Manon : C'est le moment de voir s'ils ont confiance l'un en l'autre :D

Appartement-Brooklyn

PDV Alec

- Je sais que tu ne vas pas me croire, mais ce n'est pas ce que tu crois !

Toujours appuyé sur le comptoir de la cuisine, je fixais mon parabataï. Son visage exprimait quelque chose entre l'amusement et la colère. J'entendais des voix provenant du salon. J'allais me faire tuer… Et encore, le mot était faible.

- Ce n'est pas à moi qu'il va te falloir dire ça !

On rejoignit les autres. Isabelle était assise dans le fauteuil et Clary sur l'accoudoir, fixant Camille, les sourcils froncés. Mon regard se tourna vers cette dernière, et je déglutis difficilement : Magnus, tendait à la jeune fille sa robe.

- La vue ne me déplaît pas mais vous devriez vous rhabiller ! Lui lança-t-il.

Dans ma tête, j'explosais intérieurement. Il jouait à quoi là ? Il voulait me rendre jaloux ? Et c'était quoi cette façon qu'il avait de la reculer comme ça ?! Elle se rhabilla, et je vis le regard de Magnus glisser le long de ses courbes féminines.

- Je… je vais rentrer… Fit Camille en rougissant.

- Vous voulez que je vous raccompagne ? Histoire d'être sûr que vous arriviez à bon port… Saine et sauve ! Rajouta Magnus, en lui faisant un clin d'œil.

Elle lui sourit. Putain ce que je détestais les Camille, qu'elles soient blondes ou brunes, ce n'était que des fouteuses de merde !

- Ce serait avec plaisir !

- Parfait !

Il lui tendit son bras, qu'elle saisit, et ils sortirent de l'appartement. Je fixais la porte pendant un long moment. J'étais furieux. Mais je l'avais cherché… Quand on joue avec le grand sorcier de Brooklyn, on gagne rarement.

- Donc tu comptes rester là sans bouger et le laisser partir avec une fille qui se balade à moitié à poil ?! Me lança Isabelle.

- Il déteste les blondes… Rétorquais-je, avant de me tourner vers eux. Qu'est-ce que vous faites là ? Vous n'avez pas de chez vous ?

- On a essayé de te joindre toute la soirée ! Me fit Jace.

- Ouais, je sais ! Mais j'étais occupé !

- Je vois ça… Tu as une trace de rouge à lèvres sur la joue !

Je me rendis aussitôt dans la salle de bain, et examinais mon reflet dans le miroir. Jace ne mentait pas, j'avais bel et bien la trace des lèvres de cette blonde aguicheuse sur ma joue. Magnus allait vraiment me tuer…. Ou la tuer… Ou les deux… J'aurais peut-être dû le suivre finalement… Je secouais la tête et ouvris le robinet d'eau. Je me passais un coup sur le visage et frottais pour enlever cette trace affreuse, très résistante au passage. Jace s'appuya contre la porte, les bras croisés.

- Il faut qu'on parle !

- De quoi ? Fis-je en frottant toujours cette satanée marque.

- De ton pétage de plomb de tout à l'heure… Et aussi du fait qu'on est retrouvé une fille en sous-vêtement dans ta cuisine !

Je lui fis signe d'entrer dans la salle de bain avant de fermer la porte.

- Simon est en ce moment même dans la chambre d'amis ! Lui annonçais-je tout bas.

- Quoi?!

- Chut, parle moins fort ! Je préférerais qu'Izzy et Clary ne sachent rien pour le moment ! Alors si tu pouvais les faire rentrer à l'Institut, ça m'arrangerait !

- Attends, tu peux m'expliquer ?!

- J'ai croisé Simon dans un bar, il était avec des amis à lui, dont cette fille ! Ils se sont pris une cuite, je l'ai ramené ici !

- Apparemment il n'est pas le seul à s'être pris une cuite ! Tu empestes l'alcool !

- Oh ça va, tu es très mal placé pour me faire des leçons de morale !

- Bref ! Tu vas faire quoi avec Simon ?

- Lui faire retrouver la mémoire ! Ou en tout cas recréer un lien avec lui !

- Et tu comptes t'y prendre comment ?

- Je vais aller à la fac !

Jace me regarda, un grand sourire aux lèvres, comme s'il s'attendait à ce que je lui crie « C'est une blague ». Comprenant petit à petit que ce n'était pas le cas, son sourire disparut.

- Tu n'es pas sérieux là ?

- Si ! Je ne vois que cette solution ! Parce que ce n'est pas en restant les bras croisés, que l'on va faire avancer quoi que ce soit !

- Magnus va trouver une solution !

- A ouais et laquelle ? Je suis bien placé pour savoir que c'est le meilleur sorcier de tous les temps, mais comme tu l'as si bien dit des millions de fois, il ne fait pas des miracles ! Je sais ce que je fais ! Puis tout le monde est plus ou moins d'accord pour dire que c'est ma faute si on en est là, donc je répare mes erreurs…

- Tu pètes un plomb ! C'est quoi ton problème ?

- Jace, putain ! Fais-moi confiance un peu ! Je sais ce que je fais !

- Ah ouais ? Et dis-moi, histoire que je rigole un peu, tu t'inscris dans quelle fac ?

- Art !

Mon parabataï éclata de rire.

-Art...Répéta-t-il. Mais oui Alec, si tu veux.. Tu sais quoi, je vais ramener les filles à l'Institut, et… on reparlera de tout ça demain ! Peut-être qu'avec un peu de chance tu te rendras compte de l'énormité que tu viens de me dire ! En en attendant je te souhaite bonne chance, parce que Magnus est furieux ! Oh et pour information, ta petite crise de tout à l'heure n'a pas amélioré le moins du monde ses rapports avec son père ! Si Catarina ne l'avait pas calmé, il l'aurait tué !

Je sentis une vague d'angoisse m'envahir. J'aurais peut-être dû répondre à leurs appels finalement…

- Il s'est passé quoi ?

- Tu lui demanderas toi-même !

Jace sortit et partit chercher les filles. Ils s'en allèrent sans même un au revoir. Mais je m'en fichais, je n'avais rien à leur dire. Je n'avais ni envie de m'excuser, ni de devoir une fois de plus donner des explications. Je pensais tout ce que j'ai dit. La vérité fait mal, certes, mais c'est toujours mieux que les mensonges… Si je l'avais compris en assumant qui j'étais vraiment, eux, par contre, continuaient à vivre dans le mensonge… Je m'assis dans le canapé, et attendis. Les heures passées, et Magnus ne rentrait toujours pas. Je commençais à m'inquiéter… Il n'avait quand même pas succombé à cette fille ? Mon cœur tambourinait tellement fort dans ma poitrine que s'en était douloureux. Ni tenant plus, je pris mon portable et composais son numéro, priant pour qu'il décroche. Mais appel après appel, je tombais sur sa messagerie… Je me retenais difficilement d'aller réveiller Simon pour qu'il me donne l'adresse de cette fille, bien que, je l'avoue, ce n'est pas ce mot-là qui m'est venu en tête en premier. Le soleil se levait lorsqu'il se décida à enfin rentrer. Je fis semblant de dormir, je n'avais pas envie qu'il sache que j'avais passé la nuit à l'attendre ! Je le sentis s'approcher de moi.

- Même faire semblant de dormir tu ne sais pas faire, Alexander… Me fit-il froidement.

Je t'emmerde… Pensais-je, mais valais mieux que je garde ça pour moi. J'ouvris les yeux, et croisais son regard. Je sentis mon cœur se serrer : ce n'était pas de la colère que je lisais dans ses yeux, mais de la tristesse… Je me levais et posais ma main sur sa joue. Il l'enleva immédiatement et me tourna le dos.

- Magnus…

- As-tu couché avec elle ?

- Quoi ?

- Réponds, s'il te plaît…

- Je pourrais te poser la même question… Et entre toi et moi, tu es quand même celui qui a le plus de chance d'avoir couché avec !

- Ok… Me fit-il simplement.

Ok ? Ça voulait dire quoi ça, « Ok » ? Je m'approchais de lui et l'entourais de mes bras, collant son dos contre mon torse.

- Je n'ai rien fait avec elle, tu le sais très bien !

- Je t'avais pourtant dit que Clary était la seule et dernière personne, autre que moi, à poser ses lèvres sur les tiennes…Et tu m'avais juré que ça n'arriverait plus...

- Jonathan s'était déjà chargé de rompre cette promesse…

Cela était sorti tous seul, sans que je n'ai le temps de réaliser la connerie que je venais de dire. Il s'écarta de moi et me fit face. Ses yeux étaient remplis de larmes. Je venais vraiment de faire la boulette du siècle, et décidais de le laisser m'incendier sans rien dire.

- Comment peux-tu… As-tu la moindre idée de ce que j'ai ressenti ce jour-là ?! Il m'avait planté un poignard et le moindre geste aurait pu me tuer, pourtant ce n'est pas cela qui était le plus douloureux ! Je voyais dans ses yeux toutes les choses qu'il souhaitait te faire, et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher ! J'étais incapable de te protéger ! Et quand je me suis réveillé, et que j'ai vu que tu n'étais pas prêt de moi… Je t'ai cru mort, Alec… Mais le pire, c'est que je me suis dit que c'était mieux comme ça, qu'au moins tu ne vivrais pas avec le souvenir de ce qu'il t'avait fait… Je m'étais imaginé le pire…Et le pire, Asmodée me l'a montré à Edom…. Il m'a forcé à regarder… Je ne pouvais rien faire, je… je te voyais souffrir, m'appeler à l'aide, et je… j'étais impuissant face à ça, je ne pouvais rien faire…

Les larmes coulèrent sur mes joues sans que je ne puisse les retenir. Je tendis la main.

- Montre moi !

- Non ! Me fit-il d'un ton catégorique.

Je lui pris alors la sienne de force, et la maintins dans la mienne.

- Montre-moi ! Répétais-je.

- Non ! Je ne veux pas que tu…

- Putain, montre-moi ! Arrête de me cacher des choses ! Je veux savoir ce que ce fils de pute t'a montré !

Tremblant, il serra ma main un peu plus fort, alors que ses yeux se transformaient. Le décor du salon s'effaça alors, me plongeant dans celui d'Edom… Les images défilaient sous mes yeux, j'avais envie de vomir, de hurler… Je comprenais mieux son attitude envers moi lorsque je l'avais retrouvé. Mais le pire, c'était que je savais que tout cela aurait pu être réel, aurait pu vraiment se passer, si Jace et les autres n'étaient pas arrivés à temps… Je finis par retirer ma main. Je ne me sentais pas bien, je tremblais et j'avais l'impression que la chaleur avait quitté mon corps. Je m'appuyais contre le dossier du canapé. Fermant les yeux, j'essayais de chasser ces images de ma tête…Lorsque je les ouvris à nouveau, Magnus me regardait, et la peur se lisait sur son visage.

- Viens… Lui fis-je en lui tendant la main.

Il la saisit et je le collais contre moi. Je pris son visage entre mes mains. Il fuyait mon regard… J'essuyais les larmes qui continuaient à rouler sur ses joues.

- Regarde-moi…

- Je peux pas…

- Si… Si tu peux…

- Non !

Je le forçais alors à lever les yeux vers moi.

- Ce n'était pas réel !

- Non, mais ça aurait pu arriver… Et ce n'est pas moi qui l'ai empêché d'aller aussi loin…

- Tu avais un poignard dans le cœur Magnus ! Je suis peut-être ta plus grande faiblesse, mais tu es la mienne ! Si je ne l'avais pas suivi, il t'aurait tué, et ensuite il s'en serait quand même pris à moi ! Alors à choisir, oui, je préférais souffrir mais te voir vivre ! Jace, ma mère, Izzy… Ils m'ont peut-être sauvé ce jour-là, mais celui qui m'a réellement sorti de cet enfer, c'est toi ! Alors arrête de t'en vouloir ! Tu ne peux pas être toujours là pour moi, tu ne peux pas toujours me protéger ! Mon amour, sans toi, je n'aurais jamais réussi à retrouver le sourire et l'envie de vivre !

- Alors pourquoi tu préfères te confier à un inconnu plutôt qu'à moi ?!

- Magnus… Soupirais-je. Tu sais que le problème n'est pas là… D'une, le sujet Jonathan est un sujet que tu évites encore plus que moi, et maintenant je comprends mieux pourquoi, et de deux, ce n'est pas que j'en parle à un inconnu qui te dérange, mais que je lui en parle à lui…

- Peut-être…

- Tu veux qu'on en parle ?

- De quoi ?

- De lui, et de… de Jonathan…

Il acquiesça. Je lui pris la main et l'entraînais dans notre chambre. Je m'allongeais et le pris dans mes bras. Il reposa sa tête contre mon épaule.

- Je n'ai plus envie qu'on fasse comme si rien n'était arrivé, comme si Jonathan n'avait jamais existé …Commençais-je.

- Pourquoi ?

- Parce que je me suis rendu compte que ça ne faisait qu'aggraver les choses…

- Je pensais que c'est ce que tu voulais…Oublier…

- Oui, au début… Mais, maintenant… Je ne dis pas que j'ai envie d'en parler tous les jours, mais… Tu sais, il y a des moments où le souvenir est trop fort, et.. et j'aimerais pouvoir t'en parler…

- Tu peux ! Tu as toujours pu !

- Non, c'est faux et tu le sais ! Tu as toujours fait en sorte d'éviter le sujet ! Et particulièrement depuis qu'on est revenu d'Edom… Puis il y a Max aussi… Tout le monde fait comme s'il n'existait pas, personne ne parle de lui…

- C'est vrai.. Tu as raison…

- C'est pas un reproche, c'est juste que j'ai l'impression qu'on essaye tous d'ignorer la réalité…

Il se tourna vers moi et posa sa main sur ma joue, avant de poser ses lèvres sur les miennes, pour un doux baiser.

- Je suis désolé… Je te promets que je vais changer tout ça…

- Merci… J'aurais du t'en parler plus tôt, insister plus pour que tu me racontes ce qui s'était réellement passé à Edom…

- Je ne voulais pas t'infliger ça…

- Je sais, et je le comprends parfaitement, mais… Je veux que tu puisses tout me dire, sans avoir peur de ma réaction… Asmodée m'a fait voir Jonathan à la place d'Imasu… C'est ton père qui a réussi à me ramener à la réalité… Tu étais le seul d'habitude à réussir cet exploit, alors je crois que c'est là que… que j'ai vu de toi en lui…

- Hum… J'avoue que j'ai du mal à comprendre ton soudain rapprochement avec lui…

- Je sais… Tu as peut-être raison, peut-être que ça un rapport avec mon propre père… Je sais pas…

- Il te manque…

- Oui… Je lui en veux mais, il reste mon père… J'aimerais qu'il revienne pour me laisser une chance de lui pardonner…

- Et tu aimerais que je fasse pareil avec le mien…

- Oui, c'est vrai… Tu as la chance de pouvoir reconstruire quelque chose avec lui…

- J'ai passé 10 ans de ma vie avec lui, Alec… 10 ans sur près de 400 ans d'existence ! Ça ne représente rien…

- Vraiment ? C'est vraiment ce que tu penses ? Si oui, je te promets de laisser tomber, de ne plus t'en parler…

- Je sais pas… Laisse-moi du temps, s'il te plaît… Peut-être que tu as raison, mais… Laisse-moi du temps ! Je te promets d'y réfléchir, mais promets-moi de ne plus prendre aucune décision à ma place…

- Je te le promets… Je suis désolé si j'ai pu te blesser. Sache que ça partait quand même d'une bonne intention ! Comme toi quand tu as aidé Jace à voler ma stèle pour qu'il puisse rendre la coupe à Clary et m'empêcher de faire une grave erreur !

La surprise s'afficha clairement sur son visage.

- Tu le savais ?

- Bien sûr ! Je l'ai compris dès que je me suis aperçu que le fragment de portail et la coupe, avaient disparu ! J'ai toujours ma stèle sur moi, seul un sorcier aurait pu me la voler et la remettre ni vu ni connu !

- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?

- Pour quoi faire ?

- Je sais pas ! Tu ne m'en as pas voulu ?

- Bien sûr que non ! J'avais d'autres préoccupations à ce moment-là…

- Sache qu'au départ j'ai refusé, je ne voulais pas trahir ta confiance !

- Mon amour, je ne t'en veux pas… Mais ne recommence pas ! Fis je en riant.

- Promis !

Je déposais un baiser son front.

- Jace m'a dit que tu t'étais encore disputé avec ton père…

- Hum…

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je lui ai reproché notre dispute, je lui ai dit que tout était de sa faute…

- Et ?

- Et tes mots m'avaient blessé, j'ai laissé ma colère l'emporter… Mais Catarina a réussi à me calmer… Et avant que tu ne me poses la question, ne t'en fais pas, je ne l'ai pas touché, il n'a rien !

- Je crois que tu as raison… Il est peut-être préférable que tu ne le voies pas d'un petit moment….

- Oui…

- Quant à ce que je t'ai dit, oublies, ok ? J'étais énervé… Ce qu'il t'a fait est difficile à pardonner, je le comprends parfaitement… J'ai été stupide de te dire que ce n'était pas si grave… Moins grave que ce que j'avais vécu…

- Tu avais raison, Alec !

- Non, non… J'avais tort ! Je te demande pardon…

- Ça va, j'ai l'habitude de ton mauvais caractère !

- Hey ! On en parle du tien ou c'est comment ?

Il rit et je le serrais un peu plus dans mes bras.

- Alors ? Camille est rentrée chez elle, saine et sauve ? Lui demandais-je avec un sourire.

Il ferma la tête et secoua la tête.

- M'en parle pas, une vraie plaie cette fille !

- Je préfère quand même celle-là!

- Franchement ? Elles se valent ! Je préfère quand même définitivement les brunes !

- Tu l'as quand même bien regardée, si tu vois ce que je veux dire !

Il tourna la tête vers moi, un grand sourire sur ses lèvres.

- Tu es jaloux, Alexander ?

- Tu l'as fait exprès !

- Oui ! Pour ma défense, je l'ai retrouvée à moitié nue et sortant de ma cuisine, où elle était collée à toi !

- D'accord, je l'avais mérité, je reconnais ! Mais je peux t'assurer qu'il ne s'est rien passé !

- Vraiment ? Tu as une trace de rouge à lèvres sur la joue mon ange…

- Fait chié, j'arrive pas à l'enlever !

- Pauvre chou !

- Arrête de rigoler ! Elle était très sexy tu sais, j'aurais parfaitement pu craquer !

Il se défit de mon étreinte, avant de venir s'allonger sur moi.

- Je ne crois pas non… Je sais ce que tu aimes, et ce n'est pas elle…

Il passa sa main sous mon tee-shirt et le retira. Il fit alors glisser sa langue sur ma peau, partant de mon nombril et remontant jusqu'à mon cou. Sa main passa sur mon intimité, m'arrachant un gémissement. Je capturais ses lèvres, mes mains jouant sur sa peau. Il avait tellement raison… Cette fille était belle mais elle ne m'attirait pas le moins du monde. Pour preuve : elle s'était carrément déshabillée devant moi, et je n'avais eu aucune réaction, alors que là… Magnus était encore habillé et il n'avait qu'à me frôler pour déclencher en moi une violente vague de désir. Ma main fourragea dans ses cheveux, j'avais envie de sentir son corps pressé contre le mien, ça en était devenu un besoin vital. Ses mains qui glissaient sur mon corps me rendaient dingue. Je le fis basculer sur le dos, me permettant ainsi d'être au-dessus de lui. Il me sourit et je défis sa chemise en lui lançant un regard joueur. Je déposais à mon tour de tendres baisers sur son corps, mes mains glissant sur ses hanches. J'enlevais le bas de ses vêtements, m'éloignant brièvement de lui. Trop cependant, puisqu'il me rapprocha presque immédiatement de lui pour coller ses lèvres aux miennes. Je fis descendre lentement ma main vers son bas-ventre, avant de saisir son sexe dans ma main, le caressant du bout des doigts. Il gémit et enserra les barreaux du lit de sa main libre, l'autre étant posée sur mon cou, s'assurant que je ne quitte pas ses lèvres. Je mouvais alors mes hanches et il comprit le message. Un instant plus tard, je poussais un cri de plaisir en le sentant à moi. J'accélérais ses va-et-vient, enserrant sa main, qui tenait toujours un des barreaux du lit. L'autre se posa sur sa joue, la caressant tendrement, alors que mes lèvres ne quittaient pas les siennes….

Plus tard

J'étais lové dans ses bras. Il caressait tendrement mon dos, suivant le tracé de ma colonne vertébrale. Je souris et me redressais sur un coude.

- Je t'aime…

- Je t'aime aussi… Mon ange…

Mon sourire s'agrandit. Mes yeux tombèrent alors sur ma veste qui gisait au sol avec le reste de nos vêtements. Une enveloppe blanche dépassait de la poche intérieure. L'enveloppe que m'avait donnée Imasu…

- Heu, mon amour ?

- Oui ?

- Il y a quelque chose que… que je dois te donner….

Il fronça les sourcils. Je me penchais et ramassais l'enveloppe.

- Tu m'as écrit une lettre ? Me fit-il, amusé .

- Non, pas moi…

Son sourire s'effaça.

- Imasu me l'a donnée le jour où ont les a renvoyé… Il m'a dit qu'ils avaient tous écrit quelque chose… Il s'est passé tellement de choses après, que je l'avais oublié…. J'espère que tu ne m'en voudras pas de ne pas te l'avoir donné plus tôt…

Je la lui tendis et il me la prit des mains. Il ferma les yeux un instant puis la posa sur la table de chevet.

- Je verrais ça plus tard… Viens là…

Il me reprit dans ses bras.

- Pour le moment, je veux juste passer du temps avec toi…

- Tu vas quand même la lire, non ?

- Oui… Mais pas ce soir…

- D'accord….

On passa ensuite le reste de la soirée, ou plutôt de la matinée puisque le soleil s'était levé depuis longtemps déjà, à parler de tout et de rien, et à rire comme avant.

- Heureusement qu'on est seul quand même, et qu'on n'a pas de voisin, parce que je pense que ça ferait un moment qu'ils râleraient de nous entendre faire l'amour ! Me fit Magnus en riant.

C'est vrai qu'on ne s'était pas vraiment retenu… Bon, d'habitude non plus, mais cette fois-ci tout particulièrement. Le bonheur de se retrouver avait été trop fort. Puis la nuit avait été agitée, entre notre dispute, sa dispute avec son père et… Simon ! J'ouvris de grands yeux et m'extirpais du lit en quatrième vitesse. J'avais déjà enfilé le bas de ma tenue de combat, lorsque je m'aperçus que Magnus n'avait pas bougé d'un poil. Je lui lançais ses fringues, qu'il reçut en pleine tête.

- Heu, Alec, mon ange, ce n'était pas un reproche tu sais, j'adore te faire crier de plaisir !

- Hein ? Quoi ? De quoi tu parles ? Lui demandais-je en cherchant mon tee-shirt.

- Je sais pas, qu'est-ce qui te prend à t'agiter partout comme ça ?!

Je me frappais intérieurement. Merde… J'avais oublié de le lui dire… Je me tournais vers lui et lui fit un petit sourire d'excuse, sachant très bien qu'il serait inutile… Il allait m'étriper…

- Il y a un truc que j'ai oublié de te dire…

Idris

Maryse, portant une longue robe noire, pleurait en regardant les photos contenues dans un album. On pouvait y voir Alec et Isabelle, enfants, sur les genoux de leur mère, ou bien Max jouant avec Jace. Une larme coula et retomba sur une photo d'Alec bébé. Un coup frappé à la porte de sa maison la fit sursauter. Elle se leva, essuya les larmes sur ses joues et alla ouvrir. Elle faillit s'évanouir en découvrant la personne qui se tenait sur le pas de la porte.

- Robert…

A suivre

Merci pour vos reviews :D