Bonjour à tous ! C'est avec un peu beaucoup de retard que je vous dévoile mon huitième chapitre. Mais maintenant que je suis en vacances, je vais pouvoir me concentrer pleinement sur SOL, c'est promis ! (Bon, je ferai des petits OS à côté. D'ailleurs, n'oubliez pas "Stay" qui est le dernier sorti)

Encore merci à ceux qui ont laisser un reviews, voir vos réactions est assez intéressant ahah. Merci à ceux qui follow et/ou on mis la fiction en favori. En gros, merci à tout ceux qui me lisent, vous êtes les meilleurs !

Bref, trêve de bavardages, je vous laisse découvrir ce 8ème chapitre, centré sur la relation Santana/Rachel. (Oui je suis accro au Pezberry (a)) La chanson est "Hold Me" d'Alex Hepburn.

Enjoy ! :D


Brittany POV

Un coup de vent. Rebondissement d'une main sur ma joue. Froid. Son corps s'écartant du mien. Douleur. Brulure. Haine. Dégout. Simple lecture de deux émeraudes face à moi.

« Combien ? »

Murmure tranchant comme une épée. Je secoue la tête, ne voulant pas répondre. Une main qui remonte mon menton m'oblige à la regarder. Répétition de cette question. Dure, implacable.

« 3 »

Souffle entre mes lèvres. Brulure au coin de mes yeux. Elle me lâche le menton, je tombe à genoux sur le sol froid des vestiaires. Je vois ses jambes fines faire les cents pas devant moi. J'aimerai l'arrêter. J'aimerai qu'elle comprenne. Mais non. Elle crie. Elle gueule et je ne sais pas ce qu'elle dit. Santana, Rachel, discours à la con, blessée, ma faute, ta faute, je ne sais pas ce qu'elle raconte. Je ne distingue pas bien les mots tellement elle parle vite. Je sais juste qu'elle part en courant. Et je suis seule. Je me laisse glisser sur le carrelage et je ferme les yeux. Ainsi, c'est à ceci que ressemble la solitude et le rejet. Amertume, dégout de soi, simples sentiments grandissant dans mon cœur. Comment ai-je pu faire ça à Santana ? Comment… J'ai merdé. J'ai tout foiré. Une fois de plus. Un frisson transperce mon corps et je tremble. Tentation, tentation, tentation. J'aimerai juste revenir en arrière, j'aimerai juste réparer mes conneries. Brittany, stupide petite blondinette. Cesse donc de ressasser sans arrêt et agis. Agir. Voilà ce que je vais faire. Agir.

Sautant sur mes pieds, comme revigorée, je titube jusqu'à la sortie. Les couloirs sont vides et je devine grâce au brouhaha venant du self qu'il est plus ou moins midi. N'ayant pas vraiment faim, je préfère partir directement vers ma prochaine salle de classe. En chemin, je croise une Santana courant partout. Nos regards se croisent l'espace d'un instant et je vois dans ses yeux qu'elle est inquiète. Agis. Soufflement incessant de cette voix dans ma tête. Agis, agis, agis. Tel un refrain qui tournerait en rond dans mes pensées. Paralysée, je tourne au coin du couloir, laissant derrière moi celle que j'ai détruite.


Santana POV

Ignorant la tête blonde passant à ma droite, je continue de marcher jusqu'à la cafét. Après avoir pris un plateau et l'avoir rempli je cherche du regard ma table habituelle, celle du Glee Club. Au loin, j'aperçois Finn et me dirige sans hésiter vers lui. Chaque membre du club mange tranquillement leur déjeuner. Je m'assois à côté d'Artie et commence à manger. Enfin, manger tout en étant relatif. Personnellement, j'appelle ça « jouer avec ma nourriture pendant une heure jusqu'à tout devoir jeter » Les conversations et les rires viennent naturellement et personne ne remarque l'absence de Brittany. Quoique cette dernière a pu très bien avoir déjà mangé. Non, ce qui me déstabilise le plus, c'est de ne pas entendre la petite voix de Rachel.

Inquiète, je demande à chaque personne présente si elle sait quoi que se soit à propos de la petite brune mais rien. Rachel a disparu comme ça, par magie. Ma question fait le tour de la table et je marque une pause hésitant un peu devant le visage de Quinn. Celle-ci secoue la tête négativement, sans attendre que je lui parle, je reporte alors mes yeux sur le contenu de mon assiette. Contenu que je m'applique méthodiquement à déchiqueter morceau par morceau afin de faire comme si je mangeais. La faim. Sentiment qui m'a depuis longtemps abandonné… Certes, j'ai repris du poids ainsi que des formes, mais redevenir comme avant me demandera du temps, j'en suis consciente. La plus grande avancée était d'avoir petit-déjeuner ce matin avant mon départ, ce qui reste un exploit pour moi…

Soudain, la tête de la blonde se relève vers moi, brusquement. Je l'observe, attendant mais aucun son ne sort de sa bouche et pourtant je devine cette prière silencieuse émanant de ses orbes vertes. Une demande, un aveu, une simple question qu'elle n'est pas capable de formuler. Je la regarde sans ciller et je lis en elle. Je sais ce qu'elle veut. Je suis consciente que ça a un rapport avec Rach'…De toute manière, quand Quinnie a cette expression là et que Berry est absente, et bien, il y a forcément quelque chose là-dessous. Je hoche lentement la tête, signe de mon « engagement » puis, n'ayant plus « faim » je me lève de la table, débarrasse mon plateau puis sors à grand pas du self. Méthodiquement, je refouille chaque coin de McKinley mais une fois de plus j'échoue. Berry, Berry, Berry, où t'es tu planquée ? De plus en plus inquiète, je repars du coté du stade que la pluie est en train de tremper. Courant, gueulant à m'arracher la gorge, je combats les trombes d'eau passant au travers.

Enfin au loin, je l'aperçois. Forme flou au loin, couchée sur le coté dans un coin de tribune je ne peux voir que ses mèches brunes sortant de cet abri. Accélérant, je m'accroupis près d'elle. Ruisselante de pluie et de slushie, la petite brune est endormie. Son léger maquillage a coulé le long de ses joues et je devine que la pluie n'est pas la seule responsable. Doucement, je caresse son visage du bout des doigts afin de la réveiller. Deux grands yeux marron s'ouvrent alors et la peur les envahit de suite. Elle pâlit et sors de sous les gradins en courant. Je la suis et la vois tenter de courir avant de s'écrouler au sol. Faible, elle me repousse lorsque je la relève contre moi. Fatiguée, elle crie des choses incompréhensible quand arrivant chez elle, peut m'importe d'avoir séché du cours, je la fais descendre de la voiture. Lorsque je pousse la porte doucement, ses pères me tuent littéralement du regard et de suite, Leroy se précipite afin de porter Rachel jusqu'à sa chambre. Hiram, la mine sérieuse me demande de m'assoir derrière la table familiale. Je m'exécute et attends, inquiète. Les cris que j'entends d'en haut me fond frémir, ses cris ne sont que ceux de Rachel. Je ne sais s'ils sont de douleur ou de rage mais j'ai peur. Peur de la perdre, peur de perdre ce nouveau foyer, peur d'avoir merdé encore une fois. Le raclement de gorge de Leroy, désormais redescendu me sors de mes pensées. Je devine à son visage que Rachel l'a envoyé balader. Baissant les yeux, je préfère sortir de la maison en silence afin de retourner au lycée. Grimpant dans ma voiture, je constate qu'il ne me reste qu'une petite heure. Pourtant, je retourne tout de même dans les couloirs maudit de McKinley. Que voulez-vous, j'aime jouer avec le feu.

*ellipse*

Réveil amer dans un lit trop grand pour moi. L'odeur de clope froide fixée sur mes draps me rappelle sans cesse le vide. Son vide. Je me tourne, jetant un œil à mon portable puis décide de me lever de suite. Au moins, je n'aurais pas à voir ses regards plein de haine dès le matin. Non, avec un peu de chance je réussirais à l'éviter assez longtemps, sauf si elle m'évite aussi, comme chaque jour depuis ce weekend. Saluant ses pères, je sors de la maison et prend le chemin du lycée à pied. Deux jours s'étaient écoulés depuis que j'avais retrouvé Rachel sous les gradins. Depuis plus aucun son n'était sorti de sa bouche, ni en cours, ni chez elle, ni même en Glee. Elle restait accrochée à son cachalot de service, m'évitant le plus possible et lorsqu'elle me croisait dans un couloir, seul ses yeux emplis de jenesaisquoi de mauvais me fixaient intensément. Pourtant je sentais la douleur, j'entendais ses pleurs durant la nuit et j'étais impuissante. Et ce weekend avait surement été l'un des plus longs de mon existence. Sans cesse enfermée dans sa chambre, la petite diva passait son temps à pleurer, criant des choses incompréhensibles, s'enfermant dans le noir et ses pensées. Elle ne chantait plus non plus. A vrai dire, même si elle a toujours été une vraie dramaqueen, son état m'inquiétait vraiment.

La sonnerie retentit et j'entre de suite dans la salle de classe. M'asseyant au fond, comme d'habitude, je sens le regard azur de Brittany sur ma nuque. Brulure devenue désormais habituelle, je ressens toujours ce brasier au fond de mon être mais je m'interdis de laisser la douleur m'envahir, non, je dois m'occuper de Rachel pour l'instant. Mon regard dérive vers une tête blonde et comme à chaque fois, je devine que ses yeux sont tournés vers celle qui assise au premier rang prend des notes. Les yeux de Blondie se tournent vers moi et encore une fois, je devine son appel à l'aide, sa prière silencieuse. Ainsi, Miss Fabray s'en veut pour quelque chose et elle ne supporte pas de voir Rach' dépérir ainsi. Remarque, j'ai moi aussi beaucoup de mal à supporter le regard vide de mon amie. Amie…Ce mot me semble tellement dénué de sens maintenant que pour une raison inconnue elle ne me parle plus. Une nouvelle fois seule, je ne peux que me demander où-est ce que j'ai merdé. La fin du cours se marque par une nouvelle sonnerie et comme à son habitude la petite brune sort la première de la classe. Ne tenant plus, je décide de la suivre discrètement. Intriguée, je l'observe à son casier, je remarque Quinn qui cachée au loin, la regarde d'un air inquiet et plus que coupable. Une bande de mecs l'abordent et Rachel fuit en courant, j'ai juste le temps d'apercevoir le verre que l'un d'eux tient pour deviner ce qu'il vient de se passer. Croyez moi, mes petits, vous allez me payez ça.

Suivant les traces de slushie, je débarque dans les toilettes où des sanglots comblent le silence. Frappant doucement contre la porte de la cabine, j'entends les pleurs cesser et le silence domine la pièce. Je me laisse glisser au sol, m'asseyant contre la porte. J'écoute attentivement et des bruits de froissements de tissus m'indiquent qu'elle se change rapidement.

« - Rach', ouvre moi, je vais t'aider…

- Va-t-en. Je ne veux pas de ton aide »

Sa voix brisée me renvoie à mon propre calvaire que sans elle je n'aurais pas su vaincre. N'abandonnant pas, je lui redemande de m'ouvrir. Seul le refus sort de cette porte, mais je ne laisserai pas tomber car le seul fait d'imaginer Rachel, les yeux rouges, la lèvre tremblante, le corps entiers parcourus de tressaillements, juste cette image me fait du mal. Passant ma main sous la porte de la cabine, je réussis à attraper la sienne. Surprise, je sens ses doigts se serrer contre ma paume, je sais qu'elle souffre et je me sens plus qu'impuissante. Sa main posé sur la mienne me redonne un peu d'espoir. Après tout, peut-être que tout n'est pas perdu, sinon, elle m'aurait rejetée, non ? Relevant ma tête contre le bois, je laisse un murmure briser le silence.

« Rach', si tu m'expliquais. Si tu me disais ce qu'il s'est passé vendredi. Ou alors il faut que j'aille demander à Q. ? »

Je la sens se tendre lorsque je prononce cette éventualité. En plein dans le mille, Fabray, que lui as-tu fais subir encore ? Ne recevant pas de réponse, je continue à parler, caressant doucement le dos de sa main avec mon pouce, je sais qu'elle pleure en silence.

« - Ouvre-moi, Little Berry, je…

- Et si elle a raison ? »

Sa voix vacillante perce mes murmures, et je sais que je vais avoir le droit à un petit monologue made in Berry.

« Si elle a raison ? Si j'étais naïve ? Si tu me bernais encore et encore ? Si tu faisais semblant d'être mon amie ? Si tu voulais me détruire encore plus ? Si Finn ne m'aimait pas ? Et si Broadway ne voulait pas de moi ? Si je me retrouvais seule encore une fois ? »

Questions jetées dans le vide se répercutant comme des couteaux dans mon cœur. Ainsi, elle avait osé. Quinn avait semé le doute dans l'esprit mal assuré de Rachel. Comme encouragée par la colère, par la douleur perçue dans la voix de la brune mais aussi surement par le fait que la porte nous séparait, je décide de lâcher prise, préférant rassurer Berry.

« Rach', écoute moi tu veux ? Finn, t'aime. Même si il y a surement d'autres personnes qui aimeraient être à sa place, Finnocence t'aime. Ensuite, tu es l'une des personnes la plus talentueuse que je connaisse alors crois-moi, Lil' Berry, aller à Broadway c'est ton avenir, ton futur, c'est ta destinée et si ces idiots ne voient pas l'étendue de ton talent, et bien, tu les emmerderas et tu trouveras un autre endroit où ta grandeur sera reconnue. »

Je marque une pause, cherchant mes mots pour exprimer la suite. Je sais ce qu'elle croit, je comprends maintenant pourquoi elle s'est éloignée subitement en l'espace de deux jours. La peur de souffrir une nouvelle fois à cause de moi…Juste parce que Ice Queen lui avait certifié que c'était encore un de mes plans pour l'humilier… Prenant une inspiration, je me jette à l'eau, laissant mes sentiments prendre le dessus. Encore une fois, le fait de ne pas l'avoir devant moi doit expliquer cette soudaine envie de tout déballer, j'ai jamais été très adroite dans les longues déclarations comme ça. Exprimer ses sentiments, consoler les autres, les enlacer tellement fort qu'ils en ont le souffle couper, non ça c'était le rôle de Brittany… Secouant la tête, je ferme les yeux et serre la main de la petite diva.

« Quant à finir seule, Rachel, tu ne l'es pas. Tu ne le seras jamais. Je serais là pour toi. Et si Quinn t'a dit le contraire, si elle t'a fais douter de mon honnêteté, ai confiance en moi et non en elle. Je ne te ferai pas de mal. Je ne te ferai plus de mal. Pas après ce que tu as fais pour moi, pas après toutes ces nuits où tu m'as réconfortée jusqu'aux premières lueurs du jour. N'ai pas peur de m'accorder ta confiance, je ne foirerai pas tout, je ne te ferai pas souffrir. Tu entends ça Rachel ? Je suis ton amie. Alors ouvre donc cette porte et viens, on rentre chez toi, d'accord ? »

Retenant mon souffle lorsque ma main se retrouve seule sur le sol, j'entends le verrou s'ouvrir mais personne ne sors de la cabine. Poussant doucement la porte, je découvre une Rachel Berry assise contre la paroi, ses yeux rougis par les larmes me regardent empli de peur. Simple peur du mensonge, comme si je pouvais encore la faire souffrir. Patiemment, je lui prends la main et la relève. Elle me fait face, tremblante. Doucement, je retire les derniers morceaux de glace pilée de ses cheveux avant d'essuyer une dernière larme de son visage. Je lui reprends la main, la tirant derrière moi. Seul le silence nous entoure quand nous sortons dans couloir. Bien sûr, tout le monde nous regarde d'un air parfois choqué parfois amusé mais personne n'ose s'approcher. Débarquant dans le bureau du principal, je ne lui laisse pas le temps de dire quoique se soit. Je lui désigne juste Rachel et lui déclare que nous rentrons chez elle. Il referme sa bouche et hoche la tête silencieusement.

Entrainant Rachel derrière moi, je la fais rentrer dans sa voiture avant de l'attacher. Elle se tourne vers moi, son regard comme perdu dans le vide, regard qu'elle arborait depuis deux jours, comme si elle ne regardait pas vraiment où elle se trouvait, comme si elle était dans une bulle hermétiquement fermée, empêchant la moindre once de douleur de passer au travers de son âme déjà meurtrie. Comme si elle était morte de l'intérieur…

Je m'installe à ses côtés, et démarre la voiture. Déjà, je vois ses larmes se perdre sur ses joues. Je sais qu'elle se repasse sans cesse le film des derniers évènements. Je frissonne, effrayé par le vide dégagé par son regard. Je me gare bientôt devant chez elle et la faisant descendre, je l'emmène de suite dans sa chambre. Aucun mot, aucune réaction depuis ma petite déclaration et je commence à me demander si j'ai fais le bon choix. Toujours cette peur d'avoir tout foutu en l'air au fond de moi, peur me ramenant à mon enfance, quand mon père, gueulant sur moi, me répétait sans cesse que je n'étais qu'une bonne à rien, semant la discorde partout où je passais. Mon cœur se serre lorsque ressortant de la pièce, je croise une Rachel assise sur ses draps, l'air perdu. Je dévale les escaliers me dirigeant de suite vers la cuisine.


Rachel POV

Elle disparait encore une fois. Seule. Elle me laisse seule. Je sais qu'elle ment.

Je sais que tu mens lorsque tes lèvres promettent des choses impossibles. J'ai juste mal. Je n'ai pas besoin de ton amour, j'ai tellement mal. Abandonnée, seule, pourquoi t'appliques-tu à me faire espérer ? Espoir vain. Je sais que tu mens lorsque tu dis que tu seras là. Tu n'as jamais été là, non. Tortionnaire, salope en chef, t'as toujours eu les mauvais rôles dans ma vie. Vous les avez toujours eus. Alors explique-moi, pourquoi maintenant ceci changerait ? Ah oui, parce que je t'ai aidé. Conneries. J'ai juste fais ce que mon cœur me disait de faire. Après, on parle de Toi, alors pourquoi changerai-tu subitement ? Je suis fatiguée tu sais ? Tellement fatiguée de prendre sur moi, de faire comme si de rien n'étais, de cacher mes larmes et ma douleur. Et voilà que l'autre blondasse s'amuse avec moi, proche puis méchante, elle lance des couteaux acérés dans mon cœur. Et Toi. Latina au tempérament de feu, tu te dis être mon amie. Comme serais-ce possible ? Comment deux être comme nous, opposés par tout, comment pourrions-nous être amies ? Explique-moi, je t'en supplie.

Inlassable répétition de ce monologue qui refuse de sortir de mon esprit. Je m'étends sur mon lit en silence, n'écoutant que les battements de mon cœur et je suis étonnée qu'il batte encore après tant de souffrance. Des pas dans l'escalier m'indiquent son retour. Me redressant, j'amène mes genoux contre ma poitrine, les enserrant de mes bras, je pose mon menton dessus.


Santana POV

J'entre doucement dans la chambre baignée de lumière et elle est toujours là, prostrée sur son lit. Me dirigeant vers son ordinateur portable, toujours allumé, j'insère le disque dedans avant de le poser devant nous. J'ouvre un paquet de chips puis m'assois au côté de la petite diva. Le générique de Funny Girl s'affiche sur l'écran et l'espace d'un instant un petit sourire passe sur le visage de Rachel. Rien qu'un bon vieux Barbra pour la faire sourire.

Nous regardions le film depuis maintenant une dizaine de minutes lorsque les paupières de la brune commencèrent à se fermer. Exténuée, je la vois s'endormir. Eteignant discrètement le film, je dépose le pc sur son bureau avant de m'allonger à ses côtés. Ne sachant que faire, je fixe le plafond, laissant les pensées interdites envahir mon esprit. Brittany. Dominatrice de mon enfer personnel, possesseur de mon cœur, fantôme me suivant partout. Elle gagne sur tous les terrains. Et je borne à faire comme si de rien n'était, comme si ses regards constant ne m'atteignaient pas, comme si son attitude plus que contradictoire ne me touchait pas. J'ai retrouvé ce masque de fausseté, surtout depuis que ma petite diva souffre elle aussi en silence. Après tout, j'ai retrouvé ma réputation de Reine de Bitch au lycée, mon corps retrouve sa forme originelle et la drogue se perd de moins en moins dans mes veines. Seule cette envie constante de frapper Q. reste. Soudain, je sens Rachel se relever dans le lit. Assise dans la même position qu'avant elle semble hésiter. Elle se lève et s'enferme dans sa salle de bain. N'ayant pas envie de bouger, je fais comme si de rien n'était. Pourtant, une hypothèse plus que terrifiante s'insinue dans mon esprit. Me levant à toute vitesse, je tambourine à la porte de la salle de bain. Une petite brune en sort, l'air abattu, et elle retourne sur lit. Complètement perturbée, je rejoins moi aussi le matelas, m'asseyant en face d'elle, j'attends.

Mais rien ne vient. Non, elle se contente de me regarder, torturant sa lèvre de ses dents. Lèvres que j'ai déjà goutées. Brûlure au fond de mon estomac lorsque mon esprit se souvient de leur saveur. Rien de sexuel, rien d'un amour profond comme celui dévorant pour Brit'. Non, juste une petite brûlure qui me pousse à agir. Me déplaçant, je me mets à coté d'elle et pose ma tête sur son épaule après avoir déposé un léger baiser sur sa peau nue. Je sais que ce contact la débloquera, et en effet, je vois ses lèvres se délier et sa voix cassée occupe la pièce.

« Pourquoi tu fais ça Santana ? Pourquoi tu joues à faire semblant ? »

Doutes quand tu nous tiens. J'embrasse doucement sa joue, la laissant continuer.

« Tu dis que tu seras toujours là. Tu dis que Quinn mens. Tu dis que tu ne me feras plus jamais souffrir, mais comment j'en suis sûre de ça moi ? Elle est où ma garantie hein ? Si jamais je signe le contrat, si je te fais confiance, si je te crois, qu'est-ce qui me dis que je ne vais pas me casser la gueule comme à chaque fois ? Pourquoi sous le simple prétexte que je t'ai aidée dans une mauvaise passe, tu changerais comme ça, d'un coup ? Tu crois quoi ? Que c'est facile pour moi ? Que j'aime tes surnoms à la con ? Moi aussi je peux t'en donner hein ! Moi aussi, je peux t'appeler à coup de Lopez, Satan, Twiddle Fakes Boobs, Boobs Magoo, Sandbags, Boobs McGee, Salsa caliente, , Sandy Bags ! J'en suis capable tu sais ! Miss Peggy, L'Extraterrestre, Troll, Hobbit, Dwarf, Berry, Naine, ça fait mal tu sais ?! Même Berry. Même mon putain de nom de famille sonne comme une insulte dans ta bouche. Et le pire, c'est que je pensais que tu avais changé, la preuve, seul des « Rachel » et des « Rach' » sortait de ta bouche, tu vois, je pensais qu'après toutes ces nuits, tu commençais à bien m'aimer… Aveuglée par ma gentillesse encore une fois, je suppose. Et tu sais ce qu'elle me sort Blondie ? Que ce n'est qu'un autre de tes plans pour m'atteindre, pour me briser encore plus. Alors vas-y ! Aller Lopez, casse moi ! Je suis devant toi, bordel ! Exécute ton plan, qu'on en finisse, que je puisse arrêter de souffrir une fois pour toute ! »

Impassible, je regarde Rachel faire les cents pas devant moi. La bombe a finie par explosée, pourtant je sens que ce n'est pas finie. Chacun de ses mots crée une microfissure au milieu de mon cœur et la culpabilité domine mon être. Je maudis et hais Quinn mais me hais plus encore. Fixant ses prunelles chocolat, j'essaie d'ignorer en vain ses cris, guettant l'instant où la colère disparaitra pour laisser place aux larmes. Elle arrête ses pas et me regarde impuissante, ses cris cessent petit à petit. Maintenant. Je me lève rapidement et m'approche d'elle, l'attirant entre mes bras. Elle se débat, voulant sortir mais je resserre mon étreinte autour d'elle. C'est alors qu'elle tombe au sol et je tombe doucement avec elle. Des larmes apparaissent au coin de ses yeux bruns et je ne peux m'empêcher d'embrasser doucement son front. Mes mains trouvent leur place dans son dos afin de calmer ses tremblements. Respirant son odeur à fond je la laisse se nicher contre mon cou tandis que mon menton se pose sur son épaule. Je ne sais pas vraiment si je dois lui répondre, la rassurer encore ou si je dois laisser passer. Pourtant, j'ai envie de réagir. J'ai envie de lui faire comprendre une fois pour toute que je serai là. Mais comment faire si les mots ne suffisent pas ? Une idée traverse mon esprit et reprenant les paroles qu'elle avait l'habitude de me chanter pour me calmer, je fredonne.

I'll hold you close tonight
Je te tiendrai contre moi ce soir.
I won't let go until you're sure
Je ne te laisserai pas partir, jusqu'à se que tu sois sure
You're not alone
Que tu n'es pas seule
Now don't you hold your tears inside
Ne retiens plus tes pleurs maintenant
I'll never judge you
Je ne te jugerai jamais.

Let me be the one to come running
Laisse moi être celle courant vers toi
Cradle you from harm
Pour te bercer hors du mal
When you're running away
Lorsque tu t'enfuis

Darling just hold me.
Darling, serre-moi juste.

Ses tremblements se calment au fur et mesure et je sais que je peux maintenant parler. Continuant les cercles le long de son dos, je sens sa respiration contre mon cou, trempé de ses larmes salées. Bien, suffit juste que je laisse mes sentiments devenus maintenant assez forts sortir…Facile me direz-vous, mais croyez moi, ça n'a rien de facile. Je respire fortement et ferme les paupières, prenant quelque seconde de pause avant de me jeter une nouvelle fois à l'eau.

« Te faire du mal est peut-être l'une des choses qui me viendrais le moins à l'esprit. Je sais, je t'en ai fait baver. Et je m'en excuse. J'en suis tellement et sincèrement désolée. Et putain, tu peux t'estimer heureuse que moi, Santana Lopez l'admette, parce que Rachel, le truc avec toi, c'est que tu en arrives à me faire oublier ma fierté, afin de faire ressortir mes sentiments… Et quand je te dis que Q. ment, quand je te promets que je serais toujours là à partir de maintenant, tu peux me croire. Je pense que tu ne m'as pas tout raconté par rapport à ce que Fabray t'as dit, mais pas grave, je n'irai pas lui demander, je te fais confiance. Tu vois ? Confiance. C'est tout ce que je te demande. Fais-moi confiance. Tu ne seras pas déçue. Je serais-là. C'est promis. »

Elle se détend et se blottit encore plus contre moi. Rassurée, je comprends qu'elle décide de me croire. Cependant, quelque-chose me dis qu'elle attend de voir le moment où je foirerai tout. Silencieusement, je me promets à moi-même de ne pas tout foutre en l'air, pas avec elle. Nous restons collées l'une contre l'autre une dizaine de minutes avant que subitement l'estomac de Rachel se mette à grogner. Nous explosons de rire au même moment et c'est une brunette pleine de joie qui descend dans la cuisine. Je la suis et m'assois sur le bar, la regardant nous préparer une salade quelconque. Je pense que pour un Lundi, il y'a eu pire. C'est vrai, en comparant la situation hier et celle d'aujourd'hui, et bien, je n'étais pas mécontente de m'être levée ce matin. Récitant mentalement mon emploi du temps du lendemain, je découvre avec joie que ma matinée est libre. Une envie folle débarque dans mon esprit et je me glisse derrière Berry, joignant mes mains sur son estomac. Elle sursaute légèrement, lâchant son couteau lorsque mon souffle chaud se répercute contre son cou.

« - Et si on organisait une fête ce soir ? Qu'en dis-tu, petite Brunette ?

- Une fête ? Chez moi ? Santana, c'est pas raisonnable.

- Alleeeeer, juste le pour le Glee Club, s'il te plait ! On a toute l'après-midi pour la préparer et tes pères ne rentrent pas avant mercredi de leur voyage en Europe. Puis en plus, on a pas cours demain matin, donc on pourra récupérer !

- Bon, c'est d'accord. Mais laisse-moi manger d'abord. »

Je dépose un baiser sur la joue rebondie de la brune qui lève les yeux au ciel et regagne ma place sur le comptoir. M'emparant de mon portable, je dresse une liste rapide de ce qu'il nous faut acheter puis j'envoie un message à tout le Glee club. Je n'oublie pas de préciser à Puck d'apporter de l'alcool. C'est donc l'humeur légère que je regarde Rachel manger. Après tout, le pire est passé non ?


J'espère que ce chapitre vous a plu ! Ne vous inquiétez pas par rapport au Brittana, le chapitre 9 est centré dessus :D J'attends vos réactions avec impatience ! xx