Voiciiiii le nouveau chapitre, désolée de ne le poster qu'aujourd'hui, on avait...oublié (nul) et puis après, étant internes, on pouvait pas faire autrement. J'étais agréablement surprise de tomber sur ce ship, j'ai laissé un peu de côté le lol pour un os un peu plus travaillé. J'espère que ça vous plaira quand même ! Akimitsu le trouve très poétique huhu.
Disclaimers : Haruichi Furudate pour les personnages et conmieser sur tumblr pour l'image de couv'
Rating : T
OS écrit par SoyokazeHaru
Daichi x Takeda
17 septembre 1503, port de Nantes.
Étrangement, la mer se déchaînait ce jour-là, et les flots étaient ravagés pas ce qui semblait être une colère intarissable. Peut-être la sienne ? Une écume blanchâtre se jetait sur la coque du bateau avec la violence d'un damné, défendant quiconque de monter à son bord. Et pourtant une centaine de marins s'affairait autour de sa voile, s'étreignait ou bien réajustait fièrement leur béret sur leur crâne en fredonnant quelque hymne de pays lointains.
Mais à cet instant, au centre d'une cacophonie qu'il aurait de tout son être voulu taire, rien ne comptait plus que l'homme en face de lui. Le regard de Daichi fuyait en revanche désespérément le sien, se promenant tantôt sur les vagues, tantôt sur ses mocassins abîmés.
- Ittetsu, souffla-t-il du bout des lèvres, comme une plainte qu'il n'osait trop exprimer.
Mais son murmure se perdit dans le vent froid et sans pitié, celui même qui allait pousser la vieille bicoque contre les flots, engloutissant son amant dans la mer sombre. Injuste.
Les membres de Takeda furent soudain pris d'incontrôlables tremblements, et la douleur qui l'habitait jusqu'alors eut un goût de torture. Elle le submergea sans attendre à la manière des vagues salées, noyant son cœur et coulant sur ses joues, pleines d'amertumes.
Avant même de laisser les larmes brouiller sa vue, il sentit Daichi l'attirer dans une étreinte qui leur fut difficile. Sa main parcouru son dos, indécise quant à où se loger, pour enfin caresser sa nuque avec une tendresse infinie.
- Non, non, gémit Takeda en s'accrochant au tissu bleu nuit des vêtements du marin comme un noyé à sa bouée de sauvetage. Reste...
- Tais-toi, s'il te plaît, ne rend pas les choses plus dures...
Le ton, ou plutôt le souffle de sa voix peinait à être autoritaire car déjà, elle tressaillait. Ils n'en avaient que trop parlé, sans jamais croiser le regard de l'autre, persuadés à tort que le silence rendrait ce départ moins douloureux. Et parfois, lors de ses nuits d'insomnie, celles mêmes où Daichi attrapait ses draps de ses doigts glacés et les tordait avec convulsion, il percevait les murmures d'Ittetsu dans la nuit, à moitié étouffés par les couvertures : "Reste." Il enfouissait alors la tête au creux des édredons et pleurait, mordant ses joues jusqu'au sang pour réprimer la faiblesse qui sortait de tous les pores de sa peau.
Un hoquet gagna bientôt sa gorge, puis deux, mais rien ne vint mouiller son visage. Voir Sawamura en une telle inhabituelle posture de faiblesse acheva de fendre le cœur de l'aîné en milles morceaux. Il enserra sa taille de ses deux bras avant d'entrecroiser fermement ses doigts derrière son dos.
- Je ne te lâcherai plus, dit-il, et son rire se vît entrecoupé de sanglots.
- Pardon, chuchota le brun comme seule réponse.
Il se dégagea avec une facilité déconcertante avant de plonger son regard dans le sien. S'assurant qu'ils n'étaient pas épiés, il porta délicatement sa paume à ses lèvres et y déposa un baiser, puis un autre, sans quitter ses yeux.
- Tu ne peux pas savoir comme j'ai besoin de te faire l'amour une dernière fois, murmura-t-il avec un demi-sourire, franc.
- Va-t-en, soupira Takeda qui réprimait avec difficulté un rougissement furieux, pars ! "Aucun homme n'aura jamais reçu un baiser tel que celui que je t'offrirai lorsque tu reviendras."
C'étaient les paroles d'une pièce de théâtre, celle même qu'ils allaient courir voir chaque dimanche soir, après le souper. Ils en connaissaient chaque mot, chaque virgule, et pourtant jamais ils ne s'en étaient lassés.
Ils y avaient assisté au moins trente fois. Emmitouflés dans de gros manteaux, riant, ils s'amusaient à chuchoter les tirades en même temps que les acteurs, faisant grommeler les spectateurs aux alentours. C'était le seul moment d'insouciance, de bonheur, lorsqu'après avoir bouillonné de l'envie si douloureuse de se toucher, ils se retrouvaient finalement sous la couette.
Daichi lui effleura si brièvement la main qu'il crut avoir rêvé.
- "Mon amour, jure-moi que tes lèvres demeureront vierges jusque là."
Peut-être était-ce stupide, peut-être que l'amour se tarissait trop au fil du temps pour qu'une telle promesse puisse être tenue... Peut-être n'y croyaient-ils pas eux-même.
Et lorsque son amant lui tourna le dos et qu'il sentit les flots se jouer de sa naïveté, il réalisa. Il réalisa que la mer était un être glacé et hostile, qui ne connaissait ni humanité ni bienséance.
La semaine prochaine, le fameux duo oya oya, avec un certain jeune homme aux cheveux gris et au grain de beauté (chaleur). Un bisou sur vos deux joues !
