître! Je vous le jure! Potter a été blessé ou alors mis hors d'état de nuire lors de mes deux attaques précédentes, et le vieux directeur était à peine en état de combattre lors de la seconde! Je peux..." Commença à implorer l'homme avant d'être cruellement coupé.
"LA FERME, VERMINE! CRUCIO" Cria un Voldemort hors de lui. Le mangemort s'affala au sol et cria longuement sous le rayon rouge du sortilège de torture. Ceci ne sembla pas pour autant apaiser la colère de son maitre, et Harry comprit alors quelque chose. Il ne s'agissait pas de colère, mais bien de peur!
Lord Voldemort avait peur.
Peur de lui et de la puissance qu'il pensait que le jeune homme possédait.
Le sortilège de torture enfin levé, le mangemort pris quelques instants avant d'être capable de se relever en tremblant. Voldemort rompit le silence, l'autre craignant pour sa vie s'il osait dire un mot, fut-il de travers ou pas:
"Tu vas continuer à tourner autour de Poudlard pour le moment, mais en arrêtant les attentats. Ils savent très probablement qu'ils ont un traite parmi leurs rangs, suite à tes ÉCHECS précédents, alors tiens toi tranquille en attendant que vienne notre offensive finale..." finit le seigneur des ténèbres d'une voix menaçante.
"Très bien seigneur, il en sera fait selon vos désirs" se hâta de balbutier le serviteur, après avoir eu un léger sursaut quand Voldemort avait évoqué ses échecs, craignant un autre sortilège de torture... ou quelque chose d'un peu moins clément."
"Et maintenant, hors de ma vue!... et je sens que notre associé" fit Tom en appuyant sur le mot "associé" en le prononçant comme s'il avait mauvais goût, "est de l'autre côté de la porte, fais le entrer..."
Le mangemort fit plusieurs pas vers l'arrière, l'échine toujours courbée face à son maitre, et fuit la salle le plus vite qu'il le put. Dans l'encadrement de la porte, une autre figure fit son apparition. De taille plus diminutive que l'homme qui venait de quitter la pièce sombre, le nouvel inconnu portant une barbe poivre et sel et surtout, pas de masque en vue. Son visage était ridé comme l'était celui du professeur Dumbledore, et il aurait pu passer pour un vieil homme affable s'il n'y avait pas eu cette expression si sérieuse sur son visage, ou ce regard si meurtrier...
"Tom" commença-t-il sans préambule, "tes chiens racontent que le jeune homme aurait tenu tête à Albus. Mon maléfice doit fonctionner bien mieux que prévu, je vais bientôt passer à l'action." dit-il sur un ton décisif. Sa voix était graveleuse, comme si elle n'avait pas été utilisée pendant très longtemps, et Harry comprit qu'il s'agissait là de Grindelwald.
Après tout, qui d'autre qu'un mage noir pour être aussi ferme et sans peur devant un autre mage noir qui faisait trembler le monde sorcier uniquement grâce à son nom?
Voldemort sembla éprouver un frisson de colère à l'entente de son véritable prénom, mais retint tout commentaire, ce qui était assez surprenant. Cependant, écouter les exploits supposés de son plus jeune adversaire une fois de plus le fit réagir.
"C'est une supercherie de la part du vieil homme! Potter n'a jamais été un sorcier très puissant... juste très chanceux!" s'écria-t-il avec colère.
"Et pourtant, il faut une certaine puissance pour effectuer les sortilèges que ton... sous-fifre dit l'avoir vu exécuter... même s'il s'agissait d'une mise en scène, Harry Potter n'est pas aussi dénué de ressources que tu sembles vouloir le croire. Le sous-estimer te fera courir à ta perte!"
Le seigneur des ténèbres s'immobilisa quelques instants, un air colérique sur son visage difforme. Cependant, quand il s'adressa à son associé, sa voix était calme à nouveau:
"Venant de la part de l'homme que j'ai du faire sortir de Nurmengard, je trouve que..."
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la baguette du vieil homme, très courte et d'un noir profond comme la nuit, était déjà sortie et pointée vers lui, une fumée grisâtre sortant lentement de la pointe en volutes.
"Fais attention à ce que tu dis Tom... Je suis peut-être resté... inactif pendant cinquante ans, mais je reste le plus puissant mage noir de tous les temps! Le vieux fou ne m'a battu que parce qu'il me connaissait comme personne d'autre, et parce qu'une maudite prophétie disait qu'il en avait le pouvoir... tout comme Potter et toi mon cher..." finit-il avec du sarcasme dans la voix pareille à un venin.
La baguette à Voldemort aussi était sortie d'on ne sait trop où et pointait droit au cœur du mage noir plus âgé. Il semblait hors de lui.
"Potter n'aura JAMAIS le pouvoir de me tenir tête!" hurla-t-il. "Le vieil homme est mon seul obstacle, et la seule raison pour laquelle je tolère ta présence! HORS DE MA VUE!"
L'autre sorcier ricana dans sa barbe.
"Tu crois que tu peux me donner des ordres comme à tes elfes de maison, Tom, mais ne perd jamais de vue que ce que je fais, je le fais pour moi... La prochaine fois que le vieil homme et moi nous rencontrerons, tu auras deux cheveux de moins dans ta soupe..."
Voldemort parut un peu décontenancé par la dernière remarque, et cela dut paraitre dans son visage sans traits, car Grindelwald s'expliqua.
"Même si je suis le plus puissant mage noir de tous les temps, mon ami d'enfance ne peut pas être vaincu par rien ni personne. Il est malade grâce au maléfice que j'ai réussi à placer sur lui, mais il va tout de même falloir que je l'épuise lors d'un duel... et je vais perdre. Tu n'as jamais compris la notion de sacrifice, Tom... et c'est pour ça que ta mission est vaine." finit le mage noir dans un murmure.
"De quel sacrifice parles-tu?" fit le seigneur des ténèbres, les yeux plissés à la mention d'un échec possible.
"Un sacrifice que tu ne peux même pas imaginer, puisque tu as pris des mesures pour y échapper... je vais donner ma vie pour tuer Albus Dumbledore..."
Un sursaut traversa son corps et Harry se réveilla en sursaut, la cicatrice en feu et tremblant de fièvre.
Son cerveau nagea premièrement dans une confusion qui lui avait été très familière l'année précédente, quand il visitait de façon routinière les pensées du seigneur des ténèbres. Quand il eut compris ce qui s'était passé, il referma les yeux et fit quelques exercices de perception et de concentration. Rapidement, la douleur de sa cicatrice s'estompa et il pouvait presque sentir la présence de l'esprit de Voldemort s'éloigner. Décidément, vive l'occlumancie!
Bon, il fallait faire le point. Cette vision lui donnait beaucoup d'information qu'il pouvait utiliser à bon escient, même si le directeur qui en était l'objet principal dormait encore dans le lit à côté, récupérant du duel de la veille.
Du un, les soupçons de Dumbledore étaient les bons: Grindelwald aidait bien Voldemort. Cependant, il le faisait uniquement pour son gain personnel, et son seul et unique but était de tuer le vieux directeur qui l'avait incarcéré pendant cinquante longues années.
De deux, l'identité de l'espion était toujours cachée, mais on savait qu'il avait assisté au duel, et qu'il était le même homme, car il s'agissait bien d'un homme, à avoir attenté à leur vie à lui et au directeur deux fois dans l'année scolaire.
De trois, il y avait de sérieuses tensions dans le camp des mages noirs, ce qui n'était pas forcément une mauvaise chose. Leur dispute semblait avoir semé le doute en Voldemort, qui tenterait probablement de terminer le travail lui-même dans son orgueil, comme Dumbledore l'avait prédit. Il aurait été préférable qu'il ait eu peur d'attaquer Harry tout court, mais ce sursis leur serait bénéfique peu importe le temps qu'il pouvait leur apporter.
De quatre... ho non! On était dimanche et le temps du petit déjeuner était bien passé d'une vingtaine de minutes! Il avait ses cours particuliers du dimanche avec Ellen! Il passa rapidement une jambe par dessus le coté de son lit et se redressa. Aussitôt, l'étourdissement le frappa et il retomba sur son oreiller, sonné. Il devait être beaucoup plus fatigué qu'il ne le croyait, finalement. Il ne pourrait simplement pas assister au cours dans cet état, encore moins en donner un.
"Dobby" appela-t-il d'une voix rauque et cassée propre aux grasses matinées. Le petit elfe de maison se matérialisa à son chevet presque instantanément, sautant presque sur place, ses longues oreilles s'agitant tellement qu'Harry pouvait sentir l'étourdissement revenir juste à le regarder.
"Monsieur Harry Potter à besoin de Dobby?" Fit l'elfe de sa voix coutumière en présence du jeune sorcier, c'est à dire excitée au delà du possible.
"Oui Dobby, j'ai un message à faire passer: Ellen McGregor est sans doute en train d'attendre dans la salle sur demande pour notre cours privé. Peux-tu lui dire que je récupère encore du duel d'hier et que je ne serai pas capable de me présenter? Et aussi de..."
"Sans problèmes Harry Potter, Monsieur!" s'écria Dobby avant de disparaitre, ne laissant pas le temps à Harry d'ajouter une excuse à son message. Bon, ça devrait suffire...
Il avait aussi oublié de demander à Dobby de lui rapporter une réponse s'il y avait lieu et ne souhaitait plus déranger l'elfe étourdissant, ce qui fit qu'il passa le reste de la journée à se reposer, lire un tout petit peu, manger et dormir. Inutile de dire qu'elle lui parut interminable, lui qui s'était habitué à un mode de vie beaucoup plus actif.
Le vieux directeur resta endormi toute la journée, ce qui était à prévoir. Le duel avait consommé beaucoup de son énergie et la malédiction placée sur lui faisait en sorte que son corps déjà âgé en souffrait de même. Il aurait besoin d'énormément de repos pour s'en remettre.
Harry fut donc surpris quand il se réveilla le lundi matin pour se rendre compte que le vieil homme n'était plus dans son lit. Lui-même se sentant de retour à sa forme habituelle et ayant reçu une autorisation à quitter l'infirmerie, il se rendit dans la grande salle pour prendre un petit déjeuner rapide avant de se rendre à ses cours.
Quand il entra dans la salle en question, il y eut un petit moment de silence, puis les élèves de la maison des lions, ainsi que quelques uns des autres maisons, se mirent à applaudir. Sentant le rouge lui monter aux joues, il s'assied rapidement. À la table des professeurs, quelques uns avaient des petits sourires, d'autres comme Rogue et Campbell le regardaient avec dédain, et le directeur était absent. Probablement retourné à ses quartiers, se dit Harry.
Il put terminer son repas dans une paix toute relative, plusieurs de ses camarades lui posant toutes sortes de questions et faisant toutes sortes de commentaires sur son duel du dimanche précédent. Questions auxquelles il répondit le plus brièvement possible en gardant les détails à un minimum pour ne pas trop donner d'informations à un éventuel espion.
À la fin de la période allouée au petit déjeuner, il se leva parmi le flot d'élèves qui se dirigeaient en trainant les pieds à leur cours du lundi matin et se dirigea vers la porte. Il vit McGregor seule dans le hall d'entrée qui semblait manifestement attendre quelqu'un et lui fit un petit signe de tête pour la saluer. Il aurait bien aimé lui présenter ses excuses pour la veille, mais le public aurait trouvé ça un peu étrange...
Son salut n'eut cependant pas l'effet escompté: Elle n'y répondit aucunement, sauf si on considère se retourner et partir à grande vitesse dans la direction opposé à la sienne une réponse.
Harry haussa les épaules, se décidant à ne pas se faire de tracas pour si peu. C'est pourquoi il trouva bizarre, malgré tout, de passer le reste de la journée dans cet état de doute et de légère insécurité.
Sentiment qui persista tout au long de la semaine. Repas, cours, quidditch, cours du soir avec le directeur. Tout était retourné à la normale, sauf une chose: La jeune femme semblait l'éviter très clairement, et il ne savait toujours pas pourquoi. Manifestement, c'était quelque chose de bien plus gros que le fait qu'il l'ait fait attendre une vingtaine de minutes dans une salle vide, ou alors elle était bien plus capricieuse qu'il ne le croyait.
Pendant une semaine, chaque fois qu'il tenta de croiser son regard ou de lui adresser un signe de la tête, elle se déroba à son attention. Ce qu'il croyait au début être une coïncidence devint de l'évitement très clair au fil des jours, et cet évitement l'affectait beaucoup plus qu'il ne voulait bien se l'avouer.
Ce qu'il devait s'avouer, par contre, était que les choses avaient clairement changé entre eux, ou en tout cas dans la façon qu'il avait de percevoir la jeune femme, au cours des leçons spéciales qu'ils avaient eu dans les derniers mois. Elle s'était révélé être une personne amusante et avec qui il faisait bon passer du temps, malgré sa couverture sarcastique et souvent peu engageante. Sa beauté discrète, mais bien présente, ne laissait bien entendu pas l'adolescent indifférent, mais bon, il s'agissait de plus que cela...
La semaine passa avec une lenteur extrême, et le jeune homme attendait avec de plus en plus d'impatience le cours du dimanche, même s'il en avait aussi assez peur. Si elle restait aussi distante, le double cours serait pour le moins assez inconfortable...
C'est pourquoi il se retrouva presque trente minutes à l'avance sur l'heure convenue dans la salle sur demande le dimanche suivant. Il attendit très longtemps qu'elle arrive, mais elle finit enfin par passer le cadre de la porte, exactement vingt-deux minutes après le début du cours.
Harry eut un petit rire forcé:
"J'imagine que je méritais celle-là..." Fit-il, faisait référence au retard minuté de la jeune femme.
Elle se contenta de lui répondre par un signe de tête, ce qui mit Harry encore plus mal à l'aise. Habituellement, elle pouvait difficilement contenir sa langue et ses remarques étaient très tranchantes. Ce changement ne lui faisait pas du tout...
Elle s'assied en face de lui et le silence perdura encore quelques instants, jusqu'à ce qu'il se décide à le briser à nouveau, mal à l'aise.
"Heum, bon... Je ne sais pas si le message s'est déjà rendu à tes oreilles, mais le professeur Campbell va faire passer à toutes ces classes une autre batterie de tests à toutes ces classes, encore une fois en faisant des duels contre tout le monde..." commença-t-il. Il crut pendant un instant voir le visage de son "interlocutrice" changer d'expression, mais le masque d'indifférence revint assez vite en place.
"D'accord" répondit-elle avec un certain détachement qui semblait forcé aux yeux du jeune homme. Après tout, elle avait fini aussi amochée que lui lors des derniers tests, le professeur la détestant encore plus qu'il ne le détestait lui, apparemment... "J'ai beaucoup pratiqué et je me suis améliorée dernièrement, je devrais être capable de lui tenir tête..." fit-elle avec un peu plus d'assurance.
Certes, ces capacités avaient été décuplées lors des derniers mois de pratique, comme l'avaient été celles d'Harry, bien qu'à un autre niveau de puissance et d'enseignement. Cependant, le jeune homme ne croyait pas qu'elle pourrait prendre le dessus sur un adversaire aussi expérimenté et plein de ressources que Campbell. Restait à lui dire...
"Écoute..." commença-t-il, "je ne crois pas que maintenant soit un bon moment pour révéler l'étendue de tes capacités..."
Aussitôt que les mots eurent quitté ses lèvres, il se douta qu'il n'aurait peut-être pas du en faire mention. La jeune femme s'était levée tel un ressort de son siège et le regardait à présent de haut, du feu dans les yeux.
"Je ne crois pas que tu aies ton mot à dire là-dessus, Potter. Je suis assez forte pour le battre!" s'écria-t-elle d'une voix pleine de colère.
"Je ne dis pas le contraire!" s'écria-t-il en retour, même s'il l'avait pensé quelques instants auparavant. "Je dis simplement que le moment n'est pas idéal. Tu veux faire payer Campbell pour ses abus de pouvoirs, et je peux comprendre, mais..."
"...mais rien du tout" l'interrompit-elle. "Je ne vois pas en quoi le garçon qui peut tenir tête à Dumbledore pourrait comprendre quoi que se soit à ma situation. Je ne vais pas me laisser massacrer par cet homme cruel sans rien faire une fois de plus!" Tonna-t-elle.
Harry manqua d'air pendant un instant en la regardant, avant de se rendre compte que ce n'était pas simplement parce qu'elle était très belle quand elle était fâchée, mais bien parce que sa trachée était comprimée par une masse d'air qui commençait à bouger autour de la jeune femme. Sa colère tachée d'une légère peur devait alimenter ses pouvoirs druidiques et la rendraient dangereuse s'il n'y prenait pas gare.
"Arrête." dit-il simplement. Sans doute sentait-elle la magie tourbillonner autour d'elle, aussi saurait-elle à quoi il faisait référence et se calmerait peut-être. Cependant, elle se contenta de le regarder fixement et Harry sentit la pression s'accentuer et la température chuter.
Il ne savait pas trop ce qu'elle cherchait à prouver, mais il lui faudrait employer les grands moyens s'il voulait enfin se faire entendre.
"Arrête!" répéta-t-il un peu plus fort, se levant d'un bond de son siège lui aussi. Aussitôt, l'air autour du jeune homme s'embrasa, brisant le contrôle de son interlocutrice et réchauffant l'air dans la salle sur demande.
Au lieu d'abandonner, elle renforça la poussée qu'elle donnait sur sa magie et les courants d'air balayèrent les deux sièges inoccupés quelques mètres plus loin. L'air alimentant le feu d'Harry, un dôme de son élément prit forme autour de lui et le protégea de la bourrasque.
C'était impressionnant, il ne lui avait certainement jamais appris à faire ça! Cependant, le jeune homme avait un autre tour dans sa manche. Poussant lui aussi un peu sur sa magie, il fit en sorte que le feu voyage partout sur les courants d'air contrôlés par son étudiante et en prit lui même possession à travers son éléments, formant un cercle de flammes qui brulaient tout l'oxygène présent autour d'elle. Rapidement, elle s'écroula à terre, à court d'énergie magique, d'air et le visage plein de sueur due à la fatigue et à la chaleur.
"Assez de ces stupidités!" fit Harry. Elle avait réussi à le mettre en rogne comme elle seule pouvait le faire. L'éviter une semaine entière pour ensuite être agressive à son égard? Qu'est-ce qui lui prenait?
Il prit une grande respiration et s'assied presque de nouveau avant de constater que son fauteuil était renversé quelques mètres plus loin. Tant pis alors, il resterait debout.
"Laisse moi au moins m'expliquer", reprit-il plus calmement, profitant du fait qu'elle reprenait encore son souffle pour parler. "En dehors de Dumbledore, je suis le seul qui ait exhibé des pouvoirs sur les éléments dans cette école. Je sais qu'il y a un espion dans le château, et je sais aussi que tu ne peux pas battre Campbell sans la maitrise de ton élément. Si quelqu'un entend dire que tu utilises des pouvoirs druidiques, ils vont aussi savoir que tu t'associes avec moi, et tu seras en danger aussi..."
Pendant la longue explication, la jeune femme s'était relevée, encore un peu chancelante, le regard encore plein de défi, les cheveux éméchés. Elle n'abandonnait vraiment jamais, pensa Harry en enlevant le léger sourire de sur ses lèvres. Il devait s'admettre qu'il adorait sa force de caractère, aussi exaspérante qu'elle pouvait parfois l'être...
"Donc... tu es en train de me dire que je suis en danger... peu importe?" le questionna-t-elle.
Il répondit d'un signe de tête, n'ayant pas vu les choses sous cet angle auparavant. Le fait qu'elle ait posé sa question avec un air toujours aussi farouche n'empêchait pas la légère peur de poindre dans sa voix.
"Alors..." continua-t-elle, "qu'est-ce que je fais encore ici?" demanda-t-elle encore.
La question frappa Harry comme un marteau géant, et il dut vérifier qu'elle ne faisait pas encore usage de ses pouvoirs pour le déstabiliser. S'était-il tant habitué à la compagnie de McGregor que la possibilité de la voir partir le désarçonnait autant?
"Je... je ne sais pas" avoua-t-il d'une voix qui, il l'espérait, ne craquait pas trop.
Ils se regardèrent quelques instants dans les yeux, une atmosphère étrange régnant partout dans la salle. Une sensation intemporelle, pleine d'émotions contenues et complètement vide d'émotion à la fois.
"Je vais y aller alors..." lança-t-elle, un peu dans le vide, sans trop le regarder. Était-elle aussi perdue et choquée que lui par la tournure des évènements? Il tenta de la retenir, mais elle avait déjà franchit la distance qui la séparait de la porte.
Sa voix lui revint soudain.
"Ellen!" l'appela-t-il.
La porte claqua et le bruit résonna dans la salle vide. Vide à l'exception de deux fauteuils tout aussi renversé que le jeune homme qui s'y tenait debout, seul, le regard fixé dans le vide.
