Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !

Auteure : Jes Cullen-Malfoy

Rated : M

Couple : Edward/Jasper

Genre : Friendship/Romance/Drame

Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.

Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character») tandis que les autres sont de mon cru.

Béta correctrice : Vivi64


Note d'auteure : Hello ! Alors, tout d'abord, merci pour vos reviews au chapitre précédent. Elles m'ont fait super plaisir, vous ne pouvez pas imaginer. Voir que vous êtes encore au rendez-vous, malgré la pause d'un an, m'a fait chaud au cœur. Sinon, dans ce vingtième chapitre, les choses bougent énormément. Je dirais même qu'on a pris un virage assez important. J'espère qu'il vous plaira et que les presque deux mois d'attente n'ont pas été trop longs. J'avais promis de ne pas mettre un an, j'ai tenu ma promesse (^-^) Bon, je vais vous laisser découvrir ce chapitre, bonne lecture !

Un grand merci à Manganiark pour sa review, qui m'a comme d'habitude fait sourire et merci aussi à Saora qui a laissée une review qui a réchauffé mon cœur. *-* Merci à vous tous de me lire et d'aimer mes histoires.

EDIT : Baxter est la société qui fabrique des perfusions. Par chez moi, on cite la marque par automatisme ^^


Chapitre 20 : Miraculé


POV Carlisle (Nuit du dimanche au lundi 18 septembre 2000)

Quand j'avais reçu le coup de téléphone de l'hôpital, j'avais pensé à un accident de la route. Mais pas à devoir opérer une blessure par balle. Seulement, c'était bien ce que j'allais devoir faire.

L'ambulance n'allait pas tarder, et le bloc était prêt à nous recevoir.

Arrivé à l'hôpital, j'avais bu rapidement un café, afin d'être parfaitement réveillé.

- Ils arrivent !

Paddy cria et se mit à courir pour réceptionner le patient. J'en fis de même, posant par la même occasion mon café sur le comptoir des urgences.

- Adolescent avec une balle dans le thorax, au niveau des poumons. Il a déjà été réanimé. Il a perdu beaucoup de sang.

J'écoutais, alors que mes yeux étaient posés sur l'ami de mon fils.

Comment avait-il pu recevoir une balle ?

Mais je redevins rapidement le chirurgien qui devait sauver la vie de ce garçon. Une fois arrivé au bloc, on le souleva pour le placer sur la table d'opération et je l'ouvris rapidement pour tenter de voir où la balle s'était logée. Il recevait aussi beaucoup d'injections, afin qu'il ne nous file pas entre les doigts.

Je ressentais un drôle de sentiment à avoir mes mains dans son corps. Son cœur avait quelques ratés, mais nous ne dûmes pas utiliser le défibrillateur, comme les ambulanciers avaient dû le faire.

Je venais à l'instant d'extraire la balle, difficilement. Elle avait été se loger en plein dans le poumon et nous avions dû intuber Jasper, afin qu'il puisse continuer à recevoir de l'oxygène. Et nous ne savions pas à l'heure actuelle si le poumon qui avait reçu la balle pourrait fonctionner comme il le devait.

J'étais en train de commencer à recoudre son torse, alors que mon assistante aspirait le sang qui obstruait ma vue pour effectuer ma tâche.

Seulement, mon cœur rata un battement, alors que celui de Jasper lâchait. Au bruit assourdissant nous indiquant que plus aucune pulsation ne provenait de son organe vital, je sentis mes mains trembler.

Je reçus rapidement les deux défibrillateurs et demandai aux divers médecins et infirmières de s'écarter. Je le choquai à 300 mais cela n'eut aucun effet. Le pire était que je voyais ma suture pour son poumon se défaire.

Il n'avait pas le droit de mourir !

Je tentai un 400 et cela eut pour résultat de nous donner une petite pulsation, avant qu'il refasse un arrêt cardiaque.

- Montez à 500 ! Criai-je.

Je savais que je m'acharnais, mais ce garçon devait rester en vie.

Quand l'appareil nous informa que le cœur était reparti et qu'en trois minutes nous étions à une pulsation de 72 par minutes, nous pûmes souffler.

Je repris ma suture et une fois tout refermé, je pus sortir du bloc. J'espérais que cela irait. Je devais juste attendre son réveil et voir si ses poumons fonctionneraient correctement.

J'étais assis dans la salle de repos, je venais d'appeler ma femme pour lui annoncer que le meilleur ami de notre fils venait d'échapper à la mort. Je lui avais raconté aussi ce que j'avais moi-même appris par la police.

Jasper avait été… son père avait essayé de le tuer. Et ce… ce monstre s'était suicidé ensuite.

- Docteur Cullen, le patient montre des signes de réveil.

Je regardai l'heure et vis qu'il était 7H47 du matin. A cette heure, normalement, il devrait être chez lui. J'étais heureux d'avoir été appelé. J'avais sauvé la vie du petit et désormais, il devait se battre.

Je me levai et soupirai, tout en suivant l'infirmière. Je fus rapidement en salle de réveil.

Et Jasper était là, les yeux ouverts et paniqués. Je fus à ses côtés en moins de quelques secondes et dis :

- Tout va bien… on t'a extraie la balle. Et le tube dans ta gorge t'aide pour respirer. As-tu mal quelque part ? Demandai-je.

Il hocha la tête et je demandai à ce qu'on lui donne un calmant supplémentaire. A peine une minute plus tard, il se rendormait.

- Gardez-le encore en observation, dis-je avant de quitter la pièce.

POV Edward (Même jour - le lundi 18 septembre 2000)

Je pleurais, alors que ma mère conduisait.

J'avais peur… plus que tout, de perdre mon ami. Et je pleurais comme un gosse. Comme jamais encore.

Je sentais mon corps trembler et mon cœur battre trop vite. Mes tempes me faisaient horriblement mal et j'avais comme un bourdonnement dans mes oreilles.

Je n'osais tout simplement pas croire ce que ma mère m'avait annoncé. Ce fils de pute de père de Jasper avait tenté de le tuer, son propre fils.

Après nous avoir fait croire qu'il avait changé, il avait pointé une putain d'arme sur Jazz… et lui avait tiré dessus. J'étais bien content que cet enfoiré se soit donné la mort, sinon, j'aurais probablement eu sa mort sur ma conscience.

- On arrive mon chéri.

Je regardai comme un perdu l'hôpital de Forks et me dis tristement que Jazz ne devrait pas s'y trouver. Il devait m'attendre chez lui, afin que nous puissions aller au lycée.

Quand la voiture s'arrêta, je sortis et courus jusque dans le hall où je vis rapidement mon père. Je n'attendis pas et allai me réfugier dans ses bras. Esmée m'avait dit que c'était mon père qui avait sauvé la vie de Jazz et pour cela, je lui en serais éternellement reconnaissant.

Il me serra fort et cela me fit du bien.

- Je t'aime mon fils…

Je sentis mes larmes couler encore plus et fermai les yeux. Je ne méritais pas ça, Jazz le méritait. Il était cent fois mieux que moi, mais il avait failli être tué. Et moi…

- Tu veux voir ton ami, je présume.

- Ouais, murmurai-je la voix rendue rauque.

Il me tint contre lui et ma mère se plaça de l'autre côté. Elle était aussi chamboulée que moi et j'en étais bêtement heureux. Jazz n'allait pas être seul et j'espérais qu'il pourrait venir à la maison à sa sortie de l'hôpital.

Quand je fus devant le lit où était allongé mon ami, je me sentis tomber et mon père me rattrapa.

Il était pâle, un appareil l'aidant à respirer, alors qu'un tube s'enfonçait dans sa bouche. Sans mettre de côté les divers tuyaux le reliant à des Baxter.

- Oh mon Dieu Jazz, dis-je en allant près de lui.

J'avais sans doute crié, car je vis, une fois à ses cotés, ses yeux s'ouvrir. Je posai la main sur son front, et souris, de manière piteuse.

Il aurait pu être mort, à l'heure qu'il était. Et je ne savais pas si j'aurais réussi à surmonter sa mort.

- Je… bordel Jazz, je suis si content que tu sois en vie, pleurai-je.

Je sentis qu'une chaise était placée derrière moi, certainement mon père ou ma mère, et j'y pris place, tout en prenant la main de mon ami. Je fis bien attention aux divers tuyaux au-dessus de sa main et je sentis une légère pression provenant de ses doigts. Je souris à travers mes larmes et le temps s'écoula lentement.

Ma mère resta dans la pièce, puis elle rentra à la maison avec mon père, pour quelques heures. Les aides-soignantes et infirmières passèrent pour prendre soin de Jazz, tandis que celui-ci oscillait entre phases de réveil et sommeil.

Moi j'avais des vagues de colère, mais aussi de joie au fait que mon ami soit en vie. J'avais encore quelques crises de larmes, mais je ne me focalisais plus que sur une chose : la machine qui aidait Jasper à respirer.

Elle était assourdissante quand on entendait qu'elle, et voir cette sorte de poche monter et descendre, entendre le bip régulier du cœur de mon ami et pire que tout, la vue de son corps avec tous ces Baxter reliés à lui, me rendaient malade.

Malade d'angoisse…

La peur de le perdre malgré tout, la peur de m'endormir et me réveiller en tenant une main froide. Peur que la machine s'arrête, pour quelques raisons que ce soit. Peur de voir sur l'écran et d'entendre l'absence de pulsation cardiaque.

Peur…

Ce sentiment qui me tordait le ventre, alors que je regardais le visage de mon ami, semblant si paisible. Il était shooté aux calmants et antidouleurs. Je soupirai et bougeai la tête afin de délier mes muscles douloureux.

J'étais resté assis pendant un nombre d'heures conséquent et mon corps était assez tendu. Je dus malgré tout m'obliger à quitter la chaise, devant me soulager. Une fois debout, je me penchai et embrassai son front, tout en murmurant :

- J'arrive, je vais pisser.

Je souris et, cette peur toujours présente, j'allai aux toilettes attenantes à sa chambre.

OoOoOoOoOoO

Je n'avais pu rester présent que grâce à mon père, mais je devais me tenir à l'extrémité de la pièce. Les médecins allaient retirer l'aide respiratoire de Jasper, et donc, le tube présent dans sa gorge.

Je pouvais entendre mon père le rassurer et lui expliquer ce qu'il allait ressentir et même si je n'étais pas tout près, je pouvais voir la peur et l'anxiété s'afficher sur les traits de mon ami.

Une infirmière se tenait éloignée, avec le défibrillateur, au cas où les poumons ne repartiraient pas. Mais ne suffisait-il pas de replacer le tube afin que la machine l'aide de nouveau ?

Je voulais parler, poser des questions, mais j'écoutais mon père, et tentais tant bien que mal de garder l'espoir que tout se passe bien et que Jasper pourrait enfin parler. Je voulais juste l'entendre… une fraction de seconde.

Ce fut une personne toussant, voire même faisant un effort pour vomir, qui me ramena sur terre. Je pus donc me rendre compte que non seulement le tube était enlevé de la gorge de mon ami, mais qu'en plus ses poumons fonctionnaient bien. Je me rapprochai, mais restai encore en retrait. Les médecins et infirmières s'afféraient encore autour de mon ami.

Ils lui enlevèrent deux Baxter également et le firent ensuite boire un gobelet d'eau. Il pourrait manger une sorte de panade le soir, afin de ne pas irriter sa gorge.

Soufflant de soulagement, au départ de tout le personnel médical, je me rapprochai de Jasper et lui pris la main, enfin libre de toute transfusion.

- Ca va ? Demandai-je.

Il me regarda, les larmes au coin des yeux et mon père devinant que ce moment était entre moi et mon ami, nous laissa après l'avoir examiné brièvement. Quand il referma la porte de la chambre, nous laissant seuls, je posai mon front contre celui de mon ami et murmurai :

- J'ai eu si peur… tellement peur…

Je pus sentir les larmes couler et je reniflai, tout comme lui. Il murmura d'une voix difficile :

- Il… il a…

Je hochai la tête et le vis pleurer. Je pris place près de lui, sur le lit et il se blottit contre moi. Mon corps s'apaisa à son geste, sentant par là, à la chaleur de son corps contre le mien et à ses larmes, qu'il était bien vivant.

POV Jasper (Un jour plus tard - le mardi 19 septembre 2000)

Je me sentais bien, blotti contre mon ami. A mon réveil, qui avait eu lieu il y avait plus d'une heure maintenant, Ed' m'avait serré dans ses bras, sans toutefois me faire mal, et m'avait laissé garder le silence.

Et même si les images de mon père me hantaient, je ne pouvais que me sentir en sécurité. Je n'étais pas très bien installé, avec les fils reliés à mon bras, et j'avais soif, mais je ne voulais pas bouger de là.

Je n'arrivais pas encore à croire que j'avais reçu une balle, que j'avais failli mourir. Si la balle s'était logée deux centimètres plus à droite, je n'aurais peut-être pas pu être sauvé.

D'ailleurs, en y repensant, j'avais été mort. J'étais mort et j'étais revenu à la vie, deux fois.

Soupirant, Ed' dut croire que c'était à cause de lui, car il s'écarta de moi, et caressa ma joue.

- Bonjour…

Je haussai les épaules, ne sachant plus vraiment si c'était un bon jour. Ma mère s'était suicidée, mon père m'avait battu longtemps, avant de tenter de me tuer. J'étais désormais orphelin, sans un sou. Certes j'allais être majeur en février, et ne doutais pas de mon émancipation. Mais…

- Si seulement, murmurai-je.

Ma vie allait changer. J'allais devoir m'occuper de moi-même entièrement. Quoiqu'en y repensant, j'avais déjà dû le faire. J'avais dû me faire à manger avec les maigres provisions de la maison, mangeant le plus souvent de simples sandwichs. J'avais aussi dû faire les lessives, m'occuper du ménage. Sans oublier de faire mes devoirs.

Soupirant une fois de plus, je ne pus m'empêcher de placer ma tête contre le torse de mon ami et fermai les yeux.

J'avais peur… peur.

C'était idiot, plus rien de grave ne pouvait m'arriver.

- Tout va bien aller maintenant Jazz. Je serai là… et mes parents aussi.

A ce mot, je ne pus m'empêcher de pleurer. Parce que même si mon père m'avait frappé durant de longs mois, jamais je ne l'aurais cru capable de ce qu'il avait fait ces derniers jours.

Je lui avais pardonné, je… j'avais cru bêtement retrouver mon père, mon papa. Mais non, j'avais gagné un monstre.

Revoyant dans ma tête son visage défiguré par la colère et son envie de me tirer une balle dans la tête, je gémis et mon corps se tendit. J'avais cette sensation sur ma tempe, qu'une arme y était posée. J'entendis soudain une respiration et mon cœur s'emballa.

Je me mis à paniquer et soudain, l'air me manqua.

OoOoOoOoOoO

J'entendais des voix, et une sorte de lumière agressait mes yeux qui étaient pourtant fermés. Je pus sentir aussi qu'une main tenait la mienne.

J'ouvris les yeux, tout en tournant la tête afin d'échapper à la lumière et vis que ma chambre était envahie par le personnel de l'hôpital.

Carlisle était là, avec deux infirmières et un autre médecin que je n'avais pas encore vu. Ed' tenait ma main et avait une tête de déterré. J'en aurais ri en d'autres circonstances.

- Jasper, comment te sens-tu ? Demanda le père de mon ami.

- Bien, je crois.

- Tu as fait une crise de panique et… tes poumons ont eu une sorte de disfonctionnement momentané. As-tu mal quelque part ?

Je secouai la tête, tout en me rendant compte que j'avais eu un souci avec mes poumons. Avais-je failli mourir une fois de plus ?

- Souhaites-tu nous dire ce qui a provoqué ta crise ? Demanda le médecin inconnu.

- Je…

Je jetai un regard à Edward, qui regardait nos mains jointes. Et pus constater que sa deuxième main était serrée en un poing. Qu'avait-il ?

- Nous ne pouvons pas t'aider mon garçon, si tu ne dis pas ce qui ne va pas, hum ? Dit soudain l'homme à côté de Carlisle.

Je vis ce dernier se pincer les lèvres et il jeta un regard sur sa gauche. Je compris son geste au moment où Ed' explosa :

- Le problème ? Pauvre con ! Son père a voulu le tuer, il a échappé à la mort. Et vous oser lui demander ce qui ne va pas !

- Edward ! Le réprimanda son père.

- Je ne fais que mon travail…

- Bien, faites-le mieux que ça !

Ed' lâcha ma main et je me sentis vide, et il sortit de la chambre. Son père le suivit et les deux infirmières en profitèrent pour fermer la porte et appuyer sur un bouton. Je me fis laver ensuite, alors que l'homme toujours inconnu me posait toutes sortes de questions. Et la plupart du temps, je ne faisais que le regarder, partagé entre la gêne de sentir des mains nettoyer mes parties intimes, et le malaise que créait ses questions.

Sûrement à court de questions, le médecin que je soupçonnais être un psy quitta la chambre et après avoir été lavé de fond en comble, mais aussi m'être vidé la vessie dans ce truc, je pus souffler et me retrouvai seul dans ma chambre.

Mes yeux ne quittèrent pas la porte entrouverte. J'avais hâte que mon ami revienne. J'avais peur. J'étais puéril, mais j'avais peur de voir mon père passer cette porte et finir ce qu'il avait commencé. J'avais même l'impression d'entendre des coups de feu.

Je posai la tête sur mon oreiller et attendis, les secondes et les minutes s'écoulant. Ce fut Carlisle qui passa la porte, une planche dans les mains. Elle contenait quelques documents. Il vérifia si j'avais de la fièvre, regarda mon pansement. J'étais sûr que ce qu'il faisait était logiquement le travail des infirmières, mais je ne lui en voulais pas.

- Écoute Jasper, sache juste que si tu as besoin de parler, je suis là.

Il embrassa mon front et posa sa main sur mon épaule et la tête d'Ed' passa à cet instant la porte de ma chambre. Il avait en main un café et prit ensuite place au pied de mon lit.

- Désolé pour tout à l'heure, mec.

Je haussai les épaules et son père, se sentant peut-être de trop ou ayant du travail qui l'attendait, sortit de la pièce en fermant la porte.

- Tu… est-ce que…

Il souffla, passa sa main dans ses cheveux et me montra la place près de moi.

Je souris, comprenant par là qu'il me demandait si je voulais qu'il reprenne place et il le fit, faisant attention de ne pas m'éjecter du lit. Je me blottis dans ses bras et laissai le silence envahir la chambre.

De toute façon, je ne savais pas quoi dire. Et je n'avais de toute façon pas envie de parler. Pour dire quoi ? Exprimer quoi ?

J'étais perdu, choqué, traumatisé même. La main passant dans mon dos me fit du bien, et comme je le faisais depuis mon arrivée ici, je m'endormis.

POV Edward (Cinq jours plus tard - le dimanche 24 septembre 2000)

Jazz mangeait son plateau-repas, tandis que moi je mangeais un énième sandwich apporté par ma mère. Je n'étais pas rentré chez moi depuis mon arrivée ici, empruntant la salle de bains attenante à la chambre pour me laver un minimum.

Mais cela allait changer. Mon père m'avait accosté à la machine à café et m'avait averti que cette nuit, je devais la passer dans mon lit. Demain, je devais reprendre les cours, vu que Jasper aller sortir certainement mardi dans la journée.

Et je n'avais pas pu le faire changer d'avis et maintenant, deux heures avant mon départ, je devais trouver comment annoncer à mon ami, mon frère, que je ne pourrais pas dormir avec lui cette nuit.

Soupirant, je vis Jazz tourner la tête vers moi, sa cuillère remplie de soupe à mi-chemin entre sa bouche et son bol. Je lui souris, afin de le rassurer et il recommença à manger.

Il avait certes recommencé à parler, mais… il évitait l'accident. Il me parlait comme si rien ne s'était passé. Et moi, je n'avais pas envie de lui faire revivre son agression.

Laureen était passée la veille, avec son père, pour offrir son soutien à Jasper et il n'avait pas parlé une seule fois de ce qu'il lui était arrivé. Il avait même coupé la parole à chaque fois que le père de Laureen avait tenté d'en discuter.

Ils avaient quitté la chambre le regard inquiet. Certes, Laureen était revenue quelques secondes plus tard et avait posé sa bouche sur celle de mon ami, qui avait eu un magnifique sourire. Mais je ne pouvais que m'inquiéter aussi. J'en profiterai pour en discuter avec mes parents.

Déjà, j'avais pu leur toucher un mot sur le fait que Jazz allait venir vivre avec nous. Je ne pouvais le laisser vivre seul, même si la tentation d'une maison où nous aurions pu nous amuser comme des fous était une perspective alléchante, Jazz était plus important.

Esmée avait accepté immédiatement, ainsi que mon père. Et j'avais eu un poids de moins sur les épaules.

- Fini !

- Je ne comprends pas comment tu peux manger ces plats infects, dis-je.

- C'n'est pas si dégoûtant que ça, bien que j'ai hâte de manger autre chose. Les infirmières m'ont dit ce matin, quand tu étais à la salle de bains, que j'allais avoir un repas normal dès demain.

- Cool ! Souris-je.

Il s'assit sur son lit, en tailleur et regarda la télé accrochée au mur. Comprenant qu'il voulait encore me mettre la pâtée à la console, que j'avais réussi à installer ici, je me levai et pris place à ses côtés. Nous étions collés, mais j'avais la sensation que me sentir près de lui rassurait mon ami.

Nous nous mîmes à jouer, se lançant des moqueries au fur et à mesure. Il rit, sourit, rouspéta et bouda même.

Et bizarrement, le voir se comporter comme avant, me laissait une peur sourde au fond du ventre.

Ce fut pendant le chargement d'un énième circuit que je lâchai la bombe :

- Mes parents veulent que je rentre à la villa se soir, et demain, je dois recommencer à aller en cours.

Je ne le regardais pas, regardant obstinément la manette dans mes mains. Je l'entendis expirer puis sa voix s'éleva tel un murmure :

- Pas grave. On se verra demain de toute façon. Et puis, il parait que je serais sorti mardi.

- Ouais, mon père m'en a parlé. Mais il n'en était pas encore sûr, dis-je.

- Mais n'essaye pas de me déconcentrer Ed', je vais te battre aussi sur ce circuit !

A ce moment, la page fut chargée et le moteur de sa voiture vrombit. Je lui jetai un œil et bien que je puisse déceler de la peur dans ses yeux, je pris la décision de ne pas creuser. Demain, j'allais le voir et mardi, il sera à la villa.

Voilà.

OoOoOoOoOoO

Je conduisais en direction de l'hôpital. J'avais repris les cours aujourd'hui et j'avais eu beaucoup de mal à ne pas brosser lesdits cours. Mais les yeux légèrement grondeurs de mon père au soir, quand il m'avait parlé de mon attitude ces derniers jours, m'avaient « obligé » à rester au lycée. Laureen m'avait bien emmené dans le placard à balais pour me demander des nouvelles de Jazz, mais aussi pour… eh bien, elle m'avait pris pour un mouchoir et avait pleuré. Je l'avais laissée faire et j'avais récolté une bonne pipe ensuite.

Mais là, les cours étant finis, rien n'avait plus d'importance que mon ami m'attendant à l'hôpital. J'espérais qu'il avait réussi à dormir, ou à défaut, qu'une infirmière lui avait donné un somnifère.

Me garant en faisant attention à la petite vieille derrière la voiture, je sortis de cette dernière et me ruai, le sourire aux lèvres, vers la chambre de Jazz. En passant dans le hall, et voyant un distributeur de sucreries en tout genre, je me décidai à lui prendre une plaquette de chocolat aux noisettes et pris ensuite l'ascenseur.

Une fois à son étage, je pus constater qu'il y avait du monde. Un policier, mon père discutant avec un mec en costard, et… et ma mère, assise et le regard rougi, d'après ce que je pouvais voir d'ici.

Je me rapprochai et allais lui demander ce qu'elle avait, quand passant devant la porte grande ouverte de la chambre de Jazz, je remarquai que son lit était vide.

Vide.

- C'est inconscient. L'enlever de son environnement pendant une année scolaire ainsi que l'éloigner de ses amis.

- Je sais Carlisle, mais je n'ai rien pu faire face à l'État.

- Nous ne savons même pas où ils l'ont emmené.

- Où est Jazz ? Demandai-je ayant soudain peur de la réponse.

Ma mère, en m'entendant, se leva et vint me prendre dans ses bras. Mon père cessa sa discussion avec l'autre, là, et vint vers nous. Et moi, j'attendais une réponse qui me faisait peur.

Mes yeux se posèrent sur le lit vide et mon père me répondit, alors que ma mère me serrait dans ses bras :

- Une assistante sociale est venue le chercher. Il aurait de la famille qui a demandé à l'héberger jusqu'à sa majorité.

- C'est des conneries… pourquoi…

- Je n'ai rien pu faire pour les empêcher. Et la police a dû venir parce que Jasper ne voulait pas les suivre.

- Où il est maintenant ?

- Je ne sais pas fils, je ne sais pas.

Mon père me serra dans ses bras et tout ce que je pouvais comprendre, c'était qu'on venait d'emmener mon ami, je ne savais où… contre sa volonté.

Je fermai les yeux et laissai les larmes couler. Pourquoi je n'avais pas été là ?

- On va le retrouver, murmura ma mère. On va…

Elle cessa de parler et recula, essuya ses yeux et prit mon visage en coupe, alors que mon père se postait derrière moi.

- Edward, on va retrouver Jasper. Alors, tu vas tenir le coup mon bébé ? D'accord ?

Les mains de mon père se posèrent sur mes épaules et ne comprenant soudain plus rien, je hochai la tête et regardai une fois de plus le lit vide de mon ami.

POV Jasper

Je fulminais.

De quel droit ces gens m'obligeaient à aller là où je ne désirais pas aller ?

Déjà que j'avais été tiré de force en dehors de l'hôpital, n'entendant plus que le père de mon ami me promettant que tout s'arrangerait.

Foutaise !

J'étais dans ce putain d'avion en destination du Texas, pour aller rejoindre de la famille du côté de ma mère. Famille que je n'avais quasiment jamais vue de ma vie.

Comment se faisait-il qu'ils désiraient soudain que j'aille vivre avec eux ?

J'avais bientôt dix-huit ans, et… et j'aurais voulu rester à Forks, avec Edward.

Edward…

Mon Dieu, comment allait-il réagir face à mon absence ?

Une peur sourde prit place dans mon ventre et je me rendis même compte que je rongeais mes ongles.

Mais comment faire autrement ?

Je lui avais sauvé la vie. Sans moi, Ed' pouvait déprimer de nouveau et retourner sur cette falaise !

Je tentai soudain de me lever, mais mon accompagnateur posa sa main sur mon bras, me jetant un regard.

- Je dois aller pisser !

Il me lâcha le bras et je me levai, me dirigeant vers les toilettes. Je devais avouer que j'avais été idiot. Je ne pouvais pas sortir de cet avion avant l'atterrissage et je ne pouvais décemment pas rester caché dans les toilettes.

Une fois dans ces dernières, qui étaient libres, je me mis à pleurer.

Pourquoi ma vie était si merdique ? Pourquoi m'enlever la seule personne qui comptait pour moi ?

Pourquoi mon père avait-il voulu me tuer ?

Qu'avais-je fait de mal ?

Ce fut des coups à la porte qui me sortirent de mon état et je vidai ma vessie avant de sortir. C'était une dame d'un certain âge. Je la saluai et rejoignis mon siège.

Mes yeux se perdirent ensuite sur les nuages, et je me dis bêtement que si Ed' avait sauté de cette falaise, je serais peut-être moi aussi mort tué par mon père.

Je n'aurais jamais connu cette amitié et je ne serais pas maintenant complètement perdu, face à mon départ de Forks.

Je voulais que les choses changent, je voulais retrouver mon ami, ses bras, sa voix. Son corps… je voulais dormir en paix.

Reniflant, je tentai de retenir mes larmes et fermai les yeux.

Je n'avais pas le choix, mais à mon anniversaire, une chose était sûre, j'allais quitter le Texas pour retourner à Forks.


Voilà, le chapitre 20 est enfin publié. Il fait 15 pages et 4.619 mots.

Eh oui, Jasper a été emmené. Mais n'ayez crainte, il ne tardera pas à revenir. Je ne pouvais pas écrire du Jasper/Edward si l'un et l'autre sont séparés.

Que pensez-vous de ce chapitre ? J'espère au moins qu'il vous a plu ?

Sinon, je vais essayer de publier la suite dans un mois (ou deux serait plus probable). Je dois encore terminer certaines choses et mon temps n'est pas à rallonge malheureusement.

A très bientôt,

Merci d'avoir lu jusqu'ici,

(^-^)

Jes Cullen-Malfoy

Chapitre 20 publié le jeudi 03 mai 2012