Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !
Auteure : Jes Cullen-Malfoy
Rated : M
Couple : Edward/Jasper
Genre : Friendship/Romance/Drame
Béta correctrice : Vivi64
Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character ») tandis que les autres sont de mon cru.
Note d'auteur : Merci à toutes mes lectrices fidèles ! Mais aussi aux nouvelles ! Chacune de vos reviews me fait super plaisir !
Je tiens à m'excuser pour ce retard intolérable. Sachez que malgré la publication de certains Os et autres, pour certaines fanfictions, je n'avais pas encore la tête à reprendre une écriture qui gardait les mêmes états d'esprit et autres. Je me lance ici dans le chapitre 18 avec l'espoir d'être de nouveau d'attaque. J'espère qu'il vous plaira ! (^-^)
Bonne lecture
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 18 : Le manque d'un ami…
POV Edward (Le jeudi 14 septembre 2000)
J'écoutais tant bien que mal les explications du prof sur les différents fleuves en Europe. Je n'avais qu'une envie, aller manger, j'avais une faim de loup. J'avais raté le petit-déjeuner, ayant crié sur mon père et ma mère. Je savais que j'avais dépassé les bornes en leur disant toutes ces choses sur le fait que je pouvais me débrouiller sans eux, qu'ils n'avaient qu'à faire comme à New York, m'oublier. Mais je n'avais pu m'empêcher de leur dire ces choses.
Mon père m'avait regardé bizarrement, avant de monter dans son bureau. Et ma mère, certainement dans ses pensées, avait débarrassé la table, jetant toute la nourriture à la poubelle, sans me laisser le temps de prendre un bout de pain ou une tranche de bacon.
Et au lieu de m'excuser, j'avais fui la maison et j'avais roulé jusque chez Jasper. J'avais attendu dans la voiture, écoutant la radio locale.
OoOoOoOoO
Il restait exactement cinq minutes avant que la sonnerie ne retentisse pour me libérer de ce cours de géographie des plus barbants.
Cinq minutes avant de remplir mon ventre qui ne demandait qu'un bout de pizza, une salade, des frites, un fruit… n'importe quoi ! Je voulais juste remplir mon estomac.
- Bien, vous pouvez y aller, entendis-je.
Je me levai avec hâte et rangeai mes affaires. Ce fut quand j'étais prêt à sortir que je vis que Jasper s'était encore endormi en cours. Le professeur ne l'avait pas vu, moi non plus d'ailleurs, trop centré sur mon estomac.
Je le réveillai, tout en rangeant moi-même son classeur et sa trousse. Il cligna des yeux, se rendant compte de l'endroit, se leva et me remercia pour son sac. Je lui souris et pris le chemin, avec lui, de la cafétéria.
OoOoOoOoOoOoOoO
Je finissais ma crème vanille quand Jasper me dit :
- T'as pas envie de venir dormir à la maison ?
- Hum, pourquoi ? Demandai-je tout en raclant le fond de mon pot avec ma cuillère en plastique.
- Je ne sais pas, mais cette nuit, toutes mes peurs sont revenues et j'ai pas pu fermer l'œil.
- Ton père ? Le questionnai-je.
- Oui… il ne me frappe plus, murmura-t-il, mais j'ai peur qu'il vienne pendant la nuit pour le faire à nouveau.
- Pourquoi tu as peur, il a fait quelque chose ?
- Oui et non. Hier, pendant le repas, j'ai fait tomber le plat avec le rôti. J'ai bien cru qu'il allait me démolir. Son regard était… rempli de haine, comme avant.
- Et, il t'a frappé ? Demandai-je délaissant mon yaourt et en me penchant sur la table pour entendre sa réponse.
Au lieu de répondre, il hocha négativement de la tête. Je soufflai de soulagement.
J'aurais aussi voulu dire oui, que je viendrais dormir chez lui, mais j'étais puni…
Foutus parents !
- Alors, tu veux bien venir ?
- Jazz, moi je voudrais bien… mais je suis puni.
- Ah putain, j'avais oublié. Pas grave ! T'inquiète.
Je posai ma main sur la sienne et dis, avec un sourire pour le rassurer :
- Si tu veux, je te téléphonerai pour être avec toi. Comme ça, si jamais…
Je déglutis. Je ne voulais vraiment pas que son père le touche à nouveau. Qui savait ce qu'il lui ferait !
- … si jamais il te frappe, je pourrai venir au plus vite.
- Ouais, on fera ça, me dit-il avant d'enfouir la paille de son jus de fruit dans sa bouche.
OoOoOoOoOoO
J'étais sur le chemin pour raccompagner Jasper chez lui quand mon téléphone portable, celui que j'avais donné à Jazz, sonna. Je me garai rapidement et décrochai l'appareil que mon ami m'avait donné :
- Edward, c'est maman.
- Hum, oui, je l'avais vu. Pourquoi tu me téléphones ?
- Est-ce que ton ami est encore avec toi ? Demanda-t-elle.
- Oui, Jasper est avec moi… il y a un problème ?
- Écoute, avant de le ramener chez lui, pourriez-vous venir à la villa ?
- Ouais, on arrive.
Je ne savais pas pourquoi nous devions y aller et ne pas le savoir me rendit anxieux. Jazz reprit mon téléphone et resta silencieux le reste du trajet. Je le voyais se tortiller les mains, mais je n'étais pas motivé pour le rassurer, étant moi aussi au plus mal.
Mes parents allaient-ils m'apprendre que nous partions de cette ville ?
Je ne voulais pas, j'étais bien ici, dans ce coin paumé ! J'aimais la pluie, j'aimais ce lycée pourri, j'aimais plus que tout mon amitié avec Jasper et je ne pensais pas pouvoir survivre si je devais le perdre. Pas maintenant, maintenant que je remontais la pente, que je l'aimais bien ! Il surpassait quelque fois Kyle et Luke. Pourtant, je les avais connus tout petit, j'avais joué au soldat avec eux, appris à rouler à vélo, à draguer…
- Tu es au courant que tu viens de rater le chemin de terre, me dit-il avec douceur.
- Oh… merde !
Je fis demi-tour au carrefour suivant et après quinze minutes, j'éteignis le moteur de la voiture, vu que nous étions arrivés chez moi.
Je déglutis et en sortis. Jasper suivit mon mouvement et ensemble nous pénétrâmes chez moi. Je vis immédiatement mes parents, assis l'un à côté de l'autre dans le canapé. Ils nous fixaient.
- Les garçons, approchez ! Dit mon père trop gentil.
Quelle mauvaise nouvelle allait-il m'annoncer ?
POV Jasper (Même jour - le jeudi 14 septembre 2000)
J'étais content, je regardais Edward faire son sac. Ses parents avaient en fait compris qu'il n'était pas bon de punir leur fils alors que justement il sortait du gouffre dans lequel il avait été plongé au moment de sa rupture.
Et là, après avoir discuté avec eux, mis les choses à plat par rapport à l'amitié que nous avions Edward et moi, ses parents lui avaient donné la permission de venir dormir chez moi.
Ed', voyant là un moyen pour que nous soyons tranquilles samedi, leur demanda s'il pouvait dormir chez moi aussi.
Son père avait été sceptique, mais sa mère avait accepté immédiatement.
- Tu veux que je prenne ma console ?
- Heu, je ne pense pas que mon père voudra bien que l'on joue dans le salon et je n'ai pas de télévision dans ma chambre.
- Ah, merde ! Pas grave, on trouvera bien autre chose à faire, me dit-il en fourrant un bas de jogging dans son sac.
Tout à coup, j'eus la pensée fugace de voir nos deux corps à moitié nus dans mon lit.
Je secouai la tête et me dis avec force que je devais trouver absolument autre chose à lui proposer, même si l'idée était tentante.
- C'est bon, j'ai tout ! Mes fringues pour dormir et les habits de demain. On peut y aller, me dit-il en plaçant son sac-à-dos sur son épaule.
Je le suivis dans les escaliers, seulement m'attendant à trouver ses parents assis comme il y avait encore quelques minutes, nous les retrouvâmes presqu'à moitié nus, s'embrassant désespérément. Ed' se racla la gorge, tout en marchant vers la sortie. Il leur dit même, juste avant de fermer la porte :
- Bonne fin de journée !
Je rougis, en imaginant ses parents faire ça. Madame Esmée devenait tout à coup… plus intimidante encore. Sans parler du père d'Edward. Je secouai la tête à l'entente du rire de mon ami.
- Mec, tu verrais ta tête de mort vivant. Ils vont juste coucher ensemble… pas s'entretuer.
- Mouais, mais bon… c'est tes parents… et bon, tu vois…
Je ne dis plus rien, conscient de paraître un abruti coincé.
Je me dirigeai vers la voiture et grimpai sur le siège passager. Il monta à bord aussi, après avoir jeté sur la banquette arrière son sac avec ses affaires.
Je pris sur moi d'allumer l'autoradio et la musique envahit aussitôt l'habitacle. J'aimais bien ces petits moments avec lui roulant, moi écoutant la musique et regardant défiler le paysage. Cela changeait beaucoup de mon vélo, qui m'avait accompagné pendant des années et bien plus depuis sa mort à elle.
- Par contre, j'ai faim. Tu crois que ton père me laisserait commander des pizzas ?
- Je n'en sais rien, je ne sais même pas comment il va réagir en te voyant arriver avec moi.
- Hum, en effet ! Mais je ne te lâche pas !
- Merci, dis-je en posant ma tête sur la vitre froide.
Le reste du trajet se fit sans que ni lui, ni moi ne parlâmes. Nous n'avions pas besoin de parler d'ailleurs pour apprécier la présence de l'autre. Juste le savoir là, à portée de main, me rassurait.
J'avais l'impression de revenir au moment de mon enfance quand je ne voulais pas quitter mon cowboy des yeux. Ce fameux doudou qui devait être enfermé dans une caisse au grenier, maintenant.
- Hey Jazz, on est là, entendis-je.
- Hein, quoi ? Dis-je en regardant autour de moi.
Quand je vis que nous étions déjà devant ma maison, je souris et dis :
- Hum… je suppose que l'abruti à la pluie n'a pas de cerveau aujourd'hui.
- Je ne sais pas, il s'est peut-être barré plus bas, qui sait ! Me dit-il en haussant ses sourcils.
- Non, je pensais à mon enfance, dis-je avec une voix contrite.
Edward ne pensait vraiment qu'au sexe ! Pauvre garçon.
POV Edward (Même jour - le jeudi 14 septembre 2000)
Je ne pouvais pas dire que la soirée chez Jasper s'était déroulée comme je l'aurais voulu. Quand nous étions arrivés, son père avait crié… de façon très sage en parallèle de comment il le faisait avant mon arrivée en ville, sur le fait que nous ne devions plus rater les cours.
Ensuite, il nous avait vite fait un sandwich avant de nous imposer de passer à table pour faire tous nos devoirs. Encore que moi, je n'avais rien de précisé dans mon journal de classe, mais Jasper, lui, avait fait l'erreur de noter chaque devoir avec date de rendu.
Son père, pas idiot, m'avait demandé alors poliment de faire mes devoirs comme un grand. Et depuis trois heures, TROIS HEURES, nous étions, Jazz et moi, en train de bosser sur cette rédaction pour le cours d'anglais.
- J'ai faim ! Entendis-je.
Je relevais la tête et vis Jazz en train de mordiller son stylo. Je voyais sa langue dépasser et pour peu, j'en aurais eu des chaleurs. Mais c'était un mec, mon ami… et je ne pouvais pas l'imaginer utiliser cette même langue sur mon corps… plus bas.
- Ed', toi tu penses encore au sexe, me dit-il réprobateur.
- Mais non ! Affirmai-je en replongeant dans mes feuilles.
- Merde quoi. Tu ne sais vraiment penser à rien d'autre que ça.
- Mais de quoi tu parles, murmurai-je car son père venait de nous demander de baisser le ton.
- Je ne sais pas. Mais des fois, je me dis qu'on n'a vraiment rien en commun. Tu penses toujours à ça, eh bien moi… j'y pense très rarement et… et…
- Et ? Dis-je un sourire aux lèvres.
- Et tu fais chier ! Arrête de penser au sexe, point barre, me dit-il tout en colère en se levant et en allant dans le salon.
Je restai, les yeux grands ouverts devant l'endroit où il se tenait il y avait encore quelques secondes. Je ne pensais pas vraiment que le fait que je pense souvent au sexe l'emmerdait autant.
Quand il revint et qu'il rangea ses affaires, je ne pus que lui demander :
- On peut arrêter de bosser ?
- Ouais, mon père m'a dit qu'on pouvait monter à l'étage en attendant que les pizzas arrivent. Cool, non ?
- Un peu ! Je mangerais un mammouth là, tellement j'ai la dalle ! M'exclamai-je en rangeant aussi mes livres de cours.
- Le mieux aussi, c'est d'en profiter pour prendre sa douche. Tu veux y aller en premier ? Me demanda-t-il tout en partant vers les escaliers.
- Non, vas-y d'abord, dis-je en le suivant.
- Comme tu voudras ! Attends-moi dans ma chambre alors.
- Où veux-tu que j'aille, lui dis-je en l'abandonnant devant la porte de la salle de bains, et en ouvrant celle de sa chambre.
- Nulle part, entendis-je avant que la porte ne se referme.
Une fois dans la chambre, je posai mon sac dans un coin et pris place sur le lit. Je soufflai déjà, en voyant qu'il n'y avait rien à faire.
Il n'y avait ni télévision, ni chaine hifi. A part un bureau, une chaise, une garde-robe et un lit, il n'y avait rien !
Je me décidai alors à m'allonger et à fermer les yeux. J'aimais bien de temps en temps faire ça et ne penser à rien. Juste écouter…
Petit à petit, l'odeur de mon ami titilla mon nez et je me rassis. Je n'étais pas à mon aise ici, sans lui. J'avais hâte qu'il revienne.
POV Jasper (Même jour - le jeudi 14 septembre 2000)
Une fois dans la salle de bains, je me déshabillai rapidement et me plaçai dans la cabine de douche. J'allumai l'eau chaude, mais pas trop, pour qu'il en reste suffisamment à Edward afin qu'il puisse prendre autre chose qu'une douche froide, même si cela lui remettrait peut-être les idées en place.
Ça me gênait de plus en plus qu'il parle de sexe. J'avais certainement un problème car plus le temps passait, plus, au lieu de m'imaginer avec une fille, c'était lui que j'imaginais. Mais je ne pouvais pas lui en parler, pas quand je n'arrivais pas moi-même à me comprendre.
Tout en me lavant les cheveux, je me demandais si en fin de compte je n'étais pas plus porté vers les garçons. Je ne pouvais pas me prononcer aussi vite, car tout cela était encore nouveau pour moi et c'était certainement normal. Edward était sûr de ne pas être homo, il aimait les filles et pourtant, nous étions proches, plus que de simple amis.
J'étais en plein paradoxe. Je me rendais compte que j'avais beaucoup d'affection pour lui. J'avais besoin de lui. Preuve en était ma demande pour qu'il vienne dormir chez moi afin de me sentir en sécurité.
Me rendant compte que cela faisait déjà un moment que j'étais sous l'eau, je me rinçai les cheveux et savonnai mon corps rapidement. Quand j'eus fini, je sortis, enroulai une serviette de bain que je pris dans l'étagère et sans attendre, je quittai la pièce, n'ayant pas mes habits avec moi.
Mes pieds humides firent des taches sur la moquette mais j'en fis abstraction pour pénétrer dans ma chambre, où je vis Edward assis au bureau, crayon en main.
- Tu as fini, je suppose ? Me lança-t-il en posant son crayon.
- Oui, j'ai fini, tu peux y aller. Les serviettes sont sur l'étagère et les produits dans la cabine.
Il se leva et fila. Quand la porte fut fermée, je me séchai le corps à l'aide de ma serviette. Une fois fait, j'enfilai un boxer et un bas de jogging. Il était troué au genou mais je l'aimais bien, je me sentais à l'aise. Je me décidai aussi à enfiler un t-shirt gris simple.
Une fois habillé, je jetai un regard sur le bureau et je vis qu'il y avait un début de croquis. Je me rapprochai assez pour mieux voir et je vis que c'était l'esquisse de la mer… vue d'un rocher. Cela était-il en fait un dessin de la falaise ? Ça en avait tout l'air et sans comprendre, je me mis à trembler.
Je fermai les yeux et soufflai. Je me rendais compte que je n'avais plus été voir ma mère depuis un long moment. Je me rendais aussi compte que ma vie allait changer si cela continuait comme ça.
J'avais un ami, un vrai ami, ou tout du moins de mon point de vue. J'avais aussi un quotidien sans les coups de mon père. Sans douleur, sans dos douloureux et je mangeais à peu près à ma faim. J'avais aussi mis de côté mon vélo depuis qu'Edward me servait de chauffeur.
En fait, ma vie avait changé au moment même où je lui avais sauvé la vie, sur cette falaise. Celle-là même qui m'avait pris ma mère, cette lâche qui avait fui la vie sans se battre, oubliant qu'elle avait un enfant. Moi.
Cette femme qui avait été une mère présente, aimante, câline, une fée du logis. Celle qui avait de par son suicide plongé son enfant dans une vie que je ne souhaiterais à personne.
Se lever avec la crainte de mourir sous les coups, avoir son ventre qui criait famine à la moindre nourriture aperçue, être en colère quand il voyait ses anciens amis d'enfance partager des moments avec leur parents. Devoir faire le ménage, ses devoirs, les courses et fuir son père.
J'avais été un garçon heureux avant sa mort, et depuis la venue d'Edward en ville, j'avais retrouvé le sourire…
Je ne pensais pas pouvoir lui rendre un jour la pareille. La seule chose que je pouvais faire pour lui était de lui faire oublier cette garce de Judith, cette fille qui l'avait détruit.
Je ne changeais pas d'avis sur le fait qu'Edward pouvait s'en remettre, il était encore jeune, mais… je ne pensais pas qu'un jour il le ferait. Il était buté dans ses envies et ses souvenirs. Et il traitait et voyait les femmes comme de simples corps à remplir.
Penser cette expression me fit déglutir et je secouai la tête pour oublier. Un bruit à ma porte me fit définitivement sortir de mes pensées.
- Jasper, je peux entrer ?
C'était la voix de mon père. J'eus peur tout à coup qu'il profite du fait que mon ami soit sous la douche pour me frapper. Puis, me rendant compte qu'il m'avait demandé l'autorisation pour pénétrer dans ma chambre, je me détendis et l'invitai à entrer.
- J'ai pensé que vous auriez envie d'être entre copains. Et vu que tu n'as pas grand-chose dans ta chambre, j'ai pensé que tu serais content si je te prêtais la télévision que j'ai dans la mienne, me dit-il en soutenant ladite télé.
- Oh, oui ! Génial ! Attends, je vais t'aider, dis-je en me précipitant vers lui.
- Non, aide-moi plutôt en faisant de la place sur ton bureau.
Je fis ce qu'il me dit en faisant de la place. Je rangeai mes livres de cours, le croquis de mon ami et fourrai le reste dans le tiroir. Mon père vint poser le téléviseur, puis il se plaça au bout du meuble et me dit :
- Le bureau sera mieux devant ton lit, non ?
- Tu as raison…
Je lui souris timidement et l'aidai à déplacer mon bureau. C'était vachement lourd et je fus heureux quand il fut bien installé. Mon père plaça ensuite sa main sur mon épaule et je ne pus m'empêcher de me tendre en tentant de me reculer.
Sans crier gare, mon père m'attira à lui dans une étreinte assez forte et il chuchota :
- Je t'aime mon fils et j'espère qu'un jour tu me pardonneras et que tu n'auras plus peur de moi. Je regrette tellement si tu savais…
Je ne dis rien, le laissant me serrer contre lui. Je me permis juste de fermer les yeux et de sentir son odeur. Il ne puait plus l'alcool mais un aftershave bas de gamme.
Après un temps indéterminé, il me lâcha et me fit un baiser sur le front. Je ne pus éviter aux larmes de couler et mon père les essuya avec ses pouces.
Je fondis alors en sanglots, sans pouvoir me retenir. Je me blottis dans ses bras et je le sentis me tenir contre lui. Il ne cessait de me murmurer qu'il était désolé et qu'il souhaitait reprendre une vie normale. Il me disait vouloir m'aimer comme il aurait dû et me rendre heureux.
Il me relâcha après quelques minutes et je vis mon ami qui était dans le couloir, ne sachant pas quoi faire. Je lui souris et il le fit en retour. Mon père nous laissa et il nous avertit que le livreur ne tarderait plus.
Edward vint me rejoindre et quand il vit la télé, il me dit :
- Super, mais je regrette maintenant de ne pas avoir pris ma console.
- Pas grave, au moins on pourra regarder un truc, dis-je en lui prenant son sac des mains pour le poser dans un coin.
Puis sans préambule, je le pris dans mes bras et lui murmurai « merci ». Je lui devais tellement. Je le sentis m'embrasser les cheveux et avant qu'il ne puisse me dire quoique ce soit, la sonnette de la maison retentit.
POV Edward (Même jour - le jeudi 14 septembre 2000)
Nous venions d'éteindre la télé pour dormir, à la demande du père de Jazz et je m'emmerdais déjà. Il était à peine vingt-trois heures passées et le sommeil était loin. Je n'étais pas fatigué… loin de là même.
- Ed', tu vas savoir dormir toi ?
- Non, murmurai-je en me tournant pour le regarder.
Il se mit dans la même position et nous nous faisions désormais face.
- Merci d'être venu, au fait.
- De rien. Merci à toi de me comprendre, dis-je en le regardant bien dans les yeux.
- Je vais arrêter là, sinon, on va passer la nuit à se dire « merci », dit-il en riant doucement.
- Jazz ?
- Oui ?
- Samedi, tu ne vas pas te dégonfler, hein ? Demandai-je.
- J'sais pas… j'ai encore peur de mal faire…
- Si tu ne te sens pas prêt, dis-le-moi et on annule avec Laureen.
- Je ne sais pas. Tu vois, j'en ai envie. En même temps, comment faire quand je t'entends parler sans cesse de sexe. Mais je ne sais pas, je le sens pas, je ne me sens pas prêt.
- On fera autre chose alors, on ira en ville voir un bon film ou une autre connerie dans ce genre-là. On le dira à Laureen demain. Ok ?
- Comme tu veux, me dit-il en baillant.
- Tu es fatigué ?
- Un peu, j'ai pas beaucoup dormi cette nuit, me répondit-il en fermant les yeux.
- Dors alors, je veille, je suis là, tu ne crains rien, dis-je en me plaçant sur le dos.
Il ne fallut que quelques minutes pour entendre sa respiration devenir plus lente et régulière, signe qu'il dormait. Je fermai alors moi aussi les yeux et tentai de faire le vide en moi, de me détendre.
Je n'avais vraiment pas envie de dormir et le fait d'être ici m'obligeait à rester au lit. Je me voyais mal déambuler dans la maison pour trouver le sommeil.
OoOoOoOoO
Cela devait bien faire deux heures que je n'arrivais pas à m'endormir. J'en avais marre et j'évitais de bouger pour ne pas réveiller mon ami. Il avait besoin de sommeil, vu les cernes qu'il se tapait.
Je me plaçai un peu sur le côté, lui faisant désormais face. Il avait la bouche entrouverte et ses mains sous sa tête. Je souris et écartai une mèche de ses cheveux de devant ses yeux.
Il bougea ses jambes et grogna un peu face à mes doigts certainement froids contre sa peau. La sienne était bien chaude et tout en sachant que je devrais faire face à mon geste le lendemain, je me rapprochai de lui et me blottis contre son torse. Son souffle s'écrasait sur mon visage. Je fermai les yeux et souris, car sentir sa chaleur et sa respiration me donnait tout pour être heureux.
Je la voyais elle, près de moi. Dans mes bras, endormie, et malgré la petite voix qui commençait à me dire que je devrais passer à autre chose, je m'endormis une fois de plus avec l'amour de ma vie en tête.
POV Jasper (Le lendemain – le vendredi 15 septembre 2000)
Je sentis mon état de sommeil s'en aller et je m'étirai. Un grand bruit me fit me réveiller en sursaut. J'ouvris les yeux hagards et quelques secondes plus tard, la tête de mon ami dépassa du lit. Il papillonnait des yeux. Il se leva, grognant contre un tel réveil et sans rien voir venir, il me frappa avec son oreiller.
- La prochaine fois que tu me pousses en dehors du lit, c'est la douche froide !
Je ne comprenais rien, mais après quelques secondes, tout se remit en place. Je me frottai les yeux et me rallongeai. Mon ami en fit autant et il posa sa tête sur mon torse, tout en me disant :
- Tu as bien dormi ?
Sa voix était rauque due au réveil récent et je me dis que moi aussi, j'aurais bien besoin de boire un peu d'eau. Je répondis néanmoins à sa question.
- Oui, j'ai bien dormi. Malgré le peu de place. Et toi ?
- Très bien aussi !
Il se leva, s'étira et mon regard se posa sur son entrejambe où je pus voir un début d'érection. Je rougis, ou plutôt me sentis rougir et sans tarder, je sortis de sous les couvertures et filai en dehors de la chambre pour m'enfermer dans la salle de bains.
Quelque chose n'allait définitivement pas chez moi !
Voilà, chapitre 18 fini et posté ! Il fait 13 pages et 4.244 mots.
Je vous souhaite à tous une bonne année et d'avoir lu jusqu'ici,
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 18 republié corrigé le 08 mai 2012
