Nous sommes de retour, pour vous jouer un mauvais tour …

Et oui, enfin, après presque 6 mois d'absence, nous reprenons en main notre fiction. Nous nous excusons platement (JE m'excuse en fait, c'est de ma faute. Les vacances et la rentrée ont un peu … bousculé … mon rythme d'écriture ^^'). Mais cette fois-ci, nous sommes là pour de bon ! Nous essayerons de reprendre un rythme de publication régulier, peut être pas celui d'un chapitre par semaine comme promis car avec la tonne de boulot qu'on a, on ne pourrait pas se le permettre. Mais on promet de faire des efforts :)

Nous remercions comme toujours notre béta, Alizée, qui nous corrige à merveille, ainsi que vous, lecteurs et parfois reviewers, dont les commentaires nous font toujours plaisir ! Nous avons également prit le temps de répondre aux quelques questions de FolleDingue et celle de Runya !

ENJOY MES PETITS :D


L'une de vous deux ne ferait-elle pas du cheval ?
Mary : Et si, bien deviné, c'est moi qui fait du cheval, c'est pour ça que la relation Talia/Jade est très importante, rien que pour la santé mentale de Talia ^^
Nous, cavaliers, savons à quel point le cheval peut influer sur nous ;)


Eeettt...dites-moi les filles, se passerait-il quelque chose entre Robb et Talia ? OU bien serais-ce mes hormones mélangez à ma paranoïa chronique qui parlerait ?
Mary : Ah ah, je ne peux pas en dire plus pour le moment, ça serait du gros spoiler ! Je me contenterais de dire une seule chose (petite maxime piquée à la SNCF) : Un train peut en cacher un autre. A méditer )

Si non, que faites-vous de la pseudo épouse de Robb qu'il a épousé par amour et dont je ne me souviens pas le nom ?

Mary : Tu dois surement parler de Talisa, qui apparait dans la série (je ne connais pas son nom dans le livre). En fait, il se marie avec elle quand il commence la guerre contre Joeffrey/Tywin. Hors, notre point de départ est le point de départ de la série, lorsque tout est encore calme. Je ne la mentionne donc pas pour l'instant, mais elle apparaitra par la suite, oui :)

Et pour Rhaegar quelque chose me chiffonne beaucoup. Genre, avant la rébellion de Robert, n'était-il pas marié à Ella Martell ? Qu'en avez-vous donc fait ?

Julie : Alors, petit cours d'histoire pour te répondre. En 276, Rhaegar est adoubé chevalier. C'est à cette occasion que Tywin Lannister (qui était alors la Main d'Aerys) décide de proposer les fiançailles de sa fille Cersei avec Rhaegar. Dans les livres (et la série) Aerys refuse, outrageant ainsi Tywin en lui répondant qu'il n'allait pas marier son fils avec la fille de sa Main, qu'elle n'était pas assez bien pour lui. Tywin, vexé, furieux, tout ce que tu veux, promet de se venger. Aerys envoie chercher Elia, Princesse de Dorne. Elia et Rhaegar se marient, Elia aimait Rhaegar mais pas lui, il aimait Lyanna. S'en suit le tournois de Harrenhal, Rhaegar enlève Lyanna et déclenche la Rébellion de Robert et tous les évènements qu'on connaît.

Dans la fic, je voulais garder Rhaegar en vie. Pour ça, j'ai dû changer les évènements. Aerys décide de refuser de marier Rhaegar à Cersei (Cersei aime Rhaegar, bien plus que Jaime). Sauf que Rhaella, la reine, décide de s'y opposer. Par de nombreuses supplications, Rhaella parvient à faire changer d'avis Aerys (avec l'aide de son Grand Pyromancier quand même) et donc Cersei épouse Rhaegar en 276-77. Cersei a 10, Rhaegar en a 17. (Au moment de la fic, Cersei a 37 ans, Rhaegar en a 44.)

Arrive quand même Harrenhal car Rhaegar aime Lyanna quand même, survient la Rébellion de Robert, réprimée par les forces Targaryen/Martell/Tyrell/Lannister. Aerys meurt peu de temps après, Rhaegar est roi.

Elia est donc toujours en vie, à Dorne, où elle a sûrement épousé un Prince Dornien mais je ne veux pas en dire plus.

Et pour Lyanna, est-elle toujours vivante ? J'ai remarqué que vous l'avez mentionnée une fois, dans le cadre d'une conversation entre Viserys et Daenys mais sans plus... un éclaircissement, please ?

Julie : Alors, le cas Lyanna Stark… Elle sera mentionnée à nouveau, on en saura plus à son sujet. Il faut prendre son mal en patience et attendre !

Et les Marcheurs Blancs, seront-ils mentionnés dans votre fanfic ou sont tamponne la coquillette avec une babouche ?

Julie : Je n'aime pas répondre aux questions parce que ça gâche forcément le suspens… Mais si tu poses la question c'est que le suspens est bon x).


Ice

« - Ecoutez Theon, Sansa et Arya m'attendent, j'ai promis de venir les voir cette après-midi.

- Je n'ai que faire des filles Stark, elles peuvent bien s'occuper toutes seules.

- Mais … »

A ces mots, le jeune homme plaqua l'étrangère contre la barrière de l'enclos. Son dos heurta le bois, lui arrachant un léger cri de douleur. « Je ne pense pas que tu sois en mesure de résister » souffla le Fer-né, avant de se rapprocher de la jeune femme. Il plaça sa main dans le dos de Talia, et détachant ses cheveux, défit la longue tresse. Il joua avec une mèche, encore. Du bout de cette mèche, il caressa le visage fin de la jeune femme. Le nez, les pommettes, les yeux, l'angle de la mâchoire. Lorsqu'il atteignit les lèvres, il lâcha la mèche de cheveux, et ses doigts prirent le relais. Il effleura la douce chair rosée. Talia, paralysée, ne bougea pas. Il y eut un moment de lourd silence, puis dans un élan sauvage, le jeune homme prit la bouche de l'étrangère, plaquant ses lèvres contre celles de sa proie. D'abord surprise, elle reprit vite ses esprits et se débâtit. Mais la force du Fer-né était trop grande, elle ne put se défaire de son emprise. Il enserra les fins poignets blancs qu'il plaqua aussitôt sur le bois. Le visage de la jeune femme se déforma dans une grimace de douleur. Elle tenta une seconde fois de se défaire du joug ennemi. Elle le supplia, plusieurs fois, mais le jeune homme ne fit qu'augmenter la pressions sur ses poignets. Alors elle ferma les yeux, inspira profondément et leva son genou droit dans une extrême rapidité, qui vint frapper l'entre-jambe de son assaillant. Grognant de douleur, le Fer-né lâcha sa victime et se recroquevilla au sol. Elle en profita pour se précipiter dehors. Elle débarqua totalement perdue dans la cour du château. Elle la traversa comme une flèche et s'engouffra dans la bâtisse par la première porte qu'elle vit. Elle parcourut plusieurs couloirs à toute vitesse, avant de s'arrêter, à bout de souffle en plein milieu d'un croisement. Elle se mit à sourire, fière d'avoir échappé une seconde fois au Fer-né. Bien sur que ce n'était pas drôle, mais après tout, c'était clairement le jeu du chat et de la souris. Et pour le moment, c'était la souris la plus maligne. Pour combien de temps encore ? Elle s'appuya le dos au mur pendant un petit moment. Elle sursauta lorsqu'elle entendit des pas derrière elle. Elle se retourna d'un bond. Ce n'était que le bâtard, Jon Snow. Il s'approcha à grands pas de l'étrangère.

« Tout va bien ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Oui. »

Elle avait dit ça d'une voix douce, avec un sourire. Elle baissa la tête en signe de respect et Jon hocha la tête. Tous deux repartirent de leur côté. Quand l'ombre du jeune homme eut disparu, Talia se remit à courir et arriva vite aux appartements des domestiques. Elle entra dans la salle à manger essoufflée, sous les regards curieux de quelques femmes. Elle traversa la pièce, puis se laissa finalement tomber sur son lit, essayant de retrouver son souffle. Mily et Alena entrèrent dans la pièce, une expression moqueuse plaquée sur le visage. Elles s'adossèrent toutes deux au mur.

« Je crois que Talia fuit quelque chose, qu'en penses-tu Alena ?, demanda la plus jeune, sans dissimuler son sourire narquois. La seconde gloussa.

- Oh c'est sur. Je crois même savoir qui elle fuit.

- Theon a trouvé une nouvelle proie apparemment.

Toutes deux gloussèrent.

- Ce n'est pas drôle ! s'offusqua l'étrangère, non sans un léger sourire nerveux.

- Ca toujours été comme ça avec lui. Alena entreprit une explication. C'est comme un rituel chez lui : chaque domestique qui entre à Winterfell doit se soumettre à lui. Il ne te lâchera pas tant que tu n'auras pas cédé, Talia. Et crois moi, mieux vaut te laisser faire très rapidement, il déteste qu'on lui résiste, il est capable de te blesser pour obtenir ce qu'il veut. Et dans ce cas, même Robb ne pourra rien pour toi. »

L'étrangère serra les dents et grimaça. Cette idée la répugnait au plus haut point. Mily fit une moue compatissante et vint prendre Talia dans ses bras. Cette si petite fleur, si fine, était passée par là. Elle semblait si jeune, si fragile, comme une enfant, à peine sortie des jupons de sa mère. La vie n'avait pas du être simple pour elle non plus. Finalement, ce fut Talia qui entoura Mily de ses bras. Les deux jeunes femmes se lâchèrent et se sourirent. Alena, toujours adossée au mur, sourit à son tour, avant de rappeler Talia à l'ordre.

« Talia, Arya et Sansa t'attendent, change-toi vite et va les rejoindre.

- Mais d'ailleurs, qu'est ce que tu fais dans cette tenue ? Pourquoi tu as enlevé la robe ?, questionna Mily, curieuse.
- Ah, je suis allée faire un petit tour dehors et je ne voulais pas risquer de tacher la belle robe que vous m'avez donnée, alors j'ai remis mes affaires.

- Dehors, très bien. C'est pour ça que tu as de la paille dans les cheveux je suppose ? », se moqua Alena.

L'étrangère sourit. Elle défit sa chemise et son pantalon, puis enfila de nouveau la robe gris perle. Mily lui brossa les cheveux, enlevant au passage les quelques brins de paille qui s'y trouvaient. Elle fut rapidement prête à partir. Alena la retint par le bras, farfouilla dans un gros coffre à côté de son lit et en sortit un petit fourreau de cuir noir. Elle le tendit à Talia. « Si malgré tout, tu décidais de résister. » L'étrangère, surprise, sortit la lame de son fourreau sur un pouce. La lame était si fine qu'on aurait dit un ruban de soie grise, elle était parfaite. Elle rengaina la dague, remercia d'un sourire la jeune domestique et quitta les appartements. Au détour d'un couloir désert, elle se faufila dans un recoin, posa un genou à terre et attacha au dessus du mollet les deux lanières de cuir maintenant le fourreau et la précieuse dague. Quand elle fut sûre que tout était bien fixé, elle reprit son chemin jusqu'aux appartements des filles Starks. Elle y arriva pour l'heure de la coiffure. Les deux jeunes filles avaient un air maussade. Talia s'approcha d'elles « Alors, que voulez-vous faire petites Ladies ? » Elle regarda par une fenêtre, une légère pluie tombait sur Winterfell et le Nord. « Nous ne pouvons pas sortir visiblement.

- Est-ce que tu connais des histoires … demanda doucement Sansa

- Des histoires qui font peur ! coupa Arya. Sansa lança un regard noir à sa petite sœur.

- Non, des histoires de princesses !

- Je connais une très jolie histoire, celle de la jeune fille aux lys. C'est une princesse qui voulait être libre. »

Les deux jeunes Stark furent d'accord. Talia s'assit dans un grand fauteuil, tandis qu'Arya et Sansa vinrent s'installer sur un petit canapé, Sansa toujours bien droite et Arya en tailleur, les coudes plantés dans les genoux, le menton dans les paumes.

« Alors, c'était une jeune fille, une princesse. Elle s'appelait Marysa et elle vivait à Dorne, dans un immense château, seule avec ses parents. Elle n'avait ni frère, ni sœur et elle s'ennuyait. Un jour elle décida de partir vivre sa propre vie … »

Talia raconta son histoire pendant un long moment. Les deux jeunes Stark l'écoutait toujours aussi attentivement. Toutes les deux avaient récupéré leur loup, qui était roulé en boule sur leurs genoux. Alors que l'étrangère commençait à reprendre son conte, elles entendirent gratter à la porte et couiner. Finalement, la lourde porte en bois s'entrouvrit. Un petit loup se glissa dans la chambre et vint se poser au pied du fauteuil. Talia, perturbée, s'arrêta et regarda la petite bête, qui pencha la tête de côté. La jeune femme sourit et prit le petit animal, qui s'installa instantanément sur ses genoux, se lovant contre elle, roulé en boule. Elle sourit, releva la tête et reprit. Au fur et à mesure qu'elle avançait dans son histoire, les filles Stark se rapprochaient de plus en plus, impatiente de connaître la fin. « Face au refus de tous, elle entreprit un long voyage pour se rendre à King's Landing, auprès du roi. Après trois mois de voyage harassant, elle put enfin rencontrer le roi et lui soumettre sa requête. Et enfin … » Trois légers coups à la porte la firent s'arrêter, son esprit quittant son histoire. Elle souffla et leva la tête. Pour la deuxième fois la porte s'ouvrit, plus rapidement qu'avec le louveteau cependant. Le bâtard apparût dans l'entrebâillement de la porte. « Je crois que Bran a … » commença-t-il à l'intention des deux jeunes filles, avant de remarquer la présence de l'étrangère.

« … A laissé filer Summer », finit-il en regardant le petit loup blottit contre la jeune femme. Il sourit et s'approcha. Talia prit le louveteau dans ses bras et se leva. Elle s'avança vers Jon et lui tendit la petite boule de poils, qui vint se blottir contre le torse du jeune homme. Elle lui sourit, secoua sa robe et retourna s'asseoir. Le bâtard remercia les jeunes filles ainsi que l'étrangère puis prit congé, le petit loup dans les bras. Lorsque la porte fut refermée, la jeune femme reprit. « Donc, je disais. Enfin la chance lui sourit et son roi accepta sa requête. Il lui offrit une protection et promis de la marier à son fermier, contre la volonté de ses parents. Le mariage fut splendide, il est resté dans toutes les mémoires. Vous voyez les filles, peu importe qui vous êtes, aimez qui vous voulez, soyez heureuse, c'est ça la vraie vie » l'étrangère sourit, un peu amèrement toutefois. Elle aimait cette histoire et la détestait à la fois. Trop de souvenirs entouraient cette histoire qu'elle connaissait par cœur. Son histoire préférée ne cessait de répéter sa mère. Et voila où elle en était maintenant. Elle sentit une légère haine monter en elle, et décida de prendre congé des jeunes filles, promettant qu'elle reviendrait plus tard, après le souper. Les filles se mirent à discuter de cette histoire. Comme toujours, Sansa, en future Lady, défendait l'idée qu'il fallait s'assurer une bonne place dans ce monde, alors qu'Arya s'insurgeait des propos de sa sœur, clamant sa liberté. L'étrangère s'éclipsa rapidement, recommandant avant à Arya de se calmer.

Une fois dehors, l'étrangère tenta de s'apaiser. Elle joignit ses mains et se mit en marche vers les appartements des domestiques. Elle y passa en coup de vent, se contentant d'attraper la cape de laine noire posée sur une chaise de la cuisine. Elle l'enfila et se dirigea vers la cour. Arrivée à l'extérieur, elle mit la capuche, couvrant au maximum son visage. Elle leva les yeux et chercha la roukerie. Elle l'aperçut et s'y rendit rapidement, montant les marches aussi vite que possible. Dans la pièce circulaire, elle trouva tout ce dont elle avait besoin. Elle prit un morceau de parchemin et écrivit, fébrilement.

Cher frère,
Ne m'en veut pas de ne te donner signe de vie seulement maintenant. Rassure-toi, je vais bien. Vous me manquez tant. Mais je ne saurais revenir chez nous, ma liberté en dépend. Ne montre rien de cette lettre, je risquerais ma vie à nouveau. Ne me réponds pas. Je t'aime.
L.T

Tremblante, elle roula le parchemin et le scella. Elle chercha un corbeau capable d'emporter ce message au bon endroit. Elle parcourut des yeux toutes les cages, et en repéra un qui lui semblait familier. Elle le prit doucement, caressant sa tête. Elle laissa trainer son doigt sur la table, traçant une fine ligne et marqua la tête de l'oiseau par un point blanchâtre. Puis elle le posa sur le rebord en pierre. Il s'envola, et toutes les angoisses de la jeune femme partirent avec.


Fire

Ils étaient tous là, réunis autour de la grande table sculptée. Rhaegar, majestueux dans ses vêtements royaux, présidait cette séance exceptionnelle du conseil restreint. À sa gauche, Lord Mace Tyrell, sa Main, imposant dans ses vêtements aux couleurs de sa maison. Lord Varys, le maître des chuchoteurs, était également présent, ce mystérieux eunuque chauve enveloppé de ses soieries mauves et son odeur d'absinthe. À sa droite, Lord Petyr Baelish, surnommé Littlefinger, Grand argentier. Leurs faisaient face Ser Gerold Hightower et Mestre Pycelle, le grand Mestre du Red Keep. En face du roi, Viserys, propre lui-aussi, revêtu de vêtements richement taillés, ses cheveux blancs, mi longs, arrangés royalement, le front ceint d'un cercle d'or. À la droite de Rhaegar, et à la plus grande surprise de Daenys, se trouvait la reine Cersei, vêtue d'une sublime robe rouge et noire qui mettait en valeur ses longs cheveux d'or. Daenys, pas le moins du monde intimidée, gagna sa place à la droite de Viserys, à côté de Lord Baelish. Lorsqu'elle fut installée, qu'elle eût salué les personnes présentes, Rhaegar se redressa dans sa chaise et débuta la séance.

Lord Baelish parla le premier, faisant état des caisses de la Couronne, des dettes contractées. Lord Varys fit part de quelques petites disputes entre de petits Lords quelconques. Mestre Pycelle réclama des fonds au nom du Grand Septon pour financer la rénovation d'une partie du Septuaire de Baelor. Ser Gerold Hightower resta muet, la Garde Royale répondant aux attentes du roi. Un écuyer apporta plusieurs missives arrivées le matin même. Lord Tyrell, qui parlait au nom du roi, décida d'envoyer les prisonniers contenus dans les geôles du premier niveau des cachots du Red Keep. Lorsque toutes les affaires urgentes furent traitées, Rhaegar se laissa aller contre le dossier de sa chaise avant d'aborder le sujet qu'il brûlait d'aborder depuis le début de la séance, parlant pour la première fois depuis le début du la séance. « Que faire de Lord Roote ? »

Un grand silence accueillit ses propos, Daenys vit son frère, qui était resté silencieux pendant toute la séance, serrer les poings sur les bras de sa chaise. Elle posa sa main sur celle de son frère. Mestre Pycelle s'agitait sur sa chaise, jouant nerveusement avec sa barbe. « Vous pourriez… l'envoyer au Mur ?

- Lord Roote a trahi la Couronne, intervint Lord Tyrell de son ton autoritaire. Il mériterait un châtiment bien plus exemplaire. » Le silence retomba. Tout le monde savait quel était le sort réservé aux traîtres. La mort. Daenys était mal à l'aise à cette idée, elle avait senti que l'homme était désespéré, que son geste avait été celui d'un homme privé d'espoir. Rhaegar intervint « Très bien. Lord Roote sera exécuté publiquement afin que tout le royaume soit prévenu de ce qu'il adviendra à tous ceux qui oseront s'en prendre à ma famille afin de faire pression sur la Couronne. Sa tête sera plongée dans le goudron et parcourra les Sept Couronne en guise d'avertissement. » Le silence retomba, personne n'osant contredire le roi.

Mace Tyrell reprit. « Nous devons confier Lord Harroway's town à un autre seigneur.

- Il y a quelques écuyers sur le point d'être adoubés, répondit Ser Gerold.

- Nous donnerons Lord Harroway's town à l'un d'entre eu donc. Et le jeune fils de Lord Roote servira comme écuyer à Casterly Rock. » Le silence accueillit les propos de Lord Tyrell. Rhaegar se redressa avant de reprendre la parole. « La séance est close. Lord Varys, Lord Baelish, Mestre Pycelle, Ser Gerold, veuillez quitter la salle je vous prie. » Les intéressés se levèrent, s'inclinèrent et quittèrent la salle du trône, laissant Rhaegar seul avec sa Main et sa famille. Les lourdes portes se refermèrent, plongeant la salle dans un silence lourd. Rhaegar soupira, il semblait fatigué, inquiet.

« Lord Roote nous a montré que la Couronne n'est pas à l'abri des menaces…

- Rhaegar, intervint Daenys d'une voix douce et timide, n'était-ce pas un peu trop radical comme sort pour Lord Roote ?

- Il a osé s'en prendre à vous pour tenter de m'atteindre. Je ne peux laisser passer un tel affront sans sévir sévèrement.

- Il était désespéré ! Il a fait ça parce qu'il était désespéré, il ne voulait pas nous faire du mal ! » Daenys su qu'elle était allée trop loin lorsqu'elle vit les yeux de son frère, déjà d'une couleur sombre, s'assombrir dangereusement. Le roi se leva brusquement, s'appuyant sur la table des deux mains, fixant sa sœur d'un regard noir. « Personne n'est autorisé à contester mon pouvoir, personne ! Et surtout pas toi. J'ai décidé que Lord Roote méritait la mort, il l'aura. Fin de la discussion. » Il quitta la salle sans ajouter un mot de plus, marchant à grandes enjambées. Lord Tyrell lui emboîta immédiatement le pas, suivit de Viserys. Daenys se retrouva seule avec la reine, Cersei Lannister.

La reine se leva, faisant signe à la jeune princesse de la rejoindre. Les deux femmes quittèrent la salle du conseil restreint pour se diriger vers les jardins. Ser Oswell Whent leur emboîta le pas, les suivants à distance. Cersei prit d'autorité le bras de Daenys, l'entraînant dehors. Une fois arrivées dans les jardins, Daenys battit des cils pour s'accoutumer à la lumière vive du soleil. Cersei l'entraîna le long d'une grande allée bordée d'arbres en fleurs. « Ser Oswell, vous pouvez nous laisser.

- Je… Votre Grace, la Garde royale doit protéger la famille royale.

- Je suis sûre que la princesse Daenys et moi-même pouvons nous défendre seules face à une attaque sournoise des abeilles. » Le chevalier resta immobile, piétinant de façon gauche. Cersei entraîna Daenys le long d'une allée secondaire, laissant le chevalier blanc sur place.

Les deux jeunes femmes marchèrent en silence pendant quelques temps avant que la reine ne reprenne la parole. « Cela fait plaisir au roi de vous savoir tous deux de retour. » Elle serra le bras de Daenys, la jeune fille ne répondit pas tandis que la reine poursuivait. « C'était par soucis de sécurité qu'il a éloigné tous les membres de sa famille de King's Landing. Mes enfants et moi avons été envoyés à Dragonstone.

- Pourquoi être revenus ? » La reine eut un sourire énigmatique et garda le silence. Daenys n'avait pas besoin d'une réponse clairement formulée, celle-ci étant trop évidente. Les deux femmes étaient arrivées sous une tonnelle de bois, recouverte de fleurs odorantes, près de la mer du Détroit. Une table était prête sous la tonnelle, à l'abri des rayons du soleil. Elles prirent place de chaque côté de la table devant des coupes chargées de fruits, des gâteaux au miel, des carafes emplies de nectars et de vins. La reine avait, songea Daenys, prévu de l'emmener ici pour discuter avec elle. De jeunes servantes, qui se tenaient à l'écart sous l'ombre d'un oranger, s'approchèrent pour remplir leurs coupes. Daenys nota qu'une troisième coupe était posée sur la table. La jeune princesse remercia la jeune servante qui se recula sous l'ombre de l'oranger. Daenys se servit d'un gâteau au miel, croquant dedans avec délices. Voilà bien quelque chose qui lui avait manqué ! La reine sirotait son vin de Dorne en regardant pensivement vers la mer. La jeune fille aux cheveux d'or blanc engagea la conversation d'une voix douce. « Comment vont le prince héritier et la princesse héritière ?

- Ils se portent à merveilles, leurs fiançailles ont été célébrées au début de l'année.

- J'en ai eu vent oui, souffla Daenys. Je suis vraiment navrée de n'avoir pu être présente…

- Ne vous en faites pas, princesse Daenys. Je comprends parfaitement que vos obligations vous aient retenue, l'interrompit une voix. » Daenys, surprise, se retourna pour voir une jeune femme approcher. Ses longs cheveux blancs typiques de la famille Targaryen étaient striés du blond Lannister, ses yeux étaient plus bleus que ceux de son père, son visage était celui de sa mère.

La princesse Rhaenys, fille du roi Rhaegar Targaryen et de la reine Cersei Lannister, princesse héritière fiancée à son frère, le prince Aegon, vint s'asseoir à la gauche de Daenys. Son visage était éclairé par un immense sourire. Une jeune servante voulu lui remplir son verre mais elle se servit elle-même, faisant signe à la jeune servante de rester à sa place avant de s'adresser à sa jeune tante. « Je serais ravie que vous acceptiez de dîner avec moi ce soir, dans mes appartements. Nous avons beaucoup à nous dire et je peux vous assurer que mon frère serait ravi de vous revoir. » Elle fit un clin d'œil à Daenys qui sourit d'un air amusé. Le prince Aegon n'était son aîné que de deux ans aussi avaient-ils tissés des liens très forts pendant leur enfance. La mort de la sœur jumelle de Daenys les avait rapprochés mais ils s'étaient perdus de vue lorsque Daenys était partie avec Viserys. La jeune princesse ne pouvait se souvenir sans rougir que, étant enfant, elle avait éprouvé des sentiments pour Aegon.

Les trois jeunes femmes restèrent encore un peu sous la tonnelle, discutant du mariage prochain des deux héritiers. La reine voulait un mariage splendide, digne de ses enfants, mais Rhaenys voulait quelque chose de relativement simple, sans trop de grandiloquence. Leur entretient fut interrompu par la venue d'Allyria Dayne. La jeune fille se pencha vers Daenys et lui glissa quelques mots à l'oreille. La jeune femme hocha doucement la tête, se leva et, après avoir prit congé auprès de Cersei Lannister et de Rhaenys Targaryen, s'éloigna en direction de ses appartements, suivie de sa dame de compagnie.


Et voila ! N'hésitez pas sur les reviews ;)
A beintôt !