Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !

Auteure : Jes Cullen-Malfoy

Rated : M

Couple : Edward/Jasper

Genre : Friendship/Romance/Drame

Warning : Sexe, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.

Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character ») tandis que les autres sont de mon cru.

Béta correctrice : Vivi64


Note d'auteure : Ici, la fiction prend un autre tournant. J'espère que cela vous plaira tout autant ! Bonne lecture.


Chapitre 3 : Le Gouffre


La journée venait à peine de commencer que je voulais déjà qu'elle se termine. Et en plus, nous étions le 31 août, ce qui signifiait que demain c'était la rentrée scolaire, chose que je ne voulais pas. Cela faisait une semaine que nous étions dans ce trou à rat et j'en avais rien à foutre. Il pleuvait comme jamais, mais j'en avais rien à foutre. En fait, j'en avais rien à foutre de tout.

J'étais en miettes car la seule fille qui avait touché mon cœur m'avait trompé avec un de mes potes. Je les avais découverts pendant une soirée où je ne devais pas me rendre, mais la chance ou le malheur m'y avait emmené quand même.

J'étais en couple avec elle depuis quatre putains de mois, quatre putains de mois où j'avais été heureux, j'avais découvert l'amour. Certes, j'étais jeune, j'avais eu 17 ans le 5 juin dernier mais j'avais découvert l'amour avec Judith. Et elle m'avait trompé.

Je n'avais pas pu m'empêcher de casser la gueule à cet enflure qui se disait mon meilleur ami, d'ailleurs Kyle, qui était au courant, avait pris son parti quand j'avais tabassé Luke. Il m'avait même demandé d'arrêter car les sentiments ne se contrôlaient pas.

Je lui avais alors retourné une belle droite et j'étais parti.

Elle n'avait même pas cherché à me voir. C'était le 2 juillet que ça s'était passé et j'espérais toujours recevoir un SMS venant d'elle me demandant pardon et me suppliant de la reprendre. Je le ferais même si je me revoyais les voir nus en train de…

Pourquoi m'avait-il fallu aller à cette soirée ? Pourquoi j'étais monté à l'étage ?

Le pire, c'est que je les avais trouvés nus dans une des chambres en pensant pénétrer dans les toilettes. A ce moment-là, elle criait son prénom à lui, pas à moi.

J'en étais resté cloué sur place, n'en croyant pas mes yeux mais pourtant, j'avais bien vu et croyez-moi j'aurais bien voulu me tromper sur ce coup-là. J'aurai préféré ne rien connaître et rester avec elle… quoique non, car elle m'aurait quitté pour lui. Dans la bagarre, elle m'avait prié d'arrêter car elle sortait avec lui depuis un mois, un mois qu'elle me disait m'aimer, un mois que l'on faisait l'amour et cela faisait un mois qu'elle couchait avec mon meilleur pote.

Je me mis à pleurer sur mon lit comme une fillette en repensant à ces souvenirs encore douloureux. J'avais tout arrêté pour elle, la cigarette, la drogue et l'alcool. J'avais tout fait pour elle, même parler convenablement. Putain, je m'étais complètement aplati devant le moindre de ses désirs et cette pute m'avait fait cocu. Je ne me laisserai jamais plus avoir par une fille, ni par les mecs d'ailleurs. Quand on voyait l'amitié bafouée par mes meilleurs amis.

Je resterai seul… comme ça, pas de trahison. D'ailleurs, j'étais nouveau ici alors je pourrai très facilement devenir asocial.

Mon père avait eu la folie de démissionner pour se rapprocher de nous, et il avait demandé sa putain de mutation dans la ville la plus humide de l'état de Washington.

- Mon chéri, le petit-déjeuner est prêt, me cria ma mère.

Depuis que Judith m'avait quitté, j'avais aussi une certaine peur que ma mère nous quittent, moi et mon père, pour partir avec un autre homme. Cette trahison serait trop dure à supporter.

Mon ventre venant de gargouiller, je me sortis du lit encore tout patraque de ma crise de larmes et enfilai un jogging qui trainait au pied de mon lit. Je descendis dans la cuisine où se trouvait mon père et ma mère. Je ne pris pas la peine de leur dire bonjour et passai à table pour engloutir mes œufs brouillés au bacon.

Mon assiette complètement vidée, je bus un énorme verre de jus d'orange.

Comment pouvait-on continuer à vivre en ayant vécu ce que je venais de vivre ? Quand on s'abandonnait entièrement à une personne et que cette dernière vous avez fait ce que l'on m'avait fait, comment se relever ?

Sur ces réflexions complètement dépressives, je remontai dans ma chambre pour recommencer à pleurer comme je le faisais depuis ce fameux soir. Si seulement elle était revenue, je lui aurais certainement pardonnée…

Putain, quand je vous le disais que j'étais pathétique.

Mais elle n'était pas revenue, plus aucune nouvelle ni d'elle, ni de Kyle et encore moins de ce fils de pute de Luke. Pourtant il savait que j'étais raide dingue de cette fille, il le savait et malgré tout, il me l'avait volée.

Putain ! Quel connard. Quelle pute !

Et malgré tout ça, je l'aimais encore cette salope qui m'avait broyé le cœur.

Je recommençais à parler vulgairement, ou plutôt à penser, alors je décidai d'enfouir mon visage dans mon oreiller pour pleurer en silence. Je ne voulais pas que ma mère rapplique ici pour me dire que cela allait passer, que c'était juste passager.

OoOoOoOoO

Quand l'heure du souper sonna, ma mère vint une fois de plus me retirer de mon état lamentable. Je consentis à sortir du lit et descendis les escaliers tel un zombie puis m'affalai sur la chaise.

- J'ai fait ton plat favori mon chéri, me dit ma mère.

Cela fit monter en moi une colère immense.

- TU CROIS QUE DES PÂTES A LA BOLOGNAISE POURRONT ME FAIRE OUBLIER ? ME FAIRE OUBLIER QUE J'AI ETE COCU… TU CROIS QUE TON PUTAIN DE PLAT A LA CON VA ME RENDRE LE SOURIRE ? Criai-je.

Étrangement, le fait de crier sur ma mère me fit du bien. Mais mon apaisement ne fut pas long car ma mère fondit en larmes devant moi et je ne voulais même pas la consoler. Pourquoi le ferais-je ? J'avais raison, son plat ne me ferait pas oublier, j'en avais rien à foutre de bouffer des pâtes ou de la merde, je voulais juste qu'on me laisse en paix… juste ça.

Ma mère me servit mon assiette toujours en pleurs et ensuite, elle partit dans la cuisine. Je mangeai le plus vite possible le contenu de mon assiette pour remonter dans ma chambre. Je me brûlais même la langue tellement c'était chaud. Quand j'allais monter enfin dans ma chambre, mon père entra dans la salle à manger

- Tu dois arrêter de rendre triste ta mère Edward, me dit-il avec colère.

C'était bien la première fois qu'il me parlait comme ça.

- Tu dois surmonter ça, fils… Ta mère t'aime et moi aussi mais tu nous détruis petit à petit à te laisser aller comme ça.

De quoi parlait-il bon sang ?

- Tu maigris à vue d'œil, tu as des cernes immenses sous les yeux et je ne parle même pas de la couleur de ces derniers, rouge tellement tu pleures.

Je me pris la tête entre les mains…

Comment pouvait-il être si égoïste à me demander d'aller mieux juste pour ne plus les emmerder ?

Je ne lui dis rien et montai en vitesse dans ma chambre non sans avoir pris soin de claquer ma porte et de les avoir envoyés se faire foutre. Une fois ma porte claquée, je me posai contre elle et respirai rapidement dû à l'effort que j'avais fait pour monter aussi vite les escaliers.

Je dois en avoir le cœur net, me dis-je.

Je marchai alors d'un pas décidé vers ma salle de bains personnelle et découvris avec horreur la réalité. J'étais maigre comme un clou, j'avais perdu mes beaux muscles et ma belle gueule. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Et je ne parlais pas des cernes que j'avais sous les yeux, j'aurais très bien pu passer un casting pour un film de vampires, d'ailleurs avec la couleur de mes yeux, j'aurais eu le rôle à coup sûr.

Je comprenais mieux pourquoi ma mère pleurait autant, elle voyait son seul fils se laisser mourir de chagrin sans rien pouvoir faire contre.

Une fois mon image bien étudiée, je repartis sur mon lit pour pleurer malgré moi.

J'avais vraiment tout perdu, même mon apparence. Cette fille m'avait pris mon cœur, mon âme, mes potes, ma dignité et mon apparence.

Putain, elle m'avait laissé quoi ?

L'espoir, me dit une petite voix.

Oui, l'espoir de recevoir de ses nouvelles… et cet espoir était autant bénéfique que destructeur car je savais au fond de moi que cela n'arriverait pas.

TOC TOC TOC

TOC TOC TOC

Je frottai mes yeux rougis et dis la voix éteinte :

- Entre maman.

Je la vis passer la porte, elle avait certainement pleuré depuis le souper. J'aurais dû m'en vouloir encore là, de la faire pleurer, mais je n'y arrivais pas.

- Il faut que tu prépares tes affaires pour demain mon chéri, me dit-elle avec un petit sourire, certainement pour me rassurer.

- Je ne veux pas y aller maman… laisse-moi suivre des cours par correspondance.

J'étais balèze à l'école donc des cours par correspondance ne seraient pas trop durs.

Elle prit place à côté de moi et instinctivement, je déposai ma tête sur ses jambes. Elle se mit à me caresser les cheveux et cela me fit un bien fou. Je pensai alors à Judith qui le faisait toujours après avoir fait l'amour avec moi.

Et hop, revoilà les pleurs.

- Tu t'en remettras mon chéri… et pour les cours nous en avons déjà discuté… tu dois aller au lycée, me dit-elle tout doucement.

Je ne dis plus rien et elle non plus. Que dire de toute manière ? Je n'étais pas sûr qu'elle ait raison alors autant laisser le temps faire son truc. Elle resta tout de même près de moi un long moment.

Quand elle eut quitté ma chambre, je me décidai à préparer mes affaires pour le lycée. D'ailleurs, je devais prendre quoi pour un premier jour dans ce bled pourri qui suintait l'ennui à vingt kilomètres à la ronde ?

OoOoOoOoO

Mes affaires placées dans mon sac-à-dos, je me rallongeai sur mon lit en priant de toutes mes forces de m'endormir rapidement pour la retrouver, ELLE.

Zzzzz

- Tu es sûr que tes parents ne sont pas là ? Me demanda-t-elle.

- Oui, ma mère est au boulot et mon père aussi… nous avons deux heures devant nous, lui dis-je en embrassant son cou.

Nous avions décidé de sécher les cours car je voulais lui faire écouter la mélodie qu'elle m'avait inspirée pendant mes nombreux cours de piano. Ce fut sans plus attendre que je nous dirigeai vers ce dernier pour entamer ma « berceuse ». Elle ne dit rien pendant toute l'œuvre tandis que moi je me laissais de nouveau emporter par ce bien-être que me créait sa proximité. Je faisais évoluer mes doigts sur les touches d'ivoires telle des plumes pouvant caresser sa peau à elle.

Quand j'eus enfin joué ma dernière note qui résonna dans le silence du salon, je me tournai vers elle pour voir qu'elle pleurait. Je lui pris alors la main pour l'emmener dans ma chambre. A peine avions-nous franchi le seuil que je l'embrassais à m'en faire perdre toute réalité, contre ses lèvres je n'existais plus, contre sa bouche je ne vivais plus, j'étais ailleurs, dans un autre monde.

Rapidement, le baiser devint ardent et nous nous retrouvâmes nus dans mon lit, l'un contre l'autre dans une danse assez poussée.

Je lui prodiguais de lentes et profondes pénétrations qui nous procuraient un plaisir pur. Quand nous eûmes enfin joui ensemble, je l'embrassai avec tendresse.

- Je t'aime, dis-je contre sa bouche, je t'aime ma Judith.

-…

Je me redressai sur un coude pour la regarder.

- Je t'aime aussi Luke.

Je me réveillai en sursaut comme chaque nuit. Je me rendis aussi compte que j'avais cette satanée érection douloureuse qui me rappelait encore plus la perte de ce que j'avais. Nous faisions l'amour quasi quotidiennement, que ce soit au lycée dans le cagibi, chez elle, chez moi quand nous séchions les cours, dans Central Park ou dans les soirées… Et là, depuis juillet, je n'avais plus rien fait, même manuellement. J'étais incapable de me branler, cela me rappelait une fois de plus au fer rouge que j'étais seul, qu'elle n'était plus là pour me combler comme je la comblais.

Des larmes coulèrent le long de mes joues. J'étais tellement fatigué que même pleurer était épuisant. Je regardai l'heure à mon réveil, il était seulement 4h43. Je mis les mains sur mon visage pour essayer de bloquer ses foutues larmes mais sans succès, elles arrivaient quand même à sortir. J'en arrivais à un certain moment de regretter d'être retourné chez elle le lendemain de notre journée de discussion car j'avais su qu'elle ne pourrait rien faire et que l'exposé était bouclé. Mais à ce moment-là, mon subconscient savait déjà lui, que j'étais amoureux.

Pourquoi l'amour existait-il dans ce monde si cela rendait autant malheureux ?

Je fermai les yeux pour me rappeler toutes les minettes que j'avais baisées avant de la rencontrer comme si elle pouvait disparaitre de mon esprit pour ne laisser que quatre mois de baise. Mais je devais aussi avouer que même si les premières fois, je l'avais baisée, quand ses règles avaient été finies, nous avions fait l'amour et cela avait été magique. Elle avait pris du plaisir et rien que de me rappeler son visage dans l'extase, je me disais que c'était elle que je voulais pour le restant de ma vie, elle avec qui je voulais vivre ça en boucle.

Je devais l'oublier sinon, je ne m'en relèverais pas.

Je me retournai donc pour être sur le ventre et enfouis ma tête dans l'oreiller pour étouffer mes sanglots qui devenaient de plus en plus incontrôlables.

OoOoOoOoOoO

Mais que m'arrivait-il ? Je me sentais secoué. Y avait-il un tremblement de terre ?

- Mon chéri, tu vas être en retard, lève-toi, entendis-je au loin ma mère.

Hein, quoi ? Je me rendis compte alors que je m'étais rendormi et que ma mère était là pour s'assurer que je me lèverais pour aller à ce putain de lycée.

- Hum… P'tain… J'me suis rendormi.

- Ca, j'avais remarqué… Allez debout, tu as déjà une bonne demi-heure de retard.

Putain, j'étais vraiment le mec le plus chanceux de la terre. En plus de faire ma rentrée dans un lycée inconnu, je devais en plus arriver en retard.

Je me levai alors sans enthousiasme et me dirigeai vers la salle de bains pour prendre une douche express.

OoOoOoOoO

J'enroulai une serviette autour de ma taille et filai dans ma chambre pour m'habiller. Je mis un jean foncé, un t-shirt à manches longues bleu marine rehaussé d'un t-shirt noir et je pris ma veste en jeans. Je m'étais rendu compte qu'il faisait très froid ici mais n'étant pas sorti une seule fois de la maison, ma mère n'avait pas pu me faire une nouvelle garde-robe. Moi, je m'en foutais, le froid que je ressentais était minime par rapport à celui que je ressentais dans la poitrine.

Je descendis ensuite les escaliers avec mon sac sur le dos. Je pouvais voir à l'horloge qu'il était déjà passé 9 heures.

- Allez Edward, tu es déjà en retard, me gronda ma mère sur le pas de la porte d'entrée.

Résigné, je marchai vers elle. Nous prîmes place dans la Mercedes de ma mère.

OoOoOoOoO

Je voyais les arbres défiler pour la seconde fois depuis que j'étais ici, à Forks, et pour peu, je pouvais croire que j'avais un problème de vue : tout était vert ici.

Le trajet ne fut pas long et à peine quinze minutes plus tard, j'étais devant le lycée.

Je ne voulais pas y aller, je ne voulais pas voir de monde.

- Maman, je t'en prie, dis-je les larmes aux yeux.

- Écoute Edward, tu es mon fils et je t'aime…

Elle fit une pause et je pensai qu'elle avait changé d'avis et j'étais déjà content, mais elle ajouta :

- … mais tu dois aller au lycée et voir d'autres personnes de ton âge… tu verras, tu oublieras cette fille et tu reprendras une vie normale, tu es jeune mon fils.

Sans lui jeter un regard, je sortis de la voiture et marchai vers l'endroit où était indiqué "Accueil". Chaque pas que je fis me donnait l'impression d'avancer vers l'échafaud, vers ma mort à petit feu. Car oui, je souffrirai de voir du monde rire et être heureux, je souffrirai de voir des couples comme je l'avais été avec elle et je souffrirai encore plus d'être seul, sans amis.

Il fallait bien me l'avouer, j'avais perdu Judith mais j'avais aussi perdu deux amis que je connaissais depuis le jardin d'enfants.

Arrivé juste devant la porte, je soufflai un bon coup en retenant mes larmes.

« Seigneur, faites que je ne me mette pas à pleurer devant tout le monde… »


Voilà, le chapitre 3 est publié, il fait 9 pages et 2.981 mots.

J'espère qu'il vous a plu !

Prochain chapitre : sa rencontre avec Jasper !

Merci d'avoir lu jusqu'ici,

(^-^)

Jes Cullen-Malfoy

Chapitre 3 republié le 08 avril 2012