Bonjour à tous!

Ce chapitre n'apporte pas grand chose à l'intrigue mais il était nécessaire, je pense, pour faire avancer la relation entre nos deux protagonistes chéris. D'ailleurs, rien n'est à moi du tout du tout.

Merci à ceux qui ont laissé des reviews, ça fait toujours chaud au coeur! Donc, n'hésitez surtout pas, j'adore ça!

Je remercie aussi ma bêta qui m'a bien aidé pour ce chapitre dont je en suis pas très contente ( elle a surtout aimé le lire en premier ^^).

Je vous souhaite à tous une très bonne lecture!

Chapitre 5 :

La voix stridente de Mrs Hudson les fit sursauter. Sherlock se détacha de John, gêné. Cependant, ce dernier lui pris le poignet et murmura :

-Merci Sherlock… De t'être confier. Ca me touche énormément.

Le détective eut un mince rictus et hocha la tête. Suivant son envie, John se mit sur la pointe des pieds (quelle idée d'être aussi grand !) et lui embrassa la tempe.

-Allez, viens ! Ne soyons pas en retard.

Il se dirigea vers les valises, enfila sa veste et se tourna vers son ami, un sourire aux lèvres. Lui rendant, Sherlock le suivit.

Le trajet fut agréable : poussé par les confidences du détective, John raconta son enfance. Il se doutait que Sherlock en avait déjà déduit les trois quarts mais ça lui venait naturellement. Au bout de quelques minutes, les deux colocataires échangeaient leurs souvenirs, riant et comparant leurs expériences, leurs bêtises. Le brun était beaucoup plus détendu comme si le fait de s'être confié avait ouvert une brèche en lui. Il était plus serein. Le médecin laissa ses doigts effleuraient ceux de l'autre. Naturellement.

La voiture les laissa devant l'aéroport. Un des agents de Mycroft leur remit leurs billets, le nom de l'hôtel ainsi qu'une enveloppe contenant des euros.

-Il a vraiment pensé à tout. S'étonna John.

Ils entrèrent dans le hall, trouvèrent le numéro de leur quai d'embarquement et attendirent que les portes s'ouvrent.

Afin de patienter, le docteur consultait un guide de Florence alors que Sherlock, manifestement, s'ennuyait. Il avait refusé de lire le journal, de peur de tomber sur une affaire qui l'intéresserait. Il valait mieux ne pas tenter le diable !

Alors il observait. Les histoires, les secrets de chacun s'imposaient à ses yeux comme une fiche d'identité. Le mari volage qui amène sa maitresse en voyage. Les parents dépassés qui se demandent pourquoi ils emmènent leurs enfants avec eux. L'octogénaire qui s'offre son dernier voyage. Le jeune homme qui a décidé de tout quitter pour parcourir l'Europe mais qui regrette déjà le confort de chez ses parents. Tous étaient transparents pour ceux qui savaient regarder. Tous sauf un. Le petit médecin, ancien soldat de l'armée anglaise, accro à l'adrénaline et aux sentiments obscurs. La scène qui s'était jouée dans leur salon plus tôt dans l'après-midi lui avait laissé un sentiment étrange. John n'était pas seulement un ami pour lui, ça il le savait mais il commençait à entrevoir les mêmes émotions chez son colocataire. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de choses pourtant il sentait qu'il y prendrait goût.

La main de John sur son épaule le fit sursauter. L'hôtesse avait annoncé que l'avion était prêt, qu'ils pouvaient embarquer.

Après le décollage, l'estomac de John se fit entendre. La journée avait été longue et les deux heures et demie de trajet lui laissait le temps de se restaurer. Il appela l'hôtesse qui, avec un sourire hypocrite et un accent anglais à couper au couteau, lui demanda ce qu'il désirait.

-Un plateau repas et une bouteille d'eau, s'il vous plait. Il se tourna vers Sherlock. Tu veux quelque chose ?

Le détective hocha négativement la tête : il était plongé dans le plan de Florence. Il ne voulait pas perdre de temps sur place et préférait, donc, le mémoriser avant d'arriver. Cela lui évitait également de penser au blondinet assis à côté de lui. Ce dernier grommela :

-Tu as besoin de manger Sherlock. Ou au moins, bois un truc.

-Hum hum…

John soupira. Quand il était comme ça, il ne fallait rien attendre de lui.

-Ce sera tout mademoiselle, merci. Il lui fit son plus beau sourire. En gloussant, la jolie rousse lui donna sa commande. Ce bruit eut le mérite de faire sortir le détective de sa transe. Il jeta un regard noir à la jeune femme qui se recula, rougissante, pour retourner vers ses autres passagers. John rit.

-Tu lui as fait peur.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, John, répondit Sherlock en fixant de nouveau sa carte. Allez, mange. Tu en as besoin.

-Oh oui !

Après quelques instants de silence, le docteur reprit :

-C'est une chance que ton frère ait trouvé des billets aussi rapidement. En classe affaire en plus… Et qu'il y ait eu un vol aussi ! Je pensais qu'on aurait dû attendre au moins jusqu'à demain.

-Je savais qu'on pourrait partir aujourd'hui. Comme nous sommes sur une compagnie régulière, il y a deux vols par jour : un dans la matinée et l'autre en soirée. Matthew a pris celui du matin selon le papier de l'agence que j'ai sur son bureau. Il y avait d'autres propositions de voyages également, qui comprenaient ce vol-ci. Nous pouvions donc voyager dès ce soir ainsi la seule difficulté résidait dans l'obtention des billets. Mycroft est très fort pour cela. En revanche, ce qui m'embête, c'est que nous ne sommes pas dans le même hôtel que Matthew. Il loge dans une auberge de jeunesse assez éloignée de notre hébergement et qui était complète. Nous ne pourrons nous y rendre que demain matin.

-Comment tu le sais ? demanda John, en attaquant son plat de petits pois avec réticence. La salade n'avait pas eu de sauce et la viande semblait assez dure. Seul le dessert, une part de gâteau au chocolat, lui faisait vraiment envie. Mais il avait faim.

-C'est si mauvais que ça ? dit son ami en soulevant un sourcil ironique.

-Un délice... Mais tu n'as pas répondu à ma question.

- En effet. Tu es beaucoup plus perspicace le ventre plein.

- Bâtard. Donc, comment tu sais où loge Matthew ? Il n'y avait rien dans ses affaires…

Sherlock sortit un bout de papier froissé et griffonné.

-Il a pris des notes sur un bloc. Je n'ai eu qu'à repasser au crayon à papier pour voir ce qu'il y avait noté. Enfantin, mon cher John.

Le médecin répliqua en tirant la langue. Ils éclatèrent de rire : après toutes les épreuves qu'ils avaient dû endurer, leur complicité était intacte. John retourna à son repas en grimaçant alors que Sherlock fermait les yeux, tentant de mémoriser cette satanée carte. La présence du médecin, si proche de lui à cet instant, ne l'aidait pas.

Soudain, il décida de tenter quelque chose : il fit ralentir son rythme cardiaque ainsi que son souffle, pencha sa tête sur le côté et glissa sur l'épaule de son ami. John se tendit une seconde, sur le coup de la surprise, avant de se caler au mieux afin que son détective soit bien installé.

-Tu es bien là ?

-Humm. Parfait. Tu es très agréable comme oreiller.

-Ouais, c'est ça. Repose-toi. On a encore une heure devant nous. Ces prochains jours promettent d'être riches en rebondissements.

Sherlock sourit : il n'avait aucunement sommeil, il voulait juste être près de John, son John.

L'avion atterrit en douceur, ils défirent leur ceinture, se levèrent et sortirent de l'appareil. Leurs bagages récupérés, ils se mirent à la recherche d'un taxi qui les mènerait à leur hôtel. La nuit était tombée depuis longtemps lorsqu'ils arrivèrent enfin. John sortit le premier pour prendre les valises, laissant à Sherlock le soin de payer leur chauffeur. Le détective entra le premier, se dirigeant vers la réception : l'hôtel était grandiose. Situé dans un ancien couvent, il donnait sur l'Arno et était proche du cœur de la vieille ville. Les quatre étoiles qui ornaient la devanture étaient largement méritées.

John rattrapa le détective qui s'entretenait, dans un italien parfait avec la réceptionniste :

-Una camera ? Con un letto ? La prenotazione era di due camere.

-Scusi, Signore. Ma non abbiamo camere disponibili nella questa stagione. L'albergo è completo.

-Ok. Va bene per l'unica camera.

Pendant que l'hôtesse s'occupait des dernières formalités, Sherlock expliqua la situation à son ami, gêné :

-Nous allons dormir dans la même chambre, John. L'hôtel est complet. Il ne restait que celle-là.

-Ce n'est pas grave. Ce n'est pas la première fois.

Et, j'espère, pas la dernière, pensa le docteur.

La jeune femme leur tendit les clés, en leur souhaitant une bonne soirée. Arrivés dans la chambre luxueuse mais munie d'un seul et immense lit, la gêne entre les deux colocataires était visible. Alors, John avança, posant leurs affaires dans le placard pendant que le détective-consultant allait regarder par la fenêtre.

-Quel est ton plan, Sherlock ?

-Ce soir, tu dors. Je te l'ai dit, la réception de l'auberge où est Matthew n'ouvre que demain matin. Profites-en. Ce sera sûrement ta seule nuit complète.

-Notre seule nuit. Tu vas dormir toi aussi.

-Hum. On verra.

-C'est déjà tout vu. Je vais prendre ma douche. Ne fais pas de bêtises, dit John avec un sourire espiègle.

La porte claqua. Sherlock laissa son esprit vagabonder : il se forçait surtout à ne pas penser à John, nu, sous la douche. Il ne tenait plus. Il avait envie de son ami, plus que de raison. Il voulait tout de lui : des moments tendres comme dans l'avion où le médecin n'avait pas hésité à passer une main dans ses boucles alors qu'il somnolait mais aussi des instants plus intenses. Il avait une confiance infinie en John et il savait que le médecin lui laisserait faire le premier pas. Il avait compris, lui aussi, que son blondinet avait bel et bien des sentiments pour lui, plus fort que de l'amitié. Mais, Sherlock avait peur de mal faire les choses et de le briser. Ainsi, il préférait attendre.

John sortit de la salle de bain, torse nu : il faisait terriblement bon dans ce coin de l'Europe.

-A toi, mon cher.

Le détective prit ses affaires et, sans un coup d'œil pour l'ancien soldat, s'enferma dans la pièce d'eau. John s'installa dans le lit. On est vraiment des idiots.

Lorsque le brun rejoignit le lit, son ami s'était déjà assoupi. Il se cala sous les couvertures puis, après quelques minutes de réflexion, se colla à John qui l'entoura de ses bras, avant de lui embrasser le front.

-Bonne nuit Sherlock.

Il ne dormit jamais aussi bien que cette nuit là.