Chapitre final- Partie 2-
5 mois plus tard-Appartement- Brooklyn- PDV Alec
Deux ans. Deux petites années. A l'échelle de l'éternité, ce n'était rien, ça ne représentait qu'une seule seconde de la vie d'un mortel. Pourtant, il s'était passé tellement de choses. Qui aurait cru à l'époque que je me retrouverais marié à un sorcier, ennemi officiel de ma famille et qui détestait par-dessus tout mon monde, que je serais le père d'un bébé sorcier, et que je ne serais plus le directeur de l'Institut ? Oui, ma vie avait changé… Tout a basculé ce jour où j'ai refusé d'épouser Lydia Brandwell. Parfois j'y repense. Je me demande ce qui se serait passé si on s'était marié. J'aurais probablement été malheureux toute ma vie, et elle aussi. Aujourd'hui, elle est heureuse avec un autre chasseur d'ombres, et elle a enfin réalisé son rêve : diriger l'Institut de Lisbonne. Je suis content pour elle. Malgré tout, on est resté en très bons termes et Lydia restera toujours quelqu'un de particulièrement important pour moi.
Mes pensées sont coupées par mon fils debout sur son lit, accroché aux barreaux, qui essaye visiblement d'attirer mon attention. Je souris. Il a grandi tellement vite. Je n'ai pas vu le temps passer… Je me lève du fauteuil, dans lequel j'étais installé, et le prends dans mes bras. Il s'amuse avec la tétine dans sa bouche, ses grands yeux bleus me fixant.
- Et ben mon ange, qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
Il se met à rire, me faisant sourire de plus belle. Je lui dépose un baiser sur le front, le serrant un peu plus contre moi. Je me promène dans l'appartement avec lui dans mes bras. Il adore ça, regardant tout autour de lui, ses yeux brillants d'émerveillement. Je ne sais pas si c'est typique des sorciers, mais il me semble plus éveillé qu'un autre enfant de son âge. Il tourne le regard vers son doudou : une peluche habillée en pirate, cadeau d'Izzy, bien évidemment.
- Dou… dou…
- Oui, mon cœur, tiens….
J'attrape son doudou et le lui donne. Je lève les yeux vers l'horloge accrochée au mur. 18H00… Magnus va bientôt rentrer après une longue semaine d'absence. Ragnor avait eu besoin de lui pour régler un problème de sorcellerie en Égypte. Depuis que le sorcier était revenu, lui et Magnus ne se quittaient plus. Bon, j'exagère quand même un peu, je l'avais encore très souvent pour moi tout seul. Seulement, une semaine sans le voir, ni pouvoir le toucher, c'est long… Vous devez sûrement vous demander comment vont nos relations, non ? Et bien, on s'aime toujours autant, malgré son caractère de cochon et le mien. Il est rare qu'on ne se dispute pas au moins une fois par jour, mais les réconciliations n'en sont que meilleures. Honnêtement, tout va pour le mieux. Il a fini ses cours à Idris, même si je soupçonne Jia d'en avoir écourté la durée avant qu'il ne finisse par la rendre dingue. J'ai l'impression que l'Enclave, et les gens en général, se sont fait à l'idée de nous voir ensemble et parents d'un petit sorcier. Même s'il y a encore des personnes récalcitrantes, les choses se sont quand même considérablement améliorées. Je crois que même ma mère s'y est faite. Et oui, je vois déjà vos regards surpris, mais oui ma mère semble enfin avoir accepté l'idée que je sois fou amoureux de Magnus. L'arrivée de Max n'y est bien sûr pas étrangère. Comme quoi, moi qui pensais qu'elle n'arriverait jamais à surmonter sa haine envers les créatures obscures, voilà que maintenant elle en est complètement gaga d'une, âgée de presque neuf mois maintenant. En même temps, comment ne pas l'être ? Même Magnus, qui s'était montré plus que réticent à l'adopter, se comporte maintenant comme le parfait père-modèle. Cependant, je ne pense pas pouvoir pardonner à ma mère ses actions passées, ni même à mon père, mais si je fais un effort pour Max. Magnus, lui, s'entand plutôt bien avec Robert, mais ne parle pas trop à ma mère. Leurs relations à ses deux là restent encore très froides. En parlant de relation froide, il y en a une autre qui ne s'est pas améliorée le moins du monde : celle entre Magnus et son père. Moi qui croyais que les choses s'étaient plus au moins arrangé entre eux avant notre départ en voyage de noces, je me suis vite rendu compte que je m'étais réjouis trop vite. Malgré tous les efforts que faisaient Rachmad, Magnus gardait une distance avec lui, le fuyant la plupart du temps. Cela faisait souffrir son père, ce qui me faisait de la peine. Mais je ne pouvais pas forcer Magnus. Seul lui pouvait décider de le laisser entrer dans sa vie, même si je commence à avoir la désagréable impression qu'il n'en a pas l'intention. J'en avais parlé à Ragnor, qui m'avait fortement conseillé de rester en dehors de cette histoire, au risque de voir des tensions se créer entre Magnus et moi. Mais plus le temps passait, plus il était clair que mon cher mari n'avait pas l'intention d'avoir un père. Je savais qu'il avait pardonné à Rachmad, qu'il n'avait plus rien de particulier contre lui, et c'est ce qui m'inquiétait justement. Il ne semblait ressentir aucune émotion particulière envers lui, comme s'il était un parfait inconnu à ses yeux. Ce qui dans un sens était compréhensible. En même temps, je comprenais Magnus : il n'avait pas l'habitude d'avoir un père. Il avait fait sans pendant trop longtemps. Enfin, on verrait bien avec le temps. En tout cas, Max semblait aimer son grand-père, ce qui remontait le moral de ce dernier, qui souffrait chaque jour un peu plus de voir son fils le repousser. Mon portable vibra : un message d'Izzy. Je l'ouvris et souris. Elle était de retour elle aussi. Elle avait passé un mois à Idris avec Simon, qui avait commencé sa formation de chasseur d'ombres à l'Académie. Je crois qu'ils s'étaient remis ensemble, mais je n'en étais pas certain, ma sœur étant étonnamment secrète sur le sujet. Elle aussi avait changé. J'étais fier d'elle, fier de ma petite sœur chérie. Elle se montrait être une marraine en or pour Max, le gâtant peut-être un peu trop, mais bon, il s'agissait d'Izzy, hein, on ne pouvait pas s'attendre à autres choses. Par contre, s'il y avait bien quelque chose qui ne changeait pas, c'était ses « talents » de cuisinière. Oui, vous l'aurez compris, c'était tout bonnement un désastre. Même un simple biberon virait à la catastrophe entre ses mains. Catarina m'avait promis qu'elle lui donnerait des cours. Elle, c'était une vraie cuisinière. Magnus aussi était doué, sauf que lui ne voulait pas perdre son temps à cuisiner, et préférait claquer des doigts et faire apparaître ce qu'il souhaitait. Je devais le harceler à chaque fois pour qu'il paye tout de même, mais je le soupçonnais fortement de ne pas le faire systématiquement. Jace lui donnant raison, ça n'aidait pas. En parlant de Jace, tout allait bien pour lui aussi. Lui et Clary étaient toujours fous amoureux l'un de l'autre. Le poste de directeur de l'Institut semblait lui convenir, et il avait fait changer beaucoup de choses, notamment en permettant à Lily et Raphaël, les deux chefs du clan des vampires de Manhattan, de pouvoir entrer et sortir de l'Institut comme elle le souhaitait. L'Enclave ne l'avait pas vu de très bon œil, bien évidemment, mais Jace étant Jace, il ne leur avait pas franchement laissé le choix. Et comme il a sauvé le monde à nous débarrassant de Jonathan, l'Enclave se montrait plus souple. De toute façon, je pense qu'ils ont compris qu'ils n'ont plus aucune emprise sur nous, et qu'on en fera toujours à notre tête, et que surtout, pour nous, les créatures obscures, notamment celles de New York, sont nos égaux à nos yeux. Bien qu'en réalité, ils soient un peu plus que ça : c'était de vrais amis, ils faisaient partie de la famille.
Lily passe souvent à l'appartement pour voir Max, lui emmenant chaque jour une nouvelle peluche, dont le stock s'accumuler dangereusement. Maïa en faisait de même, tout en se montrant, toutefois, beaucoup plus raisonnable. Raphaël passait aussi beaucoup plus souvent. Lui et Lily semblait aussi très heureux. Le retour de Ragnor l'avait changé, il se montrait plus enjoué, à l'image de Catarina et Magnus, et même de Tessa. Cette dernière semblait allait bien elle aussi. Elle voyait de plus en plus Frère Zachariah, et j'avais de plus en plus l'impression qu'il se passait quelque chose entre eux. J'avais posé la question à Magnus, mais il s'était contenté de me sourire. Mais je finirais bien par savoir un jour. Catarina aussi semblait fréquenter quelqu'un en ce moment, mais je n'arrivais pas à savoir qui. Elle travaillait toujours à l'hôpital en tant qu'infirmière, et avait reçu les honneurs pour le nombre de gens qu'elle avait sauvés. Il y avait eu une cérémonie, et je crois bien l'avoir vu essuyer discrètement une larme d'émotion sur ses joues. J'étais très heureux pour elle. C'est une femme d'exception, d'ôtée d'une grande sagesse. Magnus et moi lui devons beaucoup, on lui doit tous beaucoup. C'est pourquoi elle est aussi la marraine de Max, avec Izzy. Je suppose que vous vous doutez de l'identité des deux parrains ? Non ? Qui d'autre que Jace et Ragnor auraient pu remplir ce rôle ? Même si je ne souhaite pas que ça arrive, je sais que si jamais il nous arrivait quelque chose, Max serait entre de bonnes mains avec eux. Il était de toute façon bien entouré. Je laissais Robert et Maryse le voir. Cette dernière avait obtenu de l'Enclave une autorisation de sorti d'Idris, une fois par mois. Quant à mon père, il lui avait redonné son poste d'Inquisiteur, allait comprendre pourquoi. Enfin, l'essentiel c'est que tout semblait calme. Aucune attaque de démon n'avait été enregistrée depuis presque un an maintenant. Le seul souci restait le peuple féerique, qui, après le démantèlement de leur armée, et leur exclusion du Conseil, nourrissait envers nous une haine de plus en plus forte chaque jour. Jocelyne et Luke avaient choisi de les surveiller de près, craignant que l'Enclave ne prenne pas la menace très au sérieux.
Je relevais les yeux vers l'horloge. Magnus ne devrait plus tarder maintenant. Comme s'il l'avait compris, Max leva ses yeux vers moi :
- Pa...pa…
- Oui, il sera bientôt là…
Et effectivement, quelques minutes plus tard, j'entendis la porte claquer, et des pas se rapprocher. Je souris en le voyant. Mon cœur s'emballait. Qui aurait cru qu'après tout ce temps, tout mon être réagit encore autant à sa présence.
- Coucou mes amours ! Nous fit-il, en tendant les bras pour prendre Max, qui lui souriait.
Il le prit dans ses bras et l'embrassa sur le front.
- Pa...pa…
- Oui mon ange, je suis là… Tu m'as manqué tu sais…
Il leva ensuite ses yeux vers moi. Les miens n'arrivaient pas à se détacher de lui. Posant une main sur ma hanche, il approcha ses lèvres des miennes, et y déposa un doux baiser.
- Toi aussi tu m'as manqué, mon amour… Me chuchota-t-il.
Je souris, et passais mes bras autour de son corps, enfouissant ma tête dans son cou.
- C'était long sans toi… Lui fis-je.
- Hum, je sais…
Il s'écarta et mit Max dans son parc. A peine assit dedans, qu'il avait déjà dans sa main un hoquet violet, qu'il agitait, le faisant rire. Magnus sourit d'un air attendri, et vint s'asseoir dans le canapé, avant de m'attirer dans ses bras.
- Tout va bien mon ange ? Ça a été ?
- Oui, ça va, à part que tu m'as énormément manqué…
Il scruta mon visage et caressa ma joue.
- Tu as l'air fatigué… Tu as encore fait des cauchemars ?
- Non, c'est juste que je n'arrive pas à trouver le sommeil quand tu es loin de moi…
- Oui, ça, ou tu as trop fait la fête !
- Tu sais bien que je ne sors pas !
Il haussa les sourcils, un sourire en coin sur les lèvres.
- Bon, d'accord, je suis peut-être sorti une fois, avec Jace et Raphaël, au Pandémonium ! Mais c'était pour oublier que tu m'avais abandonné ici ! Avouais-je finalement.
- Abandonné ! De suite les grands mots !
- Ben oui ! Tu m'as laissé tout seul…
- Oui, mais visiblement tu as trouvé de quoi t'occuper !
Je tournais son visage vers moi, plongeant mes yeux dans les siens.
- Tu m'as manqué Magnus… A un point que tu n'imagines même pas…
- Toi aussi, Alexander… Chacune de mes pensées étaient tournées vers toi…
- Et tu n'es parti qu'une semaine ! Fis-je en riant.
- Oui, je pense qu'on peut oublier l'idée que je parte plus longtemps… Ou toi d'ailleurs…. Je crois que je deviendrais dingue si tu t'éloignais de moi autant de temps !
- Tu comprends ce que j'ai ressenti alors !
- Ouais, enfin toi tu t'attires toujours beaucoup plus d'ennuis que moi ! Donc moi, je devrais en plus rajouter l'inquiétude au manque !
- Ça se discute ! Puis tu n'as pas manqué qu'à moi !
- Je sais, il m'a manqué aussi…. Il me tardait de vous retrouver… Je ne pensais pas qu'un jour je serais ravi d'avoir un « chez moi » officiel !
- Et maintenant, tu l'es ?
- D'après toi ? Bon j'avoue que j'ai hésité à revenir, parce qu'avec ton mauvais caractère… aiee !
Je venais de lui donner un coup sur le bras. Il me lança un regard faussement indigné.
- C'est comme ça que tu m'accueilles ?
- T'as qu'à arrêter de dire des conneries !
Il sourit.
- Je n'aime pas quand tu sors sans moi… Je ne peux pas te surveiller…
- Me surveiller ? Tu n'as pas confiance en moi ?
- Si, mais je déteste quand le regard d'autres hommes que moi se posent sur ton corps !
- Jaloux ?
- Oui !
Je ris.
- Ne t'inquiète pas, ils savent tous que je t'appartiens ! Puis Jace et Raphaël veillent à ce qu'aucun ne m'approche ! Ils ont suivi tes ordres à la lettre !
- Je ne vois pas de quoi tu parles !
Je secouais la tête en souriant.
- Et si tu me parlais de l'Égypte plutôt ? Vous avez fait quoi?
- Des trucs de sorcier !
- Mais encore ?
- Alec, je croyais qu'on était d'accord ? Ce que je fais n'est pas toujours légal aux yeux de l'Enclave… Je préfère que tu ne saches pas…
- Ok… Soupirais-je. Mais si un sale truc doit nous tomber dessus, je préfère le savoir !
- Ce que je fais ne trahit pas les Accords, seulement je ne pense pas que l'Enclave approuverait à 100 %! Mais tu n'as pas à t'inquiéter, je t'assure !
- Hum… Je te fais confiance… Fais attention à toi quand même…
- Promis ! Et toi, ça s'est bien passé à l'Institut ?
- Ouais, ça va… Il se passe pas grand-chose… En fait, on s'ennuie à mourir !
- Un peu de calme, ça ne fait pas de mal…
- Non, c'est vrai, mais là…. Ça commence à être long quand même…
- C'est sûr…. Mais du coup, puis-je espérer t'avoir toute la journée de demain pour moi ?
- Je pense que ça peut se faire, oui !
- Excellent !
- Heu… Comme j'ai pas trop eu de choses à faire, j'ai…. j'ai passé du temps avec ton père… Il est souvent venu à la maison, pour voir Max…
- Ah…
Je scrutais son visage, à la recherche d'une quelconque émotion. Rien… L'indifférence totale.
- Il… Il veut partir…
- Comment ça ?
- Ben, vu que tu ne sembles pas vouloir créer quelque chose avec lui, il ne voit pas l'intérêt de rester ici… Il dit vouloir retourner en Indonésie, pour être aux côtés de ta mère….
- Oh… C'est peut-être mieux comme ça, effectivement…
- On dirait que tu t'en fiche !
Il soupira et se leva. Il s'avança vers le bar, où il se servit un verre de whisky.
- Je ne ressens rien, Alec… J'ai essayé, je t'assure… J'ai conscience que je lui fais du mal, mais… C'est un inconnu pour moi ! Je ne l'aimerai jamais comme un père ! Je pense même que je ne l'aimerais jamais ! Je vois bien que lui veut que les choses soient comme avant ! Cette façon qu'il a de me regarder… Ça me gêne plus qu'autre chose !
- Alors tu vas le laisser partir ?
- Oui… C'est mieux comme ça…
- Max l'aime bien…
- Je sais… Il pourra venir le voir, ça ne me pose aucun problème !
- Mais toi, tu ne veux pas le voir…
- Non… Tu m'en veux ?
- Magnus, oui ça me fait de la peine pour lui que tu réagisses comme ça, mais ma priorité ça a toujours été ton bonheur à toi, et tu le sais très bien ! Alors, non, je ne t'en veux pas ! Et je comprends parfaitement ta réaction, bien qu'elle me peine…
Il baissa les yeux.
- Tu crois que je n'aie aucun cœur ? Je ne veux pas le voir, je ne vais jamais sur la tombe de ma mère…
Je l'attirais vers moi, lui pris son verre des mains, que je posais sur la table basse.
- Si tu n'avais pas de cœur, tu crois vraiment que tu serais là, à mes côtés, et aux côtés de Max, aujourd'hui ? Ta mère… Ta mère t'a dit des horreurs avant de mourir, et tu as vécu trop de siècle avec l'idée qu'elle te détestait. Pareil pour ton père… Tu ne peux pas effacer tout ça en quelques mois seulement, ce n'est pas possible ! Surtout que tu as fait le deuil du petit garçon que tu étais à l'époque ! Tu sais, je pense qu'avant de vouloir leur pardonner, il faut que tu te pardonnes à toi-même…
- Je leur ai pardonné !
- Non, je ne crois pas… Quand il s'approche un peu trop de toi, tu t'écartes et te colles à moi !
- N'importe quoi !
- Pourquoi tu refuses de le voir seul alors ?
- Je l'ai déjà vu seul !
- Oui, mais visiblement tu ne souhaites pas retenter l'expérience !
Il leva les yeux au ciel.
- On change de sujet ? Lui demandais-je.
- Hum… Tu sais, moi aussi j'aurais aimé que ça se passe autrement, mais je ne ressens rien, Alec ! Rien !
- Hey, calme-toi, je comprends, je t'assure! Viens là…
Je le fis basculer sur moi, et passant ma main dans ses cheveux, je l'embrassais tendrement.
- Mon amour, je soutiendrais toujours tes choix, quel qui soient !
- Merci… Alexander ?
- Hum ?
- Et si on couchait notre fils ?
- Déjà ?
- Oui…. J'ai très, très, envie de te faire l'amour….
Je me mordis la lèvre. Il m'embrassa dans le cou et ses mains glissèrent sous mon tee-shirt. J'attrapais ses poignets pour le stopper.
- Moi aussi j'en ai très envie, mais…
- Hum, oui je sais, je le sens ! Me fit-il avec un clin d'œil.
- Oui, mais comme on est des parents responsables, on va lui donner à manger, lui faire prendre son bain, et rester avec lui jusqu'à qu'il s'endorme ! Et après, on fera l'amour !
Il se tourna vers notre fils qui s'amusait toujours dans son parc, sans faire attention à nous.
- Tu sais pourquoi j'ai accepté de l'adopter ? Me demanda-t-il.
- Non, pas vraiment… Mais je présume que j'y suis pour quelque chose ?
Il sourit.
- Il a tes yeux…
- Et ben… Si pour lui aussi il lui suffira d'un seul regard pour obtenir ce qu'il veut de toi… On va avoir des problèmes d'autorité ! Riais-je.
- Ah, qu'est-ce que tu veux ! J'ai toujours eu un faible pour les yeux bleus !
- Ah oui ? C'est donc grâce à mes yeux bleus que j'ai réussi à te mettre dans mon lit ?
- Ce n'est pas tout à fait ça, mon ange ! J'AI réussi, à te mettre dans MON lit ! C'était même presque trop facile !
- Tu rigoles là, j'espère ? Je t'ai fait ramer pendant des jours !
- Parce que tu faisais le fier ! Mais en vérité, le jour où ton regard a croisé le mien, ici, dans ce salon, tu étais déjà à moi !
- Comment tu fais pour être aussi sûr de toi ?
Il haussa les sourcils, et se leva, avant de tourner sur lui-même.
- Tu m'as bien regardé ? Je suis parfait !
Derrière lui, le rire de Max se fit entendre. Magnus se tourna vers lui, surprit, et j'éclatais de rire.
- Je crois qu'il n'est pas tout à fait d'accord avec ça !
- Qu'est-ce que t'y connais toi, crevette ? Lui fit-il, en transformant ses yeux en ceux d'un chat, ce qui fit rire de plus belle notre fils, et moi, par la même occasion.
Magnus se tourna vers moi, et me foudroya du regard.
- Arrête de rire !
- Désolé mon amour, mais je crois que tu ne l'effraie pas plus que ce que tu m'effraies moi ! Tu vois, ton fils et moi savons très bien qu'au fond tu es un gros nounours !
En l'entente de ce terme, il ouvrit de grands yeux choqués. Le pauvre, il n'avait pas l'habitude. En règle générale, les gens le craignaient et il leur intimait le respect facilement. Avec moi, en revanche… Connaissant son amour inconditionnel pour moi, je savais que je n'avais rien à craindre de sa colère. Par contre, le regard qui me lançait en ce moment même, menaçait de faire vaciller mes résolutions de parent responsable. Je le suivis des yeux alors qu'il se dirigeait vers la chambre.
- Tu fais quoi ?
- Je vais au Pandémonium ! Il y a une soirée ce soir que je ne peux pas rater !
- Mais bien sûr, oui !
- Si, je t'assure ! De nombreux sorciers du monde entier seront présents ! Je me dois d'être là ! Me fit-il de la chambre.
Je me levais et le rejoignais, m'appuyant contre le chambranle de la porte.
- Écoute-moi bien, monsieur le grand sorcier de Brooklyn : il pourrait y avoir le pape, tu n'irais pas quand même !
Il enleva sa chemise pour en revêtir une autre. De couleur rouge, elle ne couvrait pratiquement aucun millimètre de la peau de son torse, ne se fermant que légèrement au-dessus de la ceinture, laissant donc voir aux yeux de tous ses abdos bien dessinés sur sa peau hâlée. Il enfila ensuite un pantalon de cuir noir, qui le moulait beaucoup trop (bon, d'accord, il était carrément sexy, mais hors de question qu'il sorte comme ça), et des bottes. Il passa ensuite autour de son cou ses éternels colliers, et partit dans la salle de bain refaire son maquillage. Je le suivis.
- Hors de question que tu sortes comme ça !
- Désolé mon ange, mais je dois vraiment y aller ! Je te promets de me rattraper dès que je rentre !
- Tu te fous de moi ou quoi ? Commençais-je à m'énerver. Tu la sors d'où ta soirée ? Tu ne m'en as pas parlé en arrivant !
- J'avais oublié !
- C'est ça, ouais ! Ben vas-y, après tout, ce n'est pas comme si je ne t'avais pas vu d'une semaine, c'est vrai ! Mais ne crois pas que tu vas sortir comme ça !
- Quoi comme ça ? Je ne te plais pas ? Me fit-il avec un sourire moqueur, que je lui aurais volontiers fait ravaler.
- Tu es sérieux, là ?! Tu sais quoi ? Le mieux c'est que tu ne t'habilles pas du tout !
- Arrête, je suis toujours habillé comme ça !
- Non, c'est faux ! Tu cherches quoi en y allant comme ça ? A attirer les regards de tous ces gens qui te veulent dans leur lit ? Autant que tu écrives en gros sur ton front : « Allez-y, prenez-moi !
Il éclata de rire et m'attira dans ses bras.
- Non, mais tu arrêtes oui ? Tu crois vraiment que je vais sortir ce soir, sans toi, alors que je ne t'ai pas vu de la semaine ? Tu ne vois pas que je te fais marcher ?
- C'était pas drôle !
- Gros nounours non plus !
- Ok… On est quitte alors…
- Oui… Tu sais que tu es jaloux comme garçon quand même ?
- Parce que tu ne réagirais pas comme moi, peut-être, si je sortais comme ça, à moitié nu ?
- T'exagère là ! Et fais ça, et je te t'enferme à vie dans cet appartement!
- Ben voilà…
- Alexander… Tu sais qu'il n'y a que toi que je veux…
- Oui, mais les voir te regarder et transpirer d'envie pour toi… Ça me rend fou !
Il caressa mes hanches.
- Laisse-les regarder, ils ne peuvent faire que ça… Mon corps est à toi, et mon cœur t'appartient… Puis….
Il me montra l'anneau d'adamas à son annulaire.
- Cet anneau montre clairement que je suis pris !
- Oui…. Tu es à moi…
- Oui…
Je l'embrassais.
- Excuse-moi… Tu es très sexy comme ça…
- C'est vrai ? Ça te plaît ? Parce que c'est pour toi tout ça…
- J'adore ! Mais je crains de devoir très vite te les enlever…
- Dépêchons-nous de nous occuper de notre fils alors !
Fin PDV Alec- Plus tard- Appartement Brooklyn
Alors qu'un petit garçon dormait paisiblement dans sa chambre, serrant son doudou contre lui, des gémissements se faisaient entendre dans la chambre de ses parents. Alec, ses hanches se mouvant contre le corps nu de son amant, avait rejeté la tête en arrière. Passant une main dans le dos en sueur du jeune homme, Magnus se redressa un peu pour pouvoir embrasser son cou.
- Hum… Magnus….
- Hum… Tu sais que j'aime quand tu gémis mon prénom ?
Alec sourit et captura les lèvres de son amant, passant ses bras autour de son cou. Magnus ralentit ses coups de reins.
- Tu me rends dingue… Lui murmura Alec.
- Ah oui ?
Le sorcier fit délicatement glisser un doigt le long du torse de son amant, répandant une légère traînée de flammes bleues. Il prit ensuite le visage du néphilim entre ses mains.
- Tu es magnifique…
Alec rougit et baissa les yeux.
- Non, mon ange, ne fuis pas mon regard ! Regarde-moi, s'il te plaît…
Le chasseur d'ombres lui céda. Magnus lui mordit la lèvre inférieure.
- Si beau… Si parfait….
- Je ne le serais jamais autant que toi…
- Tu as quelque chose que moi je n'ai pas, mon ange… L'innocence…
- Pas temps que ça maintenant !
- Oh si, crois-moi… Et je te souhaite vraiment de la garder… Lui fit le sorcier avec un sourire triste qu'Alec ne perçut pas, car Magnus venait de lui donner un coup de rein plus fort qui l'avait fait crier de plaisir.
Il le serra contre lui et lui murmura un je t'aime à l'oreille, et ferma les yeux, cachant ainsi aux yeux de son néphilim, les larmes qui brillaient dans les siens. Mais c'était sans compter le fait qu'Alec savait toujours quand quelque chose n'allait pas. Il tourna la tête vers lui et posa une main sur sa joue.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda-t-il.
- Rien…
- Magnus… Pourquoi tu pleures ?
- Je ne pleure pas !
- Arrête… Dis-moi…
- Alec, je… Je t'aime, tu es vraiment toute ma vie !
- Je sais mon amour, toi aussi…
- Justement… Je n'ai pas toujours été quelqu'un de bien, j'ai fait beaucoup d'erreurs, j'ai fait souffrir beaucoup de gens, et… Ton âme à toi est pure, et je ne veux pas qu'à cause de moi, tu… tu perdes cette innocence qu'il y a en toi…
- Magnus, ce que je vais te dire ne va pas te remonter le moral, mais je me dois de te le dire… Mon innocence je l'ai perdu le jour où Jonathan a posé ses mains sur moi… Tu ne me feras jamais rien de pire, rassure-toi !
- Jamais je ne te ferais de mal !
- C'est toi qu'il faut convaincre de ça, pas moi ! Moi je le sais déjà depuis bien longtemps!
Alec essuya les larmes sur les joues du sorcier.
- Dire que tu penses ne pas avoir de cœur… Lui fit-il avec un petit sourire.
- C'est toi qui m'as changé, Alexander… Qui m'a rendu meilleur…
- Je t'ai donné autant que tu m'as donné, mon amour… Je serais toujours à tes côtés…
Il lia sa main gauche à celle de son amant.
- Pour toujours…
Une semaine plus tard- PDV Magnus- Institut
Jace me fit entrer dans son bureau.
- Assieds-toi ! Tu veux un truc à boire ? Me proposa-t-il.
- T'as toujours de l'alcool elfique dans ta réserve ?
Il me sourit et me tendit un verre. Je pris place dans le fauteuil de cuir, avant de porter le liquide jaunâtre à mes lèvres.
- Tout va bien avec Alec ? Me demanda Jace.
- Oui, le parfait amour ! Pourquoi ?
- Non, comme ça…
Il se gratta nerveusement la nuque. Je posais mon verre sur le bureau.
- Jace, est-ce… est-ce qu'Alec s'est plein de quelque chose ? Le questionnais-je, soudain inquiet, bien que je n'aie aucune raison de l'être.
- Non, mais… Ben en fait c'est que j'ai quelque chose à te demander, et… Et j'ai peur qu'il le prenne mal et que ça fasse des tensions entre vous…
Je le regardais, étonné.
- Heu… Je ne vois pas pourquoi ! Dis-moi !
Il sortit une petite boîte de la poche de sa veste et vint se placer devant moi. Il l'ouvrit, révélant une magnifique bague en diamant. Je haussais les sourcils.
- Si ta fameuse demande, c'est me demander en mariage, j'ai le regret de te dire que oui, Alec risque de mal le prendre ! Et cette bague, bien que magnifique, n'est pas du tout mon genre ! Lui fis-je, en me retenant difficilement de rire en voyant ses joues rosir légèrement. Lui qui d'habitude était si sûr de lui…
- C'est pas pour toi ! C'est pour Clary !
- Oh… Tu viens de me briser le cœur !
- Magnus, tu pourrais être sérieux deux minutes ?! Par l'Ange, comment Alec fait-il pour te supporter ?!
- Il sait me prendre !
Jace haussa les sourcils, un sourire sur les lèvres.
- Je m'en serais douté, oui !
- Jace Lightwood, vous n'êtes vraiment qu'un pervers !
- Pour ma défense, tu m'as tendu une perche !
- Hum, hum…
- Bon, revenons en à mon problème !
- En quoi est-ce un problème ? Tu vas demander Clary en mariage, et elle va dire oui, il n'y a aucun doute là-dessus !
- Oui, mais… Je voudrais lui organiser quelque chose de bien, tu sais, pour ma demande… Et comme toi, c'est ton truc les fêtes, tout ça…
- Oh, heu… Oui, pas de souci ! Dis-moi ce que tu voudrais et je m'en occupe ! Mais… Quel rapport avec Alec ?
- Ben… J'ai peur qu'il prenne mal le fait que je t'en ai parlé avant lui… Mais comme il ne sait pas mentir et que j'ai besoin de quelqu'un pour retenir Clary le temps de tout préparer… J'aurais bien demandé à Izzy, mais elle est occupée avec Simon, alors…
- T'en fais pas pour Alec, il s'en remettra !
- De toute façon, je compte lui demander d'être mon témoin, donc ça devrait passer !
- Beau rattrapage, effectivement !
- Ouais ! Tu vas m'aider alors ?
- Je vais voir ce que je peux faire !
- Je prends ça pour un oui ! Merci…
- De rien… Bon je te laisse, Alec m'attend!
- Hum… Heu Magnus ?
- Oui ?
- Tu savais que Mira était là ?
- Mira ? Fis-je, étonné. Non… Qu'est-ce qu'elle fait là ?
- Aucune idée ! Quand je l'ai croisé, elle était avec ton père, et comme à son habitude, elle m'a parfaitement ignoré !
- Comment ça avec mon père ?
Je fronçais les sourcils et pris la direction de l'ancienne chambre d'Alec, Jace sur mes talons. J'ouvris la porte sans frapper et la refermais aussi sec. Jace haussa les sourcils.
- Pourquoi tu fais cette tête ? Qu'est-ce que…
- Je vais vomir…
- Hein ? Pour… Attends, ne me dis pas que…
Il ne put terminer sa phrase. La porte s'ouvrit sur mon père. Gêné, je reculais. Derrière lui, Mira, essayait d'arranger ses cheveux en bataille. Elle semblait éviter mon regard, ce que je comprenais parfaitement, essayant moi-même d'éviter celui de mon père.
- Magnus… heu… je…
- Désolé ! Je ne… Je n'aurais pas dû entrer, je… Désolé…
- Écoute, ce n'est pas ce que tu crois !
- Je… Je ne crois rien ! C'est ta vie, tu… Tu fais ce que tu veux…
- Je sais, mais…
- Non, stop ! Je… Je préfère oublier… Ça…
Mira s'avança vers moi.
- Selamat siang, Magnus ! (Bonjour, Magnus), Me fit-elle en me faisant un bref signe de tête.
Du coin de l'œil, je pouvais voir Jace me faire de grands gestes, un sourire moqueur sur le visage.
- Bonjour, Mira… Ravi de te revoir…
- Je ne suis que de passage….
- Très chargé visiblement ! Lui fit Jace.
- Nefilim semakin tolol! (Ce néphilim est de plus en plus idiot!) Lui rétorqua-t-elle, en lui lançant un regard dédaigneux.
- Voyons ma chère, ne soyez pas si dure avec lui, il fait partie de ceux qui m'ont sauvés la vie ! Lui fit mon père.
Je lui lançais un regard dégoûté. La surprise et le dégoût passés, je sentais la colère pointer le bout de son nez, sans que je ne sache qu'elle en était vraiment la raison. Je devrais m'en ficher, non ?
- Et sinon, simple curiosité, depuis combien de temps… ça dure ? Votre relation, je précise !
- Oh, très… très peu de temps…
- Ini rumit dan itu bukan tentang Anda ... (C'est compliqué et ça ne te concerne pas)
- Je te demande pardon ? C'est mon père, alors si, ça me concerne !
- Ayahmu saat itu sesuai!(C'est ton père quand ça t'arrange!)
- Non, mais je rêve là ! C'est un cauchemar… Cette ville est maudite ou quoi ? Chaque fois que je reviens ici, il a un problème ! Parce que oui, vous deux ensemble, c'est un problème !
- Magnus, laisse-moi t'expliquer !
- Alors toi, ça va ! Je comprends maintenant pourquoi tu veux retourner en Indonésie ! Être près de maman, tu disais ? Pour info, ce n'est pas elle ma mère ! M'exclamais-je en pointant Mira du doigt.
- Aku akan memberitahu Anda...(Je vais vous laisser)
-Non, c'est moi qui m'en vais ! J'en ai assez entendu ! Et vu !
Je tournais les talons. Arrivé devant l'ascenseur, j'appuyais violemment sur le bouton, m'acharnant dessus en espérant vainement que ça le ferait arriver plus vite. Lorsque les portes s'ouvrirent, je m'engouffrais dans l'habitacle, Jace à ma suite.
- Pas de portail ? Me demanda-t-il, avec un sourire en coin.
- Non ! Fis-je sèchement.
- Je peux savoir ce qui te met autant en rogne ? Ton père a le droit de prendre du bon temps lui aussi !
Je ne répondis rien et gardais le silence jusqu'à Brooklyn. Jace me lançait des piques de temps en temps. Visiblement, la situation l'amusait beaucoup. Cependant, plongé dans mes pensées, je ne l'écoutais que d'une oreille….
Appartement-Brooklyn- PDV Alec
- Il est juste trop mignon ! Il a tellement grandi ! Je voudrais trop qu'il reste un bébé pour toujours !
- Tu es folle, Izzy !
Je secouais la tête en souriant, face à ma sœur qui s'amusait à faire des grimaces à mon fils pour le faire rire.
- Tu n'y connais rien ! On communique figure toi !
- Oh, alors si c'est un moyen de communication… Ça résout tout !
- Je suis parti à peine un mois, et j'ai l'impression qu'il a pris au moins 15 cm !
- Olà, non, pas autant quand même !
- Ouais, mais je suis sûre que ce petit coquin à profiter de l'absence de sa tata adorée pour mettre sa première dent !
- Tu ne crois pas si bien dire !
Elle le prit dans ses bras.
- Tu montres à tata tes petites dents petit cœur ?
- Ouais, c'est officiel, t'es complètement folle !
Elle haussa les épaules.
- Bon, à part les dents de ton fils, il s'est passé quoi d'intéressant pendant mon absence ?
- Rien de spécial… C'est le calme plat…
- Même constat à Idris…. C'est presque déprimant….
- Ouais… Heureusement que Max est là, parce que je ne sais pas ce que je ferais de mes journées quand Magnus est absent…
- Et quand il est là, vous faites quoi ? Me fit-elle en me faisant un clin d'œil appuyé.
- Izzyyy !
- Quoi ? Non, c'est vrai on ne peut pas parler du, S.E.X.E, en présence du petit !
Je levais les yeux au ciel.
- Sinon, et toi, avec Simon, tout va bien ?
- Oui, ça va… J'ai l'impression qu'il y a des bribes de souvenirs qui lui reviennent, c'est encourageant ! Puis sa formation se passe à merveille, alors….
- T'es inquiète, je me trompe ?
- Ben… Il y a toujours un risque… Boire à la coupe, ce n'est pas quelque chose d'anodin ! Nous on est né chasseur d'ombres, alors que Simon… Il pourrait ne pas y survivre…
- Il a survécu au processus pour devenir vampire ! Il réussira à celui-là aussi ! Tu verras !
- J'espère….
On entendit alors la porte s'ouvrir et Magnus débarqua dans le salon à toute vitesse, suivit de Jace, avant de partir s'enfermer dans notre chambre, sans un mot.
- Il me fait la gueule ou quoi ? Me demanda Isabelle.
- Heu…. Je sais pas… Jace, qu'est-ce qu'il a ?
- Son père se tape Mira !
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
- Il les a surpris en train de se livrer à une danse un peu particulière, si tu vois ce que je veux dire ! Ricana Jace.
- Mira et Rachmad ? Ensemble ?
- Oui, Izzy !
- Et ben, il s'en est passé des choses durant mon absence, finalement !
- Bon, vous savez quoi ? Retournez à l'Institut tous les deux ! Izzy, tu peux prendre Max avec toi ?
- Oh oui ! Je le garde même pour toujours !
Je souris et l'embrassais sur le front.
- Merci petite sœur !
Je déposais ensuite un bisou sur la joue de mon fils.
- A toute à l'heure petit ange…
- Et moi ? Je n'ai pas droit à un bisou ? Me fit Jace.
- Non ! Tu profites de la situation pour énerver Magnus !
- Ouais, j'avoue !
- Je te jure ! Deux vrais gamins !
Je les mis gentiment à la porte, et allez retrouver Magnus. Je fis coulisser doucement la porte de la chambre. Assit en tailleur sur le lit, il leva les yeux vers moi.
- Jace t'a dit ?
- Oui…
- Il se fout vraiment de moi…
- Qui ça ? Jace ?
- Non ! Mon père…
Je pris place derrière lui, et posais ma tête sur son épaule.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Il ne retourne pas en Indonésie parce que ça le fait souffrir de voir que je ne l'aime pas, mais pour être avec Mira !
- Tu devrais t'en ficher, non ?
- Je m'en fiche ! Mais c'est une question de principe !
- Hum… Il a le droit de refaire sa vie, tu sais ! Puis je croyais que Mira était ton amie ?
- Oui, mais… les voir ensemble, là, comme ça, c'est…
Je souris.
- Oui, j'imagine !
- Puis si ça se trouve, il a trompé ma mère avec elle !
- Commence pas à te mettre des idées pareilles en tête ! Vu comment il me parle d'elle, ça m'étonnerait beaucoup !
- Alors tu m'expliques comment ils ont fait pour se rapprocher ? Autant ?! Aussi vite ?!
- Je sais pas moi, pose leur la question à eux !
- Ils ne veulent pas répondre !
- Parce que te connaissant tu n'as pas dû demander gentiment !
- Pff… Tu es de leur côté…
- Non, je suis du tien ! Mais ton père a le droit de continuer à vivre ! Ce n'est pas pour autant qu'il te sortira de sa vie…
- Je m'en fiche de ça !
- Arrête… Ta réaction démontre le contraire… Tu sais, je crois que tu devrais le laisser partir en Indonésie, pour te laisser le temps de vraiment accepter que tu aies envie qu'il fasse partie de ta vie ! Je crois que c'est ça qui te bloque ! Ce n'est pas que tu ne ressens rien, c'est que tu te forces à ne rien ressentir, parce que tu as peur !
- Laisse tomber la psychologie, Alec ! Ça ne te va pas !
Je levais les yeux au ciel, et le serrais contre moi.
- Tu veux continuer à en parler ou pas ?
- Non !
- Ok… Tu veux manger quelque chose?
Il secoua négativement la tête.
- Tu veux que je reste là et que je te serre très fort dans mes bras, et que je te fasse plein de bisous ? Lui demandais-je en riant.
- Oui, je veux bien…
5 ans plus tard- PDV Alec- Appartement Brooklyn
J'entrais dans la cuisine, lançant un regard anxieux derrière moi. Pas d'Isabelle, c'est bon, la voie était libre. Je rejoignis Clary au comptoir.
- C'est bon, tu as échangé les gâteaux ? Lui demandais-je.
- Oui, elle n'y verra que du feu!
- J'espère, parce qu'avec ses hormones qui la travaillent, si elle s'aperçoit qu'on a échangé son gâteau par quelque chose de plus comestible, on est foutue !
- Détends-toi, c'est exactement le même, sauf que celui-ci est mangeable !
Je jetais un œil, par-dessus son épaule, au gâteau. De couleur bleue, on pouvait y lire, marqué au sucre glace multicolore : « Joyeu zaniversere, Maxouu » !
- Rassure-moi, ce n'est pas toi qui as écrit ?
Elle leva les yeux au ciel.
- C'est ton fils qui a écrit !
- Il a 8 ans ! Rafael sait écrire !
- Qui a dit que s'était Rafael ?
- Oh je sais pas, peut-être parce que Max n'était pas censé voir son gâteau d'anniversaire !
- Hey, ne m'accuse pas ! Je peux pas à la fois surveiller Izzy, Max, et échanger les gâteaux sans que personne ne s'en aperçoive !
- Ouais, bon, laisse tomber ! Ah si, juste une chose, pitié ne laisse aucun sorcier, adultes comme enfants, s'approcher de ce gâteau ou des bougies !
Je quittais la cuisine et rejoignis le reste de mes invités. Le salon était décoré en l'honneur des six ans de Max. Bien entendu, tout était sur le thème des pirates. Mon fils aîné, Rafael, un enfant de néphilim qu'on avait adopté il y a un peu plus de trois ans maintenant, arriva en courant vers moi.
- Papa, papa, viens voir !
- Doucement, Rafe, qu'est-ce qu'il y a ?
- Viens voir, c'est trop marrant ! Maïa elle arrive à faire sortir une queue de chien de son…
Je lui fis les gros yeux.
- J'ai rien dit ! Se défendit-il.
- Non, mais tu allais le faire !
- Nannnn !
Il me tira par la main et m'emmena près de nos invités, avant de montrer Maïa du doigt. Assit en tailleur sur le tapis devant elle, Max, portant un cache-oeil et un chapeau de pirates sur la tête, la fixait en rigolant. La loup-garou fit sortir ses griffes de ses mains et fit semblant de se jeter sur lui, le faisant rire de plus belle. Rafael se tourna vers moi, ravi.
- T'as vu papa ? C'est troppp cooool !
Il lâcha ma main et sauta sur les genoux de son grand-père.
- T'as vu papi ce qu'elle arrive à faire ?
- Oui, Rafe, j'ai vu ! Lui fit Rachmad.
Assit à côté de Magnus, ils échangèrent un regard complice. Beaucoup de choses avaient changé en cinq ans. Magnus avait fini par accepter le retour de son père, et, à partir de cet instant, il put commencer à créer un lien avec lui. Rachmad fréquentait toujours plus ou moins Mira, bien qu'elle demeure toujours aussi froide avec nous, et qu'on ne sache toujours pas les circonstances exactes de leur rapprochement. Jace et Clary s'étaient mariés, mais n'avaient toujours pas d'enfant, mon frère ne se sentant pas encore tout à fait prêt pour s'occuper d'un bébé. Isabelle, elle, était enceinte de Simon. Ce dernier était devenu un chasseur d'ombres, ayant réussi avec brio l'épreuve de la coupe mortelle. Simon se tenait sur le canapé à côté de Jace, Izzy sur ses genoux. Je jetais un œil aux nombres incalculables de cadeaux qu'elle avait achetés pour Max. Que ce soit lui ou Rafael, elle les gâtait toujours beaucoup trop. Magnus m'attira dans ses bras. Luke passa alors sa tête entre nous.
- Désolé de vous déranger, mais heu… Rassurez-moi, on m'a dit que c'est ta sœur qui a fait le gâteau d'anniversaire… C'était une blague ?
- Non, c'est la triste réalité ! Mais ne t'en fais pas, ta fille l'a échangé avec le sien !
Le soulagement se peignit sur le visage de Luke. Sa femme vint le rejoindre quelques secondes plus tard.
- Vous parlez de quoi les garçons ?
- Rien de spécial !
- Ben voyons ! Magnus, Maryse voudrait te parler !
Je vis mon mari grimacer. Bien que ses rapports avec ma mère se soient grandement améliorés, on était loin du grand amour. Je lui fis un sourire désolé, et il se leva pour rejoindre ma mère dans un coin de la pièce. Je la vis lui montrer quelque chose et il secoua la tête, exaspéré, avant de revenir vers moi.
- Qu'est-ce qu'elle voulait ? Lui demandais-je.
- Toujours son histoire de sécurité enfant pour les poignets des portes ! Je savais même pas que ça existait ! 6 ans ! 6 ans qu'elle me rabâche ça à chaque fois que je la vois !
Je souris et rapprochais mes lèvres pour l'embrasser, lorsque Lily vint nous interrompre.
- Hey, les gars, une fois qu'on aura déposé les deux petits monstres chez leurs copains, on sort mettre le feu au Pandémonium ?
- Et comment ! Hors de question que vous ne gouttiez pas à mon nouveau cocktail ! Intervint Ragnor.
- Vous allez encore vous retrouver je-ne-sais-où, à faire je-ne-sais-quoi ! Leur fit remarquer Catarina.
- La vie est faite pour être vécu, Cat' ! Rétorqua Magnus avec un grand sourire.
- Ne buvez pas trop quand même !
- Promis juré !
Ragnor tapa dans la main de Magnus en riant. Mon père s'avança alors vers nous.
- Bon, les jeunes, je vous laisse !
- Tu vas où ? Lui demandais-je, suspicieux.
J'avais l'impression qu'il me cachait quelque chose en ce moment. Une femme, peut-être. Mes relations avec lui étaient presque redevenues normales, bien que certaines choses demeuraient douloureuses.
- Oh je rentre me reposer, je suis un peu fatigué…
Max tira alors sur sa manche. Il baissa les yeux vers lui et le prit dans ses bras.
- Hou qu'il est grand mon petit amour !
- Papy, tu joues avec moi ?
Robert se tourna vers nous à nouveau.
- Bon, ben, je crois que je vais devoir remettre mon départ à plus tard !
- Je suis sûre qu'elle comprendra ! Lui fis-je en souriant.
Il rougit légèrement et détourna le regard. Magnus me prit la main et y déposa des baisers dessus. Je pris enfin ses lèvres entre les miennes, et l'embrassais tendrement.
- Je t'aime…
FIN
Voilà, voilà, fin de cette trilogie, j'espère que ça vous a plus :D
Bisousssss
