Chapitre 8 :
Bonjour à tous !
J'espère que le chapitre précédent vous a plu ainsi que le résultat de l'enquête. En tout cas, voilà la suite, un petit chapitre pour introduire le lemon qui arrive dès le chapitre prochain (qui sera l'avant dernier).
J'ai des idées de suites pour cette fic alors si elle vous plaît, si vous avez d'en savoir plus ou si au contraire, il faut absolument que je m'arrête, n'hésitez pas à me laisser une review.
Toujours rien à moi et toujours mille mercis à ma bêta !
Bonne lecture !
Lorsque la police arriva, les choses s'accélérèrent pour les trois Anglais et ils durent en appeler à leur légendaire flegme (surtout Sherlock) pour ne pas aggraver leur cas et supporter les heures qui suivirent.
Il fallut, dans un premier temps, expliquer dans les moindres détails leur présence sur les lieux à cette heure de la matinée puis le désordre qui y régnait. Convaincre les Carabinieri de la culpabilité de Graglio fut, toutefois, plus évident : Matthew s'expliqua, par l'intermédiaire du détective transformé en interprète à son plus grand regret, et montra les preuves qu'il avait réussi à cumuler. Il s'avéra, ainsi, que le notaire était surveillé de près, depuis quelques temps, à cause de ses contacts avec la mafia locale. Cependant, ils durent suivre la police jusqu'au poste le plus proche afin de faire leur déposition. S'en suivit de longues heures d'interrogatoire où ils furent séparer : John dut subir un jeune inspecteur qui baragouinait plus qu'il ne parlait anglais tandis que Sherlock tentait d'éviter les assauts séducteurs d'une jeune femme aux courbes avantageuses.
Quand ils purent enfin sortir, la soirée était déjà bien avancée et ils étaient épuisés. Matthew sortit une cigarette et tendit le paquet à ses deux compagnons d'infortune. Sherlock jeta un regard en coin à John qui acquiesça en soupirant.
- Tu l'as bien mérité celle-là.
Le brun lui sourit, remercia Matthew et alluma la longue tige blanche, aspirant la fumée nocive mais se détendant considérablement. Le docteur le fixait, admirant ses traits fins, ses lèvres ourlées caressées par deux doigts alors qu'il tirait sur le fin cylindre. Il le trouvait beau en cet instant. Cela devait se voir car son ancien camarade de fac émit un léger rire. John ne put s'empêcher de rougir, détourna son regard et lui demanda :
- Où est-ce que tu comptes dormir cette nuit ?
- Je dois bien t'avouer que je n'en sais rien… Je pensais passer la nuit en prison alors… Il haussa les épaules. Je vais retourner à l'auberge de la gare voir s'il ne resterait pas une chambre… De toute façon, puisque je peux repartir, comme les flics ont eu tout ce qu'ils voulaient, je pense prendre le premier avion pour Londres...
- Demain, à 5h40. Il reste une chambre dans un des hôtels de l'aéroport. Je l'ai réservée, dit Sherlock en continuant à fumer.
- Pardon ? Mais, comment vous… ? Ils pouvaient très bien me garder !
Le détective leva les yeux au ciel en soufflant. La journée avait été éreintante, il ne voulait que retrouver sa chambre d'hôtel et John. L'affaire était résolue. Fin de l'histoire. Son ami lui donna un coup de coude dans les côtes. Il lui jeta un regard noir et répondit à Clarkson :
- Vous étiez innocent, ils n'avaient aucune raison de vous garder. Par ailleurs, vous leur avez donné l'occasion d'arrêter un suspect qu'il cherchait à mettre en prison depuis longtemps. Mais, votre affaire ne les intéresse pas. J'ai entendu l'inspecteur qui nous a menés au poste dire qu'il voulait clore cette histoire et nous renvoyer en Angleterre presto. Je savais que vous voudriez rentrer chez vous rapidement, vu votre réaction face à la planète fabriquée par votre fils. J'ai vérifié l'horaire du premier vol pour Londres et je vous ai, donc, réservé l'hôtel pour éviter à John et à moi de traîner dans les rues jusqu'à ce que vous récupériez votre avion.
Il écrasa son mégot.
- Je le connais, il ne vous aurait jamais laissé tout seul et sans un lieu pour dormir après tout ce que vous venez de vivre. On va vous chercher un taxi ? proposa-t-il avec un faux sourire aimable.
Et il partit en direction de la gare, les mains dans les poches, le col relevé, sans attendre les deux médecins. Matthew était ébahi alors que John hésitait entre la colère face à l'impolitesse de Sherlock, le fatalisme car son ami ne changerait vraiment jamais ou la joie pour toute la prévenance qu'il avait eu à son égard.
- Il est toujours comme ça ? demanda Matthew.
- Ouais, soupira John. Et encore, il peut être bien pire. Il n'a insulté ton intelligence qu'en utilisant des sous-entendus. Je l'ai connu beaucoup plus franc.
Il eut un petit rire. Oui, Sherlock avait fait un effort.
- Il doit vraiment tenir à toi pour faire tout ça.
- J'imagine… J'espère.
Soudain, Sherlock se retourna, leva un sourcil interrogatif, voyant que les deux médecins n'avaient toujours pas bougé.
-Allez, viens John. Ton amoureux nous attend.
Ce dernier leva les yeux au ciel.
- Tu sais que le look racaille de l'East End* te va bien ? répliqua-t-il en tapant sur la casquette de son ami en riant.
oOo
Pour être sûr de trouver un taxi, ils se rendirent à la gare Santa Maria Novella. Sherlock resta silencieux tout le long, trépignant d'impatience. Il boudait, John en était certain mais il en profita pour tout raconter à son ami : l'appel de Moira, la petite scène de Samuel (qui fit sourire son papa), la rencontre avec sa mère.
- Tu as eu de la chance de pas tomber sur mon… sur mon… Matthew baissa les épaules, se passant une main sur son visage fatigué.
John eut un sourire indulgent.
- Hey ! Une fois tout ça derrière toi, ça ira mieux, tu verras.
- Je ne sais pas, John. Ils m'ont menti toute ma vie…
Il sortit la photo le représentant avec son père que Sherlock lui avait rendu, sans un mot, quelques instants plus tôt. Il renifla.
- C'est fou quand même. On ne se ressemble pas du tout en fait…
- Il reste tout de même ton père, Matt. C'est lui qui t'a élevé, qui t'a appris des centaines de choses…
- Tu sais ce qu'il m'a dit le jour où j'ai eu mon diplôme de médecine ? « Au moins, tout cet argent sert à quelque chose. » Je pense que c'était sa façon à lui de dire qu'il était fier de moi… Je ne sais pas. Mais je n'arrive pas à m'enlever de l'esprit qu'ils m'ont acheté et qu'ils ont payé toute leur vie pour conserver ce secret. Ce que j'ai vu, quand je suis parti, c'est un homme et une femme désespérés que leur petit monde ne s'écroule. Il n'avait pas peur pour moi mais pour eux… Qu'on sache que tout n'était que mensonge…
John prit son ami dans ses bras. Sherlock renifla de dédain. Lui jetant un regard noir par-dessus l'épaule de Matthew, il desserra son étreinte et lui dit :
- Matt, tu vas rentrer chez toi et profiter de la famille que tu t'es construite, que tu as choisi. Elle t'attend et t'aime pour ce que tu es vraiment. Et c'est ça qui est important…
Son regard plongea dans celui du détective.
- Vraiment important.
Sherlock détourna les yeux, repéra un taxi et interrompit l'échange. Il donna l'adresse au chauffeur et lui demanda d'attendre. Matt serra encore une fois John dans ses bras le remerciant pour tout ce qu'il avait fait, avec son colocataire.
- C'est normal. Tu as fait la même chose pour moi quand l'autre idiot est parti. Je ne pouvais pas te laisser tomber ainsi que Moira et les petits.
Matthew sourit puis tendit sa main à Sherlock qui la saisit. Il rentra dans le taxi et fit un dernier signe d'adieu en direction des deux colocataires qui s'étaient rapprochés instinctivement. Enfin, la voiture démarra.
- Pfiou ! On peut dire que ces deux derniers jours étaient intenses… Ça te dit de marcher jusqu'à l'hôtel ?
Sherlock approuva d'un signe de tête et ils se mirent en route.
Ils marchèrent, passant par la vieille ville, profitant de la nuit pour se rapprocher. John pouvait enfin jouir de la beauté de cette ville aux milles surprises. Chaque recoin proposait quelque chose à voir : un vieil hôtel Renaissance, une porte ouvragée, un jardin foisonnant. Son œil était attiré par toutes ces choses et notamment par l'homme à ses côtés. Silencieux, Sherlock était plongé dans ses pensées mais son visage était calme, détendu, paisible. Il semblait avoir trouvé la réponse à une question difficile. John espérait que ce soit bon, bon pour lui. Ils arrivèrent à la Place de la Seigneurie. Le médecin s'arrêta, profitant du charme du palais qui lui faisait face, de la multitude de statues qui s'y trouvaient. Soudain, il se tapa le front :
- Merde, Sherlock ! On a oublié le cadeau pour Mrs Hudson !
En effet, la statue de David qui se dressait en face de lui venait de rappeler au docteur la promesse faite à leur logeuse. Il se retourna à droite, à gauche, derrière... Rien. Plus de détective consultant. Et bien sûr, je n'ai pas mon téléphone portable. Ce serait beaucoup trop simple. Il fit le tour de la place, alla jeter un œil sur les bancs de la loggia où les touristes admiraient les œuvres puis se dirigea vers l'Arno par la galerie des Offices. Sherlock avait dû rentrer à l'hôtel et n'avait pas vu que son ami s'était arrêté. Là, son regard tomba sur une silhouette connue, penchée sur la balustrade face au fleuve. Arrivé près de lui, il mit sa main sur l'épaule du détective perdu dans ses pensées :
- Sherlock, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien. Je t'assure, John. Rien du tout.
-Alors, pourquoi as-tu l'air aussi soucieux ?
Sherlock émit un léger rire et se retourna vers le médecin. Les murmures de la ville leur parvenaient, se mêlant aux bruits de l'eau, offrant une atmosphère plus que romantique. Ils souriaient, tous les deux, heureux d'être ensemble. Ainsi, d'un même mouvement, les yeux dans les yeux, leurs bouches se trouvèrent et ils s'embrassèrent.
* Quartier de Londres qui craint ^^
