Bonsoiiir
On reprend donc le rythme d'un OS/semaine le mercredi ! Encore un angst, beaucoup plus long et travaillé que les deux premiers (et sans les fesses d'Asahi).
Disclaimers : les personnages appartiennent tous à Haruichi Furudate ainsi que l'image de couverture à conmieser sur la plateforme Tumblr
Rating : T
OS écrit par Soyokaze Haru
Lev/Hinata (yasss)
Cet entraînement, le premier en quelques semaines depuis leur cuisante défaite contre Aoba Josai, leur avait une fois de plus laissé un goût amer en bouche.
Plus un seul sourire n'ornait le visage des membres de Karasuno et un sentiment de frustration s'était peu à peu installé, dissipant chacun et rendant leurs actions mornes et mécaniques.
Hinata n'était lui-même pas en reste : celui qui n'avait de cesse de faire le pitre ne levait pas une fois les yeux du sol, la gorge nouée et les bras ballants.
Cependant, le jeune homme avait un échappatoire : son petit paradis, là où il pouvait soulager ses paumes et son cœur.
Lorsque la séance arrivait à son terme et que les joueurs, bredouilles, dénouaient leurs lacets, Hinata parvenait à esquiver Kageyama et à se glisser hors du gymnase, comme une ombre. Il entamait alors un sprint jusqu'à la bibliothèque locale et pénétrait dans le bâtiment, essoufflé. Un rapide bonsoir au gérant et ses jambes le menaient presque machinalement à travers les couloirs éclairés. Ce n'était que lorsque ses yeux tombaient sur lui que le souffle d'Hinata se régulait, qu'il se glissait parmi les autres enfants et ne le quittait plus des yeux. Lui, le jeune inconnu qui animait le club de lecture des dès trois ans, et qu'Hinata écoutait pourtant avec une délectation toute particulière.
Quelques mèches à l'étrange couleur grise dissimulaient la plupart du temps ses yeux lorsqu'il se penchait sur l'ouvrage posé sur ses genoux. Ce n'était qu'au terme de sa lecture qu'il relevait le regard, rieur, face aux applaudissements des marmots. Le joueur restait à chaque fois brièvement coît devant ses prunelles émeraudes fendues par deux pupilles verticales à la manière d'un félin.
Et parfois, il se surprenait même à fixer ses lèvres ; il se détournait pourtant bien vite, se sentant coupable d'une faute dont il ignorait tout de la teneur.
Son léger accent russe le faisait discrètement sourire, alors que ses grandes mains tournaient pages après pages à une vitesse qu'il ne soupçonnait jamais ; si bien que la séance se terminait bien trop tôt à son goût.
Alors il se levait avec la foule, esquissait un pas en avant, un en arrière, hésitait puis se résolvait finalement à tourner les talons.
Lui parler ? Cela le rongeait ; que n'aurait-il pas donné pour que son regard croise enfin le sien au lieu de se perdre dans la foule informe ? Pour que sa voix douce subsiste encore un peu au lieu de s'éteindre comme une flamme dans les acclamations enjouées ? Rien, et pourtant il s'enfuyait dès que l'occasion se présentait.
Et le même scénario se répétait chaque soir, inlassablement, et son cœur se serrait tandis qu'il se faisait violence pour ne pas faire volte-face.
Cependant un soir, alors que le regard du lecteur suivait les lignes manuscrites comme à son habitude, ses yeux les quittèrent l'ombre d'un instant pour se plonger dans ceux d'Hinata. Celui-ci se figea, le cœur battant, pour fermer instinctivement les paupières de toutes ses forces. Lorsqu'il les rouvrit, le visage du jeune homme était à nouveau penché sur son livre, si bien que le rouquin se reprocha quelque illusion désespérée.
Quand l'adolescent écarta le conte de ses genoux pour clore une séance qui n'avait pour Hinata jamais duré aussi longtemps, il se résigna une nouvelle fois à rentrer tête basse.
Mais dehors, la pluie le surprit et ses pas le guidèrent jusque sous le toit de la bibliothèque. D'ici, il pouvait apercevoir pères et mères prendre la main de leurs enfants qui tentait eux de leur retranscrire les histoires contées durant la soirée.
Quel idiot, il n'avait pas songé à prendre un parapluie... Et alors qu'il allait s'engager dans la rue adjacente en déplorant déjà l'entraînement du lendemain, une impulsion le fit se retourner et courir à la porte.
Dès qu'il en franchit le seuil, il se précipita dans les couloirs sous le regard interrogatif du gérant et senti aussitôt le sol se dérober sous ses pieds.
Il était là, face à lui, seul pour la première fois, de dos et rangeant ses affaires. Il tressauta devant son imposante taille alors qu'il ne l'avait jamais vu autrement qu'assis. Et alors qu'il aurait aisément pu faire demi-tour...
- Euhm, bonjour ?
Le jeune homme tourna la tête et lui offrit aussitôt un sourire tel que son cœur manqua un battement.
- Coucou toi ! Tu sais que le club est terminé n'est-ce pas ? Ta maman n'est pas encore là ?
Crac. C'était sa mâchoire qui s'était décrochée et qui était tombée dans les profondeurs de la terre.
- Euh, j'ai 16 ans...
- Je sais, murmura-t-il avec un petit rire, je plaisantais.
Il se détourna pour saisir la hanse de son sac et le hissa sur ses épaules, en bandoulière. Puis il se dirigea vers le joueur et, le surplombant de quelques dizaines de centimètres, lui tendit la main :
- Moi c'est Lev, souffla-t-il. Ça fait plusieurs fois que je te vois te glisser en douce, le club te plaît ?
- Beaucoup ! s'écria-t-il. Rien ne me remonte autant le moral ! Est-ce que... tu vas continuer à lire ?
- Cool ! Évidemment !
Plus haut perchée, sa voix était davantage guillerette et enjoué. Mais cet aspect ne déplaisait pas à Hinata.
Celui-ci, avec un signe de tête et un grand sourire, lui lança une dernière fois :
- Moi, c'est Hinata !
- Hinata ! le rappela Lev alors qu'il avait déjà tourné les talons.
- Oui ?
- Est-ce que tu... reviendras ?
- Chaque soir, souffla-t-il avec un immense sourire avant de s'enfuir dans la nuit sombre.
La semaine prochaine, une rencontre inattendue sur l'Internet...et des takoyaki.
LÂCHEZ UNE REVIEW
