Bonjour à toutes !

Merci pour vos encouragements et vos remarques !

Vous m'avez beaucoup motivé à écrire ce chapitre.

Au programme, un petit flashback sur le début de la relation amoureuse entre Aomine et Kagami. J'aime prendre mon temps et développer, aussi, ne vous attendez pas à ce qu'ils se sautent dessus immédiatement.

Je réalise que "mon" Aomine est assez différent de ceux que j'ai pu voir dans les autres fanfictions, j'espère qu'il vous plaira. (il est plus "romantique" et un peu moins "direct)

Ce chapitre a été majoritairement inspiré par un passage dans deux doujinshi, je préfère le préciser ;)

Sur ce enjoy !


Daiki Aomine n'avait jamais été particulièrement croyant. Il ne consultait jamais son horoscope et n'allait pas non plus prier au temple, contrairement à Satsuki Momoi, par exemple. En effet, il arrivait souvent que la jeune fille se rende à un autel pour faire des offrandes en échange de bons résultats scolaires. Aomine l'accompagnait parfois, mais ne participait pas. Il n'arrivait tout simplement pas à comprendre que des gens soient assez naïfs pour croire en ces conneries de voyance et de bénédiction. Et c'était d'autant plus perturbant quand des types comme Midorima y croyaient.

Le grand basketteur à lunettes poussait la superstition à son paroxysme.

Au paroxysme du ridicule...

L'oracle d'Oha Asa dictait sa vie, ses choix et rythmait ses journées du lever au coucher. Midorima suivait scrupuleusement ses prédictions et Aomine pensait même que cette stupide émission allait jusqu'à décider de la couleur des sous-vêtements de l'as de Shutoku. En tous cas, très peu pour lui. Il fallait vraiment manquer de confiance en soi pour préférer croire des balivernes inventées de toutes pièces pour les simples d'esprit. Comment Midorima ne pouvait-il pas le voir ? Lui qui se vantait toujours de ses excellentes notes au collège... comment pouvait-il être aussi naïf et se laisser berner aussi aisément ? Le brun n'était pas comme lui. Il n'avait pas besoin de croire en une force supérieure qui serait responsable de tous ses malheurs et ou de toutes ses réussites.

Non, la seule force en laquelle il croyait, c'était la sienne.

Et elle ne devait rien au hasard.

Rien.

Aussi, quand Aomine croisa la route de Taiga Kagami, il ne remarqua pas immédiatement les signes.

Peut-être son esprit était-il trop fermé ou peut-être ne voulait-il tout simplement pas les voir. Les reconnaître, c'était les accepter. Les accepter, c'était reconnaître qu'il y croyait...

Que quelque chose pouvait fixer les règles à sa place...

Et il en était hors de questions.

Taiga Kagami...

Le brun ferma les yeux.

Au début, le roux n'avait eu l'air de rien. Il ne l'avait pas pris comme une menace, ni même comme un adversaire sérieux. Il l'avait défié uniquement dans le but de le tester, lui, ce type qui avait abattu Kise et Midorima. Lui, le joueur prodige qui avait systématiquement sauvé son équipe de la défaite.

Lui, la nouvelle lumière de Tetsu...

Celui qui avait usurpé sa place...

Son remplaçant...

Celui qui avait gagné le respect de trois membres sur six de la Génération des Miracles, les faisant plier comme du carton pâte informe. C'était presque... humiliant... Oui, en apprenant la défaite de ses anciens coéquipiers et l'adoration que Kuroko ressentait pour Kagami, à qui le jeune homme OSAIT d'ailleurs le comparer, il avait vu rouge. Il s'était également senti honteux. Comment se faisait-il qu'un mec inconnu, débarquant de nulle part, parvienne à les humilier de la sorte ? Kise... Midorima... ces gars-là n'étaient pas des guignols, tout de même ! Et bien qu'Aomine se considère nettement supérieur à ses anciens camarades de jeu, il savait que les deux joueurs plaçaient la victoire au dessus de tout.

Et donc, il était impossible qu'ils aient fait exprès de perdre.

Bon d'accord, ce blondinet idiot de Kise avait toujours été trop tendre. Il s'était peut-être laissé amadouer par son Kuroko adoré et il avait baissé sa garde. Aomine pouvait très bien s'imaginer ce scénario dans sa tête. C'était une explication plausible.

Ou alors était-ce un coup de chance ?

Hmm... Aomine n'y croyait pas vraiment pour lui, mais pour les faibles, cela pouvait sans doute arriver, non ?

Mais cela ne collait pas...

Parce qu'il y avait Midorima dans l'équation.

Et lui, ce n'était pas Kise.

Le binoclard n'était pas du genre à faire les yeux doux à Kuroko ou à vouloir se mettre quiconque dans la poche. Ce mec voulait être le meilleur. Il s'entraînait comme un forcené et jamais il ne s'engageait dans un match sans être CERTAIN à 200 % que TOUTES les chances étaient bien de SON côté. Aomine se rappelait parfaitement le voir se trimballer dans les vestiaires avec toutes sortes de gadgets porte-bonheur totalement improbables. Il était même allé jusqu'à jouer en s'était fait des couettes une fois !

Quand il s'agissait de gagner, Midorima ne reculait devant rien.

Il n'avait peur de rien, ni personne et surtout pas du grotesque.

(et Aomine allait l'apprendre bientôt à ses dépends)

On pouvait donc en conclure que si l'As de Shutoku s'était pris un fessée, c'était parce que ce Kagami avait... un certain talent.

Quand les rumeurs des défaites de ses ex amis étaient parvenues aux oreilles d'Aomine, il n'avait d'abord pas voulu le croire.

L'as de Toho n'était pas du genre croyant, après tout.

Mais au fond de lui... il le voulait tellement...

Y croire.

Juste une fois...

Il s'était ainsi déplacé en personne pour se faire son avis sur le rookie tombeur de deux des meilleurs athlètes japonais.

Et pour parler franchement, il avait été pas mal déçu.

Lui qui s'attendait à affronter un fauve féroce et sauvage, s'était retrouvé face à un chaton aux griffes émoussées.

Se seraient-ils tous affaiblis à ce point ?

Ce qui ne devait être qu'un petit entraînement pour jauger le nouveau venu s'était mué en véritable purge lors du match officiel. Un vrai massacre. Un démonstration de force brute. Aomine avait écrasé Seirin à lui seul. Et encore, il n'avait même pas joué tout le match, tenant le rôle de l'épée de Damoclès pour l'équipe adverse.

Cela n'avait fait que conforter Aomine dans ses croyances bien établies...

Le seul qui peut me battre, c'est moi-même.

Il était trop bon et ce n'était même pas se vanter que de le clamer. C'était juste une vérité aussi triste qu'absolue.

Une vérité réelle... Pas une affabulation de charlatan.

La seule et unique vérité qui régissait son monde de certitudes implacables et fatalistes.

Mais parfois, la vérité peut être cruelle et faire mal.

Pourtant, Aomine l'avait acceptée.

Tout comme sa déroute lors du match retour.

Au départ, il avait été un peu sonné, il devait bien l'avouer. Non seulement son équipe avait été éliminée et il avait perdu, mais en plus... Kagami l'avait surpassé. Le tigre avait enfin montré les crocs et Aomine n'avait pas été capable de dompter sa fougue.

Ce jour-là, Kagami était sorti de l'ombre de son ombre et de l'ombre de l'ancienne lumière pour devenir SA lumière. Radieuse, chaude et rassurante, elle avait ébloui Aomine qui avait senti son cœur fondre.

Peu après cette révélation, les convictions d'Aomine, pourtant solidement ancrées en lui, s'étaient trouvées bafouées dans leurs fondements. Elles avaient fini par s'écrouler et Aomine s'était surpris à croire...

A croire qu'il pouvait être sauvé.

A croire qu'il existait meilleur que lui.

A croire que le destin avait mis ce garçon sur sa route.

Il s'était même confié à Satsuki à ce sujet. Son amie avait du trouver cela étrange venant de lui. Entendre de telles paroles sortir de la bouche d'Aomine Daiki était à peu près aussi plausible que de l'entendre dire que sa chère Mai-chan n'était qu'un thon ! Le brun s'en voulait même d'avoir ignoré les avertissements du destin. Après tout, il aurait du se douter que quelque chose se tramait dès qu'il avait Akashi l'Empereur attaquer violemment Kagami. Si leur ex-capitaine, craint de tous, avait considéré le roux comme l'homme à abattre dès leur première rencontre, hors du terrain en plus, comment Aomine avait-il pu passer à côté ?

Alors cette fois, il ne laisserait pas passer ces fameux signes. Il les verrait tous !

Ceux qui le poussaient dans les bras de Taiga Kagami...


Comme tous les vendredi soirs, après les cours, qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il fasse tout noir ou qu'il y ait une invasion de zombies, deux silhouettes se rejoignaient au terrain de Street basket qui se trouvait près de chez Kagami.

C'était devenu un rituel entre eux.

Leur lieu de rendez-vous secret, mais qu'ils ne rataient pour rien au monde.

Quand ils se retrouvaient, c'était comme si plus rien d'autre n'avait d'importance. Comme si la planète s'arrêtait de tourner, mais que le temps devenait leur ennemi, s'écoulant beaucoup trop vite. En général, ils ne parlaient pas, ne discutaient pas, n'échangeaient que pour se « chauffer » et se provoquer mutuellement ou pour s'encourager à donner le meilleur d'eux-mêmes. Aomine était passé maître en la matière, il savait piquer au vif Kagami comme personne d'autre. Quand au roux, il fonçait toujours tête baissée dans la cape rouge d'insultes qu'Aomine agitait devant lui.

Ils jouaient au basket et ne faisaient rien d'autres. A quoi bon aborder des sujets aussi banals que la pluie et le beau temps ? Le ballon leur suffisait à communiquer leurs émotions et ils se racontaient ainsi leurs histoires. Ils se comprenaient. Ils parlaient le même langage. Energique et exigeant.

Parfois, ils en oubliaient même de rentrer dîner.

Parfois, ils jouaient jusqu'à ce que les rues soient désertes.

Parfois ils continuaient jusqu'à l'aube.

Et passaient donc la nuit ensemble...

Même si ce n'était pas au sens romantique du terme, Aomine ne pouvait nier la connexion qu'il sentait entre eux. Profonde et électrisante.

Vivifiante.

Ils s'entendaient comme chien et chat au quotidien, mais dès qu'il s'agissait du basket, ils étaient sur la même longueur d'onde et leurs gestes devenaient étonnement fluides, leurs cœurs battants à l'unisson. Leurs respirations se mêlaient et ils ne faisaient qu'un, guidés uniquement par leur instinct de chasseur. Aucun ne semblait disposé à laisser l'autre prendre le dessus. Pas sans se battre, en tous cas.

Ils étaient seuls au monde, seuls dans leur monde. Dans leur bulle rassurante et intime que personne ne pouvait percer, où personne n'était autorisé à pénétrer. Les deux fauves se livraient une guerre sans merci sans leur cage. Les grilles qui entouraient leur terrain, semblables au barreaux de cette fameuse cage, tremblaient sous les coups quand le ballon les heurtait un peu trop violemment. Ils ne s'épargnaient rien. Ils donnaient tout. Ils se donnaient tout...

Le meilleur.

Dès qu'il s'agissait de basket, personne ne le comprenait mieux que Kagami et inversement. Ils se complétaient à merveille et imperceptiblement pour le roux, mais inexorablement pour le brun, leurs matchs s'étaient peu à peu transformés en parade amoureuse. En déclaration d'amour. En poème.

Aomine Daiki n'était pas un type superstitieux. Mais, au fond de lui – vraiment tout au fond hein, tant il le cachait bien – il était viscéralement romantique. Grâce à Kagami, il s'était mis à croire au concept de destin, alors pourquoi pas en celui des âmes sœurs ?

L'américain était magnifique quand il jouait. Bien-sûr, il n'avait pas la souplesse lascive et sensuelle de la panthère noire, mais sa puissance et sa rage irradiaient le terrain. Aomine ne pouvait empêcher un sourire excité de prendre place sur son visage, tant il était fasciné par l'équipier de Kuroko. Il savait bien qu'il était le seul à remarquer cela, à attendre avec impatience les one on one contre Kagami, mais il était accro.

Désespérément et fatalement accro à son tigre. Il avait besoin de sa dose. Il avait besoin de l'admirer se mouvoir avec force. Il avait besoin de le frôler, de le toucher quand il lui dérobait la balle. Il avait besoin de multiplier les contacts physiques, les occasions de sentir son souffle chaud mourir sur ses joues et sa nuque. Il avait besoin de frissonner en le sentant à la fois si proche et si loin. Il savait qu'un jour Kagami le dévorerait vivant.

Mais ce qu'il ignorait, c'était quand cela arriverait. Alors il profitait de chaque seconde passée auprès de l'autre félin, comme si c'était la dernière. Et malheureusement pour l'as de Toho, ce jour arriva plus vite que prévu...

Parce que, ce vendredi soir, comme tous les vendredi soirs, après les cours, qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il fasse tout noir ou qu'il y ait une invasion de zombies, deux silhouettes se rejoignaient au terrain de Street basket qui se trouvait près de chez Kagami.

Mais un panneau peu accueillant se dressa devant eux à l'entrée.

« UN TERRAIN DE BASEBALL VA ETRE CONSTRUIT ICI PROCHAINEMENT. IL N'EST PAS PREVU DE REIMPLANTATION DU TERRAIN DE BASKETBALL. »

Kagami cligna des yeux en lisant cela. Un terrain de baseball ici, sérieusement ? Mais ça n'avait pas de sens ! Les Japonais avaient beau être fans de sports typiquement américains, ça n'arrangeait pas les affaires des deux lycéens ! Où allaient-ils jouer maintenant ? Aomine tenait fermement le ballon contre lui et mordillait une ficelle de son sweat gris chiné. Il avait l'air ennuyé, même si c'était probablement pour une raison différente que Kagami. Il ne comptait pas le dire au roux, mais il était très attaché à cet endroit... qui était empli de souvenirs. Empli de... Kagami. De ses rires, de ses cris et de ses dunks fétiches. C'était un peu comme s'ils vendaient la première maisonnette dans laquelle leur jeune couple avait emménagé ! Le brun ressenti un pincement dans la poitrine. Une page se tournait, c'était la fin d'une époque. Mais parce qu'il était Aomine Daiki et qu'il avait une réputation à tenir, il continua à mâchouiller nonchalamment le cordon qui dépassait de sa capuche et il haussa des épaules, comme si tout cela ne l'affectait pas.

« Ouais et alors ? Y a d'autres terrains, en ville. »

Kagami ne répondit pas tout de suite. Il semblait énervé, plus profondément touché qu'Aomine ne l'aurait pensé. Il serra le poing.

« Enfin... c'est vrai que le baseball, c'est vraiment un sport de blaireaux... »

« Amène-toi ! » Fit soudainement le tigre en lui chopant le bras.

Surpris, Aomine se laissa embarquer et Kagami se faufila derrière les taules pour pénétrer sur le terrain. Sans lâcher le bras du brun qui le suivait sans broncher. Une fois arrivés à destination, Kagami s'éloigna un peu et il s'agenouilla, caressant un peu le sol rouge.

Les étoiles brillaient malgré la pollution, parce qu'il n'y avaient pas un seul nuage dans le ciel. Il était déjà bien tard. Le roux semblait nostalgique... Mais pourquoi ?

« Depuis que je suis arrivé au Japon, j'avais pris l'habitude de venir jouer ici. Il s'est passé tellement de choses à cet endroit... Notre promesse à moi et à Kuroko ou encore le match contre les racailles avec Kise et Kuroko … j'ai même revu Tatsuya ici pour la première fois... Et puis... »

Il se redressa et se tourna vers Aomine, un demi sourire aux lèvres.

« C'est aussi là que je t'ai rencontré... »

Oh. C'est vrai... pensa le brun. Il était venu « tester » Kagami pour voir ce qu'il valait. Pour voir de ses yeux qui était ce soi-disant rival qui marchait sur ses plates bandes. La panthère avait humilié le tigre ce soir-là et marqué son territoire de manière féroce.

« Han ouais, je me souviens de cette monumentale pâtée que je t'ai collée. » Il sourit, un air de défi dans le regard et il fit tourner le ballon sur son index.

Mais Kagami ne releva même pas.

Un peu déçu et décontenancé de le voir triste, Aomine commença à dribbler avec la balle et il marqua facilement un panier.

« Bon, on se fait un petit match en hommage à ce terrain oui ou merde ? C'est la meilleure chose à faire, puisqu'on ne peut pas empêcher ce qui va arriver. Essayons juste s'en profiter une dernière fois ok ? »

Il n'ajouta rien. Sauf que ça le faisait chier lui aussi... et peut-être même plus que Kagami... Parce que sans ce terrain, il n'aurait plus de raison de venir embêter l'américain. Il allait devoir se trouver un autre prétexte moins discret...

« D'accord. Mais n'espère pas que je vais te ménager juste parce que je suis un peu triste ! »

Aomine lui envoya la balle un peu sèchement et il se mit ensuite en position, face à lui, légèrement voûté pour un meilleur appui. Kagami prit une profonde inspiration et le fixa intensément avant de piquer une soudaine accélération vers le panier opposé. Même si le départ en trombe du tigre le surprit un peu, Aomine le rattrapa sans difficulté. Bien qu'il ait un faible très prononcé pour son adversaire – non, disons-le franchement, il craquait complètement pour Kagami – hors de question de le ménager. Il n'allait pas lui faire de cadeau juste parce que c'était leur dernière f...

… Quoi ? Attends une minute ! C'était leur dernière fois ? Mais non ! Juste NON ! Ca ne se pouvait pas ! Pas déjà ! Ils allaient bien trouver un autre endroit où jouer ! Un autre endroit où se retrouver en secret ! Ils le devaient ! Même si ça devait être dans le parc du coin et qu'ils devaient se servir de deux poubelles comme de paniers !

Kagami profita de ce léger moment de doute pour dunker. Comme d'habitude. A croire que le roux ne savait faire que cela.

« J'emmerde le baseball putain ! »

Tout content de son panier, et se sentant un peu défoulé, il alla marquer d'un trait de craie sur le sol ce point. Premier d'une longue série...

Rien à faire... Le brun n'était pas dedans ce soir. Il n'était pas dans le game... Il subissait les assauts pénétrants et impitoyables de Kagami. Aomine marqua bien quelques points, mais honnêtement et aussi difficile que cela soit de l'avouer, il se fit écraser. Mais vraiment ! Et pas qu'un peu ! Il n'arrivait tout bonnement pas à suivre et pourtant, il ne ménageait pas Kagami. Il ne le laissait pas gagner ou heu... peut-être un peu, en fait, si...

Il voulait juste voir le roux heureux...

Le voir sourire...

Si on lui avait dit ça il y a quelques mois, il aurait éclaté de rire ! C'était impensable, cependant, c'était bel et bien en train d'arriver. Oh Kagami ne déméritait pas non plus ! Cela ne remettait pas en cause sa performance, mais ce ne faisait que conforter Aomine dans ses sentiments à l'égard du grand tigre. Ces sentiments qu'il n'avait absolument pas cherchés. Pas plus qu'il n'avait cherché à les réprimer. Ils s'étaient juste imposés à lui, lentement, mais sûrement, ne faisant bientôt plus aucun doute et éclipsant même leur rivalité.

Putain... tout ce en quoi il croyait était en train de céder...

On aurait même pu lui dire que le Père Noël existait et bien, il y aurait cru, ce soir !

Il était...

Kagami sauta plus haut que lui...

amoureux...

Et il envoya la balle se loger dans l'arceau...

de lui...

Ca y était. Le jour qu'Aomine redoutait le plus venait d'arriver, sans prévenir, sans crier gare ! Pas celui où il tomberait amoureux du tigre, il savait que c'était déjà le cas depuis que Kagami l'avait battu avec l'équipe de Seirin. Pas celui non plus où il s'avouerait ses sentiments et les accepterait, parce qu'il l'avait fait dès le début. Mais celui où Kagami deviendrait le plus fort...

Parce que ça voudrait dire que...

Kagami se dirigea jusqu'à son sac de sport en petites foulées et il but de l'eau fraîche. Puis, il lança sa gourde à Aomine qui l'attrapa machinalement.

Le roux venait de poser ses désirables lèvres là...

Il considéra un moment l'objet qu'il tenait dans les mains et la première chose à laquelle il pensa, au delà même de sa soif, fut que s'il buvait... ce serait comme échanger un baiser indirect avec Kagami.

Ledit Kagami ne remarqua rien et il sécha son visage suant avec une serviette. Il était totalement oblivious quand il était question d'amour... Parce que ce n'était pas sa priorité, cela ne l'intéressait pas. Seul le basket faisait vibrer son cœur. Aomine ne pouvait pas rivaliser, Kagami aimait ce sport plus que tout. Il vint s'asseoir près de l'as de Seirin, qui fixait le ciel.

« Haaan je t'ai vraiment mis la misère ce soir ! »

« T'as eu de la chance, c'est tout ! » Mentit Aomine.

« Tsss... quelle mauvaise foi... Admets ta défaite ! »

Heu... d'accord, Aomine voulait bien admettre ses sentiments pour Kagami, mais fallait quand même pas pousser non plus ! Admettre sa défaite était au dessus de son seuil de tolérance !

« Je t'ai laissé gagner parce que tu me faisais pitié à te la jouer émotionnel. Confonds pas tout. »

Kagami resta silencieux un moment, ne répliquant même pas à la provocation, ce qui eut le don de surprendre Aomine.

A vrai dire, ce n'était pas la première fois que l'as de Seirin gagnait. Dernièrement, il multipliait les victoires contre le grand brun, à leur grand étonnement mutuel d'ailleurs. A titre d'exemple, sur leurs sept dernières rencontres, Kagami en avait remporté six. D'affilée.

« En fait... » Reprit-il, sortant le fauve noir de sa torpeur. « C'est peut-être une bonne chose que ce terrain ferme... »

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Ca faisait un petit moment que j'y pensais... et je me dis que c'est l'occasion parfaite du coup... »

Le brun haussa un sourcil. Il ne comprenait rien. Kagami tourna la tête vers lui et lui déclara de but en blanc :

« Pour aller jouer avec d'autres mecs que toi. »

QUUUUUUUUUUOOOOOOOOOIIIIIIIIII ?!

« Cette victoire me conforte dans mon idée. Je suis plus fort que toi maintenant, alors tu comprends... ça veut dire que je ne progresse plus en n'affrontant que toi. J'ai besoin de voir d'autres styles, de me mesurer à d'autres joueurs... Tu ne me suffis plus. Il faut que j'essaye autre chose ! »

PARDON ? PLAIT-IL ? COMMENT ? QU'EST-CE ?

Aomine sentit un ravin s'ouvrir sous ses pieds !

Kagami ne pouvait pas SERIEUSEMENT être en train de lui dire ça ! C'était comme s'il lui avouait CARREMENT qu'il se faisait chier au pieu avec lui et qu'il allait tester d'autres gars pour voir s'ils le satisfaisaient mieux !

MAIS PUTAIN QUOI ! No way ! Aomine toussa, sa gorge se serrant. Non, il s'étrangla même.

Mais... mais... mais quelle traînée ce putain d'Américain ! Lui annoncer ça, comme ça, sans prévenir, sans prendre de pincettes ! Quel culot !

« Je pense demander à Kise ou à Midorima de s'entraîner avec moi. » Expliqua t-il naïvement et sans aucun tact.

« Ahaha... t'es sérieux là ? »

Rire nerveux. Rire jaune. Comme les cheveux de Kise.

Vert...

Vert de jalousie... comme les cheveux de Midorima.

PUTAIN ! IL ETAIT DONC BIEN SERIEUX !

« Ouais. Pourquoi ? Tu penses que c'est pas une bonne idée ? J'ai envie de faire de nouvelles expériences... »

« C'est une belle idée de merde. D'abord, ils ne sont pas aussi ENDURANTS que moi ! » Répondit-il en appuyant bien sur l'adjectif qualificatif.

Il bomba le torse, mais cette attaque n'eut aucun effet sur le Pokemon adverse !

« Aomine... je crois vraiment qu'on devrait voir ailleurs et fréquenter d'autres personnes pendant quelques temps. » Protesta t-il en douceur.

ARGH ! IL S'ENFONCAIT LA ! C'était comme s'il était DEJA en train de le plaquer alors même qu'ils n'étaient pas encore ensemble ! C'était quand même très fort là !

Et Kagami lui mit le coup de grâce quand il tapa avec condescendance dans son dos.

« T'en fais pas... je suis sûr que toi aussi tu te trouveras aussi quelqu'un d'autre. Bon... seul un saint peut te supporter, alors ce sera sûrement un moine bouddhiste ou un truc du genre... »

Mais j'veux pas quelqu'un d'autre, moi ! C'est toi que je veux ! C'est toi que j'ai envie de battre ! Je m'en fous des autres ! Ils existent même pas, ces nazes ! Pensa Aomine. Mais au lieu de lui dire franchement ce qu'il avait sur le cœur, il se renfrogna et croisa les bras, tournant la tête sur le côté.

Rien que la perspective d'imaginer Kagami riant et enlevant son T-shirt devant Force Jaune et Force Verte lui donnait envie de vomir. Aomine. Kagami était A LUI. C'était SON tigrou d'amour ! SON rival ! Midorima et Kise n'avaient qu'à s'en trouver un qui n'était pas déjà pris, merde !

« Fais comme tu veux, baka. Mais dans quelques semaines, tu reviendras en rampant vers moi, j'en suis certain. Et tu comprendras que les autres ne sont pas au niveau. »

Parce qu'il n'y a que MOI qui peux te satisfaire. Alors, tu me supplieras de te reprendre et de te pardonner tes infidélités. Et moi je te punirai comme tu le mérites...

Kagami sentit qu'il avait UN PEU vexé son compagnon de jeu, mais il sourit et il lui déroba sa gourde, qu'Aomine avait gardé dans ses mains tout ce temps, sans y toucher.

L'Américain but une autre rasade goulue et le regard de la panthère se figea sur le spectacle qui lui était offert… D'un geste du bras, il essuya l'eau qui dégoulinait le long de son menton.

Ces lèvres charnues… pleines… couleur sang… un appel à la tentation…

Il frissonna en réalisant qu'il fantasmait sur une banale paire de lèvres. Non, pas banales, se réprimanda t-il mentalement : celles de son âme sœur….

Et il avait terriblement envie de les embrasser… Mais s'il demandait cela à Kagami ou même qu'il le faisait sans autorisation, il s'exposait à un bon coup de poing dans la figure, dans le meilleur des cas. C'était pourtant affreusement tentant et finalement, même Kagami le frappait, ce ne serait qu'un maigre tribu à payer.

En arrivant au point de jalouser cette satanée gourde, le brun s'approcha de l'élu de son cœur et il lui attrapa le poignet, un peu trop fermement au goût de Kagami.

« Aomine ? »

Mais le brun se démonta. Ce n'était pas son genre d'être aussi timide pourtant. Enfin, ce n'était pas réellement de la timidité, mais plutôt de la prudence. Il savait que s'il braquait Kagami, il risquait de compromettre ses chances de manière irréparable. Mieux valait donc avancer à tâtons, car tout ce qui comptait, c'était d'arriver à mettre le tigre dans son lit, quel que soit le temps que cela prendrait...

Lentement, mais sûrement...

Il était temps de rentrer... car il sentait qu'il n'allait pas pouvoir se retenir plus longtemps de le plaquer au grillage au train où allaient les choses... Quelle allumeuse cette Américain et le pire, c'était qu'il ne semblait pas le réaliser...

« Il est tard et j'ai la dalle. Allez viens, je te raccompagne. » Enonça t-il sans fioriture, ni détour.

« Ok ». Abdiqua Kagami en rassemblant ses affaires. Il emboita le pas au brun et le calme s'installa naturellement entre eux, tandis que la pression retombait.


D'ordinaire, quand ils rentraient ensemble, Kagami faisait la conversation. Il avait toujours quelque chose à raconter et il était facile de discuter avec l'as de Seirin quand on le lançait sur un sujet. Il était toujours très enjoué et bavard, surtout quand il venait de gagner.

Mais ce soir, Kagami était MORTELLEMENT silencieux. Ca ne lui ressemblait pas. Aomine ne manqua naturellement pas de le remarquer. Il se passait quelque chose et l'adrénaline du match avait du lui faire temporairement oublier ce souci, mais à présent cela remontait à la surface.

« Oi t'as perdu ta langue ou quoi ? D'habitude, y a qu'un quintuple cheeseburger du Maji qui peut te faire fermer ta grande gueule ! »

Une fois de plus, Kagami ne monta pas sur ses grands chevaux, ne relevant pas. Il avait l'air perdu dans ses pensées. Ca devait être vraiment grave pour le tracasser à ce point. Cependant, il ne tarda pas à fixer le brun et à prendre le parole innocemment.

« Dis... Aomine... est-ce que des amis peuvent s'embrasser au Japon ? »

« Hey... ? S'embrasser ? Comment ça ? Tu veux dire, se rouler des pelles, genre ? »

« Ouais... »

Abasourdi par ce qu'il venait d'entendre, Aomine trébucha, manquant de se manger un poteau en pleine tête ! C'était... inattendu comme question ! Et d'autant plus surprenant qu'elle venait de Kagami !

« Bon, je t'explique : en fait hier, après l'entraînement, je me suis rendu compte que j'avais oublié ma serviette dans les vestiaires. Tout le monde était déjà parti, à part Kiyoshi-senpai et Hyuga-senpai, tu vois. Ils n'ont pas vu que j'étais revenu et je les ai surpris en train de s'embrasser... Alors depuis, je me pose des questions... »

PUTAIN. DEGUEU ARGH ! Ce serait comme s'il tombait sur Bakamatsu qui embrassait Ryo ! A se demander comme Kagami s'était retenu de hurler ou de rendre son déjeuner !

Un ange passa, puis deux, puis trois, puis le Paradis tout entier...

Aomine finit par afficher son sourire narquois caractéristique. C'était amusant et presque flatteur de constater que Kagami se confiait à lui en premier et non à Kuroko, par exemple. Le brun pouvait se vanter d'avoir la primeur des confidences du roux et ça ne lui déplaisait pas, malgré qu'il se serait passé de l'image mentale représentant « Grosses paluches » en train de galocher « Binoclard » !

Le joueur de Toho se redressa et s'arrêta dans une ruelle un peu isolée.

« Bah quoi, t'étais pas au courant ? Je veux dire... c'est un truc qui se fait souvent au Japon. »

« Sérieux ? »

« Pourquoi te mentirai-je ? »

« J'sais pas, pour te payer ma gueule, au hasard ? »

« Nan... Mais pourquoi tu me poses cette question, t'es choqué ou quoi ? »

Ah ça. C'était une EXCELLENTE question mon cher Daiki ! Et de quoi sonder les préférences du roux par dessus le marché !

Taiga Kagami avait grandi en Amérique et à Los Angeles, qui plus est, berceau de la débauche et de toutes les perversions. Il était donc IMPENSABLE aux yeux d'Aomine que Kagami n'ait pas déjà surpris quelques couples se roulant des patins en public. Qu'il s'agisse d'une mec et d'une nana, d'une nana et d'une autres nana ou même de deux mecs... Teppei et Junpei ne pouvaient pas être les premiers qu'il voyait procéder à un échange de salive.

« Pas du tout ! » Rugit le tigre en s'empourprant adorablement. « J'ai déjà vu plein de gens s'embrasser avant, j'te signale ! »

« Tu me rassures là. Alors quoi, c'est parce qu'il s'agit de deux mecs ? J'te l'ai dit, ici, c'est un signe d'amitié. C'est culturel, tu vois, ça n'a rien de sexuel. »

BEN VOYONS.

COMME SI KAGAMI ALLAIT CROIRE QUELQUE CHOSE D'AUSSI GROS QUE MURASAKIBARA !

Mais bon... c'était trop tentant de lui raconter des cracks pour voir comment il allait réagir et combien de temps il allait mettre à réaliser que c'était une blague de mauvais goût !

Sauf que Kagami était un gars vraiment très crédule...

Et il goba tout, absolument tout.

Même la langue du brun, quand ce dernier voulut lui faire la démonstration des ses propos mensongers. Ni une, ni deux, il profita d'un moment d'hésitation de Kagami et de leur isolement pour fondre sur sa proie. Il plaqua ses lèvres sur celles de Kagami et les mordilla avec insistance pour les forcer à se desserrer. Pris de court, le lycéen sembla vouloir pousser un petit cri de surprise, qu'Aomine avala férocement. Sa langue se fit cependant plus douce pour ne pas effrayer l'autre et elle vint danser avec sa compagne. Il frissonna, trembla même. Ce baiser plutôt sage lui fit un effet bœuf, mais il devait se retenir ! Tendrement, il guida Kagami, qui ne lutta même pas, sans doute bien trop surpris par cette intrusion buccale.

Le baiser fut bref, mais intense. Kagami avait un goût... indescriptible, salé, épicé, viril, un peu cuivré et très addictif. C'était différent des quelques filles qu'Aomine avait embrassées avant et dont la saveur était plus sucrée, sans doute à cause de leurs gloss fruités. Ca ne ressemblait pas non plus à Tetsu, ni à Kise. Ca avait quelque chose... de plus... exotique...

Exactement comme il l'avait imaginé.

Cependant, ne voulant pas pousser sa chance trop loin, Aomine rompit le contact rapidement. Il serait fâcheux que Kagami lui colle son poing dans la figure pour si peu...

Le tigre était pantelant, les joues rosies et les yeux luisants. Il passa son pouce sur sa lèvre inférieure douloureuse pour balayer toute trace de salive de la panthère et il le fixa d'un air féroce.

« Ne refais plus jamais ça, enfoiré... » Le prévint-il dangereusement.

Se félicitant d'avoir su saisir cette occasion OFFERTE SUR UN PLATEAU D'ARGENT, Aomine se garda pourtant bien de fanfaronner. Il essaya de rester aussi neutre que possible et de chasser toute idée salace de son esprit (qui lui soufflait que s'ils étaient déjà dans cet état avec un petit bisou de rien, qu'est-ce que ça allait être quand ils passeraient aux choses sérieuses!).

« Quoi ? T'avais pas l'air de me croire, il fallait bien que je te le prouve ! Si tu crois que j'ai pris mon pied à t'embrasser, alors là, tu te plantes... j'ai pris plus de plaisir la dernière fois que Murasakibara m'est tombé dessus pendant l'entraînement au collège, c'est pour te dire ! »

Ce dernier argument en carton sembla convenir au rouquin qui n'insista pas et s'en contenta. C'était presque trop facile, tant Kagami était naïf et inexpérimenté.

« Hmm... ouais... bon... ok... mais ne recommence pas... »

De toute façon, ils arrivaient devant l'immeuble de Kagami et Aomine savait qu'il allaient se séparer là. Il était encore trop tôt pour monter boire un dernier verre. Ce baiser volé était déjà une belle victoire qui suffisait amplement à la panthère noire.

« A plus, Bakagami ! » Le salua de dos Aomine, tandis qu'il s'éloignait. Une fois hors du périmètre visuel de l'Américain, le Japonais se lécha félinement les lèvres.

Quand à Kagami, il se hâta de rentrer chez lui et alors qu'il ouvrit la porte de son appartement, un AFFREUX doute s'insinua en lui...

Non seulement, lui et Aomine s'étaient embrassés, ce qui était quand même un geste intime aux yeux de l'ingénu Kagami, mais surtout...

DEPUIS QUAND LUI ET AOMINE ETAIENT-ILS POTES ?


Et voilà, c'est fini pour ce second chapitre qui rentre un peu plus dans le vif du sujet !

Comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter, je suis à votre écoute !