×Genre : Angst/Romance (comme d'hab, j'ai envie de dire)

×Rating : T

×Personnages : Mirajane et Laxus.

×Pairing : Léger Miraxus

×Chronologie : Euh... Ils sont jeunes ? Avant la disparition de Lisanna.

×Fond sonore conseillé : Si ça vous intéresse, j'ai écouté Elastic Heart de Sia en écrivant ça. Vouala.

×Disclaimer : Les personnages de Fairy Tail ainsi que son univers appartiennent à Hiro Mashima.


— Jalousie/Rivalité —


Laxus avait toujours aimé les défis.

Qu'il s'agisse de combat, d'un jeu ou d'une simple quête, il gagnait toujours ; les écrasait tous. Sa suprématie était étalée et incontestée à chaque fois, sa réputation d'autant plus grande et le respect qui s'en suivait imposé à tous, sans exception. Il faisait baisser les yeux aux plus effrontés, envoyait bouler les autres, rabaissait les plus faibles sans vergogne ni culpabilité ; il était comme ça, Laxus, avec cet incroyable besoin qu'on reconnaisse sa force et ses actions.

Pourtant, elle avait pas baissé les yeux, elle. Elle l'avait même regardé, regards ancrés et détermination mise à l'épreuve, sans se désarmer ou renoncer ; et puis elle avait souri, doucement, sournoisement, presque démoniquement, tourné les talons avec arrogance et quitté les lieux sans même se retourner, sans même le regarder — juste comme ça. Juste comme ça, aussi, elle avait ébranlé tout ce qu'il avait mis tant de temps à construire et les sourires avaient fleuri ici et là au sein de la guilde, amusés et un peu moqueurs, pas forcément aussi effrontés que le sien mais prononcés tout de même ; et lui, dans tout ça, il passait pour quoi ?

Laxus adorait les défis, ouais ; mais se faire humilier comme ça, par contre, il supportait pas. Tout comme il avait pas supporté que cette foutue démone foute le bordel dans la guilde en arrivant, qu'elle mette une pagaille de dingues à chaque fois qu'elle croisait le regard d'Erza, qu'elle change l'ambiance qui régnait à Fairy Tail d'un simple claquement de doigts. Lisanna se contentait d'y apporter un peu de bonne humeur, Elfman de la candeur ; alors pourquoi elle pouvait pas se la fermer et se résoudre à ça, elle aussi ? Pourquoi est-ce qu'il avait fallu qu'en aussi peu de temps, elle parvienne à ce niveau de puissance sans même avoir étudié la magie comme lui l'avait fait, qu'elle puisse accéder à tous ces privilèges que lui avait mis tant de temps à pouvoir goûter ; pourquoi est-ce qu'elle était aussi chiante mais qu'au fond les gens l'aimaient bien, comment est-ce qu'elle pouvait être aussi insupportable et incroyablement captivante en même temps ?

Il l'avait jamais sût, Laxus ; il supportait juste pas ça. Il supportait pas son arrogance, ses sourires et son assurance, il se sentait bouillir de rage en voyant que quelqu'un comme elle pouvait obtenir autant de puissance — mais alors, pourquoi pas les autres ? Il l'avait jamais sût non plus ; et on lui avait pas dit, au fond, il avait pas demandé mais la réponse était apparue comme ça, un jour où elle l'avait regardé un peu plus longtemps avant que sa voix ne résonne ce matin là, où ils étaient qu'une poignée de mages à être là.

« Je passe l'examen de rang S, cette année. »

Il y avait pas crû ; du bluff, ça pouvait être que du bluff. Elle, passer les épreuves pour accéder au rang de mage S, si sélectif et prestigieux ? Laxus avait ri ; il avait ri, doucement d'abord, et puis juste assez fort pour qu'elle se retourne et le regarde avec ses yeux bleus, ses putains d'yeux bleus un peu étonnés, un peu énervés — et peut-être arrogants, certes, mais amusés, au fond, aussi.

Et pour quelqu'un qui aimait les défis autant que lui, ça avait été un appel irrésistible ; enfin une brèche pour la coincer et la remettre à sa place, la rabaisser une bonne fois pour toute histoire qu'elle arrête d'emmerder le monde. Une occasion pour Laxus de leur rappeler qui était le plus fort et ce qu'il avait enduré pour arriver jusqu'ici, qui il était et le respect qu'il leur devait en conséquence ; pas parce que c'était le petit fils de Makarov, pas parce que c'était le petit fils du maître et qu'en conséquence il sera probablement son successeur.

Mais parce qu'il avait sué plus que n'importe qui pour en arriver à là. Parce qu'il avait enduré, supporté ; parce qu'il s'était battu jusqu'au bout pour atteindre ses fins et parvenir à ce qu'il voulait, parce qu'il voulait être l'exemple et le modèle de puissance.

« Fais-moi rire, la démone. Toi, passer l'examen ?

— Ca t'pose un problème, Dreyard ?

— Tu vas te faire écraser. »

Mirajane n'avait pas cillé, les sourcils légèrement froncés ; souriant et arrogant, Laxus l'avait jugée du haut de la rambarde et tapoté le bois dans un rythme régulier, qu'il savait juste suffisant pour l'agacer. Qu'elle sorte de ses gonds, qu'elle lui prouve que c'était toujours la même gamine que le premier jour où elle avait débarqué ici ; il aura toujours largement de quoi la remettre à sa place et enfin montrer à tout le monde qu'elle méritait pas ce cadeau là.

« On verra bien, avait-elle enfin répondu en se redressant, laissant un léger sourire arquer la commissure de ses lèvres. Je reviendrai, et ce jour-là, tu seras obligé de me traiter comme ton égal.

— Et pourquoi ça ? Parce que t'auras réussi un ridicule examen ?

— Parce que je serais devenue aussi forte que toi. »

L'audace avait brillé comme jamais dans ses yeux bleus, ce jour-là ; pourtant, Laxus n'avait rien dit. Silencieux, il s'était contenté d'enfiler son casque avec insolence et de la regarder intensément, longtemps, profondément ; pour mieux la cerner, mieux la faire ciller, mieux trouver comment la briser. Parce qu'il lui fera pas spécialement de mal, au fond ; il voulait juste qu'elle comprenne, qu'on comprenne.

Qu'ici, la place du plus fort était la sienne et qu'il ne comptait pas la céder ; pas à elle, pas à Erza, pas à qui que ce soit.

Et pourtant ; pourtant, Mirajane était revenue, ce jour là. Elle était revenue et la guilde s'était faite silencieuse en la regardant soupirer avant de monter au premier étage, avec sa démarche naturelle, tête haute et regard déterminé. Elle était revenue et même Erza avait semblé différente ; plus grande, plus sage, plus mûre. Est-ce que ça avait été le cas de Mirajane ? Le changement qui s'était opéré chez la rousse ne l'avait pas frappé chez la fille de Satan.

Et pourtant.

« J'ai réussi. »

Elle s'était plantée face à lui ; ne le lâchait pas des yeux, le dévisageait avec un air impassible et attendait, simplement. Il lui sembla qu'elle avait l'air un peu plus humble, sur le coup ; que l'arrogance qui brillait dans ses yeux s'en était allée, que c'était une Mirajane légèrement différente qui était revenue intacte de ces épreuves. Silencieux, il la fixait sans rien dire, la regardait et la dévisageait aussi ; nota l'absence de cet orgueil qui l'avait toujours caractérisé dans ses prunelles céruléennes, la droiture simple de son regard et la détermination qui y brillait toujours.

Alors Laxus soupira ; se sentit vide, soudainement, un peu, moins en colère et enflammé qu'avant face à ces yeux bleus. Pourquoi ? Il savait pas trop, au fond ; Mirajane venait peut-être simplement d'ébranler tout le mode de pensées qu'il avait construit à son propos.

« Je sais. »

Elle ne dit rien ; lui non plus, pas spécialement gêné mais pas désireux d'en dire plus non plus. Il la félicitera pas, que ce soit elle ou Erza. Il participera à la fête qui se tiendra le soir même, ouais, pour la forme et parce que jusqu'ici, ils étaient que trois mages de rang S à faire partie de la guilde ; par principe, il était obligé d'assister à la victoire de Mirajane et d'Erza. Parce que c'était une question de famille, une question d'honneur, une autre de promesse silencieuse ; parce qu'il était bon joueur et qu'il était temps d'admettre qu'elles étaient des leurs, que ce privilège ne sera plus uniquement celui de Mystogan et du sien parmi la nouvelle génération.

Et peut-être que quelque part, c'était sa façon à lui de lui montrer une forme de respect sans vraiment avoir à le dire.

Mirajane n'ajouta rien avant un moment ; les portes s'étant ouvertes sur son frère et sa sœur qui semblaient la chercher, elle avait eu un discret sourire et une lueur amusée dans les yeux en déclarant avec une simplicité presque étonnante :

« On se voit ce soir, alors.

— Ouais… A c'soir. »

Elle sourit, se retourna et descendit les marches d'un pas léger et guilleret ; silencieux et fermé, Laxus la regarda se parer de la douceur qui la définissait quand ses frères et sœurs étaient dans les parages pour le serrer dans ses bras, répondre à leurs innombrables questions, raconter quelques uns de ses exploits — et au fond, est-ce que c'était elle qui avait changé à ce point ? Il savait pas trop ; nan, il savait pas.

Mais, doucement et après avoir fait son chemin, peut-être que cette rivalité qu'ils avaient avait fini par s'étioler ; peut-être qu'au fond, Mirajane méritait ce titre de mage de rang S, peut-être que c'était pas qu'une emmerdeuse et que son pouvoir était fait de puissance.

Ouais. Peut-être bien qu'elle avait mérité d'être traitée comme son égale, en fait, Mirajane.