Nina048 : Un peu :)

Manon : Bientôt les retrouvailles entre Maryse et Alec :)

Le lendemain- Institut

PDV Magnus

Cela faisait des heures que j'écoutais Alec et sa famille parler de Simon et du plan de génie de mon amant… C'était ironique, bien sûr, mais je n'avais ni la force, ni l'envie, de le faire changer d'avis. Isabelle et Clary voulaient s'en occuper à sa place, mais ces chères deux jeunes filles avaient fini par se crêper le chignon, renforçant la conviction d'Alec de s'en occuper lui-même. Dire que des plages paradisiaques nous attendaient… Ma tête soutenue par ma main, je jouais avec un stylo qui traînait sur la table de la salle de contrôle de l'Institut, et le faisais tourner entre mes doigts. Mes yeux menaçaient de se fermer tout seul, et je luttais pour les garder ouverts. J'avais des nuits à rattraper et il me tardait de rentrer. De plus, leur conversation ne m'intéressait pas, mais alors pas du tout. Ça criait dans tous les sens… Malgré mon état de léthargie, je remarquais quand même une légère tension entre Alexander, Jace et Isabelle. Mais bon, je verrais ça plus tard, ça ne m'inquiétait pas vraiment. D'une ce n'était pas la première fois, puis de deux, comme on dit toujours, « fâchés pour un jour, frères et sœurs pour toujours ». Frères et sœurs…

- Ça va ?

Je levais les yeux et tombais sur des prunelles vertes. Jocelyne… Alertée par les cris de sa fille et des Lightwood, elle était venu voir ce qui se passait. Deux minutes plus tard, elle les avait tous calmés. Enfin, plus exactement, elle les avait forcés à se calmer. Mais au vu des regards qu'ils se lançaient, la dispute reprendrait dès qu'elle aurait le dos tourné.

- Je vais toujours bien ! M'exclamais-je, en essayant de rendre mon sourire forcé, le plus crédible possible.

Elle me regarda étrangement, mais ne fit pas de commentaire. En revanche, je sentais le regard d'Alec posé sur moi. Je me secouais mentalement et revêtis mon masque habituel. Il fut cependant de courte durée, puisqu'il vola en éclats lorsque la personne que je voulais le moins voir au monde, entra dans mon champ de vision. Mais qu'est-ce qu'il faisait ici bon sang ?! Ah oui, c'est vrai…. Alec l'avait collé dans son ancienne chambre… Tout le monde le salua comme si de rien n'était ! Oui, « le », j'avais décidé que pour moi il n'aurait ni de prénom, ni de dénomination spéciale. Sa présence m'énervait, je ne voulais pas de lui ici… Je l'avais fait rester, c'est vrai, mais cela avait été un moment de faiblesse, un moment d'égarement, une preuve d'amour pour Alec. Mais en vérité, je le tenais pour responsable de toute la souffrance que j'avais enduré la décennie qui avait suivi sa tentative de meurtre sur moi. Oui parce que peu importe ses explications et ses justifications à la noix, c'était de cela dont il s'agissait, autant appeler un chat, un chat…. En parlant de chat, faudrait peut-être que je songe à me préoccuper un peu plus du mien ! Je sursautais. Sans m'en rendre compte, j'avais quitté l'Institut à la seconde où mon regard avait croisé le sien, et me trouvait à présent sur le haut des marches. Je fis apparaître un portail, direction mon appartement. Pas besoin de prévenir Alec, il savait parfaitement où me trouver. De plus, ma disparition ne l'inquiéterait pas plus que ça : il savait pertinemment que je ne voulais pas le voir. Je ne parle pas d'Alec bien entendu ! Non, lui, je le voulais près de moi, surtout en ce moment. Je ne voulais pas qu'il me laisse pour son plan stupide... Bien sûr, on se devait tous les deux de faire retrouver sa mémoire à Simon, puisque c'était un peu de notre faute, enfin je crois… Après tout, je n'avais toujours aucune idée de ce qui s'était passé à Edom…. Il serait peut-être temps que je demande un résumé à mon très sexy chasseur d'ombres. Arrivé chez moi, je me laissais choir dans le canapé et me massais les tempes. Je sentais une migraine pointer le bout de son nez… Cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé… Je crois même que j'avais de la fièvre. Je devrais peut-être appeler Catarina, mais j'avais l'impression qu'elle faisait la tête. Bon, bien sûr, elle ne me faisait jamais la gueule très longtemps, mais je n'étais pas d'humeur pour des remontrances. Ce que je voulais, c'était qu'Alexander rentre…

Londres- Manoir Lightwood

PDV Maryse

Je tenais, serrais dans mes bras, le bébé sorcier que Robert m'avait confié. Je faisais les cent pas dans une des chambres du haut, le berçant, essayant de calmer ses pleurs. Il était tard, la nuit était tombée depuis longtemps. Les autres enfants dormaient déjà dans ce que j'appelais le dortoir. Il allait finir par tous les réveiller. Il avait de la fièvre, enfin je crois. Il était brûlant, mais je dois dire que je ne connaissais pas vraiment la température corporelle normale pour les sorciers. Mais au vu de ses pleurs incessants, je ne pensais pas me tromper en disant qu'il était malade. J'avais essayé de lui donner à manger, mais il n'y avait rien à faire, il refusait d'avaler quoi que ce soit. D'après Robert, il était dans cet état depuis qu'il l'avait trouvé sur les marches même de l'Académie d'Idris, deux jours plus tôt. Comment il était arrivé là, reste un mystère pour moi. J'entendis des pas qui montaient l'escalier. Robert entra alors dans la pièce, un livre dans les mains.

- Tu espères trouver une solution pour l'endormir dans un vieux livre de ta famille ?!

- Il appartenait à Bénédict Lightwood ! Il possédait des livres très utiles et instructifs !

- Si tu le dis… Répondis-je froidement. Et donc, qu'as-tu trouvé ?

Son visage s'assombrit.

- Rien… Ils ne sont pas censés tomber malade… Leur métabolisme les protège de pratiquement toutes les maladies…

- Des maladies terrestres, Robert, pas du reste !

- Parce que tu as déjà vu un sorcier malade toi ? Parce que si c'est le cas, je te prierais d'éclairer ma lanterne !

- Pour cela, faudrait déjà que lanterne y ait !

- Écoute, je ne crois pas que le moment soit bien choisi pour parler de… de ce qui s'est passé entre nous…

- Tu veux dire du fait que tu m'aies trompé ? Lui demandais-je froidement.

Il marqua une pause avant de me répondre :

- Oui, entre autres… Mais aussi du fait que tu aies voulu assassiner le mari de notre fils !

- Le mari ! Crachais-je.

- Oui, Maryse ! Alec s'est marié avec lui, il est heureux ! Je croyais que tu l'avais accepté !

- J'ai accepté que mon fils soit attiré par les hommes, oui ! Parce que je n'ai aucun problème avec ça ! J'ai reconnu le fait qu'ils s'aimaient tous les deux, mais ça, je ne peux pas l'accepter ! Bane nous aurait tués, tous ! Seule la présence de Stephen l'en a empêché ! Il ne pouvait pas prendre le risque qu'un descendant de Tessa Gray soit blessé, elle ne le lui aurait pas pardonné !

- Peut-être, et alors ? Il aurait pu nous tué après, mais il ne l'a pas fait !

- Vraiment ? Tu as la mémoire courte ! Quand l'Enclave nous a pardonnés, il s'est opposé à notre nomination à la tête de l'Institut de New York ! Il a tout fait pour qu'on soit condamné, il voulait qu'on soit privé de nos runes, il a voté pour notre mise à mort ! Pourquoi crois-tu qu'il est resté à New York ?! Il attendait un moindre faut pas de notre part pour pouvoir exécuter sa vengeance ! Il nous hait, et encore le mot est faible ! Es-tu si stupide, si aveugle, pour ne jamais avoir remarqué ce regard qu'il posait sur nous qu'en Hodge l'appelait à l'aide et qu'il devait venir à l'Institut ?

- Pourtant il n'a rien tenté…

- Il couche avec Alec !

Robert me lança un regard choqué.

- Oh je t'en prie, tu ne croyais quand même pas qu'ils se contentaient de dormir gentiment l'un à côté de l'autre ? Surtout si Alec tient de toi !

- Tout ce que je vois, c'est qu'il est heureux, c'est la seule chose qui compte à mes yeux ! Magnus n'est pas avec lui par vengeance !

- Je sais… Fis-je dans un simple murmure.

Il était dur de l'admettre, pourtant, mon cher ex-mari avait raison. Ce sorcier était vraiment amoureux de mon fils, ce qui me rendait deux fois plus furieuse.

- On n'aurait dû être plus vigilant… On était tellement préoccupé par l'Institut qu'on a laissé ce sorcier entrait dans la vie de nos enfants… On n'aurait dû veiller sur eux, on les a laissés seuls… On a laissé Alec gérer seul l'Institut…

- Hodge était là !

- Un traître ! Alec a toujours été celui qui était le plus proche de lui…. Et on voit le résultat…

- Alec gère parfaitement l'Institut !

J'eus un rire sans joie.

- Ça se voit que tu es coupé de notre monde depuis longtemps… Alec a demandé à Jia de donner la direction de l'Institut à Jace !

- Que… Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes encore ?

- Notre fils abandonne son poste de directeur ! Et je te laisse deviner qui est derrière tout ça !

- Magnus…

- Oui ! Tu penses toujours qu'il a une bonne influence sur lui ?!

- Alec sait prendre des décisions seul, crois-moi ! S'il a accepté, c'est que ça lui convenait!

- Tu es bien naïf…

- Jia a-t-elle accepté ?

Je haussais les épaules.

- C'est encore en pourparlers… J'essaye de la convaincre de refuser…

- Maryse ! Ne fais pas ça ! Alec…

- Ne me le pardonnerait pas ? Il me déteste déjà…

Le bébé dans mes bras s'agita alors un peu plus, ses yeux prenant une couleur bleue plus prononcée, plus brillante. Ses pleurs devinrent plus stridents. En bas, des cris se firent entendre….

New York- Appartement Catarina

Alec frappa à la porte. Un instant plus tard, la sorcière à la peau bleue lui ouvrit. Ses cheveux étaient coiffés en un chignon et elle avait revêtu une robe de chambre blanche, ce qui faisait encore plus ressortir la couleur bleue de sa peau.

- Alec? Lui demanda-t-elle, surprise.

- Désolé de te déranger ! Je te réveille ?

- Non, j'étais déjà levée, je commence une garde à l'hôpital dans une heure… Mais entre…

- Merci…

La sorcière se dirigea vers la cuisine, lui faisant signe de la suivre.

- Un café ? Lui proposa-t-elle.

- Oui je veux bien, merci !

Catarina versa du café dans deux tasses et ils s'assirent à la table de la cuisine. Elle en but une gorgée.

- Alors, que me vaut l'honneur de ta visite chasseur d'ombres ?

Alec sourit à l'entente de cette dénomination. Certaines choses ne changeraient jamais, ce qui était rassurant.

- Je suis venue te demander s'il était possible que tu me fasses une de ces potions, que vous les sorciers, préparaient…

- Quel effet doit-elle avoir ?

- Je sais pas trop… C'est pour Magnus ! Il ne dort pratiquement plus, il fait des cauchemars et il est sur les nerfs tout le temps !

- Hum, je vois… Tu sais que ton mari est aussi un sorcier, non ?

- Oui mais toi tu es infirmière ! Rétorqua Alec avec un grand sourire.

La sorcière secoua la tête.

- Il détint beaucoup trop sur toi ! Bon, je crois pouvoir t'aider !

Elle se leva et ouvrit une armoire dans le salon. Lorsqu'elle revint, elle tenait une petite fiole dans la main, qu'elle donna au néphilim.

- Fais lui boire ça ! Ça devrait suffire !

- Merci !

- Pas de souci… Alors, comment ça va entre vous ?

- Ça va mieux… Mais heu… En fait je ne suis pas juste là pour…

Il désigna la fiole, posée à présent sur la table, d'un signe de tête. Catarina haussa les sourcils.

- Je me doute oui… Et donc, qu'est-ce qui te tracasse ?

- Magnus m'a un peu parlé de… de la façon dont les enfants sorciers sont traités… Les abandons, tout ça…

- Oh… Je dois dire que je suis étonnée qu'il t'en ait parlé…

- Moi aussi… Mais je suis heureux qu'il l'ait fait, même si j'ai l'impression qu'il me cache des choses… Catarina, qu'est-ce que tu sais sur sa vie dans la famille qui l'a recueilli après la mort de sa mère ?

- Tu viens me soutirer des informations dans le dos de ton mari ? C'est un jeu dangereux auquel tu joues, Alec…

- Cat' s'il te plaît… Je vois, je sens, qu'il y a quelque chose qui ne va pas et… J'ai besoin de savoir…

- Je ne sais pas, Alec…

- Je sais qu'il t'en a parlé…

- Oui, c'est vrai. Écoute, Magnus est persuadé que les enfants sorciers ne peuvent pas être aimés ! Honnêtement ? Je pense qu'il est plus touché par cela que par les tortures de nos chers amis chasseurs !

- Pourquoi je n'ai jamais entendu parler de ces gens ?

- Parce que l'Enclave les cache… Ils ont peur qu'on confonde ces terrestres qui jouent aux chasseurs d'ombres, avec les vrais néphilims…

- Ils ne visent que les sorciers ?

- Non, toutes les créatures obscures… Mais il est vrai que nous sommes en première ligne…

- Ils sont encore une menace aujourd'hui ?

- Pour nous non, mais pour les enfants oui ! Mais moins qu'à l'époque…

- J'arrive pas à croire que j'apprends ça que maintenant…

La sorcière haussa les épaules.

- Ne t'en fait pour ça, tu ne peux rien faire pour arrêter ce massacre… Personne n'y peut rien… Nous sommes le fruit d'un viol, et pour Magnus, cela signifie qu'on n'est pas né pour être aimé…

- Il a tort…

- Oui… Mais je comprends qu'il pense ça, et pour être honnête, le contraire m'aurait surprise !

- Je suis désolé…

Catarina posa sa main sur la sienne.

- Désolé de quoi, Alec ? Tu n'es pas responsable de toute la misère du monde, tu sais… Ne t'inquiète pas pour Magnus, ce n'est pas la première fois qu'il a, disons, une petite baisse d'énergie… Il retrouvera le sourire, ne t'en fais pas…

- J'espère… Parce que je n'ai pas l'impression que ça s'arrange, j'ai même l'impression que c'est de pire en pire…

- Il ne veut toujours pas parler à son père ?

- Non… Il ne veut même pas en entendre parler… Tout à l'heure, il l'a croisé à l'Institut et il a littéralement fui… Il dormait quand je suis rentré au loft…

- Hum… J'irai lui parler dans la semaine !

Alec lui sourit.

- Alors, il paraît que tu joues au terrestre à la fac ?

- Je commence demain ! Mais je ne vais pas aller en cours, je veux juste me rapprocher de Simon…

- De ce que j'en ai vu, Clary est plus qualifiée que toi pour cette tâche, tu ne crois pas ?

- Non ! Il faut que ce soit moi qu'il le fasse !

- Tu ne tiendras pas deux jours…

- On verra ! Fit Alec en riant.

Catarina se leva et prit les deux tasses à café, à présent vides, et se dirigea vers l'évier de la cuisine. Alec entendit alors un bruit de vaisselle cassé, derrière lui. Il se retourna, et aperçut la sorcière gisant au sol, dans les débris de tasses brisés.

- Catarina !

New York- Campus Université

Cachée derrière un arbre, Isabelle pleurait silencieusement. Cela faisait bien une heure qu'elle fixait Simon , allongé dans l'herbe, en train de rire avec ses amis. Alec avait raison, il avait l'air heureux. Plus qu'il ne l'avait été ces derniers mois en tant que vampire, en tout cas… « Plus qu'avec moi », ne put s'empêcher de penser Isabelle. Simon tourna alors la tête dans sa direction. Leur regard se croisèrent, mais si celui de la jeune fille brillait d'un amour profond, le sien n'exprimait qu'une profonde indifférence…

A suivre

Merci pour vos reviews

Plus d'internet pendant une semaine pour cause de déménagement. Il n'y aura donc pas de chapitre cette semaine là :)