Des hululements, des cris, des petits bruits qui faisait que la nuit était effrayante. Ses pas raisonnaient dans la nuit. En avançant, il faisait fuir les oiseaux. Il n'était pas effrayant le moins du monde. Il était habitué, depuis le temps qu'il habitait ici. Ses yeux bleus azur avaient des reflets magnifiques avec la lune, ses cheveux bouclés étaient mouillés de sueur. Depuis combien d'heures était-il sur la route ? Il ne les comptait plus. Il retournait à sa cabane. Soudain, un orage éclata. Il s'arrêta et leva la tête, regardant la lune qui se cachait derrière les nuages. Il inspira profondément. L'odeur de la pluie envahit ses narines et un fin sourire étira ses lèvres. Il aimait la pluie. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il aimait ça. Il recommença alors à avancer, mais au pas de course. Soudainement, alors que sa cabane n'était pas loin, il aperçut une ombre, non loin de lui, étendu dans un immense buisson de baies rouges. Inquiet, il s'approcha. Il scruta l'ombre et découvrit un homme, le visage en sang, ses cheveux probablement blonds recouverts de brindilles. L'homme ouvrit de grands yeux et découvrit le bas de la chemise ensanglanté. Hésitant, il déboutonna la chemise du blond et ne découvrit aucune plaie. Mais d'où pouvait bien venir cet homme. Alors, il leva ses yeux azurs et découvrit une falaise. Il fronça les sourcils. Il semblait réfléchir. C'est alors qu'il se retourna subitement vers l'homme étendu dans le buisson.

- Ben merde alors murmura-t-il...

Il recommença alors à courir vers sa cabane. Il fallait qu'il le sorte de se buisson, mais il n'avait pas la force nécessaire pour soulever cet homme. Chez lui, prêt de sa cabane, il avait un traîneau, hérité de son oncle qui vivait au Canada. Et il avait aussi récupéré ses chiens. Jamais il n'avait fait de traîneau, mais il fallait bien essayer, un jour ou l'autre.

* * *

Il avait enfin attelé ses chiens. Nerveux comme jamais, il serra les rênes et cria :

- Allez ! Allez !

Les chiens, qui n'avaient pas courus depuis des mois, foncèrent, droit devant. L'homme, ne pouvant pas les contrôler, surpris par le départ soudain, fut éjecté en arrière. Il tomba sur l'arrière train. Il se releva, tapa sa chemise pour faire s'envoler la poussière et il courut. Il courut jusqu'à ce qu'il retrouve ses chiens, le traîneau part terre. Il leur enleva leurs filets et il partit à la recherche du buisson. Il le trouva enfin, près de la falaise. L'homme soupira et, prenant son courage à deux mains, prit le blondinet sur son dos. Ne sachant pas comment il avait fait pour le monter là-haut, il sourit, heureux d'avoir réussi la moitié de son objectif. Puis il se mit en marche, rentrant à la cabane, ses chiens le suivant docilement. L'homme, pendant tout le trajet, se demanda comment il avait fait pour se retrouver ici, et comment il avait fait pour survivre. Bien-sûr, le buisson arrangeait un peu les choses, mais quand même, cet homme avait eu une chance inouïe ! Et l'homme continua sa marche, trébuchant un peu sous le poids du blond.

- TM-

Une jeune femme brune, avec des yeux verts émeraude magnifiques, dormait sur son lit d'hôpital. Cela faisait deux jours qu'elle avait perdu son ami et collègue, Jane. Patrick Jane. Un homme anéanti par son sombre passé, arrogant et gamin, qui aimait piquer les gens aux vifs, mais qui, au fond, avait un coeur gros comme ça... Elle ne s'en remettait pas. Elle ne s'en remettait jamais. Dès qu'elle se réveillait, elle essayait d'apercevoir les yeux brillants de son consultant, mais la seul paire d'yeux qu'elle voyait, c'était celle de l'infirmière qui s'occupait d'elle. Plusieurs fois, Lisbon avait fini dans ses bras. Elle en avait honte, en y repensant, mais qu'y pouvait-elle...

La jeune femme fini par ouvrir les yeux. Elle observa la pièce quelques secondes, la balayant des yeux, avant de les refermer subitement. Jane ne reviendrait pas, il ne fallait pas qu'elle se voile la face. Le souvenir de son enterrement était encore très douloureux. Et puis il y avait ce baiser. Oh mon Dieu, ce baiser qui voulait tout dire. Elle n'arrêtait pas d'en rêver. Elle n'arrêtait pas de penser qu'il reviendrait, qu'il franchirait la porte avec son grand sourire énervant, et que, sans qu'elle s'y attende, il déposerait ses lèvres sur les siennes. Mais bien-sûr, cela ne pouvait plus arriver. Il était... Il était mort. Mort. Véritablement mort. Il ne faisait pas semblant d'avoir disparu pendant des mois. Là, aujourd'hui, quand elle y pense, il est réellement mort. Les larmes ne déborde pas de ses yeux, aujourd'hui, car enfin, elle vient de se rendre compte qu'il ne reviendra pas, et qu'espérer ne faisait que rouvrir la blessure un peu plus profondément à chaque fois...

C'est alors que l'infirmière arriva. Elle se posta devant la brunette et avec un petit sourire, dit gentiment :

- Bonjour, Teresa. Bien dormi ?

Lisbon releva la tête et lui sourit à son tour. Cette bonne femme était tout bonnement un appui pour elle. Sans elle, elle ne s'en sortirait pas.

- Bonjour, Melody. Hum... Répondit-elle à son tour.

Melody, qui changeait la perfusion de Lisbon, s'assis au bord du lit et la regarda dans les yeux avec un air compatissant :

- Teresa. Vous avez encore rêvé de lui ?

- Oui... Oui, mais ce n'est pas de ma faute. Il est entré dans ma tête et il ne veut plus en sortir ! Tout ça à cause de... !

Mais Lisbon, pudique comme elle l'était, se bloqua instantanément. Elle baissa la tête en même temps que le regard et elle inspira profondément. Elle ne pouvait pas lui dire ce qu'ils avaient fait, même s'il ne s'agissait que d'un baiser très, trop furtif. L'infirmière eu un petit sourire. Il fallait être aveugle pour ne pas voir que cet homme et elle avait vécu des choses extrêmement fortes. Alors, la blondinette se releva, défroissa sa blouse en passant ses mains dessus et dit doucement :

- Teresa, vous savez, si vous voulez parler, je suis là, juste à côté. Infirmière est mon métier, mais je peut aussi être une oreille qui vous écoute.

La brunette lui sourit et Melody lui rendit, avant de sortir de la chambre.

-TM-

L'homme avait déposée Jane sur son lit, et depuis, il attendait. Il lui avait mit une serviette mouillé sur le front, car ce dernier faisait de la fièvre. Depuis, Jean, le grand bonhomme des bois, attendait que le blondinet se réveille. Jean somnolait sur une chaise, veillant à ce que la température de l'homme blond baisse assez pour enlever la serviette. Cela faisait des heures et des heures qu'il attendait. Peut-être devrait-il l'emmener à l'hôpital... A cette pensée, Jean se leva, prit doucement l'homme dans ses puissants bras, et l'emmena à sa voiture. Une vieille oldsmobile. Il l'allongea sur la banquette arrière et démarra.

Jean arriva enfin à l'hôpital. Il prit de nouveau Jane dans ses bras et l'emmena à la réception des urgences. Une secrétaire l'accueillit et prit Jane avant de l'emmener dans une salle de soin. Jean s'assit dans la salle d'attente et patienta. Le géant des bois ne se doutait pas que juste quelques étages au-dessus se trouvait la "responsable" de l'accident du blond. Non, de cela, il n'en savait rien du tout...

TBC...