Chapitre 23 : Partout où il est passé, il à laissé, l'empreinte des choses brisées.
.
.
.
Ça lui était tombé dessus comme ça, sans prévenir. Scott avait vu Stiles rentrer dans sa vie, plus de dix ans auparavant, et il avait presque l'impression qu'elle avait réellement commencé à ce moment précis. Il s'en était rendu compte tard mais désormais il avait l'impression que sa personne toute entière avait été faite pour rencontrer l'hyperactif. Il ne pouvait s'empêcher de croire qu'ils étaient destinés. Stiles faisait ressortir le meilleur en lui et ils s'accordaient parfaitement.
Aimer Stiles était magique, une véritable aventure et une évidence.
Son nez s'emboîtait parfaitement dans son cou, pour s'imprégner de cette douce odeur alors qu'il caressait sa nuque.
La meilleure place pour les mains du châtain se trouvait sur son corps, ses longs doigts parcourant ses flancs.
Les meilleures nuits qu'ils passaient étaient quand leurs corps étaient collés l'un à l'autre, partageant une chaleur réconfortante.
Tout était plus beau avec son amour et Scott s'était dit que ses lèvres aussi étaient faites pour rencontrer celles roses de Stiles.
Les lèvres de son meilleur ami étaient douces et avaient le goût fruité du punch. Son cœur battait tellement vite qu'on aurait dit qu'il allait sortir de sa poitrine. Il tenta approfondir le baiser en tirant un peu sur les cheveux en bataille et attendit désespérément que l'autre le touche à son tour.
Mais Stiles le repoussa.
Quand Scott rouvrit les yeux, l'expression qu'afficha le châtain lui brisa le cœur.
Certes, il y avait un peu d'interrogation dans son regard et il trouvait ça plutôt légitime, mais Stiles se reprit bien trop vite, serrant la mâchoire et fronçant les sourcils, blanc comme un linge. Son visage était pratiquement indéchiffrable. Il semblait en colère, hésitant, inquiet et profondément triste.
Stiles cligna plusieurs fois des paupières et il sembla à Scott que c'était pour chasser des larmes.
Mais pourquoi pleurait-il ?
Ils restèrent là pendant un long moment, à se regarder, ne sachant quoi dire.
L'hyperactif revint sur terre quand le latino commença à se mordiller la lèvre, presque terrifié de la mine et de la future réaction de son ami. Le visage pâle parsemé de grains de beauté s'adoucit alors, restant tout de même crispé, ses yeux whiskys brillants dans la pénombre. Et pas par l'alcool, Scott en était sûr.
Avant même qu'il puisse dire quelque chose, Stiles se leva précipitamment et regarda partout autour de lui. Il semblait perdu et sa respiration était hachée.
- Je-je dois partir. Il manqua trébucher. Scott se mit debout à son tour et attrapa son poignet. Je dois y aller, répéta-t-il en dégageant doucement sa main.
Scott observa son ami tituber jusqu'à la porte et disparaître à l'extérieur.
J'ai tout gâché.
Il aurait voulu le retenir, mais quand ses jambes lui obéirent enfin, la jeep bleue s'éloignait déjà.
Il frissonna.
Il ne pouvait pas le perdre.
J'ai si froid sans toi.
.
.
Scott rentra chez lui et claqua la porte d'entrée. Il monta les escaliers quatre à quatre pour atteindre sa chambre et prit sa tête entre ses mains en commençant à faire les cent pas dans la pièce.
- Putain ! s'écria-t-il en frappant dans une étagère.
Quelques livres tombèrent sous le choc mais il n'eut aucun sentiments de satisfaction, sa colère et nervosité ne furent pas plus apaisées. Au lieu de ça, il se retrouva à geindre pitoyablement à cause de la douleur aiguë qui le lançait là où ses phalanges s'étaient un peu ouvertes.
Il se précipita alors vers l'armoire à pharmacie pour en sortir de quoi bander les plaies. Mais, ayant la poisse, la plupart des flacons lui tombèrent dessus à cause de ses gestes précipités.
Le latino poussa un cri de frustration et se laissa glisser au sol.
Cependant, avant même qu'il ne puisse s'asseoir sur le carrelage froid, un bras s'enroula autour de sa taille et une main lui fit relever la tête.
Sa mère était là, accroupie devant lui, en pyjama avec les lèvres pincées d'inquiétude.
Stiles aussi fait ça quand il est inquiet.
Mélissa lui caressa les cheveux et essuya de son pouce une unique larme que Scott n'avait même pas sentie couler sur sa joue.
- Je pensais que tu étais de garde, dit-il d'une voix chevrotante. Je ne voulais pas te réveiller.
Elle lui sourit doucement et l'aida à se redresser.
- Oh mon bébé...Scott ne pensa même pas à grimacer comme il le faisait à chaque fois qu'elle utilisait des surnoms. Raconte-moi tout.
Il se laissa guider vers le lit et ils s'assirent tous les deux en tailleur, recouvrant leurs jambes avec la couverture.
- J'ai fait une connerie, maman.
La brune sembla attendre que son fils continue à parler, mais Scott resta planté là à se faire craquer les doigts, signe de sa nervosité. Il pensait sincèrement que sa mère était capable de l'écouter, qu'elle ne le jugerait pas à cause de sa sexualité. Il ressentait le besoin de tout lâcher, garder tous ces sentiments en lui ne l'aidait pas à y voir clair, mais parler du rejet de Stiles ne ferait-il pas encore plus mal que de juste penser ? Il avait l'impression de revivre la scène encore et encore et que son cœur se déchirait. Cela lui donnait envie de s'enrouler dans sa couette et de dormir pour éviter de penser, d'attendre que tous ses problèmes se règlent tout seul.
- Qu'as-tu fait ? demanda finalement sa mère.
Le latino s'agita, répétant sans cesse qu'il avait fait une connerie puis se pencha pour chercher à tâtons son inhalateur dans le tiroir de sa table de chevet. Mélissa l'arrêta en attrapant ses mains et en les serrant fort dans les siennes. Elle fronça les sourcils d'un air qui se voulait sévère.
- Scott ! Il plongea les yeux dans ses iris noirs. Tu vas me répondre clairement maintenant, d'accord ? Tu as l'air préoccupé en ce moment, et maintenant tu rentres en trombe à la maison en pleine nuit, puant l'alcool à plein nez… Alors, quoi que soit cette connerie, je peux l'entendre, on va en parler et je vais tout faire pour t'aider. Même si j'espère de tout mon cœur que tu n'as pas mis de fille enceinte ou bien, pire encore, que tu as des problèmes de drogue. Hé bien oui, avec tous ces joints qui passent en soirée maintenant, tu sais-
- Je suis tombé amoureux, lâcha Scott.
- Je vois. Elle hocha la tête. Tu sais, ce n'est pas une connerie, au contraire. Et, quand bien même, si la concernée ne veut pas de toi, ce n'est pas une raison de ne plus croire en l'amour...
Son fils baissa les yeux à ces paroles, l'air encore plus abattu. Elle se retint alors de lui sortir le classique discours du « tu n'as que 17 ans, des copines tu en auras d'autres ». Car quelque chose lui disait que cette histoire étais plus sérieuse qu'une petite amourette de lycéen. Elle se sentait un peu impuissante et ne le supportait pas, surtout en voyant que son fils avait vraiment l'air détruit.
Trouver les mots juste et réconforter Scott, c'était davantage le boulot de Stiles au final.
D'ailleurs, pourquoi n'était-il pas là ?
Mon dieu, faites qu'il n'ait pas piqué la copine de son meilleur ami !
- Qui est-ce ? se risqua-t-elle à demander, avant de souffler discrètement de soulagement en se rappelant que la jolie Malia avait déménagé. Scott releva le regard vers elle et elle pu y lire une immense tristesse qui lui brisa le cœur. Où est Stiles ?
Il serra sa main nerveusement et se mordilla la lèvre en rompant à nouveau le contact visuel.
Mélissa elle comprit. Tout lui semblait si logique et inévitable tout d'un coup.
- Scott… dit-elle d'une voix douce en se remettant à caresser ses cheveux.
Il se jeta dans ses bras et étouffa un sanglot. Mélissa eut l'impression de ressentir toutes ses émotions, toute sa détresse. Elle savait à quel point on pouvait aimer quelqu'un et à quel point il pouvait être difficile d'apprendre à aimer à nouveau après avoir eu des sentiments d'aussi fort.
- J'ai tout perdu maman… dit-il en se retirant doucement de l'étreinte. Il ne voudra même plus être mon meilleur ami après ça.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Elle lui sourit tendrement. Stiles est l'une des personnes les plus ouvertes d'esprit que je connaisse.
- Il l'est… mais il ne veut pas être avec moi.
- Cela ne veut pas dire qu'il ne veut plus être ton ami. Même si je sais que ce serait dur pour toi de ne pas pouvoir être plus que ça.
Scott sembla à nouveau paniquer car il se mit à secouer frénétiquement la tête de gauche à droite en se rongeant les ongles, puis il reprit d'une voix encore moins assurée qu'avant.
- Tu n'as pas vu l'expression qu'il avait… Son visage se décomposa alors que ses yeux se perdaient dans le vide. Il avait l'air perdu mais... une chose est sûre, c'est qu'il m'a rejeté.
- Scott, cela lui à peut-être fait un choc. Je veux dire, vous êtes inséparables depuis toujours et aujourd'hui tu lui déclares ton amour. Laisse-lui un peu de temps, dit-elle en s'asseyant un peu plus confortablement.
L'adolescent fronça les sourcils en regardant la moquette. Il semblait la trouver beaucoup plus intéressante que sa mère. Il la fixait comme s'il pouvait y lire quelque chose, la bouche légèrement entrouverte.
- Je n'ai même pas eu le temps de le lui dire… murmura-t-il et Mélissa crut qu'il allait fondre en larmes à ce moment là.
- De quoi ?
Scott passa ses mains sur son visage avant de relever la tête vers sa mère.
- Que je l'aimais. Maman, je ne lui ai même pas dit que je l'aimais, comme je n'ai jamais aimé personne, et comme je ne veux jamais aimer personne. Il renifla et ravala ses larmes. Je l'ai embrassé, sans le prévenir. Juste comme ça. Parce que j'en mourrais d'envie depuis bien trop longtemps et que j'ai pensé que la meilleure chose à faire était de l'embrasser et ensuite tout lui avouer. Le rire sans joie qui sortit de sa gorge glaça le sang de sa mère. Quel crétin… Au final, il est parti sans que je puisse lui avouer.
- Tu peux toujours le rappeler, tenta-t-elle de le rassurer.
Scott sortit son téléphone de sa poche et tapota plusieurs fois dessus.
- J'ai déjà essayé plusieurs fois. Ses yeux parcoururent rapidement un message puis il balança son portable sur son matelas. Jackson vient de me dire qu'il ne lui répondait pas non plus.
- Jackson ? répéta Mélissa.
- Ouais, il était inquiet, Scott ponctua ce mot en mimant des guillemets avec ses doigts en grimaçant, après que Stiles ait quitté la fête précipitamment. Tout le monde s'inquiète pour lui et je ne sais pas si il s'en rend compte. Je ne sais pas comment, ni pourquoi mais il s'est rentré dans la tête qu'il ne valait pas la peine qu'on se préoccupe de lui. Je ne m'en remettrai jamais si il lui arrivait quelque chose. Il tritura nerveusement le tissus de sa couette alors que sa voix se faisait de plus en plus faible. C'est assez égoïste comme comportement au final.
- Tu ne parles plus que de son dépars précipité de la soirée apparemment. Ce n'était pas une question. Mais je suis sure qu'il y a une explication valable à tous ça. Scott laissa tomber la tête en avant et la prit entre ses mains. Sinon e ne comprend pas trop pourquoi tu es en train de me parler de Jackson Whittemore autrement qu'en proférant des menaces plus bizarres les unes que les autres. Elle secoua la tête et se pinça l'arrête du nez. Depuis quand ce gamin s'intéresse à Stiles ?
- Depuis que Stiles lui a complètement retourné le cerveau. Il répondit avant même qu'elle puisse lui demander d'en savoir plus. Oui, il y a pas mal de choses que tu ne sais pas maman.
Scott lui raconta tout, enfin... sans trop rentrer dans les détails, évidemment… Sa mère n'avait pas besoin de savoir que Stiles était apparemment un « dieu du sexe » et qu'il fantasmait beaucoup trop sur lui. Mais il lui dit tout ce qu'il lui semblait utile de savoir et ce dont il avait horriblement besoin de parler. L'histoire de Stiles et Jackson, la relation étrange que son meilleur ami entretenait avec le professeur Hale, sa jalousie maladive, son impression d'avoir trouvé son âme sœur et il épilogua sans vraiment sans rendre compte sur le pouvoir de séduction que pouvaient avoir ces putains d'yeux ambre. À certains moments, il oubliait même que Stiles l'avait rejeté, cependant, dès qu'il repensait à ses lèvres, qu'il se rendait compte à quel point il avait envie de recommencer, il avait juste envie de s'enfermer dans sa chambre jusqu'à que cette horrible douleur disparaisse.
Sa mère se contenta de l'écouter parler, rire, et de le voir sourire ou froncer les sourcils. C'est lorsque qu'il commença à parler du comportement étrange de Stiles, ses changements d'humeur et son mal-être pas si bien caché que ça, qu'elle blanchit et se mit à vraiment réagir.
- Tu veux dire qu'il a fait une crise de panique plus grave que celles qu'il a déjà faites ? s'inquiéta-t-elle.
- C'est Jackson qu'il l'a retrouvé inconscient sur la route, on a vraiment eu peur pour lui. Ce souvenir lui tordit le ventre. Il recommence à faire des cauchemars, du moins les quelques heures qu'il dort en fait.
Scott se leva du lit et se posta devant sa mère. Malgré le rejet, il était toujours autant décidé à aider son meilleur ami.
- Je veux l'aider, on est tous inquiet pour lui. Il prit une grande inspiration et essaya de faire en sorte que sa voix ne se brise pas. Je ne veux pas que ce qu'il s'est passé il y a trois ans recommence, tu comprends ? Je tiens trop à lui. Beaucoup trop... Maman je... Je veux l'aider... Je veux que ça s'arrête, que-
Scott sentit ses jambes faiblir alors que les souvenirs d'un Stiles au plus mal revenaient l'assaillir et l'assommer. Il s'effondra dans les bras de sa mère, pleurant sans pouvoir se retenir, plus capable de contenir le déluge d'émotions qui tournoyaient sur lui.
Ses larmes coulèrent jusqu'à qu'il soit épuisé et qu'il commence à s'endormir, bercé par la voix douce de sa mère et ses caresses sur son dos.
.
.
Des coups à sa porte tirèrent Derek de son sommeil mais il décida de ne pas y prêter attention. Il s'apprêtait à se rendormir quand des coups encore plus fort retentirent.
Bordel, il avait vraiment pensé que les gamins ne s'aventuraient pas dans un endroit aussi flippant que ce quartier !
Il se leva alors que les tambourinements reprenaient de plus belle. Il jeta un coup d'œil à son réveil.
En plein milieu de la nuit en plus…
Il ne prit pas la peine d'enfiler un t-shirt et traversa son loft plongé dans la pénombre pour atteindre la porte en grognant.
- J'ai pas de bonbons alors si les spaghettis ça vous va... Il ouvrit la porte et bailla. De toute façon, vous n'avez pas intérêt à protester car- Stiles ?
.
.
Le lendemain, Scott passa presque toute sa matinée à attendre de voir arriver une Jeep bleue sur le parking du lycée. Mr. Hale étant absent, Isaac l'avait traîné à la bibliothèque pour qu'ils soient tranquilles pour parler, mais le latino ne faisait que regarder par la fenêtre et le blond n'arrivait pas à en tirer quoi que ce soit. C'était à peine s'il avait prononcé un mot.
Quand Jackson et Liam les rejoignirent, ses cernes et ses yeux rougis le trahirent immédiatement.
- Hé, Scott ? Le capitaine posa sa main sur son épaule. Le latino eut envie de le repousser et de lui crier de le lâcher avant de filer chez les Stilinski. Ça va ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? répondit-il d'une voix lasse sans jamais, quitter le parking du regard.
Jackson ne sut apparemment pas quoi répondre, car il se contenta de retirer sa main et de prendre place sur le siège à côté de lui.
- On s'inquiète. La voix d'Isaac n'était pas vraiment assurée. Pour toi et pour Stiles.
- On va bien, tous les deux. Son ton était tellement monotone et fatigué qu'au moins il ne trahissait pas son mensonge.
Ses amis soupirèrent et Scott sentit Liam le fixer avec intensité. Tous sursautèrent quand ce dernier brisa le silence en l'attrapant par le col de son sweater par-dessus la table et approcha son visage du sien.
- Ça suffit ! Il plongea dans les yeux larmoyant de Scott et se radoucit aussitôt. Tu sais ce que c'est de s'inquiéter pour les gens qu'on aime, non ? Alors tu vas nous dire ce qui ne va pas, crétin, pour qu'on t'aide et qu'on puisse aussi comprendre pourquoi Stiles n'est pas là.
Ils restèrent là, à se regarder dans le blanc des yeux durant de longues secondes pendant lesquelles Jackson et Isaac ne surent pas où se mettre. Liam était on ne peut plus irritable ces derniers temps.
Puis Scott finit par poser sa tête sur l'épaule du plus petit et leur confrontation devint une étreinte.
- Il m'a rejeté, murmura le latino en se séparant doucement de son ami. Et il est parti. Comme ça.
Scott jeta un coup d'œil rapide à Jackson.
- Tu veux dire que tu lui as parlé de tes... sentiments ? demanda Isaac, abasourdi par la nouvelle.
Scott grimaça.
- Hé bien... l'embrasser, ça compte ? Il savait bien que non.
Les autres froncèrent les sourcils, mis à part le fils Whittemore qui haussa les épaules.
- Laisse-moi réfléchir. Il tapota son menton des doigts. Nous étions dans une soirée où l'alcool coulait à flot et toi, tu embrasses ton meilleur pote. Sans prévenir. Et sans raison, j'imagine. Alors non, ça compte pas. Jackson fit la moue et Scott passa ses mains sur son visage.
Ce ne fut que dans l'après midi que Stiles réapparut, et il évita Scott tout le reste de la journée.
Enfin... Il évitait tout le monde en réalité. Quand Jackson alla le voir et lui lança avec un tact mémorable « ton truc c'est de disparaître sans donner de nouvelles en fait. », l'hyperactif se contenta de le contourner et de partir en avance en cours. Durant les pauses, il s'asseyait dans un coin et partait en chercher un autre quand ses amis s'approchaient trop près de lui. Il semblait toujours aussi perturbé et ailleurs que la veille, déambulant dans les couloirs comme si rien n'existait autour de lui. Quand Harris lui lâcha une remarque cinglante, il ne prit même pas la peine de le regarder et il quitta le lycée directement après la sonnerie de seize heures.
Scott aussi retourna chez lui, la boule au ventre et d'humeur morose.
Quand il passa la porte, Mélissa l'attendait, assise à la table du salon, un mug et une cafetière à moitié vide à côté d'elle. Plusieurs documents étaient étalés devant elle et quand elle releva la tête, Scott remarqua l'expression grave qu'affichait son visage.
- Bon, Scott… il s'assit en face de lui et elle déposa un dossier sur lequel il put lire « Stiles Stilinski ».Je n'ai pas le droit de te monter ce genre de chose et encore moins d'en garder un exemplaire chez moi. C'est un double de celui qui se trouve à l'hôpital. Ce qui signifie qu'il est secret, personne ne sait que je l'ai. Et j'aimerais que ça reste ainsi, tu comprends ? Son fils hocha la tête gravement. John Stilinski ne doit jamais l'apprendre, d'accord ?
- Parce qu'il est le Shérif ? demanda Scott, sceptique.
Elle se gratta l'arrière du crâne en reniflant.
- Plutôt parce qu'il est son père. Son ton presque écœuré fit froncer les sourcils du latino. Bref, elle ouvrit le dossier et en sortit plusieurs photos et scanners ainsi qu'une note qu'elle avait écrite elle-même, ces examens datent de sa tentative de suicide. Sa voix était faible, le sujet était dur pour elle aussi. Scott le savait, sa mère aimait vraiment Stiles.
- Je suis vraiment obligé de regarder ? demanda-t-il et sa mère lui caressa le dos de la main.
Il se souvenait très bien de l'état de Stiles, et faut dire qu'il ne tenait pas spécialement à le revoir.
- Désolé, mais si tu veux vraiment savoir ce que j'en pense… Il lui fit signe de continuer. Bien, les médecins ont dit que le suicide avait été déclenché par la prise de cachets mais comme le montre ces photos, Stiles s'était aussi scarifié les avant-bras. Sur ces radios, on remarque facilement une côte cassée, juste ici, elle glissa son doigt sur l'endroit plus sombre pour désigner la fracture. On avait aussi noté qu'il avait de multiples bleus sur son torse, un hématome sur sa pommette droite, une lèvre et l'arcade sourcilière fendues. Il en avait été conclu que, même si nous ne savions pas les raisons précises de cet acte : Stiles s'était battu, était rentré chez lui, s'était ensuite taillé les veines, puis avait avalé des cachets et si la côte cassée n'était pas due à son prétendu conflit, il se la serait fracturée en chutant dans la baignoire.
- J'imagine que si tu me racontes des choses que je sais déjà, c'est que tu n'y crois pas, dit Scott en croisant les bras sur sa poitrine et en secouant la tête pour faire disparaître les images de Stiles, entre la vie et la mort, enfermé dans sa salle de bain.
- Effectivement… après que l'ambulance ait emmené Stiles et qu'Isaac soit venu te chercher, je suis restée un peu chez les Stilinski. Une arcade sourcilière et une lèvre fendue saignent beaucoup, et il n'y avait aucune tache dans la Jeep, il y en avait uniquement sur la moquette de la chambre de Stiles. Jusqu'à la salle de bain. De plus, il est plutôt difficile de monter des escaliers avec une côte cassée. Enfin, d'après le lycée, Stiles serait parti vers quinze heures sans trace de blessure avec sa jeep et, d'après la voisine, il serait rentré directement chez lui. Ce qui veut dire qu'il s'est forcément battu chez lui. Scott haussa les épaules, il ne voyait pas vraiment où elle voulait en venir. Scott, la maison était verrouillée partout, tu es entré grâce à la clé qu'il t'avait donnée. Avec qui veux-tu qu'il se soit battu ? Qui aurait bien pu le frapper ?
- Mis à part avec son-
- Son père commençait son service à vingt heures et tu as trouvé Stiles à vingt heures trente. Malheureusement, ça colle.
Scott vit rouge. Comment le Shérif osait-il s'en prendre à son fils ? Il tapa son poing sur la table.
- Nous devons le signaler ! Il n'a pas le droit de faire ça ! Si jamais il le touche encore je te jure-
- Scott, nous ne pouvons rien faire, il y a un problème…dit-elle, les larmes aux yeux.
- Qu'est-ce-que tu racontes ? On a les témoins, les preuves ! éclata-t-il.
- Justement. Elle prit sa tête entre ses mains. Il a été vu avec quelqu'un d'autre à la sortie du lycée. Et la voisines affirme qu'il avait fait rentrer un autre garçon chez lui.
Il se pencha au-dessus de la table et lui fit relever la tête.
- Qui ça ? demanda-t-il.
- Je n'en sais rien, tout ce que je sais c'est qu'il était brun et qu'il avait sûrement votre âge. Et même si mon intuition me dit que ce garçon y n'est pour rien... tu sais qu'une intuition n'est pas une preuve.
- Comment peux-tu être si sûr qu'il n'y est pour rien ?
- C'est simple, après être rentré chez lui à dix-neuf heures pour sa pause repas, le Shérif ne serait jamais reparti si Stiles allait mal et il aurait appelé l'hôpital. À moins que ce ne soit lui qui l'est battu.
Sa mère avait raison, c'était certain. Une rage immense commença à bouillonner en Scott qui tentait de garder son calme.
- Qu'en est-il du garçon ?
- J'imagine qu'il est reparti chez lui après que John soit arrivé, mais… elle sembla hésiter à parler. Après que tu sois passé voir Stiles à l'hôpital, quelqu'un d'autre est venu et je suis quasiment sûre qu'il s'agit de la même personne, car quand le shérif est entré dans la chambre, il l'a foutu dehors en le traitant de tous les noms et en le menaçant. Ce garçon avait posé un maillot de basket sur le lit de Stiles, il me semble, et il avait l'air d'être vraiment inquiet lui. Il ressemblait un peu à toi maintenant... Scott tu aurais vu son regard. Je crois- je crois qu'il aimait Stiles.
Scott se leva brusquement, faisant couiner sa chaise et regarda sa mère, droit dans les yeux.
- Théo.
.
.
Bonsoir tout le monde ! Le chapitre 23 est là, je sais que vous l'attendiez.
J'ai eue un mal fou à l'écrire, je n'était jamais très concentré et j'avais l'impression de faire du n'importe quoi ! Heureusement la super Zéphirebleue étais là.
Booon, d'ailleurs elle m'a accusée plusieurs fois de chercher à vous tuer en jouant avec les émotions de ce pauvre Scotty. Mais je l'aime mon Scott d'amour, je ne voulais pas le faire souffrir ! Tout va s'arranger promis. Enfin…
Sinon vous le sentez comment le fait que Stiles soit allé chez Derek ? J'attends vos hypothèses.
Je vais essayer de faire vite pour la suite. Sinon joyeuses fêtes à vous touuus. Abusez de trucs gras et profitez de vos proches !
J'attends vos reviews avec impatience.
Pleins de bisous.
