Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !
Auteure : Jes Cullen-Malfoy
Rated : M
Couple : Edward/Jasper
Genre : Friendship/Romance/Drame
Béta correctrice : Vivi64
Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character ») tandis que les autres sont de mon cru.
Note d'auteure : Salut tout le monde ! J'espère que vous allez bien ? Moi ça va. Je ne vous retiens pas plus et vous souhaite bonne lecture !
Chapitre 17.1 : La perte d'un ami…
POV Edward (Le lendemain - le mardi 12 septembre 2000)
J'avais mal partout, mon bras était endormi, mon dos était douloureux et un poids sur mon torse me bloquait la respiration. Je me forçai à ouvrir les yeux et je tombai dans un environnement inconnu.
Il me fallut bien deux bonnes minutes pour tout remettre en place dans ma tête, tête où une bande de rockeurs avait élu domicile.
Saloperie de bière !
Je pouvais supporter l'alcool mais pas la bière. Cela me donnait toujours des maux de crâne pas possible. Après chaque soirée avec les gars, on restait au lit toute la journée après avoir avalé une ou deux aspirines.
Un grognement me sortit du silence qui comblait la chambre. Et tout me revint. Le père de Jasper, la soirée football américain, les bières bues et…
- Ed' va te laver, j'irai après toi…
Phrase marmonnée sur mon torse. Je sentis ensuite mon ami s'enlever et j'entendis le bruit des draps se froisser. Je posai la main sur mes yeux et fermai ces derniers. Je voulais rester ici, bien au chaud… quoiqu'une bonne aspirine ne serait pas de refus, là tout de suite.
- Faut qu'on s'lève…
- J'sais, dis-je en me redressant.
Quand je vis ma serviette à terre, la veille au soir me revint et pour mon bien-être mental, j'effaçai cet épisode et avec un effort, je me mis debout. Je vis Jazz se lever et s'étirer.
- Tu veux te laver en premier ? Demanda-t-il en baillant.
Je remarquai qu'il avait la trace de sa main sur la joue, laissée là certainement en dormant dessus, tout en étant sur mon torse.
- Comme tu veux… mais avant tout, as-tu un peu d'aspirine ?
- Heu… j'sais pas, suis-moi.
Il sortit de sa chambre et je le suivis. Sur le pas de sa porte se trouvait son père et avant qu'une seule parole ne soit échangée, il nous présenta deux verres où deux petites pastilles blanches pétillaient.
Sans un mot, je pris avec rapidité le verre le plus proche et le tournai pour mélanger le contenu puis le vidai d'un trait. Une grimace due au goût plus que déplorable prit certainement possession de mes traits mais comment faire autrement ?
Pourquoi ne donnaient-ils pas un arôme à cette satanée aspirine, bon sang !
- Allez sous la douche les garçons, sinon vous allez être en retard, nous dit Sam en reprenant le verre de son fils et le mien.
Il nous poussa ensuite dans la salle de bains et je regardai la pièce, encore endormi. Quand ma vue s'arrêta sur les toilettes, un besoin vital se fit sentir et oubliant que Jazz était là, je pris place devant la cuvette et pissai comme un bienheureux. La bière, vous en buviez une, vous en pissiez dix, croyez-moi !
- Dépêche Ed', je dois pisser aussi figure-toi, entendis-je derrière moi.
Une fois finit, je secouai mon petit soldat et laissai la place au blond qui se dandinait de gauche à droite. J'eus envie de rire mais la voix de son père dans le couloir, nous disant de filer sous la douche sans trainer, cette voix si forte, me fit me raidir d'un seul coup.
Je me sentais bizarre, la bouche pâteuse, je puais le bouc et j'avais une envie folle de me placer sous le jet d'eau brûlante. Et en cet instant, je me foutais royalement de savoir si Jasper était pudique, si cela le dérangeait que je prenne ma douche devant lui.
Jasper me tournant toujours le dos dû au besoin de se vider la vessie, je me mis nu. Le froid de la pièce me frappa et sans plus attendre, je pénétrai dans la cabine de douche. J'entendis une exclamation de mon ami due au fait que j'étais impoli mais bien vite, une seconde exclamation de son père vis-à-vis du fait qu'il ne nous restait que très peu de temps, le fit surgir, blanc comme un linge, nu dans la cabine avec moi.
- Pas un mot et allume cette putain d'eau ! Me dit-il en frissonnant.
Je lui tournai donc le dos et allumai cette eau bienfaitrice. Le reste de la douche se passa en silence, nous bougeant pour que chacun notre tour nous soyons sous le jet d'eau brûlante. Je ne pus m'empêcher de noter que la peau si blanche de mon récent ami tournait au rouge écrevisse sous cette chaleur et quand mes yeux s'attardèrent sur son dos zébré de toutes ses cicatrices, je ne pus éviter à mon doigt d'en tracer quelques unes.
Quand le gel douche fut placé dans ma main libre, je compris ce qu'il attendait de moi et je me mis à lui frotter le dos délicatement en passant sur ses dernières plaies qui se refermaient.
OoOoOoOoOoOoO
- Faudra que tu me passes des fringues, dis-je une fois enroulé autour de ma serviette.
- Ouais, faudra, me dit-il en fourrant sa brosse à dents dans sa bouche.
N'en ayant pas ici, je mis simplement le dentifrice sur mon doigt et frottai comme je le pouvais. Quand mon brossage sommaire fut fini, je suivis Jazz dans sa chambre où j'attrapai les habits qu'il me lança. Je vis que c'était un jean clair, un t-shirt bleu marine et un sweat rouge à capuche légèrement délavé. Un caleçon gris, lui aussi terni par le nombre de lavages, me fut envoyé et après un dernier regard à ses habits totalement loin de ceux que je mettais d'habitude, je finis de me sécher le corps et enfilai en vitesse les bouts de tissu.
Je remarquai ensuite qu'il portait un jogging foncé, totalement passé de mode. J'eus un élan de tristesse pour lui. Il était malheureux et cela se voyait que ses vêtements datait d'un an ou deux. Je supposais qu'il datait d'avant la mort de sa mère mais je ne dis rien.
- J'ai rien d'autre… j'aurais dû faire la lessive ce weekend mais...
- Aucun souci mec, le coupai-je en enfilant mes baskets.
- Les garçons, il vous reste dix minutes pour petit-déjeuner avant d'être en retard ! Cria le père de Jasper.
- Putain qu'il fait chier lui, lança-t-il en enfilant ses chaussettes.
- C'est clair que silencieux, c'est mieux le matin, dis-je en tentant de sourire.
- Ouais, surtout avec la bière bue hier.
OoOoOoOoOoOoO
Je voyais du coin de l'œil Jasper regarder cette fille brune, trois tables devant nous et j'essayais de m'imaginer ses pensées quand il me murmura :
- Tu crois qu'elle accepterait de sortir avec moi ?
- Tu devrais tenter, murmurai-je.
Je ressentis un pincement au cœur en me disant qu'il prenait son envol sans moi et le reste du dernier cours de la matinée passa rapidement.
Quand enfin la cloche sonna, je me levai et marchai vers la cafétéria, suivi de Jazz. Il trainait des pieds, regardant le sol. Je me demandais ce qui lui avait miné le moral comme ça alors que même pas une heure plus tôt, il était bien, quand je fus bousculé.
- Hello les gars… alors, de meilleure humeur ? Nous demanda Laureen.
- Salut, dit mon traître d'ami, avec le sourire en plus.
- Salut, lui dit-elle en faisant la bise.
- 'Lut, lâchai-je en poussant les doubles portes de la cantine.
Je ne pris pas la peine d'attendre les deux autres et me frayai un chemin dans la file d'attente. Je vis un plateau m'être placé devant les yeux et je me rendis compte que je l'avais oublié. Je le pris des mains de mon ami qui se mit devant moi en affichant un sourire made in Colgate. Je grognai un coup mais un rire derrière moi, celui de Laureen, me fit sourire moi aussi.
- Dis Ed', ça te dit qu'on aille ailleurs pour manger ? Me demanda Jazz en prenant un sandwich.
- Non, on a quand même le temps de partir pas trop loin, dis-je en prenant la même chose que lui.
- Et… est-ce que Laureen peut venir avec nous ?
Cette demande était silencieuse, quasi murmurée mais je vis très clairement ses rougeurs. J'allais répondre quand une voix douce me dit tout bas au creux de l'oreille :
- Je ne t'oublierai pas Eddy.
Je crispai les mâchoires à l'entente de ce surnom mais vu que nous arrivions à la caisse, je ne répondis pas, payai pour Jazz et moi avant qu'il n'ait eu le temps de réagir au fait que nous étions déjà arrivés et marchai vers le parking.
POV Jasper
Laureen me regarda interrogative et prenant sur moi, je lui fis un signe de tête pour qu'elle me suive. Je supposais que le tableau d'un Jasper suivant un Edward rapide, et le tout avec une Laureen aux basques, était hilarant.
A peine dehors, Ed' ralentit pour venir à ma hauteur, il me murmura :
- Tant que vous ne salopez pas ma caisse…
Je fis comme s'il ne m'avait rien dit et ralentis à mon tour mon pas pour que Laureen me rattrape. Elle regardait autour d'elle et cela me donnait l'impression qu'elle agissait comme une fille en cavale.
- Tu as un problème ? Demandai-je en shootant dans un petit caillou.
- J'ai pas trop envie que l'on me voie partir avec vous, me dit-elle entre ses dents.
- Ben viens pas alors, m'emportai-je.
- Oui… mais…
Je la regardai du coin de l'œil et vis ses joues rougir. Avant tout cela, avant la venue d'Edward dans mon monde, je ne l'avais jamais regardée… mais il était vrai qu'elle était jolie. Je ne disais pas qu'elle me plaisait, même si j'avais hâte de faire plus de choses avec elle, elle ne m'attirait pas sentimentalement mais physiquement, tout était ok de ce côté-là.
Cette petite voix sadique me soufflait que mon physique s'emballait avec un rien, vu qu'il réagissait à Edward en certaines circonstances, mais je balayai cette observation d'un geste de la main.
Ed' qui était à présent appuyé contre la Mercedes, rigola de moi et me mima. C'est moi qu'on traitait d'abruti mais le pauvre, s'il savait seulement que je ne me battais pas avec une mouche mais bien avec cette partie de moi qui voulait jouir, jouir et peu importe comment. Même avec lui.
Je me sentais si bien à ce moment-là où mon corps se perdait dans le plaisir, léger, et que ce soit avec mon ami ou cette fille, je me sentais pour une des rares fois vivant.
A force de penser, j'arrivai avec Laureen à hauteur de la voiture et sans rien dire, j'ouvris la porte arrière pour la laisser monter. Quand elle fut assise, je passai devant et avant même que j'eus le temps de refermer ma porte, Ed' avait déjà démarré.
- Je ne sais pas ce que cela veut dire mais on n'a pas beaucoup de temps, dit-il en prenant à gauche pour atteindre la quatre-voies.
- Ben, je ne sais pas, entendis-je de l'arrière.
Je vis mon ami me regarder un bref instant et je savais qu'il savait ce que je voulais. Je ne répondis bien sûr pas, ayant peur au fond de moi qu'elle se moque et m'insulte ou même refuse. Mon ventre se perdait dans la douleur de la peur, le stress et pour me calmer, je sortis mon sandwich et le mâchonnai sans entrain. Je ne vis même pas où m'amenait Edward, mais quand je vis qu'il tourna à la dernière minute pour rejoindre un chemin de terre menant à la densité verte de la forêt, je me raidis sans même comprendre. Cela était peut-être dû au fait d'être arrivé, ce qui signifiait que j'allais devoir prendre mon courage à deux mains vis-à-vis de Laureen.
J'avalai ce que j'avais en bouche et remballai le reste de mon diner. Quand les roues de la voiture s'arrêtèrent, Edward sortit tout simplement de la voiture en nous lançant un :
- Prenez pas tout votre temps !
Sa portière se refermant fut la dernière chose que je vis avant d'être tiré violemment à l'arrière. Une bouche fut sur la mienne et une langue tiède me lécha les lèvres. Je les entrouvris et la mienne se lia à celle de Laureen.
Le baiser était très différent des autres que j'avais déjà faits mais les mains qui se posèrent sur mon jogging, elles, étaient la vraie différence de cet échange.
POV Edward
Je ne voulais pas faire ça, je ne voulais pas me perdre aujourd'hui dans cette fille qui ne demandait que ça. Je pouvais comprendre mon ami mais j'aurais espéré qu'il ne m'impose pas son choix, chose qu'il venait de faire inévitablement.
Je jetai un œil au ciel mais les arbres me le cachaient. Je reportai alors mon regard vers le sol tout en reposant mon dos sur l'arbre contre lequel je m'étais appuyé.
Je me sentais trahi... abandonné par mon nouvel ami et j'espérais secrètement qu'il ne se mette pas en couple avec cette salope de première. Je ne voulais pas me retrouver à tenir la chandelle, je voulais juste garder cette petite routine qui me plaisait déjà.
Et puis, je me sentais bien avec lui, parlant peu la plupart du temps la journée mais tellement confident quand il le fallait. J'aimais nos moments de silence où avec un regard, je savais ce qu'il voulait ou pensait. J'aimais nos moments où il me battait à la console, j'aimais le voir manger à sa faim chez moi... j'aimais même dormir avec lui, me réconfortant en un sens de son absence à elle.
POV Jasper
Je bougeai des hanches et tentai malgré tout de le faire le moins possible. Sa bouche augmenta l'allure sur mon sexe et je penchai ma tête en arrière. Ma main vint se mêler à ses cheveux et me sentant minable, je lui imposai un nouveau rythme. Plus rien n'existait que cette bouche sur moi, cette chaleur dans le bas de mon ventre et le bas de mes reins... cette douleur bienfaitrice annonciatrice d'une délivrance imminente.
Je me vidai en un râle et sans perdre de temps, je l'éloignai de moi.
Geste défensif ?
Je n'en savais rien mais je ne voulais pas avoir une relation sentimentale avec elle et j'avais eu peur une fraction de seconde à l'idée qu'elle pouvait penser l'inverse.
Je la vis se relever et sans attendre, elle s'installa dans le coin à l'opposé de moi sur la banquette arrière et elle enleva sa petite culotte, ayant déjà enlevé son jean pour se frotter à moi avant de me prendre en bouche.
La voir là, jambe écartée, je me mis à paniquer comme un novice, chose que j'étais en ce moment devant elle. Je pouvais me faire toucher, je pouvais même rendre une caresse à un autre garçon avec ce que j'avais fait avec Ed', mais faire un truc à une fille, je ne pensais pas savoir le faire.
Mon état de bien-être fondit comme neige au soleil et, sans rien dire, je remontai mon sous-vêtement et mon bas avant de sortir de la voiture. Je faillis même tomber. Je commençai ensuite à le chercher des yeux, me sentant de plus en plus envahi par une pression, une présence asphyxiante.
Et puis je le vis, une dizaine de mètres plus loin, debout, la tête rejetée en arrière, le dos appuyé contre un énorme arbre. Je marchai vers lui, tout en entendant la voix de Laureen qui m'ordonnait de revenir finir le travail.
Je ne savais pas de quel travail elle parlait mais sa voix criarde alerta mon ami qui me regarda. Je pus entendre un « Putain fait chier », avant de le voir balancer son sandwich, qu'apparemment il était en train de manger et il se mit à avancer dans ma direction. Quand il fut devant moi, il me dit avec un regard de reproche :
- Je ne serai pas toujours là !
Il prit ensuite la direction de la voiture et bien vite, j'entendis les gémissements de Laureen. Que faisaient-ils exactement ?
Me sentant tout à coup honteux de la situation, je repris le chemin de la voiture et je passai à l'avant. Je vis mon ami la tête enfouie entre les jambes nue de notre « invitée » et je me sentis encore plus mal. Selon toute vraisemblance, Ed' n'avait pas envie de faire ça mais il le faisait pour moi.
Quand je vis les jambes fines trembler et que la tête de mon ami sortit, je baissai les yeux honteux de moi. J'avais cru pouvoir agir en homme sûr de lui mais j'étais loin de l'être.
Je n'étais qu'un gamin chamboulé par ses hormones en fin de compte !
Je pus entendre les bruits des habits remis, d'Ed' passant au volant et mis à part regarder le paysage, je ne fis rien d'autre.
POV Edward
Je ne lui avais plus parlé, pas un seul mot et là, encore, malgré que nous fussions de retour chez moi, que nous étions installés devant ma console, je n'avais pas ouvert la bouche.
Bouche que je n'avais pu m'empêcher de laver à mon retour. Je ne me comprenais pas. L'autre jour, sur la falaise, tout avait été parfait mis à part la fin où le souvenir de Judith était venu me hanter. Mais là, j'avais la sensation de la tromper, de la trahir malgré qu'elle m'avait quitté.
Et faire une minette à Laureen dans ma voiture m'avait fait mal au cœur, me faisant penser inévitablement qu'elle ne criait pas comme elle, qu'elle ne gémissait pas de la même manière. Son goût était différent, plus amer, moins bon.
- Tu vas me faire la gueule longtemps ?
- Je ne sais pas, dis-je en mettant le jeu sur pause.
- Tu sais... je m'en veux assez pour ça, alors si tu pouvais oublier, je t'en serai très reconnaissant !
- Tu m'as fait du mal, dis-je sans même le vouloir.
- Pardon.
Un seul mot qui clôtura cette journée pour nous. Il se leva, déposa la manette sur mon bureau et prit le chemin du salon où il remit ses chaussures. Comprenant par là qu'il voulait que je le ramène, j'en fis de même et quinze minutes plus tard, ayant tout fait pour retarder ce moment, il sortit de la voiture sans même un « A demain ! ».
Venais-je de gâcher mon amitié ?
Je ne le savais pas et j'en avais peur. Le voir marcher sans se retourner vers sa porte, le voir m'ignorer ainsi alors que c'était moi qui aurait dû le faire envers lui, me fit ressentir cette chose lourde dans mon estomac, et je pus sentir cette boule dans ma gorge.
La tristesse.
Je voulais qu'il se retourne, qu'il me sourit, mais rien. Il passa sa porte et moi, je repris le chemin de la villa.
OoOoOoOoOoO
(Le lendemain - le mercredi 13 septembre 2000)
Je regardai avec rage mon ami monter dans la voiture de son père.
J'avais pensé que la nuit aurait tout réglé, que le sommeil lui aurait fait voir que je n'avais aucun tort. Mais non, à peine arrivé au bout de sa rue, j'avais aperçu son père, montant dans sa voiture et Jasper l'y rejoindre.
Et moi, je restais là, sur la route, immobile. Le moteur tournant encore mais je ne pouvais quitter cette peinture verte disparaissant au premier virage.
Je voulais quitter cette ville, je voulais tout oublier, une fois de plus. Et je commençais aussi à haïr cette salope de Laureen qui était totalement responsable de ce qui m'arrivait.
Quand un coup de klaxon me fit sursauter, je pris sur moi et conduisis à l'aveugle vers le lycée. La pluie se mit à tomber juste avant que ne je sorte et au lieu de courir vers le bâtiment, je restai là, regardant les gouttes de pluie s'éclater sur mon pare-brise.
Comme les larmes que je voulais faire sortir, comme cette impression dérangeante dans ma gorge.
Je serrai mon volant de toutes mes forces et me traitai d'idiot.
Je n'avais besoin de personne, j'étais un mec, un vrai et aucune gonzesse n'allait me détruire. Judith m'avait envoûtée pour ensuite me jeter comme une merde... et avec du recul, c'était le juste retour des choses. J'avais eu une belle adolescence, baisant sans me soucier de qui, buvant sans connaitre les risques et fumant de la drogue en passant l'impact sur ma santé.
Et là, j'avais laissé ce besoin de me lier à quelqu'un me pourrir mon quotidien, ma routine, une fois de plus, une fois de trop.
Je me levais le matin en pensant à lui, et je me couchais le soir en pensant toujours à lui. Mes cours étaient peuplés de coups d'œil pour le regarder se perdre dehors, s'évader je ne savais où. Mais tout cela allait s'arrêter ici même. Dès que je sortirai de cette voiture, fini Jasper, fini l'abruti à la pluie qui me faisait me sentir bien dans cette ville si différente de New York.
Je me lèverais en pensant à ma prochaine fille culbutée, je me coucherais en pensant à elle. Je suivrais sans le faire mes cours, me perdant dans mes souvenirs maintenant douloureux de cette période nouvelle vécue avec elle, celle qui m'avait fait connaitre l'amour, la tendresse, le bonheur. J'avais souri plus en quelques mois que sur toute ma vie. Et ici, à Forks, j'avais espéré plus que jamais. Car je riais avec lui aussi, pas de la même façon mais je riais. Mais l'espoir n'était pas une bonne chose.
Je voulais juste garder espoir de recevoir de ses nouvelles, recevoir un SMS me demandant si je pouvais lui pardonner et je le ferais. Je repartirais même à New York pour l'y rejoindre, je me mettrais à genoux devant elle pour un dernier regard brillant. Je l'aimais encore, et bien plus.
Je me rendais compte à quel point j'avais tenu à elle, mais à quel point aussi je n'avais pas assez profité de son corps, de sa présence et Jasper ne pouvait pas la remplacer parce qu'il n'était pas elle.
Je ne pouvais pas me sentir aussi bien près de lui, je ne pouvais pas...
Mais je le faisais, et ce d'une manière des plus écœurante mais si jouissive. La plaisir sans une femme, le plaisir sans cette sensation de la tromper.
Et tout cela sans ambiguïté. En tous cas de mon côté !
Et voilà, le chapitre 17.1 est publié. Il fait 11 pages et 3.850 mots.
J'espère tout d'abord qu'il vous a plu.
Gros bisou et merci d'avoir lu jusqu'ici,
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 17.1 republié corrigé le 08 mai 2012
