×Genre : Romance

×Rating : K+

×Personnages : Mirajane et Laxus.

×Pairing : Miraxus

×Chronologie : Après les GMJ ?

×Fond sonore conseillé : Un truc tout gentil tout calme, faites péter le piano et autre chansons particulièrement apaisantes.

×Disclaimer : Les personnages de Fairy Tail ainsi que son univers appartiennent à Hiro Mashima.


— Masque des sentiments —


La démone sait qu'elle les observe ; elle sait que, sournoise et maligne, l'adepte de l'Animal Soul fait mine de ne rien regarder en particulier et laisse son regard bleuté glisser le long de la pièce pour finalement se poser sur elle, sur lui, sur eux, en tout innocence et comme si de rien n'était comme pour mieux les duper, mieux les coincer.

Et le sourire discret qu'a Laxus ne fait que confirmer à Mirajane ce qu'elle avait déjà deviné.

Lisanna ne lâchera pas le morceau avant un moment, aussi curieuse et persistante qu'on puisse l'être lorsqu'il s'agissait d'une hypothétique histoire d'amour concernant sa grande sœur ; alors Mirajane sourit, Mirajane danse entre les tablées, distribue regards attentionnés et réponses amusées et sème une bonne humeur derrière son passage. Elle était douée pour ça, après tout — sourire, toujours sourire, ne pas s'arrêter de sourire. Parce qu'elle en a envie et que ça rassure les autres, parce que ça contribue à ce qu'elle se sente un peu mieux et qu'au fond, ça avait fini par devenir un réflexe, une habitude ; sourire.

Et parce qu'elle était particulièrement douée dans ce domaine, c'est avec assurance mais prudence qu'elle rendit son regard à Laxus, juste le temps qu'il fallait pour qu'il comprenne mais aussi juste ce qu'il fallait pour ne pas que sa jeune sœur ne saute à une quelconque conclusion. Ils avaient fini par en avoir l'habitude, eux ; c'était devenu un rituel, un jeu.

Sourire en coin et se regarder, passer l'un à côté de l'autre et s'effleurer sans ne rien montrer à qui que ce soit, sans se trahir eux et le secret qu'avait pris la tournure de leur relation ; et pouvait-on vraiment dire qu'il s'agissait de quelque chose de tel, par ailleurs ? Ils ne s'en parlaient pas ou peu ; se contentaient d'attirer l'attention de l'autre sans avoir besoin de se regarder dans les yeux, jouaient le jeu de l'indifférence tout en tissant cette complicité silencieuse, appréciaient ces moments silencieux à vivre et se côtoyer en toute simplicité — juste comme ça. À l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, en se contentant simplement d'être là. Oh, ils parlaient un peu, parfois ; parfois, seulement. Parce qu'il n'aimait pas spécialement ça, parce qu'elle n'en ressentait pour une fois pas le besoin ? Ils savaient pas, se l'étaient jamais dit ou demandé, n'avait pas éprouvé le besoin d'émettre des questions à ce qui se passait entre eux.

Ils étaient là, ils étaient tous les deux, et c'était aussi simple que ça.

L'heure tourne ; attentive à sa benjamine, Mirajane a un sourire en la voyant s'intéresser de plus près à la nouvelle dispute qui vient d'éclater entre Elfman et Evergreen. Est-ce qu'il l'avait vu aussi ? La fille de Satan n'en sait rien ; l'instant d'après, un effleurement familier se fait sentir et elle attrape le coupon de papier venu se glisser dans ses doigts sans même se retourner, un sourire songeur aux lèvres et les yeux brillants. Lorsqu'elle retourna servir ces éternels fêtards qu'étaient les joyeux membres de Fairy Tail, le Dragon Slayer quant à lui monta silencieusement et discrètement à l'étage, comme à son habitude ; et parce que c'était une habitude, justement, personne ne dit rien, ne remarqua ou ne songea à quoi que ce soit.

Et lui, de là-haut, il pouvait continuer à l'observer sans avoir à se cacher.

Le temps passe ; la fête s'essouffle, les danseurs s'affalent au sol et les buveurs occupent déjà une partie des bancs ou des tables débarrassées à la va-vite lorsque le sommeil vient tout figer. Pour une fois, les pertes sont peu nombreuses et on ne compte qu'une poignée d'inconscients assommés pour avoir côtoyé le fraiser de Titania d'un peu trop près ; Natsu et Grey, comme d'habitude, auxquels s'étaient joins Max et Gajeel, probablement sans vraiment le faire exprès. Il est tard et c'est toujours avec son rôle de grande sœur que Mirajane passe entre les tables pour ramasser les verres pleins et étendre les couvertures ; et elle sait qu'il la regarde, s'impatiente gentiment et attend, la surveille toujours avec un sourire au coin des lèvres et la presse à chaque fois que leurs regards se croisent. Est-ce qu'il était aussi impatient que ça ? Emparée d'une douce euphorie, Mirajane en rit presque, jette un dernier regard circulaire à la pièce et finit par le rejoindre à pas de loup.

Et ils se regardent, se dévisagent encore, se sourient gentiment et se suivent en silence ; parce qu'il n'y avait plus personne et qu'il ne restaient qu'eux et leur bulle de bonheur, les secrets qui avaient attendu toute la journée avant de pouvoir être partagés, les contacts timides mais chaleureux et les fragments de cette complicité qu'ils avaient mis tant de temps à rassembler.

Alors seulement, Laxus et Mirajane laissent tomber le masque ; ne sont plus qu'eux, plus qu'un, plus qu'un quelque chose de brillant et de plus beau, rien que ça.

Juste ça.