Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !

Auteur : Jes Cullen-Malfoy

Rated : M

Couple : Edward/Jasper

Genre : Friendship/Romance/Drame

Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.

Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character») tandis que les autres sont de mon cru.

Béta correctrice : Vivi64


Note d'auteure : Bonjour/Bonsoir chers lecteurs. Je tiens à m'excuser pour cet énorme trou dans les publications. Pour ceux qui me suivent sur Facebook, vous avez été au courant au fur et à mesure des mois, des causes de ce retard et de mes choix. Sinon, j'espère que vous êtes toujours impatients de lire la suite qui est enfin là. Logiquement, vous auriez dû avoir ce chapitre en avril, mais certaines choses ont fait qu'il arrive seulement maintenant. J'avais besoin de prendre du temps pour moi. (^-^) Je pense que je vais désormais vous laisser à ce chapitre qui je l'espère, vous plaira. Gros bisou et un grand merci à tous ceux qui m'encourage par MP ou sur Facebook pour avoir la suite, ainsi que vos reviews et alertes.

Note Vivi : Ne sachant pas quoi vous dire, je vous souhaite une bonne lecture ^^


Chapitre 21 : Absence

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Octobre

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Novembre

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Décembre

POV Carlisle

Je venais enfin de recevoir un coup de fil de Jenks et cela me rendait plus enthousiaste. J'avais peut-être raison sur toute la ligne. Je ne cessais de trouver louche que cette partie de la famille, qui n'avait pas donné signe de vie, même à la mort de la mère de Jasper, veuille de lui maintenant. Ils le faisaient sûrement pour l'argent octroyé par l'Etat, voire même pour avoir de la main-d'œuvre maintenant que je savais qu'ils tenaient un ranch.

Il ne me restait plus qu'à me rendre sur place.

J'avais eu beaucoup de mal à avoir les informations concernant Jasper et son placement dans sa famille. Tout ce que j'avais pu avoir comme information sans passer par Jenks était qu'ils habitaient le Texas, mais sans plus.

Je ne comprenais pas d'ailleurs pourquoi ce dernier ne donnait plus de nouvelles à Edward, qui était abattu… et en même temps, si combatif. Il était persuadé que son ami reviendrait et que tout rentrerait dans l'ordre.

Moi, je ne le pensais pas.

Il devait y avoir un souci et j'avais peur que ce garçon soit encore maltraité. Je devais me rendre sur place pour en être sûr et proposer un petit arrangement financier pour récupérer ce garçon. Avant même leur irruption à l'hôpital, j'avais parlé avec Esmée de prendre Jasper avec nous. Mais nous n'avions eu le temps de rien faire et l'Etat avait préféré le laisser à sa famille.

Je devais tout faire pour donner à Edward la force de continuer. Il dépérissait de jour en jour, et ni Esmée ni moi ne parvenions à le remettre sur le droit chemin. Et nous hésitions à l'envoyer en cure à l'hôpital afin qu'il reprenne des forces, cela ne pourrait que le braquer et lui donner peut-être envie d'en finir avec la vie, comme quelques mois plus tôt. Là, il attendait le retour de son ami et foi de Carlisle, j'allais tout faire pour y arriver, si Jasper le souhaitait. Et une petite voix en moi ne cessait de me dire que Jasper était sûrement bien plus qu'un simple ami, mais que mon fils était encore aveugle ou tout simplement apeuré de nous l'avouer. Je pus me souvenir de leur petit jeu au début de leur amitié et cela n'avait pas ressemblé à un vrai jeu… mais plutôt comme une manière de me mettre hors de moi.

Je sortis du bureau, vu l'heure tardive, et descendis à la cuisine. Esmée y était, finissant de faire la vaisselle.

- As-tu eu de bonnes nouvelles mon amour ? Demanda-t-elle.

- Oui. Je vais poser quelques jours de congé à l'hôpital. Je vais aussi devoir me rendre à Seattle pour retirer l'argent à la banque.

Je me servis un verre de jus de fruits et me permis de souffler quelques minutes. Je ne savais plus quoi faire pour rendre le sourire à mon fils et cela me peinait. Je n'avais pas été un bon père à New York, mais depuis notre arrivée ici, j'avais changé et voir mon fils ces derniers mois m'avait fait prendre conscience qu'il était important.

- Tu devrais aller le voir avant qu'il ne dorme.

Je hochai la tête, vidai mon verre, embrassai ma femme qui n'allait pas tarder à me rejoindre et montai à l'étage.

Devant sa porte, je frappai trois petits coups et entrai. Je le trouvai assis à son bureau, endormi une fois de plus sur ses cours.

Il s'était mis en tête de tout recopier pour Jasper, y compris les interrogations et les devoirs. Et il s'appliquait plus sur ces derniers que sur les siens.

Je le pris délicatement contre moi, essayant de ne pas le réveiller et le déposai sous la couette. Je lui embrassai ensuite le front et sans attendre, quittai sa chambre pour me rendre dans la mienne.

Je m'y changeai et me glissai ensuite sous les draps en attendant ma femme.

La seule chose positive dans cette situation était que notre couple s'était renforcé et que l'on s'aimait comme jamais encore.

POV Edward

Je pouvais entendre mon réveil sonner, mais je n'avais pas envie de tendre le bras pour l'éteindre. J'avais mal partout, ma tête était encore embrumée, sans oublier cette envie toujours présente de rester au lit et d'attendre.

De ses nouvelles, son retour…

Je n'arrivais pas à croire qu'il m'ait oublié si vite, alors qu'il comptait pour moi. Il était important et j'étais sûr qu'il allait revenir. Il ne pouvait pas m'abandonner.

Décidé à me lever, j'éteignis le réveil et sans attendre, filai à la salle de bains. Je me déshabillai et pris une douche rapide. Voir ensuite mon visage creusé dans le miroir me donna envie de vomir, mais mon estomac vide fut compréhensif et ne me donna pas matière à remettre quoi que ce soit.

Une fois prêt, je pris mes affaires de cours et descendis à la cuisine. Maman m'avait préparé mon petit-déjeuner, mais je n'avais pas le cœur à manger des œufs avec du bacon. Je choisis plutôt de me servir un bol de céréales et en mangeai la moitié. Je vidai tout de même un verre de jus de fruits, sachant que sans ça, je serais incapable d'écouter toute la matinée de cours.

- Fais attention à toi mon chéri, dit ma mère avant que je ne quitte la maison pour me rendre au lycée.

Comme à chaque fois, sans rien faire pour changer ma route, je passai par chez Jasper avant le lycée. Voir sa maison sans âme qui vive me remit une fois de plus une claque.

Mais je ne pleurais pas, j'avais trop de rancœur pour ça. Une petite voix ne cessait de me dire qu'il m'avait juste oublié. Nous n'avions été amis qu'à peine un mois.

Un mois qui m'avait paru durer des années. Un mois où je n'avais pas été seul.

Je me rendis ensuite au lycée et plus précisément en salle de cours. Je m'assis à notre place habituelle et sortis mes affaires.

Le prof arriva et quelques minutes plus tard, donna son cours. J'écrivis tout ce qu'il disait avec soin, n'omettant aucune remarque ni question venant des élèves. J'avais besoin de tout noter pour qu'une fois de retour, Jasper ne soit pas perdu.

Quand la matinée prit fin, j'avais mal aux mains, mal au dos et faim. Je pris la direction de la cafétéria avec rapidité et y pris une pomme ainsi qu'un soda pour ensuite retourner à la voiture tout aussi rapidement.

Une fois à bord, je démarrai en trombe et roulai le plus vite possible vers la falaise, seul endroit où je daignais diner. Je n'avais pas envie de rester au lycée et ici, c'était le seul endroit où je me sentais à peu près bien.

Une sorte de piqûre de rappel. Une sorte de manière de me faire espérer son retour, de ses nouvelles. Savoir qu'il allait bien.

Pourquoi donc n'avais-je pas un coup de fil venant de sa part ?

Pourquoi donc m'avait-il abandonné ?

Trop de questions se bousculaient dans ma tête et en même temps, je me disais qu'il reviendrait, que cela n'était qu'une question de jours.

OoOoOoOoO

Je regardais la télévision avec mes parents et je n'avais qu'une envie, monter dans ma chambre et recopier les cours de la journée. Mais j'avais promis de rester un peu, alors je tentais tant bien que mal d'apprécier ce moment.

- J'en profite pour vous annoncer que je vais devoir partir ce weekend, pour une convention à Los Angeles.

- Bien, soufflai-je.

J'avais envie de rétorquer que cela ne changeait rien qu'il soit là ou pas, mais cela aurait été un mensonge. J'avais remarqué ses efforts pour me montrer qu'il était présent et je devais avouer que l'absent en ce moment, c'était moi. J'étais ailleurs.

J'étais à l'hôpital, avec Jasper. J'étais à la falaise avec Jasper. J'étais dans ma chambre avec Jasper.

Mais en définitive j'étais seul avec moi-même. Laureen venait bien de temps en temps me rejoindre le samedi à la falaise, j'avais même plus d'une fois profité d'elle sans être violent. Mais c'était rare car Laureen était trop pot de colle ensuite, ne comprenant pas que je voulais rester seul après ces moments-là.

Je baillai, fatigué malgré tout, ne dormant pas les nuits. J'imaginais mon ami se faire tirer dessus, tout en revoyant aussi Judith. Chaque réveil pendant la nuit me donnait envie de hurler et pleurer, mais je restais le plus souvent le regard dans le vide, attendant que le sommeil revienne.

- Tu peux aller te coucher mon chéri, dit ma mère.

Elle se leva et vint m'embrasser le front, avant d'aller en cuisine. Elle revint quelques minutes plus tard avec une tasse de thé pour elle. Elle avait cessé de me demander chaque soir si je voulais un chocolat chaud, la réponse étant toujours négative.

Je ne fus pas long à être sous mes draps. Mais comme à chaque fois, alors que je n'avais même pas eu vraiment le temps de m'y habituer, je voulus les bras réconfortants de Jasper, je voulais sentir la peau douce de Judith. Mais ni l'un ni l'autre n'était possible et rapidement, je fermai les yeux.

POV Carlisle

Je me tenais là, bagage à la main, une petite file de personnes devant moi. Je n'aurais pas cru qu'il y en aurait autant pour louer une voiture. Je devais aussi avouer que malgré la saison, il faisait encore assez lourd. Pas comme en été, mais assez pour que mon pull et ma veste soient de trop. Une fois une voiture louée, j'allais certainement ne garder que la chemise et ranger mon pull dans ma valise.

Quand ce fut à mon tour, il ne me restait plus grand choix et je dus louer un Pick-up noir, qui me coûta trois fois plus cher qu'une petite voiture. Mais bon, je n'étais pas à quelques dollars près.

Je lus les conditions et signai avant de prendre les clés. Je me rendis ensuite dans une échoppe et achetai une carte de l'état. J'avais une adresse, mais aucun itinéraire de fait. J'osais juste espérer que je puisse y arriver avant la nuit, sinon, j'allais devoir sans doute rallonger mon séjour.

Une fois au volant, avant de démarrer, je défis mon pull et soupirai. Autant à Forks il faisait froid, autant ici, il ne faisait pas les mêmes températures.

Je regardai ensuite l'adresse donnée par Jenks et analysai ensuite la carte. Je pus me rendre compte que le trajet allait être assez facile mais remarquai quand même que le ranch était assez isolé.

Une boule au fond du ventre, je démarrai et espérai que j'avais tort de penser ça, que j'avais tort de penser que ce garçon qui avait failli mourir était une fois de plus maltraité.

La route fut trop longue à mon goût, malgré la radio allumée. Je ne cessais de penser à Edward, son état, son amitié. Voir son fils se laisser aller était très dur et je n'avais pas envie de le voir de sitôt dans une caisse en bois, plus pâle que la mort. Je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour lui rendre le sourire.

Mais et si…

Et si Jasper était heureux, et si Edward lui rappelait seulement trop de mauvais souvenirs et qu'il avait pris son départ de Forks comme un nouveau départ ?

S'il avait abandonné et même oublié mon fils, s'il s'en foutait comme de sa première tétine que mon propre fils l'attende ?

Je devais penser à toutes les éventualités et j'avais de plus en plus peur au fur et à mesure des kilomètres, que j'avais tort d'être venu. Mais je continuais tout de même à rouler, désirant entendre Jasper me dire qu'Edward était du passé.

Je pouvais voir le soleil commencer à se coucher et regardai la carte, m'aidant du panneau que je venais de dépasser pour savoir où j'étais. Je me rendis compte qu'en fait j'étais aux abords du ranch et ralentis, ne sachant pas comment aborder cette famille.

Je vis plus loin une personne en train de travailler à la clôture et décidai de m'arrêter pour demander mon chemin. Si c'était un membre du ranch au moins, c'était une bonne entrée en matière. Je m'arrêtai et klaxonnai. Quelle ne fut pas ma surprise.

- Jasper ?

- Monsieur Cullen, dit-il tout sourire.

Je coupai le moteur et descendis, alors qu'il passait par-dessus la barrière de bois, faisant tomber son chapeau. Il le ramassa et vint à ma rencontre. Son visage changea et il se planta devant moi, intimidé et… mal à l'aise.

- Comment vas-tu ?

- Bien, souffla-t-il.

Il releva la tête et je pus voir ses yeux. Ils étaient humides.

- Est-il arrivé quelque chose à Edward ?

Je restai interdit. Sa voix démontrait qu'il était vraiment inquiet, mais pourquoi le laisser sans nouvelles dans ce cas ?

- Il se porte… bien, mentis-je.

Je devais d'abord savoir si tout se passait bien ici et s'il était vraiment le genre d'ami à oublier mon fils.

- Pourquoi êtes-vous là ?

Il gratta le sol avec sa botte et ajouta :

- Pas que votre présence me dérange Monsieur, elle me fait même très plaisir. Vous me manquez tous un peu…

- Pourquoi ne pas donner de tes nouvelles alors ? Lançai-je sans pouvoir me retenir.

Il sembla choqué et se ferma, avant de murmurer :

- Edward vous a sûrement menti, je lui écris chaque semaine depuis mon arrivée. Et ce n'est pas moi qui ai changé de numéro de téléphone Monsieur. J'ai tenté de vous joindre.

Changé de numéro ? Lettre ?

- Jasper, je te promets que nous ne recevons aucune lettre de ta part depuis ton départ de Forks et nous n'avons pas changé de numéro de téléphone.

- Quoi ? Comment ça ? Je donne mes lettres à mon oncle chaque maudit vendredi ! Arrêtez de vous…

Il se stoppa et regarda derrière lui puis posa de nouveau son regard sur moi. Il était dur… et légèrement voilé par la colère. J'eus un mouvement de recul, mais ses yeux se firent plus doux et il hocha négativement la tête.

- Je ne comprends pas… ils sont très gentils avec moi, même quand je suis malade et je l'ai souvent été. Ils… Pourquoi auraient-ils fait ça ?

- Je ne sais pas, avouai-je.

Je n'aurais pas pensé qu'ils soient gentils avec lui… mais cela n'avait pas de sens de le couper de nous. Parce qu'il ne faisait aucun doute que c'est qu'ils tentaient de faire. Si je n'étais pas venu, Jasper auraient toujours cru que nous l'avions abandonné.

- Ecoute Jasper, je suis venu ici… Laisse tomber, finis-je.

Je ne savais même pas pourquoi j'étais venu. J'avais pressenti qu'il était encore maltraité et j'étais venu pour le délivrer. Maintenant, j'avais plus l'impression d'être un homme de pouvoir pensant tout avoir et tout faire. Un peu comme j'avais cru l'être à New York. Mais je n'étais plus cet homme-là.

Je sentis une main se poser sur mon épaule et en fus soulagé. Je n'avais pas envie d'être jugé pour quelque chose que je n'avais pas eu l'intention de faire.

- Comment va-t-il ?

- Mal… très mal.

- Oh…

POV Jasper

J'étais là, perdu et choqué. J'avais l'impression d'être un animal vendu au plus offrant… quoi que je préférais malgré tout repartir avec Carlisle. Mais je devais me plier à cette foutue loi. J'avais bien sous-entendu que je pouvais rester ici jusqu'à mes dix huit ans en février prochain, mais… l'envie n'y était plus. Ils m'avaient menti… sur Edward.

Il me manquait chaque putain de jour ici, dans ce Texas si différent de Forks et j'avais cette boule dans le ventre depuis que son père et moi avions discuté dans la voiture.

Il m'avait expliqué en détail le pourquoi de sa venue, cette sensation que j'étais en danger. Il y avait bien la raison d'Ed' se laissant aller, une fois de plus, mais j'avais pu me rendre compte que son père voulait aussi que je sois bien traité. Ce que j'avais été jusqu'à présent.

Mais je voulais retourner auprès d'Edward, je voulais pouvoir le serrer contre moi, retrouver mon ami, mon frère.

Je n'arrivais toujours pas à comprendre pourquoi ils avaient tenté de faire croire que j'avais été abandonné et oublié. Qu'avaient-ils à gagner ?

Qu'avaient à gagner Peter et Maria ?

Certes, cette dernière n'avait pas fait attention à moi, mais Peter avait été là chaque jour, et encore plus quand j'étais malade, à prendre soin de moi, à rester à mon chevet jusqu'au matin, dormant dans le fauteuil présent dans ma chambre.

J'avais été beaucoup malade depuis mon arrivée ici, mais j'avais mis ça sur le compte de ma quasi mort par balle. Mes défenses devaient être plus faibles.

Entre mes nuits impossibles à cause des cauchemars et celles où je dormais comme une masse ne me souvenant de rien, c'était une énigme qui malgré tout me permettait de tenir debout. Sans oublier les réveils courbaturés, malade comme un bœuf.

- 50.000 $ ! S'exclama Carlisle.

- Jasper n'est pas à vendre, répondit Peter impassible.

- Je le sais ça, dit Carlisle la colère au visage. Mais il vient de vous dire qu'il voulait revenir à Forks. Vous ne pouvez pas le retenir éternellement. Et nous avons plus de moyen pour prendre soin de lui. Signez ces foutus papier ! Qu'est-ce qui vous retiens ? Je vous offre plus du double que ce qu'il vous rapporte avec l'Etat !

Je pus voir que le père de mon ami était à bout.

Mais… une sensation de bonheur étreignait mon cœur, surtout depuis qu'il avait avoué que sa femme et lui voulaient m'adopter afin que je sois à l'abri. Ils me voulaient moi… l'enfant que mes propres parents avaient renié.

Mais Peter et Maria ne voulaient pas que je parte, ils ne le voulaient pas. Carlisle avait alors augmenté la somme, devenant ridicule. Je n'allais pas les laisser payer autant alors qu'une fois février passé, je pourrais les rejoindre. Tant qu'Edward allait mieux, je pourrais patienter.

Il pourrait même venir me voir, si ses parents étaient d'accord.

- Nous le traitons comme notre fils ! Gueula Peter.

Sa femme sursauta et le regarda avec quelque chose dans le regard, mais elle baissa les yeux. Je pus voir qu'elle serrait ses poings et je me demandai soudain pourquoi.

Certes, elle m'avait expliqué qu'elle n'avait jamais pu avoir d'enfant et que ma venue ici était un rayon de soleil, mais après la première fois où j'avais été malade, elle avait pris ses distances avec moi. Je la comprenais. Ce n'était pas marrant de devoir s'occuper d'un malade. En plus, je n'étais pas d'une grande aide au ranch. En même temps, quand je voyais le danger, j'y allais en trainant les pieds. Maria revenait souvent blessée. Mais c'était une femme dure et courageuse. Moi, j'avais peur d'un simple taureau en colère. J'avais failli faire dans mon froc quand il avait chargé sur moi, malgré la barrière nous séparant. Et à l'école, je n'étais pas intégré. Mais j'y allais tout de même, même si j'étais un paria.

Ca ne me dérangeait pas, même si je m'étais habitué à parler à quelqu'un. Enfin, Edward… et Laureen aussi.

- Laisse le petit partir, souffla soudain Maria.

Peter la regarda avec de la haine pure.

Me prenait-il pour son fils ?

Peut-être. Nous passions vraiment beaucoup de temps ensemble.

- Non. Il est ici chez lui.

- Si vous signez les papiers ici présents vous déchargeant de Jasper et me laissant ainsi avoir sa garde, je vous offre 100.000 $. C'est ma dernière offre, soupira Carlisle en frottant son visage et en se laissant aller sur sa chaise.

Mes yeux s'écarquillèrent, encore plus choqué. Je me fis alors connaitre, certain qu'ils m'avaient tous oublié.

- Non… c'est bon. Je vais rester ici jusqu'à mes dix huit ans, annonçai-je. Et puis, si vous voulez toujours de moi, dis-je en regardant Carlisle, je viendrai chez vous. Essayez juste de faire remonter la pente à Edward d'ici là, finis-je en souriant.

Je ne voulais causer aucune peine à qui que ce soit. Et si Peter refusait de telles sommes, c'était qu'il devait m'aimer. En lui laissant deux mois pour mon départ, il aurait sûrement moins de peine.

Carlisle hocha la tête et Peter me regarda bizarrement.

- J'accepte, dit-il en prenant le stylo.

Il signa et se leva, puis vint me prendre dans ses bras. Il me serra contre lui de toutes ses forces et je le laissai faire, lui rendant son étreinte. Ses mains se posèrent dans le bas de mon dos et me rapprochèrent encore plus de lui, au point de quasi m'étouffer. J'eus les larmes aux yeux.

- Merci du fond du cœur, soupira Carlisle en rangeant les papiers.

Venait-il vraiment de payer une telle somme pour m'avoir ?

Enfin… je n'étais pas une chose et il me l'avait bien fait comprendre sur le chemin jusqu'ici, mais je ne m'étais pas attendu qu'il propose autant d'argent.

- J'aimerais que vous nous laissiez maintenant. Il sera prêt à partir demain matin. Laissez-nous juste en famille une dernière fois.

Carlisle ouvrit la bouche, mais la referma. Il vint poser sa main sur mon épaule et quitta la pièce. Je pus entendre le bruit de la voiture démarrer et puis s'éloigner.

- Bon… je vais préparer le repas, ajouta Maria avant de quitter la pièce à son tour.

- Et si on allait préparer tes bagages, jeune homme ? Souffla Peter au creux de mon cou.

Je hochai la tête et le suivis jusque dans ma chambre. Une fois arrivé, nous fîmes mes bagages qui se résumaient à peu d'affaires. Quoi qu'avec tout ce qu'il m'avait acheté comme chemises et Jeans, j'avais de quoi mieux remplir ma valise.

Puis nous descendîmes et nous mîmes à table. Peter fit comme si de rien était, remercia Dieu pour ce repas comme chaque jour et je me demandai si je n'avais pas fait une bêtise.

J'avais certes envie de revoir Edward… mais Peter allait me manquer malgré tout. Il aurait pu devenir le père que j'avais cru avoir eu un jour et qui n'était qu'une illusion.

Une fois le repas finit, nous allâmes comme quelquefois tirer sur des canettes de soda. Il m'avait appris le maniement des armes afin que je puisse me défendre. J'avais eu besoin de son aide au début, parce que l'arme avait un recul, alors il se plaçait dans mon dos et me retenait.

Si avant, je n'arrivais pas à toucher une seule cible, j'arrivais désormais à toucher une ou deux des cinq canettes. J'étais fier de moi. J'avais la sensation que j'aurais réussi à me défendre mieux cette nuit-là, celle où mon propre père était venu me tuer dans ma chambre.

- Je t'offre une bière Jasper ?

- Hum… oui, pourquoi pas, dis-je en allant remettre les canettes en place.

Quand je revins, je pris la bière tendue et bus une gorgée, avant de tousser.

- C'n'est pas de la bibine. C'est une bière à la téquila, c'est Colin qui en ramène du Mexique.

Je grimaçai mais repris une gorgée. Je devais avouer que ce que j'avais pu boire avec Edward était plus fort… j'avais donc connu « pire ».

La soirée continua jusqu'à ce qu'un mal de tête pointe le bout de son nez. Mais en même temps, j'avais bu trois bières… donc, un peu normal.

- Allez, on devrait te mettre… au lit, termina-t-il en tirant un dernier coup de feu.

Je ne dis rien, me sentant vraiment mal. C'était beau d'être ivre le soir de mon départ. Il rangea et m'aida à me rendre à ma chambre avant de m'y laisser et de revenir avec un linge humide et une bassine.

Je filai enfiler le pyjama que j'avais laissé dans la commode et revins ensuite. Il m'ordonna de m'allonger et il déposa le linge sur mon front tout en rigolant de mon faible état.

Je m'endormis rapidement.

OoOoOoOoO

Je mangeai avec appétit ce petit-déjeuner préparé par Maria. Je devais avouer que je m'étais réveillé avec certes un mal de tête horrible, ainsi que le corps courbaturé comme souvent, mais aussi avec un appétit monstre.

- Tu sais que tu seras toujours le bienvenu ici, dit soudain Peter en buvant son café.

- Oui… merci.

- Ne l'oublie pas, nous serons heureux que tu reviennes. Ne fusse qu'en vacances et plus tard, avec ta femme et tes enfants.

Ses yeux s'illuminèrent à ce mot et j'eus encore cette sensation de remords, vite oubliée, honte à moi, au souvenir de mon ami qui allait bientôt pouvoir me serrer dans ses bras et au mieux, moi qui pourrais tenter de l'aider, une fois de plus.

Maria se leva, me fit un bisou sur le front et partit tout en disant que les animaux l'attendaient. Elle me souhaita aussi un bon voyage. Le sourire qui prit place sur mon visage informa Peter que j'étais heureux de partir.

- J'ai été heureux de profiter de toi, de ta présence ici. Sache-le.

Je hochai la tête tout en terminant mon bol de céréales. Puis, la voiture se fit entendre et je devins fébrile. J'avais la sensation que j'allais enfin rentrer chez moi, mon vrai chez moi… dans les bras de mon ami. Même si j'allais devoir encore patienter, ayant appris par Carlisle qu'il était venu seul, ne voulant pas donner de faux espoir à son fils.

Il n'avait pas été complètement sûr que je n'avais pas coupé les ponts moi-même et je devais admettre que si ça avait été le cas, Edward aurait été plus que blessé… sûrement comme moi je l'avais été.

Profitant de mes dernières minutes ici, j'osai poser la question qui me perturbait depuis la veille.

- Peter, pourquoi m'avoir menti pour Edward. Avec les lettres et le téléphone.

- Je voulais te garder près de moi aussi longtemps que je le pouvais.

- Oh…

La sonnette retentit et Peter se leva. Il dit avant de passer la porte pour aller ouvrir :

- Je ne t'ai pas vendu. Mais… le père de ton ami est têtu et le ranch avait besoin de travaux. Et puis, Maria…

Il ne finit pas sa phrase et quitta la pièce.

Ouais, je commençais à comprendre. Maria ne m'aimait pas tant que ça au final.

Carlisle fut dans la pièce rapidement et vint m'enlacer. Il donna ensuite le reste des papiers à Peter. Je compris malgré leur ton plus bas, qu'un certains Jenks avait réglé les détails les plus importants et qu'il avait besoin de deux trois signatures. Il lui remit aussi une valise avec l'argent et je me sentis soudain mal.

J'allais me faire un devoir de rembourser cet argent, foi de Jasper. Je n'arrivais même pas encore à bien y croire. J'aurais pu me penser dans un film avec la Mafia ou un truc du genre. Un esclave vendu au plus offrant.

Je grimaçai soudain, ayant une fraction de seconde pensé au genre d'esclave sexuel qui était réellement vendu comme ça dans le monde. Ses pauvres filles vendues comme de la viande, battues et droguées. Violées.

Mes poings se serrèrent et bien trop vite, je fus dans la voiture, la main de Carlisle sur ma cuisse, moyen sûrement de me rassurer sur les choses à venir. Il m'informa que son fils n'était pas au courant et qu'il pensait même lui cacher mon retour comme une surprise. J'acceptai et m'imaginai déjà au pied du sapin, Noël approchant, avec un nœud rouge.

Je souris, et posai la tête contre la vitre, regardant ce paysage défiler.

Je devais avouer au plus profond de moi-même que malgré tout ce qui était arrivé à Forks, j'étais content d'y retourner. Dans une famille qui voulait de moi.

Carlisle l'avait assez répété sur les premières minutes du retour. Il ne le faisait pas que pour Edward. Il le faisait aussi parce qu'il se sentait coupable de n'avoir rien vu pour mon père et que quelques fois à l'hôpital, il avait déjà émis l'idée de vouloir m'adopter… enfin, devenir mon tuteur légal vis-à-vis de la loi.

Et j'étais content de ça… même si je savais qu'une fois les émotions de mon retour dissipées, je m'en voudrais et me sentirais coupable.

La fatigue malgré ma nuit complète revint comme un boulet de canon et je fermai les yeux, bercé par la musique et le bruit léger du moteur.

J'allais bientôt revoir Ed'.

Pov Edward

Je trainai des pieds. Vraiment, quelle idée de m'amener faire du shopping avec tout ce que je devais faire pour la rentrée. J'avais des tas de copies à mettre au propre, ainsi que les devoirs. Et ma mère n'avait rien trouvé de mieux que m'amener ici.

Sur le trajet elle m'avait affirmé que je n'aurais pas à passer par la torture des cabines d'essayage et je me demandais maintenant pourquoi elle avait eu besoin de ma présence.

Elle prenait des tas de choses dont je n'avais pas besoin, sans même me demander mon avis, mais je la laissais faire. Elle devait sûrement combler son manque de père, parti depuis deux jours à présent.

- Mon chéri, nous avons fini.

Je soupirai de contentement et la suivis à la caisse. Je ne réagis pas à la pile de nouveaux vêtements achetés sachant que je n'allais sûrement pas les toucher. J'aimais mes habits actuels.

Nous fûmes rapidement dans la voiture et la musique envahit l'habitacle. Esmée commença à chanter, et bien obligé afin qu'elle ne soit pas triste de mon refus, je l'accompagnai au chant.

Elle faisait son possible pour me rendre la vie plus facile, et encore plus depuis le départ de Jazz. Elle m'aimait, ainsi que mon père… et j'avais comme l'impression de devoir leur rendre la pareille. J'étais conscient que j'avais de la chance. D'autres parents auraient déjà pété les plombs et m'aurait fait interner à l'hôpital pour que je reprenne des forces et soigne ma dépression.

J'avais entendu les professeurs en parler dans mon dos. Selon eux, je devrais déjà être sous traitement. Laisser mon état s'empirer était dangereux mais papa avait été catégorique, il me laissait une chance de remonter seul avant d'en arriver là, il me faisait confiance. J'avais donc essayé… vraiment. Mais là… les mois passés me donnaient juste envie de tout abandonner.

Sans m'en rendre compte, ne dormant pas beaucoup, je fermai les yeux et les ouvris en me sentant secoué. Je vis ma mère au-dessus de moi, un sourire triste et inquiet sur le visage. Oubliée la mère heureuse et souriante, revoilà la mère inquiète qui donne envie de pleurer et de s'excuser. Mais je ne le fis pas et sortis de la voiture.

- Tu devrais aller te coucher mon chéri.

- Uhm… ouais. Bonne nuit.

Je n'attendis pas et rentrai à la maison. Je montai quatre à quatre les escaliers et pénétrai dans ma chambre. Je restai figé.

Jasper…

Jasper était là…

- Salut, murmura-t-il.

Les larmes me montèrent aux yeux… ainsi qu'une colère sans nom. Il revenait avec un « salut » ?!

Comment osait-il ?

Mais une paire de bras me serrant me fit rendre les armes et je le serrai à mon tour.

- Comme tu m'as manqué… si tu savais, souffla-t-il.

Il pleura ensuite, tout comme moi, je m'en rendais compte maintenant. Je le serrais aussi fort dans mes bras, c'est-à-dire pas grand-chose, vu le peu de force que j'avais.

Après un temps, il se détacha de moi et m'affirma en me regardant dans les yeux :

- Plus jamais on se séparera, plus jamais.

- Plus jamais, soufflai-je.

Il m'embrassa rapidement, de manière chaste et cela me fit me souvenir de notre premier baiser… ce pacte d'amitié.

Je souris, lui rendis la pareille puis le serrai de nouveau dans mes bras.

Le temps n'était pas aux questions, ni aux remords.

Juste à nous…


Voilà, voilou. Le chapitre 21 est enfin publié. Il fait 16 pages et 5.223 mots.

J'espère que cette suite vous a plu ^^

Pour le fait que Carlisle « achète » la garde de Jasper, je sais que ça fait un peu film, mais je pense que dans la vraie vie, dans une telle situation, cela pourrait être probable. Si pas, tant pis, j'étais obligée d'en passer par là :-( Ca parait sûrement surréaliste, mais… Sachez que chaque chose est là pour une raison qui n'est pas forcément expliquée tout de suite, mais qui aura toujours de l'importance plus tard. Comme le titre de cette fic le dit « Le destin sait toujours ce qu'il fait » xDDD

Pensez à laisser un petit mot, il me fera plaisir…

Je vous donne rendez-vous rapidement pour la suite. Elle sera là avant l'année prochaine, promis juré. [Edit : elle est même déjà entamée - donc, comptez l'avoir pour septembre, vu que je ne publie rien en juillet et août]

Gros bisou et à très bientôt ici avec le chapitre 22 : « Les retrouvailles » ou ailleurs.

Jes Cullen-Malfoy

Chapitre 21 « enfin » publié le 04 juin 2013