Salut les girls !
Déjà de retour, car j'ai une inspiration du feu didiou !
Je tenais encore à vous remercier pour vos gentilles reviews et je suis très contente que l'histoire vous plaise ! Bon, vous allez très vite vous rendre compte que c'est un joyeux bordel qui a tendance à partir dans tous les sens, mais ça laisse justement plein de possibilités ! Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos envies, j'essayerai d'en tenir compte au maximum !
Dans ce chapitre : introduction de Sakurai, Aomine qui doute, Kise qui essaye de l'aider (à sa façon) et Bakagami au sommet de sa forme !
Enjoy !
Personne ne naît avec une passion. Celle-ci vous prend et grandit avec le temps, finissant par vous embraser et vous étreindre sans plus vous lâcher. C'était exactement ce qui était arrivé avec Ryo Sakurai. Le jeune homme avait deux passions : le dessin et le basketball. On peut dire qu'une passion avait fait naître l'autre, puisqu'en effet, le châtain avait découvert ce sport de balle grâce à un manga. Un jour, par hasard, alors qu'il se rendait à sa librairie préférée pour venir chercher son manga favori, il était tombé sur un livre qu'il ne connaissait pas. Son manga fétiche n'était pas à sa place habituelle, donc Sakurai avait feuilleté par curiosité un volume de celui qui était posé là.
Slam Dunk.
Et comment dire... ?
Si ce livre avait été une personne, on aurait aisément pu dire que l'innocent Ryo avait eu un coup de foudre ! Mais comme ce n'était pas le cas, on se contentera de dire qu'il avait eu une révélation. (non parce qu'un coup de foudre pour un bout de papier, c'est un peu too much quand même!) Tout y était ! Absolument tout ce que Sakurai aimait ! Héroïsme, passion, amitié virile, dépassement de soi, sport, sueur et humour ! Le jeune homme avait immédiatement accroché et il était parti tout heureux en direction de la caisse avec sa nouvelle future acquisition quand brusquement...
… Il avait heurté quelque chose de... dur...et ferme...
Absorbé par sa lecture, il avait balbutié un rapide « sumimasen », même s'il s'agissait sans doute d'un mur. En effet, Sakurai avait la fâcheuse habitude de se cogner contre des poteaux ou tout obstacle se dressant sur son chemin, lorsqu'il était absorbé par la lecture d'un manga intéressant. Tandis que son esprit aimait se repaître d'histoires vivantes et tandis que ses yeux scannaient minutieusement chaque trait, chaque courbe composant les dessins, il avait tendance à ne pas faire attention à ce qui se trouvait devant lui, ce qui résultait souvent en accidents sans grandes conséquences, heureusement.
Mais bon cette fois, le « mur » contre lequel il avait buté venait de lâcher un truc qui avait fait « paf » en s'écrasant par terre. Sakurai leva les yeux de sa bande dessinée, parce normalement les murs ne font pas de bruit. Au sol, venait d'atterrir un magazine. Un magazine... cochon... Sakurai ne se souvenait plus du titre, mais il avait gardé en mémoire l'image de la couverture. Il s'agissait de filles très dénudées dotées de poitrines qui pourraient allaiter toute une maternité ! Il n'avait jamais vu des seins aussi énormes ! Et surtout, il ne savait pas que cette librairie vendait ce genre de... littérature. Une ombre menaçante se dressa au dessus de lui et Sakurai ramassa tout penaud l'ouvrage avant de le tendre à son propriétaire, qu'il venait de bousculer.
Face à lui se trouvait une véritable bête sauvage, à la peau brune et aux yeux remplis de colère. Il avait des cheveux d'un brun profond et un visage anguleux, avec une mâchoire très carrée et sèche ce qui lui conférait un air agressif. Ses deux yeux d'un bleu électrique très sombre semblaient éteints. Ses épaules larges et sa carrure de géant laissaient penser qu'il s'agissait d'un sportif. Sakurai se tendit et il eut un irrépressible mouvement de recul quand ce monstre lui arracha le précieux magazine des mains.
« Bouge. »
Sans demander son reste et presque par instinct de survie, Sakurai s'était écarté lâchement. Un autre que lui ne se serait pas laissé faire et aurait sûrement tenu tête à ce type. Sa respiration se bloqua dans sa poitrine et il ne put réprimer ses tremblements. On voyait rarement des garçons atteignant plus d'un mètre soixante-dix au Japon. Et Sakurai était loin d'être petit, mais ce gars-là... il approchait facilement des deux mètres et il semblait avoir son âge, alors Ryo n'imaginait même pas ce qu'il allait donner une fois adulte, quand il aurait terminé sa croissance ! Même sa silhouette toute en muscles et ses vêtements légers laissaient deviner une carrure hors normes. Sakurai ne put s'empêcher d'ajouter mentalement que n'importe quel club de sport le comptant dans ses rangs au lycée se verrait attribuer la victoire facilement ! Mais alors qu'il se décalait pour laisser passer le rouleau-compress... heu l'individu, ce dernier se pencha.
« Hmmm ? »
Il cligna des ses yeux endormis au moins trois fois de suite et il se gratta le menton avant de prendre le manga se trouvant dans les mains de Sakurai. Il l'ouvrit et le scruta en plissant les paupières.
« T'aimes le basket, mec ? »
Sakurai eut du mal à déglutir, ayant soudainement l'impression qu'un ballon de basket venait de se coincer dans sa gorge.
« Hey j'te parle ! »
Il se tendit au garde à vous et il osa enfin le regarder à nouveau.
« H...hai ! Sumimasen ! »
C'était plus fort que lui. Il fallait ENCORE qu'il s'excuse. Mais de quoi, au juste ? C'était simplement un trait de sa personnalité, un automatisme sans cause. Il s'attendait à se faire taper par le costaud. Il avait l'habitude. Cela lui arrivait continuellement au collège. Il se faisait souvent racketter ou même voler son bento. Et ça avait commencé dès la maternelle ! Sauf qu'au lieu de cela, le grand brun lui sourit. Un sourire franc, presque amical et si solaire... un de ces sourires qui vous réchauffent le cœur...
C'était peut-être à ce moment que...
« Sérieux ? Et t'es bon ? »
« Heu je... »
« Daaaaaiiiiii-chaaaan ! » Appela une voix féminine.
« Tiens rends-moi service. »
Hop, ni une, ni deux, et sans lui demander son avis, il lui colla en urgence le magazine érotique dans les bras, tandis que le jeune fille s'approchait d'eux. Et Satsuki Momoi était un CANON. Le genre de nanas sur lequel tous les mecs se retournent dans la rue. Sans doute la petite amie du monstre à la peau de bronze.
« Bah alors, qu'est-ce que tu fais ? »
« Je discutais avec mon ami... heu... » Il chercha ses mots et fixa avec instance Sakurai pour qu'il décline son identité.
« Sakurai. »
« Ouais. On parlait de basket ! » Il brandit alors le manga qu'il avait « emprunté » à Sakurai, ou plutôt « échangé » pour se donner bonne figure.
Sakurai s'empourpra. C'était vraiment la honte ! Quand l'adolescente posa les yeux sur lui, elle grimaça en croyant constater quel genre de lecture obscène il avait ! Pourtant, Sakurai semblait si mignon, si innocent ! C'est en tous cas ce que Momoi avait pensé au départ, mais bon, finalement, s'il était pote avec Aomine, ceci expliquait cela ! Pas étonnant qu'ils aient le même genre de penchants dégoûtants ! Momoi était même prête à parier que ces deux-là devaient sûrement se prêter des magazines pornos et se retrouver ici régulièrement pour comparer les différentes playmates !
Elle secoua la tête, atterrée par les fréquentations d'Aomine.
« Je t'attends dehors mouuuh... ne traîne pas, j'ai envie d'aller faire du shopping après ! »
La belle demoiselle détala sans demander son reste et le brun soupira de soulagement avant d'enlacer Sakurai en l'attrapant par le cou.
« Merci p'tain... tu m'as sauvé la vie... si elle m'avait vu avec ce truc dans les mains, elle m'aurait pourri la gueule toute la journée... »
Il s'empressa de récupérer son bien et de le planquer dans sa veste, tandis qu'il rendait le manga à Sakurai.
« Et sinon, t'as un prénom ? »
« Hmm ? » Il était si impressionné qu'il mit quelques secondes à répondre. « Heu... Ryo... »
« Cool Ryo. A la prochaine, alors. On se croisera peut-être sur un terrain de basket un de ces quatre, qui sait ? Moi c'est Aomine, mais si on s'affronte, crois pas que je vais t'épargner juste parce que tu m'as sauvé la peau aujourd'hui, hein. »
Après un dernier clin d'oeil complice, il s'éloigna en direction de son amie.
C'est ainsi que naquit la seconde passion de Sakurai, celle pour le ballon orange.
Et celle qui regroupait ses deux addictions : le dessin et le basketball...
Daiki Aomine...
La balle entra violemment en collision avec son crâne.
Sakurai maugréa. Ce n'était pas son genre de se montrer distrait à l'entraînement, pourtant. Il se frotta la tête en sifflant de douleur.
« Sakurai, arrête de rêvasser, merde ! » Le harangua Wakamatsu à l'autre bout du terrain.
« Fous-lui un peu la paix, ça fait trois heures qu'on s'entraîne sans répit et Ryo a l'air crevé. Et moi j'ai la dalle. Et j'en ai marre de t'entendre brailler comme un cochon qu'on égorge. »
« Parle-moi sur un autre ton, Ahomine ! »
« C'est bon, j'vais prendre ma douche et je me tire d'ici. On a assez transpiré pour aujourd'hui. »
« Hey ! C'est moi le capitaine, j'te signale ! C'est moi qui décide quand on a terminé de s'entr... HEY ! ECOUTE-MOI MERDE ! SALE GANGURO ! » S'égosilla le blond en devenant tout rouge.
Mais en vain. Aomine prenait décidément un malin plaisir à défier son autorité, quand il ne l'ignorait pas carrément. Il s'approcha donc de Sakurai pour vérifier que le châtain n'était pas blessé. Parce que c'était un peu de sa faute, quand même. Même s'il ne savait pas à quel point c'était vrai...
« Putain regarde-moi ça... On est les trois derniers clampins à ne pas être rentrés chez eux... J'crois que j'commence à regretter ce psychopathe d'Imayoshi... lui au moins, c'était pas un tortionnaire envers sa propre équipe. »
Depuis qu'ils étaient passés en seconde année de lycée, Aomine n'avait pas raté UN SEUL entraînement. Non seulement ça tenait déjà de l'exploit en soi, mais en plus, personne n'avait eu besoin de le menacer pour qu'il vienne. Même si l'équipe de Toho privilégiait toujours le jeu individuel, cela faisait maintenant quelques semaines qu'ils travaillaient intensivement leurs passes et leurs placements de manière coordonnée. Puisqu'Aomine donnait l'impulsion en attaque, sa présence était d'autant plus capitale pour que ses équipiers apprennent à se calquer sur son rythme et cela, le Power Forward de Toho l'avait bien intégré.
Mais, si cela avait renforcé la coopération au sein de l'équipe, la présence d'Aomine aux entraînements avait engendré un second effet Kiss Cool : Sakurai était devenu moins concentré. De toute évidence, il passait plus de temps à admirer béatement le beau brun, qu'à essayer de capter le ballon. Du coup, il n'était pas rare qu'il rate des passes qui lui étaient destinées ou qu'il se retrouve malgré lui sur la trajectoire d'un tir. Ses « absences » à répétition n'étaient pas passées inaperçues, mais jusqu'ici, il avait toujours réussi à s'en tirer en invoquant l'épuisement ou le fait que la cadence était devenue trop soutenue pour lui. Mais en réalité, c'était Aomine qui le rendait fou...
Fou d'amour et...
« Bon ça va t'as l'air intact. Satsu' m'aurait buté si je t'avais fait un trou dans la pastèque. Faut encore que j'apprenne à doser ma force lors des passes. »
Il ébouriffa amicalement les cheveux doux de l'autre adolescent en le gratifiant d'un sourire.
« J'vais prendre ma douche, tu viens ? »
Sakurai sentit ses joues prendre feu.
« Pas question ! Puisqu'il a passé l'après-midi à rêvasser, il est de corvée pour ranger le matos et nettoyer le gymnase ! »
« Tsss... connard de dictateur... »
Mais le brun le suivit quand même. Il était trempé de sueur, preuve qu'il s'était dépensé sans compter. En un sens, cela rassurait Sakurai sur le sérieux de leur as. Et puis, il avait bien mérité sa punition... Bon sang, mais que lui arrivait-il ? Il était parvenu jusque là à étouffer ses sentiments et surtout à les museler assez pour les cacher aux autres. Il ne pouvait pas prendre le risque d'être découvert. Il s'affaira donc à remettre de l'ordre dans le gymnase. La nuit était tombée depuis une bonne heure déjà et étrangement, Aomine était resté jusqu'au bout cette fois. D'ordinaire, il s'éclipsait toujours aux premières lueurs de la soirée et Sakurai savait que la panthère allait rejoindre le tigre pour entamer une parade aussi amoureuse que mortelle... Il ne pouvait tout simplement pas lutter. C'était Kagami qui avait fait retrouver son sourire à Aomine. Un sourire pur, sans ironie, sans méchanceté. C'était Kagami qui le forçait à se dépasser pour rester au même niveau ou pour le surpasser un jour. C'était encore et toujours sûrement à Kagami que pensait Aomine quand il s'éternisait sous la douche des vestiaires...
Sakurai était jaloux...
Et à raison. Car lorsqu'il regagna les vestiaires pour prendre une douche bien méritée... il trouva Aomine assis sur un banc, torse nu et encore mouillé, sa serviette enroulé négligemment autour de la taille, les yeux rivés sur son téléphone portable. L'as affichait un air contrarié, semblant en proie à une INTENSE réflexion. Sakurai haussa des épaules, Aomine ne l'avait même pas remarqué, alors il se dirigea jusqu'aux douches pour se délasser un peu. Mais avec l'élu de son cœur à côté pas très loin, impossible de laisser libre cours à ses fantaisies les plus inavouables sous l'eau...
« Hmmm... »
Comment aborder Kagami ? Parce que, c'était bien joli d'avoir son numéro de téléphone, mais encore fallait-il s'en servir à présent ! Et pour un premier contact, Aomine ne se voyait pas l'appeler directement. Déjà, parce que le roux ne décrocherait sûrement pas s'il voyait un numéro inconnu s'afficher et ensuite, parce qu'Aomine risquait de perdre toute sa belle assurance en entendant la voix de Kagami. Alors qu'au moins, avec les SMS, ça laissait un peu de temps pour réfléchir à ce qu'on voulait dire et éviter d'avoir la réaction en direct de la personne face à soi, ce qui pouvait être intimidant.
Seulement voilà, cela faisait déjà un bon quart d'heure que Daiki avait le cul assis sur ce putain de banc inconfortable et qu'il fixait désespérément l'écran de son portable, sans que l'inspiration ne lui vienne. D'habitude, il ne se prenait pas autant la tête pour faire le premier pas ! Un sourire enjôleur suivi d'un « tu me plais, si on se roulait des pelles derrière un buisson ? » était plus que suffisant. Alors pourquoi n'avait-il pas le sentiment que cela allait suffire pour Kagami ? Non, Kagami méritait mieux que ça, surtout. Mieux qu'une drague de rue, rustre et libidineuse ! Mais comment l'aborder ? Comment le convaincre de la véracité de son amour ? Il n'était même pas encore question de le mettre dans son pieu, mais juste de l'inviter. L'inviter ? Pour faire quoi ? Pour aller où ? Si déjà Aomine n'arrivait pas à se décider et à prévoir un plan qui tenait la route pour quelque chose d'aussi basique, il ne risquait pas de conquérir le tigre ! C'était pourtant la base !
Putain quel maudit casse-tête ! Bon, récapitulons ! Qu'aimait Kagami ? Hmm... Le brun se rendait comptait qu'il ne connaissait rien de son alter ego... Quel genre de musique écoutait l'autre lycéen ? Quel était son film préféré ? Etait-il plutôt slip ou caleçon ? Bref, tant de questions ESSENTIELLES dont Aomine ignorait les réponses !
« Fais chier ! »
Ca lui donnait envie de balancer ce satané portable qui paraissait le narguer depuis toute à l'heure ! Ce serait tellement plus facile si c'était le tigre qui faisait le premier pas ! Qui lui faisait un signe pour lui montrer qu'il avait envie de lui ! Mais bon, il pouvait toujours rêver ! Kagami ne semblait même pas savoir qu'il existait... enfin, en dehors du basketball. Le basket tiens, voilà quelque chose qui les rapprochait ! C'était peut-être leur seul point commun, mais il tenait une place tellement privilégiée dans la vie du roux qu'Aomine était heureux. Le souci par contre, c'est qu'en ce moment, Kagami ne voulait plus jouer contre lui et donc impossible de se servir de ce prétexte pour le voir. Il devait donc trouver autre chose. Mais quoi ? Quelle était la faiblesse du fauve rouge ? Comment l'appâter et le forcer à sortir de sa tanière ? Pour parler plus crûment : qu'est-ce qui le faisait bander dans la vie ? Il y avait FORCEMENT un truc qui l'excitait !
Soupirant d'exaspération et en désespoir de cause, Aomine décida de lancer un hameçon dans la rivière, juste pour voir si le poisson mordait... Il lui envoya donc une photo de Mai-chan. SA Mai-chan. La si merveilleuse sirène à la poitrine voluptueuse comme deux coussins bien rembourrés contre lesquels n'importe quel mâle de la planète rêverait de reposer sa tête ! Ok, ok, sauf les gays ! Et encore ! Même eux devaient trouver que ça avait l'air super confortable des airbags pareils ! Aomine ne précisa même pas qu'il était l'expéditeur du message. Au vu de sa teneur, Kagami le devinerait aisément. Il était con, mais pas à ce point quand même (gros doute tout à coup!) Bref, trop tard, il avait cliqué sur « ENVOYER » !
Il passa les deux minutes suivantes à baliser en pianotant nerveusement sur les lattes du banc, attendant que Kagami réponde. Si cet enfoiré lui répondait ! Il n'était peut-être pas seul... Et s'il jouait déjà avec Midorima ou Kise ? Inquiet de ne pas avoir de réponse au bout de trois minutes (qu'il avait comptées et qui lui avaient semblé être les plus LONGUES de sa life), il textota son comparse blond. Et en vingt secondes, son portable vibra en retour ! Kise avait toujours été un rapide.
De : Blondin
Reçu à : 19h45
Tu veux qu'on se voit ? :) J'passe chez toi dans 15 min.
Le tout suivi d'une envolée lyrique de smileys bien cuculs. Mais merde, non ! Ce n'était pas avec lui qu'il voulait terminer la soirée ! Même si Kise était une bien belle roue de secours – et qu'il ne s'en formaliserait sûrement pas – ce n'était pas ce qu'il désirait ! Il n'arrivait pas à se sortir Kagami du crâne et à cause de cela, il délaissait le blond dernièrement. Il s'empressa donc de mettre les choses au clair.
De : SexyBeast
Reçu à : 19h46
Si t'es en manque, demande à Midorima qu'il te prête sa poupée gonflable !
De : Blondin
Reçu à : 19h46
Takao... ? :p huhu
Aomine se facepalma !
De : SexyBeast
Reçu à : 19h46
Nan ducon. Celle qu'on lui avait offert pour ses 15 piges !
De : Blondin
Reçu à : 19h47
Aaaahhh oui j'y suis ! Brillante idée que tu as eue, au passage :D
De : SexyBeast
Reçu à : 19h47
Arrête avec tes smileys de merde. On dirait une meuf.
De : Blondin
Reçu à : 19h47
Haaaan méchant Aominecchi ! T_T Je vais le dire à Akashicchi ! Il va venir te poignarder avec des ciseaux ! Ou un crayon à papier !
De : SexyBeast
Reçu à : 19h48
S'il passe par chez toi d'abord, ça m'étonnerait qu'il trouve ça. J'risque plutôt de mourir poignardé par un gode, non ?
De : Blondin
Reçu à : 19h48
J'vais le dire à Kagamicchi alors ! T_T Et il t'éclatera sur le terrain ahaha :D Bien faiiiit !
Kagami ? Sérieux ? Il prendrait la défense de Kise ? A quel point ces deux-là étaient-ils proches ? Aomine sentit une bouillante colère monter en lui, s'insinuant dans ses veines.
De : SexyBeast
Reçu à : 19h49
L'enfoiré... enfin je veux dire le connard... enfin... Kagami, il est chez toi ? Il est avec toi ? Vous êtes où ? Vous faites quoi ?
OK. LA. IL VENAIT DE SE GRILLER. DE OUF.
De : Blondin
Reçu à : 19h49
Chééé meugnon comment t'es archi jaloux en fait ! 3 :D Je sais tout ! Kurokocchi m'a tout dit ! Hihi ! Mais c'est pas grave, ça me dérange pas de te partager ! Et non, Kagamicchi n'est pas avec moi et c'est fort dommage ! Tu crois bien que, si on était vraiment ensemble en ce moment, bah j'pourrais pas te répondre ahaha ! On serait trop OQP !
De : SexyBeast
Reçu à : 19h50
Merde. Toi alors, t'es vraiment en manque, ça devient carrément grave là putain... faut faire quelque chose...
CONTACT « Blondin » renommé en CONTACT « Nympho »
De : Nympho
Reçu à : 19h50
Bah viens :p mes parents rentrent tard ce soir.
Bof ouais et après tout, pourquoi pas ? Il n'avait rien de mieux à faire dans l'immédiat de toute façon et la situation avec Kagami semblait coincée et au point mort. Donc autant aller tenir compagnie à Kise et terminer la soirée de manière agréable !
De : SexyBeast
Reçu à : 19h52
Ok. J'me prépare et j'arrive.
De : Nympho
Reçu à : 19h52
Cool. Je vais me préparer aussi alors ! 3 3 3 Fais viiiiiiiite !
De : SexyBeast
Reçu à : 19h52
On jouera avec ma balle ou pas ? Je l'emmène alors ?
De : Nympho
Reçu à : 19h52
Rowi on jouera avec TES balles, plutôt ! Donc laisse le basket au vestiaire ! Et prends pas de douche, j'aime bien quand tu sens la BETE ! 0:D
De : SexyBeast
Reçu à : 19h52
Ahhhhhh t'es gore sérieux ! Et c'est trop tard en plus, je me suis déjà lavé. Gros crado, va.
De : Nympho
Reçu à : 19h53
Gnaaaaa Aominecchiiii T_T
Secouant la tête, Aomine éteignit son portable et il le rangea bien dans la poche arrière de son jean avant de se lever.
« Ryo ! » Cria t-il « Je me tire, ok ? A demain, rentre bien ! »
Il ne lui répondit pas et il termina de se rincer, prenant une douche plus longue qu'à l'accoutumée. Il aimait sentir la chaleur et la vapeur sur sa peau. C'était réconfortant et apaisant. Il se sentait un peu triste, mais c'était en grande partie de sa faute. Si seulement il avait le courage de se déclarer ! Il y avait de fortes chances pour qu'il se prenne un râteau, mais ce n'était pas la mer à boire tout de même, il s'en remettrait... sûrement. Il finit par sortir de la douche et il alla se sécher mollement avant de s'habiller et d'éteindre le gymnase et le vestiaire qu'il ferma à clé. Sa pochette à dessins sous le bras et son cartable de cours dans la main droite, il se marcha à pas lent, le regard dans le vague. Si bien qu'il ne vit pas Momoi quand elle se dirigea vers lui. Sa pochette lui échappa des mains et déversa sur le bitume froid tout son contenu.
Momoi allait s'excuser quand ses yeux s'arrondirent en découvrant la teneur des dessins de Sakurai. Elle se baissa néanmoins pour l'aider à les regrouper et à les ramasser.
Il s'agissait de dessins magnifiques et détaillés représentants Aomine. Et Momoi comprit tout de suite.
Paniqué, le champignon pleureur de l'équipe de Toho se dépêcha de les réunir et de les cacher honteusement dans la chemise cartonnée. Momoi venait de découvrir son dégradant secret ! S'ils avaient été dans un manga, c'est à ce moment-là que Sakurai aurait sorti un flingue et l'aurait tuée pour la réduire au silence. Mais bon, quand même pas, peace and love les amis ! Il tremblait nerveusement et il n'osait pas affronter le regard de la meilleure amie du brun. Ce fut cependant cette dernière qui intervint en premier, posant une main douce sur l'épaule de Sakurai pour le calmer.
« Sakurai-kun... tout va bien. »
Elle le fixa, presque maternellement. Ses yeux étaient emplis de bonté et de compassion. Il n'y avait là aucun reproche, aucun dégoût, ni aucune gène. Pas même une pointe de moquerie.
« Je ne dirai rien à Dai-chan. » Assura t-elle en l'aidant à se redresser.
Momoi était peut-être une fille et elle aimait les gossips, mais elle n'était pas une « balance ». Avec elle, le secret de Sakurai était sauf, elle ne le trahirait pas !Le châtain la fixait comme une biche aux abois, prise dans la lumière puissantes des phares d'une voiture. Il fut surpris par les paroles de Satsuki et par leur ton indulgent. Elle n'était pas fâché ? Oh bien-sûr, Sakurai savait qu'Aomine et Momoi n'entretenaient aucune relation romantique, mais tout de même ! Elle acceptait cela si facilement que ça en était suspect ! Et pourquoi n'avait-elle pas l'air plus choquée ? Etait-ce donc SI évident que cela ? Wakamatsu et Aomine étaient-il aussi au courant ? Avaient-ils déjà compris ?
« Tu dessines vraiment bien. Tu devrais lui montrer ces croquis, je suis certaine qu'ils lui plairaient beaucoup...ll se sentirait flatté. »
« Su... Sumimasen... Je suis désolé, mais c'est non... Je ne peux pas faire ça... »
« Et pourquoi? Tu n'as rien fait de mal. Il sait que tu l'admires beaucoup... nous le savons tous. »
« Mais il va me rejeter... »
« Que veux-tu dire? » Elle prit sa main pour essayer de le tranquilliser.
« C'est certain... je n'ai aucune chance il... il... il s'en fiche de moi, il ne me voit même pas. »
« Allons, c'est faux. C'est juste que tu ne le connais pas très bien. Mais moi je sais qu'il t'apprécie beaucoup : la preuve, il t'appelle par ton prénom ! »
Elle se voulait rassurante. Et gentille. Et compréhensive. Elle ne voulait surtout pas l'effrayer. En fait... elle ressentait de la pitié pour lui car elle ne savait que trop bien ce que c'était que d'aimer quelqu'un qui ne vous retourne pas votre affectation...
« Il ne m'aime pas comme je l'aime, moi. Alors s'il te plaît... ne... ne lui dis rien... »
« Je te le promets » Répondit-elle sans même une once d'hésitation.
Ca faisait quoi ? Deux ans déjà que Sakurai était dans la même classe qu'elle, alors elle commençait à bien l'aimer. Le jeune homme la touchait. Et il était l'un des piliers du club de basket. Au moindre faux pas, tout allait s'écrouler et elle-même ne pouvait garantir que Daiki ne repousserait pas le mignon shooting guard... et si cela arrivait et bien... cela mettrait l'équipe dans une situation délicate ! Des tensions pourraient s'installer ou Sakurai déciderait de quitter le sport... En tant que manager, c'était son rôle de s'occuper des joueurs et de veiller à ce qu'ils entretiennent de bonnes relations en restant soudés. Elle avait échoué par le passé, par deux fois, mais ça n'arriverait plus !
« Mais si un jour tu changes d'avis... sache que tu peux compter sur moi. Je suis ton amie, Sakurai-kun. Tout comme je suis l'amie de Dai-chan. Et honnêtement, du fond du cœur, cela me ferait plaisir si vous étiez ensemble, car je sais que tu prendrais soin de lui. Tu es sincère et il a besoin de stabilité en ce moment... »
A l'entendre, Aomine semblait si... vulnérable... si fragile... Mais comme elle l'avait dit, en tant qu'amie d'enfance, il était naturel qu'elle s'inquiète pour le grand brun. Elle le connaissait mieux que personne et elle avait été témoin de sa descente aux enfers, qu'elle n'avait pu empêcher, impuissante.
« Merci Momoi-san... j'y réfléchirai... »
« Hmm... Dai-chan n'est pas encore sorti ? »
« Ah... Il est déjà parti, sumimasen ! »
« Ehhh ? Raaah le mufle ! Il aurait pu me prévenir, quand même ! »
Du Aomine tout craché, ça ! La jeune fille pesta contre son ami avant de prendre le bras de Sakurai.
« Tu me raccompagnes alors ? Il est tard, ce ne serait pas prudent qu'une belle fille comme moi se balade seule dans la rue ! Et puis, nous allons dans la même direction, non ? » Proposa t-elle sans trop lui donner le choix, tout de même. C'était juste pour la forme !
Sakurai esquissa un très léger sourire et il hocha de la tête.
Décidément, il aimait beaucoup trop Aomine et le basketball pour son propre bien...
Normal, les deux allaient si bien de paire...
Quand Aomine arriva chez Kise, il était presque 21 heures. Le blond n'habitait pas vraiment dans le quartier où se trouvait Toho et Aomine s'était arrêté en cours de route pour grailler, en plus. Il était assez embêté, parce que Kagami n'avait pas « mordu » à l'hameçon et ne lui avait pas encore répondu. C'était quand même bizarre, il aurait cru qu'une telle provocation ne manquerait pas de faire réagir le roux... Que leur arrivait-il en ce moment ? Non seulement ils ne se voyaient plus depuis leur dernière nuit sur le terrain en démolition, mais en plus Kagami n'avait même pas cherché à prendre contact avec le brun cette semaine. Sans parler du fait qu'ils ne s'étaient pas disputés depuis facilement... un bon mois, ouais, à peu près. Tout ces changements commençaient à perturber sérieusement Daiki, qui ne savait plus franchement où il en était avec le tigre de Seirin...
La porte s'ouvrit, laissant apparaître un Kise en mode « DSK » , moulé dans un magnifique... peignoir en satin à motifs tachetés comme ceux d'un léopard. Comme le tissu était mal ceinturé et mal fermé, il ne cachait pas grand chose et Aomine devina rapidement que le blond était totalement NU en dessous ! L'athlète de Kaijo ne plaisantait pas quand il disait qu'il était en manque ! Il attrapa carrément Aomine par le col de sa veste et il le tira à l'intérieur avec rudesse, claquant d'un coup de pied la porte derrière eux. Sans le lâcher, les mains crispée sur le cuir, il pressa avidement ses lèvres douces sur celles d'Aomine, dont le dos heurta sèchement le mur derrière lui. Il couina légèrement de douleur et de surprise : Kise était vraiment affamé ce soir ! Et d'ordinaire, Aomine se serait laissé faire avec délices, mais là... il avait l'esprit embué par des pensées parasites. Des pensées majoritairement composées de Kagami...
Merde.
Pourquoi ne parvenait-il pas à se le sortir de la tête même dans un moment pareil ? Kise glissa subitement une jambe entre les cuisses du brun, qui s'écartèrent tels la Mer Rouge face à Moïse. Il se laissa faire tandis que le renard de la Génération des Miracles entamait un pétrissage aussi endiablé qu'agressif avec son genou, sur la zone la plus sensible de l'anatomie de son partenaire.
« J'sais pas si j'vais avoir la patience d'aller jusqu'à ma chambre... » Avoua le blond entre deux baisers qui feraient rougir même les filles des magazines érotiques d'Aomine.
Pas que cela dérangeait particulièrement le brun. Ils l'avaient déjà fait dans pas mal d'endroits incongrus et le couloir de l'entrée de chez Kise en faisait partie, d'ailleurs. Mais là... il n'était vraiment pas dedans... et ce, malgré le massage qu'avait entamé Kise pour ranimer une certaine hampe de chair, qui adorait normalement ce genre de caresses appuyées. Se rendant aisément compte sur ses efforts étaient vains, Kise se décolla de son compagnon et il l'interrogea du regard.
Le blond était vraiment beau : son visage était fin, presque féminins et ses yeux de chat lui conféraient un charme particulier. Son corps était musclé, mais pas trop, juste ce qu'il fallait pour plaire à tous les genres. Ses mains étaient douces, tout comme ses lèvres rosées et son parfum était délicatement poudré. Alors pourquoi Aomine n'arrivait pas... faire ce que la nature lui incombait cette nuit ? Pas question pour autant d'abandonner. Non, le blond VOULAIT très fort sa panthère noire, alors il commença à défaire le pantalon de ce dernier tout en glissant sensuellement le long de son corps pour s'agenouiller. Pile à la bonne hauteur. Si son genoux ne suffisait pas, ni même ses doigts, il connaissait quelque chose à laquelle Aomine ne pourrait résister : sa bouche. Chaude, étroite et moite, habitée par une langue agile et souple. Parce que, comme tous les garçons Aomine adooooooorait ce genre de petites attentions sur cette partie là de son corps et en général, cela le faisait plier à tous les coups.
Mais pas ce soir.
Le ganguro attrapa fermement le poignet du mannequin pour le faire cesser son exploration débridée.
« Arrête ça Kise... »
Sa voix était faible.
Clignant des yeux, le copy cat se redressa. Quelque chose n'allait définitivement pas ! Comment Aomine qui ne se faisait jamais prier pour une bonne petite chevauchée divine, parvenait-il à le repousser tout à coup ? C'était incompréhensible ! Ne faisait-il plus d'effet à son amant ? Aomine serait-il soudainement devenu immunisé à son poison ?
Il se remit bien à la hauteur d'Aomine et murmura doucement.
« Qu'est-ce qu'il y a, Aominecchi ? »
C'est vrai, il avait une furieuse envie de se faire malmener sauvagement par le scorer, mais pas à ses détriments. Daiki et lui étaient amis et très proches depuis le collège, toujours à faire les quatre cent coups ensemble ! Ils avaient été inséparables, le blond suivant aussi docilement qu'un petit chien son maître et le brun l'embarquant toujours dans les pires combines ! Combien de fois Akashi les avait engueulés ? Combien de fois avaient-ils fait frôler une bonne crise de nerf à Midorima en volant ou cassant ses objets fétiches ? Combien de fois avaient-ils mangé en cachette les sucreries de Murasakibara ? Seul Kuroko pourrait le dire, et encore, pas certain qu'il se souvienne de tout ! Alors forcément, de voir son comparse si réticent, cela faisait de la peine au modèle.
La réaction inattendue d'Aomine le fit vaciller. Le fauve sombre se jeta dans ses bras et il enfonça sa tête contre le torse moelleux de Kise. Un peu surpris au début, Kise se laissa aller à lui caresser tendrement les cheveux.
« Aominecchi... »
Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour deviner la cause des tourments du brun. Et à ce sujet, justement, Kise avait quelque chose à lui avouer.
« Viens... »
Il lui prit doucement la main pour ne pas l'effrayer et il l'entraîna dans sa chambre.
« Allonge-toi, je vais te faire un bon chocolat chaud ! »
Il revint rapidement après qu'Aomine se soit mis à l'aise. Il avait ôté son blouson et ses baskets, bien assis sur le futon de Kise. Ce dernier prit place à côté de lui et le trouva en train de regarder les cadres posés sur le chevet de l'as de Kaijo. Aomine reconnut tout de suite la première photographie : elle avait été prise du temps de Teiko, au collège. Le brun se tenait au milieu et il tenait dans ses bras Kise à gauche et Kuroko à droite. Les trois amis riaient car ils venaient de gagner un match assez difficile (enfin, tout est relatif!). Ils portaient encore leurs maillots de basketball et étaient dégoulinants de transpiration.
Il reposa le cadre. La seconde photo qui trônait là fit un peu grimacer Aomine. Il avait beau ne pas être dans le mood, il n'aimait pas voir Kise dans les bras d'autres mecs. Surtout celui-là. On pouvait voir clairement Kise souriant, un bras passé autour du cou de Kasamatsu, qui tirait la gueule. D'ailleurs, ce mec savait-il même faire autre chose que la tronche ? Aomine en doutait ! L'autre brun lui avait toujours semblé être un frigide de première. Ou un frustré. Va savoir.
« Tu le vois toujours ? » S'intéressa t-il en prenant la tasse que son ami lui tendait.
« Kasamatsu-senpai ? »
Rien que l'air étonné de Kise le rassura. Et surtout, le fait qu'il continue à l'appeler par son nom de famille et avec le signe de respect « senpai ». On n'appelle pas ainsi son petit-ami...
« Rarement, depuis qu'il est à l'université. Mais je pense l'inviter chez moi pendant les vacances pour qu'il m'aide à réviser l'anglais. »
« Depuis quand tu es du genre studieux, toi ? » Se moqua gentiment Aomine en avalant une gorgée de chocolat.
Kise fit la moue, touché. Il n'était pas une lumière, au même titre qu'Aomine, au passage, mais il faisait tout pour améliorer ses résultats scolaires, lui !
« On ne bénéficie pas tous de passes droits comme toi... Ce n'est un secret pour personne que l'Académie Toho privilégie les performances sportives aux résultats scolaires. Et puis... je sais que votre coach, le prof de chimie beau gosse, arrive à vous arranger de bonnes notes en négociant avec les autres enseignants. »
Aomine ne pouvait le nier, Harasawa-san faisait passer la victoire de son équipe avant tout et il ne pouvait se permettre de se priver d'un bon élément, si le joueur en question était mauvais en cours. Il trouvait donc toujours un moyen de s'arranger et de « trafiquer » un peu la réalité...
« Tu sais que la dernière fois, je ne suis même pas venu passer l'épreuve de sa matière et il m'a mis un 85/100 ahaha... »
Aomine avait retrouvé le sourire. Ca avait du bon d'être le chouchou du prof, parfois. Si on lui avait dit ça au collège, il se serait senti insulté, mais là, il n'avait même pas besoin de faire de la lèche. La première fois qu'il avait rencontré le coach de Toho, Aomine avait clairement affiché la couleur : il ne viendrait pas s'entraîner avec les autres. Et l'adulte d'âge mur avait accepté, à condition qu'Aomine fasse gagner l'équipe. C'était aussi simple que cela. Pas de leçon de morale foireuse, ni de remontrances sur la discipline. Juste un accord tacite entre deux hommes.
« Alors... Kagamicchi te plait, c'est cela ? »
« Ouais... mais le truc, c'est que je sais pas comment l'aborder ! J'lui ai envoyé une photo de Mai Horitaka à moitié nue et il n'a même pas réagi ! C'est pas normal, putain ! Même si c'est pas son kiff les nichons, il aurait au moins du me répondre et m'envoyer me faire foutre ! »
« Il n'est peut-être pas seul... »
Aomine tourna la tête vers Kise, interdit. Comment ça « pas seul » ? Qu'est-ce que ça voulait dire, ces conneries ?
« Si tu sais quelque chose, tu ferais bien de cracher le morceau... genre maintenant... avant que je ne m'énerve. »
Son regard avait changé. Plus de tristesse, que de la rage.
« Gnaaa calme-toi Aominecchi ! Je... je voulais dire qu'il est sans doute occupé ! Il prend peut-être sa douche et ou il est en train de manger, tu vois... »
« Me prend pas pour un con Kise... Toi et moi on sait très bien ce que t'as failli laisser échapper. »
Pour bien montrer qu'il ne plaisantait pas et que le blond avait touché sa corde sensible, il lui tira les cheveux.
« Ahhh ! Stooooop ! D'accord, d'accord, t'as gagné ! J'vais te dire ce que je sais, mais arrête ça, ça fait maaaal ! »
Aomine le lâcha donc et Ryota se frotta le cuir chevelu.
« Hier soir, j'étais au Maji Burger avec Kurokocchi et il y avait même Takao. »
« Ouais, j'sais je l'ai croisé en partant. »
Prenant une profonde inspiration, Kise reprit.
« Il est venu pour dire à Kurokocchi que Midorimacchi s'intéresse aussi à Kagamicchi. »
Alors là ! S'il s'attendait à celle-ci !
« Tu peux répéter ? »
Midorima ? En kiff sur Kagami ? Incroyable ! Mais le megane ne pensait qu'aux études, au basketball et à son horoscope à la con ! Enfin, ça n'avait pas de sens ! Pourquoi Kagami ? Le tigre ne s'appelait pas Einstein !
« Nan mais j'veux dire, t'es sûr ? J'ai toujours cru ce mec assexuel ou intéressé par Akashi, à la limite. »
Oui, ça semblait déjà plus plausible ! Akashi était un putain d'intello lui aussi et Midorima était son vice capitaine, la personne qu'il respectait le plus, à l'époque des Miracles. Le rouge et le vert étaient un peu le papa et la maman de l'équipe, à bien y repenser, toujours à surveiller et réprimander leurs quatre enfants turbulents.
« Moi aussi j'ai halluciné en entendant ça, mais Takao avait l'air de savoir de quoi il parlait ! J'aurai du te prévenir plus tôt, mais je ne savais pas que... enfin tu... que c'était à ce point là, quoi. »
Kise s'en voulait à présent. Il avait défendu l'honneur d'Aomine hier face à Takao, mais il aurait surtout du l'appeler immédiatement pour le tenir au courant de cet obstacle majeur à la conquête de Kagami. Néanmoins, Aomine ne lui en tint pas rigueur, comme le prouva sa grande main posée sur l'épaule dénudée du mannequin.
« Ca tombe bien... à la fin de la semaine, on a un match amical contre Shutoku. Crois-moi, je vais faire passer un message très CLAIR à Midorima... »
Il renifla sèchement.
« Ce qui serait bien, si tu veux m'aider, pour te rattraper de ta bourde... »
« TOUT CE QUE TU VOUDRAS AOMINECCHI ! » Pleurnicha l'affectueux renard en faisant ses plus beaux "puppy eyes".
« … ce serait que tu amènes Kagami avec toi à ce match. Trouve un prétexte, dis-lui n'importe quoi je m'en fiche, traîne-le même par la peau du cul s'il le faut, mais assure-toi qu'il assiste bien à la déculottée que je vais coller à ce binoclard. Ok ? »
« Hai. Compte sur moi, je ne te décevrai pas ! Mais... ne sois pas trop dur envers Midorimacchi... ce n'est pas de sa faute si Kagamicchi lui plaît. J'suis sûr qu'il ne l'a pas fait exprès juste pour te provoquer... »
« Ca, je m'en tape. Le résultat est le même. D'habitude, je trouve ça plutôt cool d'avoir un rival qui s'accroche face à moi. Mais pas dans ce cas-là. J'aurai l'air bien con s'il me vole Kagami sous le nez, parce que j'aurai mis trop de temps à me décider à l'aborder... et c'est ce qui risque d'arriver si je ne me bouge pas le cul, fissa ! Tu imagines que toute à l'heure à l'interclasse, une nana de ma classe est venue me parler de ses déboires avec son mec et je l'ai écoutée ! Alors qu'elle ne faisait même pas un bonnet C ! Et tu sais que c'est le minimum pour obtenir mon attention ! »
« Olalalala ! C'est encore plus grave que je ne le pensais ! T'es vraiment atteint ! » Se lamenta le blond en mettant ses mains de chaque côté de son visage.
Aomine installa alors sa tête sur les genoux de Kise et il s'allongea bien, fermant les yeux.
« J'suis foutu... La preuve, t'es super sexy dans ce kimono en satin et je parie que t'es même complètement à poil en dessous, pourtant, j'ai pas envie de te sauter dessus... »
Bah putain. C'était effrayant ! Il n'avait jamais vu Aomine assez accro pour oser refuser de s'amuser avec lui.
« Le truc... c'est que j'arrive pas à me déclarer, tu vois... »
Oh oui. Il voyait. Très bien, même. Puisqu'il était un peu dans le même cas, en ce moment... Il jeta un rapide regard en direction de la photo de Kasamatsu et lui... Non, il ne devait pas y penser et plutôt se concentrer sur Aomine ! L'aider, l'écouter et être là pour lui donner des conseils de cœur !
« Je sais, c'est difficile... Hmm... et si tu faisais comme quand tu avais voulu me demander de sortir avec toi au collège ? »
Rien que d'y repenser, Aomine se sentit rougir de honte. Quel gamin il était en ce temps là !
« Ah non ! Tout, mais pas ça ! C'était vraiment pitoyable ! »
« Ohhh moi je ne trouve pas ! C'était super mignon, regarde, j'ai gardé ton SMS ! »
Il attrapa son téléphone sur le chevet et il chercha dans son historique pour afficher ledit message, qu'il brandit fièrement devant les yeux d'Aomine. Il était écrit :
« Si tu étais un ballon de basket... jamais je ne ferai de passes juste pour te garder rien qu'à moi... »
Aomine s'écrasa une main sur le visage. Argh ! Comment il avait fait pour pécho avec une telle merde ? Kise ne devait vraiment pas être très exigeant... mais Kagami c'était une autre histoire ! S'il lui envoyait une phrase de pseudo lover comme ça, le tigre allait lui rire au nez ! Et il aurait raison !
« Putain efface cette daube ! »
« Non, jamais de la vie ! C'est vrai qu'au début, j'ai trouvé ça un peu nul mais... quand on sait à quel point tu aimes ce sport, j'étais content d'être ton ballon de basket au final ! »
Il gloussa et caressa les cheveux de l'autre garçon, toujours couché contre lui.
« Dis... je le suis toujours, hein ? Ton ballon de basket... celui que tu ne veux passer à personne... ? »
« Evidemment, baka ! » Affirma Aomine en bâillant.
« Tu dors ici avec moi alors ? »
Aomine ronchonna mais il finit par accepter, se redressant pour enlever son jean et son T-shirt, avant de se coucher dans le lit du renard.
« Bonne nuit. »
Il déposa un rapide baiser sur son front.
« Ouais, ouais... Maintenant, ferme-la et dors putain. »
Kise sourit un peu et il se lova contre lui, trouvant le sommeil aisément.
Pendant la nuit, le portable du brun vibra.
Un main attrapa le téléphone sur le meuble en bois et alluma doucement la lampe à la faible lumière pour ne pas réveiller son compagnon. C'était Kagami qui répondait ENFIN.
De : HotRed
Reçu à : 0h49
C'est qui ?
Heu... "C'est qui" la fille ? Ou : "c'est qui" l'expéditeur ?
En tous cas, il en avait mis un temps fou avant d'envoyer un SMS cet idiot !
De : ?
Reçu à : 0h49
Regarde.
Kagami haussa un sourcil et il se frotta les yeux. Il était crevé et il s'était endormi comme un gros sac en rentrant du bahut, sans manger. Il s'était écrasé sur le sofa et il venait tout juste de se réveiller, tiraillé par la faim. Il en avait profité pour checker ses messages et avait vu celui-ci, d'un contact qu'il n'avait pas dans son répertoire, qui se limitait à l'équipe de Seirin, Kise, Midorima, ses parents, Alex et Tatsuya. De qui pouvait-il bien s'agir ? Il se sentait un peu comme Izuki-senpai quand il avait trouvé une lettre d'amour anonyme glissée dans son casier ! Par curiosité, le roux avait ouvert le fichier, s'étonnant d'y découvrir une gonzesse pas très habillée, sans aucun mot pour accompagner l'image. C'était sûrement une erreur de numéro et ça ne lui était pas destiné. A présent, son mystérieux correspondant répondait et... il y avait un autre fichier joint. Kagami l'ouvrit et cette fois, la photo dépeignait un torse couleur chocolat des plus inspirants. Les muscles étaient puissants, légèrement contractés et bien marqués.
« Holy shit... » Murmura Kagami qui en conclut que, décidément, celui ou celle qui lui envoyait ça devait s'être planté de destinataire...
Malgré tout, il y avait quelque chose d'étrangement hypnotique dans cette image et Kagami avait du mal à en détacher le regard. Ce type avait de sacré tablettes, il devait faire beaucoup de sport, comme lui. Dire qu'il n'avait même pas remarqué la couleur de peau qui aurait pu le mettre sur la voie ! Un peu perdu dans ses pensées (ou ses fantasmes), le roux sursauta quand il sentit son appareil vibrer à nouveau.
De : ?
Reçu à : 0h50
Alors, tu en penses quoi ?
De : HotRed
Reçu à : 0h50
T'as l'air de faire beaucoup de sport !
Quel imbécile ! C'était tout ce à quoi il pensait en voyant ce corps de rêve ?
De : ?
Reçu à : 0h50
Tu préfères ma photo ou celle de la fille ? :D
De : HotRed
Reçu à : 0h51
Comment ça ?
Putain mais le con... Il le faisait exprès d'être naïf à ce point ? Mais un second SMS suivit dans la foulée.
De : HotRed
Reçu à : 0h51
Ecoute mon gars, j'sais pas qui tu es, mais tu as du faire une erreur de numéro. J'suis pas une fille et on s'connaît pas.
De : ?
Reçu à : 0h52
Mais on pourrait faire connaissance, Taiga Kagami...Tu n'aimerais pas savoir qui se cache derrière ces muscles d'acier ? :X
L'intérêt de Kagami fut piqué au vif.
De : HotRed
Reçu à : 0h52
Qui t'a dit mon nom et comment t'as eu mon num perso ?
Etait-il énervé ? Difficile à dire...
De : ?
Reçu à : 0h52
Disons que je suis un admirateur secret... On pourrait se voir demain soir au Maji Burger près de chez toi vers 19h, qu'est-ce que tu en dis ? ;)
De : HotRed
Reçu à : 0h53
Ah parce que tu sais où j'habite aussi ?
Là il commençait à flipper. Trop bizarre. Il éteignit donc son portable, contrarié. Qui était ce stalker de la mort ? Ok, Kagami ne pouvait nier s'être senti UN PEU émoustillé devant la photo de son corps, mais c'était uniquement que parce qu'il avait été pris par surprise et au dépourvu ! Ca ne voulait ABSOLUMENT rien dire, ok ? Bref, il posa son téléphone innocemment sur sa table basse et il alla se coucher sans faire de bruit pour ne pas réveiller son invité du week-end. Il eut un peu de mal à se rendormir, les pensées un peu trop occupées par ce pervers harceleur...
Le lendemain, aux aurores, alors qu'il dormait toujours profondément, Aomine reçut un message.
De : HotRed
Reçu à : 6h08
Ok. On se voit ce soir. Mets quelque chose de moulant, d'accord ? J'espère que ton visage est aussi beau que ton corps, vantard... On pourrait aller chez moi ensuite, si tu me plais...
...
J'espère que les conversations par SMS rendront bien sur le site... (et ne vous piqueront pas trop les yeux !)
N'hésitez pas à me laisser un petit mot.
Allez, je file écrire le prochain chapitre ! (il faut battre le fer tant qu'il est chaud)
#teamaomine vs #teammidorima
