Manon : Pour me faire pardonner, je t'en ai fait un long :p
Le lendemain- Appartement Brooklyn- PDV Alec
La pire journée de ma vie… Je n'étais pas sorti de la chambre. Le savoir loin de moi, dans un endroit où je ne pouvais ni le rejoindre, ni le contacter, me rendait dingue. Je fis tourner nerveusement l'anneau à mon doigt. C'était devenu une habitude, mais, cette fois, cela avait une raison plus spécifique : peut-être était-ce dû à la magie qui entourait et protégeait le Labyrinthe en Spirale, mais je n'arrivais pas à savoir ce qu'il ressentait en ce moment même, ni s'il allait bien. Ce n'était pas comme d'habitude, j'avais l'impression que mon cœur battait seul à présent. Et si je l'avais perdu ? Et s'il ne revenait pas cette fois ? Et si cette dispute avait été la dispute de trop ? Un an et demie qu'on était ensemble, et on n'avait pas eu de moment calme, il y avait toujours un problème à gérer. Si ça nous avait permis de vite se rapprocher, j'avais l'impression, qu'à force, ça avait fini par nous éloigner l'un de l'autre. J'aurais dû l'écouter quand il m'avait proposé de partir loin d'ici quelque temps. Au lieu de ça, j'avais insisté pour rester… Président Miaou sauta sur le lit, me faisant sursauter. Il se frotta contre moi en ronronnant.
- Tiens, tu es revenu toi ? Où étais-tu passé ? Lui demandais-je, (comme s'il allait me répondre), en lui grattant la tête.
Il s'allongea ensuite sur le lit, à la place qu'occupait habituellement son maître. Il miaula, me fixant de ses yeux félins, si semblable à ceux de Magnus.
- Me regarde pas comme ça ! J'y peux rien moi si ton maître est fermé à toute discussion !
Nouveau miaulement.
- Ouais, je sais… je suis un idiot…
Pas de réponse…
- Merci, c'est gentil de ta part ! Pas besoin de te demander de quel côté tu es !
Il s'amusa alors avec un coussin posé sur le lit, et je souris. Ça pour être idiot, j'étais idiot. Preuve : je parlais au chat maintenant. Je me levais et rejoignis la salle de bain. Je devais aller à la fac aujourd'hui pour veiller sur Simon, et lui faire retrouver la mémoire. Il fallait que je me concentre. Si jamais Méliorn et les fées attaquaient, il fallait que j'ai toutes mes capacités, or ma tête était ailleurs… Je me passais de l'eau froide sur le visage, et décidais de passer par l'Institut avant d'aller à la fac. Il y avait une personne que j'avais envie de voir….
Institut- PDV Rachmad
Assis au bureau de l'ancienne chambre d'Alec, je dessinais sur un cahier. Je ne savais pas quoi faire d'autre. Je ne connaissais ni la ville, ni cette époque. Alec m'avait donné des livres et m'avait fait voir ce qu'ils appelaient la « télévision ». C'était une époque très intéressante, bien que je n'ai pas l'impression que l'espèce humaine se soit franchement améliorée avec le temps… Enfin… Hamengku, enfin je veux dire Magnus, c'est vrai que tout le monde l'appelle comme ça, mais moi je n'ai pas l'habitude, refusait toujours de me voir. Savoir qu'il a tout supprimé de son enfance, de sa mère, de moi, me fait mal au cœur. Il n'a rien gardé : ni le prénom que nous lui avions donné, préférant celui que lui ont donné des étrangers, ni le nom de famille, coupant son lien avec nous. Il n'était jamais revenu sur la tombe de sa mère, et moi il refusait de me voir ou d'entendre parler de moi. Il donnait de son sang à la jeune infirmière, qui semblait être son amie de longue date, pour qu'elle le rajoute à cette immonde potion que je devais boire tous les jours pour me permettre de rester et d'avoir un vieillissement normal. Mais c'était tout, il ne passait jamais, et lorsqu'on se croisait, il changeait de pièce immédiatement, sans même un regard. J'avais fait des erreurs, je lui avais dit des choses immondes alors qu'il n'était qu'un enfant, mais ce n'était pas contre lui, et j'aurais tant aimé qu'il le comprenne. Puis je voulais qu'il arrête de penser qu'Asmodée était son père. Certes, c'est lui son « géniteur », et j'insiste bien sûr le mot, car il n'est rien de plus. Il ne lui a rien appris, alors que moi j'ai appris à Hamengku à lire, à marcher, à s'occuper des animaux, à compter, et j'en passe. Tout ce qu'un père apprend à son fils en somme. Ses premiers pas, c'est moi qui les aie vu, ses premiers mots, c'est moi qui les aie entendus, pas Asmodée ! Puis, tous ces gens qui parlent de mon fils : je sens bien que la plupart en ont peur, le craignent. Je ne le reconnais pas dans la description qu'ils en font. Je sais pourtant qu'il ne mente pas, ni n'exagère. Je l'avais parfois observé de loin, veillant à ce qu'il ne me voit pas : ils regardaient ses jeunes gens tatoués, des chasseurs d'ombres je crois, avec une telle froideur, une telle indifférence… Et dans leurs yeux à eux, je lisais de la crainte, que je ne comprenais pas. J'avais vraiment l'impression d'avoir un inconnu devant mes yeux… Après, vous me direz, trois siècles, c'était long. Ce qui me rassurait, c'était le regard qu'Alec posait sur lui. Ce jeune homme était littéralement fou amoureux de mon fils et ça crevait les yeux. Et ce dernier l'était tout autant de lui…On frappa à ma porte. Je posais mon crayon et tournais la tête. Mon visage s'illumina.
- Alec !
- Je vous dérange ?
- Non, pas du tout, bien au contraire ! Entre !
Je laissais ce que j'étais en train de faire, et fis signe à mon jeune ami de s'installer sur le lit, en face de moi.
- Ça me fait plaisir de te voir !
- Moi aussi ! Désolé de ne pas passer plus souvent, mais…
- Mais Hamen… Enfin Magnus… refuse, je me trompe ?
- Il refuse pas mais… il n'est pas fan…
- Je me doute… Mais si ça doit créer des tensions entre vous, obéit lui, ne fait pas attention à moi !
- Il y a déjà des tensions et ce n'est pas par rapport à vous…
- Il y a un problème ?
- Oui… J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas et il m'en veut… Il refuse de me voir !
Ses yeux s'embuèrent de larmes. Je m'assis à côté de lui et le serrais dans mes bras.
- Allons, je suis sûr que tu n'as rien fait de si grave que ça !
- Si ! Il déteste qu'on fouille sa vie, et c'est exactement ce que j'ai fait…
- Comment ça ?
Il leva les yeux vers moi. Je voyais qu'il mourrait d'envie de m'en parler, mais qu'il n'osait pas, par peur de la réaction qu'aurait mon fils s'il l'apprenait.
- Je ne peux pas…
- Alec, ça restera entre nous ! Si tu es là, c'est que tu espères quelque chose de moi, non ?
- Oui, c'est vrai… Des fois je n'arrive pas à le comprendre…. Il ne parle pratiquement jamais de ce qu'il ressent ! Quand il ne va pas bien, il préfère se renfermer ! Mais le voir mal, c'est insupportable pour moi ! J'aimerais juste comprendre ce qu'il me cache ! Parce que je sais qu'il y a quelque chose ! Il a beau me répéter qu'il me dit tout, je sais que c'est faux !Il y a encore quelque chose... Et franchement, quand je vois toutes les choses horribles qu'il a pu me confier, je m'inquiète de ce que pourrait être cette chose ! C'est comme… c'est comme ce refus catégorique d'avoir des enfants ! Je n'arrive pas à comprendre pourquoi c'est inenvisageable pour lui !
- Et bien, heu… Tu sais, la biologie humaine fait que…
- Votre fils est sortie avec des femmes aussi ! Me précisa Alec.
Oh… Pourquoi avais-je la désagréable impression que le passé de débauche dont parlaient les gens était vrai ?
- Je vois… Et bien, je ne sais pas…
- Je pensais que c'était parce que sa mère…
Il s'interrompit tout à coup, soudain gêné.
- Parce que ça mère quoi, Alec ?
- Je… Non, laissez tomber ! J'ai déjà fait la bourde avec Magnus, je ne vais pas faire la même avec vous !
Je fronçais les sourcils, essayant de trouver ce que pouvait vouloir me dire ce jeune homme… Et soudain, le déclic se fit.
- Veux-tu parler du fait qu'elle attendait un enfant lorsqu'elle est morte ?
- Vous le saviez ?
- Oui…
- Mais comment est-ce possible ?
- Ma femme voyait régulièrement une voyante…
- Ça n'existe pas !
- Non, effectivement ! Aujourd'hui, avec ce que je sais, je pense plutôt que c'était une sorcière ! Et c'est sûrement pour cela qu'elle ne lui a jamais dit que son fils était en réalité le fils d'un démon…
- Elle le protégeait… Ça explique pourquoi il a été aussi vite recueillis !
- Hum… Je trouvais ma femme bizarre depuis quelque temps. Elle disait aller faire des courses en ville, un peu trop souvent. Au début, j'ai cru qu'elle avait un amant, alors un jour, voulant absolument savoir ce qu'elle me cachait, je l'ai suivi. Et c'est là que je l'ai vu avec cette femme très étrange… Oh en apparence elle paressait tout à fait normale, mais elle dégageait une orra qui vous mettez mal à l'aise… Elle était pourtant très belle, je dois l'avouer. Elle avait toujours cette longue tresse, ses bijoux sur les bras, et ses marques étranges sur le cou…
- Quel genre de marque ? Me coupa-t-il.
- Je ne saurais pas te dire ce que ça représentait…
- Est-ce que… Est-ce que c'était une sorte de spirale, avec un aigle ?
- Oui, possible…
- Mira !
- Pardon ?
- Mira, l'amie de Magnus ! C'est la sorcière qui nous a recueillis en Indonésie lorsqu'on cherchait des infos sur… et bien, sûr vous en fait ! Et c'est aussi elle qui nous a donné ceci…
Il me montra l'anneau à son doigt.
- Il lie ma vie à celle de votre fils, faisant de moi un être immortel, tant que notre amour ne faiblit pas !
- Attends, tu veux dire que cette femme qui a fait autant de chose pour vous, est en fait la voyante que ma femme voyait il y a près de 400 ans ?
- Oui… Je crois bien… En tout cas, elle correspond à la description que vous m'en avez fait ! Puis Magnus m'a toujours dit que les sorciers n'avaient pas le don de voyance ! Mais elle, elle l'a ! Je l'ai vu faire !
- Crois-tu qu'elle sait que Magnus est le fils de…
- J'en suis certain ! M'affirma-t-il. Rachmad, je crois que vous venez de me donner le moyen de me faire pardonner !
Il prit son téléphone et composa un numéro.
- Allez, réponds Cat'…
Plus tard- Faculté d'art- New York- PDV Alec
Sans armes, ni stèle, je me sentais nu, comme un petit poussin sans défense. Et je n'aimais pas trop ça… Bien sûr, je savais que Jace, Izzy et Clary sécurisaient les lieux, bien que devant rester à l'écart. Une boule au ventre, je pénétrais dans le hall, cherchant Simon des yeux. Il fallait que je le trouve et que je le suive comme son ombre. Malheureusement, mes pauvres yeux tombèrent sur quelqu'un d'autre. Camille, portant une robe blanche beaucoup trop courte pour être portée dans un lieu censé être réservé aux études, s'avançait vers moi, un grand sourire étirant ses lèvres rouges pétard. Il fallait que je trouve une échappatoire, et vite. Je partis m'enfermer dans les toilettes pour hommes. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que je me décide enfin à sortir de ma cachette, histoire de vérifier si la voix était libre. Manque de chance, elle me tomba dessus à peine la porte ouverte.
- Alors, beau gosse, on se cache ? Me fit-elle, en passant son bras sous le mien, et en me faisant un clin d'œil.
Je levais les yeux au ciel. Par l'Ange, qu'elle était exaspérante…
- Tu n'aurais pas vu Simon ? Lui demandais-je.
- Il est devant la salle de cours ! Mais on s'en fiche, nous on n'y va pas !
- Ah bon ?
C'était quoi cette histoire encore ?! Il fallait vraiment que je me débarrasse d'elle une bonne fois pour toutes !
- Oui, aujourd'hui on sèche ! Tous les deux on a mieux à faire, non ? Me fit-elle, en passant un doigt sur ma joue.
Je retins une grimace de dégoût. Autant les gestes de tendresse de Lydia ne m'avaient jamais dérangé plus que ça, autant les siens me débectaient. Ce qui était injuste, je le reconnais. Après tout, elle avait beau être un peu nunuche, elle n'avait pas un mauvais fonds.
- Désolé de te décevoir, mais c'est mon premier jour, du coup, je préfère faire bonne impression, tu comprends ?
Elle afficha une mine boudeuse, avant d'approcher ses lèvres rouges de mon oreille :
- Tu préfères aller en cours plutôt que de passer la journée au lit avec moi ?
Je piquais un fard, et bénissais Clary d'avoir insisté sur le fait que je ne porte ni oreillette, ni micro pour communiquer avec eux, le dispositif risquant d'être repéré et de mettre ma couverture en l'air, sinon j'aurais déjà entendu les remarques enfantines et les ricanements de Jace.
- Écoute, il y a quelque chose qu'il faut que tu…
Les cris d'une armée de filles en minis jupes, et tenant des pompons à la main, firent irruption dans le hall d'entrée, m'interrompant. J'en profitais pour m'éclipser discrètement et entrepris de retrouver Simon. Je finis par le trouver au deuxième étage, dans la salle du fond. Je m'assis à côté de lui, et me forçais de prendre un air détaché.
- Salut ! Le saluais-je.
- Oh, salut…
- Ça va ?
- Oui, oui… Heu, je n'ai pas eu l'occasion de te remercier l'autre fois… Enfin, vraiment, je veux dire….
- Pas de souci !
- Si, j'y tiens ! Alors si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas !
- Et bien, il y aurait peut-être effectivement quelque chose que tu pourrais faire pour moi…
- Dis-moi !
- Tu sais, ton ami, Camille, c'est ça ?
- Oh, heu, oui… Il y a un problème avec elle ?
- Et bien, tu sais que je suis déjà avec quelqu'un…
Il rougit. C'est sûr qu'il n'était pas prêt d'oublier…
- Je suis désolé, de… enfin… je… Bafouilla-t-il.
- Ce n'est rien, ce sont parfois des choses qui arrivent ! Par contre, si tu pouvais dire à ton amie de lâcher l'affaire avec moi, ce serait génial ! Je lui dirais bien moi-même, mais j'ai peur qu'elle ne me prenne pas au sérieux !
- Je… Oui, c'est possible… Je lui parlerai, promis ! Mais tu sais, elle n'est pas méchante…
- Je sais, je ne lui en veux pas, mais c'est un peu gênant à force, et je ne voudrais pas qu'elle se fasse de faux espoir…
- Oui, je comprends… Je parlerai avec elle !
- Merci, mec !
Je lui mis une tape amicale sur l'épaule, et il me sourit. Le prof arriva ensuite, et là, la galère commença. Je ne comprenais rien, mais alors rien du tout. Résultat, j'ai passé les deux heures les plus longues de ma vie à écouter un prof parler. Comment les terrestres faisaient-ils pour survivre à ça si longtemps ? Au moins, pour nous, chasseurs d'ombres, les cours étaient intéressants, puis il y avait de la pratique… Alors que là… Je passais alors la dernière heure à dessiner des runes sur mon cahier. Je sentais le regard en coin de Simon posé sur moi. Je ne pensais pas qu'il se doute de quelque chose, il devait juste penser que j'étais le genre de garçon à ne rien écouter en cours, et à faire ce que bon me semblait. Une sorte de Jace, en gros. A la fin du cours, je suivis Simon à travers des dédales de couloirs, et on rejoignit ses amis, assis dans l'herbe, sur le campus. Et évidemment, je vous laisse deviner qui se trouvait parmi eux… Camille ! A peine assis, elle se colla à moi.
- Tu viens ce soir, hein ?
- Où ça ?
- Toi, tu n'as pas regardé le flyer que je t'ai donné !
- Je suis démasqué !
Elle rit, rejetant sa chevelure blonde en arrière.
- La sororité du campus organise une fête. Tout le monde vient, tu ne peux pas y échapper !
- Heu, je sais pas, j'ai des tas de choses à faire!
- Qu'as-tu de si important à t'occuper? On va s'amuser, tu verras! Il y aura de l'alcool à volonté, et beaucoup d'autres choses, si tu vois ce que je veux dire!
Elle me fit à nouveau son clin d'œil qui m'exaspérait au plus haut point. Hors de question que je mette les pieds dans sa beuverie, qui au vu de la description qu'elle en faisait, allait se terminer en orgie. Déjà que Magnus m'en voulait à mort, si j'y allais, je ne donnais pas de cher de notre mariage, et de ma peau, par la même occasion. Malheureusement pour moi, si Simon y allait, je serais dans l'obligation de m'y rendre aussi. Surtout que ce serait le moment rêvé pour Méliorn et ses sbires, de mettre la main sur Simon.
- Et bien, je verrais, peut-être que je viendrais faire un tour...
Elle tapa dans ses mains. On aurait dit que je venais de lui annoncer que son anniversaire venait d'être avancé. Elle prit ma main et commença à jouer avec mon anneau. Je la repoussais vivement.
- Ne touche pas à ça!
- Ex-excuse-moi…
Je me rendis compte, lorsque je la vis reculer, que j'y étais peut-être allé un peu fort.
- Non, je... C'est moi... Heu, j'y tiens beaucoup, elle a une valeur particulière à mes yeux!
- Pas de souci! Viens à la fête de ce soir, et je te pardonne!
Je n'étais pas vraiment certain d'avoir envie qu'elle me "pardonne", comme elle disait. Après tout, si elle m'en voulait, je ne l'aurais plus dans les pattes. Je lui fis pourtant un sourire. Elle me le rendit, m'embrassa sur la joue, et s'en alla. Simon tourna alors la tête vers moi.
- Il est temps que je lui parle je crois! Je ferais ça ce soir, à la fête.
- Oh... Donc tu y vas?
- Oui, bien obligé! Tu sais, ici, si on veut s'intégrer, il faut en passer par là!
- Et bien, je suppose qu'il vaut mieux que j'y aille aussi dans ce cas...
- Tu verras, c'est juste un mauvais moment à passer!
- Hum, je vais essayer de survivre! Lui fis-je avec un sourire. Au fait, je voulais te demander, tu ne jouais pas dans un groupe de musique avant?
- Si! Comment tu sais ça ? Je ne pensais pas qu'on était connu jusqu'à Chicago. Me fit-il en riant.
- Je vous ai vus jouer un jour, ici, dans un bar à côté du Pandémonium !
- Oui, on y jouait souvent… Mais c'est fini maintenant… Le groupe n'existe plus…
- Ah bon, pourquoi ?
- Je les trouvaient bizarres, j'avais l'impression qu'ils me cachaient quelque chose…
Si tu savais… Tes amis étaient juste au courant de ton ancienne nature de vampire, mais ils avaient interdiction de t'en parler. Si seulement je pouvais te le dire… Mais tu me prendrais pour un fou…
- Je vois… Du coup, tu ne joues plus ?
- Plus vraiment…. Depuis que je suis entré en fac, j'ai l'impression d'avoir changé, de vouloir des choses différentes... Tu vois, avant, je n'aimais pas vraiment traîner avec ces gens qui passent leur temps à boire et à faire la fête... Pourtant, maintenant... Ça me fait du bien d'être avec eux, de me changer les idées...
- Si tu as besoin de te changer les idées, c'est qu'il y a quelque chose qui te tracasse...
- Peut-être... Je pense que c'est le stress... Je fais des rêves un peu bizarres...
- De quel genre?
- Rien, oubli!
Il se leva.
- On devrait y aller, sinon on risque d'être en retard!
Plus tard- Appartement- Brooklyn
Je m'affalais dans le canapé. Qui aurait cru qu'une journée entière de cours était épuisante à ce point-là? Je consultais mon portable: j'avais un message d'Izzy qui me disait qu'il valait mieux pour moi que je lui fasse mon rapport rapidement. Puis un message de Jace, qui, m'ayant aperçu au bras de ce pot de colle de Camille, me demandait quand est-ce que je comptais conclure. Et, enfin, un message de Camille, me demandant de la rejoindre devant la fac, ce soir, à 21 heures, pour aller à cette foutue fête. Mais aucun message de Magnus. Ni de Catarina. Je lui avais laissé un message, mais si celle-ci était au Labyrinthe en Spirale, je n'aurais pas de réponse de sitôt. Puis je soupçonnais fortement Magnus de lui avoir interdit de me parler... Le temps passé sans lui commençait à être long. Il ne m'avait jamais laissé autant de temps sans nouvelles. Et il me manquait… il me manquait terriblement…
Labyrinthe en Spirale- PDV Magnus
Ce qui est bien quand on est ici, c'est le silence. La plupart des sorciers viennent pour se ressourcer, ils méditent. Les autres ne font que passer ou s'occupent des enfants ou de leurs affaires. Puisqu'on parle des enfants, j'étais passé les voir, histoire de vérifier s'ils allaient bien. Catarina les avait soignés, mais beaucoup garderaient des séquelles de leur rencontre avec nos amis « chasseurs ». J'avais fait un rapport au Conseil des Sorciers, qui avait ensuite transmis à l'Enclave. Maintenant, cette histoire n'était plus entre mes mains. J'avais quand même conseillé à Tessa de passer régulièrement voir Robert et le bébé. Elle m'avait appris que, visiblement, Maryse s'y trouvait aussi. Je n'étais pas fan de l'idée, mais Tessa m'avait assuré que tout se passait bien. Un couple de chasseurs d'ombres élevant un bébé sorcier à Idris... En quoi est-ce "bien"? Mais bon, ce n'était pas mon problème après tout. J'avais décidé de ne plus me mêler des affaires impliquant des chasseurs d'ombres. J'avais eu ma dose, et j'étais à bout, j'avais dépensé toute la patience que j'avais en réserve. Je passais la main: si ça amusait Catarina et Tessa, alors bonne chance à elles. Moi, j'avais donné. Puis la nouvelle que m'avait apprise Alec, avec son tact légendaire, m'avait fait un choc. Ma mère attendait un enfant. Le savait-elle ? Était-ce cela qui avait motivé son geste ? Avais-je causé la mort de ce bébé à naître ? L'aurait-elle aimé plus que moi ? Mon beau-père le savait-il ? Était-ce pour cela qu'il m'avait traité de tous les noms ? Tant de questions qui se bousculaient dans ma tête, et auxquelles, je le savais, je n'aurais jamais de réponse. Mais après tout, en voulais-je vraiment ? J'aurais préféré ne rien savoir. J'étais bien dans mon ignorance, ça m'allait parfaitement. Mais il avait fallu qu'Alec s'en mêle. C'était au-dessus de ses forces, il fallait toujours qu'il fouille dans ma vie, qu'il sache tout. Je ne lui cachais rien pourtant ! Enfin, pratiquement rien. Mais on a tous le droit d'avoir notre jardin secret, non ? Est-ce que moi je lui en posais des questions ? Non ! Est-ce que je fouillais dans sa vie ? Non ! Parce que j'ai confiance en lui ! J'avais… Parce que honnêtement, là, je n'étais pas certain d'arriver à lui pardonner. Il m'avait traité comme il traite les créatures qu'il chasse. Je me sentais blessé, trahi. Je n'avais ni envie de le voir, ni de lui parler. Pour le moment, la seule chose que je souhaitais, c'était d'être loin de lui et de son monde. Il voulait en faire qu'à sa tête, alors qu'il se débrouille maintenant. Bon, bien sûr, je m'inquiétais pour lui. Il m'avait certes déçu, et j'avais beau être furieux contre lui, ce n'est pas pour cela que je ne l'aimais plus. Alexander restera toujours l'amour de ma vie, et il pourrait me faire la pire des trahisons, je suis certain que mon cœur battrait encore pour lui. Mais j'allais le faire mariner encore quelque temps. Il voulait jouer au plus fort avec moi, il voulait jouer au chasseur d'ombres, et bien il allait devoir en assumer les conséquences. Et il valait mieux pour lui, que, dans les jours qui viennent, il soit exemplaire. Mais bon, avec sa mission au sein de la faculté d'art, ce n'était pas gagné. Rien qu'à l'idée, mon cœur se serra. Alec allait pénétrer dans un lieu où tous les vices étaient permis. J'avais souvent, dans ma jeune époque, fréquenté des endroits comme cela. Derrière la façade studieuse que donnaient ces jeunes étudiants assistant sérieusement à leurs cours, se cachait une réalité tout autre, où la jeunesse dorée s'adonnait aux joies du plaisir charnel, sous l'influence d'alcools et de drogues en tous genres, lors de leurs soirées. Alec n'était pas préparé à cela, et avec Méliorn qui attendait patiemment son heure, caché dans l'ombre, pour mettre la main sur Simon, j'avais toutes les raisons du monde d'être inquiet. Puis des garçons jeunes et beaux, Alec allait en voir plein, et je sais que, lui, ne les laisserais pas indifférent. Même constat pour les filles, il n'y avait qu'à regarder Camille. Mais bon, au moins, c'était un bon moyen de vérifier si, loin de moi, dans l'incertitude de mon amour pour lui, et soumis à la tentation, il me resterait fidèle. Cela me stressait, mais, au moins, je serais fixé. Je préférais, cependant, ne pas penser à ce qui se passerait s'il ne résistait pas. Une main, qui s'agitait devant mes yeux, me ramena à la réalité.
- Il faut que je te parle ! M'annonça Catarina.
- Si ça concerne un néphilim, peu importe de qui il s'agit, même si c'est Alec, je ne veux rien savoir ! La prévins-je.
- Cela concerne effectivement Alec, et tu vas m'écouter, je te le garantis !
- Cat'…
- Non, tais-toi, et écoute-moi ! Hier c'était l'anniversaire de la mort de Max…
Ah… Et merde… Cela expliquait l'humeur en dents de scie d'Alec, ces derniers jours. Je m'en voulais d'avoir oublié. Il s'était passé tellement de choses… Mon oubli était peut-être la cause de sa brutalité de la veille…
- Il me reproche d'avoir oublié ? Demandais-je à mon amie.
- Aucune idée… C'est Jace qui m'en a parlé tout à l'heure lorsque je suis passé à l'Institut. Alec le lui reproche, c'est pourquoi leur relation était si conflictuelle ces derniers temps.
- Oui, tout s'explique… Moi qui pensais que c'était à cause de mon père…
- Tu psychotes sûr lui, tu le sais ça ?
Je haussais les épaules. Le temps nous le dira après tout…
- Tu avais autre chose à me dire ?
- Oui ! Alec m'a laissé un message et…
- Je t'arrête tout de suite ! La coupais-je. Je refuse de lui parler ou de le voir !
- Fais ce que tu veux, Magnus! Perds-le si ça te chante, mais sache qu'il a découvert quelque chose qui pourrait éventuellement t'intéresser!
Je vis rouge, instantanément. En ce moment, "Alec" et "découverte", n'était pas ma combinaison de mots préférés.
- Ah oui? Il enquête encore sur moi? C'est devenu son occupation favorite ou quoi?
- Il n'a pas, « enquêté », sur toi, il a juste eu une conversation tout à fait banale avec Rachmad !
- C'est censé être mieux ?
- Tu veux savoir ce qu'il a découvert, oui ou non ?
- Ça dépend… Je vais apprendre quoi cette fois ? Que j'ai un cousin caché ?
- L'ironie te va très mal, mon cher !
J'eus une exclamation de dédain.
- Bon, tu veux savoir, oui ou non ? Insista Catarina.
- Ben vas-y, dis-moi, au point où j'en suis de toute façon…
- Mira connaissait tes parents… C'était la « voyante » personnelle de ta mère !
Je soupirais. Alors c'était ça la révélation du siècle…
- Je suis censé sauter au plafond ?
- Tu le savais ? S'exclama-t-elle, surprise.
- Bien sûr que je le savais ! Elle me l'a confié il y a un moment déjà !
- Pourquoi tu ne nous en as pas parlé ?
- Parce que ça ne vous concerne pas !
Je l'avais vexé, mais ça commençait à m'énerver sérieusement de les voir se mêler de ma vie.
- Et bien sache qu'elle savait que ta mère était enceinte ! M'annonça-t-elle. Tu t'en fiche sûrement, mais je te le dis quand même ! Qui sait, peut-être qu'un jour tu voudras des réponses à tes questions…
Elle s'éloigna de moi, mais je la retins.
- Catarina, attends ! Je sais qu'Alec avait son premier jour à la fac aujourd'hui. Est-ce que tu sais comment ça s'est passé ?
- Tiens, tu veux des nouvelles de lui maintenant ?
- Oui…
- Et bien, je n'ai aucune idée de comment ça s'est passé, mais quand je suis allée à l'Institut, Jace et les autres se préparaient pour aller à une soirée organisée par une sororité. Je suppose que Simon doit s'y rendre, et que ton mari n'a eu d'autres choix que de le suivre…
Mon cœur s'était accéléré. Je sais que j'avais dit que je voulais rester loin de lui et des affaires de l'Institut pour le moment, mais savoir Alec dans une de ces soirées allait me rendre dingue, je le savais. Je m'efforçais de respirer calmement. Il ne fallait pas que je cède à la panique. Alec était un très bon chasseur d'ombres, puis Jace, Izzy, et les autres, veilleraient sur lui. Il ne fallait pas que je m'inquiète. Catarina me laissa alors seul. Une boule d'angoisse s'était formée dans ma gorge, et j'avais l'estomac noué. Et si Alec se vengeait de moi, de l'avoir laissé sans nouvelles toute une journée ? Ce soir, il aurait tellement de possibilité de le faire…
- Ne me fais pas ça, Alec… Je t'en supplie…
Appartement – Brooklyn - PDV Alec
- Hors de question que je porte ça ce soir, Izzy !
Je regardais, ou plutôt,j'examinais, mon reflet dans la glace de l'armoire de la chambre. Après s'être préparés à l'Institut, Jace et Isabelle m'avaient rejoint chez moi, pendant que Clary gardait un œil sur Simon. Isabelle m'avait laissé porter mon pantalon en cuir noir, sauf que ce n'était pas celui de ma tenue de combat, et que celui-ci était beaucoup trop collant. Elle m'avait également fait revêtir une chemise grise, qui, selon elle, faisait ressortir mes yeux.
-Arrête, tu es carrément sexy comme ça !
- Je n'ai pas l'intention d'être sexy ! Jace, aide-moi, s'il te plaît !
- Débrouille toi ! C'est toi qui vas t'amuser et passer du bon temps, pendant que moi je vais me geler les noix pour veiller sur toi et ton nouvel ami, l'ancien vampire !
- Merci, tu es un vrai frère ! Lui lançais-je, ironiquement.
- Tous les yeux vont être braqués sur toi, je ne vois pas ce qui t'inquiète !
- Ben ça, justement ! Je suis sous couverture, j'ai besoin de me la jouer discret ! Je vous signale qu'on mène une mission non autorisée par l'Enclave !
- Je dirais plutôt, une mission clandestine ! Me fit remarquer Jace.
- Appelle là comme tu veux, ça revient au même ! Puis déjà que Magnus m'en veut à mort… Franchement, là, je doute qu'il approuve !
- Ne mêle pas ton grincheux de mari à ça ! Il adorerait ! Me dit ma sœur, en me donnant la veste en cuir qu'elle voulait que je revêtisse sur ma chemise.
- Je suis pas certain, tu vois !
- De toute façon, il te faut du cuir au cas où on se fasse attaquer !
- Oh mais je vais me faire attaquer, là c'est sûr ! Et je peux te dire par qui : une blonde hystéro !
Plus tard- Campus Universitaire
Je fermais la porte de la salle de bain de la maison d'une sororité, dont je n'arrivais toujours pas à retenir le nom, et m'adossais contre elle. Je mourrais de chaud, et comme ma veste en cuir n'aidait pas, je l'enlevais et l'envoyais au sol. Je m'avançais vers le lavabo et ouvris le robinet d'eau froide, avant de passer ma tête dessous, mouillant mes cheveux. Cela me faisait du bien. Cette fête était vraiment une démonstration de débauche les plus extrêmes : filles comme garçons, buvaient à n'en plus tenir debout. Ça vomissait un peu partout, et le pire dans tout ça : ils couchaient dans tous les coins. Aucune pudeur. Et dire que la vie de Magnus ressemblait à ça il y a quelques années. Qu'avait-il trouvé de si intéressant là-dedans ? Enfin… Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis là au lieu de surveiller Simon ? Et bien parce que celui-ci est en ce moment même dans une des chambres de la maison, en train de s'envoyer en l'air avec… Camille ! Et vous vous doutez bien que je n'avais aucune envie d'assister à ça. Comment cela était-il arrivé?Et bien Simon avait tenu sa promesse et lui avait annoncé que j'étais gay, à 100 %. Croyant qu'on lui faisait une blague, elle avait encore tenté sa chance avec moi, et j'avais dû, pour la énième fois, la repousser. Par vengeance ou pour me rendre jaloux, elle avait alors jeté son dévolu sur Simon. Et je dois bien avouer que je n'avais pas essayé d'empêcher cela, trop heureux de m'en débarrasser. Cependant, je me promis de ne pas en toucher un mot à ma sœur, histoire d'éviter qu'elle m'arrache les yeux. Bon, tout bien réfléchis, je devrais peut-être intervenir… Je sortis, abandonnant là ma veste, et partis en direction de la chambre où ils s'étaient enfermés. J'entendis alors un cri de terreur. Je me figeais. Qui avait poussé ce cri ? D'où provenait-il ? Avais-je rêvé ? Un second cri me prouva le contraire. J'allais me précipiter vers la source du cri, lorsqu'un garçon me barra la route, un verre à la main. Il semblait considérablement éméché.
- Bois ça ! M'ordonna-t-il, en tendant le verre vers moi.
Je me décalais sur le côté pour pouvoir passer, mais il me barra à nouveau la route.
- Allez, bois et je te laisse partir !
Je le fixais, une lueur assassine dans le regard. Deux options s'offraient à moi : soit j'employais la violence et prenais le risque de déclencher une bagarre générale, compte tenu de l'état dans lequel ils se trouvaient tous, ou alors je buvais le verre qu'il me tendait, rentrant dans son jeu. Je choisis la deuxième option, pris le verre et le bu cul sec. Je ne sais pas ce qu'il avait mis dedans, probablement un mélange d'alcools et de diluants divers, mais c'était absolument immonde. Le gars rit et me donna une tape amicale dans le dos.
- Maintenant, tu es des nôtres, mec !
Je levais les yeux au ciel. Je n'avais pas de temps à perdre avec ses conneries. Les cris provenaient de la chambre où se trouvaient Simon et Camille. Lorsque je pénétrais à l'intérieur, la pièce était sans dessus dessous. Le matelas du lit était retourné, les meubles renversés, les tiroirs ouverts, et leurs contenus gisaient au sol. Des traces de sang étaient présentes au sol, et se dirigeaient vers la salle de bain de la chambre, d'où provenaient des gémissements. Je voulus pousser la porte, mais quelque chose la bloquait.
- Camille ? Simon ? Appelais-je.
- Alec ? Me répondit une voix féminine.
- Camille ? Ouvre-moi !
J'entendis du mouvement derrière la porte, suivi d'un raclement et d'un cliquetis. La porte s'ouvrit alors, laissant entrevoir une tête aux cheveux blonds ébouriffés. Le mascara de la jeune fille avait coulé, la faisant ressembler à un panda. Un œil au beurre noir commençait à se former. Elle recula pour me laisser entrer.
- Referme, ils sont peut-être encore là ! S'exclama-t-elle, paniquée.
- Qui ça? Camille, que s'est-il passé ?
Je m'approchais d'elle doucement, et examinais sa blessure au bras. Elle avait une entaille profonde. Je pris le foulard qu'elle portait autour du cou, et m'en servit pour lui faire un garrot. Elle sanglotait.
- Explique-moi ce qui s'est passé ! Où est Simon ?
- Ils l'ont emmené !
- Qui ?
- Je sais pas, des gens avec des oreilles pointues et des épées !
Et merde…. Méliorn et son armée avaient attaqué ! Je voulus prendre mon portable pour prévenir Jace, mais je me rendis compte que j'avais laissé dans ma veste, qui était dans la salle de bain au fond du couloir… Avec ma stèle…
- Heu.. Tu sais ce qu'on va faire ? Tu vas rester là, tu t'enfermes, tu n'ouvres à personne, sauf à moi ! Ok ?
- Tu vas où ? Ne me laisse pas seule !
- Je reviens vite, promis ! Lui assurais-je, en me levant.
Mais la tête me tourna, et je dû me rattraper au mur pour ne pas tomber. Il faisait encore plus chaud tout à coup. Je secouais la tête et sortis en direction de la seconde salle de bain. Je me maintenais au mur pour avancer. Ma vue se flouait de plus en plus, j'avais l'impression d'être dans un état second. J'entendais une voix me parler, lointaine.
- Alec ? Alec !
Je revins à la réalité. J'étais à genoux sur le sol de la salle de bain, ma veste dans les mains. Comment étais-je arrivé là ?
- Qu'est-ce qui m'arrive…
- Tu es drogué, voilà ce qui t'arrive !
- Quoi ?!
Je mis alors mes mains sur mes oreilles, gémissant. Ils avaient augmenté le son de la musique ou c'était moi ? En tout cas, ça résonnait dans ma tête.
- C'est de l'exta ! Me dit Camille.
J'éclatais de rire. Une sensation d'euphorie intense avait pris possession de moi. J'en oubliais pourquoi j'étais là, j'oubliais que Simon avait disparu, et que Méliorn était dans le coin, avec la ferme intention de nous tuer.
- Alec, il faut qu'on s'en aille ! Qu'on prévienne les gens ! Qu'on appelle la police !
Plus elle parlait, plus je riais. Je me remis debout tant bien que mal. Camille me suivait. Je descendis les escaliers menant au rez-de-chaussée, mais ratais une marche, et dévalais les dernières en roulé-boulé.
- Aie… Ça fait mal, ça ! M'exclamais-je, en mettant une tape sur la dernière marche de l'escalier. T'es pas gentille toi !
Je voulus ensuite me relevais en m'appuyant sur mon bras droit, mais je retombais aussitôt, mon bras refusant de me soutenir. Je jetais un coup d'œil vers lui : l'os de mon avant-bras formait un angle inquiétant. J'explosais de rire à nouveau, alors que j'aurais dû pousser un cri de douleur. Mais étrangement, je me sentais bien, je n'avais mal nulle part. En fait, je ne sentais plus grand-chose. J'entendis alors des gens crier, des ombres bougeaient à toute vitesse. Des yeux mordorés se posèrent alors sur moi. J'inclinais la tête sur le côté.
- Je te connais toi !
L'homme face à moi ne me répondit pas, et se tourna vers la blonde à côté de moi.
- Qu'est-ce qu'il a ?
- Il...Il a pris de l'ecstasy !
- C'est pas vrai… Soupira-t-il.
Il posa ensuite une main sur ma nuque, me maintenant la tête droite.
- Tu vas venir avec moi et laisser les autres s'occuper de Méliorn !
Il ne me laissa pas le temps de répondre, et m'aida à me mettre debout, mais je retombais dans ses bras.
- J'ai envie de toi… Lui fis-je, criant peut-être un peu trop fort, mais je m'en fichais.
- Oh, fais-moi confiance, je vais vite te faire passer cette envie !
Je ne l'écoutais pas, trop occuper à admirer la boule bleue en face de moi.
- Elle est jolie la bouboule !
- Je vais te tuer, mais alors à un point que tu n'imagines même pas !
Je pouffais encore plus de rire.
- Pathétique… Décidément, les chasseurs d'ombres, c'est de pire en pire !
Je levais les yeux vers la nouvelle voix, et tombait sur un homme, plutôt étrange…
- Hé, oreilles pointues, je te connais toi aussi !
- Étant donné que tu as voulu me tuer, je dirais que oui !
- Moi, j'ai fait ça ? Ça ne me ressemble pas !
Je tendis la main vers lui.
- Allez, viens, on oublie ça !
Mon amoureux me la fit baisser immédiatement, et la garda dans la sienne. Me tournant vers lui, je lui dis :
- Mon amour, sois pas jaloux comme ça, c'est pas poli !
Même dans ma torpeur, je perçus le regard mauvais qu'il me lança. Une seconde plus tard, j'entrais dans un tourbillon de couleurs, puis mon corps heurta un sol dur. Quelqu'un me releva, et je me sentis sombrer dans les limbes.
PDV Magnus
J'allais le tuer, c'était décidé. J'allais faire de ce chasseur d'ombre, un tas de poussières. Il m'avait tout fait, tout ! Je le pris délicatement dans mes bras, et l'allongeais sur le lit, dans notre chambre. Je l'avais endormi, sachant très bien que les effets des extas pouvaient durer plusieurs heures. Son bras était cassé, mais il était hors de question que je le soigne. Ça lui apprendrait ! Son réveil allait être difficile, et j'y veillerais personnellement, parole de Magnus Bane !
A suivre
Merci pour vos reviews :D
Bisous :)
