Bonjour tout le monde !

Aujourd'hui, c'est l'heure des révélations. Mais je garde encore des surprises (enfin pas trop quand même, la fin est toute proche maintenant)

Encore un immense merci à : chapou69, shostakovitch, Abgrund, Charliee3216 et labelge. Vos commentaires me touchent profondément à chaque fois, et rien que pour cela, je voudrais que cette fic ne finisse pas. Mais bon... Ce n'est pas comme ça que ça se passe.

Bonne lecture !

Bises

Peaseblossom

Disclaimer : comme d'ordinaire, rien à moi, tout à JK Rowling...

Mise à jour du 03/12/2013 : petite note à l'intention d'ambre : merci pour ta review ! Et évidemment qu'il va y avoir un nouveau chapitre. Je ne suis pas sadique/manipulatrice/ méchante/machiavélique (*rayer les mentions inutiles*) au point de m'arrêter là ! ;) Merci encore pour ton soutien. A bientôt !


Chapitre 11

Noce barbare

Potter,

Ça va te paraître stupide. Peut-être que ça l'est. Et je me sens idiot de t'écrire comme si j'allais mourir demain. Mais ce sera peut-être le cas. Alors tant qu'à faire... Je suppose que ce ne sera pas de ta faute. Tu es un peu occupé ces temps-ci. Félicitations à Weasely-fille-maintenant-Potter, d'ailleurs.

J'ai réfléchi à tu sais quoi. Et...Tu vas me prendre pour un cinglé. Mais Law est louche. Peut-être que je me trompe. Je ne te demande pas de me croire, Potter, juste d'y réfléchir, toi aussi. Que sait-on de lui pendant la guerre ? Que lui est-il arrivé ? Qu'est-ce qui s'est passé avec sa femme ? Penses-y. Que savez-vous vraiment de lui ?

Tu m'as demandé de chercher quelqu'un qui rôde autour d'Hermione. Si tu savais comment il la regarde comme il la suit ... Et ce n'est pas de la jalousie, Potter, je te vois venir. C'est plus grave que ça. Hermione ressemble à sa femme. Elle lui ressemble beaucoup. Trop même. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr qu'il est mêlé à tout ça.

Merlin sait que j'ai trop d'orgueil pour supplier. Mais le héros dans l'histoire, ce n'est pas moi, Potter. Je ne lui courrai pas après. S'il faut que je me batte, je le ferai mais ça s'arrête là. Et sans baguette …

Quoi qu'il arrive, je suis ravi d'avoir pu faire la paix avec toi.

D. Malefoy

PS : Dis à Hermione que

« Qu'est-ce que tu écris ? »

Il sursauta. Une tache d'encre noire s'étala sur le parchemin jaunâtre.

« Oh, euh... Rien. »

Il plia sa lettre sans attendre et sans soin et la cacheta, les mains un peu tremblantes.

« Tu n'as pas un hibou disponible ?

– Si bien sûr. Dans mon bureau. »

Hermione caressa doucement sa joue. Il ferma les yeux, s'abandonna à la douceur de sa peau.

« Tu as l'air inquiet, ces derniers temps. Qu'est-ce qui te tracasse ? »

Il eut un sourire apaisant.

« Rien d'important. J'envoie ça et on peut y aller. »

Ce n'était pas vraiment un mensonge, se convainquit-il. Au fond, il était tout seul dans sa galère. Il se leva, sortit de sa chambre et descendit vers le bureau. Il ne vit pas la lueur d'inquiétude mêlée de suspicion qui s'était allumée dans le regard de la jeune femme.

Quelques minutes plus tard, il rejoignait Hermione et Iris dans le vestibule. La petite fille enfonçait son bonnet sur les oreilles, tandis que la jeune femme ajustait une écharpe autour de son cou. Il se vêtit en vitesse.

« Tu es sûr que ça ne te dérange pas ? se soucia-t-elle. Je ne t'oblige pas à venir, tu sais. Tu peux rester ici, si tu veux. »

Il soupira pour la troisième fois, et répéta, pour la troisième fois :

« Mais non. Je n'ai pas très envie de rester tout seul, en plus. »

Elle eut un petit grognement peu convaincu. Il comprit qu'elle sentait qu'il lui cachait des choses. Mais comment lui dire qu'il ne voulait pas l'inquiéter ? Elle entra dans la cheminée, en tenant fermement Iris par la main et annonça Charing Cross Road. Elles disparurent et il les suivit.

Peu après, il atterrissait dans une petite rue de traverse, un peu miteuse et surtout déserte. Il glissa dans une flaque et manqua s'écrouler sur le sol, mais il se rattrapa à une gouttière, très opportunément située. Hermione secouait le manteau framboise plein de suie d'Iris, qui soulevait haut le cadeau de naissance pour le nouveau petit Potter.

« Comment il est le bébé ? demanda la petite fille. Est-ce qu'il ressemble à Harry ? »

La jeune femme sourit mystérieusement.

« Tu verras.

– Mais Maman !

– On peut se dépêcher, s'il vous plaît ? » les pressa Drago.

Il avait un mauvais pressentiment. Il se sentait surveillé, plus encore qu'avant. Hermione lui jeta un regard surpris, mais elle se releva, prit la main d'Iris et les entraîna vers la grande rue.

Ils marchèrent un long moment, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à la vitrine de Purge & Pionce Ltd et son mannequin magiquement animé. Ils contournèrent le bâtiment et passèrent dans la courette aux tags.

Drago se retourna brusquement. Il avait entendu un bruit.

« Drago, qu'est-ce qui t'arrive ? »

Hermione avait l'air sérieusement inquiet. Elle devait se demander s'il ne devenait pas complètement fou.

« Rien. J'ai cru... Peu importe. »

Elle passa à travers la porte en fer du préfabriqué, Iris à sa suite, non sans lui adresser un regard soucieux. Drago lui emboîta le pas. A nouveau, il entendit un bruit étrange et se retourna. Il jeta un regard circulaire autour de lui. Rien. Peut-être qu'il devenait fou, en fait. Une douleur fulgurante lui vrilla le dos et tout devint noir.

o

Quand il se réveilla, il était attaché à une chaise, ses jambes étroitement ficelées aux pieds du siège. Tout son corps était ankylosé. Il avait mal à la tête. Le sang battait follement à ses tempes. Les yeux fermés, il voyait des taches rouges danser sur ses paupières. Il sentait un liquide chaud couler le long de sa joue. Il reconnut l'odeur métallique du sang, mêlé à des relents âcres de sueur.

Il ouvrit difficilement les yeux. Le décor se dédoubla, tourna autour de lui et la nausée lui vint. Il respirait difficilement. Les liens autour de sa poitrine étaient trop serrés.

Il essaya de se rappeler ce qui s'était passé. Mais rien ne vint. Il ne voyait que les yeux d'Hermione le dévisager avec inquiétude. Depuis combien de temps était-il ici ? Depuis combien de temps avait-il disparu ?

Derrière lui, une porte claqua.

« Eh bien, eh bien, on dirait que notre Mangemort est réveillé, » railla une voix froide et doucereuse.

Law s'accroupit devant lui.

« Quand as-tu compris, exactement ? Avant ou après avoir fouillé mon bureau ? »

Drago ne répondit pas. Quand bien même l'aurait-il voulu, il se sentait incapable d'ouvrir la bouche sans renvoyer son déjeuner.

« A ta guise, accorda-t-il. De toute façon, on va rester un petit moment ensemble. Je ne suis pas pressé. »

Drago le fusilla du regard. Et c'était bien tout ce qu'il pouvait faire. Réduit à l'impuissance, il regarda autour de lui. Ils étaient sous les combles. Il y avait des malles dans un coin. Une lucarne ouvrait sur un ciel nocturne sans étoiles. Il faisait très sombre. La seule issue semblait être cette porte qu'il avait entendu s'ouvrir derrière lui. La seule lumière venait de la baguette de Law, qui s'était installé à une petite table branlante. Il écrivait.

« Tu ne peux pas t'échapper, » indiqua-t-il sans lever le nez de ce qu'il écrivait.

Il tenta de desserrer les cordes qui liaient ses mains. Peine perdue. Une bouffée d'angoisse monta en lui.

« Personne ne saura jamais que tu es là, poursuivit-il. Pas même Hermione. Elle me fait confiance. »

Drago se figea.

« Ne parlez pas d'Hermione, » murmura-t-il.

L'autre leva les yeux et sourit sombrement.

« Et pourquoi pas ?

–Vous n'êtes pas digne d'elle. »

Un éclair de colère passa dans son regard dur. Il bondit vers lui. Sa baguette incandescente s'enfonça dans son cou. La brûlure se diffusa dans tout son cou. Il serra les dents.

« Tu penses pouvoir parler de dignité ? gronda Law d'une voix sourde. Un Mangemort, un lâche comme toi ? Tu n'aurais jamais dû lever les yeux sur elle. »

Drago déglutit.

« Mais c'est moi qu'elle a choisi. »

L'autre ricana. Il sentit les poils de ses bras se hérisser. Il était fou. Comment se faisait-il que personne ne s'en soit rendu compte avant ? Ses yeux si bleus et si froids le fixaient d'une lueur meurtrière.

« Choisi ? Tu crois que parce que vous avez passé quelques nuits ensemble, elle t'aime ? »

Sans que Drago s'y attende, il lui décocha un coup en plein visage. Il entendit son nez craquer sinistrement. Il lâcha un cri qui lui écorcha la gorge. Et Law rit. Un rire de dément.

« Je t'ai vu poser tes sales mains sur elle. Tu n'aurais jamais dû. Tu vas le payer. »

Du sang s'engouffra entre les lèvres de Drago. Il eut un haut-le-cœur.

« Les journaux, c'était vous, » réalisa-t-il.

Les rumeurs sur sa libération, sur sa liaison avec Hermione. Depuis le début, il savait. Évidemment, il avait la confiance de Potter qui ne lui cachait rien. Depuis le début, Drago était condamné.

« Évidemment. Je veille sur elle depuis longtemps. Je ne pouvais pas te laisser tout foutre en l'air. Mais ça n'a pas suffi. J'ai essayé de te faire accuser. Mais j'avoue que c'était une erreur. Un faux-pas. Laisser ta baguette était trop évident. Personne ne s'y serait laissé prendre, sauf ce vieux cafard de Skeeter. »

Drago reprit son souffle. Chaque inspiration lui faisait mal. La douleur irradiait dans tout son visage et ranimait la douleur dans son crâne.

« Elle n'est pas votre femme. Elle ne vous laissera pas faire. »

L'autre se glaça. Il pâlit. Ses mâchoires se serrèrent. Il le gratifia d'un regard féroce.

« Que sais-tu de ma femme ?

– Rien. »

C'était la vérité. Il ne savait rien. Rien que ce qu'il avait pu deviner. Law joua une minute avec l'anneau à son doigt, sans le lâcher des yeux.

« Elle est morte. Toi et les autres, vous l'avez tuée. »

Tout se remit en place dans la tête de Drago. Il revit la photo de mariage sur le bureau. « A toi, mon ange pour toujours. » Il vengeait sa femme, tuée pendant la guerre. Il se souvint que les meurtres avaient commencé peu après que les derniers Mangemorts ont été envoyés à Azkaban. La fin des procès. Il avait dû estimer que la Justice n'avait pas fait assez de zèle, certainement.

Mais à quoi cela servirait-il que lui sache ? Il allait mourir dans ce grenier. Qui saurait ce qui s'était vraiment passé ? Il pria pour que Potter ait reçu sa lettre. C'était sa dernière chance.

« Et puis j'ai rencontré Hermione. Elle est comme Irène. J'ai su que si tout devait recommencer, ce serait avec elle. Et tu es arrivé, » cracha-t-il.

Il lui envoya un maléfice cuisant. Drago eut l'impression qu'on le marquait au fer rouge sur chaque partie de son corps. Le souffle court, il baissa la tête.

« Ce fut si facile de les tuer, souffla-t-il. Ils ne se méfiaient pas, convaincus de leur innocence. Mais moi je savais. Ma position au Ministère m'a ouvert toutes les portes. Je n'avais qu'à prendre ce qu'il me manquait. Le reste, on me l'apportait sur un plateau d'argent. Potter est définitivement quelqu'un de trop naïf. »

Drago avait toujours été d'accord avec ça. Mais apparemment, on ne le lui avait pas assez répété. Tous les gens n'étaient pas dignes de confiance. Il sentit Law aller et venir autour de lui et attendit le prochain coup. Mais ça ne vint pas.

Il entendit la porte claquer dans son dos. Il était parti. Et Drago ne savait pas s'il en était soulagé ou pas. Son nez lui faisait un mal de chien. Sa peau chauffait encore du sortilège. Il ne savait pas s'il tiendrait longtemps. Il ne savait pas s'il valait mieux en finir tout de suite, au risque de perdre toute chance de vivre.

Une larme roula sur sa joue.

Il espérait qu'Hermione s'inquiétait pour lui. Il espérait qu'elle le cherchait. Il espérait tant de choses qu'il ne savait plus où il en était. Un sanglot se bloqua dans sa gorge.

Il ne voulait pas la perdre. Il le savait à présent. Peu importait qui elle était et qui il était. Il comprenait à présent. Il voulait juste être avec elle. Pouvoir encore l'entendre rire, lui sourire, sentir ses cheveux, couler son visage dans son cou, murmurer son nom, lui glisser des choses qui la feraient rougir, l'embrasser, jusqu'à ce que le monde s'effondre autour d'eux. Leurs disputes, leurs différends, leurs différences, rien de tout ça ne comptait vraiment. Une part de lui vivait désormais dans ses yeux. Ces yeux d'or où il aimait se perdre. Il l'aimait. Et ce n'était que maintenant, cloué à une chaise, à la merci d'un fou furieux, qu'il comprenait tout ce qu'il allait perdre.

Il n'était pas de ces héros qui regardent la mort en face sans flancher. Il l'avait toujours su. Il n'endurerait pas la torture juste en serrant les dents. Il n'était pas Potter. Il n'était pas Hermione.

La porte claqua de nouveau derrière lui. La main de Law le prit par les cheveux et lui tira brutalement la tête en arrière.

« Est-ce que tu crois qu'elle va venir te chercher ? » susurra Law à son oreille.

Il ne répondit pas. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Comment pourrait-elle le retrouver ? Il ferma les yeux.

« Je lui ai envoyé un mot. Je lui ai dit que je savais où tu étais. »

L'horreur écarquilla les yeux de Drago. Si elle venait, c'était fini. Merlin seul savait ce qu'il comptait lui faire. Ce type était déséquilibré. Pire encore. Mais il ne trouvait pas d'adjectif adéquat.

« Tu doutes ? Est-ce qu'elle t'aime autant que tu le penses ? Est-ce qu'elle mettra en danger sa famille pour toi ? »

Drago se mura dans le silence. Hermione viendrait, en bonne Gryffondor têtue et téméraire, prête à sauver le monde. Mais à présent, il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Parce qu'elle allait se jeter tout droit dans la gueule du dragon. Parce qu'elle ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Il ne supporterait pas qu'il lui arrive quelque chose. Elle était la seule belle chose que la vie lui avait donnée. Et il y avait tant de choses qu'il aurait voulu lui dire.

« A ton avis, combien de temps va mettre un hibou pour la trouver ? demanda-t-il. Combien de temps hésitera-t-elle avant de venir ? »

Drago aurait voulu pouvoir se boucher les oreilles. Ne plus l'entendre. Qu'il en finisse avec cette torture incessante. Il baissa les yeux.

« Je ne comprends pas comment elle a pu se charger d'un faible et d'un lâche comme toi. Un assassin, » siffla-t-il.

Une boule remonta dans sa gorge. Des souvenirs lui revinrent à l'esprit. Des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Tous ces gens morts sous ses yeux. Toutes ces atrocités dont il avait été le passif complice. Incapable de les perpétrer, incapable de les empêcher. Mais il refusa de le laisser gagner. Il ne se laisserait pas briser. Hermione l'avait pardonné.

« Parce qu'elle sait pardonner, » souffla Drago.

L'autre éclata d'un rire mauvais.

« Pardonner ? Comment pardonner à quelqu'un comme toi ? »

Pendant quelques minutes, il n'ajouta rien. Le silence soulagea Drago autant qu'il l'oppressa. Il observa le profil hautain de Law. Il réfléchissait.

« Quand tu seras mort, elle sera à moi.

– Elle n'est à personne. Elle refusera de vous suivre. »

L'autre eut une grimace mauvaise.

« Même pour sauver ta misérable peau ? »

Drago ravala le haut-le-cœur qui lui vint. Par Merlin, que comptait-il faire ? Quelle idée démente avait traversé son cerveau retors ?

Le son d'une cloche résonna sourdement dans les entrailles de la maison. Law se figea. Drago ferma les yeux.

« Tu entends ? »

Il pouvait entendre son sourire jubiler dans sa voix. Drago pria pour qu'il se trompe. Pour que ce ne soit pas Hermione. Elle n'était pas assez stupide pour se rendre aveuglément à un rendez-vous, sans précautions. Il avait beau essayer de s'en convaincre, il savait qu'il se leurrait.

Il entendit Law se relever, ses articulations craquer comme du bois mort.

« Ne bouge pas. Je m'en voudrais que tu rates la fin. »

Et la porte claqua une nouvelle fois dans le dos Drago. Il tenta une dernière fois, désespérément, de faire jouer ses liens. Puis il entendit des échos de discussion. Puis des bruits d'explosion, d'attaque. Il se glaça. Il y eut un hurlement. Puis plus rien. Après plusieurs minutes, Drago entendit les marches du grenier craquer.

Drago était mort de peur et d'angoisse. Ces bruits à l'étage du dessous, ce hurlement. Et ces marches qui craquaient, une par une. Désespérément lentement. La porte s'ouvrit.

Un sort siffla à quelques centimètres de son oreille. Sa peau chauffa. L'éclair de lumière toucha la table et la transforma en lit aux montants de bois.

« On t'a fait attendre, » constata Law.

Il passa devant lui, Hermione évanouie dans les bras. Il la déposa avec douceur sur le lit. Sa tête inerte bascula vers lui. Une flambée d'angoisse grimpa dans sa gorge.

« Hermione ! s'écria Drago. Qu'est-ce que vous lui avez fait ? »

Law haussa les épaules.

« Elle m'a attaqué. Mais c'est parce qu'elle n'a pas encore compris. Elle a juste trébuché. »

D'un mouvement de baguette compliqué, il transforma ses vêtements et elle se retrouva affublée d'une robe de mariée. La même que celle de la photo. La même que celle de son cauchemar. Il pria pour que cela ne se finisse pas de la même manière.

« Regarde comme elle lui ressemble, murmura-t-il.

– Vous êtes totalement fou, souffla Drago.

– Évidemment. Elle est si belle. Qui n'en serait pas fou ? »

Il fixa la jeune femme, sa respiration lente et calme, sa pâleur. A quoi rimait toute cette macabre mise en scène ? Law s'assit sur le bord du lit et étala méthodiquement les pans de la robe. Il laissa ses doigts errer sur les broderies de perles qui ourlaient la jupe. Drago serra les dents.

Elle gémit. Ses paupières papillonnèrent. Elle ouvrit les yeux. Son regard flou le fixa. Puis ses yeux s'élargirent d'horreur et d'incompréhension.

« Drago ! Merlin, qu'est-ce que... »

Elle tenta de se relever. Mais un vertige la prit et elle s'effondra contre Law.

« Doucement, » prévint-il.

Il en profita pour ramener une boucle derrière son oreille.

« Lâchez-moi ! »

Elle le repoussa brutalement. Elle jeta un regard effaré à sa tenue. Elle attrapa entre deux doigts le tissu soyeux. Elle était pieds nus.

« Qu'est-ce que ça veut dire, Daren ? Qu'est-ce que tout cela signifie ? »

Elle se leva, se prit les pieds dans la robe et tituba jusqu'à Drago. Elle était pâle à faire peur. Ses yeux flottaient sur son visage comme deux grandes ombres.

« C'est lui, Hermione, murmura-t-il.

– Je sais. J'aurais dû t'écouter. »

Elle leva la main pour toucher sa joue.

« Ne le touchez pas ! »

Law bondit et s'empara du poignet de la jeune femme. Il l'écarta de lui. Elle se débattit. Un craquement sinistre retentit. Elle hurla. Les yeux soudainement écarquillés, Law s'écarta, comme s'il avait été brûlé. Elle tomba à genoux. La robe traîna dans la flaque de sang qui avait coulé sur le sol. Une fleur pourpre fleurit sur le blanc du tissu. Le souffle court, elle resta prostrée sur le sol, tremblante.

Puis Drago entendit quelque chose. C'était ténu. Un léger sifflement. Il vit Hermione tressaillir. Law aussi sembla l'entendre. Il se dirigea, les sourcils froncés vers la porte. La jeune femme l'arrêta. Elle saisit son poignet.

« Je vous faisais confiance, » murmura-t-elle.

Elle se releva difficilement. Law la soutint. Elle tournait le dos à Drago. Mais il sentit la détermination dans sa voix. Une détermination nouvelle qu'il ne s'expliqua pas. Elle fit face à Law.

« Je vous en prie Daren, on peut encore arranger... tout ça. »

Le regard de Law s'égara du côté de la porte et revint se poser sur le visage d'Hermione. Il leva une main tremblante vers son visage.

« Arranger quoi, Hermione ?

– Tout. Je vous en supplie. Laissez-le partir. »

Son regard se durcit. Sa main se crispa sur la joue de la jeune femme.

« Je ne peux pas, Hermione. Il ne le mérite pas. »

Elle posa sa main sur son bras. Il tiqua.

« Laissez-le partir, et je suis à vous. Nous partirons tous les deux, si c'est ce que vous souhaitez. »

Drago fixa leur échange d'un regard brûlant, éperdu. Son esprit bouillonnait, pleurait, saignait, hurlait.

« Non, supplia-t-il en silence. Ne te sacrifie pas pour moi, Hermione. »

Soudain, il sentit un souffle sur sa nuque. Il se raidit. Il tourna lentement la tête sur le côté.

« Surtout, Malefoy, tu ne bouges pas, » avertit une voix entre ses dents.

Potter ! Le soulagement le submergea. Il regarda devant lui. Mais pourquoi Law ne le voyait-il pas ? Puis il se souvint de Poudlard. Potter disparaissait parfois sans qu'on ne trouve plus trace de lui. Il partait jouer les héros, invisible et réapparaissait au moment où l'on s'y attendait le moins.

« Diffindo, » souffla-t-il.

Ses liens tombèrent sur le sol en sifflant. Mais Drago ne bougea pas. Il attendit. Quoi ? Un geste de Potter ? Il ne savait pas.

« Daren, abandonnez cette vengeance. Elle ne vous mène qu'à votre propre destruction, raisonna doucement Hermione. Laissez le passé où il est. »

Sa main remonta sur son épaule et se posa sur son cou. Law avait l'air hypnotisé. Des étincelles rouges jaillissaient par intermittence de sa baguette.

« S'il vous plaît. »

Le regard plongé dans celui d'Hermione, il pencha lentement la tête vers elle. Elle se recula légèrement. Il mit une main dans le creux de ses reins et l'attira contre lui.

« Hermione... »

Ce fut plus que Drago ne put en supporter. Il bondit de son siège, sans que Potter pût faire quoi que ce soit pour l'en empêcher.

« Lâchez-la, » siffla-t-il.

Il entendit Potter soupirer à côté de lui. Il apparut soudainement à ses côtés. Le tissu ondoyant d'une longue cape un peu vieillotte coula sur le sol. Cape d'invisibilité. Évidemment.

« Lâchez-la, Daren, » répéta-t-il.

Law leur jeta un regard interloqué. Mais il se ressaisit bien vite. Il attira Hermione vers lui d'un geste brusque et pointa sa baguette dans son cou.

« Daren, ne faites pas ça, » soupira-t-elle, avec un regard irrité à leur intention.

La baguette s'enfonça dans son cou et y laissa une marque rouge. Elle déglutit.

« Posez vos baguettes, » menaça-t-il d'une voix sourde.

Drago jeta un regard à Potter. Son regard déterminé fixait Law, impénétrable. Il semblait chercher jusqu'où il serait capable d'aller. Hermione lui fit un léger non de la tête. Law lança un sort qui fit exploser la vitre de la lucarne. Un vent froid envahit le grenier en hurlant. Hermione frissonna. De la poussière de verre scintilla quelques secondes avant de retomber.

« Posez vos baguettes ! »

Drago jeta un nouveau regard à Potter. Sa mâchoire se carra mais il amorça un geste vers le sol. Lentement, sans lâcher Law du regard, il posa sa baguette au sol.

Law bondit par la lucarne, et entraîna Hermione à sa suite. Potter bondit sur sa baguette et se jeta à leur poursuite. Drago passa la tête à l'extérieur. La robe blanche d'Hermione se détachait comme la silhouette d'un fantôme sur un fond de nuit, en équilibre instable sur la pente du toit. Le vent faisait claquer sinistrement le vêtement comme deux grandes ailes d'oiseau.

« Daren, lâchez-la ! hurla Potter.

– Non, Potter. Elle vient avec moi.

– Vous n'irez nulle part. La maison est placée sous sortilège d'anti-transplanage. Ne faites pas quelque chose que vous pourriez regretter. »

Drago les vit avec horreur se rapprocher du bord. Law était inébranlable. Sa haute silhouette se tenait droite au bord du gouffre. Il y avait trois étages de vide en dessous. Hermione se débattit. Mais la poigne de Law était trop forte. Ses pieds nus glissaient sur les ardoises mouillées.

« Daren, je vous en prie, » gémit-elle.

Drago s'élança à son tour sur le toit. Il sentait l'adrénaline pulser dans son sang.

« Daren, c'est le dernier avertissement. Lâchez-la !

– Non, Potter. Si je tombe, elle tombe avec moi. »

Drago monta sur le faîte du toit. Maladroitement, il marcha sur la crête. Il les surplombait à présent. Il tendit la main vers Hermione. Elle s'arqua vers lui, tentant vainement d'attraper sa main. Law lui jeta un sourire mauvais et se laissa tomber dans le vide.

Hermione bascula en arrière avec un hurlement. Drago sauta en avant. Il attrapa sa main. Mais le poids de Law les entraîna tous les deux. Il glissa sur les ardoises mouillées. Potter le rattrapa. Drago s'arrêta brusquement, la tête et le bras dans le vide. Un brusque vertige le saisit mais il se força à ne pas y penser. La main d'Hermione glissait dans la sienne. Il riva son regard au sien.

« Tiens bon, » pria-t-il.

Il vit des larmes briller dans ses yeux.

« Je ne vais pas y arriver.

– Ne dis pas ça. »

Un rire dément perça le silence. Et le poids au bout du bras de Drago s'allégea. Hermione ferma les yeux en entendant le bruit sourd de la chute. Sa main glissait toujours. Millimètre par millimètre. Il allait la lâcher. Elle allait tomber.

« Potter, elle glisse.

– Accroche-toi, ordonna Potter. Il faut que je te lâche pour utiliser ma baguette. »

Drago ne la tenait plus que par le bout des doigts. Il serra les dents. Il s'agrippa autant qu'il put au toit.

« Je t'aime, » murmura-t-elle, des larmes plein les yeux.

Il perdit sa main. Il hurla.

« Immobilus ! » rugit Potter.

Il ne vit pas si l'éclair violet frappa la silhouette blanche qui s'enfonçait dans le vide. Drago fixa l'abîme, le regard écarquillé d'horreur. Il ne voyait que son regard brillant, qui avait capturé la lune, tomber, tomber. Puis plus rien. Juste un bruit mat. Et un goût amer de fin du monde.