Hallo allerseitsss,
voilà un OS qui me tient à cœur car c'est le plus long OS que je n'ai jamais eu à écrire personnellement ! J'ai eu aussi la pression puisque c'est le premier ship existant du recueil et le premier ship existant que j'ai écrit of my entire life. C'est le pref de Haru, j'espère que pour vous aussi...
Disclaimers : Haruichi Furudate pour les personnages et conmieser sur tumblr pour l'image de couv'
Rating : T
écrit par Akimitsu N
Kuroo x Kenma
- La fac, tout ça, ça se passe bien ?
- Ouais. Je commence à m'intégrer dans ma nouvelle équipe de volley, ils sont sympas.
- Hm. Cool.
- Et Yamamoto s'en sort ? Putain, j'y crois toujours pas que ce soit lui le nouveau capitaine.
- Étrangement bien. C'est comme si le poids des responsabilités l'avaient rendu plus mature. Il gère Lev et les secondes mieux que tu ne l'aurais fait.
Un rire. Amer.
- Kenma ?
- Ouais.
- Faudrait qu'on se voit un de ses quatres. Ça fait longtemps.
- Hm. Je demanderai à ma mère pour les prochaines vacances.
- Ok.
Silence.
- Tu me manques.
Le blond décoloré décola le téléphone de son oreille pour observer l'écran avec nonchalance. Le nom de Kuroo apparaissait éternellement suivi de plusieurs chiffres. Son cœur battait fort à ses tympans et l'assourdissait quand il appuya sur le bouton rouge, laissant un bip bip bip creux résonner dans la pièce. Kenma enroula ses faibles jambes de ses bras fins et laissa échapper un soupir. Il allait le revoir. Il lui avait demandé, parce que lui n'avait jamais eu le courage. "Ça fait longtemps" avait-il énoncé. C'était le cas de le dire, un peu moins d'un an maintenant que le plus âgé avait quitté le lycée, qu'ils s'étaient dit à bientôt. De nombreux moments de solitude, de questionnement, de nostalgie depuis, mais le moment était enfin arrivé.
Deux ou trois semaines plus tard, ledit Kuroo se tenait miraculeusement devant sa porte, un sourire malicieux aux lèvres, comme si ç'avait été simple de commander ces retrouvailles. Il n'avait donc pas perdu cette sale habitude de prendre les gens de haut.
- Salut.
Kenma leva le regard pour croiser celui, brûlant, de son vieil ami. À vrai dire, il avait pas mal changé. Il paraissait plus grand, mieux bâti. Il portait un T-Shirt blanc en lin, un sarouel noir lâche sur ses hanches qui s'arrêtait en dessous des genoux, permettant ainsi la vue de deux mollets musclés parsemés de poils bruns et d'espadrilles plus ou moins blanches. Son torse se devinait, finement dessiné sous son vêtement légèrement transparent, et sa peau, fraîchement bronzée par les premières chaleurs de mai, paraissait douce et avenante. Les mains dans les poches, les sourcils hauts, il attendait vraisemblablement un signe de vie du blond. Celui-ci, après avoir observé chaque chose nouvelle chez son interlocuteur et enregistré les informations, esquissa un petit signe de la main comme salut et l'invita à le suivre dans sa maison. Alors qu'ils s'apprêtaient à monter dans sa chambre, ils croisèrent la mère de Kenma, qui s'exclama avec joie :
- Oh ! Tetsurou-kun, bonjour ! Que tu as grandi depuis la dernière fois ! Tu es chez toi ici, tu sais !
Le concerné la remercia poliment mais avant qu'ils ne puissent continuer leur chemin, elle les interpela de nouveau, une moue contrariée sur le visage.
- Par contre, je refuse que vous passiez votre journée enfermés devant vos jeux vidéos alors qu'il fait un temps merveilleux. Ça fait combien de jours que tu n'as pas vu le soleil, Kozu' ?
Kenma grognait quelques mots comme quoi il était bientôt adulte et qu'elle devrait le laisser tranquille quand un rire grave et taquin lui titilla les oreilles agréablement.
- Tu n'as pas changé, alors, lui chuchota Kuroo.
Le plus jeune lui lança un regard sans émotion, de ses yeux perçants et d'une couleur si particulière. Ils devaient être au départ noisette, mais au fil du temps avaient tourné dans un doré orangé, ou quelque chose de plus abstrait encore. Quoiqu'il en soit ils lisaient en vous comme dans un livre ouvert, sans gêne, sans pudeur. Le grand brun n'avait pas oublié cette sensation que faisait ce regard sur lui, ce frisson le long de l'échine, le battement irrégulier de son coeur. Ce comportement cliché lui fit émettre un petit ricanement. Ça avait son côté ridicule.
- J'imagine qu'on a pas trop le choix. Viens.
Tout en attrapant ses converses blanches et son smartphone qu'il mît dans la poche de son short en jean, Kenma lui indiqua la porte d'entrée.
- Où on va ?
- Je sais pas. On verra.
En sortant de la maison, le passeur de Nekoma regarda à droite puis à gauche, et sembla se décider pour la droite. Kuroo, quant à lui, le suivait à un mètre. Il put enfin le détailler à son tour. Il avait également poussé de quelques centimètres, mais pas assez pour le qualifier de grand. Ses jambes étaient toujours aussi sveltes et affichaient un léger duvet sombre. D'ailleurs, ses racines brunes étaient encore et éternellement visibles sur le haut de son crâne. Sa nuque était visible quand il baissait la tête, mais le haut de son dos était exposé au soleil car son T-Shirt était lâche sur ses épaules, laissant ainsi apercevoir une nuée de petits grains de beauté que l'ex-capitaine connaissait, malgré lui, par cœur.
La lumière était magnifique, elle se reflétait dans l'eau lucide de la rivière, dans les champs verts parsemés de points jaunes, rouges, blancs. Les arbres flottaient au gré du vent, doux, et faisaient danser le paysage. L'air sentait le jasmin, le lilas, la fraîcheur. Une chaleur enveloppait leurs dos, parfois presque douloureusement, promettant un beau coup de soleil s'ils s'y exposaient trop longtemps. Le brun était finalement arrivé à la même hauteur du blond, mais aucun des deux ne parlaient, subjugués autant par la réalité de l'environnement que par leurs présences eux-mêmes. Kenma tourna la tête vers Kuroo, comme ça, parce qu'il n'avait plus eu l'occasion de le voir à ses côtés, et sans réfléchir, lui attrapa le poignet pour l'entraîner dans l'étendue de hautes herbes à perte de vue. L'autre, sortant brutalement de sa torpeur, hoqueta de surprise avant de trébucher la tête la première dans la verdure. Il était étalé de tout son long, applatissant l'herbe qui l'entourait, quand une voix éraillée s'éleva, secouée de quelques rires :
- Doué. Vraiment.
Et puis à son tour, Kenma se sentit tomber durement par terre.
- Petit enculé, s'exclama Kuroo, mi-indigné mi-amusé.
Il venait de le faire basculer d'une poignée de main, forte. Leurs deux joues respectives étaient collées sur le sol sec, mais agréable, car quelques brindilles d'herbe leur chatouillaient le nez et les oreilles. Leurs deux regards s'accrochèrent, pendant un moment, avant que le plus chétif ferme les yeux. Le soleil leur tapait doucement mais sûrement sur leur dos, les enveloppant d'une chaleur sûre et rassurante. Kenma sentit ses membres s'enfoncer un peu plus dans l'herbe fraîche, ses paupières se détendre, ses muscles lâcher prise entièrement, et une torpeur le consumer peu à peu. Sans se battre contre le sommeil qui l'atteignait, il s'endormit sans demander son reste, devant les yeux presque attendris du brun à ses côtés. Il avait encore dû se coucher à trois ou quatre heures du matin, en train de jouer au dernier Fire Emblem ou à un ancien Pokémon. Kuroo ne pût empêcher un sourire ravageur de passer la limite de ses lèvres. Combien de fois avait-il rêvé de ça, être à côté de lui, seul et à sa merci... combien de fois avait-il rêvé de le revoir, lui et son regard qui le rendait dingue, lui et son dos fin, lui et ses cernes violettes, lui et sa façon de pencher la tête, lui et ses lèvres pâles, lui et rien que lui. Le seul qui avait réussi à le passionner, l'obnibuler, le seul qui l'avait fait pleurer de part son absence, et il n'assumait vraiment pas ô combien ce vieil ami comptait pour lui et ce comportement qu'il lui suscitait.
Perdu dans ses pensées, le temps passa. Peut-être une heure, deux heures ou plus, ou moins s'était écoulé quand Kenma et Kuroo rentrèrent chez ce dernier, sortant de leur bulle intime au milieu des paquerettes et des coquelicots. La chaleur était moins présente qu'auparavant, leur laissant un moment de répit dans la grande chambre du plus jeune. D'ailleurs, celui-ci était assis lâchement sur son lit et regardait l'ancien capitaine qui se tenait, les coudes sur les genoux, à sa gauche.
- Je suis sûr que t'as profité que je dorme pour mater, dit-il, monotone.
Son interlocuteur arqua un sourcil, avant de tourner les yeux dans sa direction, un sourire plein de malice naissant sur ses lèvres.
- Ça te plairait ?
Il croisa le regard de félin de Kenma, intense, qui malgré l'absence physique de réaction, appelait à une réponse. Il le transperça de part en part, et Kuroo eut du mal à déglutir. Il se rapprocha du blond, lentement, et une fois le nez dans le creu de son cou, souffla légèrement sur sa peau chaude, provoquant quelques frissons au propriétaire.
- Ça te plairait ? répéta-t-il.
Il continua alors son chemin en montant près de son oreille, et déposa quelques baisers mouillés à son précipice, tout en faisant glisser ses longs doigts sur l'extérieur de la cuisse de Kenma quand une poigne arrêta son geste.
- Oui.
Soudainement, une main douce se faufila sous le T-Shirt large de Kuroo, caressant au passage la peau lisse de son dos, et remonta le long de sa colonne vertébrale avec une lenteur peu supportable.
- Mais tu le savais déjà.
Le concerné ricana avant de faire basculer son cadet sur le dos. Un petit rire cristallin lui répondit et son coeur s'envola. Il fondit sur sa mâchoire tracée et y déposa une envolée de baisers, puis, ramené à la réalité par deux mains plaquées sur ses joues, s'attaqua enfin aux lèvres pâles qu'il aimait tant. Tandis que ses muscles se transformaient en coton par la réalité du moment, un goût fruité et sucré se fit ressentir sur le bout de sa langue qui, sans s'en rendre compte, commençait à rencontrer celle de son partenaire. C'était comme un goût de raisin, et c'était si agréable qu'il prolongea le baiser jusqu'à qu'ils n'en peuvent plus.
- Putain, tu m'avais manqué, échappa Kuroo, les larmes presque visibles dans la profondeur de ses pupilles.
En réponse à ça, Kenma lui fit retirer son haut (il n'avait plus qu'à prier que sa mère soit partie faire des courses) et l'embrassa avec ardeur, et entre deux souffles chauds, chuchota un "moi aussi" à peine audible.
EH HOP on vous laisse imaginer la suite !
La semaine prochaine, on change de registre puisqu'on retrouve un Takeda mélancolique au gré des vagues. Besos !
