Chapitre Quatre-Vingt Quatorze
Battle Royale - Partie II
Nébuleuse Svatea-Acram
Le métal autour de son poignet brûlait sa peau, flétrissant sa chair, et pourtant il n'y avait pas de marque. Les chaînes étaient lourdes, alourdissant ses bras, mais il pouvait toujours les bouger et ses muscles n'étaient pas endoloris. Il avait mal, mais il n'était pas blessé. Ses yeux piquaient, mais il voyait tout avec la plus grande clarté. Mais non, pourquoi se souciait-il de sa vue, alors qu'il avait chaud, trop chaud, en train de brûler.
Le son de quelque chose heurtant le sol dans un grand bruit le distrait et il se retrouva en train de regarder un morceau de roche brûler dans le cratère qu'il avait créé. Puis il tourna son regard vers le ciel et détesta cela. Davantage de feu, quand il avait déjà si chaud.
Il entendit quelqu'un parler, mais il n'y prêta pas attention, ses yeux restèrent fixés sur les formes tombantes et flamboyantes. Il y avait trop de bruit, un combat…non, une bataille. Il était conscient que c'était très près, et pourtant cela semblait tellement loin.
Pourquoi était-il menotté ?
Pourquoi était-il enchaîné ?
Quel rôle avait-il ici, où il n'avait pas sa place, et ce de manière si évidente ? Quel but…
L'homme qui se tenait devant lui parla de nouveau, se rapprocha d'un pas et leva lentement les bras, mais il n'avait pas l'air d'être sur le point d'attaquer. Rien de ce qu'il disait ne pouvait pénétrer le brouillard enroulé autour de son esprit. Les mots n'étaient que des sons sans signification.
On tira durement sur ses chaînes et il manqua de tomber. Il resta sur ses pieds en enfonçant ses talons dans la boue. Il se contorsionna et tira sur les chaînes en retour. Ses menottes brûlèrent de nouveau, il voulait que cela s'arrête, il voulait qu'elles disparaissent ! Alors il enfonça ses talons encore plus et résista à la traction, parce qu'il ne serait pas traîné, c'était juste que…non, il ne le permettrait pas.
Les chaînes commencèrent à vibrer d'énergie. Une seconde plus tard elles s'illuminèrent d'une lumière dorée juste devant ses yeux et le métal luit bientôt, orange comme la braise. Et alors il sentit ses membres s'alourdir de nouveau, c'était arrivé avant, mais chaque fois était une surprise. Sa force s'évanouit rapidement et il ne fut plus en mesure de résister.
Ceci, il savait que cela s'était passé avant. Alors que les minutes passaient, il pouvait se souvenir des choses avec de plus en plus de clarté. Il savait comment cela se passait. D'abord ses menottes s'alourdissaient, puis elles brûlaient et brillaient, et puis sa force s'évanouissait alors qu'il était entraîné dans un sommeil indésirable. Il ne savait pas combien de fois c'était arrivé, car à chaque fois qu'il se réveillait il pouvait à peine se rappeler de quoi que ce soit s'étant passé avant. S'il était de nouveau entraîné il pouvait perdre cette seule lueur de lucidité à laquelle il était parvenu à s'accrocher.
Non ! Il ne succomberait pas de nouveau.
Il rassembla la force qu'il avait pour lutter contre les chaînes, mais les menottes brûlaient trop, trop chaudes, trop ardentes. Il avait envie de hurler.
« -Chien désobéissant, fit une voix d'un ton féroce alors que les chaînes le traînaient par terre malgré sa lutte. Quand connaîtras-tu ta place ? »
Il se figea. Pas de douleur, pas de peur, mais simplement en entendant cette voix. Cette voix qui le fit grincer des dents et serrer des poings encore plus fort. Ce n'était même pas les mots, mais la voix elle-même. Il lutta avec une force renouvelée, tirant sur les chaînes peu importe à quelle rapidité elles absorbaient sa force, peu importe à quel point le brouillard s'épaississait autour de son esprit.
« -Arrête de bouger ! lui dit la voix d'un ton hargneux. »
Et non, il n'arrêterait pas ! Les menottes brûlaient tellement qu'il avait l'impression que l'intégralité de son corps allait s'enflammer. Il pouvait sentir la sueur couler sur ses tempes, sentir à quel point sa peau devenait humide. Il devait se refroidir. Du froid oui, il avait trop chaud. Il avait besoin de froid, de froideur apaisante qui chasserait le poids brûlant de ses menottes.
Du froid, plus froid que le sol en-dessous de lui, plus froid que le vent sur sa peau, il avait besoin de véritable froid. Il voulait que la froidure s'infiltre dans ses os mêmes, qu'elle irradie de sa peau même. Il avait besoin de se débarrasser de cette chaleur qui le consumait et jetait son esprit dans les ténèbres et dans une brume impénétrable. Il avait besoin de la dure et froide clarté de la glace.
« -Non, arrête ! cria la voix. »
Il ouvrit les yeux lorsque l'énergie qui le brûlait lentement battit en retraite. Sa peau pâle s'assombrit jusqu'au bleu alors que du froid se propageait, venant du fond de lui. Son vœu exaucé par la pure force de la volonté. Cela apporta le soulagement qu'il avait espéré. La chaleur était en train de disparaître et le poids lourd qu'il sentait en train de l'entraîner vers le bas semblait de moins en moins être un fardeau. Alors il se releva sur ses pieds.
Il vit finalement le propriétaire de cette voix et il eut envie de lui gronder férocement dessus. Il sentit ses lèvres se retrousser en un rictus et la divine froidure se contenta de continuer à s'étendre tout autour de lui encore plus.
« -Tu m'as menti, déité, croassa la silhouette, le fixant avec dégoût et colère. Tu m'as caché des choses…cela ne va pas. »
La silhouette avança et les chaînes se tendirent de nouveau, essayant de l'entraver. Il résista.
« -Tu feras ce que l'on te dit, ordonna durement la silhouette. »
Ces mots le firent grogner et il montra véritablement les dents de colère. Il ne le ferait pas ! Il se débarrasserait de ses menottes brûlantes. Il maintiendrait son emprise sur la clarté de son esprit. Il ne le ferait pas ! Il ne plierait pas sous le poids de ces chaînes, sous la volonté de cette créature. Il ne serait pas colleté comme une bête ! Il ne le serait pas !
Il s'empara des chaînes et commença à les tirer, les rassemblant plus près de sa poitrine et les agrippant de ses mains aussi fort qu'il le pouvait. La silhouette essaya de lui résister, mais non, pas cette fois. Il s'en débarrasserait.
Le métal orange brûlant dans ses mains s'assombrit rapidement, terne et argenté alors que du gel s'étendait dessus. Il n'y avait plus de chaleur, juste de la glace. Oh, le froid divin de la glace. Il tira et tira et laissa le froid faire son chemin, le libérant sans restriction.
« -Non ! cria de nouveau la silhouette, juste un instant avant que les chaînes ne lâchent, les liens s'éparpillant en morceaux là où le froid les avait rendus rigides et inflexibles. »
Il trébucha en arrière et heurta le sol dans sa libération soudaine, mais il se releva sur ses pieds immédiatement. Il y avait toujours des chaînes suspendues à ses menottes, mais elles étaient suffisamment courtes pour rester hors de portée de la silhouette sombre. Il s'en empara et les attira plus près, juste pour être sûr.
« -Espèce de maudit…commença à dire la silhouette, sa colère presque palpable dans l'air. »
Il n'attendit pas qu'il finisse, il n'avait que faire de ce qu'il avait envie de dire. Il cria, gronda, n'avait pas de mots en réponse, il chargea juste, aveuglé par la rage. Il voulait arracher le masque, puis la peau même de son visage, il voulait briser ces doigts qui avaient tenu ses chaînes, il voulait dessécher la peau grise à l'aide du gel, la faire brûler, qu'elle fasse mal. Il voulait le voir se briser en un millier de morceaux, déchiré en bouts ensanglantés jusqu'à ce qu'aucun son ne sorte de cette bouche, jusqu'à ce que la voix ait disparue, que toute vie ait disparue, jusqu'à ce qu'il ait disparu.
La silhouette brandit une main et invoqua une arme qui sortit de nulle part, une longue lance avec une vilaine lame. Il l'eut immédiatement devant lui, pour se protéger, pour se défendre.
Il avait toujours ses chaînes et balança un bras pour les utiliser, pour enrouler les liens froids autour de la lame, l'arrêter avant qu'elle ne puisse le blesser.
« -Tu penses que tu peux me vaincre ? nargua la silhouette, le visage tordu à la fois de moquerie et de fureur. »
Il montra les dents en réponse, presque comme un rictus tordu, et attaqua. Il dégagea la lame du chemin avec la chaîne qu'il avait enroulée autour et visa directement le masque. Ses doigts bleus, aux ongles noirs, s'enfoncèrent vicieusement dans le visage gris pour s'emparer du masque. Immédiatement la peau commença à devenir noire en raison du gel à l'extrémité de ses doigts, cinq bleus sombres causés rien que par son toucher. Le cri de douleur fit du bien, mieux que bien. Il voulait entendre davantage de sons comme ça.
L'autre parvint à dégager sa lance de la chaîne et à lui donner un coup de pied pour l'éloigner. Il se prit le pied dans l'estomac, mais ne lâcha pas le masque. La silhouette hurla lorsqu'il s'enleva, du sang jaillissant immédiatement de la chair déchirée parsemée d'engelures.
Il attira de nouveau ses chaînes à lui et baissa les yeux sur le masque ensanglanté dans sa main un instant, à moitié gelé en raison de son contact. Cela le satisfaisait de l'avoir dans sa main. Il leva le regard sur le visage ensanglanté de la silhouette, la chair mutilée et sanglante autour de sa bouche, la peau recouverte de bleus noirs. Il lui fit un grand sourire et laissa le gel recouvrir le masque complètement, puis il referma son poing autour, le brisant en morceaux.
Ce fut au tour de l'autre de crier furieusement. Semblait qu'il avait finalement épuisé ses mots également alors qu'il agrippait sa lance et attaquait.
x-x-x
A présent qu'il ne brûlait plus, il accueillait le vent sur sa peau, alors qu'il esquivait chaque attaque le prenant pour cible. Il eut un grand sourire à chaque bleu sombre qu'il incrustait dans la peau de l'autre, prit plaisir à la façon dont ses chaînes gelées se collaient dessus avant de la déchirer. Et la fureur sur ce visage ravagé faisait juste chanter son sang. La façon dont son cœur battait dans sa poitrine était le meilleur rythme pour cette danse. Plus, plus, plus. Plus de sang, plus de glace, plus de douleur. Il le réduirait en pièces.
Il fut coupé au bras et eût à sauter en arrière. Il enfonça ses doigts dans le sol pour s'empêcher de déraper trop près du bord de la falaise. Le temps qu'il s'arrête, la terre avait pris la consistance solide du givre. L'autre garda ses distances, l'encerclant lentement, attendant qu'il réattaque.
« -J'espère que tu es fier, déité, cracha la silhouette. Tu as enfin prouvé être plus agaçant qu'utile. »
Il se tint immobile, gardant les yeux sur la silhouette. Pensait-il qu'il n'avait pas remarqué qu'il se rapprochait ? Il ne se ferait pas avoir si facilement.
« -Pas de remarque tranchante ? demanda l'autre alors. Pas de réplique ingénieuse ? »
La lance fut bougée dans une position différente, il était sur le point d'attaquer.
« -Au moins je suis parvenu à te faire taire, faute de mieux. »
Il avait vu clairement l'attaque, aussi il était facile d'esquiver et d'attaquer en retour. Il laissa davantage de glace recouvrir ses chaînes, jusqu'à ce que les liens soient couverts de petits orbes tranchants. Il voulait réduire l'autre en pièces à mains nues, mais la glace aurait à faire l'affaire.
Il balança son bras, mais l'autre esquiva la première chaîne, sautant en arrière. Il suivit et lança son autre chaîne vers lui, elle s'enroula autour de son bras, s'enfonçant dans sa chair. Il avait seulement à tirer dessus pour mettre l'autre à terre. Et il heurta le sol dans un claquement satisfaisant, mais ce n'était pas encore une victoire. L'autre pouvait avoir crié de douleur, mais il se releva. Il arracha la chaîne de son bras, la raccourcissant un peu.
Il attaqua de nouveau, ne donnant pas le temps à l'autre de charger en premier.
Il fut fauché par un rayon de chaleur, mais cela n'était pas venu de la silhouette sombre. C'était quelque chose de bien plus gros et brillant. Quelque chose explosa, bien trop près d'eux. Sa peau était coriace, mais son dos lui faisant encore mal suite à son dérapage au sol, des pierres tranchantes lui déchirant la peau.
Dès qu'il ouvrit les yeux il eut à rouler sur le côté parce que des morceaux de métal enflammés tombaient du ciel. Du feu et de la chaleur, encore ! Il n'était pas suffisamment proche pour être brûlé par les flammes, mais il sentit quand même le feu sur sa peau. Il s'éloigna davantage puis se remit sur ses pieds lorsqu'une autre pièce de métal heurta le sol juste à côté de lui. Il commença à courir pour toutes les éviter, parce qu'elles n'en finissaient pas. Les météorites avaient été suffisamment mauvaises, mais ça c'était un cauchemar.
Il sentit soudainement un brusque tiraillement sur son bras et il tomba, heurtant le sol douloureusement. Il pensa durant un instant que son ravisseur s'était de nouveau emparé de sa chaîne, mais lorsqu'il regarda en arrière, il constata que c'était quelque chose de pire. Sa chaîne s'était coincée sous une grosse pièce de l'épave en train de brûler. Il s'en empara à deux mains pour la dégager, mais elle ne bougea pas. Après une lutte d'un instant ou deux, il grogna de colère et décida de la geler. Il pouvait déjà sentir la chaleur du feu s'infiltrer dans les liens et il ne voulait pas qu'elle atteigne ses menottes.
Il concentra son attention trop intensément sur les chaînes, aussi il bougea sur le côté presque une seconde trop tard lorsqu'il fut attaqué par derrière. Il parvint tout de même à éviter le coup tranchant de la lance de l'autre. Sa chaîne était toujours coincée cependant, aussi il n'y avait nulle part où fuir. Il ne pouvait pas battre en retraite, parce que l'épave enflammée était derrière lui.
L'autre lui fit un grand sourire tranchant. Sa bouche ensanglantée ainsi que la peau déchirée autour rendait juste le geste encore plus dégoûtant. Il y avait même davantage de sang sur son visage maintenant, aussi avec de la chance cela voulait dire qu'il avait été blessé par quelques morceaux de métal brûlants qui leur tombaient dessus.
« -Enfin, dit-il en avançant. »
Il tira de nouveau sur sa chaîne en se baissant sous la lance qui s'abattait sur lui. Lorsqu'il se leva il s'en saisit avec son bras libre. Il pouvait sentir que la lame s'enfonçait dans son flanc, mais au moins l'autre ne pouvait pas la bouger non plus. Il ne pouvait pas attaquer, mais il ne pouvait pas être attaqué en retour non plus, du moins pour le moment. L'autre n'était pas assez fort pour arracher la lance à sa poigne et il n'avait également pas l'intention de la lâcher.
Il déplaça son poids et balança un coup de pied à l'autre. Il sentit un os craquer sous son talon, mais au même moment l'autre eut l'occasion d'avoir une meilleure poigne sur sa lance pour la bouger, la tordre sur le côté et l'enfoncer profondément. La douleur fut aiguë et soudaine. Son propre sang était trop chaud sur sa peau.
Il y eut un grand bruit, une explosion provenant d'une arme ou d'une autre pièce de métal tombante, il ne le savait pas, mais sa chaîne céda soudainement, le libérant de l'épave ardente. Il chargea en avant immédiatement, ne se souciant pas du bord de la falaise si proche d'eux. Il rentra dans le corps de l'autre de plein fouet, les fauchant tous les deux.
Il sut dès qu'ils furent en l'air qu'il allait tomber. Alors il se saisit de la cape sombre de l'autre fermement pour l'entraîner par-dessus bord aussi. L'autre cria, alarmé, et lâcha sa lance pour se raccrocher au bord. Il était suffisamment fort pour supporter leurs deux poids. Cela n'allait pas.
Il laissa le froid s'infiltrer dans sa main et se suréleva un peu, agrippant l'avant-bras de l'autre étroitement, brûlant sa chair à l'aide de la glace, la gelant aussi profondément qu'il le pouvait. Cela ne prit que quelques instants avant que l'autre ne lâche prise, et ils tombèrent tous les deux.
Il ne savait pas pourquoi, mais il n'avait pas peur. Il ne craignait ni la chute, ni l'impact. Il vit un point rouge éclatant voler à travers le ciel, différent de toutes les météorites, et inexplicablement, cela le calma.
x-x-x
Heurter la surface fut douloureux, en particulier pour son dos et son flanc blessés, mais alors l'eau l'engloutit comme une couverture chaude. Il était vivant et relativement indemne. Hélas, il perdit l'autre de vue en quelques instants. Une forme sombre dans de l'eau sombre, c'était facile de le perdre. Mais oh non, il ne disparaîtrait pas complètement. Il ne s'échapperait pas.
L'eau se refroidit autour de lui sans effort conscient et cela lui fit oublier ses blessures complètement. C'était un baume doux pour tous ses membres douloureux et il se sentit plus fort que jamais. C'était comme si tout le pouvoir que les chaînes lui avaient aspiré revenait, fourni par l'embrasse froide de l'eau glacée. Ses poumons ne brûlaient pas à cause du manque d'air, aussi il ne se dirigea pas immédiatement vers la surface. Il chercha.
Des cristaux de glace se formaient autour de lui alors qu'il nageait rapidement, l'eau sombre devenant de plus en plus claire alors que sa température chutait. Plus cela devenait froid, plus il lui était facile de nager, pas même les menottes et les chaînes qui y pendaient ne le ralentissaient.
Il chercha et chercha, et cela ne lui prit pas longtemps pour repérer la cape sombre en lambeaux de l'autre. Il était près de la rive, essayant de s'échapper. La colère était comme une poigne froide autour de son cœur, et sa vision se plissa sur la forme nageant dans l'eau glaciale. Son sang chantait de nouveau, lui disant de l'attraper, de le briser, de le réduire en pièces. Il ne pouvait pas l'atteindre de ses propres mains, mais la froideur brûlante dans son essence s'échappait déjà de lui, l'eau se solidifiant où qu'elle allait. Et cela se propagea rapidement, avec seulement une cible en vue.
Il fut poussé vers la surface alors que de la glace se formait sous lui, et en l'espace de quelques instants il fut hors de l'eau. Il bondit en avant et lorsqu'il atterrit, l'eau était déjà de la glace dure sous ses pieds, supportant aisément son poids. Il se mit à courir sans perdre une seconde, de la glace se formant à la surface sur l'eau devant lui, lui construisant un chemin jusqu'à sa cible.
La silhouette sombre était à moitié piégée dans une épaisse colonne de glace, mais il la brisa avec quelques coups bien placés. Il laissa tomber sa cape trempée et à moitié gelée avant de se retourner pour combattre.
Oh, il n'aimait pas le froid, l'eau glaciale qui le recouvrait de la tête aux pieds, cela ramollissait ses mouvements, donnait à sa peau grise une nuance bleuâtre maladive. Il rugit de fureur alors qu'il attaquait, aveuglé par la colère. Mais il n'était pas suffisamment en colère, ni suffisamment vicieux, ni aussi impatient de détruire. Aussi il tomberait, il périrait.
De la glace entoura son poing alors qu'il balança son bras en avant, choppant l'autre facilement au menton. La glace se brisa sous l'impact, mais elle laissa une vilaine coupure qui se mit immédiatement à saigner. L'autre visa sa chaîne, essayant de le restreindre, mais il sauta en arrière et le frappa dans la partie supérieure du bras avec les liens froids à la place. Il fut forcé d'esquiver encore et encore alors qu'il était attaqué sans relâche, mais il était suffisamment rapide pour éviter la plupart des coups et suffisamment fort pour encaisser ceux qui l'atteignaient.
« -Espèce d'ordure, déchet, maudit mécréant ! rugissait l'autre alors qu'ils se battaient. Je vais te suspendre par tes entrailles ! Arracher la chair de tes os ! Je vais te tuer, je vais te tuer ! »
Il sauta, se contorsionnant autour du corps de l'autre, enroulant étroitement une de ses chaînes autour de son cou, se saisissant rapidement de lui. Il se débattit alors que son air fut coupé et il agrippa la chaîne froide, essayant de l'arracher alors même que la froideur du métal lui mordait la peau.
Il laissa la glace s'étendre librement de nouveau, laissant ses doigts brûler la chair qu'il touchait. Les vêtements mouillés gelèrent en premier, du givre blanc s'étendant à leur surface, puis la peau en-dessous commença à geler. L'autre n'arriva pas à arracher la première chaîne et il fut encore plus sans défense contre la seconde qui s'enroula autour de son cou et de son épaule.
Il se débattait pour respirer et ne put même pas hurler lorsque le froid le transperça plus profondément. Sa lutte devint lente et faible, sa peau devenant plus sombre et sans vie. La chaleur disparaissait lentement mais sûrement de sa chair, complètement, emportée par le froid, consumée par la glace. Le cœur battait encore à l'intérieur, le sang circulait toujours, mais pas pour longtemps, pas pour longtemps du tout.
Un long souffle brisé s'échappa des lèvres gelées de l'autre, et alors il cessa enfin de bouger. Oh, la glace, la froideur divine était à présent partout. Il ne restait aucune chaleur dans le corps qu'il avait piégé, pas la moindre. Il agrippa ses chaînes fermement et tira dessus. Elles tailladèrent la chair gelée aisément. Un bras se brisa comme du verre, la tête tomba des épaules comme un melon pourri, alors que le corps en lui-même heurta la glace dans un bruit sourd.
Ses chaînes étaient ensanglantées, il l'était également, couvert du sang de la maudite créature, mais il n'en avait que faire. Il y avait une démangeaison sous sa peau qui le pressait, faisait se tendre tous ses muscles, les rendant alertes. Il y avait seulement un corps devant lui à présent, n'étant plus une cible ou un ennemi, juste un déchet. Mais son pouls était toujours élevé et la poigne froide autour de son cœur ne se relâchait pas.
Il enleva ses cheveux mouillés de son visage alors qu'il balayait du regard la rivière gelée sur laquelle il se tenait.
Il n'était pas en sécurité, réalisa-t-il avec une clarté soudaine. C'était ça la démangeaison sous sa peau. Il était tout sauf en sécurité ici à découvert. Il ne savait pas où il était, où il avait besoin d'être. Il ne savait pas où aller à présent.
Il se souvint avoir vu un homme. Il se rappela du son d'une bataille faisant rage à proximité. Donc il y avait des ennemis à pied, il devait être alerte, il devait trouver un endroit sûr, un abri où il pouvait guérir. Il devait trouver…quelque chose…il n'avait pas sa place ici, il devait…
Il entendit le son du tissu froissé et la glace craqua bruyamment alors que quelque chose de lourd atterrit derrière lui.
Des ennemis !
Il fit volte-face, ses chaînes se recouvrant déjà de glace. La rage de la bataille vibrait toujours dans chacun de ses os. Il était prêt. Il se battrait. Il ne serait pas enchaîné de nouveau.
« -Mon frère ! Non ! »
x-x-x
Notes de l'Auteur : Sinon à chaque fois que je lisais un commentaire sur les chapitres récents qui étaient du style « Oh, j'espère que Tony va bientôt sauver Loki et va botter le cul de l'Autre ! », j'étais là : « Aww, vous pensez que Loki va être une demoiselle en détresse. » Puis je me mettais à rire dans ma chambre comme une maniaque.
La musique de ce chapitre : 'Apocalyptica feat. Sandra Nasić' –Path Vous pouvez la chercher sur Google ou l'écouter sur Ao3 ou sur mon Tumblr. C'est un de mes thèmes pour Loki en ce moment.
FRUSTRATIOOOOONNNN ! De l'extrême T_T
Sinon, dites-moi que je suis pas la seule à avoir rigolé comme une maniaque tout au long du chapitre parce que l'Autre se prend juste la putain de RACLEE qu'il mérite… (oui j'assume totalement ma condition de psychopathe). Loki est juste trop BADASS, un truc de malade ! Même enchaîné il déchire sa mère !
…
Enfin, vous voyez le tableau XD
Prochain chapitre, point de vue de Thor, et…bah vous verrez. *esquive les briques*
