Bonjour à tous !

Ca y est, l'enquête avance bien comme il le faut. A vous de me dire ce que vous en pensez et si vous vous attendiez à ça.

Rien n'est à moi, bien entendu et je remercie ma super bêta, Sevy Dyan, qui est trop forte.

Bonne lecture et n'hésitez surtout pas à laisser un petit message, ça fait toujours plaisir et ça pousse à continuer… ou pas.

A bientôt !

Chapitre 7 :

- Sherlock, il faut qu'on y aille. Vite !

John avait déjà remis sa veste, jetait l'addition sur la table et attendait que l'autre se lève.

-Allez ! Dépêche-toi ! On va le rater !

- Calme-toi, soldat et assois-toi, répliqua Sherlock qui sirotait son café tranquillement.

- Comment ? Mais, Sherlock ! Matthew est là. Dans l'auberge. On a fait tous ces miles pour venir le chercher ! Je ne…

La sonnerie de son portable coupa le médecin dans sa tirade. Un numéro italien. Le détective tira John par la manche, le forçant à se rasseoir. Il prit le mobile des mains de son ami et décrocha.

- Pronto ?

- Signor John ? C'est Cristina, la fille de l'hôtel. « Il » est revenu. « Il » vient de monter pour vider sa chambre. « Il » a payé cash. Que dois-je faire ?

Elle avait dit cela à voix basse, insistant sur le pronom, se prenant pour une indic ou mieux, un agent, comme dans ces séries américaines qu'on voit à la télé.

- Rien. Vous ne faites absolument rien. Restez naturelle. Juste, dites-moi comment il est habillé. Il tentait de prendre les intonations et l'accent de John. Ce dernier leva les yeux au ciel, ce n'était pas du tout ressemblant. Mais la jeune femme ne semblait pas se rendre compte de la supercherie.

- Mais, je… Il descend. Attendez.

Sherlock entendait, en bruit de fond, une conversation en anglais. Une voix grave et polie s'adressait à la réceptionniste pour la remercier et lui rendre les clés de la chambre. Il regarda John qui patientait, le genou tremblant de stress, les doigts pianotant sur la petite table en fer, attendant qu'il lui dise comment aller se passer la suite des évènements. Car John le savait, le détective avait une idée derrière la tête et en savait beaucoup plus qu'il ne voulait bien l'avouer.

- John ? « Il » vient de sortir.

Le brun fit un geste à son partenaire en direction de la vitre pour qu'il puisse surveiller la rue. Il eut du mal à reconnaître Matthew, si c'était bien lui : un homme en survêtement noir et pull à capuche gris, casquette vissée sur la tête, était sur le trottoir, son sac de sport sur l'épaule. Il s'allumait une cigarette, ses doigts tremblaient. Il avait l'air très nerveux. Il regarda des deux côtés de la rue puis se dirigea vers le marché San Lorenzo. Sherlock avait fini sa conversation, confirmant d'un signe de tête à John que le suspect était bien celui qu'ils cherchaient.

- Maintenant, on peut y aller.

- On va le filer ?! Mais pourquoi ne pas juste aller le voir ?

- Il est sur un gros coup, John. Et juste l'arrêter dans la rue ne clora pas cette affaire.

Il se retourna vers le médecin et lui prit la main.

- Aie confiance en moi.

John resserra ses doigts et entraîna le détective dans la rue. Sans jamais se lâcher, ils filèrent le fuyard jusqu'à un hôtel particulier de style renaissance, proche du palais de justice. Il disparut dans une cours intérieure. Tout le long de la course, Matthew n'avait pas arrêté de regarder derrière lui, se sentant épié, poursuivis, à juste titre. Plusieurs fois, les deux colocataires s'étaient jetés contre un porche ou derrière une poubelle afin que l'autre ne les remarque pas.

- Sherlock, qu'est-ce qu'on fait ? On va le perdre !

Dans un haussement de sourcil mystérieux, le détective tira une feuille de sa poche et le tendit à John.

- Je l'ai pris dans sa valise tout à l'heure.

- Il faut vraiment qu'on travaille la communication…

John jeta un coup d'œil au document en soupirant : il trouva le nom des Clarkson suivit de celui d'un notaire italien. Le papier était daté de…

- 1975 ? Comment peux-tu être certain que ce Signore Graglio a encore ses bureaux dans cet immeuble ?

- Je ne le savais pas jusqu'à ce que le docteur Clarkson ne nous y mène. Entrons.

Le médecin lâcha un grognement de stupéfaction puis suivit le brun, en continuant d'essayer d'être les plus discrets possible. Il ne savait pas dans quoi son camarade de fac s'était fourré mais ça ne sentait pas bon du tout. A ce moment-là, il regretta de ne pas avoir pu pendre son arme.

Face à eux se dressait une immense porte ouvragée sur son côté droit, des plaques dorées, luisantes, ornées des noms de différents hommes de lois attirèrent l'œil du détective. Ils pénétrèrent dans le grand hall silencieux. Dans un coin, derrière une immense plante, Sherlock aperçut le sac de Matthew. Il le montra à John puis lui indiqua les escaliers. Les bureaux n'étaient pas encore ouverts.

- C'est au quatrième et dernier étage.

- Et tu le sais car… ?

- Les plaques, près de la porte. Allez ! Faisons vite.

Ils montèrent les marches jusqu'au dernier étage, en essayant de faire le moins de bruit possible. Arrivés devant la porte de l'office, John tendit la main vers la poignée. Sherlock agrippa son poignet dans un geste sec.

- Ca va être dangereux, John. Fais attention s'il te plaît.

- La même chose pour toi. Mais, je connais Matthew depuis longtemps, il ne me fera rien.

Il ouvrit la porte et entra.

-Ce n'est pas de lui dont je parlais.

Sherlock s'introduit à sa suite. La salle était faiblement éclairée, on y trouvait un secrétaire, qui devait être celui de la collaboratrice du notaire, et quelques sièges pour faire patienter les clients. La lumière filtrait de dessous la porte du bureau de Graglio. Le détective fit signe à John de se taire, se dirigea vers l'office, poussa l'ouverture et entra dans l'office. Une fois à l'intérieur, rien, hormis un immense désordre : la pièce avait été fouillé avec empressement. La porte claqua. Le son d'un pistolet qu'on arme se fit entendre.

- Che cosa fate qua ?

Les deux colocataires tressaillirent. Sherlock regarda l'ancien soldat et lui fit un signe de tête.

- Matt. C'est moi.

-John ? demanda le docteur, étonné. Son bras s'était abaissé.

- Salut mon vieux.

- Mais, qu'est-ce que tu fais là, bon sang ? Sa voix tremblait, il était tendu, des cernes marquaient son visage- On est venu chercher la Terre et le Soleil, lança Sherlock. Il tira la planète en papier mâché de sa poche et la jeta à Matthew qui la rattrapa tant bien que mal.

- Comment vous… ?

Il regarda un court instant la petite planète grise. Un doux sourire éclaira son visage en pensant à son fils. Toutefois, il se fit triste la seconde suivante.

- Vous devez être Sherlock Holmes. John m'a beaucoup parlé de vous...

- Matt, ce n'est pas le moment. On est venu te chercher. Moira est super inquiète.

- Ecoute… Je ne peux pas. Il faut que je finisse ce que j'ai commencé. Mes… parents…

Il buttait sur le mot comme si l'idée même d'appeler Elizabeth et Tomas Clarkson ses parents était difficile.

- Vous devez partir. Et… Donnez ceci à mes… parents s'il vous plait. C'est ce qu'ils cherchaient depuis toutes ces années.

Il tendit une feuille à John, évitant le regard de Sherlock, sentant que celui-ci en savait déjà beaucoup trop. John lut à voix haute :

« Je reconnais avoir cédé mon fils Antonio âgé de neuf mois au signor et à la signora Clarkson contre la somme d'un million de lires. Maintenant, Antonio s'appellera Matthew Clarkson.

Colomba Saverino, Firenze, le 25 avril 1975 »

Le médecin n'en revenait pas. Il se retourna vers le détective consultant qui, lui, voyait tous les morceaux du puzzle se mettre en place.

- C'est pour ce papier que tu es venu jusqu'ici ?

- Ce sale bâtard fait chanter mes… parents depuis ces trente-huit dernières années, même après leur départ d'ici. Mon… père m'a tout avoué il y a trois mois car il ne pouvait plus payer.

- Et ils auraient mieux valu qu'ils continuent.

Graglio, car ça ne pouvait être que lui, venait de rentrer dans son bureau et pointait une arme vers eux. Il était assez grand, les cheveux grisonnant et parlait un anglais parfait. Son porte-document était posé contre la porte et il tenait son pistolet à deux mains, sans trembler, dangereux.

-Toi, Clarkson. Va avec tes amis là-bas. Vous, dit-il en désignant Sherlock du menton, rendez-moi ce document ou sinon…

-Ou sinon quoi ? répliqua le détective.

- Ou sinon… Et, tirant John par le bras, pointa son arme sur sa tempe.

- Sherlock…

Pourquoi fallait-il que tous ces pseudos criminels menacent de tirer sur John ? Parce que ça marche, sombre crétin ! Sherlock regarda son ami, pouvant lire sur son visage son inquiétude, son stress mais aussi… Oh John ! Si normal mais tellement brillant. C'est dans ces moments-là que j'aimerais t'embrasser. Sherlock s'avança, tendant la feuille devant lui. Lorsque le notaire s'en saisit, l'ancien Capitaine de la Cinquième des Fusiliers de Northumberland frappa dans les côtes avec son coude son adversaire, qui se plia sous le coup de la douleur, puis lui envoya son genou dans le visage. Graglio tomba à terre, sonné. Le pistolet roula aux pieds de Matthew. Sherlock, sous l'impulsion du moment, prit John dans ses bras, soulagé. Mine de rien, même si tout était allé très vite, il avait eu peur, comme à chaque fois que l'on s'en prenait à lui.

- Sherlock, ça va, t'inquiète. On a connu bien pire, dit le docteur en resserrant ses bras autour de son partenaire.

Il passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant encore plus, dans un geste tendre. Pendant ce temps, Matthew s'était saisi du revolver et le pointait sur le notaire. La haine qui émanait de lui à cet instant était palpable. John s'écarta rapidement de Sherlock et se plaça entre son ami et l'homme à terre.

- Matt, tu n'es pas un assassin. Donne-moi ce flingue, s'il te plait.

- Il a ruiné mes… parents ! Il m'a vendu puis il a poussé ma vraie mère sur un trottoir. Elle est morte seule et droguée. Je ne peux pas le laisser continuer !

- Matthew. Regarde-moi. Tu es médecin, le meilleur que je connaisse. Ne gâche pas ta vie pour ce type. On va le livrer à la police locale. Tout ira bien.

- Non. John, écarte-toi. Si tu ne le fais pas… Il y a plusieurs balles.

- Tu ne le feras pas. Pense à Moira. Pense à Sam, à ton bébé. Tu voudrais qu'ils grandissent sans toi ?

Pendant l'échange, Sherlock avait observé puis déduit. Observé le même tic qui agite la narine en cas de stress, le même pavillon de l'oreille, la même fossette au menton, les mêmes yeux… Comme Samuel. Comme un fils et son père. Il déduit.

- Matthew. Ne tirez pas. C'est votre père biologique.

De stupeur, Clarkson laissa tomber son bras. John en profita pour se saisir de lui et l'écarter du notaire qui cherchait à se lever et à s'enfuir, l'air de panique affiché sur son visage prouvant sa culpabilité. Le détective se saisit de l'arme et l'assomma. Au même moment, la secrétaire entra dans la pièce. Elle resta un moment sidérée face à la scène qui se jouait devant elle. Sherlock lui dit, en italien, de son sourire le plus hypocrite :

- Je pense que vous pouvez appeler la police.