Bonsuuuar
Voilààà mon troisième OS (5ème de la fic donc), donc je suis particulièrement fière ! Malaise au moment de tirer le ship mais finalement j'ai pu en tirer quelque chose de vrai, qui change radicalement de l'univers du volley et c'est COOL. Bonne lecture !
Disclaimers : Haruichi Furudate pour les personnages et conmieser sur tumblr pour l'image de couv'
Rating : T
OS écrit par SoyokazeHaru
Hinata x Ukai
Après toutes ces années, Ukai Keishin ne déplorait plus le médiocre honneur du travail qu'il s'attelait à accomplir chaque jour. Si celui-ci ne l'avait pas rendu fou avec le temps, cela ne saurait tarder.
Mais pour l'instant, faute d'une qualification si faible qu'elle ne lui ouvrait aucune porte dans le domaine du travail public, cela faisait longtemps qu'il se levait chaque matin et pour quelques sous seulement.
Il avait aujourd'hui vingt-six ans, et en avait assez de rougir lorsqu'on lui demandait des informations sur son emploi. Assez d'être pris pour un clodo lorsqu'il sortait sa guitare et en jouait dans la rue, à même le trottoir. Il animait, à la demande de propriétaires, le palier de leur restaurant, magasin ou encore parc d'attraction pour attirer les clients.
Pas très glorieux. Mais idéal pour élargir votre cercle d'amis, si néanmoins vous tolérez les enflures incluant indolents et hypocrites.
Que ce soit sous un soleil de plomb ou sous une pluie diluvienne, dans les rues les plus vides ou lors de violentes manifestations, il se tenait droit, instrument sur l'épaule et paroles en bouche. Anglais, français, espagnol, son répertoire ne lui refusait rien, à part peut-être ses improvisations sans queue ni tête quand l'ennui se faisait trop ressentir. Elles faisaient rire les passants et grimacer le personnel, mais il ne s'arrêtait que lorsqu'on le lui demandait.
Au début de cette carrière solitaire, il n'aurait jamais joué que pour lui. Et pourtant, un singulier événement datant de ses débuts sur les trottoirs l'avait fait douter de la nature de sa présence dans cette même ruelle.
C'était il y a exactement six ans. À l'époque, ses services avaient été requis par l'organisatrice d'une brocante particulièrement détestable ; le ciel était trop clair, les rues trop désertes, et alors qu'il était plus que tout prêt à donner sa démission...
- C'est quoi ? avait fait une voix fluette.
Ukai avait terminé son morceau, posé son instrument et levé les yeux, pressé de rembarrer ce qui était probablement un énième gamin qui se permettait un commentaire sur sa coupe de cheveux, son sarouel trop ample ou ses tongs qu'il avait avec désinvolture enfilées le matin même.
... Ou sa gueule, tant qu'on y était.
L'enfant en question ne devait pas avoir plus de quatorze ans, et sous une frange de cheveux roux frisés, ne semblait pas porter le regard d'un moqueur.
- De quoi tu parles, gamin ? avait enfin soupiré Ukai, tenté de lui laisser une chance.
- Ta chanson en anglais, c'est quoi ?
- C'est de l'espagnol, avait rectifié l'aîné avec agacement. Et c'est une ode à l'amour.
D'après le regard perdu de son (trop) jeune interlocuteur, il en avait déduit que celui-ci n'en avait pas compris un traître mot.
- Quoi ? C'est pas au programme de CP ? avait-il plaisanté en haussant un sourcil amusé. De toutes façons, tu comprendras quand tu seras plus grand.
- J'ai onze ans ! s'était offusqué l'enfant. Onze ! avait-il répété en appuyant ses dires d'une dizaine de doigts levés.
- C'est ça.
Avec un léger sourire, Ukai avait attrapé la bouteille d'eau fraîche gisant à ses pieds et en avait bu d'une traite son contenu. Lorsqu'il avait finalement reporté son regard autour de lui, le gamin n'avait pas bougé.
- T'es encore là, toi ?
- Est-ce que tu peux m'apprendre à jouer ? avait-il timidement demandé.
- Non. File, maintenant.
- Mais...
Le regard qu'Ukai lui avait alors lancé l'avait persuadé de tourner aussitôt les talons.
Et pourtant, dès le lendemain, il l'attendait de pied ferme.
- Même pas une petite chanson de rien du tout ? s'était-il risqué sans oser lever les yeux vers lui.
Avec un long soupir, Ukai avait hésité quelques instants avant d'adosser sa précieuse guitare à la vitrine et de sortir machinalement une cigarette pour la glisser entre ses lèvres.
- Tes parents te laissent vagabonder tout seul dans la rue comme ça ? avait-il tenté une dernière fois.
Voyant que l'enfant n'ouvrirait la bouche que pour insister encore, il avait cédé et écrasé vivement le mégot qu'il n'aurait eu de toutes manières pas l'humeur de fumer.
- Attends-moi ici, lui avait-il soufflé avant de pénétrer le vieux local, tout en priant pour que le gamin ne lui obéisse pas.
Peine perdu, celui-ci l'attendait toujours sur le palier à sa sortie, après qu'Ukai ait pris soin de signaler sa présence à la maussade responsable (tout à fait inutile d'ailleurs, puisque celle-ci en tenait à peine compte).
Il s'était assit sur la bordure du trottoir, avait attrapé son instrument et en avait gratté instinctivement quelques cordes.
- Alors ? Qu'est-ce que tu veux que je t'apprenne, moi ? lui avait-il lancé d'un ton sarcastique.
Un immense sourire avait pris place sur le visage du gamin qui s'était alors précipité à ses côtés.
- Ce que tu veux ! Au fait, moi, c'est Hinata !
Et c'est ainsi que l'aîné s'était saisit de ses doigts malhabiles pour le guider afin de produire les sons qui raviraient l'enfant.*
D'abord dérangeante, la présence d'Hinata s'était peu à peu révélée plaisante, puis indispensable.
Il avait été la raison de plus, non, la seule raison qui l'avait poussé à sortir de ses draps le matin pour entamer une journée morose et vide aux premiers abords.
Son rire euphorique avait comblé le silence des rues d'été et de ses propres chants que lui-même n'entendait plus.
Hinata apprenait vite. Bientôt, ça avait été une mélodie, puis une chanson complète qui avait pris forme sous ses doigts enjoués ; d'autres fois, il n'était resté auprès d'Ukai que pour l'entendre jouer en fredonnant. Et ce n'était plus pour la poignée de passants qui le remarquait à peine, mais pour Hinata seul.
Cependant, les moments de quiétude ne durent jamais et le jeune homme avait fini par être mis froidement à la porte par la propriétaire pour "profit personnel du travail acquitté". Ukai était retourné dans cette rue quelques jours plus tard dans l'espoir d'y percevoir une chevelure rousse, mais Hinata n'y était déjà plus.
Durant quelques mois, il n'avait eut de cesse de parcourir la rue, voire tout le périphérique de la ville pour le retrouver. Mais l'enfant avait semblé s'être volatilisé, comme un songe à son brutal terme.
Il avait fini, à contrecoeur, par cesser ses recherches, et s'était dans un même temps détaché de son travail qu'il avait alors trouvé sans intérêt.
Puis il y avait peu à peu retrouvé goût, et avait tout compte fait retrouvé l'humidité des trottoirs.
Un "shlong" interrompit alors le cours de ses pensées et il eut un sursaut. Une pièce de deux euros avait atterrit à ses pieds, et le coupable s'éloignait déjà sans un regard en arrière.
- Je suis pas un putain de clodo ! vociféra-t-il, s'attirant des regards courroucés. Garde-la, ta putain de pièce !
- Je sais ce que c'est, fit une petite voix quelque part sur sa gauche.
- De quoi tu parles, gamin ? grogna Ukai, peu disposé à faire la conversation avec un enfant à un tel moment.
Mais lorsque qu'il tourna la tête vers celui-ci, ce n'en était pas un. C'était un jeune homme. Une chevelure rousse surplombait deux yeux brillant, encadrant un visage doux et vif. Et alors que les années avaient durci ses traits, son regard trahissait l'innocence de l'enfance qu'il semblait n'avoir jamais quittée.
Des larmes traîtresse brouillèrent la vue d'Ukai.
- Je sais ce que c'est, sourit Hinata. Une ode à l'amour.
*...AUCUN COMMENTAIRE
Voilà ! On a pas eu de nouvelles reviews mais pas grave, on se laisse pas abattre, on voit que vous êtes pas mal à lire (ou pas ?) du coup on est quand même contentes. On vous fait des bisous et à mercredi prochain, avec une ptite histoire sympatoche et légère, à base de oya oya oya~
