Bonjour à tous !
Grâce à ma super béta qui, malgré ses concours, corrige mes chapitres, vous pouvez avoir la suite ! Elle mérite tous vos applaudissements )
Je ne retire toujours rien de cette histoire sinon l'immense plaisir de la partager avec vous et de lire vos reviews. Alors, surtout n'hésitez pas !
On en apprend plus dans ce chapitre sur l'enquête : je vous laisse donc à votre lecture.
Chapitre 6 :
Le soleil se levait sur l'Arno, donnant à la ville sa lumière si particulière. Les commerces commençaient à s'animer, les premiers touristes parcouraient les rues sinueuses chargées d'histoires, profitant du calme des premières heures du jour.
A l'hôtel, un doux rayon de soleil passa par la fenêtre, chatouillant le visage d'un John encore endormi, blotti dans le drap encore chaud. Une main caressa ses cheveux, délicatement, tendrement, cherchant à le réveiller. Il émit un grognement. La main continua ses effleurements, descendant dans son cou toujours en douceur.
- Hey, soldat. Réveille-toi. Il va falloir qu'on y aille.
Le médecin se retourna, frotta ses yeux en baillant. Le drap glissa, révélant son torse nu aux yeux gourmands de son ami. Il sentait encore la chaleur de la main de Sherlock sur lui. Un réveil parfait. Le détective était déjà habillé de son habituel costume noir ainsi qu'une simple mais terriblement séduisante chemise blanche. Son manteau et son écharpe étaient posés sur le divan rouge en velours. John put remarquer derrière lui, sur la petite table style Renaissance, un petit déjeuner complet. Sherlock suivit son regard, un léger sourire éclaira son visage
- Va t'habiller. Je te sers ton thé puis nous irons à l'auberge.
John se leva, s'étira et se dirigea dans la salle de bain. Le brun relâcha son souffle : il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait retenu. Il repensa à son comportement de la veille au soir, à son envie soudaine de câlins, au bien-être procuré par la présence de John. Il pensa à John tout simplement. Il était décidé. Ca ne servait plus à rien de faire semblant de toute façon : ils étaient comme deux imbéciles qui se tournaient autour depuis bien trop longtemps. Son instinct lui disait de foncer. Alors, malgré ses peurs, il allait le faire parce que ce qui l'attendait au bout allait être la plus fabuleuse des expériences. Enfin… D'après ce que tout le monde dit.
Il s'assit face au repas qu'il avait fait monter pour John : dans son souvenir, les Italiens ne mangeaient que très peu le matin, se contentant d'un café stretto. C'est pour cela qu'il avait demandé à Mycroft de réserver dans un hôtel de grande qualité : il savait ainsi qu'il pourrait trouver de quoi contenter son médecin avant la longue journée qui les attendait. Justement, ce dernier sortit de la salle de bain à ce moment-là, apprêté. Il s'installa sur la chaise libre et prit la tasse de thé.
- Comment ça se fait que tu parles aussi bien italien ?
- Angelo. Il a eu quelques problèmes avec la mafia, c'est ainsi que l'on s'est rencontré. Ça se passe toujours mieux avec ces gens-là, quand tu parles dans leur langue. Donc, j'ai appris. Puis, j'ai passé quelques temps à Rome en sortant de la fac.
- Un jour, il faudra que tu me racontes tout ça.
- Un jour, sûrement. Sourit Sherlock.
La ville commençait à s'agiter quand les deux amis sortirent de leur hôtel. L'auberge où séjournait Matthew était proche de la gare, en centre-ville. Malgré le pas rapide adopté par Sherlock, John en profitait pour admirer les splendeurs des rues qu'ils traversaient. Il espérait pouvoir finir rapidement cette enquête afin de faire un peu de tourisme ensuite. Il se ressaisit. Il devait se concentrer afin de retrouver son ami : celui-ci l'avait aidé quand Sherlock était parti, c'était à son tour d'être là pour lui.
Ils arrivèrent devant un bâtiment relativement ancien qui ne promettait pas des merveilles, lui. La réceptionniste était une femme brune, d'une trentaine d'années, assez élégante, si on oubliait l'air blasé qu'elle affichait. Sherlock se retourna vers son ami.
- Vas-y toi. Essaie d'en tirer quelque chose et de nous faire rentrer dans la chambre de Matthew. Elle aime les hommes plus âgés qu'elle, notamment les étrangers, anglophones de préférence.
- Tu as oublié quelque chose : moi, je ne parle pas italien.
- Nous sommes dans une auberge de jeunesse, John. Cette femme doit parler plusieurs langues et au moins la nôtre. A toi de jouer.
En grognant, le médecin se redressa, épousseta le devant de sa veste et se dirigea vers la réception en mettant son plus beau sourire sur son visage.
-Bonjour mademoiselle. J'aurai besoin de votre aide. Vraiment. C'est une question de vie ou de mort.
La jeune femme se redressa, ses joues se colorant légèrement. Elle semblait apprécier la situation.
-Bien sûr. Que puis-je faire pour vous ? dit-elle dans un anglais aux consonances méditerranéennes.
-Mon ami et moi sommes des détectives britanniques. Nous cherchons un homme, la quarantaine, brun, les yeux verts, assez grand et anglais. Il serait descendu ici depuis hier.
-Oui, il est là. Il n'a pas donné de date de départ. Il est parti très tôt ce matin. Il ne faisait pas jour. Je venais juste de prendre la relève. Il a demandé un plan de la ville et puis voilà.
- Pourriez-vous nous ouvrir sa chambre ? demanda Sherlock.
La réceptionnaire se referma aussitôt. Le ton de cet homme ne lui plaisait pas du tout. John mit un coup de pied dans la cheville de Sherlock tout en gardant son doux sourire. Il fit étinceler quelques étoiles dans ses yeux bleus.
-S'il vous plait. On ne prendra rien et on sera rapide. On doit absolument le retrouver. Vous nous seriez d'une grande aide.
-Mon patron ne sera jamais d'accord.
-Je vous en supplie. Cet homme est en danger. En nous laissant voir ses affaires, vous lui sauvez la vie.
Sherlock leva les yeux au ciel. Si elle se laissait avoir par ça, elle était aussi idiote qu'elle en avait l'air.
-Bon mais vous faites très vite, ok ? Il a la chambre 207.
- Grazie mile, répondit John avec un clin d'œil. Il attrapa Sherlock et la clé et se dirigea vers les escaliers.
- Je n'y crois pas. Tu lui as fait un rentre-dedans monstre et ça a marché. Je ne comprendrai jamais les femmes.
- Jaloux on dirait ? rit le médecin en ouvrant la porte de la chambre.
Sherlock grommela, poussa le docteur de l'épaule et entra. C'était une pièce au confort spartiate : il n'y avait qu'un lit une place, une table de nuit et une chaise où était posé un sac de voyage. Il ouvrit le bagage : des vêtements, quelques affaires de toilette, rien de concluant. Il fouilla encore un peu et tira une feuille A4 venant d'un notaire florentin, adressée à ses parents. Il la glissa dans la poche de son manteau. Ensuite, il rejoignit John qui tenait une carte postale, prise sur la table de nuit. Matthew y avait griffonné plusieurs noms et des adresses ainsi que des numéros de téléphone.
- Camilla Saverino, Luiggi et Maria Saverino, Cristina Saverino, Giorgio Saverino, lut-il. En gros, il cherche quelqu'un qui s'appelle Saverino. Ce nom te dit quelque chose, John ?
- Non, pas du tout. Matthew n'a jamais été très bavard sur sa jeunesse. Il disait toujours que sa vie avait commencé au moment de sa rencontre avec Moira.
Le détective prit la carte en photo. Il n'avait plus rien à faire ici. Il fallait qu'ils retrouvent qui Matthew avait voulu joindre. C'était leur seule piste.
-On y va. Nous allons attendre au café en face qu'il rentre. Nous n'aurons plus qu'à le suivre ensuite.
John acquiesça. Ils sortirent de la chambre, rendirent la clé à la réceptionniste qui semblait s'être remaquillée entre temps. Le médecin eut une idée : il prit une publicité sur les meilleures pizzerias de Florence et inscrivit son numéro. Il le tendit à la jeune femme :
- Si jamais il revient, vous pourriez me prévenir s'il vous plait ?
- Oh ! Oui. Bien sûr.
- Vous êtes la meilleure. Dit John avec un nouveau clin d'œil.
Sherlock soupira et tira son médecin par la main. Ils s'installèrent au café d'en face : la vue sur la porte d'entrée était limitée, John avait eu une bonne idée. Cependant, le détective ne lui dit pas, préférant bouder. Il n'avait pas aimé du tout que son docteur à lui drague cette femme même si c'était pour le bien de l'enquête et parce qu'il le lui avait demandé. Il sortit son téléphone et commença à appeler les premiers numéros de la liste.
Camilla Saverino l'informa que Matthew cherchait une certaine Colomba Saverino qu'elle ne connaissait pas. Elle n'était pas sur Florence depuis longtemps. Il en apprit plus de Maria :
-Colomba est une des sœurs de mon mari. Enfin, je crois. Ils sont tellement nombreux dans cette famille et on les voit si peu que je m'y perds. On a quitté Florence après notre mariage… Ma belle-mère pourra plus vous renseigner.
La belle-mère de Maria Saverino avait perdu son mari, s'était remariée et s'appelait maintenant Cherubini. Sherlock était de plus en plus exaspéré. John caressa sa main, cherchant à le calmer. Il lui jeta un regard par-dessus sa tasse de café pour l'encourager. Le détective soupira, prit son téléphone et appela :
-Pronto, Signora Cherubini ?
Dès ses premiers mots, elle s'exclama, dans un anglais approximatif :
-Quoi ? Vous aussi ?
Matthew venait juste de sortir de chez elle.
- Ecoutez, signor, j'ai eu 8 bambini de mon mari ! J'ai fait ce que j'ai pu pour les élever ! Chacun fait sa vità come il veut. Io, j'ai des idées sur ça. Une ragazza, ça doit pas aller voir les garçons avant le mariage. Sinon, Dio s'en occupe ! Non è il mio problema !
Et elle raccrocha. L'air stupéfait de Sherlock fit éclater de rire le blond.
-Au moins, on en sait un peu plus. Colomba a été rejetée par sa famille après une grossesse hors mariage. Il nous reste à savoir pourquoi Matthew s'intéresse à elle.
-Ca, mon cher John, n'est pas un mystère. Cet appel ne fait que confirmer ce que je pensais déjà. En revanche, je voudrais bien savoir quel est l'intérêt de faire autant de miles pour quelque chose d'aussi évident.
John était étonné. Lui ne voyait pas en quoi ce qu'ils venaient d'apprendre était aussi flagrant. Il se tourna vers la vitre du bar et se leva d'un bond. Matthew venait de rentrer dans l'auberge.
