Bonjouuuuuuur ! C'est avec un peu de retard que je vous poste mon chapitre 5 qui est du coup un peu plus long que les autres. Merci pour vos petites reviews qui me font toujours autant plaisir !

P'tit griffon : Ne t'inquiète pas, je suis moi aussi une fan du romantisme brittanien donc ça viendra. Je suis contente que ma fiction te plaise :)

Angy78 : Ahah, Dwarfie, j'aime aussi ce surnom, c'était une petite inspiration comme ça ;) Ah, mais désolé de te faire détesté Brittany, c'était pas mon buuuuut !

Merci d'être toujours aussi nombreux à me lire !

Enjoy :D


Une boule s'installe dans mon ventre progressivement et c'est une Rachel silencieuse que je trouve lorsque, rompant le contact de nos lèvres, je plonge mon regard dans le sien, mes mains maintenant toujours ses poignets contre mes draps.

Rachel POV

Douleur, douceur, une seule lettre de différente mais tant d'écart entre ces deux mots. Deux sensations contradictoires m'emportant lorsque les lèvres de la Latina se posent sur les miennes. Douleur, simple raison de ses mains serrées contre mes poignets, tels des menottes, empêchant le moindre de mes mouvements. Douceur, sensation de nos bouches se mêlant l'une à l'autre l'espace d'un instant. Désespoir, tristesse, amertume, haine et colère, le goût de son baiser. Peur, la seule émotion que je suis capable de lire dans ses yeux une fois que son visage est revenu à ma hauteur. Je sens ses mains se desserrer autour de mes poignets et de légers tremblements la parcourt. Je saisi ma chance pour libérer l'un de mes bras puis l'autre. Ses prunelles noisette sont toujours dans les miennes et je peux lire en elle l'espace d'un instant. Elle ferme les paupières, abandonnant notre duel de regard et je passe mes bras autour d'elle, l'attirant contre moi. Elle résiste d'abord, restant sur ses bras tendus, ses mains de chaque côté de ma tête mais c'est face à une Santana affaiblie que je me trouve alors, y mettant un peu plus de force elle finit par se retrouver sur moi. Son corps reste tendu et sa respiration est encore rapide. Lui passant doucement la main dans le dos, je sens ses tremblements reprendre de plus belle. Elle et sa foutue fierté… « Lâche prise San'. Détends toi et lâche prise » Un murmure, juste elle et moi pour l'entendre, personne d'autre ne saura que le Dwarf Berry aura été là pour la Bitch Snixx Lopez…

Petit à petit, je sens la tension s'échapper de son corps et ses larmes commencent à couler. Elles tombent, mouillant les draps, trempant mon t-shirt. Elles roulent sur ses joues, finissent leur parcours parfois dans mon cou mais je ne bougerait pas d'ici. Je serai là pour elle. Bizarre me dirai vous, mais sachez que peu importe la personne, qu'elle soit une vraie biatch avec moi ou non, ou alors juste une inconnue, si elle a besoin d'aide, et bien, je ferai mon possible pour l'aider. Et malgré ses insultes incessantes, Santana restait mon amie alors, je ferai mon possible. Calant sa tête sous mon menton, je la sens pleurer encore. Je dessine alors des motifs plus ou moins compliqués dans son dos, essayant de la détendre.

Il est assez tard dans la nuit lorsque mon téléphone sonne. L'attrapant, je fais en sorte de ne pas réveiller la brune qui s'est à moitié endormie dans mes bras, épuisée. Rappelant mon père, je lui promets d'être là dans une vingtaine de minutes. Je réussis tant bien que mal à me contorsionner et à sortir de la chambre. Quelques négociations plus tard, deux trois liasses de billets en moins et j'emmène mon amie loin de ce cauchemar. Loin de cette crasse, de ce lieu de désolation, loin de cet avenir de merde que cette maison lui promettait. En arrivant chez moi, je sors sa valise et l'apporte à l'intérieur. Je tombe de suite sur mes deux pères morts d'inquiétude. Repoussant leur question d'un geste de la main, je prends Santana par la main et la fais monter dans ma chambre.

« Santana, je suis désolée mais il faudra qu'on partage mon lit ce soir. Ça ne te dérange pas ? »

Elle ne répond même pas, souriant juste de ce petit sourire triste qu'elle a depuis notre trajet silencieux en voiture. Elle se couche sous mes draps, après s'être débarrassée de sa robe sale, et me tournant le dos elle se met en chien de fusil, ramenant ses jambes contre elle sûrement. Je ne dis rien et procède tout de même à mon rituel du soir. Une fois ressortie de la salle de bain, je la trouve paisiblement endormie ce qui m'arrache un sourire attendri. Je me glisse à ses cotés et je suis plus que surprise lorsque sa voix brise le silence « Rachel, tu peux…enfin, tu pourrais… » Je ne reconnais pas sa voix, trop faible et trop brisée pour être la sienne. Elle continue à chercher ses mots mais je comprends de suite ce qu'elle n'ose demander. Me rapprochant d'elle, je passe mes bras autour de ses épaules amaigries et ses mains froides comme la glace accrochent de suite les miennes. Elle modifie sa position, redescendant ses jambes, de sorte à ce que nos corps aient la même « forme ». Je suis surprise par la température de sa peau, froide, tellement froide… Ses bras autrefois immaculés comportent maintenant des cicatrices en tout genre. Des sortes de « trou », traces de piqures sont dispersés un peu partout mais ce qui m'inquiète le plus sont les légères boursoufflures au niveau de ses avant-bras, un peu avant ses poignets. Aurait-elle jouée avec sa vie ? Je me mords l'intérieur de ma joue, retenant mes larmes et chassant mes pensées concernant ce qui aurait pu arriver à Santana. Inconsciemment, je passe et repasse sur ses plaies mi-cicatrisée et ses doigts attrapant les miens me rappellent à l'ordre. La laissant emprisonner de nouveau mes mains, je la tiens contre moi et nous parlons. Oui, nous parlons de tout et de rien, de sujets dérisoires et peu important comparé à celui qui nous attend le lendemain. Je ne reconnais plus sa voix, trop basse, trop rauque, trop brisée et chancelante pour être celle de Santana. Ses larmes coulent encore, à croire que toutes ses défenses, tous ses murs construits autour de ses émotions et de ses sentiments ont été détruits. Saccagé, par trois semaines de prostitution, d'horreur… Et moi, moi je suis là. Je suis là, faisant des ronds sur le dos de sa main, la rassurant, je suis là, patientant, attendant qu'elle s'endorme. Je suis là et je ne bougerait pas. Petit à petit, sa voix s'éteint, ses pleurs cessent et elle se laisse tomber dans un sommeil lourd aux premières lueurs du jour. Une nuit blanche Rachel…En semaine en plus…Quel sens des responsabilités, fixant mon réveil je découvre avec « joie » qu'il me reste environ une heure pour faire le plein d'énergie pour survivre à ma journée de cours. Je me laisse bercer par la respiration de Santana et je me laisse emporter, toujours contre son corps devenu chaud, dans les bras de Morphée.

Sonnerie trop forte. Mal de crâne…ou alors serai-se un marteau-piqueur ? Je hais les nuits blanches. Me dégageant le plus doucement possible de l'étreinte de la brune j'abats ma main sur l'instrument de torture me servant de réveil puis je sors de mon lit. Comme dérangée par le froid crée par mon départ, automatiquement, Santana se tourne dans son sommeil agrippant mon oreiller pour le prendre dans ses bras. La lumière du jour éclaire faiblement ses bras et je distingue des marques de piqures… Je n'aime pas ça, surtout lorsque plus d'une dizaine de marques se trouvent sur chacun des bras. Inquiète, j'observe un peu plus la Latina, paisiblement endormie et remarque les larges cernes sous ses yeux. Je vois ses bleus sur les bras, sur son corps à moitié dénudé. Je vois aussi sa maigreur et je frisonne. Mais qu'est-il arrivé en vingt jours à cette splendide fille qu'était Santana ? La seule question qui passe dans mon esprit est pourquoi. Mais je devrais attendre la fin de la journée pour avoir des réponses. Chassant ces pensées et cette question de ma tête, je me dirige dans la salle de bain pour mon rituel préparatoire du matin. Bon, nous oublierons les vocalises et je les ferai dans ma voiture, sur le trajet. Une fois habillée, je descends joyeusement les escaliers et me retrouve face à mes pères. Oh merde, je les avais oubliés ceux-là. Déposant un baiser rapide sur leur tempe respective, je m'assois ensuite à table commençant mon petit-déjeuner. Aucun bruit ne sort de nos bouches et je décide de briser ce silence très perturbant.

- Hum, Papas, ça vous dérange si mon amie reste ici quelques jours ? Au moins aujourd'hui ?

- Mais, Honey, je pensais que cette Lopez n'était pas ton amie !

- Papa. Je vous demande juste de dire oui et de lui foutre la paix pour aujourd'hui. Je m'occuperai de tout cela plus tard, okay ?

Hiram prend la main de mon père puis ils se sourient et finissent par accepter après une discussion silencieuse. Mes pères ont toujours eu cette sorte de don. La communication visuelle. Juste un regard, un mouvement, un souffle et l'autre comprenait. A croire que c'était cette sorte de lien invisible qui existait entre les véritables âmes sœurs. Oui, Leroy et Hiram Berry, mes papas étaient des âmes sœurs et je tuerai la moindre personne que je surprendrai à dire le contraire. Faisant rapidement ma vaisselle, je prends ensuite mon sac de cours ainsi que celui avec mes affaires de rechange en cas de slushie, et sors de la maison en sautillant joyeusement après avoir salués mes pères.


Santana POV

Un corps chaud puis une simple sensation de vide. Je me retourne attrapant la moindre chose qui pourra me réchauffer. Une caresse sur mon front, simple sensation causée par deux lèvres je suppose. Des bruits de pas, comme si un lutin descendait des marches. Des voix, une odeur de pain grillé, mon estomac gronde mais je ne peux pas, non je n'ai pas le droit de céder à la faim, Karen m'en voudrait sinon. Je garde mes paupières fermées, essayant à tout pris de repartir dans ce monde de rêves où je me sens en sécurité. D'ailleurs, mon dernier rêve était étrange mais tellement lumineux…Rachel Berry, oui ma petite victime favorite était venue me sauver de cette situation. Comique non ? A croire que je suis tellement désespérée que mon inconscient se tourne vers la personne à laquelle jamais je ne demanderai d'aide. Un claquement de porte et j'ouvre enfin les yeux. La lueur du jour m'éblouit puis je commence à m'y habituer. Petit à petit je découvre la pièce, devinant au fur et à mesure que je ne rêvais pas. Je suis bel et bien dans la chambre de Berry, allongée dans son lit, sous ses draps, serrant son oreiller contre moi, respirant son odeur…M'enfuir serait-une bonne chose, mais pour aller où ? Je referme les yeux, préférant oublier l'endroit où je me trouve et je sens mon esprit répondre à l'appel de Morphée. Lâchant prise, je me laisse glisser dans un sommeil profond.


Quinn POV

C'est une Rachel rayonnante qui pose son plateau à côté du mien avant de s'assoir à la table « Glee ». Ses yeux ont cette lueur de bonheur si communicative et je devine sans mal que la raison de sa joie à un rapport avec son départ d'hier. Hier… Jour à jamais gravé dans ma mémoire. Jour où pour la première fois, elle a laissée sa peur de coté, jour où tel un coup de vent elle a déposé un doux baiser au coin de ma joue. Juste un message d'espoir en plus, juste un petit pas plus proche du but, juste un autre battement précipité de mon cœur… Sa bonne humeur m'envahit et je ne peux m'empêcher de la regarder. Ses lèvres bougent précipitamment, racontant son histoire à l'aide de ses mains. Vive et joyeuse, elle me sourit quand nos yeux se croisent et l'espace d'un instant, le temps semble ralentir. C'est avec se sourire que je suis tombée…Tombée irrémédiablement amoureuse de cette petite brune agaçante qu'est Rachel Berry.

Quand on tombe amoureux d'une personne ayant le même sexe que vous et que jusque là on se considère comme parfaitement hétéro, on passe par plusieurs « phases ». Tout d'abord, les débuts… Les premiers sourires échangés, les papillons dans l'estomac, les rougeurs sur les joues. Viens ensuite le moment où on se rend compte de ces sentiments. Cet instant souvent suivi de la phase de déni… Méchanceté gratuite, insulte, remarques blessantes ou autre, ma phase de déni a du être un enfer à vivre pour elle… Mais maintenant, je suis rendue dans celle de l'attente, de la peur et de l'espoir. Je souffre en silence devant son couple avec Finn, je suis là quand elle en a besoin, je me rapproche d'elle petit à petit mais la satané peur du « Et si ce n'était réciproque ? Et si elle me rejetait ? » m'emprisonne un peu plus entre ses bras. Comme un combat perpétuel, je ne cesse jamais, œuvrant dans l'ombre, menaçant joueurs de foot et de hockey, prenant soin d'elle, mais rien… Non rien n'y fait et je la sens qui s'envole un peu plus loin de moi à chaque pas que j'essaie de faire vers elle. Ça en devient un jeu, un jeu stimulant et frustrant à la fois. Et ma récompense c'est toutes ses petites attentions envers moi. Les sourires, les discussions entre les casiers, et depuis hier, ce léger baiser planté sur ma joue. Posant cette dernière contre la paume de ma main, je mange mon assiette silencieusement, ne prêtant plus attention aux discussions de la table. A croire qu'un de mes plus grands secrets sera à jamais enterré dans ce lycée… Cachant ma peine, lorsque soudainement, Rachel se met à parler de son futur mariage, je garde la tête baissée, jouant avec ma nourriture du bout de la fourchette. Après tout, les gens ont raisons hein ? La capitaine des Cheerios ne peut pas être amoureuse de la looser en titre… Couple atypique diraient tout le monde derrière notre dos, mais moi, je m'imagine très bien avec cette petite brune dans les couloirs, nos mains serrées l'une contre l'autre… Je secoue la tête doucement chassant ces sortes de rêves de ma tête, puis prétextant un mal de crâne, je sors de la cafétéria sous le regard suspect de la brune. Fabray, ma grande, si tu veux savoir, si tu veux avoir une chance, si tu veux te dévoiler, il va falloir que tu passes à l'action. Et ceci commence maintenant.


Rachel POV

Journée plutôt agréable finalement, Quinn avait été sympa, Brittany souriait et tout le monde avait participé au Glee Club. Lâchant la main de Finn, je sautille jusqu'à mon casier, un sourire aux lèvres. Je l'ouvre distraitement puis pose mes livres dedans, en ressortant ma main, je ressens une vive douleur à l'index droit. Je retire alors rapidement la main de mon casier et regarde avec stupéfaction le léger filet de sang s'écouler le long de mon poignet. Je mets mon doigt dans ma bouche, essayant d'arrêter le saignement puis soulevant mes livres, je découvre une tige. Interloquée, je tire dessus et une magnifique rose blanche sort comme par magie du casier. Je l'admire, la faisant tourner sur elle-même puis je plonge mon nez dedans, respirant son doux parfum. Belle, pure, blanche, je la garde dans ma main puis me retourne pour trouver un Finn surpris lui aussi. Sans hésiter je l'embrasse amoureusement, lui murmurant un petit merci. Il semble chercher sa réponse pendant quelques minutes puis finis par me répondre « C'est normal Rach'. Aller, viens, je te ramène chez toi » Des sous-entendus plein la voix lorsqu'il accentue le « chez toi ». Malheureusement pour lui, je préfère refuser et retourner seule chez moi.

Je pousse doucement la porte d'entrée, sachant que mes pères étaient encore au travail. Le salon est vide, la cuisine aussi…Inquiète, je monte à l'étage appelant Santana. Je finis par la trouver dans ma chambre, plongée dans le noir, toujours allongée dans lit. Je m'assieds calmement au coin du lit et elle se tourne vers moi. Ses yeux grands ouverts me cherchent dans le noir et lorsque son regard accroche le mien, il ne le lâche plus. Elle ouvre a bouche mais la referme, incapable d'émettre le moindre son. Frustrée, elle se redresse brusquement dans mon lit et le drap tombe de son corps, révélant son dos nu. Je reste figée, la regardant, ne sachant pas comment réagir. J'ai juste peur du rejet, peur de ses réactions excessives, juste peur quelle soit aussi méchante avec moi que d'habitude…Saleté de peur.

Prenant les choses en main, je me lève du lit et ouvre les volets. Le soleil donne sur ma chambre et ses rayons font apparaitre un petit sourire au coin des lèvres de la Latina mais son regard reste vide. Gentiment, je lui prends la main puis la fait sortir du lit, la conduisant dans la salle de bain. Je remarque que sa robe a trouvé refuge au pied de mon lit lorsqu'elle se lève, faiblement. Ses sous-vêtements noirs font ressortir la pâleur et la maigreur de son corps. Mais ce qui m'effraie le plus reste la quantité incroyable de trace de piqure et d'hématomes recouvrant son corps. Je sors de la pièce et me réinstalle sur mon lit, allumant mon ordinateur portable pendant que Santana prend sa douche. Je remarque de suite un mail d'une adresse qui m'est inconnue. Je l'ouvre et deux simples phrases disant « Pure, Belle, Innocente et Blanche. J'espère que tu as aimé Ta Rose. » Apparaissent sur mon écran. Je ne peux m'empêcher de ramener la fleur contre mes narines sentant son odeur rassurante m'envelopper. Un ricanement sarcastique et une Santana Lopez enroulée d'une serviette blanche au dessus de ses sous-vêtements noirs se tient dans l'entrebâillement de ma porte.

- Alors Dwarfie, on a un admirateur secret ?

Je la regarde déconcertée par sa remarque, je ne sais pas comment le prendre. Va-t-elle me faire payer hier ? Va-t-elle continuer à être méchante ou à me faire du mal ? Elle doit voir ma confusion dans mes yeux car de suite, un sourire timide apparait au coin de ses lèvres. D'un signe de la main, je lui fais signe d'approcher, désignant le drap. Elle s'assied en tailleur à côté de moi et je reporte mon regard sur l'écran d'ordinateur, la laissant faire le premier pas ou autre. Je ne la brusquerai pas car je sais que cela ne résoudra rien avec elle. Au contraire, elle se refermerait de suite sur elle-même. Ainsi, je sens son corps se rapprocher du mien et timidement, sa main se pose sur la mienne. Je tourne la tête vers elle et de suite, elle baisse les yeux. Je vois ses lèvres bouger mais je n'entends aucun son. Elle recommence et je crois distinguer un petit « merci ». Fierté ou peur de l'autre, je ne sais pas ce qu'il l'empêche de me regarder dans les yeux. Brisant le peu de distance qui nous sépare, je sens ses bras m'enlacer et immédiatement son visage se cale sur mon épaule. Je m'écarte d'elle doucement lorsque j'entends mon père rentrer.

- Je vais juste lui expliquer deux ou trois trucs, ensuite je nous ramène à manger et on doit parler, okay Santana ?

- Je…euh…Je peux t'emprunter de quoi dormir ? Disons que ma valise n'a pas survécue à… enfin, à tu sais quoi…

- Oui, oui bien sûr. Sers-toi dans l'armoire, étagère du haut à droite.

Je sors de ma chambre et descend les escaliers quatre à quatre. Ouvrant le frigo, je prends une pizza végétarienne et la mets au four. Puis, je sors des assiettes, deux verres et pose le tout sur un plateau. Sortant la pizza, me brulant au passage, je prends ensuite le plateau et commence à monter les escaliers. La voix de mon père m'arrête au bout de la deuxième marche. Je me retourne vers lui et lui offre mon plus beau sourire. Sa réprimande sur l'interdiction de manger dans ma chambre meurt au coin de ses lèvres et je peux continuer à monter les escaliers. Ouvrant la porte de ma chambre, je tombe sur une brune habillée d'un short de sport noir et d'un t-shirt blanc qui observe les photos accrochées en face de ma machine de sport. Mon tableau de motivation, mon affichage de rêve… Elle me passe ensuite devant et se place devant les clichés posés sur ma table de nuit. Laissant le plateau par terre, je me mets à coté d'elle observant les photos. Je souris en les voyants. Finn, mes papas lors de notre voyage en France, le Glee Club… Quelques moments de bonheur figés sur du papier.

- Ce sont les personnes auxquels je tiens le plus. Je sais, ça sonne cliché ou je ne sais pas quoi, mais sans elles je ne serais pas ce que je suis.

- Pourquoi il n'y a pas Quinn sur celle du Glee club ?

- Je ne sais pas… Elle était absente peut-être…je penserai à en mettre une autre. Tu aimes la pizza ?

Elle regarde le plat et hoche la tête. Posant nos assiettes sur mon lit, je la laisse choisir le film et nous nous installons. Je sais qu'elle retarde la confrontation, mais franchement, j'ai peur moi aussi de lui demander des explications. J'ai peur de ses remarques et de ses moqueries alors voilà, je fais en sorte de retarder moi aussi…Stupide n'est-ce pas ? Lorsque le film se termine, je me retire dans la salle de bain, zappant mon rituel afin d'éviter les railleries. Quand je ressors de la pièce, Santana est déjà plongée dans le noir. Doucement, je me glisse sous les draps, faisant en sorte de laisser le plus de distance entre elle et moi. Je devine que nos dos se font face et je tente de trouver le sommeil.

Mais rien, je vois les heures défiler devant mes yeux. Il est quatre heures passée et les mêmes pensées me tournent dans la tête, les mêmes questions, je dois savoir, je veux savoir mais elle, est-ce qu'elle me laissera demander ? Est-ce qu'elle me répondra ? Toujours incapable de trouver le sommeil, je ferme les yeux, écoutant la respiration de Santana. Je devine aisément qu'elle ne dort pas lorsque certaines irrégularités m'indiquent qu'elle pleure sûrement. Ne pouvant m'en empêcher, je change de côté et observe son dos. Ses épaules tremblent légèrement et je peux sentir sa tension. Sans réfléchir, j'allume la lampe de chevet et elle cesse tout mouvement. Je me rapproche doucement d'elle et je la sens retenir son souffle.

- Santana, viens là.

Elle se retourne vers moi, les yeux rougis par les larmes. Ne lui laissant pas le choix, j'attrape sa main et l'attire contre moi. Sa tête se cale sous mon menton et ses larmes terminent encore une fois leur trajet dans mon cou. Mes lèvres près de son oreille, je lui murmure des mots de réconfort. Au bout d'une petite heure, ses tremblements et sanglots ont disparus. Nous sommes maintenant l'une à côté de l'autre et nos mains sont liées. Le silence nous tient compagnie et je commence à m'endormir lorsque sa voix brise ce silence. Et elle parle. Elle raconte son histoire, déchargeant sa douleur et sa peine. Je ne fais qu'écouter. Apprenant avec stupeur le rejet de Brittany puis celui de ses parents. Découvrant son arrivée dans la maison, le viol, la violence et la drogue. Elle lâche prise d'une voix calme et posée, elle rouvre les cicatrices, laissant les plaies à vif. Elle m'explique son addiction à la drogue, simple moyen pour oublier, seul manière de faire abstraction des hommes. Elle ajoute certaines anecdotes, comme les cicatrices sur son avant-bras. Et je sens sa détresse, je ressens son mal-être et j'ouvre les yeux. Ange aux ailes brisées, elle semble si petite d'un coup, si vulnérable, si minuscule face à sa vie… Je comprends que derrière cette carapace de garce se cache une petite gamine apeurée. Une petite fille perdue qui a peur de la solitude. Quelqu'un qui a peur du jugement et qui ne connait que les rejets. J'ouvre les yeux et vois. Je vois la vraie Santana, celle qui ne veut plus se battre contre elle-même, celle qui a le cœur en miette, celle qui ne demande qu'un peu d'attention de la part de ses parents… Je découvre cette partie d'elle-même et j'ai peur soudainement. Peur de la perdre, peur de la voir tomber dans un trou sans fond. Toujours guidée par sa voix basse et tremblante, je retiens mes larmes, pour elle. Elle raconte ses journées à vendre son corps, les traitements subis, la faim, la drogue, le sexe et la douleur, tel était son quotidien. Et lorsqu'elle quitte le plafond des yeux pour faire pivoter sa tête vers moi, je vois ses yeux briller. Son regard ancré de le mien, elle me parle du jour où je suis venue la libérer. Je sais qu'elle n'est pas douée ou alors pas à l'aise pour exprimer ses sentiments et je devine que tous ses sentiments se trouvent dans ses yeux. Une larme solitaire coule le long de sa joue lorsque sa voix s'éteint pour de bon et sans hésiter je la reprends contre moi. Je respire son odeur, voulant à tout prix garder la saveur de sa peau, comme si quelque chose pouvait me l'enlever et je sens ses mains s'accrocher désespérément à moi. Je serre sa main et tente de calmer ses sanglots qui montent de plus en plus. Passant ma main dans son dos, je la détends progressivement.

- Tu ne seras plus jamais seule Santana. Je suis là maintenant. Je ne te laisserai pas tomber tu m'entends ? Je suis là, tu peux lâcher prise, je suis là…

Simple promesse murmurée entre nos corps enlacés. Juste une phrase voulant tout dire, une suite de mot destinée à son bien être, à sa survie. Une promesse faite aussi à moi-même…Je ne la laisserai pas tomber. Jamais. Et s'il le faut, je réparerai son cœur et ses ailes pièces par pièces mais elle sera heureuse et ce peu m'importe le prix, ce que je sais, c'est qu'elle retrouvera son sourire si joli. Avec ou sans Brittany.


Alors, que pensez vous du Pezberry ? Et par rapport aux sentiments de Quinnie ? Le prochain chapitre arrivera peut-être dans un peu plus longtemps sachant que j'ai repris les cours... Des idées, des questions, des chansons à passer ? Laissez vos reviews je vous répondrais ! :D