Bonjouuuuur à vous ! C'est avec un peu de retard que je vous livre mon 6ème chapitre, shame on me, mais avec les cours et tout j'ai de moins en moins de temps pour écrire... Mais promis j'essaierai d'être un peu plus régulière ! Encore merci pour toutes vos reviews qui me donnent des idées ! :D
Et tant mieux si le Pezberry vous plait, perso' j'adore cette amitié sooo o/

Alors, je vous laisse lire ce chapitre en espérant que vous aimerez. Confrontation avec Britt' et chapitre entièrement du point de vue de Santana sauf pour la fin. La chanson que San' chante est "Fix A Heart" de Demi Lovato.


Santana POV

Si un truc ne m'avait pas manqué, c'était bien les couloirs de McKinley. Mais je dois être forte non ? Alors voilà, ce matin j'avais demandé à Rachel de me déposer au bahut… Mais je ne réalisais pas à quel point c'était difficile de revenir ainsi. Rachel avait juste déposé un baiser sur ma joue avant de me lâcher la main et de partir loin de moi. J'aurais voulu la poursuivre, la rattraper et lui demander de ne pas me laisser seule… Comme si j'avais besoin d'elle, je suis Santana Diabla Lopez, je vais survivre seule pour une journée. Je peux le faire.

La tête baissée sur mes livres, je me dirige vers mon casier. J'entends déjà les chuchotements sur mon passage, je ressens leurs regards et j'essaie de rester fière et forte. Mais je sais que c'est perdu d'avance, que je ne pourrai pas empêcher leurs dires lorsque même mon uniforme de Cheerios est trop grand pour moi, lorsque mes bras, véritable champ de bataille, sont visibles par tous… Alors, je joue la carte de l'ignorance. Je n'entends rien, je ne vois rien, je suis dans ma bulle et je fonce. Je passe devant son casier et mon cœur se serre. Foncer, ne pas voir, ne pas ressentir, assister au cours, être silencieuse, être là sans vraiment l'être, c'est ce que je dois faire, pas si compliqué hein ?

Toutes mes défenses tombent lorsque deux yeux azurs croisent les miens au détour d'un couloir. Je sens mon cœur exploser et mon corps est pris de tremblements. Faisant demi-tour, je me dirige droit dans les toilettes et m'enferme dans l'une des cabines. Être forte hein ? Tss, rien que des conneries racontées à Rach' pour qu'elle me laisse retourner en cours… Je sens que ma respiration s'accélère et je suis incapable de me calmer. M'asseyant par terre, je tente de reprendre un souffle normal mais rien n'y fait. Ses yeux, ses yeux, elle, juste son regard me met dans cet état… Pourquoi ? Pourquoi elle me fait cet effet ? Pourquoi quand je la croise je meurs sur place ? Trop de pensées se battent en duel, trop de souvenirs remontent à la surface et moi, moi je me noie parmi tout ceci. Je tombe et je n'arrive pas à remonter, toujours haletante. Je sors mon portable de mon sac et prépare un sms pour Berry. Je reste plantée devant la page blanche, ne sachant quoi écrire… Faible. Je suis faible, devenue amie avec la Naine, je suis faible et je m'accroche à Berry… Je referme mon portable, n'envoyant pas de message et sors de la cabine. En sortant je tombe sur une blondinette de dos. Ses yeux sont baissés vers le lavabo et je la maudis de m'avoir suivi. Feignant l'indifférence lorsqu'elle relève la tête et que le miroir fait croiser nos regards, je passe à côté d'elle et sors en trombe des toilettes. Me dirigeant vers mon casier, je sens son odeur qui me poursuit. Putain, mais qu'est-ce qu'elle me veut ? Elle me rejette, me tue, me laisse de coté et puis me cours après à mon retour, ce n'est juste pas possible. Elle se joue de moi hein ? Encore une fois, elle se fout de moi… J'ouvre la porte de métal et m'engouffre dans mon casier, essayant de ne pas la voir. Mais je sens son regard azur dans mon dos. Je le sens et je tremble encore. Si elle savait que la seule chose que je veux faire c'est traversé les quelques mètres qui nous séparent pour me jeter dans ses bras, si elle le savait, est-ce qu'elle me poursuivrait ainsi ? Incapable du moindre mouvement, je reste face à mon casier. Je suis perdue dans mes pensées et son regard me brûle la nuque. J'essaie de maitriser mes larmes qui forment cette boule au fond de ma gorge. Avalant difficilement, je sais que je n'ai pas le droit de flancher, pas ici. Je ferme les yeux doucement, me coupant du monde et je respire profondément. Soudain, deux mains viennent se poser sur mon ventre et un corps se colle au mien. Je retiens mon souffle. C'est trop tôt, trop douloureux, trop vif pour que je l'accepte. Je m'apprête à me détacher d'elle violement mais une petite voix contre mon oreille me murmure « San', c'est juste moi. » et je reconnais Rachel. Me retournant, je me perds dans ses bras et je vois Brittany s'éloigner du coin de l'œil. Je me fous des regards et des murmures sur le fait que moi, Santana Lopez alias la bitch en chef enlace Dwarf Berry… J'ai juste besoin d'elle. Ca blesse ma fierté de l'admettre, bien sûr, mais j'ai besoin de Rachel… J'ai besoin de son amitié, de son soutien, de son réconfort, juste besoin d'elle. Plongeant ses yeux dans les miens, je sais qu'elle voit que je ne vais pas bien. Je lui souris et sors de son étreinte. Elle garde sa main contre la mienne et je la serre le plus fort possible, reprenant mon souffle, ravalant mes larmes et ma douleur. Je dois savoir, je veux savoir pourquoi. Je veux connaitre la raison, ses arguments, je dois les connaitre. Il faut juste que je lui parle. Je relâche la main de Rachel, referme mon casier et commence à partir. Les yeux de la diva cherchent les miens et je sais que s'ils les trouvent, elle devinera. Lâchant un petit sourire je lui tourne le dos et pars à la recherche de ma tortionnaire.

Je finis par la trouver contre les casiers, parlant avec Artie. Artie…celui pour qui elle m'a jetée… Non ce n'est pas de sa faute, c'est juste elle. Oui, juste elle. Me dirigeant vers eux, je me plante devant Brittany et tente de paraitre la plus menaçante possible. Artie comprends vite et lâche un « A plus tard, mon cœur » avant de partir. Je me sens brûler lorsque je réalise comment il vient de l'appeler. Mal. J'ai juste mal. Et je souffre encore plus quand le regard ciel de Brittany s'ancre dans le mien. Je peux y lire trop d'émotions contradictoires et cela me perturbe. Haine ou peine ? Dégout ou désir ? Amour ou rejet encore et encore ? Je ne sais pas ce que tout cela signifie, j'ai juste mal. Incapable de lui faire face maintenant, je me détourne d'elle mais tressaille légèrement lorsque je sens sa main se poser sur mon bras. Non, non, ce n'est pas possible, je rêve. Je retire mon bras violement et me retourne vers elle. Elle se mord la lèvre inférieure et son regard est rempli de haine. Je la connais par cœur, et ceci ne lui ressemble pas… Elle me fixe, l'air hautain mais triste. Un rictus déforme son visage, détruisant encore un peu plus mon cœur.

- Faut que t'arrêtes ça.

- De quoi tu parles ?

- Cesse de me suivre. Tu veux plus de moi tu te rappelles ?

Douleur. Les mots sortent de ma gorge et je ne peux empêcher ma voix de trembler. Croisant mes bras, je plante mes ongles dans ma paume, espérant retenir la douleur.

- Ah, oui, c'est vrai. C'est toi qui me suis jusqu'à preuve du contraire.

J'ouvre la bouche puis la referme, incapable de répondre. Si froide, si méchante, si troublante, Brittany que t'es-t-il arrivé ? Où est passée ma meilleure amie si joyeuse, si insouciante, si optimiste qui m'a volé mon cœur ? Je tourne le dos, remarquant son petit sourire triste, remarquant son expression si contradictoire avec ses dires…Il y a forcément quelque chose là-dessous hein ? Empruntant le couloir principal, je me rends dans la salle de la chorale, contente d'avoir fini ma journée. Quand j'entre dans la pièce, les discussions cessent et les regards se tournent tous vers moi. Ils me jaugent et je reste paralysée devant eux. Rapidement, je sens la main de Rachel se glisser contre la mienne et elle m'emmène m'assoir à ses cotés. Quinn se place derrière nous après m'avoir souri timidement. Blondinette arrive quelque instant plus tard et va se mettre près d'Artie. Inconsciemment, je serre la main de Rachel lorsque M. Schuester parle de moi, de mon retour ou alors dès qu'il mentionne des duos à préparer pour les régionales. Je pense que ma voix doit s'être éteinte, cela fait bien un mois que je n'ai pas chanté. Pourtant, j'ai envie. Oui, je veux me lever de cette chaise, je veux me planter devant le piano et chanter. Me perdre dans la musique, dans la mélodie…Chanter pour soulager ma peine. Certains écrivent pour soulager leur douleur alors pourquoi ne pourrai-je pas utiliser la musique ? Comme une nouvelle drogue. En parlant de drogue, je commence à en sentir le manque… Il faudra que j'aille en chercher rapidement. Je secoue la tête doucement voulant chasser mes pensées mais Schuester s'en aperçoit et interrompt ce qu'il disait. Un sourire se forme sur ses lèvres et je comprends qu'il pense que je veux chanter. Fuck it. Je sens Rachel se tendre pour commencer à protester mais je me lève avant qu'un mot ne sorte de sa bouche. La tête baissée, je me dirige droit vers le piano. Je sais déjà quelle chanson je dois chanter pour lui faire comprendre. Pour lui montrer ma douleur, pour qu'elle sache aussi que ces émotions contradictoires ne me trompent pas, que je sais qu'elle cache quelques choses. Murmurant le titre de la chanson à Brad, je me plante face à eux, les yeux fixés au sol. La mélodie commence et je me laisse emporter par les notes de piano.

It's probably what's best for you
C'est probablement ce qui est le meilleur pour toi

I only want the best for you
Je veux seulement ce qu'il y a de meilleur pour toi

And if I'm not the best, then you're stuck
Et si je ne suis pas le meilleur, alors tu es coincé

Je débite les paroles relevant petit à petit la tête, je croise d'abord le regard de Rachel qui m'incite à continuer.

I try to save time and I,

J'essaie de gagner du temps et
Ended up with wounds to bind

Je me suis retrouvée avec des blessures à relier
Like you're pouring salt in my cuts

Comme si tu versais du sel dans mes coupures
And I just ran out of band-aids

Et je suis à court de pansements
I don't even know where to start

Je ne sais meme pas par où commencer

'Cause you can't bandage the damage,

Parce que tu ne peux pas bander les dégats
You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur

Je laisse une pause, prenant le temps de maitriser ma voix, de maitriser mes sanglots. Prenant plus de confiance, je lâche le regard chocolat emplis de larmes de la petite diva et promène mes yeux. Je rencontre deux émeraudes qui brillent et Quinn me sourie. Je continue à faire le tour de leur visage en évitant le sien.

Even though I know what's wrong,

Même si je sais ce qui ne va pas
How can I be so sure

Comment puis-je en être si sure
If you never say what you feel, feel

Si tu ne dis jamais ce que tu ressens, ressens
I must have held your hand tight,

J'ai dû tenir ta main serrée
You didn't have the will to fight

Tu n'ass pas eu la force de lutter
I guess you needed more time to heel

Je suppose que tu avais besoin de plus de temps pour guérir

Baby I just ran out of band-aids

Bébé je suis à court de pansements
I don't even know where to start

Je ne sais même pas par où commencer
'Cause you can't bandage the damage

Je ne sais même pas par où commencer

You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur

Je marque une légère pause, retrouvant le sol de mon regard. Je me laisse guider par la musique et lorsque je relève les yeux, c'est face à deux saphirs que je me heurte. Je ne dois pas me laisser troubler par elle. Je tiens son regard, continuant ma chanson.

You must be a miracle,

Tu dois être un miracle,
Walk up, swearin' up and down,
Marchant, jurant haut et fort,
You can't fix what has been broken

Que on ne peux pas réparer ce qui a été brisé.
Please don't give my hopes up, no no

S'il te plaît ne donne pas de faux espoirs, non non
Baby, tell me how could you,

Bébé, dis-moi comment peux-tu,
Be so cruel

Être si cruel

J'appuie mon regard sur elle en prononçant ces paroles et je sens qu'elle est mal à l'aise. Etrange non ? Après tout, c'est elle qui m'a rejetée alors pourquoi elle semble si perturbée ? Ne pas y penser. Concentration Lopez, tu dois juste chanter et c'est tout.

It's like you're pouring salt on my cuts
C'est comme si tu versais du sel sur mes coupures

Juste un murmure, simple témoin de ces plaies béantes recouvrant mon cœur. Reprenant mes émotions en main, j'inspire fortement.

Baby, I just ran out of band-aids

Bébé, je suis à court de pansements
I don't even know where to start

Je ne sais même pas par où commencer
'Cause you can't bandage the damage

Parce que tu ne peux pas bander les dégâts
You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur
Baby, I just ran out of band-aids

Bébé, je suis à court de pansements
I don't even know where to start
Je ne sais même pas par où commencer

'Cause you can't bandage the damage

Parce que tu ne peux pas bander les dégâts
You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur
Oh no no no no
You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur
Oh no no no no
You never really can fix a heart

Tu ne peux jamais vraiment réparer un cœur

Je m'arrête de chanter l'espace d'un instant et je replonge mes yeux dans ceux de Rachel dont les larmes ne peuvent s'empêcher de couler. Damn it, Berry, fallait pas que tu pleures…Voilà que la boule au fond de ma gorge revient à l'assaut. Feignant, l'indifférente, l'insensible que tout le monde voit en moi, je fixe mes yeux face à ceux de Brittany et prononce d'une voix tremblante la dernière phrase.

You never really can fix my heart.

Tu ne pourras jamais vraiment réparer mon cœur.

La dernière note de piano résonne sans fin dans mon corps et mon esprit. Baissant la tête, je sens une larme solitaire finir son chemin le long de ma mâchoire et je serre mon poing, maudissant ma propre faiblesse. Soudainement, je me sens comme épuisée et je sens mon cœur défaillir lorsque je prends conscience du silence autour de moi. Personne n'ose dire un mot. Même Schuester n'ose pas me regarder. Non, ils se contentent de fixer sans fin mon corps détruit. Mon corps à l'image de mon cœur. Brisé. Mal à l'aise, je reste figée, paralysée par leurs regards, par ce qu'ils peuvent penser où ce qu'ils diront derrière moi. J'entends à peine la sonnerie retentir dans le couloir, je ne sens même pas leur embrassades lorsqu'ils me félicitent de ma prestation et que je vois Blondinette en profiter pour partir. Non, je suis juste vidée de toute énergie, éreintée de cette première journée. Je veux juste me rouler en boule sous une couette et pleurer. Pleurer jusqu'à l'épuisement, pleurer toutes les larmes, pleurer comme je le fais depuis plusieurs nuits. Mais pas ici, non, je dois encore attendre un peu.

La main de ma petite diva me tire hors de cette salle de torture et elle me traine jusqu'à son casier. Là, je la vois prendre ses affaires puis sortir un simple bracelet orné d'une étoile dorée. Je vois ses yeux pétiller et je lui passe de suite autour du poignet, mi-consciente de mes mouvements. Ensuite, je sais qu'elle nous conduit jusqu'à sa voiture. Je monte à l'intérieur et retiens encore mes pleurs qui ne cessent de monter. Des éclats de voix me parviennent de l'extérieur et je distingue Rachel et Quinn qui parlent grâce au rétroviseur. Quinn… encore une qui ne m'avait pas adressée la parole depuis mon retour. Le plus déroutant était de ne pas savoir si les gens étaient distants par peur de rejet ou juste par peur après avoir vu mon état physique… Après tout, personne ne savait hein ? Personne n'était au courant pour mon « souci d'attirance » comme l'avait surnommé Rachel auprès de ses pères, histoire de justifier l'acte de mes parents. A vrai dire, ses pères avaient voulus appeler mes parents pour en discuter, mais j'avais réussi à les en dissuader. Ils l'auraient regrettés, vraiment. Parce que, question homophobie, mes parents étaient les meilleurs. Pire que les Pierce et les Fabray réunis. Alors, oui, ils auraient regrettés cet appel.

Perdue dans mes pensées, je ne remarque notre arrivée chez les Berry que quand Rachel stoppe le moteur. Descendant machinalement du véhicule, je passe la porte de la maison, salue ses parents et monte directement dans la chambre d'amie qui est maintenant mienne. L'espace d'un instant, j'ai l'impression d'entendre ses pas me suivre mais je ne fais que rêver, devinant qu'elle veut me laisser respirer. M'étendant sur mon lit, je laisse mes pensées dériver, guettant le moindre pas se faisant entendre. Je sais malgré tout que Rachel finira par venir, inquiète. Si elle savait à quel point je m'en veux de lui faire traverser tout ceci, si elle voyait à quel point je me hais de m'imposer comme cela chez elle, dans sa vie, dans ses affaires mais aussi à quel point me raccrocher à elle est devenu un besoin vital… Amusant non ? Après tout ce que je lui ai fait endurée c'est elle, Rachel Barbra Berry qui me récupère, qui me sauve de mon trou noir. Et j'ai honte. Oh oui, j'ai honte de moi. J'ai honte du fait que la première chose que ses pères m'ont dite quand ils ont accepté de m'héberger est de m'excuser auprès de Rach' mais aussi de ne plus lui faire de mal. Et là, oui là j'ai pris conscience. Je me suis rendue compte du mal, des soirées qu'elle avait du passée à pleurer à cause de moi, des nuits entière sans sommeil qu'elle avait pu endurer… Juste le fait d'y penser me fait me haïr un peu plus. Parfois, je me demande ce que j'aurais pu devenir si son agaçante manie de toujours vouloir tout savoir ne l'avait pas poussée à venir me chercher. Que voulez-vous, c'est la seule qui crois en moi et qui a confiance en moi, alors je pense qu'il serait tant que j'arrête de lui faire du mal pour lui faire confiance aussi…

La voix de Rachel me demandant si je veux venir manger brise mes pensées. Je n'ai pas la force de les affronter ce soir, non pas encore. Je me lève et lui réponds négativement. Puis, fermant les volets avant de me déshabiller, je me glisse sous mes draps, exténuée. Mais le sommeil ne veux pas venir alors je reste sur le dos, fixant le plafond, ressassant sans cesse les évènements de la journée, analysant chaque regard, chaque tremblements, chaque émotions passant par Brittany ou même Quinn. Les heures passent et j'entends la brune monter les marches. J'entends aussi ses pas s'arrêter devant ma porte, hésiter un instant puis repartir vers sa chambre. J'aimerai me lever, sortir et avoir le courage de lui dire qu'elle peut venir, avoir le courage de lui admettre que je veux qu'elle vienne parce que j'ai besoin d'elle. Peu de temps après, j'entends ses pères se coucher. Et le trait de lumière qui sortait de sous ma porte s'éteint. Je frissonne lorsque le noir complet m'envahit, me capturant entre ses griffes avides de peur et de mal-être. J'ai juste froid, j'ai juste peur, je suis juste seule dans un lit trop grand pour moi. Et je tremble, oui, je tremble incapable de me contrôler. Je ressens le poids de cette chanson qui redescend sur moi, mais le pire reste le manque. Le manque de l'aiguille contre ma peau, diffusant un poison délicieux, parcourant la moindre parcelle de mon être et augmentant chaque sensation. Douceur comme douleur. Serrant les poings, j'enfonce ma tête dans l'oreiller, fermant mes paupières avec force, essayant à tout prix de me calmer. Mais bientôt ma colère et ma tension se transforme en sanglots et je suis prise d'une crise de larmes. Okay, je suis sur les nerfs, fantastique. Incapable de résister plus, je me lève et sors de ma chambre. Me perdant un peu plus dans ce noir intense, ce noir dont j'ai peur, je réussis à trouver la porte qui me mènerait à la sérénité. J'ouvre la porte tout doucement et c'est une Rachel sur son ordinateur qui me regarde surprise. De suite, j'essaie de faire demi-tour, faisant comme si elle n'avait rien vu, comme si je cherchais les toilettes et que je m'étais trompée de porte mais Rachel n'est pas dupe alors elle se lève immédiatement, refermant sa porte puis me prenant par la main. Elle se remet sous ses draps, puis après avoir abandonné son PC par terre, elle m'ouvre ses bras. Je plonge dedans sans hésiter. Elle rabat la couette sur nos corps enlacés. Calant ma tête sous son menton, je respire profondément. Son odeur ainsi que sa chaleur m'entourent et mes larmes s'apaisent progressivement. Le noir est toujours là mais Rach' est ma lumière alors avec elle, je me sens en sécurité. Sa main caresse doucement mon dos, et elle murmure toujours les mêmes mots pour me réconforter. Je sais qu'elle chantonne mais je ne reconnais toujours pas sa chanson… Lorsque je suis à peu près capable de ne plus trembler, je me détache d'elle et commence à sortir du lit mais sa main posée fermement sur mon bras m'en empêche. Tant mieux, je ne voulais pas dormir seule dans ce froid et ce noir effrayant. Me mettant sur le coté, je sens son corps collé au mien et je me concentre sur nos respirations, unies. Je crois que Rachel s'endors la première car elle se détache de moi et tourne sur l'autre coté. Prise de peur, je ne peux m'empêcher de la reprendre contre moi. Egoïste je sais. Tout ceci n'est que purement égoïste. N'empêche que sa présence m'apaise et que je ne tarde pas à sombrer dans un sommeil lui aussi noir.

Encore un réveil dans les bras de la petite diva, des bras devenus un endroit de réconfort, un lieu où je peux tout relâcher sans être juger… Je la tiens contre moi toujours endormie et je sens sa chaleur émanant de son corps. Sa peau légèrement bronzée est contre la mienne. Je souris, continuant de la regarder lorsque sortie de nulle part, sa voix retentit « Sais-tu que c'est perturbant d'essayer de dormir lorsque tu es en train de me regarder San' ? » Je ne réponds pas et sors du lit me dirigeant de suite vers ma chambre. Avant de sortir, je distingue la petite brunette qui se remet sous sa couette. J'enfile mon uniforme de Cheerios, prend mon sac, repasse par la chambre étoilée afin de rappeler à Rach' qu'elle a cours dans une heure puis descend les escaliers. Pour une fois, je suis à peu près de bonne humeur. Chose étonnante quand on sait que mes deux premières heures de la journée consistent à courir, sauter, danser avec elle et d'autres filles.

Je sors de la maison des Berry, mes écouteurs dans les oreilles et commence à marcher vers McKinley. Dépassant la maison des Fabray à contrecœur, je tourne à droite et passe devant ma propre maison. D'un coup, le froid m'envahit et je souhaite m'enfuir loin lorsque je remarque que mon absence n'a pas l'air de perturber les habitudes de mes parents. En effet, je peux les voir derrière la fenêtre, je suis capable de les distinguer assis dans la cuisine, prenant leur petit-déjeuner. Ils rigolent. Avant, on ne rigolait pas à table. Avant, on devait garder le silence et juste manger. Avant, j'aurais été avec eux. Tout indique que je ne leur manque pas, qu'ils sont mieux sans moi. En vérité, la tentation de courir vers ma maison me torture de plus en plus mais je sais que retourner là-bas serait un suicide. Regardant mon père se lever de table, je le vois embrasser tendrement ma mère et je devine qu'il s'apprête à partir au travail. Essuyant les larmes de mes joues, je commence à courir loin de ce pseudo-refuge et arrive bientôt au bahut. Je passe rapidement aux toilettes puis repars vers le stade, passant en trombe devant Quinn que je manque de renverser. Elle me regarde surprise et je ne réalise pas de suite devant quel casier elle se tient. Celui de Rachel. Non, je dois me tromper, leur casier sont voisin alors je dois confondre. Je reprends mon souffle et débarque dans le gymnase déjà rempli de musique. Le regard noir de Sue se pose de suite sur moi et je sais qu'elle m'analyse à moitié. Ne préférant pas relever, je reprends mon poste au milieu des autres Cheerleader et commence mon entrainement. Aller, une autre journée à subir.


Quinn POV

Patiemment, j'observe la Latina exécutant l'enchainement. Elle ne fait aucune faute et ses mouvements sont parfaits. Mais derrière cette perfection, je vois chaque plissement de douleur au coin de ses yeux et chacun des gémissements qu'elle retient lorsqu'elle bouge. Un frisson me parcourt lorsque, détaillant son corps, je remarque que son uniforme est un peu trop grand pour elle. Elle a changée. Elle s'est fragilisée, son masque a été détruit et elle marche sur un fil en équilibre et je peux deviner que le moindre souffle, la moindre pichenette la fera tomber dans un trou sans fond. C'est donc à ça que sert Berry. A la retenir, comme une assurance, comme une corde de secours. Je souris en réalisant qu'une fois de plus ma petite diva est là pour les autres. Mais mon sourire se fane bien vite lorsque je remarque une fois de plus le regard de Brittany posé sur S. Trop de culpabilité, trop de haine, trop de sentiments tout simplement. Je continue à penser que tout expliquer à Lopez serait une bonne solution parce que je ne peux me résoudre à laisser la blondinette dans cet état là, mais Rachel ne veux plus entendre parler de Brittany. Quant à cette dernière, elle ne veut pas m'expliquer ce qu'il s'est passé. Bien, je suppose que je dois arracher l'histoire de la bouche de la principale concernée. Santana Lopez, prépare-toi à des explications.


Aviiiiiis ? J'espère que la direction dans laquelle prend le Brittana ne vous déplait pas. Vous avez des idées sur le pourquoi du comportement contradictoire de Blondinette ? Je vous dit à bientôt pour la suite :D