BONUS

Je sentis deux mains remonter sur mon dos et de douces lèvres se poser dans mon cou, en taquinant la peau. Un sourire étira mes lèvres.

- Tu rentres bien tard, Alexander…

- J'ai eu une journée très, très chargée…. Me susurra-t-il à l'oreille tout en continuant ses caresses.

Je me retournais et le fis basculer sous moi. Il portait encore sa tenue de combat. D'un rapide coup d'œil, je vérifiais qu'il ne soit pas blessé. Une fois rassuré sur son état, je capturais ses lèvres entre les miennes. Il passa une de ses mains dans mes cheveux, l'autre se posant sur ma taille, m'attirant un peu plus contre lui. Nos caresses, dans un premier temps chastes, le devinrent beaucoup moins au fil des minutes. Je m'apprêtais à défaire la boucle de sa ceinture, mais la voix du plus jeune de nos fils se fit entendre.

- Papa, dad ! Rafe m'embête !

Je roulais sur le dos en soupirant de frustration. Quand on avait deux enfants comme eux à la maison, fallait oublier les parties de jambes en l'air en toute tranquillité… Alec se tourna vers moi, un grand sourire amusé sur le visage.

- Le devoir t'appelle on dirait !

- Pourquoi moi ?! Il a dit papa et dad ! Protestais-je.

- Oui, mais j'ai eu une très, très dure journée et je suis très fatigué ! En plus, j'ai mal partout…. Me fit-il en me désignant son corps à moitié nu de la main.

Je gémis. Tu parles d'un demi-ange ! Il était plus démoniaque que moi !

- Tu me le revaudras, je préfère te prévenir !

- Hum, oui, promis, tout ce que tu veux… Allez, vas-y avant qu'ils ne s'entre-tuent !

- Oh mais c'est une idée ça ! Comme ça on pourra reprendre où on en était !

Il rit.

- C'est tentant, mais non.

- Mari indigne !

- Père indigne !

- J'assume !

- Moi aussi !

On entendit nos fils nous rappeler.

- Ils ne dorment donc jamais ?

- Ben vu l'heure, je dirais qu'ils se lèvent !

- Tu n'avais qu'à rentré plus tôt toi aussi ! Râlais-je.

Je me levais et m'habillais en hâte, tout en grommelant.

- Tu sais, je pense vraiment que vous devriez enlever ce truc de dimanche de repos. Après tout, ils sont jeunes, ils récupèrent vite !

- Non, le dimanche c'est le jour du seigneur ! Plaisanta-t-il. Puis tu aurais toujours Max à la maison.

- On pourrait peut-être revenir sur la loi qui dit que seuls des néphilims doivent suivre la formation de chasseurs d'ombres, non ? Au moins pour les dimanches !

- J'hallucine ! Tu es prêt à renoncer à tous tes principes, juste pour mes beaux yeux !

- Je plaide coupable !

Il secoua la tête en riant, m'embrassa furtivement et me poussa vers la sortie. Je rejoignis mes fils dans le salon. Je me pinçais l'arrête du nez en en voyant l'état… Ils se figèrent en me voyant arriver et Max se précipita vers moi, désignant son frère du doigt.

- Il arrête pas de m'embêter ! Il a cassé monsieur nounours !

Je haussais les sourcils : monsieur qui ?! Bon d'accord, je l'admet, niveau gestion des jouets, j'étais off. Pour être honnête, c'était un peu le cadet de mes préoccupations.

- C'est pas vrai ! Se défendit Rafael. Tu lui as mis le feu tout seul !

- Non, c'est de ta faute !

- C'est pas de ma faute si t'es nul !

- Stop ! Hurlais-je. Ça suffit ! Vous vous excusez, tous les deux, immédiatement ! Tout de suite!

Ils croisèrent tous les deux les bras, prenant un air boudeur. Voyant qu'ils n'obéissaient pas, je décidais d'employer la manière forte : transformant mes yeux, je plongeais mon regard dans les leurs. Le résultat fut immédiat : un instant plus tard, ils rigolaient à nouveau ensemble. L'orage était passé. Je prenais une grande respiration, remis de l'ordre dans le salon, quoi que pas trop, ça me donnait de l'angoisse sinon. Alec me rejoignit quelques minutes plus tard. Après avoir embrassé nos fils, il s'approcha de moi et déposa de nouveaux baisers dans mon cou. Ses cheveux mouillés chatouillèrent ma joue.

- Tu aurais pu m'attendre pour prendre ta douche… Lui murmurais-je.

- Les enfants sont là, donc non.

- Un sort d'isolement, et c'est comme si on était seul !

- Et s'ils ont besoin de nous comme tout à l'heure, on fait quoi ?

Je ne répondis pas, bien obligé d'admettre qu'il n'avait pas tort.

- Tu travailles aujourd'hui ? Lui demandais-je en le regardant se servir une tasse de café.

- Je suis de garde ce soir.

- Encore ?!

- Oui, mais après j'ai ma semaine de libre.

- Ah oui ? Jace a fait installer les congés payés ?

- Les quoi ? Me demanda-t-il avec curiosité.

- Rien, laisse tomber.

Il bailla et passa une main sur son visage fatigué.

- Va te reposer… Je m'occupe des deux petits monstres…

Il me remercia du regard et déposa un bref baiser sur mes lèvres. Il avait presque atteint la chambre lorsque la sonnette d'entrée retentit.

- J'y vais… Me fit-il.

Je le suivis du regard. Bien qu'il y ait peu de risques que quelqu'un s'en prenne à nous ici, je n'étais pas spécialement rassuré de le voir ouvrir la porte sans son éternelle tenue de combat qu'il portait habituellement. Ce truc n'était peut-être pas à la pointe de la mode, mais il le protégeait, et ça, c'était plus précieux que le reste. C'est pourquoi j'eus une légère appréhension en le voyant ouvrir la porte dans sa tenue de jogging. Ma tension retomba en attendant la voix du coursier. Un instant plus tard, la porte se referma et Alec réapparut dans mon champ de vision, le courrier à la main.

- Tu sais, je commence vraiment à croire qu'il est amoureux de toi ! Il est au courant qu'on a une boîte aux lettres, comme tout le monde ?

- Il avait besoin d'une signature ! Me répondit Alec, sans relever ce que je lui avais dit.

Les sourcils froncés, il fixait l'enveloppe qu'il tenait à la main. Il l'ouvrit et ses yeux survolèrent le papier.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Heu… Je.. Je crois que tu ne vas pas aimer…

- Pourquoi ? L'Enclave me déclare son amour ?

- Pas vraiment. Mais il s'agit bien d'amour, oui.

Il eut un rire nerveux.

- Le facteur t'a écrit une lettre d'amour ? Me moquais-je, le faisant rougir.

- Quoi ?! Non !

J'allais me saisir de la lettre, lorsque Rafael l'arracha des mains de son père avant moi.

- Grand-père se marie ! S'écria-t-il.

Max se pencha par-dessus son épaule.

- Tu me dis ce qui a écrit, Rafe ? Je comprends pas !

- Moi non plus ! M'interposais-je en me saisissant à mon tour de la lettre. Qui se… QUOI ?! Non, mais dites-moi que je rêve ?!

- Les garçons, allez dans vos chambres ! Leur ordonna Alec.

Ils devaient avoir senti ma colère car ils déguerpirent aussitôt. Alec me prit la lettre des mains, et la déposa sur la table basse.

- On ne va pas y aller ! C'est hors de question ! Prévins-je directement.

Autant que les choses soient claires tout de suite.

- Tu pourrais peut-être y réfléchir. Ne pas prendre une décision à chaud.

- Mais c'est tout réfléchi ! Hors de question que j'assiste à cette mascarade !

- Ce n'est pas une mascarade et tu le sais très bien ! Écoute… Moi aussi ça me ferait bizarre si mon père se remariait, mais…

- La question n'est pas là ! Il se marie avec qui il veut, je m'en tape ! Mais m'inviter à cette comédie ? Non merci !

- Tu es son fils…

- Non, je ne le suis pas !

- Magnus, je sais qu'entre vous c'est compliqué, mais… Mais il s'agit aussi de Mira, pas seulement de lui !

- Et alors ?!

- Et alors c'est ton amie !

- C'était !

- Elle nous a permis de pouvoir passer l'éternité ensemble. Rien que pour ça, on devrait y aller.

- Ben vas-y toi, je t'en prie !

- Magnus… Soupira-t-il. C'est le grand-père de nos fils. On ne peut pas l'empêcher de les avoir pour le jour le plus important de sa vie.

-Le jour le plus important de sa vie ! Répétais-je avec dédain.

Non mais qu'est-ce qui ne fallait pas entendre parfois !

- Il l'aime et elle l'aime ! Que tu le veuilles ou non, ils sont heureux et franchement je ne vois pas ce qui te dérange autant dans cette histoire !

- Je n'ai pas dit que ça me dérangeait, j'ai dit que je n'irai pas !

- C'est dans trois mois, tu as le temps de réfléchir…

- Je n'irai pas, ça sert à rien d'insister !

- Il aimerait que tu sois là…

- Ça c'est son problème, pas le mien ! Fin de la discussion ! Rajoutais-je en voyant qu'il s'apprêtait à répliquer.

Me détournant de lui, je fis semblant de soudain m'intéresser à mon grimoire. M'en saisissant, je m'installais sur mon fauteuil. Mon chat me sauta aussitôt sur les genoux. Je lui grattais la tête, et mes yeux glissèrent sur les lignes de ce vieux livre. Je sentais peser sur moi le regard d'Alec. Il n'allait pas me lâcher avec cette histoire. J'allais en entendre parler pendant des jours jusqu'à que j'accepte de me rendre à ce satané mariage. Mais parole de Magnus Bane, il en était purement hors de question…

Plus tard- PDV Alec

Alors que je finissais mon deuxième tour de garde consécutif avec Jace, je décidais d'aborder avec lui un sujet qui me tracassait depuis le début de la journée.

- Rachmad et Mira se marient. Lui annonçais-je.

- Je sais. Nous avons reçu un faire part ce matin.

- Ouais, nous aussi. Un coursier l'a déposé à l'appartement…

- Comment Magnus l'a pris ? Me demanda-t-il en déposant nos armes dans l'armoire prévue à cet effet.

- Pas très bien. Mais c'était à prévoir.

- Vu comment il réagit quand il est avec lui, oui.

- J'aimerais bien que ça se passe mieux entre eux. Ne serait-ce que pour les garçons.

- Je ne crois pas que tu puisses y faire quoi que ce soit, Alec. Tu ne peux pas forcer une personne à en aimer une autre !

- Comment ça ? Tu penses que Magnus n'aime pas son père ?

- Ce n'est pas son père.

- C'est lui qui l'a élevé !

- Non, justement.

- Bien sûr que si !

- 10 petites années, Alec. 10 ans… Ce n'est rien à côté de tout ce qu'il a vécu par la suite. Ce sont des siècles et des siècles qui les séparent.

- Mais ça allait mieux ! Me plaignis-je, têtu.

Je refusais de lâcher l'affaire. Les voir se déchirer me faisait trop de mal et en faisait aussi à nos fils. Nous en faisait à tous.

1 mois plus tard- PDV Magnus

Maudissant Alec du plus profond de mon cœur, je n'écoutais que d'une oreille ce que mon pseudo père me racontait. Il s'en aperçut d'ailleurs assez rapidement et s'avança vers moi. M'attrapant le poignet, il m'empêcha d'ajouter le dernier ingrédient à ma préparation démoniaque. Destiné à quoi ? Je n'en ai aucune idée. Tout ce que je voulais, c'était avoir une distraction pour ne pas à avoir à écouter ce qu'il allait me dire.

- Tu pourrais prêter un peu plus d'attention à ce que je te dis, s'il te plaît ?

Il me parla dans un anglais parfait, sachant pertinemment que je ne lui répondrais pas s'il me parlait dans ma langue maternelle. Mes raisons ? Cette langue était rattachée à de mauvais souvenirs et puis ça l'énervait que je renie à ce point-là mes origines. Et ça, ça me réjouissait. En revanche, ça agaçait Alec qui était persuadé que je faisais tout pour provoquer mon « père ». Ce qui dans le fond, n'était pas tout à fait faux.

- Mais je t'écoute. Lui répondis-je d'un ton faussement intéressé. Je sais faire deux choses à la fois tu sais.

- Non, tu ne m'écoutes pas. Je le vois bien.

- Si tu le dis. Tu peux me lâcher maintenant ?

Il baissa les yeux vers sa main qui tenait toujours mon poignet. Il me lâcha en soupirant. Il n'y a pas si longtemps que ça, j'aurais probablement réagi plus violemment. Aujourd'hui, je le tolérais un peu plus, même si sa présence m'était toujours aussi désagréable.

- Tu viendras ?

- Non. Je n'ai rien à y faire.

- Je pourrais te faire visiter le pays. Il a beaucoup changé depuis que tu l'as quitté tu sais.

Je levais les yeux au ciel. Comme si j'allais le suivre en Indonésie. Non mais qu'est-ce qui ne fallait pas entendre…

- Je suis sûr qu'Alec adorerait !

- Ne mêle pas Alec à ça ! M'énervais-je.

- J'essaye juste de te dire que ce serait une bonne chose que tu retournes là-bas. Pour au moins essayer d'enterrer le passé.

- Il est déjà enterré… Enfin presque… Rajoutais-je en lui jetant un regard méprisant.

- Bien… Je vois que je n'arriverais pas à te faire changer d'avis. Tu as besoin d'aide pour quelque chose ou tu veux que je te laisse?

- La deuxième proposition me plaît assez !

Il me fixa étrangement pendant un instant avant de prendre à nouveau la parole.

- J'aimerais bien attendre ici que les garçons rentrent…

- Et bien fait. Mais reste pas dans mes pattes, j'ai du travail !

Il me laissa alors seul, rejoignant le salon. Je continuais alors mes activités, bien décidé à essayer d'oublier sa présence chez moi. J'y étais parvenu lorsqu'on frappa à la porte. Il me cria qu'il y allait et je n'eus pas le courage de m'y opposer. Une voix familière mais tout autant désagréable, me parvint aux oreilles.

- Dites-moi que je rêve. Il ne manquait plus qu'elle…

Je me rendis immédiatement dans le salon, essayant de contrôler la colère qui montait en moi. La vision de mon « père » souriant à pleine dent à cette femme que je haïssais m'aidait pas à garder mon self-contrôle.

- Qu'est-ce que tu fais là ?!

- Bonjour, Magnus. Me répondit-elle froidement.

Habillée dans son éternel tailleur noir, ses cheveux noirs attachés en une queue-de-cheval basse, Maryse Lightwood me fit un sourire faux.

- Tu vas bien ?

- C'est une blague ?! Ok, stop ! Vous savez quoi ? Je vais gentiment vous laisser discuter ensemble ! Je suis sûr que vous avez plein de choses à vous dire !

Je quittais ensuite l'appartement et pris la direction de l'Institut. Crois-moi Alexander, tu allais passer une très, très mauvaise journée !

PDV Alec

Je venais de terminer ma séance d'entraînement et m'apprêtais à aller prendre une douche, lorsque j'aperçus Magnus dans l'encadrement de la porte, les bras croisés, me fusillant du regard. J'ignorais ce que j'avais fait, mais pour qu'il ne jette même pas un seul regard vers mon torse nu, c'est qu'il devait vraiment être énervé. Sachant son père en ville, ça ne m'étonnait cependant pas. En revanche, je ne voyais pas vraiment le rapport avec moi. Je m'approchais de lui avec un grand sourire et déposais un baiser sur ses lèvres.

- Bonjour, mon amour.

- Non ! Non, et non ! Fais pas l'innocent ! S'exclama-t-il.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu le sais très bien !

- Non, je ne le sais pas. Mais tu pourrais peut-être me le dire au lieu de t'énerver inutilement sur moi !

- Mon père ! Tu me l'as mis dans les pattes toute la matinée !

Je levais les yeux au ciel. Qu'est-ce que je disais ? C'était toujours la même chose…

- Tu me soûles… Réglez vos problèmes entre vous ! Je ne veux plus rien à voir affaire là-dedans ! Vous me fatiguez autant un que l'autre ! Je n'ai pas l'impression d'avoir deux hommes vieux de plusieurs siècles mais des enfants ! Même nos fils sont plus matures que vous et je te signale que l'aîné n'a que 6 ans !

M'écartant de lui, j'enfilais un sweat et m'écartais de lui.

- Désolé mon chéri, mais tu vas devoir t'en occuper, puisqu'en ce moment même, il a ses fesses posées sur le canapé de notre salon en compagnie de ta chère maman ! Magnifique, non ? Deux personnes qui ont essayé de me tuer prennent un cocktail ensemble chez nous !

Je tournais le regard vers lui, surpris.

- Ma mère est chez nous ?!

- Oui, c'est ce que je viens de te dire. Et figure-toi qu'ils sont assez proches tous les deux !

J'éclatais de rire. Ma mère et son père ? Non mais n'importe quoi, je vous jure.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Ton père va se marier, et ce n'est pas parce que tu es contre, qu'il faut que tu commences à raconter n'importe quoi.

- Je ne raconte rien du tout, je constate. Puis depuis combien de temps tu n'as pas vu Mira toi ? Hein ? Étrange qu'elle ne soit pas venue avec lui, non ?

- Elle prépare leur mariage !

- Si tu le dis… En attendant, elle n'est pas là. Et c'est un homme…

J'ouvris de grands yeux choqués.

- L'amour est plus fort que tout ça !

- Ouais, bien sûr ! Il a le profil du mec fidèle !

- Magnus, arrête avec ça. Ils se sont rapprochés après, bien après, la mort de ta mère !

- Je ne vois pas ce que ça change. Moi si je te perdais, je ne pourrais pas me remarier.

Je souris, touché par cette confession. L'attrapant par la taille, je le rapprochais de moi.

- Toi et moi c'est différent. Puis chacun réagit d'une manière différente, tu sais. Il n'a pas pour autant oublié ta mère, et il l'aime toujours, seulement…

- Seulement rien du tout, Alec ! Je me fiche de ce qu'il ressent ou qu'il ne ressent plus. J'étais juste venue t'informer que si tu ne vas pas tout de suite les faire dégager, je les réduis en poussières !

- Ok, je vais y aller. Je vais m'en occuper. Mais tu as conscience que lui et toi tournez en rond, là ?

- Je ne veux pas de lui.

- Ok. Je vais lui demander de rentrer en Indonésie. Ça te va ?

- Tu vas aussi lui dire qu'on ira pas à son mariage ?

- Non, je vais lui dire que toi, tu n'iras pas. Moi je n'ai contre lui, Magnus.

- Donc tu vas partir je ne sais combien de temps loin de moi ? Avec les enfants ?!

- Oui. Sauf si tu veux venir…

- Certainement pas !

- Alors oui ! Et je ne veux pas t'entendre râler après ça ! Tu ne le verras plus, ne t'inquiète pas je vais y veiller !

- Et bien c'est pas trop tôt !

Je soupirais, exaspéré. Ragnor et Jace avaient raison. Il fallait que je laisse tomber….

Plus tard- PDV Magnus

Alec ouvrit la porte de l'appartement mais je restais en arrière. Il se tourna vers moi, affichant un air interrogateur.

- Quoi ? Ne me dis pas que tu ne veux même plus le croiser, parce que franchement là…

- Ce n'est pas ça. Le coupais-je. Mais je l'ai déjà surpris en pleine action avec Mira, je n'ai pas envie de reproduire l'expérience. Surtout avec ta mère. Désolé.

Je lui fis un sourire moqueur. Bien entendu, je n'y croyais pas une seule seconde, mais insinuer le doute dans l'esprit d'Alec, m'amusait. Il me lança un regard soupçonneux, avant de secouer la tête et d'entrer dans l'appartement. Je le suivis en me retenant de rire. Je perdis seulement mon sourire en voyant le salon désert, le chemisier noir de Maryse au sol, et la porte de la chambre entrouverte. Alec me lança un regard inquiet.

- Tu ne crois quand même pas qu'ils… Commença-t-il, blanc comme un linge.

- A vrai dire, je ne sais plus trop ce que je crois…

Des éclats de rire nous parvinrent, et je posais mes mains sur mes yeux.

- Je ne veux pas voir ça ! Me plaignis-je, avant de relever brusquement la tête, une horrible idée me traversant l'esprit. Attends, s'ils.. Ça ferait de nous des… frères ! Ah mon dieu, on serait comme Clary et Jace à leurs débuts !

- Il faudrait qu'on divorce ! Me rétorqua Alec.

Je lui jetais un regard horrifié, et il éclata de rire.

- Tu te fais des idées, j'en suis sûr. Je vais voir ce qui se passe !

Il n'en eut cependant pas besoin. Mon père et sa mère venaient de sortir de la salle de bain. Ils se figèrent mais pas autant qu'Alec : sa mère se tenait devant nous, et comment vous dire, elle ne portait pas grand-chose au niveau du haut. Juste un soutien-gorge en dentelle rouge. Sérieusement vous y croyez à ça ? Je poussais un sifflement. Qui aurait cru qu'une femme comme elle oserait ce type de tenue. A côté de moi, Alec se décomposa ce qui m'amusa un peu plus. Au moins, mon père, lui, portait tous ses vêtements.

- Et bien Maryse, je dois dire que tu me surprends. Qui aurait pensé que tu pourrais être aussi…

- Si tu finis cette phrase, me coupa Alec en se tournant vers moi, je te jure qu'on divorce vraiment !

Je levais les mains innocemment, me retenant difficilement de rire.

- Je constate juste.

- Ouais, ben arrête ! Et toi maman…

Il tendit son chemisier à sa mère, évitant cependant de la regarder.

- Rhabille-toi. Et expliquez-moi ce que vous trafiquez !

- Ce n'est pas ce que tu crois, Alec. Commença mon père. Ta mère a renversé du café sur son chemisier, et… on a nettoyé tout ça. Rien de plus. Je t'assure.

- Alec, mon chéri, ce n'est qu'un regrettable mal entendu.

-Sortez… Tous les deux…

Ils ne se le firent pas dire deux fois. Alec se tourna alors vers moi.

- Ne t'avise même pas de commenter !

- Si ça peut te rassurer, je pense qu'ils ont dit la vérité !

- Bien sûr qu'ils ont dit la vérité ! Me fit-il brusquement.

Je le poussais vers le canapé et m'asseyais à califourchon sur lui.

- Et si on arrêtait de parler d'eux ?

- Alors là, non ! Chasse immédiatement ce que tu as en tête ! Pas après ce que je viens de voir…

- Allons, il y a pire. Ta mère est plutôt bien conservée pour son âge…

- Je n'arrive pas à croire que tu viens de me dire un truc pareil!

- Je sais apprécier la beauté des vieilles choses !

- C'est de ma mère dont tu parles là !

- Justement !

Nos regards se croisèrent et il éclata de rire.

- Tu es impossible, tu le sais ça ?

- Hum… oui !

Il s'allongea dans le canapé, me serrant dans ses bras. Nouant mes doigts aux siens, je posais ma tête contre son épaule.

- A quoi tu penses ? Me demanda Alec.

- A ce mariage… Tu crois vraiment que je devrais y aller ?

- Je sais pas… Me fit-il en passant sa main dans mes cheveux. Pour être honnête, je ne sais plus quoi te dire.

- Mais toi tu vas vraiment y aller ? Sans moi ?

- Je préférerais que tu sois là, mais je ne peux pas non plus te forcer. Te voir souffrir n'est pas le but.

- Hum… Tout le monde semble pourtant me donner tort. En fait je passe pour le méchant alors que … J'ai l'impression de ne pas avoir le choix, et ça m'énerve !

- Tu es le seul qui puisse décider. Si tu ne veux pas y aller, n'y va pas… Mais ça risque de jeter un froid, c'est sûr.

- Mais toi qu'est-ce que tu en penses ?

- Je pense que tu devrais parler avec lui de tout ça. Dis-lui ce que tu as sur le cœur, dis-lui pourquoi ce mariage te dérange autant que ça.

- Tu veux pas le lui dire toi ?

Il éclata de rire.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ?

- Rien, c'est ta tête qui me fait rire. On dirait un enfant… Me fit-il en me caressant la joue.

- N'oublie pas que tu as promis d'être là pour moi, pour le meilleur et pour le pire !

- Oui, mais pas de faire l'intermédiaire entre ton père et toi. Tu as besoin de lui, il serait temps que tu te l'avoues à toi-même !

- N'importe quoi…

Je me détachais de lui et me levais. Je partis m'enfermer dans la chambre. Autant aller se coucher, cette journée se terminerait plus vite. Alec me rejoignit et s'allongea à côté de moi.

- Il l'aimait… Me fit-il après un long silence. Il ne l'a pas oublié, il essaye juste de continuer sa vie, pour toi, parce que tu vis. Dans le cas contraire…

- Il serait mort. Ça c'est sûr, puisqu'il a besoin de mon sang pour rester ici…

- Magnus… Soupira Alec. Tu sais très bien ce que j'ai voulu dire…

- Tu arriverais toi ?

- A quoi ?

Je tournais la tête vers lui.

- A te remarier s'il m'arrivait quelque chose…

- Non. Si tu mourais, je mourais avec toi.

- Mais il y a les garçons… On n'en a jamais parlé, mais ce n'est pas parce qu'on ne vieillit plus qu'on ne peut pas mourir. Et avec le lien qui nous unit…

- On mourait ensemble. Oui, je sais. On a accepté de prendre ce risque, toi comme moi.

- Je sais, mais il n'y avait pas les enfants à l'époque…

- Magnus… Il ne nous arrivera rien. Ni à toi, ni à moi.

- Qu'est-ce que tu en sais…

- Parce qu'on ne sépare pas deux âmes sœurs… Me fit-il en souriant.

Je lui rendis son sourire et me blottis à nouveau dans ses bras.

- Ce n'était pas des âmes sœurs alors… Mes parents…

- Je sais pas… Peut-être pas…

Je soupirais.

- Tu as peut-être raison… Peut-être que je devrais y aller, histoire de veiller sur toi et les garçons…

Alec me sourit et secoua la tête.

- Si c'est pour nous protéger alors…

- C'est l'unique et seule raison, ne te fais pas d'illusions !

Il leva les bras innocemment, ses yeux amusés posés sur moi.

- Je n'ai rien dit !

- Non, mais je te connais !

- D'accord, je l'avoue. Je ne te crois pas une seule seconde !

Je levais les yeux au ciel. Comment le convaincre que je disais vrai alors que je n'y croyais pas moi-même…

FIN