Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait
Auteure : Jes Cullen-Malfoy
Rated : M
Couple : Edward/Jasper
Genre : Friendship/Romance/Drame
Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character ») tandis que les autres sont de mon cru.
Béta correctrice : Vivi64
Note d'auteure : Que dire à part vous souhaiter bonne lecture ?
Chapitre 7 : Un weekend pourri - Partie 2
Pov Jasper
J'étais dans mon lit à ruminer contre tout le monde. Contre ce fils de pute de Tyler qui aurait mérité encore d'autres droites, contre ce fils de pute de coach de m'avoir parlé comme il l'avait fait et contre les quatre fils de pute qui avaient violé ma mère l'an dernier. Mais j'en voulais encore plus à mon père. Comment avait-il osé faire ça à Maman, comment pouvait-il l'oublier si vite ? Pour cette cruche du supermarché en plus.
Après toutes ces constatations, une colère me vint plus forte que toutes les autres. Comment avait-elle pu me faire ça, m'abandonner, seul, dans ce monde ? Des tas de femmes se faisaient violer sur cette terre et quelques unes tombaient enceintes dû à leur viol mais elles, elles ne se suicidaient pas pour autant. Alors, pourquoi l'avait-t-elle fait ?
Depuis ce jour où le Chef Kingsley était venu pour nous annoncer la mort de Maman, je me posais cette question. J'en connaissais malgré tout la réponse mais je ne trouvais pas que cela soit une raison. J'étais là moi !
A ces souvenirs encore trop vifs, je me roulai en boule et pleurai sur mon lit, le plus silencieusement possible, sinon mon père allait encore me frapper comme il le faisait depuis quelque mois. Depuis quatre mois en fait. Maman était partie il y a sept mois de cela, sept mois que je ne voulais plus vivre mais je faisais un effort, je voulais lui prouver, à elle, là où elle était, qu'il ne fallait pas abandonner, car c'était bien ce qu'elle avait fait.
Je laissai tout de même des bruits de pleurs m'échapper et à peine quelques minutes plus tard, mon père était dans ma chambre.
- Ferme ta gueule et arrête de chialer ! Me cria-t-il.
- Ta gueule toi-même et dégage de ma chambre ! Hurlai-je sans réfléchir.
Grossière erreur Jasper.
Je n'eus même pas le temps de réagir que je recevais un coup de ceinture dans mon dos. Je serrai les dents et contractai les poings. Je savais par expérience que plus je crierais, plus il frapperait fort tandis que si je ne disais rien, il arrêterait après quelques coups.
OoOoOoOoO
J'étais dans ma salle de bains en train de me passer de la pommade cicatrisante et apaisante là où je pouvais m'en mettre. Je n'étais pas une chochotte mais putain qu'est-ce que ça faisait mal. Et plus j'avais mal, plus je lui en voulais. Le rôle d'une mère n'était pas de prendre soin de ses enfants le plus longtemps possible ? Le pire était que je ne pouvais m'empêcher d'être en colère contre elle, contre son geste égoïste. Elle ne s'était pas simplement tuée, elle avait aussi tué un petit être. C'était le médecin légiste qui nous l'avait appris, ma mère était enceinte de trois mois et quelques. Quand cette nouvelle avait atteint mes oreilles, j'avais compris la décision de ma mère. Mais même si elle n'avait pas voulu de cet enfant, elle en avait oublié celui qui était déjà né. Moi !
OoOoOoOoOoO
Il n'était pas loin de 4h30 du matin et je n'avais pas arrêté de penser à ma mère. Vu que le sommeil ne venait pas et que l'on était samedi, je voulais aller lui dire toute ma colère que j'avais contre elle, toute ma colère pour ce qu'elle avait fait. Je me relevai alors et enfilai un jean ainsi qu'un pull assez chaud vu le temps ici. Je descendis ensuite les escaliers et pris mon vélo dans le jardin. Une fois installé, je commençais à pédaler le plus vite possible pour éviter de prendre froid et pour rejoindre le dernier sol qu'elle avait foulé de ses pieds. J'y allais souvent pour la pleurer… sa tombe étant trop dure à supporter.
OoOoOoOoO
Je foulais enfin le chemin de terre qui menait à mon sanctuaire. Je fus obligé de me lever pour pédaler afin de tenir l'allure. J'étais assez fier de ma condition physique car sinon, faire ce chemin toute les semaines m'aurait tué probablement.
À peine étais-je arrivé au sommet que j'aperçus une silhouette.
Elle se tenait au bord, prête à sauter. Je ne réfléchis même pas et sautai du vélo pour m'élancer vers la personne.
Pas ça, non ! Tout mais pas ça !
Je la heurtai de plein fouet sur son côté. Je tombai à terre et le ou la suicidaire en fit autant. J'allais lui crier dessus quand j'entendis un rire… un rire ?
- Même ma mort, elle a réussi à me la prendre cette sale pute, entendis-je dire une voix masculine.
Je me relevais alors sur mes genoux pour enfin voir son visage. Je le vis se mettre sur son dos, toujours en rigolant. D'ailleurs, vu l'odeur, il ne devait pas être sobre.
- Tu dois quand même te douter que dès que je me relèverai, je sauterai de cette falaise… oh grand manitou, dit-il.
- Ca j'en doute, rétorquai-je sans même m'en rendre compte.
- Eh bien, j'ai bien cru que j'avais raté mon plongeon. Où dois-je aller ? Dit-il dans un rire.
- Dans un bon lit…
D'hôpital, pensai-je.
-… je pense, mais le reste te regarde, terminai-je.
- Ok…
Je le vis se redresser un tout petit peu pendant que ces paroles faisaient mouche. Il croyait que j'étais Dieu...
- Oh… Vous ressemblez à l'autre abruti perdu dans la pluie…
A ces mots, je me raidis et fermai les yeux. Il me connaissait alors. Qui était-ce ? Et puis, comment osait-il m'appeler comme ça ce con ?
- Pas grave, je m'en fous, rajouta-t-il, je me doute bien que Dieu ne se montre pas en vrai et ce mec est peut-être celui qui a le plus retenu mon attention aujourd'hui.
Ce mec croit vraiment que je suis Dieu ? Quel abruti ! D'ailleurs, vient-il bien de dire que j'ai retenu son attention ? Putain si c'est Tyler, je le jette moi-même de cette putain de falaise !
- Le gars crispé a retenu ton attention ? Demandai-je en rouvrant mes yeux.
Ce bouffon se remit à rire. Putain, fallait que j'me calme car là, qui que ce soit, j'allais lui démolir sa face de con. J'en avais trop bavé aujourd'hui.
- Bordel, j'en reviens pas ! Vous êtes Dieu putain, vous devriez savoir avant tout le monde que je ne suis pas gay… il est juste ailleurs ce gars et cela me convient…
Je compris alors qui c'était, d'ailleurs, qui d'autre. Je l'avais vu pleurer deux fois en une journée et il était nouveau.
Je vis qu'il essayait de se relever alors je le précédai et lui proposai ensuite ma main.
- Au fait, suis-je au ciel ou suis-je resté sur terre ? Me demanda-t-il avant de se rasseoir au sol près d'un cadavre de bouteille.
- Au fait, tu n'es pas mort et je ne suis pas Dieu, lui dis-je avec le plus de sérieux.
Il se mit à rire de nouveau mais moi, cela ne me faisait plus rire. Allait-il vraiment sauter ?
Oui, car comme il l'avait dit lui-même, rien ne pourrait l'en empêcher.
- Putain, t'es qui toi ? Me dit-il en ravalant son fou rire et en me pointant du doigt.
Ma parole, il était complètement ivre. Son doigt ne tenait même plus en place.
Je me devais quand même de lui répondre mais vu sa description de tantôt, il ne devait plus se souvenir de mon prénom.
- Moi ? Dis-je.
Il hocha la tête alors je repris en riant un peu à la situation complètement surréaliste :
- Je suis le mec crispé abruti qui est perdu dans la pluie…communément appelé Jasper.
- J'suis pas mort alors ? Demanda-t-il surpris.
- Non et je compte bien faire tout mon possible pour éviter que tu ne sautes de cette falaise, rajoutai-je en le pensant vraiment.
Il ne devait pas savoir ce qu'il en adviendrait des personnes qu'il laisserait derrière lui. D'ailleurs, ma mère y avait-elle pensé ? Pas une seule lettre, rien… même pas un au revoir ou autre avant son saut.
- Qu'est-ce que tu en as à foutre pauv' con ?
Je sentis la colère poindre. Je devais me calmer, car lui casser la gueule n'arrangerait rien. Je devais dire ce que j'en pensais et lui faire rentrer dans le crâne sinon, je le raccompagnerais chez lui de force et le dirais à ses parents. Ils le placeront peut-être le temps qu'il aille mieux.
- Parce que la vie est courte et que tu laisseras des gens qui t'aime derrière toi ! Lui dis-je avec colère.
- Et alors ? Ils s'en remettront.
- Non, ils ne s'en remettront pas ! Répondis-je avec encore plus de colère.
Il était vraiment arrogant ce mec. Déjà tantôt en classe. Comment pouvait-il savoir que les élèves voudraient de lui comme ami avec sa tête de déterré et d'shouté.
- Putain, je te dis que si ! Rajouta-t-il avec colère.
- Et moi je te dis que non, Maman !
Venais-je vraiment de dire ça ?
- Maman ? Demanda-t-il.
Mon Dieu, j'avais vraiment dit ça.
Je ne pus empêcher les larmes de couler car tout à coup, le but de ma venue ici refit surface. Je lui en voulais à elle, je lui en voulais. Elle m'avait laissé avec mon père qui maintenant me battait à coups de ceinture. J'en avais les marques dans le dos et à chaque fois que je me voyais dans un miroir, la vue de mes cicatrices me rappelait son absence à elle et ma vie de merde depuis son geste si égoïste.
Je vis Edward me tendre une bouteille que je pris comme un ticket pour le paradis. J'en bus deux gorgées et ma seule pensée fut « putain, ça arrache ce truc ».
Nous n'avions plus échangé un seul mot, seulement la bouteille. Nous bûmes à en perdre la raison jusqu'a ce que je m'endorme comme une masse.
Je marchais sans but précis quand je tombais sur ma mère et moi étant petit. Elle me promettait de toujours être près de moi. Je courus dans sa direction et quand je voulus la secouer pour lui dire qu'elle me mentait, je passai à travers elle. Je réessayai plusieurs fois quand tout ce qu'il y avait autour de moi changea.
J'étais dans une ruelle, dans le noir complet. Je pouvais entendre des cris mais je n'arrivais pas à les localiser. Je commençai à courir comme un perdu dans la direction du bruit qui devenait de plus en plus clair. C'était ma mère qui criait, j'en étais sûr. Puis, je tombai sur quatre personnes dont les visages étaient tous recouverts d'une cagoule noire. Deux d'entre eux m'attrapèrent chaque bras et je reçus ensuite un coup dans le ventre. Je me pliai sous la douleur et les coups devinrent de plus en plus rapprochés. Je crachai même du sang. Mes yeux se fermèrent et tout changea encore.
J'étais dans ma chambre et je voyais mon père frapper un autre moi, il ne réagissait même pas. J'étais pathétique. Je me ruai alors sur mon père et je fus content de ne pas passer au travers de lui. Il en tomba et quand il se releva, il me repoussa de toutes ses forces.
J'ouvris soudain les yeux sous la douleur et qu'elle ne fut pas ma surprise quand je vis Edward allongé sur moi.
Putain, j'n'avais quand même pas couché avec lui !
Je jetai un œil inquiet, en relevant un peu la tête sur nos corps mais un soulagement m'assaillit immédiatement quand j'aperçus nos vêtements à leur place.
- Encore un réveil comme ça et je meurs d'un infarctus, dis-je plus pour moi-même en laissant tomber la tête au sol.
- J'aimerais en dire autant...
Rien qu'au son de sa voix, des tas de points douloureux se firent sentir dans tout mon crâne. Je ne m'étais jamais bourré la gueule et bordel, je n'le ferais plus.
- Putain ! J'ai mal au crâne ! Criai-je comme un con en pensant que le fait de le crier ferait partir la douleur.
Mais cela ne fit que l'empirer.
Je reçus soudain un coup dans le bras.
Bon sang, il était fort, pensai-je.
- Putain, arrête de crier vieux ! Moi aussi j'ai mal au crâne ! Dit-il d'une voix cassée.
Je pus voir aussi que la nuit était déjà tombée. Rien que de penser à la réaction de mon père, je voulais rester ici, avec Edward.
- Bordel, vu que je ne suis pas mort, je devrais rentrer.
Non reste, pensai-je.
Je le vis malgré tout se relever et je voulus en faire de même mais je n'avais plus de force. Il me tendit sa main après s'être mis debout, main que je pris comme une délivrance. J'avais mal au dos à m'être endormi au sol.
- AAAIIIIIIEEEEE ! Criai-je en retombant.
Putain, il ne pouvait pas faire attention !
J'allais le lui dire mais je le vis partir vers sa voiture.
Il m'abandonnait comme ça, ici, à terre ?
Quel enfoiré !
Je pensais un instant qu'il allait chercher un truc dans sa bagnole mais quand je la vis s'éloigner, je dus me rendre à l'évidence : il était parti.
Je restai un moment à terre puis me décidai à me relever et remontai ensuite sur mon vélo. Je dus quand même le chercher quelques minutes, ayant oublié où je l'avais laissé. J'eus aussi du mal à pédaler jusqu'à chez moi tellement ma tête me faisait mal.
OoOoOoOoO
J'étais dans mon lit, sur le ventre.
A peine avais-je passé la porte que mon père m'était tombé dessus. Je ne devais pas prendre la peine de vous dire que mon dos me faisait horriblement mal. Mon père, ou ce qu'il était réellement, un vrai connard, n'y avait pas été de main morte.
Je passai de ce fait tout mon dimanche dans le lit en essayant d'oublier la douleur. J'avais eu tellement mal que même me mettre la pommade avait été douloureux.
BIP BIP BIP BIP BIP BIP
J'éteignis mon réveil. Je ne pouvais décemment pas aller à l'école comme ça. J'étais à peine capable de bouger mes bras tellement mes coupures me lançaient. D'ailleurs, qui se soucierait de mon absence ? En plus, à cette heure, mon père était déjà au travail.
OoOoOoOoOoO
Il était passé trois heures de l'après-midi et j'avais très faim. Je pris alors sur moi et me transportai tant bien que mal dans la cuisine pour me faire un truc à becter.
Je venais de finir de manger quand j'entendis la voiture de mon père. Je rangeai alors la cuisine en espérant de tout cœur avoir le temps de repartir dans ma chambre avant qu'il ne rentre. Chose perdue.
J'étais dans le frigo en train de ranger la mayonnaise quand je reçus une tape dans mon dos. Je laissai un gémissement de douleur passer la barrière de mes lèvres : grossière erreur.
- Quoi ? Me dit mon père.
- Rien, bougonnai-je en refermant le frigo et en marchant vers ma chambre.
J'étais sur le point de fermer la porte, étant arrivé à l'étage, quand cette dernière me frappa le visage. Putain, le con, je pissais du nez maintenant.
- Où crois-tu aller comme ça ? Me dit mon père en enlevant sa ceinture.
J'avais encore mal de mes coups de la veille, je ne pourrais pas supporter ceux-là sans hurler de douleur. J'avais encore la main sur mon nez pour arrêter le saignement quand je reçus un premier coup.
Putain, il n'allait quand même pas me frapper sur le torse ?
Instinctivement, je lui tournai le dos et après une vingtaine de coups, j'arrêtai de compter.
En temps normal, j'en recevais une dizaine mais là, il se défoulait ce con.
Je pleurais sans me retenir tellement mon dos me brûlait. Puis, sans explication, il arrêta ses coups. Je me laissai alors tomber à genoux en me retenant sur les mains. Je pouvais voir le sang de mon nez tomber sur ma moquette.
J'essayais aussi tant bien que mal de reprendre une respiration normale.
Pourquoi me frappait-il ainsi ?
Je serrais la moquette entre mes doigts tellement j'étais en colère de subir ça, en colère contre lui, contre moi mais surtout contre elle. Si elle ne s'était pas tuée, nous serions en train de rire au salon et je ne serais pas, seul, à pleurer et pisser le sang. En plus, vu que mon pull me faisait mal de mes coups de la veille, j'étais resté torse nu et je pouvais dire que la ceinture, cette fois-ci, je l'avais bien sentie.
Eh bien voilà, le chapitre 7 est publié. Il fait 9 pages, 2.955 mots
J'espère que ce point de vue de Jasper vous a plu mais aussi que son histoire ne vous rebute pas à lire la suite.
Merci d'avoir lu jusque là,
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 7 republié corrigé le 08 avril 2012
