Manon : Pour l'Enclave, je ne peux rien promettre:D Merci beaucoup pour tout tes compliments :D
Phanie Miku : Merci :D
Edom
PDV Magnus
L'odeur de soufre me tordait les entrailles et me donnait envie de vomir. En fait, l'étendue de ce paysage désolé, me donnait la nausée. Mon père me regardait, amusé. Ma présence ici le rendait aussi fort, qu'elle me rendait faible.
- On avait un marché ! Emmène-moi à Alec, si tu veux que je te donne mon immortalité !
- Patience, mon enfant ! Je tiens toujours mes promesses tu sais, mais laisse-moi profiter un peu plus de ton air dépité !
Il éclata de rire, laissant ressortir ses dents pointues. Il n'avait plus rien de l'ange qu'il avait pu être dans le passé.
- Je dois avouer que je suis un peu déçu…. Je pensais que la partie serait plus longue, que tu m'étonnerais un peu plus, mais tu es tellement prévisible… Je t'avais pourtant prévenu : « ton amour pour ce néphilim te mènera tout droit en enfer ! ». Et regarde autour de toi ! N'avais-je pas raison ? Tu aurais pu régner ici à mes côtés, si tu avais accepté de me suivre plus tôt ! Tu veux savoir ce qui est ton plus gros problème ? Tu es têtu, tu n'acceptes pas la défaite !
- Emmène-moi à Alec ! Répéta Magnus.
Asmodée soupira.
- Il n'y a donc que ça qui t'intéresse ?
- Oui !
- Bien, mais je suis navré de te dire ça, mais il faudra que tu attendes un petit peu, il est occupé !
J'avalais difficilement. Occupé ? Ça voulait dire quoi, « occupé ?
- Je te jure que si…
- Que quoi ? Tu es ici chez moi, et sache que moi seul décide de ce que je fais de mes prisonniers !
- Etta a dit que tu avais peur de Jonathan…
Il éclata à nouveau de rire.
- Peur de Jonathan ? Mon cher fils, j'ai bien peur que l'amour ne t'aveugle ! Suis-moi…
Je le suivis à l'intérieur de ce qu'il appelait « son palais ».
- Tu sais ce qu'Edom représente ?
- Alicante… Murmurais-je.
- Oui… Enfin, ce qui en reste ! Je vais faire pareil avec le monde !
- C'était aussi le rêve de Jonathan… Faudrait penser à innover de temps en temps !
- Jonathan n'était qu'un petit garçon traumatisé ! La colère guidait ses actes ! Moi, tu sais très bien que j'obtiens toujours ce que je veux… Tu en es la preuve vivante ! Maintenant, regarde…
Il poussa une porte à double battant et je me figeais. Devant mes yeux, la ville de New York, mais pas celle que je connaissais, non… Tout n'était que feu et cendres, les vitres des maisons étaient brisées, les maisons en ruine, du sang coulait le long des ruelles, des centaines de cadavres jonchaient le sol….
- Ce n'est pas la première fois que tu vois ça, n'est-ce pas ? Cette vision a hanté tes rêves depuis des mois !
- Je croyais que…
- Que Jonathan était l'auteur de tout ça ? Et bien non… Ton néphilim est perdu, Magnus ! Ici ou là-bas, c'est du pareil au même !
- Si tu crois que je vais te laisser prendre son âme…
- Elle reposerait à tes côtés…
- Non !
- Je croyais que tu voulais passer l'éternité à ses côtés ?
- Pas comme ça
- Bien… Dans ce cas, donne-moi ton immortalité et je le libère…
- Pas avant de l'avoir vu…
Asmodée ouvrait la bouche pour répondre, lorsqu'une porte claqua. Quelques instants plus tard, Magnus se figea. Jonathan se tenait devant lui. Il s'agenouilla devant Asmodée.
- Maître… C'est fait !
- Qu'est-ce qui est fait ? Demanda Magnus d'une voix blanche, en apercevant du sang sur la tenue blanche du jeune homme.
Ce dernier lui lança un regard cruel.
- Tiens, tu es venue y assister ?
- Assister à qu…
Le sorcier s'arrêta au milieu de sa phrase. Imasu venait d'entrer, soutenant un jeune homme brun, habillé de cuir noir, de la tête aux pieds. Le sang de Magnus ne fit qu'un tour.
- Alec ! Hurla-t-il, en se précipitant vers lui, mais son père le bloqua, avant de s'approcher de lui, et de lui chuchoter à l'oreille :
- Profite bien du spectacle… On ne me désobéit pas…. Jamais… Jonathan, je t'en prie, vas-y… Amuse-toi…
Le dit Jonathan s'avança vers Alec, qu'Imasu lâcha, avant de s'écarter. Le chasseur d'ombres tenta de rester debout, mais il chancela et tomba à terre. Jonathan s'agenouilla près de lui et lui caressa le visage.
- Nonnn ! Lâche-le ! S'exclama Magnus.
Jonathan lui lança un regard amusé, et déchira la chemise du néphilim à l'aide d'un poignard, entaillant sa peau au passage. Magnus essaya désespérément de traverser le mur invisible qui le maintenait loin de son ange, ce qui fit rire son père.
- Arrête-le ! Arrête ça, je t'en supplie ! Je te donne mon immortalité, prends-là, mais arrête ça !
- Alors que je commence à peine à m'amuser ?! Certainement pas ! N'oublie pas que je me nourris de la peine et de la douleur ! Regarde-toi, tu n'arrives même plus à tenir debout, tu ne produit que de pauvres étincelles de magie…. C'est pitoyable… Je vais le libérer, mais pas avant que tu ne l'aies vu gémir de douleur devant tes yeux… Et ce par ta faute…
Le sorcier tomba à genoux, en larmes. Comme dans sa vision, il entendait les appels à l'aide d'Alec, qui braqua ses yeux sur lui. Il put lire sur ses lèvres : « Aide-moi », avant qu'il ne pousse un hurlement de douleur lorsque Jonathan le pénétra de force. Magnus détourna le regard mais Asmodée lui fit tourner la tête vers son amant .
- Regarde, ouvre les yeux, ou ce sera plus long !
Il se força alors à ouvrir les yeux, et constata avec horreur qu'Alec avait toujours ses yeux posés sur lui. Ses yeux où brillaient la peur, la douleur, l'incompréhension…
- Arrête ça, pitié… Arrête… Sanglota Magnus.
- Me donnes-tu ton immortalité mon fils ?
Le sorcier acquiesça d'un signe de tête, et Asmodée fit signe à Jonathan de cesser ce qu'il était en train de faire. Celui-ci s'écarta alors, laissant un Alec sanglotant et sanguinolent, au sol. Le prince des Enfers leva le mur invisible et Magnus se précipita vers son amant. Il leva la main vers lui mais n'osa pas le toucher. Incapable de dire quoi que ce soit, il se prit la tête dans les mains, en larmes. Asmodée le releva brutalement.
- J'ai besoin que tu le dises à haute voix ! Tu connais le rituel mon fils…
- Tu n'es pas mon père ! Lui cracha Magnus. Tu n'es rien !
- Si tu veux ! Alors, cette immortalité, ça vient ?
Le sorcier croisa ses mains avec celles de son père, sa vue flouée par les larmes qui ne cessaient de s'écouler. Il tourna la tête vers son amant, qui gémissait, roulé en boule au sol.
- Je te demande pardon mon amour…
- Je m'impatiente, Magnus ! S'exclama Asmodée.
- Promets-moi quelque chose…S'il te plaît…
- Quoi ?
- Efface-lui ses souvenirs… De tout ça, de moi… De tout…
- Je te le promets ! Ton chasseur d'ombres ne représentera plus rien à mes yeux, une fois que j'aurais obtenu ce que je veux ! Mais fais vite, avant que je ne change d'avis…
- Moi, Magnus Bane, fils d'Asmodée, Prince des Enfers, Seigneur d'Edom, j'accepte de donner mon immor…
- Magnus, nonnn ! Cria une voix, que le sorcier connaissait bien.
Avant qu'il ne comprenne ce qui se passait, Asmodée hurla de douleur et lâcha les mains de son fils. Deux bras entourèrent ce dernier, et le tirèrent à l'écart. Il entendit des voix indistinctes et des silhouettes s'avançaient vers son père. Magnus entendit Imasu crier quelque chose et les bras qui l'entouraient, et dans lesquels, étrangement, il se sentait bien, resserrèrent leur étreinte.
- Il faut partir, viens !
- Alec… Murmura soudain Magnus, en voulant se précipiter sur le néphilim, qui gisait toujours au sol.
- Oui, je suis là, viens…
- Lâche-moi ! Aleccc ! Appela-t-il.
La prise se desserra brièvement pour pouvoir prendre son visage en coupe.
- Magnus, regarde-moi ! Magnus !
Le sorcier leva les yeux et rencontra, ceux d'un bleu perçant, qui étaient posées sur lui. Il les connaissait ces yeux, c'étaient les mêmes que…
- Fais le sortir de ta tête ! Tu es plus fort que lui, mon amour, fais le sortir ! Peu importe ce que tu vois en ce moment, c'est faux !
- Laisse-moi aller le retrouver, il a besoin de moi !
- Oui, oui j'ai besoin de toi ! Alors fais-le sortir !
- Lâche-moi ! Hurla Magnus en le repoussant, mais étant beaucoup trop faible, Alec n'eut aucun mal à l'enserrer à nouveau dans ses bras.
Catarina s'avança alors vers lui en courant.
- Emmène-le loin de lui ! Sors le d'ici !
- J'essaye, mais…
La sorcière leva les yeux au ciel, et colla une gifle monumentale à Magnus. Celui-ci cligna des yeux, choqué.
- Qu'est-ce qui t'a pris ? Demanda Alec à Catarina.
- Aux grands maux, les grands moyens !
- Catarina… Fit Magnus en se passant une main sur sa joue rouge.
- Oui… Magnus, Alec va bien…
- Non, il…
Il tourna la tête vers là où, quelques secondes plus tôt, son amant était couché, et ne rencontra que du vide.
- Alec ! Où…
- Ici… Près de toi, comme je l'ai toujours été… Lui fit le jeune homme.
- Alec… Murmura le sorcier en réalisant enfin à qui appartenaient les bras qui l'entouraient.
- Oui… Viens, il faut sortir d'ici !
Le chasseur d'ombres le força à avancer et le fit sortir de la pièce où ils se trouvaient. Ils empruntèrent un dédale de couloirs, mais Magnus finit par s'arrêter et s'écroula le long d'un mur. Inquiet, Alec s'agenouilla près de lui et posa une main sur sa joue.
- T'es brûlant… Il faut te sortir d'ici !
- Je te demande pardon…
- Pardon pour quoi ?
- Il a effacé tes souvenirs… Il a tenu sa promesse…
- Magnus, tu délires complètement ! Écoute, on va faire un truc ! Je te sors d'ici et on discute après, ok ?
- Non… Je reste ici… Toi va-t'en… Il est trop tard pour moi…
- Mais oui, c'est ça ! Allez, lève-toi !
- Je suis désolé… Sanglota Magnus. Je n'ai jamais su te protéger de lui...
Alec le serra dans ses bras.
- Mon amour, je vais bien, je ne sais pas ce qu'il t'a fait voir, mais ce n'était pas réel. Regarde-moi ! Ce qu'il t'a fait voir était faux ! J'ai passé des jours enfermés dans une cellule avec… avec un type !
Il avait failli dire « avec ton père », mais il était persuadé que le moment était très mal choisi pour lui annoncer une nouvelle pareille.
- Personne ne m'a fait quoi que ce soit ! Regarde, je n'ai même pas une égratignure ! Asmodée joue avec nos esprits, c'est sa spécialité et tu le sais ! Tu le connais mieux que moi, Magnus ! Je t'en prie… J'ai besoin que tu te calmes, il faut qu'on sorte d'ici avant d'y être bloqué à tout jamais !
Le sorcier secoua négativement la tête. Poussant un soupir, Alec le força à se lever, le portant à moitié, et recommença à avancer. Un toussotement le fit s'arrêter.
- Vous n'avez pas l'impression de m'avoir oublié ?
A suivre
Bien sûr vous aurez compris que dans le prochain il y aura les explications sur ce qui s'est passé du côté des autres.
